Skip to main content

Full text of "Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle"

See other formats


^N%^^ 


Digitized  by  the  Internet  Archive 

in  2010  with  funding  from 

University  of  Ottawa 


http://www.archive.org/details/dictionnairedesf10chai 


DICTIONNAIRE 

DES 

FAMILLES  FRANÇAISES 

ANCIENNES  OU  NOTABLES 

A  la  fin  du  XI X'^  siècle 


o 


IL    A    ÉTÉ    TIRÉ    DE    CET    OUVRAGE 

200  exemplaires  seulement,  non  mis  dans  le  commerce. 


^'    Il 


I 


EVREUX,    IMfRIMEniE    CH.    HERIS3EY,    PAUL    HERISSEY,    SUCC' 


DICTIONNAIRE 


DES 


FAMILLES  FRANÇAISES 

ANCIENNES  OU  NOTABLES 

A  la  fin  du  XIX"  siècle 


PAR 


G.   d'E.-A. 


r 


TOME  DIXIEME 
CHA-CHU 


ÉVREUX 

IMPRIMERIE    CHARLES    HÉRISSEY 

PAUL  HÉRISSEY,  SUCG' 
4,    RUE    DE    LA    BANQUE,    4 

1911 


DICTIONNAIRE 

DES 


FAMILLES  FRANÇAISES 


CHARANT  (Bernot  de).  Voyez  :  Bernot  de  Charant. 

CHARANTAIS  (Douineau  de).  Voyez  :  Douineau  de  Charvntais. 

CHARBON  de  VALTANGE.  Armes  :  d'or  à  un  chevron  de  gueules  accom- 
pagné enpoinle  dune  aigle  de  sable;  au  chef  d'azur  chargé  de  trois 
trèfles  d'argent. 

La  famille  Charbon  de  Valtange  est  anciennement  et  honorablement 
connue  en  Bourbonnais.  Un  de  ses  premiers  auteurs  connus,  Gilbert 
Charbon,  fut  échevin  de  Moulins  vers  io90.  On  ignore  si  elle  est  la 
même  que  celle  d'un  Léonard  Charbon,  maître  apothicaire  à  Moulins, 
qui,  par  acte  du  21  décembre  1676,  constitua  une  rente  en  faveur  de 
son  lils,  Charles,  bachelier  en  la  faculté  de  Paris. 

Gilbert-Léonard  Charbon  possédait  sous  Louis  XIV  la  seigneurie 
de  la  Brosse,  en  la  paroisse  de  Saint-Symphorien.  Son  fils,  Louis 
Charbon,  avocat  en  Parlement,  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armo- 
riai général  de  1696.  Ce  Louis  Charbon,  qui  fut  un  des  plus  brillants 
avocats  du  barreau  de  Moulins,  fut  dans  la  suite  sieur  des  Prots  et 
de  la  Maison-Blanche.  Il  avait  épousé  en  1695  Marie  Parchot.  Il  fut 
père  de  Philippe  Charbon,  écuyer,  sieur  des  Prots,  officier  de  la  mai- 
son de  la  Reine,  procureur  du  Roi  en  l'élection  de  Moulins,  et  grand- 
père  de  Gabriel  Charbon,  né  en  1747,  garde  du  corps,  chevalier  de 
Saint-Louis  en  1791,  décédé  en  1819,  qui  épousa  en  1771  Marie-Ga- 
brielle  Faulconnier,  héritière  de  la  terre  de  Valtange  dont  sa  descen- 
dance a  conservé  le  nom.  La  famille  Charbon  de  Valtange  s'est 
éteinte  avec  François-Victor  Charbon  de  Valtange,  petit-fils  du  pré- 

X.  i 


2  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

cèdent,  qui  épousa  en  1846  M"*  de  Chateauregnault  d'Aligny  et  qui 
en  laissa  une  fille  unique,  M™^  la  baronne  douairière  de  Crouzas-Cre- 
tet,  aujourd'hui  propriétaire  de  la  terre  des  Prots. 

On  ne  connaît  pas  à  la  famille  Charbon  de  Valtange  de  principe 
d'anoblissement  régulier  et  on  ne  voit  pas  quelleait  pris  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  de  sa  province.  Mais  ses  membres 
figurent  avec  les  qualifications  nobiliaires  dans  un  grand  nombre 
d'actes  du  xviii^  siècle  K 

Principales  alliances  :  Giraudet  de  Boudcmange  1732,  Philippe  de 
Changy,  Quarré  de  Chateauregnault  d'Aligny  1846,  de  Crousaz-Cre- 
tet  1868,  Bouquet  des  Chaux,  de  Bonand  1782,  etc. 

CHARBONNEAU  (de),  en  Savoie.  Armes  :  d'azur  à  un  bras  d'or,  armé 
d'une  fronde  d'argent,  chargée  d'une  pierre  de  même,  et  sortant  d'un 
nuage  également  d'argent  volant  à  sénestre.  —  Cimier  :  mi  homme 
issant,  portant  un  casque  et  une  cuirasse  et  tenant  une  lance  dar- 
gent.  —  Devise  :  Nec  ferro,  nec  igni. 

La  famille  de  Charbonneau  appartient  à  la  noblesse  de  la  Savoie  où 
elle  vint  du  Dauphiné  s'établir  au  cours  du  xvii*  siècle.  Le  comte  de 
Foras  en  a  donné  une  généalogie  dans  son  Armoriai  de  Savoie.  Cet 
auteur  en  fait  remonter  la  fdiation  à  Pierre  Charbonneau,  du  lieu  de 
Sainte-Marie-d'Alloïs,  en  Dauphiné,  dont  la  femme,  Denise  Combé, 
ou  Tombé,  fit  son  testament  le  20  août  1652.  Jean-Louis  et  Ignace 
Charbonneau,  fds  du  précédent,  prirent  du  service  dans  l'armée  du 
duc  de  Savoie  qui  les  anoblit  par  lettres  patentes  du  25  août  1659. 
Ignace  fut  tué  en  1664  dans  un  combat  contre  les  Turcs  et  ne  laissa 
pas  de  postérité.  Son  frère,  Jean-Louis,  capitaine,  fui  tué  en  1672  dans 
l'expédition  de  Savone.  Il  avait  épousé  en  Savoie  Jacqueline  Mary 
qui  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696 
(registre  de  Dauphiné).  Il  en  laissa  un  fils,  noble  Marc  de  Charbon- 
neau, qui  épousa  le  19  février  1708  dans  les  environs  de  Grenoble 
demoiselle  Barbe  de  Quintal,  demeurant  à  Aiguebelle.  Celui-ci  eut 
à  son  tour  deux  fils  :  1°  Joseph  de  Charbonneau,  né  en  1719  à  Sainte- 
Marie  d'AUoïs,  en  Dauphiné,  qui  épousa  le  11  février  1751  Marie-Cé- 
sarine  Ginod  de  Montagny  et  qui  continua  la  lignée  ;  2°  Alexis  de 
Charbonneau,  né  à  Aiguebelle,  chevalier  des  Saints  Maurice  et 
Lazare,  brigadier  général  d'infanterie  au  service  de  Sardaigne,  com- 
mandant des  ville  et  château  d'Annecy,  qui  mourut  à  Turin  en  1796 
sans  laisser  de  postérité.  Maurice  de  Charbonneau,  né  à  Aiguebelle 
en  1768,  fils  de  Joseph,  fut  officier  au  service  de  Sardaigne  etcheva- 

*  Cette  notice  a  été  faite  en  grande  partie  à  l'aide  de  renseignements  dus  à  l'obli- 
geance de  M.  Philippe  Tiersonnier. 


uictionnaihr   des   familles   françaises  3 

lier  des  Saints  Maurice  et  Lazare.  Sa  descendance  a  fourni  un  eiand 
nombre  d'officiers  de  l'armée  sarde.  Elle  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  de  Villette  1835,  Millet  do  Saint-Albin  1863, 
do  la  r\'\lud,  Guillotde  Cbamoux,  etc. 

La  famille  savoisienne  dont  il  vient  d'être  parlé  est  vraisemblable- 
ment une  branche  d'une  famille  de  Gharbonneau  qui  appartenait  aux 
XVII''  et  xwuf  siècles  à  la  noblesse  de  robe  du  Daupliiné  et  qui  portait 
à  peu  de  chose  près  les  mêmes  armoiries  :  de  gueules  à  une  fronde 
tortillée  en  triple  sautoir  d'or,  mise  en  pal,  chargée  d'un  caillourond 
d'argent,  côtoyé  de  deux  autres  cailloux  de  même  en  pointe.  Jean 
Gharbonneau,  de  Grenoble,  fut  pourvu  sous  Louis  XIV  de  l'office  de 
conseiller  maître  en  la  Ghambre  des  comptes  du  Dauphiné.  Son  fils, 
Joseph  de  Gharbonneau,  était  trésorier  do  France  au  bureau  des 
finances  de  Grenoble  quand  il  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai 
général  de  1696. 

Il  a  existé  en  Poitou  et  au  diocèse  de  Nantes,  en  Bretagne,  une 
famille  de  très  ancienne  noblesse  du  nom  de  Gharbonneau.  Gette 
famille  portait  pour  armes  :  iVazur  à  trois  écussons  d'argent,  2  eM. 
accompagnés  de  dix  fleurs  de  lys  d'or  posées  4,  3,  2,  1,  avec  la 
devise  :  Pro  fide  scuta,  a  Rege  lilia.  On  en  trouvera  une  généalogie, 
malheureusement  assez  incomplète,  dans  le  Dictionnaire  historique 
et  généalogique  des  familles  du  Poitou  de  Beauchet-Filleau.  Elle  fut 
maintenue  dans  sa  noblesse  le  17  décembre  1668,  sur  preuves  de 
treize  générations,  par  jugement  des  commissaires  chargés  de  la 
recherche  des  faux  nobles  en  Bretagne.  Ge  jugement  en  fait  remonter 
la  filiation  à  un  Guillaume  Gharbonneau,  varlet,  marié  à  Marguerite 
de  Lucé,  qui  possédait  dès  la  seconde  moitié  du  xiii'^  siècle  la  sei- 
gneurie de  l'Échasserie,  sur  le  territoire  de  la  paroisse  de  la  Bouffe- 
tière,  en  Poitou.  Guillaume  Gharbonneau,  écuyer,  Sgr  do  l'Échasserie, 
qui  représente  le  quatrième  degré  de  la  filiation ,  épousa  en  1 37 6  Pernelle 
Maynard  et  en  eut  deux  fils,  Jean  et  Guillaume,  qui  furent  les  auteurs 
de  deux  grandes  branches.  La  branche  cadette  posséda,  entre 
autres  biens,  les  seigneuries  de  la  Belourdière,  de  la  Poupelinière  et 
de  la  Fortescuyère  et  s'éteignit  au  cours  du  xviii''  siècle.  On  trouvera 
dans  les  Dossiei's  bleus  les  preuves  de  noblesse  qu'un  représentant 
de  la  branche  aînée,  Alexis-Gabriel  de  Gharbonneau  de  l'Échasserie, 
né  en  1703  à  Montaigu,  au  diocèse  de  Luçon,  fit  en  1720  pour  être 
admis  parmi  les  pages  de  la  Grande  Écurie.  Godcfroy  de  Gharbon- 
neau, issu  de  la  môme  branche,  né  à  Mouzcil  en  1755,  fut  reçu  en 
1780  conseiller  au  Parlement  de  Bretagne  ;  il  mourut  à  Nantes  en 
1844  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage,  en  1821,  avec  M"*  le 
Petit  de  Boissouchard,  décédée  h  Nantes  en  1854.  La  famille  de  Ghar- 


4  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

bonneau  s'est  éteinte  avec  ce  magistrat  et  avec  son  cousin  germain, 
Félix  de  Charbonneau»  né  vers  1790,  inspecteur  des  postes,  décédé 
sans  alliance.  Elle  avait  donné  quatre  chevaliers  à  l'ordre  de  Malte 
(Louis  Charbonneau  de  l'Échasserie,  en  i6i27,  Louis  Charbonneau  de 
la  Moricière,  en  1647,  Charles  Charbonneau  de  la  Fortescuyère,  en 
'1654,  et  Gabriel  Charbonneau  de  l'Échasserie,  en  1657).  Deux  de  ses 
représentants  périrent  dans  l'expédition  de  Quiberon,  en  1795. 

CHARBONNEL  du  BETZ  (de).  Armes  :  d'azur  à  un  croissant  d'argent 
accoîiipagné  de  trois  molettes  (aliàs  de  trois  étoiles)  d'or.  —  Cou- 
ronne :  de  Comte.  —  Devise  :  In  corde  decus  et  honos. 

Il  a  existé  en  Vivarais  deux  familles  nobles  du  nom  de  Charbonnel. 

L'une  de  ces  familles  portait  pour  armes  :  d'or  (aliàs  de  sable)  à 
une  tour  de  gueules  (aliàs  A'argent  ajourée  de  gueules).  Elle  était 
connue  depuis  le  kiy*"  siècle,  posséda,  entre  autres  biens,  les  seigneu- 
ries de  Ghauzon  et  de  Vinezac  et  s'éteignit  dans  les  mâles  en  1644. 
Sa  dernière  représentante,  Marie  de  Charbonnel  de  Ghauzon,  épousa 
en  1644  Louis  de  Julien  de  Rochevive,  dit  le  capitaine  de  la  Baume, 
et  lui  apporta  la  seigneurie  de  Vinezac.  Elle  était  veuve  quand  elle  fit 
enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696. 

L'autre  famille  de  Charbonnel,  à  laquelle  est  spécialement  consa- 
crée la  présente  notice,  ne  s'est  éteinte  dans  les  mâles  qu'en  1891. 
Sainl-Allais  en  a  donné  une  généalogie  détaillée.  Elle  était  de 
noblesse  ancienne  et  avait  eu  pour  berceau  un  fief  de  son  nom  qui 
dans  la  suite  s'appela  Prost.  Saint-Allais  raj)porle,  mais  naturellement 
sans  en  fournir  la  preuve,  qu'un  de  ses  premiers  auteurs,  Guy  de 
Charbonnel,  prit  part  à  la  première  croisade,  fit  prisonnier  un  géné- 
ral turc  et  obtint,  en  récompense  de  ce  haut  fait,  de  porter  pour 
armes  :  un  croissant  et  trois  molettes.  Ce  môme  Saint-Allais  lait 
remonter  la  filiation  à  un  Pierre,  qualifié  miles,  ou  chevalier,  dans 
un  acte  de  1ïi73,  qui  possédait  le  fief  de  Charbonnel  et  qui  aurait 
commandé  le  ban  et  Tarrière-ban  dans  les  dernières  années  du 
XIII*  siècle.  Il  attribue  à  ce  gentilhomme  pour  fils  un  Jean,  chevalier, 
Sgr  de  Charbonnel,  commandant  pour  le  Roi  des  ville  et  château  de 
Sérières,  qui  aurait  épousé  en  1328  Lucrèce  de  Moret,  et  pour  petit- 
fils  un  noble  Just  de  Charbonnel,  damoiseau,  commandant  du  châ- 
teau de  Sérières  pour  le  comte  de  Tournon,  Sgr  de  Sérières,  qui 
aurait  épousé  le  21  septembre  1354  Jeanne  de  Chavanieux,  fille  du 
seigneur  de  Courcelles,  en  Beaujolais. 

La  filiation  ne  paraît  être  nettement  établie  que  depuis  Jean  de 
Charbonnel,  damoiseau,  commandant  du  château  de  Sérières,  que 
l'on  croit  avoir  été  petit-fils  du  précédent  et  qui  épousa  par  contrat 


DICTIONNAinr,    DES    FAMILLES     FRANÇAISES  5 

du  2  février  1418  Marie  de  Taillefer,  fille  du  seigneur  du  Chambon,  en 
Velay.  Ce  gentilhomme  accompagna  Pierre  de  Brézé,  grand  sénéchal 
de  Normandie,  dans  une  descente  que  celui-ci  fit  en  1456  sur  la  côte 
d'Angleterre.  Son  fils,  Claude  de  Charbonnel,  vint  se  fixer  en  Velay 
après  le  mariage  qu'il  contracta  le  19  août  1452  avec  Huguette  de 
David,  héritière  de  la  seigneurie  du  Betz.  Il  lut  lui-même  père  de 
Guy  de  Charbonnel,  Sgr  du  Betz,  marié  le  11  juillet  1501  à  Guionne 
de  Baile,  auquel  seulement  le  jugement  de  maintenue  de  1669  fait 
remonter'la  filiation.  Marcellin  de  Charbonnel,  Sgr  du  Betz,  en  Velay, 
arrière-petit-fils  de  Guy,  laissa  de  deux  alliances  successives  deux 
fils,  Charles  et  Léonard,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Charles,  fut  père  de  Pierre  de  Char- 
bonnel, Sgr  du  Betz,  au  diocèse  du  Puy,  qui  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  le  13  septembre  1669  par  jugement  de  M.  de  Bezons,  inten- 
dant du  Languedoc.  Cette  branche  s'est  éteinte  en  la  personne  d'Ar- 
mand-François de  Charbonnel,  né  en  décembre  1802  au  château  de 
Flachat,  près  de  Monistrol-sur-Loire,  évêquede  Toronto,  au  Canada, 
en  1850,  démissionnaire  en  1860,  décédé  en  1891.  Ce  prélat  avait  eu 
plusieurs  frères.  L'un  d'eux,  Louis,  né  à  Lyon  en  1797,  député  en 
1848,  périt  à  Paris  cette  même  année  dans  les  émeutes  de  juin  ;  il  était 
célibataire.  Un  autre,  Charles,  né  en  1805,  épousa  en  1832  IVF®  de 
Champflour  et  en  laissa  une  fille  mariée  au  marquis  de  Longueil.  Le 
chef  de  cette  branche  était  connu  sous  le  titre  de  comte  depuis  le 
milieu  du  xviii^  siècle. 

L'auteur  de  la  branche  cadette,  Léonard  de  Charbonnel,  Sgr  de 
Jussac,  marié  en  1654  à  Marguerite  Pometon,  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  le  13  avril  1667  par  jugement  de  Dugué,  intendant  du  Lyon- 
nais ;  il  fut  père  de  Gaspard  de  Charbonnel,  Sgr  de  Jussac,  marié  en 
1683  à  Catherine  Véron,  qui  fut  à  son  tour  maintenu  dans  sa  noblesse 
le  6  juin  1698  par  jugement  de  Lambert  d'Herbigny,  successeur  de 
Dugué,  et  le  4  juillet  suivant  par  jugement  de  M.  de  Lamoignon, 
intendant  du  Languedoc.  Le  chef  de  cette  branche,  Benoit-Michel, 
connu  sous  le  titre  de  comte  de  Charbonnel  de  Jussac,  marié  en  1773 
à  sa  cousine.  M""  de  Charbonnel  du  Betz,  fut  député  suppléant  de  la 
noblesse  du  Velay  aux  États  généraux  de  1789;  il  émigra  plus  tard, 
servit  à  l'armée  des  Princes  et  fut  tué  dans  une  bataille  le  17  mai 
1793.  Il  laissait  un  fils,  Joseph,  qui  fut  le  dernier  représentant  mâle 
de  sa  branche  et  qui,  étant  rentré  en  France,  fut  fusillé  comme  émigré 
le  15  novembre  1798.  Ce  jeune  homme  avait  eu  plusieurs  sœurs  dont 
deux  se  marièrent  dans  les  familles  de  Chabron  et  Jourda  de  Vaux  et 
dont  une  autre,  Catherine,  dame  du  Sacré-Cœur,  décédée  en  1857, 
fonda  plusieurs  maisons  de  son  ordre. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  de  Charbonnel  avait  fourni  de  nombreux  officiers,  des 
chanoines  comtes  de  Brioude,  des  chanoinesses  de  l'Argentière,  une 
demoiselle  de  Saint-Cyr  en  178o  (Françoise-Félicité  de  Charbonnel  de 
Jussac,  née  en  1775),  etc. 

Ses  divers  représentants  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  au  Puy. 

Principales  alliances  :  de  Foudras,  d'Alès,  de  Colomb,  de  Baillard 
des  Combeaux,  Dulac  de  Fugères,  de  Portalès  1776,  de  Pradier 
d'Agrain,  de  Chabron,  Jourda  de  Vaux-Follelier,  de  Chàmpflour,  de 
Longueil,  de  Blanquet  du  Chayla,  etc. 

Il  a  existé  en  Auvergne  une  troisième  famille  de  Charbonnel. 
Cette  famille,  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  une  famille  de  Car- 
bonnel  de  la  même  province,  portait  pour  armes  :  émargent  à  six 
étoiles  d'azur,  3,  i  e<  1  ;  à  la  bordure  dentelée  et  au  chef  du  même. 
Elle  était  connue  depuis  le  xiv®  siècle  et  a  donné,  comme  la  famille 
précédente,  plusieurs  chanoines  comtes  au  chapitre  noble  de  Brioude. 
Son  chef,  Ithier  de  Charbonnel,  sieur  de  la  Plaigne  et  de  la  Gouzon, 
en  la  paroisse  de  Saurier,  dans  l'élection  d'Issoire,  demeurant  à  Am- 
bert,  marié  en  1667  à  Radegonde  de  Bouschut,  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  le  ISjanvier  1668  par  jugement  de  M.  de  Fortia,  intendant, 
après  avoir  prouvé  sa  descendance  de  Faucon  de  Charbonnel,  Sgr 
de  Théron,  qui  avait  épousé  Françoise  de  Goudel  et  dont  la  tille, 
Antonia,  épousa  le  10  novembre  1519  Jean  de  Lespinassc.  Cette 
famille  de  Charbonnel  paraît  s'être  éteinte  à  la  fin  du  xvii*  siècle. 

Ces  diverses  familles  n'ont  aucun  rapport  avec  celle  de  Jean-Bap- 
tiste Charbonnel,  né  en  1737,  avocat  au  Parlement  de  Bourgogne, 
éclievin  de  Dijon,  plus  tard  président  du  tribunal  de  Dijon,  puis  con- 
seiller à  la  Cour  de  la  même  ville,  décédé  en  18i24,  qui  reçut  le  titre  héré- 
ditaire dechcvalicr  par  lettres  patentes  dul5  mars  1817  avec  les  armes 
suivantes  :  de  gueules  à  un  sautoir  d'or  cantonné  de  quatre  étoiles 
d  argent;  au  chef  d'hermines.  Joseph-Jules  Charbonnel,  tils  du  pré- 
cédent, né  à  Dijon  en  1774,  général  de  division  en  1813,  inspecteur 
général  d'artillerie,  pair  de  France  en  1841,  grand-croix  de  la  Légion 
d'honneur,  décédé  sans  postérité  en  1846,  fut  créé  baron  de  l'Empire 
par  lettres  patentes  du  10  septembre  1808,  puis  comte  de  Salés  par 
nouvelles  lettres  du  2:2  janvier  1814.  Il  avait  épousé  en  1831  une  fille 
du  général  comte  Gudin  qui  lui  survécut  jusqu'en  1874. 

Une  famille  Charbonnel  duToral  a  appartenu  à  la  haute  bourgeoisie 
du  Poitou  où  elle  était  venue  du  Dauphiné  s'établir  au  commencement 
du  .xviii^  siècle,  l'n  de  ses  membres  était  sous  Louis  XVI  receveur  des 
insinuations  àPoitiers.  Cette  famille  s'estéteinte  avec  François-Eugène 
Charbonnel  du  Toral,  conseiller  à  la  Cour  de  Poitiers,  décédé  en 


DICTIONNAIHE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  ~l 

1859.  M.  de  Rivoire  de  la  Bâtie  lui  attribue  les  armes  suivantes  :  d'ar- 
gent, semé  de  charbons  de  sable,  à  la  bande  d'azur  chargée  d'un 
demi-vol  d'argent. 

CHARBONNIER  de  la  BÉDOLLIÈRE. 

Famille  bourgeoise. 

M.  Charbonnier  épousa  à  Paris  en  1869  M"«  Marie-Louise  Gigault 
de  la  BédoUière,  aujourd'hui  connue  sous  le  nom  de  Charbonnier  de 

LA  BÉDOLLIÈRE. 

Il  sera  consacré  en  son  lieu  une  notice  à  la  famille  Gigault  de  la 
BedoUicre  et  de  Bellefond. 

CHARBONNIER  de  VILLEQUETOUT(Lefebvre-).  Voyez  :  Lefebvre-Char- 

BONNIER  DE  VlLLEQUETOUT. 

CHARBONNIER  de  la  GUESNERIE  (de).  Armes  :  à' azur  à  une  aigle 
éployée  d'argent,  becquée  et  membrée  de  gueules,  au  vol  éployé. 

La  famille  Charbonnier  de  la  Guesnerie  était  originaire  des  environs 
de  Craon,  sur  les  confins  de  l'Anjou  et  du  Maine.  Son  premier  auteur 
connu,  Jacques  Charbonnier,  écuyer,  Sgr  de  la  Fauvelièrc,  est  men- 
tionné dans  un  contrat  d'échange  du  14  novembre  1500  ;  il  fut  dans 
la  suite  conseiller  en  cour  laie.  On  trouvera  dans  les  Carrés  d'Hozier 
les  preuves  de  noblesse  que  la  famille  Charbonnier  de  la  Guesnerie 
fit  en  1749  pour  obtenir  l'admission  dun  de  ses  membres  parmi  les 
pages  de  la  Grande  Écurie.  Ce  travail  en  fait  remonter  la  filiation 
au'e  octobre  1531,  date  à  laquelle  noble  écuyer  Mathurin  de  Char- 
bonnier, fils  aîné  de  noble  homme  François  de  Charbonnier,  écuyer, 
Sgr  de  la  Fauvelière,  et  de  demoiselle  Jeanne  Simon,  épousa  Perrine 
de  la  Fléchère.  Ce  même  Mathurin,  Sgr  de  Bedain,  fit  un  partage 
le  20  juillet  1545  avec  son  frère,  noble  homme  François  Charbonnier, 
licencié  es  lois.  Son  fils  unique,  noble  homme  Jean  Charbonnier, 
Sgr  de  Bedain,  marié  en  1504  à  Jeanne  de  Vittré,  fille  de  Hené  et  de 
Françoise  d'Andigné,  fit  reconnaître  sa  noblesse  le  23  février  1587 
par  jugement  rendu  à  Angers  de  Charles  Boucher,  sieur  de  Dam- 
pierre,  commissaire  député  pour  le  régalement  des  tailles  dans  la 
généralité  de  Tours.  Il  fut  lui-même  père  de  noble  homme  François 
de  Charbonnier,  écuyer,  qui  épousa  le  3  mai  1599  Marthe  Lcnfant, 
fille  de  Jean,  Sgr  de  la  Guesnerie,  et  de  Marie  du  Buat,  grand-père 
de  René  Charbonnier,  Sgr  de  Bedain,  qui  fut   maintenu  dans   sa 
noblesse  le  12  juin  1034  par  jugement  des  commissaires  généraux 
députés  pour  le  régalement  des  tailles  en  la  généralité  de  Tours,  et 
bisaïeul  de  René  Charbonnier,  Sgr  de  la  Guesnerie,  en  la  paroisse 


8  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

d'Athée,  marié  en  1666  à  Marie  de  Chéverue,  qui,  en  1669,  donna 
procuration  pour  présenter  ses  titres  de  noblesse  devant  Voisin  de 
la  Noiraye,  intendant  de  Tours,  et  qui  fut  maintenu  noble  le  31  oc- 
tobre 1715  par  jugement  de  Chauvelin,  également  intendant  de 
Tours. 

Charlotte-Anne  Charbonnier  de  la  Guesnerie,  née  à  Angers  en 
1731,  décédée  en  1785,  écrivit  sous  le  voile  de  l'anonyme  des  romans 
qui  jouirent  dans  leur  temps  dune  grande  vogue. 

René-François  Charbonnier  de  la  Guesnerie,  né  à  Angers  en  1732, 
fut  admis  en  1749  parmi  les  pages  de  la  Grande  Écurie.  Il  devint 
dans  la  suite  chevalier  de  Saint-Louis  et  prit  part  en  1789  au.x  assem- 
blées de  la  noblesse  tenues  à  Angers. 

La  famille  Charbonnier  de  la  Guesnerie  a  fourni  des  officiers  de 
mérite,  des  chevaliers  de  Saint-Louis  et  de  la  Légion  d'hon- 
neur. 

Elle  paraît  avoir  eu  pour  dernier  représentant  Charles  de  Charbon- 
nier, connu  sous  le  litre  de  comte  de  la  Guesnerie,  qui  mourut  en 
1888  à  l'âge  de  76  ans.  Ce  gentilhomme  avait  épouse  en  1843  M"^  de 
Chemellier,  décédée  en  1887;  il  en  eut  une  fdle,  M""'  de  Kergos,  et 
un  fils,  René,  qui  mourut  avant  lui  sans  avoir  été  marié. 

Principales  alliances  :  de  Terves  1835,  Petit  de  Chemellier  1843, 
de  Kernallen  de  Kergos  1880,  de  Lesrat  1733,  de  Lantivy,  de  Santo- 
Domingo  vers  1810,  de  Vittré,  de  Chéverue,  etc. 

On  trouvera  dans  le  Soiiveau  d'Hozier  et  dans  les  manuscrits  de 
Chérin  des  renseignements  sur  une  famille  de  CkaruonmeudeGrangeac 
qui  a  appartenu  à  la  noblesse  de  la  Bresse.  Cette  famille  portait  pour 
armes  :  de  sable  à  un  sautoir  accompagné  en  chef  d'une  étoile  et  en 
pointe  d'un  croissant  montant,  le  tout  d'or.  Elle  avait  pour  auteur 
Jean-Claude  Charbonnier,  lieutenant  général  au  bailliage  et  siège 
présidial  de  Bugey,  célèbre  jurisconsulte,  qui  acquit  le  3  no- 
vembre 1623  de  la  lamille  de  Bussy  la  seigneurie  de  Grangeac,  en 
la  paroisse  d'Attignat,  et  qui  fut  anobli  par  lettres  de  juin  1649.  Lors 
de  la  grande  recherche  commencée  en  1666,  Jean-Claude  Charbon- 
nier, fils  du  précédent,  ne  put  faire  reconnaître  sa  noblesse  par  l'in- 
tendant Bouchu,  attendu  quun  édit  de  1664  avait  révoqué  tous  les 
anoblissements  concédés  depuis  1611,  et  fut  renvoyé  devant  le  Roi 
par  jugement  de  ce  magistrat  du  13  juin  1670.  Il  était  conseiller  du 
Roi  en  tous  ses  Conseils  quand  il  fit  son  testament  à  Dijon  le  22  dé- 
cembre 1672.  Son  fils,  François-Louis  Charbonnier,  chevalier,  Sgr 
de  Grangeac,  lieutenant  général  au  présidial  de  Bourg  et  bailliage  de 
Bresse,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  5  septembre  1687  par  sen- 
tence de  l'élection  de  Lyon,  puis  le  19  décembre  1690  par  jugement 


niCTIONNAIUE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  9 

de  M.  d'Argouges,  intendant  de  Bourgogne  et  de  Bresse.  Joseph  de 
Charbonnier  de  Longes,  marié  en  1733  àM""  de  Laurencin,  fui  connu 
le  premier  sous  le  titre  de  comte  de  Grangcac.  Son  lils,  Philippe- Henri, 
comte  de  Grangeac,  marié  en  1765  à  iM"°le  Prestre  de  Chàteaugiron, 
sollicita  en  1782  des  lettres  de  couih-mation  de  noblesse.  Il  se  quali- 
fiait marquis  de  Grangeac,  Sgr  de  INIarillac,  Viriat  et  Flériat,  cheva- 
lier de  Saint-Louis,  mestre  de  camp  de  cavalerie,  quand  il  prit  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  de  Bresse.  Il  eut  deux  fils  dont 
l'aîné,  René-Gaspard,  né  en  1765,  lit  en  1782  ses  preuves  de  noblesse 
pour  être  admis  à  l'Ecole  militaire. 

Louis-François  Charbonnier  de  Belloy,  ne  en  1745  à  Pont-Saint- 
Maxence  (Oise),  où  son  père,  Louis  Charbonnier,  exerçait  la  profes- 
sion de  marchand  chamoiseur,  fut  pourvu  en  1774  de  l'office  anoblis- 
sant de  secrétaire  du  Roi  en  la  chancellerie  près  le  Parlement  de 
Paris.  11  (ut  plus  lard  conseiller  général  de  l'Oise  et  chevalier  de  la 
Légion  d'honneur,  fut  définitivement  anobli  par  lettres  du  10  mars  1815 
et  reçut  en  même  temps  les  armes  suivantes  :  d'azur  à  mie  terra&se 
cousue  de  sinople  sur  laquelle  rampe  un  serpent  d'argent  et  sommée 
dune  oie  du  même.  Il  ne  paraît  pas  avoir  laissé  de  postérité. 

CHARBONNIÈRES  (de  Girard  de).  Voyez  :  Ciuard  de  Charbonnières  (de). 

CHARCELLAYde  HORS  et  de  la  ROBERDIÈRE  Armes  :  d'argent  à  deux 
poissons  d'azur  nageant  dans  une  mer  de  même,  en  pointe  de  Vécu; 
au  chef  de  gueules  chargé  de  trois  étoiles  d'argent. 

Famille  de  haute  bourgeoisie,  originaire  des  environs  de  Preuilly, 
en  Touraine. 

Pierre  Chàrcellay,  sieur  de  Piétertault,  greffier  au  grenier  à  sel  de 
Preuilly,  lit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696 
(registre  de  Loches)  :  d'argent  à  un  chevron  de  sable  chargé  d'un. . . 
d'or  et  accompagné  de  trois  têtes  de  coq  arrachées  de  sable,  2  et\. 

Pierre  Chàrcellay  de  Bors  fut  pourvu  en  1734  de  la  charge  de  con- 
seiller du  Roi  élu  en  l'élection  de  Loches.  Auguste  Chàrcellay  de 
Bors  était  en  1767  lieutenant  des  maréchaux  de  France  en  la  séné- 
chaussée de  Chàtellerault.  Son  frère,  Pierre,  était  en  1789  procureur 
du  Roi  au  bailliage  et  siège  présidial  de  Loches. 

Principales  alliances  :  de  INIarsay,  Creuzé  des  Chàtelliers. 

CHARDEBŒUF  dePRADEL  (de  Bellotdei.  Voyez  :'Bellot  de  Chardebœuf 

DE  PrADEL  (de). 

CHARDON  de  BEAUVAIS  CHÊNEMOIREAU.  Armes  :  d'azur  à  trois 
chardons  fleuris  d'or,  tiges  et  feuilles  de  même. 


10  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  Chardon  de  Beauvais  est  anciennement  et  honorablement 
connue  en  Blésois.  Toutefois  on  ne  lui  connaît  pas  de  principe  d'ano- 
blissement et  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  pris  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  de  sa  région. 

Claude  Chardon,  sieur  de  Beauvais,  conseiller  du  Roi  en  l'élection 
de  Piomorantin,  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de 
1696.  Il  était  en  1700  lieutenant  général  de  police  à  Bomorantin. 

M.  Chàrdon-Chénemoireau,  né  en  1804,  avait  fait  inscrire  ses  trois 
enfants  à  Ictat-civil  sous  le  nom  de  Chardon  de  Chcnemoireau.  Il 
demanda  dans  la  suite  au  tribunal  civil  de  Vendôme  l'autorisation  de 
faire  substituer  dans  son  propre  acte  de  naissance  au  nom  de  Char- 
don-Chènemoireau  celui  de  Chardon  de  Beauvais  de  Chènemoireau 
porté  par  ses  ascendants  avant  la  Révolution.  Le  tribunal  de  Ven- 
dôme lui  adjugea  ses  conclusions;  mais,  le  procureur  général  près 
la  Cour  d'Orléans  ayant  interjeté  appel,  le  jugement  de  ce  tribunal 
fut  infirmé  par  arrêt  du  17  mars  1860. 

Principales  alliances  :  de  Sachy  de  Fourdrinoy,  de  Montardy 
1903,  Poirier  de  Wolodkowilz  1909,"etc. 

CHARDON  du  RANQUET.  Armes  :  d'or  à  une  lige  de  chardon  de  si- 
nople,  fleurie  de  gueules;  au  chef  d'azur  chargé  d'un  croissant 
d'or  accosté  de  deux  étoiles  du  même. 

La  famille  Charbon  du  Banquet  appartient  à  la  noblesse  de  l'Au- 
vergne. Elle  est  distincte  de  la  famille  de  Chardon  des  Boys,  de  la 
même  province,  à  laquelle  sera  consacrée  la  notice  suivante.  On  en 
trouvera  une  généalogie  complète  dans  les  manuscrits  de  Chérin. 

Elle  remonte  par  filiation  suivie  à  l'année  1580.  Un  de  ses  mem- 
bres, le  Père  Chardon,  né  en  1616,  carme  du  couvent  de  Clermont, 
théologien  éminent,  fut  sous  Louis  XIII  visiteur  général  de  son  Ordre 
en  France.  Un  autre,  Pierre  Chardon,  de  la  Compagnie  de  Jésus,  pré- 
sida de  1697  à  1730  les  missions  du  Canada.  La  famille  Chardon 
avait  déjà  fourni  plusieurs  conseillers  à  la  Cour  des  aides  de  Clermont- 
Ferrand  quand  maître  Biaise  Chardon,  sieur  du  Banquet,  fils  de  Jean 
Chardon,  sieur  du  Banquet,  et  d'Isabeau  Pascal,  fut  pourvu  le  13  no- 
vembre 1712  de  la  charge  anoblissante  de  conseiller  du  Roi,  trésorier 
de  France  et  général  de  ses  finances  en  la  généralité  de  Riom.  Biaise 
Chardon  épousa  le  2 1  janvier  1 714  Anne  de  la  Ville.  Leur  fils,  Jean-Paul 
Chardon  du  Banquet,  marié  le  19  novembre  1759  à  Marie-Anne  Pélis- 
sier  de  Féligonde,  fut  pourvu  en  janvier  1751  de  l'office  de  conseiller 
en  la  Cour  des  aides  de  Clermont  qu'il  conserva  jusqu'à  l'époque  de 
sa  suppression,  en  mai  1771  ;  il  se  fit  accorder  le  10  février  1773  des 
lettres  patentes  de  confirmation  de  noblesse.  Il  laissa  un  fils,  Jean- 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  11 

Michel  Chardon  du  Banquet,  né  à  Clermont  en  1767,  qui  continua  la 
descendance. 

M.  Chardon  du  Ranquct  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Clermonl-Ferrand. 

La  famille  Chardon  du  Banquet  a  fourni  des  officiers,  un  capitaine 
des  zouaves  pontificaux,  un  député  du  Puy-de-Dôme  en  1821,  des 
missionnaires,  etc. 

Elle  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  Pélissier  de  Féligonde  1759,  Pascal,  Doynel 
de  la  Sausserie,  de  Villèle  1894,  de  Trémeuge  de  la  Boussière,  de 
Nicolaï  de  Lacoste  de  Laval,  de  Frévol  de  Bibains,  etc. 

CHARDON  des  ROYS  (de).  Armes  :  do?'  à  un  chevron  de  gueules  accom- 
pagné de  trois  chardons,  tiges  et  feuilles  de  même. 

La  famille  de  Chardon  des  Boys,  aujourd'hui  éteinte,  appartenait  à 
la  noblesse  de  l'Auvergne  comme  la  famille  Chardon  du  Banquet 
avec  laquelle  elle  ne  doit  pas  être  confondue.  On  en  trouvera 
des  généalogies  complètes  dans  les  manuscrits  de  Chérin  et  dans 
le  premier  volume  de  la  France  moderne  de  M.  Villain.  Elle  est 
fort  anciennement  connue  dans  la  petite  ville  d'Allègre,  à  laquelle 
elle  a  donné  de  nombreux  consuls.  D'après  une  tradition,  qui  ne 
s'appuie  sur  aucune  preuve,  elle  descendrait  des  anciens  seigneurs 
de  Chardon,  près  d'Allègre,  et  aurait  à  une  époque  très  reculée  perdu 
sa  noblesse  par  suite  de  dérogeance.  Pierre  Chardon  fut  un  des 
huit  notables  habitants  auxquels  le  baron  d'Allègre  permit  en  li35 
de  bâtir  une  habitation  dans  l'enceinte  fortifiée  de  son  château  pour  y 
être  protégés  en  cas  de  siège.  Honorable  homme  Benoit  Chardon, 
docteur  es  lois  de  la  ville  d'Allègre,  auquel  INI.  Villain  fait  remonter 
la  filiation,  est  mentionné  dans  des  actes  de  1480  et  1485. 

Le  travail  conservé  dans  les  manuscrits  de  Chérin  fait  remonter  la 
filiation  à  noble  Jean  Chardon,  sieur  des  Bois,  arrière-petit-fils  du  pré- 
cédent, qui  avait  épousé  Marie  de  Chalencon  de  Bochebaron  et  dont 
le  fils,  maître  Benoit-François  Chardon,  décédé  en  1685,  fut  pourvu 
le  5  février  1650  de  la  charge  anoblissante  de  président  trésorier  de 
France  au  bureau  des  finances  deBiomet  obtint  des  lettres  d'honneur 
le  20  mai  1684.  Benoit-François  Chardon  avait  épousé,  par  contrat 
passé  à  Clermont  le  23  novembre  1655,  Anne  Garnaud,  fille  d'un  con- 
seiller à  la  Cour  des  aides.  Leur  fils,  Claude  Chardon  des  Boys,  marié 
en  1703  à  dame  Marie  Ligier  et  décédé  en  1739,  fut  à  son  tour  nomme 
le  9  janvier  1704  président  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances 
de  Biom.  Il  fut  père  d'Antoine-Amable  Chardon  des  Boys,  habitant 
de  Biom,  qui  épousa  le  21  décembre  1740  Julienne  Brun  de  Lanthenas, 


12  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

grand-père  de  Charles  de  Chardon  des  Roys,  qui  épousa  au  Puy  le 
22  juin  1763  Marguerite  Alirol,  et  bisaïeul  de  Jean-François-Damase 
de  Chardon  des  Roys,  né  au  Puy  le  11  décembre  1771,  qui  épousa 
en  1805  M"^  Montagne.  Ce  dernier  laissa  deux  tilles,  qui  épousèrent 
successivement  M.  Jules  de  la  Ratie,  et  trois  fds  qui  furent  les  derniers 
représentants  de  leur  famille  et  qui  moururent  sans  postérité. 

Le  chevalier  de  Chardon  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  au  Puy-en-Velay. 

La  famille  de  Chardon  des  Roys  n'était  pas  titrée. 

Elle  a  fourni  des  officiers,  un  lieutenant  des  maréchaux  de  France 
au  Puy,  des  magistrats,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Chalencon  de  Rochebaroii  1615,  Ligier 
(de  la  Prade)  1703,  Rrun  de  Lantcnas,  de  la  Bâtie,  Calemard  de 
la  Fayette,  deMorel  de  la  Colombe  1800,  de  Frétât,  de  Laire  1720,  etc. 

CHARDONNAY  (de;.  Armes  :  de  gueules  à  un  lion  d  argent  langue  d'or 
(aliàs  de  sable). 

La  famille  DE  Chardonnav,  vraisemblablement  éteinte  au  cours  du 
XIX*  siècle,  appartenait  à  lancienne  noblesse  du  comté  de  Montfort- 
l'Amaury  d'où  elle  vint  au  xvii"  siècle  se  fixer  à  Machecoul,  en  Bre- 
tagne. On  en  trouvera  une  généalogie  détaillée  dans  les  manuscrits 
de  Chérin.  On  trouvera  aussi  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves 
de  noblesse  que  deux  de  ses  membres  firent,  on  1762  et  en  1775,  pour 
être  admis  parmi  les  pages  du  Roi.  Une  tradition,  qui  ne  s'appuie 
sur  aucune  preuve,  lui  attribue  une  origine  commune  avec  celle  des 
anciens  sires  de  Montforl. 

L'arrêt  de  maintenue  de  noblesse  de  1668  mentionne  un  Thomas  de 
Chardonnet,  écuyer,  possessionné  au  Licutel,  qui" passa  en  octobre 
1279  un  acte  devant  le  tabellion  de  Montfort.  Guillaume  de  Char- 
donnay,  écuyer,  et  son  fils  Jean  étaient  possessionnés  au  même  lieu 
en  1317  et  1318.  On  trouve  ensuite  Philippe  et  Robinet  de  Char- 
donnay,  écuycrs,  frères,  qui  passèrent  le  22  mai  1378  un  acte  devant 
Duault,  tabellion  à  Montfort.  Robinet  de  Chardonné  fit  une  acquisi- 
tion par  acte  passé  le  dernier  septembre  1381  devant  Loys  Chéron, 
tabellion  de  la  chàtellenie  d'Épernon.  On  lui  attribue  pour  fils,  mais 
sans  preuves  certaines,  un  Jehan  de  Chardonnay,  dit  Chardin, 
écuyer  d'honneur  de  Louis,  duc  d'Orléans,  fils  du  Roi,  qui  obtint  des 
lettres  de  ce  prince  le  27  septembre  1403.  Ce  même  gentilhomme 
est  appelé  noble  homme  Jehan  de  Chardonnay,  l'aîné,  demeurant  au 
Tremblay,  dans  un  contrat  de  vente  passé  le  dimanche  de  Quasi- 
modo  1457  sous  le  sceau  de  la  ville  et  chàtellenie  de  Montfort- 
l'Amaury .  11  avait  épousé  Jeanne  de  Flacourt,  rappelée  comme  défunte 


niCTIONNAIRF.     DF.  S    FAMIM-KS     FRANÇAISES  13 

dans  un  acte  de  vente  du  24  juillet  1454.  Leur  fds,  noble  homme 
Jehan  de  Ghardonnay,  écuyer,  Sgr  de  Bardelle  et  du  Tremblay  en 
partie,  dénombra  ses  biens  en  1458  et  est  mentionné  dans  de  nom- 
breux actes  de  la  seconde  moitié  du  xv*  siècle.  Il  laissa  d'une  alliance 
inconnue  un  fils  unique,  Guillaume  de  Chardonnet,  écuyer,  Sgr  de 
Bardelle.  On  ignore  également  le  nom  de  la  femme  de  celui-ci.  Il 
était  mort  depuis  peu  de  temps  quand  son  fils,  Jehan  de  Ghardonnay, 
écuyer,  Sgr  de  Bardelle,  comparut  le  il  mai  1506  aux  archives  de 
Montfort-rAmaury.  Ce  Jehan  de  Ghardonnay  avait  épousé  à  une  date 
inconnue  Arthuse  de  Maubuisson  qui,  étant  veuve,  passa  un  acte  le 
lundi  8  mars  1539.  Il  en  laissa  deux  fils,  Bernard,  Sgr  de  Bardelle, 
et  Philippe,  Sgr  de  Bicherel,  qui  furent  les  auteurs  de  deux 
branches. 

L'aîné  de  ces  deux  frères,  Bernard,  épousa  le  29  juin  1545  Cathe- 
rine de  Chartres.  Il  fut  laïeul  de  François  de  Ghardonnay,  chevalier, 
Sgr  de  Bardelle,  qui  en  1705  était  maître  d'hôtel  de  la  duchesse  de 
Bourgogne.  Cette  branche  paraît  s'être  éteinte  avec  Charles-Pierre  de 
Ghardonnay,  Sgr  de  Bardelle,  né  en  1752,  qui  vendit  en  1779  la  sei- 
gneurie de  Bardelle  et  qui  mourut  en  1782  laissant  pour  unique  héri- 
tière sa  mère,  Madeleine-Charlotte  de  Soulaigre. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Philippe,  était  échanson  du  Dau- 
phin quand  il  épousa  le  2  septembre  1546  Jehanne  de  Jouan.  Il  fut 
père  de  Iliérosme  de  Ghardonnay,  Sgr  de  Bicherel,  qui  épousa 
le  9  juin  1G03  Gillette  de  Pomereu,  et  grand-père  d'autre  Iliérosme  de 
Ghardonnay,  Sgr  de  Bicherel,  sergent-major  du  régiment  de  M.  le 
vicomte  de  Langeron,  qui  épousa  Marguerite  de  Bastelart  le  3  no- 
vembre 1635  en  la  paroisse  de  Fresnay,  au  diocèse  de  Nantes.  Mar- 
guerite de  Bastelart,  étant  devenue  veuve,  se  retiraàMachecouloù  sa 
descendance  se  perpétua.  Son  fils,  Louis  de  Ghardonnay,  Sgr  de 
Bicherel,  marié  à  Machecoul  en  1666  à  Jeanne  de  Flustres,  fut  main- 
tenu dans  sa  noblesse  d'abord  le  16  juillet  1668  par  un  arrêt  du  Con- 
seil d'État,  rapporté  tout  au  long  dans  le  Nouveau  d'Hozier,  puis 
le  7  mai  1669  par  arrêt  de  la  chambre  de  réformation  de  Bretagne. 
René-Marie  de  Ghardonnay  de  la  Marne,  né  à  Nantes  en  1746,  et  son 
frère,  Alexandre,  né  en  1756,  firent  en  1762  et  1775  leurs  preuves  de 
noblesse  pour  être  admis  parmi  les  pages  du  Roi.  L'aîné  de  ces  deux 
frères  laissa  au  moins  deux  fils  :  1°  Jean,  connu  sous  le  titre  de  mar- 
quis de  Ghardonnay,  né  à  Nantes  en  1784,  qui  épousa  à  Londres 
le  15  décembre  1814  dona  Joanna  de  Lima-Barreto-Goellio  et  qui  en 
eut  un  fils,  Joseph-Denis,  baptisé  à  Londres  le  6  octobre  1815; 
2°  Robert-Joseph,  né  à  Nantes  en  1789.  On  na  pu  se  procurer  de  ren- 
seignements sur  la  destinée  ultérieure  de  cette  branche. 


14  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  do  Chardonnay  avait  fourni  de   nombreux  officiers. 

D'après  le  chevalier  de  Courcelles  elle  était  en  instance  pour 
obtenir  les  honneurs  de  la  Cour  quand  éclata  la  Révolution. 

Principales  alliances  :  de  Pontbriand,  de  Couétus,  deDay  de  Gar- 
dères  1795,  Aucapitaine  de  la  Bernardière  1803,  de  Pomereu,  de 
Chartres,  etc. 

CHARDONNET  (Bernigaud  de  Grange  de).  Voyez  :  Bkrxigaud  de  Grange 

DE  ChARDÛXNET. 

CHARE  (aliàs  CHARRE;  de  la  VALETTE  (de). 

La  famille  Chare,ouCharre,dela  VALETTEestanciennement  et  hono- 
rablement connue  en  Vivarais.  Cependant  on  ne  lui  connaît  pas  de 
principe  d'anoblissement  et  on  ne  voit  pas  que  ses  représentants  aient 
porté  de  qualilications  nobiliaires  antérieurement  à  la  Piévolution,  ni 
même  qu'ils  aient  fait  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de 
1696.  M.  Villain,  qui  en  a  donné  une  généalogie  dans  le  tome  II  de  la 
France  Moderne,  en  fait  remonter  la  filiation  à  un  Jacques  Chare 
dont  le  fils,  François  Chare,  marié  à  Jeanne  de  Chambarlhac,  lit  son 
testament  le  30  décembre  1612  et  dont  le  petit-fils,  Jean  Chare, 
épousa  d'abord  en  1616  Gilberte  Clauzier,  puis  en  1622  Claude  Vey. 
Pierre  Chare,  notaire  royal  à  Saint-Martial,  marié  en  1728  à  Anne 
Courtial,  prit  le  premier  la  qualilication  de  sieur  de  la  Valette.  11  fut 
le  grand-père  de  Louis  Chare  de  la  Valette,  président  du  tribunal  du 
Puy,  dont  la  Hlle  unique,  née  en  1825,  épousa  le  comte  de  Causans, 
et  de  Joseph-Cyrille  Chare  de  la  Valette,  né  en  1793,  qui  épousa 
M"^  Botu  de  Verchères.  Le  petit-fils  de  celui-ci,  Joseph,  capitaine  d'in- 
fanterie, marié  en  1899  à  M"'^  Delemer,  est  connu  sous  le  titre  de 
comte  de  Charre  de  la  Valette. 

Principales  alliances:  de  Chambarlhac,  Blanc  de  Molines  1741, 
Courtial  1770,  Desboscs,  de  Sigaud  de  Lestang,  Sauzet  de  Saint- 
Clément,  de  Saléon-Lacombe,  de  Vincens  de  Causans,  Botu  de  Ver- 
chères,  etc. 

CHARENCEY  (Gouhier  de).  Voyez  :  Gouhier  de  Charêncky,  de  Petite- 
ville  ET  de  Fontenay. 

CHARENTENAY  (Mareschal  de).  Voyez  :  Mareschal  de  Charentenay. 

CHARET  de  la  FRÉMOIRE.  Armes  ••  à  argent  à  une  bande  engrêlée  de 
gueules,  chargée  d'une  étoile  accostée  de  deux  roses,  le  tout  d  ar- 
gent. 


DICTIONNAIRR     DES     FAMII.LKS     FRANÇAISES  15 

M.  de  Magny  a  donné  dans  son  Nobiliaire  universel  une  généa- 
logie de  la  famille  Charet  de  la  Frémoire.  Cette  famille  est  originaire 
du  lieu  de  la  Salle,  au  diocèse  d'Aoslc,  en  Piémont.  Son  auteur,  Jo- 
seph Charet,  vint  sous  Louis  XIV  se  fixer  à  Nantes,  obtint  en  mai 
1683  des  lettres  patentes  de  naturalisation,  fut  nommé  en  1711  con- 
seiller, garde  et  dépositaire,  ancien,  alternatif  et  triennal  des 
archives  de  l'hôtel  de  ville  de  Nantes  et  mourut  dans  cette  ville  à 
l'âge  de  80  ans  le  15  décembre  1726.  Il  avait  eu  son  blason  enregistré 
d'office  à  l'Armoriai  général  de  1696  :  d'argent  à  trois  pals  de 
gueules.  Il  laissa  trois  fiis  :  1°  Nicolas-Julien,  sieur  de  la  Frémoire,  en 
la  paroisse  de  Vertou,  né  à  Nantes  en  1696,  qui  continua  la  descen- 
dance ;  2°  Louis,  qui  n'eut  qu'une  fdle  ;  3»  André,  dont  la  descen- 
dance, demeurée  non  noble,  paraît  s'être  éteinte  en  la  personne  de 
M.André-Jean  Charet,  décédé  en  1864.  Nicolas-Julien  Charet,  sieur  de 
la  Frémoire,  acquit  dans  le  commerce  une  fortune  considérable,  fut 
anobli  par  l'échevinage  de  Nantes  qu'il  exerça  de  1748  à  1751,  fut,  en 
outre,  pourvu  en  1757  de  l'office  anoblissant  de  secrétaire  du  Roi  en 
la  chancellerie  près  le  Parlement  de  Bretagne,  obtint  en  1778  des 
lettres  d'honneur  et  mourut  en  1783.  II  laissa,  entre  autres  enfants, 
un  fils,  Joseph  Charet  de  la  Frémoire,  qui  épousa  en  1774^1""  Robiou 
de  la  Vrignais  et  qui  continua  la  descendance.  L'arrière-petit-lils  de 
celui-ci,  Armand,  né  à  Saint-Quentin  en  1866,  décédé  en  1909,  était 
connu  sous  le  titre  de  marquis  de  la  Frémoire. 

La  famille  Charet  de  la  Frémoire  a  fourni  un  garde  du  corps  du 
roi  Louis  XVI,  tué  à  la  journée  du  10  août  1792,  un  chevalier  de  Saint- 
Louis,  un  chevalier  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 

Principales  alliances  :  Proust  1767,  de  Lavau  1771,  de  Couétus 
1770,  Bouchaud  de  la  Forcstrie,  Robiou  de  la  Yrignais  1774,  de  la 
Seiglière,  etc. 

CHARETON. 

La  famille  Chareton,  d'ancienne  bourgeoisie,  est  originaire  de 
Montélimart  (Drôme).  Elle  avait  pour  nom  primitif  celui  de  Veye. 
Barthélémy  Veye,  habitant  de  Montélimart,  avait  épousé  en  1715 
Marie  Chareton.  11  en  eut  un  fils,  Jean  Veye,  qui  fut  connu  sous  le 
nom  de  Chareton,  appart(Miant  à  la  famille  de  sa  mère.  Le  pctit-lils 
de  celui-ci,  Joseph  Veye,  dit  Chareton,  négociant  à  Montélimart,  fut 
père  de  Jean-Joseph  Chareton,  né  en  1813,  général  de  division,  député 
et  président  du  conseil  général  de  la  Drôme,  sénateur  inamovible, 
décédé  en  1878.  Le  général  Chareton  avait  épousé  M'""  Liotard,  qui 
se  remaria  au  général  Luzeux.  Il  en  laissa  un  lils,  Jean,  né  en  1869, 
officier  d'infanterie,  qui  a  épousé  M"*^  Dutheil  de  la  Roc  hère. 


16  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHARETTE  (de).  Armes  :  (['argent  à  un  lion  de  sable,  armé  et  lampassé 
de  gueules,  accompagné  de  trois  canettes  (aliàs  trois  aigrettes  ou  trois 
aiglettes)  de  sable,  becquées  et  memhrées  de  gueules,  posées  2  eM 
(aliàs  posées  en  pointe).  —  La  famille  de  Charette  a  souvent  écartelé 
ces  armes  de  celles  de  la  famille  italienne  Caretto  dont  elle  se  croit 
issue  :  de  gueules  à  cinq  bandes  d'or.  —  Couronne  :  de  Marquis.  — 
L'écu  entouré  dw»  manteau  de  pair  de  France.  —  Supports  :  deux 
lions  couronnés. 

La  famille  de  Charette,  dont  le  nom  a  reçu  tant  d'illustration  à 
l'époque  des  insurrections  vendéennes,  appartient  h.  l'ancienne 
noblesse  de  Bretagne.  Le  comte  Alexandre  de  Monti  de  Rézé  en  a 
publié  en  1891  une  histoire  très  consciencieuse  sous  le  titre  suivant  : 
Documents  généalogiques  pour  la  maison  de  Charette. 

On  suppose  généralement,  mais  sans  en  avoir  de  preuves  certaines, 
que  la  famille  de  Charette  actuellement  existante  a  eu  dans  le  passé 
une  origine  commune  avec  une  famille  du  môme  nom  qui  possédait 
au  moyen  âge  la  maison  noble  de  Trévignet,  en  la  paroisse  de  la  Cha- 
pelle-sous-Ploermel.  On  a  aussi  voulu,  mais  cette  fois  sans  aucune 
preuve,  faire  descendre  cette  famille  de  Charette  de  Trévignet  d'une 
famille  Caretto  qui  a  occupé  un  rang  brillant  à  Florence.  D'après  ce 
système,  un  gentilhomme  florentin  du  nom  de  Caretto  serait  venu 
se  fixer  en  France  vers  le  milieu  du  xiii*  siècle,  aurait  épousé  le 
22  septembre  1240  Jeanne  du  Bois  de  la  Salle,  demoiselle  d'honneur 
d'Alix,  duchesse  de  Bretagne,  et  aurait  reçu  quelques  années  plus 
tard  de  Pierre  de  Dreux,  dit  Maucler,  en  récompense  de  ses  services, 
donation  de  la  terre  et  seigneurie  de  Trévignet.  Dans  la  réalilé,  la 
famille  de  Charette  de  Trévignet  est  connue  depuis  un  N...  Charette, 
Sgr  de  Trévignet,  qui  vivait  en  1334.  La  descendance  de  ce  gentil- 
homme figura  de  1426  à  1343  aux  réformations  et  montres  de  la 
noblesse  du  diocèse  de  Saint-Malo  et  s'éteignit  vers  le  milieu  du 
XVI*  siècle. 

Le  travail  de  M.  de  Monti,  d'accord  avec  le  jugement  de  maintenue 
de  noblesse  de  1668,  fait  remonter  la  filiation  de  la  famille  de  Charette 
actuellement  existante  à  un  Guillaume  Charette  qui  avait  épousé 
Maillée  de  Xault  et  qui,  vers  1400,  possédait  le  domaine  delaThoma- 
zière,  en  la  paroisse  de  Sautron,  au  diocèse  de  Nantes.  Ce  Guillaume 
Charette  laissa  quatre  enfants  :  1"  Jean,  qui  continua  la  descendance  ; 
2"  une  fille  appelée  Brute  ;  3°  une  autre  fille  mariée  à  Antoine  Bros- 
sault;  4*  Jehan,  recteur  de  Sautron.  Noble  homme  Jean  Charette, 
sieur  de  la  Thomazière,  épousa  demoiselle  Gaudin,  fille  du  sieur  delà 
Vallée  ;  il  fut  en  14o0  exempté  comme  noble  du  paiement  des  fouages 
et  figure  avec  la  qualification  d'écuyer  dans  un  acte  du  13  février  1451; 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  17 

il  aurait  comparu  le  6  avril  1465  à  une  montre  des  nobles  tenue  à 
Nozay.  Il  fut  père  d'autre  Jean  Charette,  écuyer,  sieur  de  la  ïlioma- 
zièrc,  qui  comparut  en  1480  à  une  montre  des  nobles  du  pays  nan- 
tais et  qui  épousa  cette  même  année  Guillcmette  de  la  Vallais,  g-rand- 
père  de  Pierre  Charette,  Sgr  de  laThomazière  et  des  Hommeaux,  qui 
épousa  vers  1508  Jacquelte  de  Barlagat,  et  bisaïeul  de  Jean  de  Cha- 
rette, écuyer,  Sgr  de  la  Bretonnière  et  de  Lormière,  conseiller  du 
Roi,  alloué  au  lieutenant  général  au  siège  présidial  de  Nantes,  qui 
partagea  avec  sa  sœur,  par  acte  du  1"  juin  1542,  la  succession  de 
ses  parents  et  qui  épousa  à  une  date  inconnue  Mathurine  du  Bézit. 
Celle-ci  était  veuve  quand  elle  fit  un  partage  en  1573.  La  situation 
nobiliaire  de  ces  divers  personnages  ne  paraît  pas  avoir  été  très 
élevée  et  on  a  pu  se  demander  si,  malgré  le  jugement  de  maintenue 
de  1608,  la  famille  de  Charette  ne  tirait  pas  simplement  sa  noblesse 
soit  de  la  mairie  de  Nantes,  soit  des  charges  que  ses  membres 
exercèrent  depuis  1572  à  la  Chambre  des  comptes  de  Bretagne. 
Jean  Charette  laissa  de  Mathurine  du  Bézit  cinq  fils  :  1°  Jean,  sieur 
de  la  Bretonnière  et  de  Lormière,  lieutenant  général  au  présidial  de 
Nantes,  qui  épousa  le  19  juin  1564  Julienne  Druays  et  qui  fut  l'auteur 
de  la  branche  aînée;  2"  Pierre,  qui  n'eut  qu'une  fille;  3"  Julien, 
sénéchal  de  Nantes  pendant  la  Ligue,  qui  n'eut  pas  d'enfants; 
4°  Jean  le  cadet,  sieur  de  Lormière  et  de  la  Colinière,  conseiller 
auditeur  en  la  Chambre  des  comptes  de  Nantes  en  1572,  conseiller 
maître  en  la  même  Chambre  en  1587,  qui  épousa  Marguerite  de  Tré- 
gouet  et  qui  fut  l'auteur  de  la  seconde  branche,  aujourd'hui  seule 
existante;  5"  Raoul,  avocat  général  près  la  Chambre  des  comptes  de 
Nantes  en  1581,  prévôt  de  Nantes  en  1602,  qui  fut  l'auteur  de  la  troi- 
sième branche.  Deux  de  ces  fils,  Julien  et  Jean  le  cadet,  firent 
reconnaître  leur  noblesse  le  1®""  septembre  1584  par  sentence  du  pré- 
sidial de  Nantes.  Les  diverses  branches  de  la  famille  de  Charette 
furent,  en  outre,  maintenues  dans  leur  noblesse  en  1668  par  arrêt  de 
la  Chambre  de  réformation,  puis  en  1699  par  jugement  de  l'intendant 
de  Bretagne. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Jean  Charette,  fut  père  de  René  Cha- 
rette, Sgr  de  la  Bretonnière,  conseiller  au  Parlement  de  Bretagne 
en  1598  et  maire  de  Nantes  en  1609,  grand -père  de  René  Gharelt(>,  Sgr 
de  la  Bretonnière,  maire  de  Nantes  en  1635,  qui  épousa  Ciiarlotte  de 
Cornulier,  bisaïeul  de  Jacques  Charette,  sieur  de  Montbert,  maire  de 
Nantes  en  1669  et  premier  président  en  la  Chambre  des  comptes  de 
Bretagne  en  1677,  et  trisaïeul  de  Gilles  Charette,  sieur  de  Montbert, 
conseiller  au  Parlement  de  Bretagne  en  1690,  décédé  en  1734,  dont 
le  fils  mourut  en  1752  sans  laisser  de  postérité  masculine. 
X.  2 


18  DICTIONNAIRE     DKS     FAMILLES    FRANÇAISES 

Raoul  Charette,  auteur  de  la  troisième  branche,  fui  père  de  Julien 
Charette  qui  épousa  le  23  décembre  1610  demoiselle  de  Mothay. 
Celui-ci  laissa  deux  fils  :  1°  Julien,  qui  continua  la  descendance; 
2*  Louis,  page  du  roi  Louis  XIII  en  1637,  qui  périt  en  1644  au  siège 
de  Gravelines  où  il  combattait  aux  côtés  du  maréchal  de  la  Meilleraie. 
Cette  branche  s'est  éteinte  avec  Marie-Renée  Charette  de  Beaulieu 
qui  épousa  en  1778  M.  de  Vauchaussade  de  Chaumont. 

Jean  le  cadet,  auteur  de  la  seconde  branche,  aujourd'hui  seule 
existante,  laissa  deux  fils  :  Jean,  Sgr  de  la  Noe  et  de  la  Colinière,  né 
en  1572,  et  Louis,  sieur  de  la  Colinière,  né  en  1575,  qui  furent  les 
auteurs  de  deux  rameaux. 

L'auteur  du  premier  rameau,  Jean,  épousa  successivement  Jeanne 
du  Dréseuc  et  Françoise  de  Brénezay.  Il  eut  du  premier  lit  un  fils, 
Jean  Charette,  Sgr  de  la  Colinière,  conseiller  d'Ktat  en  1654,  décédé 
en  1668,  dont  la  descendance  obtint  par  lettres  patentes  de  1 775  l'érec- 
tion en  baronnie  de  sa  seigneurie  de  la  Colinière  et  s'éteignit  dans  la 
première  moitié  du  xix^  siècle.  Il  eut  du  second  lit  quatre  autres  fils 
dont  1  aîné,  Louis,  sieur  de  Boisbriand,  continua  la  lignée.  La  descen- 
dance de  celui-ci  a  possédé,  entre  autres  biens,  la  seigneurie  de  la 
Contrie,  en  la  paroisse  de  Couffé.  C'est  à  ce  rameau  qu'appartenait  le 
célèbre  François-Athanase  Charette  delà  Contrie,  né  à  Couffé  en  1763, 
mort  fusillé  à  Nantes  le  29  mars  1796,  qui  fut  un  des  plus  braves  chefs 
vendéens.  Charette  avait  reçu  en  juillet  1794  le  grade  de  lieutenant 
général  des  armées  du  Roi  par  brevet  du  comte  de  Provence,  lieute- 
nant général  du  royaume.  Il  avait  eu  un  frère  aîné,  Louis-Marin  de 
Charette,  Sgr  de  la  Contrie,  né  en  1759.  qui  prit  part  avec  lui  à  l'insur- 
rection vendéenne  et  qui  fut  tué  en  1796.  Ce  frère  avait  épousé  en  1790 
Marie-Louise  Louaisel.  Il  en  laissa  deux  fils  en  bas  âge  dont  le  plus 
jeune,  Athanase-Marin,  né  en  1796,  continua  la  descendance  et  dont 
l'aîné,  Ludovic-Urbain,  périt  dans  l'insurrection  royaliste  qui  se  pro- 
duisit dans  rOuest  de  la  F'rance  à  l'époque  des  Cent-Jours,  au  prin- 
temps de  1815.  Athanase-Marin  de  Charette  fut  créé  pair  de  France 
héréditaire  par  ordonnance  du  23  décembre  1823  et  fut  autorisé  par 
lettres  patentes  du  14  avril  1824  à  constituer  un  majorât  de  pairie  au 
titre  de  baron.  Il  épousa  à  Paris  le  16  juin  1827  Louise-Charlotte,  com- 
tesse de  Vierzon,  fille  naturelle  du  duc  de  Berry,  fut  nommé  en  1829 
colonel  des  cuirassiers  de  Berry,  fut  un  des  plus  fidèles  compagnons  de 
la  duchesse  de  Berry  lors  de  l'insurrection  royaliste  de  1832,  dut  se 
réfugier  à  l'étranger  après  l'échec  de  cette  insurrection,  fut  autorisé  en 
1837  à  rentrer  en  France  et  mourut  en  1848  au  château  de  la  Contrie, 
laissant  une  nombreuse  postérité.  L'aîné  de  ses  fils,  Athanase,  baron 
de  Charette,  né  à  Nantes  en  1832,  propriétaire  actuel  de  la  terre  de 


DICTIONNAIRR     I)  P.  S     FAMILLICS     FRANT-AISKS  19 

la  Contrie,  lieutenant -colonel  des  zouaves  pontificaux,  général  de 
hrig-ade  en  1871,  est  une  des  personnalités  les  plus  justement  res- 
pectées du  parti  royaliste,  il  a  eu  lui-même  un  fds,  Antoine,  né  en 
1880,  qui  a  relevé  le  titre  de  marquis  conféré  en  1775  au  chef  du 
rameau  aujourd'hui  éteint  des  seigneurs  de  la  Gascherie. 

L'auteur  du  second  rameau,  Louis  Charette,  sieur  de  la  Colinière 
et  de  la  Gascherie,  fut  reçu  en  1601  conseiller  au  Parlement  de  Bre- 
tagne et  fut  nommé  en  1609  maire  de  Nantes.  Son  fds,  Jean  Charette, 
sieur  de  la  Gascherie,  marié  en  1643  à  Madeleine  de  Ménardeau,  fut 
reçu  en  1641  conseiller  au  Parlement  de  Bretagne.  Louis  Charette, 
sieur  de  la  Gascherie,  fds  de  celui-ci,  mourut  en  1702  laissant  trois 
fils,  Louis,  Sgr  de  la  Gascherie,  né  à  Nantes  en  1685,  Joseph,  Sgr  du 
ïhiersant,  né  en  1687,  et  Gabriel,  né  en  1693,  qui  furent  les  auteurs 
de  trois  sous-rameaux. 

Louis  Charette,  Sgr  de  la  Gascherie,  auteur  du  premier  sous-ra- 
meau, fut  président  au  présidial  de  Nantes  et  épousa  en  171 1  Elisa- 
beth de  Boussineau.  Leur  fils,  Louis,  né  à  Nantes  en  1712,  reçu  en 
1737  conseiller  au  Parlement  de  Bretagne,  obtint  par  lettres  patentes 
du  13  septembre  1775  l'érection  en  marquisat  de  sa  seigneurie  de  la 
Gascherie.  Il  fut  le  dernier  représentant  de  son  sous-rameau  et 
mourut  sans  postérité  en  1787  en  son  iiôtel  de  Nantes,  doyen  du  Par- 
lement de  Bretagne. 

L'auteur  du  second  sous-rameau,  Joseph  Charette,  Sgr  du  Thier- 
sant,  fut  lieutenant  des  vaisseaux  du  Roi.  Sa  descendance  s'est 
éteinte  avec  son  petit-fils,  Mathurin  de  Charette  du  Thiersant,  né  en 
1759,  décédé  en  1820,  et  avec  les  deux  fils  de  celui-ci,  Isidore,  marié 
en  1806  à  M"^  de  Berthou,  décédée  sans  postérité  en  1875,  et  Hippo- 
lyte,  marié  à  M"^  Maillard  de  la  Morandais. 

L'auteur  du  troisième  sous-rameau,  Gabriel  Ciiarette,  épousa  le 
27  mai  1720  Marguerite  Leclerc  de  Morenville,  veuve  de  René  d'Aux. 
Il  en  eut  un  fils,  Gabriel-Louis  Charette,  qui  épousa  en  1743  Renée 
du  Ruays,  héritière  de  la  seigneurie  du  Boisfoucault,  en  la  paroisse 
de  Saint-Mesme.  Ce  sous-rameau  s'est  éteint  dans  les  mâles  en  1880 
et  complètement  en  la  personne  de  Cécile  de  Charette  de  Boisfou- 
cault qui  épousa  d 'abord  en  1 85 1  le  comte  Arsieu  de  Montesquiou ,  puis 
un  prince  de  Hanau.  On  trouvera  dans  les  Carrés  d'Hozier  les  preuves 
de  noblesse  qu'un  de  ses  représentants,  Charlemagne,  né  en  1759,  fit 
en  1775  pour  être  admis  parmi  les  pages  de  la  Petite  l']curie. 

En  dehors  des  deux  généraux  de  Charette,  la  famille  de  Charette 
a  fourni  six  conseillers  au  Parlement  de  Bretagne,  un  premier  prési- 
dent et  plusieurs  conseillers  en  la  Chambre  des  comptes  de  Nantes, 
plusieurs  maires  de  Nantes,  un  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi  en  1646, 


20  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

trois  chevaliers  de  Malte  en  1762,  1776  et  1778,  de  nombreux  offi- 
ciers, etc. 

Principales  alliances  :  de  Monti  1701, 1803,  de  Montmorency  1752, 
de  Sérent  1733,  de  Bretagne  de  Vertus,  de  Montesquiou-Fezensac 
1851,  de  Hanau,  de  Fitz-James  1862,  de  Gouyon-Matignon  1863,  de 
•  Bourbon-Busset  1866,  de  Durfort-Civrac  de  Lorge  1872,  Harscouet 
de  Kéringant  1872,  de  Sapinaud  1797,  des  Mazis  1804,  de  Becde- 
lièvre  1790,  de  Cambourg  1901,  de  Casamajor  de  Charrilte,  de 
Courson  de  la  Bellcissue,  Jacquelot  de  la  Motte,  de  Cornulier,  de 
Vauchaussade  de  Chaumont,  de  Gourjault  1904,  de  Poulpiquet  du 
Halgouet  1909,  Odart  de  Rilly  1910,  etc. 

CHARGÈRES  (de).  Armes  d'azio'  à  un  lion  léopardé  d'or,  lampassé  de 
gueules,  surmonté  de  trois  trèfles  d'argent  rangés  en  chef.  —  La 
branche  des  anciens  seigneurs  du  Breuil  porte  :  A' azur  à  un  lion 
d'or,  langue  de  gueules;  au  chef  cousu  de  gueules  chargé  de  trois 
trèfles  d'argent.  —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Supports  :  deux 
lions. 

La  famille  de  Chargères  appartient  à  l'ancienne  noblesse  du  Niver- 
nais. On  en  trouvera  une  g('>néalogie  complète  dans  le  Dictionnaire 
de  la  7ioblesse  de  la  Chesnaye  des  Bois.  On  trouvera  aussi  sur  elle 
beaucoup  de  renseignements  dans  le  Nouveau  d'Hozier,  au  Cabinet 
des  Titres. 

Son  premier  autour  connu,  Antoine  de  Chargères,  capitaine  de  cent 
hommes  d'armes,  ôlait  né  en  Savoie  ;  il  vint  se  fixer  en  Bourbonnais 
où  il  possédait  en  1424  la  seigneurie  de  Chapinières.  De  son  mariage 
avec  Anne  du  Crest  il  laissa  un  lils,  Durand  de  Chargères,  écuyer,  Sgr 
de  Tourny,  de  Sapinières,  etc.,  qui  fut  également  capitaine  de  cent 
hommes  d'armes  et  qui  est  mentionné  dans  des  actes  du  17  mars  1487, 
du  15  juin  et  du  24  octobre  1498.  Durand  laissa  lui-même  plusieurs 
enfants  qui,  par  acte  du  16  août  1515,  partagèrent  la  succession  de 
leur  mère,  Philippe  des  Vernois.  L'aîné  de  ses  fils,  Nicolas,  Sgr  de 
Tourny,  du  Breuil,  de  Sapinières,  etc.,  épousa  en  1523  Anne  de  la 
Menue,  veuve  de  Philippe  de  Moroges,  écuyer.  11  en  eut  plusieurs 
iils  qui  partagèrent  sa  succession  par  acte  passé  le  2  avril  1557 
devant  notaires  en  la  prévôté  de  Saint-Pierre-le-Mouticr  et  dont 
trois,  Denis,  Jean  et  Charles,  furent  les  auteurs  de  trois  branches. 
La  troisième  branche  ne  tarda  pas  à  s'éteindre.  Les  représentants 
des  deux  premières  branches  furent  maintenus  dans  leur  noblesse 
le  10  mai  1667  par  jugement  de  Lambert  d'Herbigny,  intendant  de 
Moulins. 

Denis  de  Chargères,  écuyer,  Sgr  de  Tourny,  auteur  de  la  branche 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  21 

que  l'on  considère  gcncralcment  comme  l'aînée  S  épousa  dabôrd 
une  dame  dont  on  ignore  le  nom  ;  étant  devenu  veuf,  il  se  remaria  en 
1567  à  Bénédicte  de  Ving'lcs,  veuve  de  Claude  de  Génelard,  écuyer. 
Antoine  de  Chargères,  écuyer,  Sgr  de  Tourny,  né  de  la  première 
union,  était  en  1592  homme  d'armes  de  la  compagnie  de  ïavannes; 
il  épousa  le  11  février  de  cette  même  année  Marguerite  de  Vingles  et 
se  remaria  quelques  années  plus  tard  à  Guillemettc  Bernât.  Il  laissa, 
entre  autres  enfants,  deux  fds  :  1°  Claude  de  Chargères,  Sgr  de 
Tourny,  né  du  premier  lit,  marié  en  1624  à  Marguerite  de  Mattieu, 
dont  le  petit-lils,  Claude,  Sgr  de  Tourny,  né  en  1672,  marié  en  1700 
à  M'"=  de  Charry,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  25  mai  de  cette 
même  année  par  jugement  de  Jean  deTurmenies,  écuyer,  Sgr  de  Noin- 
lel,  et  dont  la  descendance  paraît  s'être  éteinte  vers  l'époque  de  la 
Révolution  ;  2**  autre  Claude  de  Chargères,  Sgr  des  Griz,  en  la  paroisse 
d'Avrey,  né  du  second  lit,  qui  épousa  Anne  Gourlier  et  dont  la  des- 
cendance subsiste.  Le  fils. de  ce  dernier,  Louis  de  Chargères,  Cosgr 
d'Arcenay,  né  en  1650  à  Lanty,  dans  la  généralité  de  Moulins,  épousa 
le  2  janvier  1681  Catherine  Baudouin  d'Orville  et  vint  se  fixer  en 
Auxois.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  (VHozier  les  preuves  de 
noblesse  que  son  petit-fils,  Charles  de  Chargères,  Sgr  d'Artenay, 
officier  de  cavalerie,  demeurant  à  Bart,  en  Bourgogne,  fit  en  1778 
pour  obtenir  l'admission  à  l'École  militaire  de  son  fils,  Eustache,  né 
en  1767  à  Millay,  dans  la  généralité  de  Moulins.  Celui-ci  épousa 
en  1803  M"'=  de  Framery  et  fut  connu  sous  le  titre  de  marquis,  conservé 
depuis  lors  par  le  chef  de  cette  branche.  On  trouvera  dans  les  Carrés 
(THozier  les  preuves  de  noblesse  que  Jeanne  de  Chargères  de  Tourny, 
née  en  1749,  fit  en  1756  pour  être  admise  à  Saint-Cyr. 

Jean  de  Chargères,  écuyer,  Sgr  de  Sapinières,' de  Chigy-le-Mi- 
gien,  etc.,  auteur  de  la  branche  que  l'on  considère  gcnéralemenl  comme 
la  cadette,  épousa  en  1559  Claudine  de  Ballard,  héritière  de  la  sei- 
gneurie de  la  Goûte,  en  la  paroisse  de  Fléty,  et  fut  admis  en  1590  en 
la  Chambre  de  la  noblesse  des  États  de  Bourgogne,  tenus  à  Semur. 
11  laissa,  entre  autres  enfants,  trois  fils  :  1"  Laurent  de  Chargères,  Sgr 
de  la  Goûte,  qui  épousa  en  1607  Marguerite  d'Apurillon  et  dont  le  plus 
jeune  fils,  Charles,  Sgrde  Magny,  continua  la  descendance  ;  2"  Charles 
de  Chargères,  Sgr  du  Breuil,  chevalier  des  Ordres  de  Notre-Dame  du 
Mont-Carmel  et  de  Saint-Lazare,  dont  la  descendance  obtint  en  1670^ 
l'érection  en  marquisat  de  sa  seigneurie  du  Breuil  et  s'éteignit  au 
XVIII''  siècle  ;   3"  Claude  de  Chargères,   écuyer,  Sgr  de  Vaux,  qui 

'  D'après  certains  auteurs  cette  branche  serait  la  i^ranche  cadette  et  la  branche 
ainée  serait  celle  des  seigneurs  delà  Goûte  et  du  Breuil. 
*  D"apr(is  la  Noblesse  aux  Etals  de  Bourgogne  de  M.  d'Arbauinont. 


22  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

épousa  en  1616  Françoise  Gontier  et  dont  la  descendance  s'éteignit 
également  au  xviif  siècle.  Charles  de  Chargères,  Sgr  de  Magnv,  fds 
cadet  de  Laurent  mentionné  plus  haut,  fut  trisaïeul  de  Charles  de 
Chargères,  né  en  1757,  qui  recueillit  par  héritage  la  seigneurie  du 
Breuil  après  l'extinction  du  rameau  des  seigneurs  du  Breuil.  Charles 
de  Chargères  fut  dès  lors  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Chargères 
que  le  chef  de  cette  branche  a  continué  de  porter  jusqu  à  nos  jours 
comme  le  chef  de  lautre  branche, 

Bernard  de  Chargères,  de  la  branche  des  seigneurs  du  Breuil,  fut 
admis  en  1720  dans  l'Ordre  de  Malte. 

Guillaume  de  Chargères,  écuyer,  Sgr  du  Grand-Marie,  et  Claude 
de  Chargères,  écuyer,  Sgr  deTourny,  prirent  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  tenues  à  Nevers.  Jean-Julien  de  Chargères,  Sgr 
des  Planches,  et  Charles,  marquis  de  Chargères  du  Breuil,  Sgr  du 
Breuil,  prirent  part  cette  même  année  à  celles  tenues  à  Autun. 

La  famille  de  Chargères  a  fourni  des  officiers,  dont  un  comman- 
deur de  Saint-Lazare,  un  général  de  brigade,  commandeur  de  la  Légion 
d'honneur  (Léonce-Rodolphe,  marquis  de  Chargères,  chef  de  la 
branche  aînée,  décédé  en  1875),  un  chanoine  de  Saint-Claude,  etc. 

Principales  alliances  :  Bataille  1614,  deCharry  1660,  1700,duCrest, 
de  Framery,  de  Damas  1696,  de  Vichy  1602,  de  Damoiseau  1655,  d'Ans- 
trude,  de  Bouille,  de  Bongars  1682,  de  Montaudouin,  Pocquet  de 
Livonnière  1883,  Bernigaud  de  Chardonnet  1881,  le  Compasseur  de 
Courtivron,  de  Bosredon,  de  Lespinasse  1880,  etc. 

CHARIE  (de  Brunet  de  la).  Voyez  :  Brunet  de  la  Grange,  de  la  Charie,  de 

MONTREUIL,   DE  S.MRir.NÈ  ET  DE  TrYE. 

CHARIL  de  VILLANFRAY,  de  RUILLÉ,  des  MAZURES.  Armes  :  à'argent 
à  un  chevron  de  gueules  accompagné  de  trois  roses  de  même;  au 
chef  d'azur  chargé  d'un  lion  (aliàs  d'un  chat j  d'argent.  —  Françoise 
Charil  de  Villanfray  fit  enregistrer  à  l'Armoriai  général  de  1696 
(registre  de  Vitré)  les  armes  suivantes,  aujourd'hui  tombées  en 
désuétude  :  à' argent  à  un  lion  de  sable  accompagné  de  trois  roses  de 
gueules.  —  N...  Charil  de  Beauvais,  procureur  liscal  de  Vilrc,  fit 
enregistrer  au  même  Armoriai  les  armes  suivantes,  également  tom- 
bées en  désuétude  :  d'argent  à  un  lion  de  gueules  couronné  d'or, 
au  chef  de  sable. 

La  famille  Ch.vril  est  anciennement  et  honorablement  connue  dans 
les  environs  de  Vitré,  en  Haute-Bretagne.  On  trouvera  sur  elle  beau- 
coup de  renseignements  dans  un  ouvrage  que  M.  Frain  afaitparaître 
en  1884  sous  le  litre  suivant  :  Mémoire  généalogique  où  il  est  fait 
mention  de  plusieurs  familles  établies  à  Vitré. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  23 

Etienne  Charil,  fils  de  Jean  Charil,  épousa  en  160i2  Louise  Lemoyne. 
Trois  de  leur  fils,  Mathurin,  Michel  cl  André,  furent  les  auteurs  de 
trois  branches  qui  se  sont  perpétuées  jusqu'à  nos  jours,  distinguées 
par  les  surnoms  terriens  de  Villanfray,  de  Ruillé  et  des  Mazures.  On 
ne  connaît  de  principe  d'anoblissement  à  aucune  de  ces  branches. 
Celle  des  seigneurs  de  Ruillé  avait  cherché  sous  Louis  XIV  à  s'agréger 
à  la  noblesse  ;  mais,  en  1703,  ses  représentants  furent  condamnés  à 
l'amende  comme  usurpateurs  et  depuis  lors  elle  est  demeurée  non 
noble. 

La  famille  Charil  a  fourni  dans  ses  diverses  branches  de  nom- 
breux officiers  dont  l'un,  René  Charil  de  Ruillé,  capitaine  au  régi- 
ment de  Boulonais,  fut  tué  en  1709  à  la  bataille  de  Malplaquet,  des 
magistrats,  des  maires  de  Vitré,  etc. 

Principales  alliances  :  Potiron  de  Boisfleury  1823,  de  Coniac  1893, 
du  Bois  de  la  Cotardière  1851,  de  Legge  1743,  de  Berlhois,  Janvier 
de  la  Motte  1800,  de  Gennes  1687,  Frain  1750,  Magon  de  Saint-Hélier, 
Rubin  de  la  Grimaudière  1692,  de  Kerguélen,  etc. 

CHARLEMAGNE,  en  Berry. 

Il  existait  à  Bourges  au  xvii'^  siècle  une  famille  très  distinguée  de 
ce  nom.  Cette  famille  portait  pour  armes  :  d'oi'  à  l'aigle  de  sable 
chargée  d'une  fasce  en  devise  de  gueules,  surchargée  de  trois  roses 
d'argent.  Elle  était  originaire  deMehun-sur-Yèvre.  LaThaumassière, 
qui  en  a  donné  au  xvii'^  siècle  une  généalogie  dans  son  Histoire  de 
Berry,  en  fait  remonter  la  filiation  à  Guillaume  Charlemagne,  sieur 
de  Valeau  et  de  Malitorne,  dont  le  petit-fils,  Charles  Charlemagne, 
sieur  de  Malitorne,  fut  nommé  échevin  de  Bourges  en  1551.  Ce 
Charles  Charlemagne  laissa  deux  fils,  François  et  Nicolas,  qui  furent 
les  auteurs  de  deux  branches. 

L'aîné  de  ces  deux  frères  fut  père  de  Jean  Charlemagne,  sieur  de 
Launay  et  de  Villecomte,  qui  fut  secrétaire  de  la  reine  Louise  de  Vau- 
demont,  femme  de  Henri  III,  grand-père  de  Charles  Charlemagne,  sieur 
de  Béry,  maire  de  Bourges,  bisaïeul  de  Charles  Charlemagne,  sieur 
de  Villecomte,  lieutenant  particulier  au  bailliage  de  Bourges,  et  tri- 
saïeul de  François  Charlemagne,  chevalier,  vSgr  de  Villecomte,  qui 
fit  enregistrer  son  blason  à  1  Armoriai  général  de  1696  et  qui  eut  trois 
fils  de  son  mariage  en  1696  avec  Anne  de  Poix.  Cette  branche  paraît 
s'être  éteinte  antérieurement  à  la  Révolution  et  on  ne  voit  pas  que  ses 
membres  aient  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du 
Berry. 

On  trouvera  dans  les  Dossiei's  bleus  des  renseignements  sur  la 
branche  cadette.  L'auteur  de  cette  branche,  Nicolas,  s'était  fixé  en 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Champagne  par  son  mariage  avec  Louise  Nivelet.  Il  fut  père  de 
Charles  Charlemagne^  avocat  àTroyes,  grand-père  de  Louis  Charle- 
magne,  marchand  drapier  à  Paris,  qui  épousa  en  1633  Marie  Lefebvre, 
et  bisaïeul  de  Louis  Charlemagne,  avocat  en  Parlement,  qui  en  1684 
faisait  faire  des  recherches  pour  prouver  son  origine  noble. 

La  vieille  famille  dont  il  vient  d'être  parlé  parait  être  distincte 
d  une  famille  du  même  nom  qui  de  nos  jours  est  honorablement 
connue  dans  le  département  de  l'Indre.  L'auteur  de  cette  famille, 
Nicolas-Jean  Charlemagne,  bourgeois  d'Issoudun,  marié  vers  1760  à 
Marie-Françoise  Contamin,  fut  pourvu  quelques  années  plus  tard  de 
la  charge  anoblissante  de  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances 
de  Bourges.  Il  eut  pour  successeur  dans  cette  charge,  le  3  octobre 
1781,  son  fils,  Jean-Claude  Charlemagne,  qui  la  conserva  jusqu'à 
l'époque  de  sa  suppression,  en  1790.  Celui-ci  était  né  à  Issoudun  en 
1762  ;  il  fut  maire  de  sa  ville  natale  à  l'époque  de  la  Révolution, 
député  de  l'Indre  pendant  les  Cent-Jours,  puis  en  1818,  et  mourut  à 
Chàteauroux  en  1853.  Son  fils,  Edmond  Charlemagne,  né  à  Chàtcau- 
roux  en  1795,  député  de  l'Indre  sous  Louis-Philippe  et  sous  Napo- 
léon III,  décédé  en  1872.  a  été  père  de  M.  Raoul  Charlemagne,  né  en 
1821,  maire  de  Chàteauroux,  plusieurs  fois  député  de  l'Indre  depuis 
1859,  qui  a  lui-même  laissé  postérité. 

II  a  existé  en  Normandie  une  famille  Charlemagne,  ou  Charle- 
maigne,  qui  portait  pour  armes  :  d'azu?'  à  un  chevron  accompagné  en 
chef  de  deux  croissants  et  en  pointe  d'une  molette  d'éperon^  le  tout 
d'or.  Vincent  Charlcmaigne,  écuyer,  sieur  du  Boulay,  marié  à  Cathe- 
rine de  la  Haye,  en  eut  trois  fils,  P'rançois,  Alexandre  et  Dominique, 
qui  furent  simultanément  anoblis  par  lettres  patentes  de  juillet  1652. 
Un  édit  de  1664  ayant  révoqué  tous  les  anoblissements  concédés 
depuis  1611,  l'aîné  de  ces  trois  frères,  François,  sieur  du  Boulay, 
conseiller  en  la  Cour  des  aides  de  Normandie,  marié  à  Rouen  en  1654 
à  Marguerite  Thomas,  se  fit  accorder  en  mai  1667  des  lettres  patentes 
de  confirmation  de  noblesse.  Il  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le 
14  décembre  1668  par  jugement  de  M.  de  la  Gallissonnière,  inten- 
dant. Il  fut  père  de  François  Charlemagne,  Sgr  du  Boulay,  en  l'élec- 
tion de  Pont-Audemer,  marié  en  1708  à  M"""  le  Cerf,  qui  fut  à  son  tour 
conseiller  en  la  Chambre  des  comptes  et  aides  de  Normandie.  On 
trouvera  dans  les  manuscrits  de  Chérin  les  preuves  de  noblesse 
qu'un  petit-fils  de  celui-ci,  Pierre-Joseph  de  Charlemagne  de  Bel- 
londe,  né  en  1774,  fit  en  1788  pour  obtenir  le  grade  de  sous-lieute- 
nant. M.  de  Charlemagne  de  Bellonde  prit  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  du  bailliage  de  Pont-Audemer. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  25 

CHARLERY  de  la  MASSELIÈRE.  Armes  :  d'argent  à  trois  roses  de 
gueules,  ligées  de  sinople,  H  et  \. 

La  famille  Gharlery  est  anciennement  et  honorablement  connue 
dans  la  haute  bourgeoisie  de  l'Anjou.  Le  vicomte  Révérend  lui  a 
consacré  une  courte  notice  dans  Y  Annuaire  de  la  noblesse  de  1908. 

René-François  Gharlery  était  en  1720  procureur  au  grenier  à  sel 
de  Gandé,  en  Anjou.  Alexis-Antoine  Giiarlery,  né  à  Gandé  le  30  juil- 
let 1752,  fut  nommé  général  de  brigade  le  8  frimaire  an  II;  il  fut  plus 
lard  juge  de  paix  dans  sa  ville  natale  où  il  mourut  en  1829. 

M.  René-Jules  Gharlery,  né  en  décembre  1813  à  Vieil-Baugé,  en 
Anjou,  longtemps  maire  de  Gué-Deniau,  marié  à  M""^  de  Beauminy, 
demanda  le  19  avril  1877,  pour  lui  et  pour  ses  trois  fils,  René,  Henri- 
Joseph  et  Julien-Georges,  et  obtint  par  décret  du  22  décembre  de  la 
môme  année  l'autorisation  de  joindre  régulièrement  à  son  nom  celui 
de  :  DE  LA  Masselière  qu'avaient  porté  ses  ascendants.  Le  plus  jeune 
de  ses  fils,  Julien-Georges,  né  en  1851  à  Fitz-James  (Oise),  marié  suc- 
cessivement à  M"*'  Rousseau  et  à  M"''  de  Fontenay,  a  été  nommé 
général  de  brigade  en  1907;  il  est  propriétaire  du  château  de  la  Mas- 
selière, près  de  Gorné,  en  Anjou. 

Principales  alliances  :  de  Montcsson,  Ghrestien  de  Beauminy,  de 
Latena  1891,  de  la  Fontaine  de  Fontenay  1889,  Lair  1908,  de  Vaugi- 
raud  1909,  etc. 

CHARLES  de  la  BLANDINIÈRE  Armes  :  d'argent  à  une  fasce  d'azur 
chargée  de  trois  couronnes  ducales  d'or. 

La  famille  Gharles  a  occupé  un  rang  distingué  dans  la  noblesse 
parlementaire  de  Normandie. 

Son  auteur,  Jean  Gharles,  écuyer,  marié  à  Amcline  le  Bovc,  acquit 
en  1460  une  maison  à  Martigny,  près  d'Arqués,  et  fit  son  testament  à 
Rouen  le  23  janvier  1463.  D'après  une  généalogie  dressée  par  dHozier 
en  1709,  et  conservée  dans  le  Cabinet  d'Hozier,  ce  personnage  aurait 
été  fils  de  Pierre  Gharles  qui  passa  un  traité  le  28  décembre  1425 
avec  son  frère  Nicolas,  doyen  de  l'église  de  Monlivilliers,  petit-lils  de 
Jean  Gharles,  écuyer,  qui  fit  un  accord  le  14  juin  1422  avec  Guillaume 
de  Valiquerville,  et  arrière-petit-fils  de  Pierre  Gharles  qui  donna  le 
19  octobre  1381  à  son  frère  puîné  Jean  80  francs  pour  la  part  qui  lui 
revenait  dans  la  succession  de  leur  père,  Jean  Gharles. 

Pierre  Gharles,  Sgr  de  Gruchet,  fils  de  Jean  et  d'Ameline  le  Bove, 
fut  reçu  en  1496  conseiller  en  la  Gour  de  l'Fchiquier  et  en  1499  con- 
seiller au  Parlement  de  Normandie.  Son  fils,  Pierre  Gharles,  Sgr  de 
Gruchet,  conseiller  au  même  Parlement,  marié  le  26  avril  1552  à 
Marie  de  Saint-Laurent,  fut  père  de  Pierre  Gharles,  Sgr  de  Gruchet, 


26  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

conseiller  au  même  Parlement  en  1565,  qui  épousa  le  ['1  avril  loo9 
Marthe  de  Croisma.res,  héritière  de  la  seigneurie  de  la  Blandinière, 
et  grand-père  de  Pierre  Charles,  Sgr  de  Gruchet,  conseiller  au  même 
Parlement  en  1599,  qui  n'eut  pas  d'enfants,  d'Antoine  Charles,  qui 
fut  tué  à  la  bataille  d'Arqués,  et  de  Gilles  Charles,  Sgr  de  la  Blandi- 
nière, décédé  en  1649,  qui  épousa  en  1610  Marie  le  Brun  et  qui  con- 
tinua la  descendance.  Ce  dernier  fut  père  de  Nicolas  Charles,  Sgr  de 
Gruchet,  conseiller  au  Parlement  de  Normandie,  qui  eut  plusieurs 
enfants  de  son  mariage  en  1658  avec  Catherine  Petit,  et  de  Louis 
Charles,  Sgr  de  la  Blandinière,  conseiller  au  même  Parlement,  qui  eut 
également  plusieurs  enfants  de  son  mariage  en  1662  avec  Marie  le 
Maigne.  Un  des  fils  de  celui-ci,  Louis  Charles  de  la  Blandinière, 
décédé  sans  postérité  à  Paris  en  1732,  fut  chef  d'escadre  des  armées 
navales. 

M.  de  la  Blandinière  se  fit  représenter  en  1789 aux  assemblées  delà 
noblesse  tenues  à  Arques. 

La  famille  Charles  de  la  Blandinière  eut  à  subir,  au  xix^  siècle,  les 
vicissitudes  de  la  fortune.  Elle  comptait  encore,  il  y  a  peu  d  années, 
des  représentants  dans  une  situation  modeste. 

Principales  alliances  :  de  Croismares,  de  Suzanne,  etc. 

CHARLES  de  MALMAIN.  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries  de 
juin  1783)  :  d'azio'  à  un  chevron  d'argent  accompagné  en  pointe 
d'un  demi-vol  du  même;  au  chef  cousu  d'or. 

Cette  seconde  famille  Charles  est  originaire  comme  la  précédente 
de  l'ancien  comté  d'Eu,  en  Haute-Normandie,  où  elle  occupait  au 
xviii*  siècle  un  rang  distingué. 

Jérôme-Marin  Charles,  nommé  en  1765  bailli  du  comté  d'Eu,  obtint 
en  juin  1783  des  lettres  patentes  d'anoblissement  qui  sont  rapportées 
tout  au  long  dans  le  Nouveau  d'Hozier  ;  il  obtint  en  même  temps  le 
règlement  de  ses  armoiries. 

Louis-Pierre-Alfred  Charles,  né  à  Eu  le  3  brumaire  an  XI, 
conseiller  à  la  Cour  de  Rouen,  fut  autorisé  par  décret  du  12  jan- 
vier 1861  à  joindre  à  son  nom  celui  de  la  terre  de  Malmain  qu  il  pos- 
sédait à  Bosgouet,  près  de  Bourgtheroulde,  dans  le  département 
de  1  Eure. 

Principale  alliance  :  de  Cacqueray. 

CHARLES  de  NONJON.  Armes  :  à' azur  à  une  mappemonde  d'argent, 

montée  d'or,  accompagnée  dun  compas  et  d  un  picquoir  d'argent 

passés  en  sautoir  sur  son  pied;  au  chef  parti  d'or  et  de  gueules  au 

chevron  de  lun  en  Vautre. 

La  famille  Charles    de  Nonjon   est  originaire  d'Armenlières,   où 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  27 

Nicolas  Charles  était  en  1629  lieutenant  du  bailli.  Elle  vint  dans  la 
suite  se  fixer  à  Airc-sur-la-Lys,  en  Artois.  Elle  a  donné  au  xviii^  siècle 
un  ingénieur  géographe  du  Roi  de  grand  mérite.  Elle  s'est  éteinte 
avec  la  baronne  James  du  Teil,  née  Charles  de  Nonjon,  décédée  à 
Paris  en  1894. 

Principales  alliances  :  de  l'Escaillc  1635,  1658,  de  Courleville 
d'Hodicq  1696,  Bertin  du  Neufpré  1719,  Liborel  1798,  Crespin  du 
Havelt  1827,  du  Teil  1851. 

CHARLES  et  CHARLES-MESSANCE.  Armes  de  la  famille  de  Messance  : 
d'azu7'  à  une  fasce  d'or  chargée  d'un  lévrier  courant  au  naturel. 

La  famille  Charles  appartient  à  la  haute  bourgeoisie  des  environs 
de  Romans,  en  Dauphiné.  Elle  avait  pour  nom  primitif  celui  de 
Quintin.  M.  Villain,  qui  en  a  donné  une  généalogie  dans  le  tome  II  de 
la  France  Moderne,  en  fait  remonter  la  filiation  à  Barthélémy-Charles 
Quintin,  marchand  drapier  et  blanchisseur  de  toiles,  qui,  en  1642, 
vendit  une  propriété  à  Ihôpital  de  Romans.  Le  petit-tils  de  celui-ci 
Pierre-Charles  Quintin,  né  en  1650,  consul  de  Génissieux,  fut  connu 
sous  le  nom  de  Charles  que  ses  descendants  portèrent  exclusive- 
ment. Il  fut  le  trisaïeul  de  François  Charles,  né  en  1762,  et  d'Étienne- 
FerdinandCharles,néen  1766,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches 
actuellement  existantes.  François-Gabriel  Charles,  né  en  1789,  fils  de 
laîné  de  ces  deux  frères,  épousa  M"«  Jubié,  fille  de  M.  Jubié,  d'une 
vieille  famille  deSaint-Marcellin,  encore  existante,  qui  fut  anoblie  en 
1760,  et  de  M"^  Jubié,  née  de  Messance.  Il  en  eut  un  fils,  Gabriel- 
François  Charles,  né  en  1821,  qui  fut  autorisé  avec  ses  enfants,  par 
décret  du  5  juin  1889,  à  joindre  à  son  nom  celui  de  la  famille  de 
Messance  et  à  s'appeler  Charles-Messance  {sic,  sans  particule). 

Principales  alliances  :  Jubié,  Jourdan  du  Mazot,  de  Chapt  de  Ras- 
tignac  1892,  de  Berlhe  1893,  etc. 

La  famille  Messance,  ou  de  Messance,  appartenait  au  xviii^  siècle  à 
la  haute  bourgeoisie  de  Saint-Étiennc,en  Forez.  Louis  Messance,  père 
de  M'"''  Jubié,  née  de  Messance,  était  conseiller  du  Roi,  receveur  des 
tailles  dans  cette  ville. 

CHARLET.  Armes  concédées  en  1826  au  baron  Charlet  :  à:azurà  une 
clé  d'argent,  posée  en  bande,  et  à  une  plume  taillée  du  même, posée  en 
barre,  la  clé  et  la  plume  disposées  en  sautoir,  et  au  dauphin  d'or 
brochant;  au  chef  d'argent  chargé  d'un  cheoron  de  gueules  accom- 
pagné en  chef  à  dexlre  d'une  merletle  et  à  senestre  d'une  étoile  et  en 
poi7ile  d'un  cheval  passant,  le  tout  de  sable. 

Armand-Théodore  Ciiaulet,  né  à  Paris  le  5  avril  1785,  (ils  de  Ber- 


28  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

trand-Jean-Bapliste  Charlet  et  dAugustine-Catherine  Dugué,  secré- 
taire des  commandements  et  trcsoriergénéral  de  madame  la  Dauphine, 
reçut  le  titre  personnel  de  baron,  avec  règlement  darmoiries,  par 
lettres  patentes  du  roi  Charles  X  du  28  octobre  1826.  Il  mourut  en 
l8o9  à  Bruyère-le-Chàtel  (Seine-et-Oise)  sans  avoir  eu  d'enfants  de 
son  mariage  avec  M"^  Tardivet  de  Repayre. 

Son  frère,  Alexandre-Maximilien  Charlet,  conseiller  à  la  Cour 
d'appel  de  Paris,  démissionnaire  en  1830,  avait  épousé  ÎM"''  Arnaud, 
fille  d'un  médecin  du  Roi.  Il  en  laissa  une  fille,  M"*^  Tassin  de  Val- 
lièrc,  et  un  fils,  Eugène  Charlet,  qui  épousa  en  avril  1864  M"*  de 
Gessler,  fille  d'un  consul  général  de  Russie.  Henri  Charlet,  fils 
d'Eugène,  a  épousé  en  1899  M"*"  de  Galbert. 

CHARLET  de  SAUVAGE  (de).  Armes  (d  après  un  ancien  cachet)  -.parti 
au  1  de...  à  la  tour  de...;  au  '1  de...  à  la  cigogne  de...  ;  au  chef  de... 
chargé  d'un  croissant  de...,  accosté  de  deux  étoiles  de...,  brochant 
sur  les  deux  partis.  —  Aliàs  (d'après  le  sceau  du  testament  de  Jean 
Charlet,  sieur  de  Sauvage,  daté  de  17o8j  :  d  azur  à  un  lion  d'argent 
tenant  de  la  dextre  une  éj)ée  du  même. 

La  famille  de  Charlet  de  Sauvage  est  anciennement  et  honorable- 
ment connue  en  Périgord.  Bien  que  ses  membres  figurent  avec  la 
qualification  d'écuyer  dans  un  certain  nombre  d'actes  du  xviii*  siècle, 
on  ne  lui  connaît  pas  de  principe  d'anoblissement  et  on  ne  voit  pas 
qu'elle  ait  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse. 

La  famille  de  Charlet  de  Sauvage  a  fourni  des  officiers. 

Il  a  existé  en  Poitou  une  famille  Charlet,  très  distinguée,  dont  on 
trouvera  des  généalogies  dans  les  Dossiei's  bleus  et  dans  les  ouvrages 
de  la  Chesnaye  des  Bois  et  de  Beauchet-Filleau.  Cette  famille  portait 
pour  armes  :  (Vor  (aliàs  d'argent)  à  l'aigle  de  sable  au  vol  abaissé. 
Elle  remontait  par  filiation  à  Jean  Charlet,  sieur  du  Château,  mar- 
chand à  Poitiers,  échevin  de  cette  ville  en  1434,  dont  le  fils,  Yves 
Charlet,  sieur  du  Château,  maire  de  Poitiers  en  1486,  fut  vraisembla- 
blement anobli  par  ses  fonctions.  Les  deux  (ils  de  celui-ci,  Geoffroy, 
conseiller  au  Grand  Conseil  en  1bl4,  puis  au  Parlement  de  Paris  en 
lolo,  et  Charles,  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Geoffroy,  avait  épousé  Louise  de 
Cuzy,  héritière  de  la  seigneurie  des  Garennes,  en  Bourbonnais.  Il  en 
eut  trois  fils  :  1"  Etienne,  président  des  enquêtes  au  Parlement  de 
Paris,  gendre  du  chancelier  du  Bourg,  qui  continua  la  lignée  ; 
2"  Jacques,  conseiller  au  Parlement  de  Paris,  mort  avant  d'avoir  été 
reçu;  S"  Pierre,  auditeur  en  la  Chambre  des  comptes  de  Paris,  dont 
la  descendance  ne  tarda  pas  à  s  éteindre.  François  Charlet,  Sgr  des 


Dir/rroNNAiRK   des  familles   françaises  29 

Garennes  et  d'Esbly,  tils  d'Etienne,  fut  conseiller  au  Parlement  de 
Bretagne  en  1572,  puis  à  celui  de  Paris  en  1576.  Sa  descendance  pro- 
duisit des  magistrats  et  des  officiers  distingués  et  fut  maintenue  dans 
sa  noblesse  le  8  octobre  1G68  par  arrêt  de  la  chambre  de  réfor- 
mation de  Bretagne.  Elle  s'éteignit  avec  Louis  Gharlet,  Sgr  d'Esbly, 
né  en  1715,  président  aux  enquêtes  du  Parlement  de  Paris  en  1764, 
qui  mourut  en  1768  ne  laissant  que  deux  fdles,  M""*^  de  Sabran  et 
de  Guémadeuc. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Charles,  fut  grand-père  de 
Jacques  Gharlet,  Sgr  de  Mondon,  conseiller  au  Parlement  de  Bre- 
tagne en  1585,  président  en  la  Chambre  des  comptes  de  Bretagne  en 
1592,  et  bisaïeul  de  Jacques  Gharlet,  trésorier  de  France  à  Poitiers, 
qui  épousa  Jacqueline  Dreux.  On  trouvera  dans  les  Dossiei's  bleus  les 
preuves  de  noblesse  qu'un  descendant  de  celui-ci,  François-Philippe 
Gharlet  de  Mondon,  fit  en  1720  pour  être  admis  parmi  les  pages  de 
la  Grande  Écurie.  Cette  branche  s'est  éteinte  avec  M"^  Marie  de 
Gharlet,  née  à  Archigny  en  1758,  décédée  en  1829. 

CHARLEVAL  (de  Jessé-).  Voyez  :  Jessé-Levas  et  Gharleval  (de). 

CHARLIER  et  CHARLIER  de  GERSON. 

La  famille  Charlirr,  d'iionorable  bourgeoisie,  résidait  au 
XVIII®  siècle  dans  la  petite  ville  de  Ferrières-en-Brio.  Le  sieur  Jean- 
Baptiste  Gharlier,  époux  de  dame  Elisabeth  Macé,  mourut  dans  cette 
ville  le  2  avril  1785.  Son  fils,  Jacques  Gharlier,  né  à  Ferrières  le 
8  octobre  1745,  marié  à  Cécile  Noël,  décédé  à  Paris  le  13  février  1822, 
laissa  deux  (ils,  Pierre  et  Charles-Véronique,  qui  furent  les  auteurs  de 
deux  rameaux. 

L'aîné  de  ces  deux  frères,  Pierre  Gharlier,  épousa  Henriette  Pelle- 
tier de  Saint-Michel  et  mourut  à  Paris  en  1836.  Il  fut  père  de  Charles 
Gharlier,  né  en  1812,  peintre  distingué,  qui  épousa  successivement 
M"-  de  Villarsy  et  M"^  le  Lieur  de  Ville-sur-Arce  et  qui  a  laissé  de  sa 
seconde  union  un  fils  demeuré  célibataire. 

L'auteur  du  second  rameau,  Charles-Véronique,  receveur  général 
des  finances,  fut  connu  sous  le  nom  de  Gharlier  de  Gerson  après  le 
mariage  qu'il  contracta  en  1835  avec  Flavie-Marie-Louise  d'Elbée, 
née  en  1816.  Celle-ci,  étant  devenue  veuve,  se  remaria  à  Jules- 
Alphonse  Débonnaire  de  Forges  et  mourut  à  Paris  le  30  sep- 
tembre 1850.  Charles-Véronique  laissa  une  fille,  mariée  en  1863  au 
vicomte  de  Lostangcs-Béduer,  et  un  111s,  Pierre-Olivier  Gharlier, 
connu  sous  le  titre  de  comte  deOerson,  qui  épousa  en  mai  1860  une 
fille  du  général  Caron  et  qui  a  lui-môme  laissé  postérité. 


30  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  Charlier  deGerson  actuellement  existante  paraît  n'avoir 
aucun  rapport  avec  celle  de  l'illustre  Jean  Gerson.  Celui-ci  s'appelait 
dans  la  réalité  Jean  Charlier  ;  mais  il  fut  connu  sous  le  nom  du  village 
de  Gerson,  près  de  Rethel,  où  il  était  né  en  1363  dans  une  condition 
très  modeste.  Chancelier  de  l'Université  de  Paris  en  1392,  député  de 
cette  Université  au  Concile  de  Pise,  puis  au  Concile  de  Constance, 
décédé  en  1429,  Gerson  fut  un  des  personnages  les  plus  en  vue  de 
son  temps, 

CHARLIER  de  VRAINVILLE.  Armes  (d'après  VArmorial  chartrain)  : 
(['argent  à  un  palmier  de  sinople  soutenu  d'im  croissant  d'azur,  au 
chef  de  même  chargé  de  trois  étoiles  d'orK 

La  famille  Charlier  est  anciennement  connue  à  Châteaudun. 

Nicolas-Sébastien  Charlier  était  seigneur  de  Vrainville  en  1754. 
Nicolas-Jean-Henri  Charlier,  Sgrde  ^'rainville,  Flacey,  la  Poupillière, 
Gasvillet,  etc.,  né  en  1736,  fut  reçu  en  1764  conseiller  des  requêtes 
du  Palais  au  Parlement  de  Metz  ;  il  fut  tué  en  duel  à  Châteaudun 
en  1778. 

Charles  Charlier  de  Vrainville,  chef  d'escadron  de  gendarmerie, 
mourut  à  Piouen  en  1851.  Henri  Charlier  de  Vrainville,  avocat,  a 
épousé  à  Meau.v  en  juillet  1904  M"*  Parmenlier. 

CHARLIERS  de  BUISSERET.  Armes  :  de  sable  à  un  lion  d'argent.  — 
La  famille  Charliers  de  Buisserct  écartèle  souvent  ses  armes  de  celles 
de  la  famille  de  Pipenpoy  :  à'azur  à  trois  fleurs  de  lys  d'argent  au 
pied  coupé.  —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Supports  :  à  dextre  un  lion 
dor,  armé  et  lampassé  de  gueules,  à  sénestre  un  ange  vêtu  d'azur. 
—  Devise  :  Candore  et  Virtute. 

Bien  que  la  famille  Charliers  de  Buisseret  appartienne  à  la  Belgique, 
on  a  cru  devoir  lui  consacrer  quelques  lignes  dans  ce  recueil  ;  il 
importe,  en  eiïet,  de  prévenir  des  conlusions  entre  elle  et  la  famille 
de  Buisseret,  de  vieille  noblesse  flamande,  dont  plusieurs  représen- 
tants sont  de  nos  jours  fixés  en  Belgique.  La  famille  Charliers  est,  du 
reste,  d'origine  française  et  appartenait  au  xvii^  siècle  à  la  haute 
bourgeoisie  du  Cambrésis.  Antoine-François  Charliers,  fds  de  Simon, 
licencié  es  lois,  vint  se  fixer  en  Brabant  dans  les  premières  années  du 
xviii*  siècle,  fut  conseiller  et  souverain  fiscal  du  Souverain  Conseil  de 
ce  pays  et  prit  le  premier  la  qualification  de  seigneur  de  Buisseret.  Il 
avait  épousé  Thérèse  Giclis   d'Hujoul,   née    en  1685,    décédée    le 

•  Ce  sont   les  armes  que  firent  enregistrer  à  l'Armoriai  général  de  1696.   le  pre- 
mier à  Lille,  le  second  à  Bordeaux.   N Charlier,  conseiller  du  Roi,  commissaire 

ordinaire  des  guerres,  et  François  Charlier. 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  31 

2  juin  1742.  Il  fut  père  de  Simon-Benoît  Charlicrs  de  Buisseret,  qui 
épousa  Isabelle  Pipenpoy,  grand-père  de  Guillaume-Ghislain  Ghar- 
liers  de  Buisseret,  décédé  en  1818,  qui  épousa  en  1788  Marie-Ghis- 
laine deMoerman  d'IIarlebeke,  et  bisaïeul  de  Louis-Laurenl  Charliers 
de  Buisseret  qui  fut  créé  vicomte  le  6  novembre  1857  par  lettres  du 
roi  Léopold  et  qui  a  lui-même  laissé  postérité. 

Principales  alliances  :  Pipenpoy,  de  Moerman  d'Harlebeke,  de 
Jonghe  d'Ardoye  1812,  de  Malingreau  de  Quenast  1832,  Borluut 
1860,  etc. 

CHARLONNIE  de  la  BLOTAIS  (de  la).  Armes  :  de  sinople,  semé  d'anne- 
lets  d'argent,  à  un  héliotrope  d'or,  tige  et  feuille  de  même,  mouvant 
de  la  pointe.  — Aliàs  :  à' azur  à  unchevro7i  d' or  accompagné  de  trois 
étoiles  du  même  2  eM  ;  au  chef  d  argent  chargé  d'un  chevron  d'azur 
accompagné  de  trois  étoiles  du  même,  1  e/  2.  —  Aliàs  :  coupé  au  1  d'ar- 
gent à  un  chevron  de  gueules  accompagné  de  trois  étoiles  du  même; 
au  2  d'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné  de  trois  étoiles  d'argent. 

Lafamille  de  la  Charlonnie,  aujourd'hui  complètement  éteinte,  était 
originaire  de  l'Angoumois.  Elle  était  représentée  dans  ce  pays  sous 
Louis  XIV  par  plusieurs  branches  dont  on  ne  connaît  pas  bien  le 
point  de  jonction. 

L'une  de  ces  branches,  demeurée  non  noble,  se  perpétua  honora- 
blement en  Saintonge  et  en  Angoumois  jusque  dans  la  seconde 
moitié  du  xix*  siècle.  Son  dernier  représentant  mâle,  Louis  de  la 
Charlonnie,  est  décédé  en  1867;  sa  mère,  M"""  de  la  Charlonnie,  est 
décédée  à  Angoulême  en  1871. 

Annet  de  la  Charlonnie,  écuyer,  sieur  de  la  maison  noble  de 
Reilhac,  issu  d'une  autre  branche,  tils  de  Pierre  de  la  Charlonnie, 
sieur  de  Bort,  habitant  de  la  ville  de  Chabanais,  fut  anobli,  en 
récompense  de  ses  longs  services  militaires,  par  lettres  patentes  de 
juin  1646  qu'il  fît  enregistrer  le  20  mai  1647  à  la  Chambre  des  comptes 
et  le  17  mai  1651  à  la  Cour  des  aides.  Il  fut  père  de  Jean  de  la  Char- 
lonnie, sieur  de  Reilhat,  né  en  1652,  un  des  200  chevau-légers  de  la 
garde  du  Pioi,  qui  épousa  en  1679  Jacquette  Bernard  et  dont  les  (ils 
moururent  sans  postérité. 

La  branche  des  seigneurs  de  la  Blotais  descendait  de  François  de 
la  Charlonnie  qui  fut  nommé  le  20  mars  1654  conseiller  à  l'échevi- 
nage  de  la  maison  de  ville  d'Angouléme  et  qui  le  lendemain  lit  au 
greffe  de  l'élection  la  déclaration  qu'il  voulait  vivre  noblement. 
François  de  la  Charlonnie  mourut  en  1662.  Son  fils,  Annet  de  la  Char- 
lonnie, sieur  d'Auteroche,  conseiller  au  siège  présidial  d'Angouléme, 
fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  4  avril  1668,  en  vertu  du  privilège 


32  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

de  l'échevinage  d'Angoulême,  par  jugement  de  M.  d'Aguesseau. 
intendant  de  Limoges.  Sa  descendance  alla  au  cours  du  xviii*  siècle 
s'établir  en  Anjou  où  elle  possédait  la  seigneurie  de  la  Blotais.  Pierre 
de  la  Gharlonnie,  Sgr  de  la  Blotais  et  de  la  Bretonnière,  capitaine  de 
cavalerie  et  chevau-léger  des  gardes  du  Roi,  marié  à  M'""  des  Her- 
biers de  l'Estenduère,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Angers.  Il  fut  père  d'Armand-Fortuné  de  la  Gharlonnie, 
marié  en  1813  à  M'"'  de  Sourdis,  décédé  en  1868,  qui  fut  connu  le 
premier  sous  le  titre  de  vicomte  de  la  Blotais,  et  grand-père  de  For- 
tuné de  la  Gharlonnie,  vicomte  de  la  Blotais,  conseiller  général  du 
Maine-et-Loire,  qui  fut  le  dernier  représentant  mâle  de  sa  famille  et 
qui  mourut  en  1904  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage,  en  1864, 
avec  la  comtesse  Arthur  de  Perrien,  née  du  Buat. 

Principales  alliances  :  dcBéjarry,  de  Terves  1849,  de  Brochard  de 
la  Rochebrochard  1850,  d'Escoubleau  de  Sourdis  1813,  de  Bougrenet 
de  laTocnaye,  des  Herbiers  de  l'Estenduère,  Rambaud  de  la  Roque 
1815,  etc. 

CHARLY  (Barbier  de).  Voyez  :  Barbier  des  Landes  et  de  Gharly. 

CHARMASSE  (Desplasses  de).  Voyez  :  Desplasses  de  Gh armasse. 

CHARME  (de  la),  en  Maçonnais. 

La  famille  de  la  Gharme,  ou  Delacharme,  appartenait  à  la  haute 
bourgeoisie  du  Maçonnais.  Elle  était  originaire  de  Matour.  Pierre  de 
la  Gharme  était  juge  de  ^latour  quand  sa  iille  épousa  en  1655  Jean 
Brac,  docteur  en  médecine  à  Dijon,  un  des  auteurs  delà  famille  Brac 
de  la  Perrière.  Plus  récemment,  Jean-Louis  Delacharme,  né  à 
Matour  en  1795,  décédé  au  môme  lieu  en  1879,  fut  maire  de  Chalon- 
sur-Saône  et  député  de  Saône-et-Loirc.  La  famille  de  la  Gharme  s'est 
éteinte  en  la  personne  de  Jules  de  la  Gharme,  conseiller  général  de 
Saône-et-Loire,  décédé  en  1901. 

On  ignore  si  cette  famille  de  la  Gharme  est  la  môme  que  celle  d'un 
Jean  de  la  Gharme,  capitaine  au  régiment  d'Orléans,  qui  fit  enregis- 
trer son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Mâcon)  :  d'oî' 
à  un  charme  de  sinople,  arraché  de  gueules  ;  au  chef  d'azur  chargé 
de  trois  molettes  d'argent. 

CHARMEIL  (Bellier  du).  Voyez  :  Bellier  du  Charmeil,  au  tome  III  et  aux 
additions  du  tome  IX. 

CHARMEL  (de  Bonnefoy  du)  Voyez  :  Bonnefoy  du  Gharmel  et  des  Adl- 

NAIS  (de). 


niCTIONNAlUR     l»i:S     FAMir.LKS     FHANÇAISES  33 

CHARMOILLE  de  FRASNOIS  (Huot  de).  Voyez  :  Huot  de  Gharmoille  de 
Frasxois. 

CHARMOIS  (Petey  de  la).  Voyez  :  I^etey  de  la  Gharmois. 

CHARMOYE  (Hémart  de  la).  Voyez  :  Hémart  de  la  Charmoye. 

CHARNACÉ  (de  Girard  de).  Voyez  :  Girard  deCharnacé  (de). 

CHARNACÉ  (Gautier  d'Escurolles  de)  Voyez  :  Gautier  d'Escurolles  de 
Gharnacé  et  d'Hautesehve. 

CHARNAGE  (Dunod  de).  Voyez  :  Dunod  de  Gharnage  et  Breudl  de  Sac- 

CONXEY  (DU). 

CHARNAILLES  (de  Cortois  de).  Voyez  :  Gortois  de  Gharnailles  (de). 
CHARNÉ  (Gohin  de).  Voyez  :  Gohin  de  Gharné. 

CHARNER. 

La  famille  dont  le  nom  a  été  illustré  par  l'amiral  Gharner  est  origi- 
naire de  Suisse.  Dans  les  dernières  années  du  xviii^  siècle,  Léonard 
Gharner  vint  s'établir  à  Saint-Brieuc,  en  Bretagne,  où  il  exerça  la 
profession  de  liquorisle.  Son  fils,  Léonard-Joseph  Gharner,  né  dans 
cette  ville  en  1797,  décédé  en  1869,  eut  dans  la  marine  une  brillante 
carrière,  fut  successivement  contre-amiral  en  1852,  vice-amiral  en 
1855  et  amiral  en  1864.  Il  était  grand-croix  de  la  Légion  d'honneur. 
De  son  mariage  avecM"^  Goz,  décédée  en  1890,  il  laissa  un  fils,  Victor 
Gharner,  né  en  1836,  trésorier-payeur  général  de  l'Orne  en  1890. 

Principale  alliance  :  Poniatowski. 

CHARNIÈRES  (de).  Armes  :  d'argent  à  trois  merlettes  de  sable,  îLet  \. 
—  Gouronne  :  de  Comte. 

La  famille  de  Gharnières  appartient  à  la  noblesse  de  l'Anjou.  Elle  a 
possédé  jusque  vers  le  milieu  du  xvii*  siècle  un  fief  de  son  nom  situé 
dans  la  paroisse  de  Quélaines,  près  de  Ghàteau-Gonthier.  On  trouve 
que  Jean  de  Gharnières  était  en  1443  greffier  de  l'Ordre  dn  Croissant 
et  secrétaire  surintendant  des  finances  de  Piené  d'Anjou,  roi  de 
Sicile. 

Le  jugement  tle  maintenue  de  noblesse  rendu  en  1668  en  faveur  de 
la  famille  de  Gharnières  en  fait  remonter  la  filiation  au  14  août  1461, 
date  à  laquelle  noble  personne  Gilles  de  Gharnières,  fils  aîné  et 
principal  héritier  de  Jean,  écuyer,  Sgr  dudit  lieu,  épousa  J(>anne  de 
la  Roue,  fille  de  feu  messire  Jacques  de  la  Roue,  en  son  vivant  che- 
valier, Sgr  de  la  Roue.  Ge  même  noble  homme  Gilles  de  Charnières, 
écuyer,  fils  de  noble  homme  Jean  de  Gharnières  et  de  demoiselle 
X.  3 


34  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

Catherine  Aurée,  se  remaria  à  demoiselle  Michelle  de  Boisgamaz 
par  contrat  du  12  juillet  1475.  Il  laissa  deux  fds,  Jean,  né  du  premier 
lit,  et  Gilles,  né  du  second  lit.  Ce  dernier  était  gentilhomme  tranchant 
du  duc  d'Alençon  quand  il  fut  nommé  écuyer  d'écurie  du  même 
prince  par  lettres  du  7  juillet  1510.  Il  avait  épousé  Catherine  de 
Favières.  Il  fut  père  de  René  Charnières,  qui  en  1540  était  avocat  à 
Angers,  et  grand-père  de  Jean  Charnières  qui  fut  reçu  en  1568  con- 
seiller au  Parlement  de  Bretagne. 

Gabriel  de  Charnières,  sieur  de  Gresigné  et  de  la  Rosellière,  et  ses 
deux  frères,  Jean,  Sgr  de  la  Chouannière,  et  Louis,  sieur  de  Char- 
troné,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le  9  mars  1668,  sur 
preuves  remontant  à  1461,  par  jugement  de  Voisin  de  la  Noiraye, 
intendant  de  Tours.  L'aîné  de  ces  trois  frères,  Gabriel,  avait  épousé 
en  1660  Marie  de  Champagne.  Leur  fds,  Charles-Prudent  de  Char- 
nières, chevalier,  Sgr  du  Breuil,  marié  le  6  septembre  1698  à 
Gabrielle  Drouineau,  fut  à  son  tour  maintenu  dans  sa  noblesse  le 
8  juillet  1715  par  un  jugement  de  M.  de  Chauvelin,  intendant  de 
Tours,  qui  est  rapporté  tout  au  long  dans  le  Xouveau  (THozier.  On 
trouvera,  toujours  dans  le  Nouveau  d'Hozier,  les  preuves  de  noblesse 
que  Charles  de  Charnières,  arrière-petit-fils  du  précédent,  né  au  dio- 
cèse de  Poitiers  le  23  septembre  1775,  plus  tard  maire  de  Saumur, 
démissionnaire  en  1830,  fit  en  1785  pour  être  admis  à  l'Ecole  mili- 
taire et  celles  que  sa  sœur,  Céleste,  née  à  Nantes  en  1779,  fit  en  1789 
pour  être  admise  à  Saint-Cyr. 

Madame  veuve  de  Charnières,  dame  de  Preuil,  prit  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Saumur. 

Charles-Théodore,  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Charnières, 
avait  épousé  en  183i  M"*^  de  Bagneux.  Il  en  eut  deux  filles,  qui  se 
marièrent  dans  les  familles  de  Bougé  et  de  Contades,  et  un  fils, 
Charles-Ernest,  comte  de  Charnières,  né  en  1839,  décédé  en  1901, 
qui  a  laissé  plusieurs  enfants  de  son  mariage,  en  1872,  avec  M""  de 
Léon  des  Ormeaux. 

Principales  alliances  :  du  Bouchot,  de  Chivré  1533,  de  Champagne 
1660,  de  Préaulx  1619,  delà  Selle  1801,  Frotier  de  Bagneux  1834,  de 
Bougé  1857,  de  Contades  1859,  de  Léon  des  Ormeaux  1872. 

CHARNISAY  (d'Arthuys  dei.  Voyez  :  Arthuys  de  Charnisay  (d'). 

CHARNOIS  (Geoffroy  de).  Voyez  :  Geoffroy  de  Charnois. 

CHARNY  (le  Vaillant  de).  Voyez  :  le  Vaillant  du  Douet,  de  la  Fieffé, 

DE  FûLLEVILLE,  DE  PlÉMOXT,  DE  Gl.\TIGXY,  DE  ChARNY,  DE  MONCHY,  DE 
DURANVILLE,  DE  LA  BOISSIÈRE  ET  DU   ChATELET. 


Dir.TIONNAIh  R     DRS     FAMILNKS     FHANC.VISKS  35 

CHARODON  fRoiity  dei.  Voyez  :  IIouty  dk  CirAuoDON. 

CHARON  iBergeron  de).  Voyez  :  Beroerox  dk  Charox. 

CHARON  de  BRIE  (de).  Armes  :  d'argent  à  un  chardon  de  sinople  fleuri 
de  troiii  fleum  d'azur.  —  Supports  :  deux  liona  au  naturel. 

La  famille  de  Charon  de  Brie,  éteinte  de  nos  jours,  appartenait  à  la 
noblesse  du  Périgord.  On  en  trouvera  un  tableau  généalogique  dans 
le  tome  III  du  Chroniqueur  du  Périgord.  On  trouvera  aussi  sur  elle 
beaucoup  de  renseignements  dans  les  Carrés  d'Hozier  et  dans  les 
manuscrits  de  Chérin. 

Antoine  Charon,  auquel  remonte  la  filiation,  avait  épousé  Jeanne  de 
Gavre;  il  fut  greffier  des  consuls  de  Périgueux  en  1489,  puis  cin- 
quième consul  de  la  ville  en  1492.  Son  fds,  maître  Hélie  Charon, 
écuyer  et  avocat,  premier  consul  de  Périgueux  en  1530,  marié  en  1^37 
à  Marie  André,  décédé  en  iooT,  fit  le  23  avril  'l54o  dans  sa  maison 
noble  de  la  Bernardie,  en  la  paroisse  de  Causegret,  un  testament 
dans  lequel  il  mentionne  son  grand-père  Bernard  de  Charon,  vivant 
conseiller  ordinaire  du  roi' de  Navarre.  Il  laissa  deux  fils  dont  l'ini, 
Bernard,  continua  la  descendance  et  dont  l'autre,  Pierre,  sieur  de 
Sensenac,  qualifié  marchand  de  Périgueux  dans  un  acte  de  1372,  fut 
l'auteur  d'une  branche  éteinte  au  xvui*  siècle.  Maître  Bernard  Charon 
était  juge  d'appeaux  et  ordinaire  aux  comté  de  Périgord,  vicomte 
de  Limousin  et  seigneurie  d'Albret  quand  il  fut  pourvu  par  lettres  du 
26  octobre  1570  de  l'office  de  vice-chancelier  et  garde  des  sceaux 
auxdits  comté  et  vicomte  de  Jeanne,  reine  de  Navarre,  et  de  son  fils 
Henri  ;  il  fut  nommé  maître  des  requêtes  de  l'hôtel  des  mêmes  princes 
par  nouvelles  lettres  du  27  janvier  1578.  Il  aurait  épousé  Mai^uerite 
de  Chantemerle  par  contrat  du  30  décembre  de  cette  même  année; 
mais  une  note  conservée  dans  les  Carrés  d'Hozier  apprend  que  ce  con- 
trat est  faux  et  très  faux.  Il  se  qualifie  maître  Bernard  Charon,  con- 
seiller du  Roi,  ancien  lieutenant  général  au  siège  de  Bergerac  dans  son 
testament  daté  du  15  août  16 12.  Il  laissa  plusieurs  fils  dont  l'un,  André, 
fut  président  en  la  Chambre  de  ledit  de  Guienne,  dont  un  second, 
Jacques,  continua  la  descendance  et  dont  un  troisième,  Théophile, 
lieutenant  particulier  à  Bergerac,  fut  père  de  Pierre  Charon  lequel 
obtint  le  22  septembre  1655  des  lettres  patentes  de  confirmation  de 
noblesse  rapportées  tout  au  long  dans  les  Carrés  d'Hozier.  Monsieur 
maître  Jacques  Charon,  écuyer,  avocat  en  la  Cour  du  Parlement  de 
Bordeaux,  aurait  épousé  par  contrat  du  24  juin  1618  demoiselle  Jeanne 
de  Lespinasse,  fille  de  Jean,  bourgeois  de  Bergerac.  Une  note  con- 
servée dans  les  Carrés  d'Hozier  apprend  que  ce  contrat  est  f\Lux  et 


36  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

fort  mal  imité.  Jacques  Charon,  écuyer,  sieur  de  Brie,  fils  du  précé- 
dent, était  avocat  en  la  Cour  du  Parlement  de  Bordeaux  et  intendant 
du  duc  de  la  Force  quand  il  épousa,  par  contrat  du  9  décembre  i6o6, 
Catherine  Bénazé,  fille  d'un  avocat  au  siège  présidial  de  Tours;  il 
futmaintenu  dans  sa  noblessele30décembrel666,  sur  preuves  remon- 
tant aux  lettres  de  1570,  parjugementdeM.  deMontozon,  subdélégué 
en  Périgord  de  Pellot,  intendant  de  Bordeaux.  Il  fut  père  d'Armand 
de  Charon,  Sgr  de  Brie,  marié  en  1698  à  Anne  Séguala,  qui  fut  à 
son  tour  maintenu  dans  sa  noblesse  le  8  août  de  cette  même  année  par 
jugement  de  M.  deBezons,  un  des  successeurs  de  Pellot.  Anne-Mar- 
guerite de  Charon  de  Brie,  née  en  17:20,  petite-fille  d'Armand,  fut 
admise  à  la  maison  de  Saint-Cyr.  On  trouvera  dans  les  manuscrits 
de  Chérin  les  preuves  de  noblesse  que  son  neveu,  Joseph-Emile  de 
Charon  de  Brie,  né  à  Saint-Domingue  en  1766,  fit  en  1785  pour  obtenir 
le  grade  de  sous-lieutenant. 

La  famille  de  Charon  de  Brie  a  eu  pour  dernier  représentant  mâle 
François-Théodore-Henri,  né  à  Cuba  on  1813,  connu  sous  le  titre  de 
comte  de  Charon  de  Brie,  qui  n'eut  pas  d'enfants  de  son  mariage  en 
1857  avec  M"*  Cousin  de  Feugré.  M™*  de  Villebardet,  née  Zoé  de 
Charon  de  Brie,  est  décédée  à  Bordeaux  en  novembre  1896. 

Principales  alliances  :  d'Augeard,  du  Cluzel  1691,  Gillct  de  Lacaze 
1655,  Jay  de  Beaufort  1614,  de  Larmandie  1697,  de  la  Borie  de  Cam- 
pagne 1743,  Reygondaud  de  Villebardet,  etc. 

CHARON.  Armes  :  écartelé  :  au  1  doi'  à  un  palmier  de  sinople;  au  2  de 
gueules  à  Vépée  haute  en  pal  d'argent,  qui  est  des  barons  militaires  ; 
au  3  de  gueules  à  un  chevron  d'argent  accompagné  de  trois  étoiles 
d'or;  au  4  d'or  à  une  tour  de  sable. 

Cette  famille  descend  de  Gabriel  Charon  qui  fut  président  de  l'ad- 
ministration du  département  de  la  Marne,  puis  en  1810  intendant  de 
la  province  de  Salernes.  De  son  mariage  avec  Marie-Marguerite  Bou- 
cher, Gabriel  Charon  laissa  deux  fils,  Viala,  né  en  1794,  et  Auguste, 
né  en  1795. 

Viala  Charon  eut  dans  l'arlillerie  une  brillante  carrière  militaire, 
fut  nommé  général  de  division  en  1848,  puis  gouverneur  général  de 
l'Algérie,  fut  appelé  au  Sénat  en  1852,  fut  promu  grand-croix  de  la 
Légion  d'honneur  en  1856  et  reçut  enfin  le  titre  héréditaire  de  baron 
par  décret  du  7  septembre  1864.  Il  est  décédé  en  1880,  laissant  un 
fils  de  son  mariage,  en  1850,  avec  la  baronne  de  la  Tour-Randon,  fille 
du  général  Schneider  et  proche  parente  des  grands  industriels  du 
Creuzot. 

Auguste  Charon  fut  chef  de  service  de  l'administration  des  postes 


DICTIONNAIRE     DKS    FAMILLES    FRANÇAISES  37 

et  officier  de  la  Légion  d'honneur  ;  il  mourut  en  1874  laissant  deux 
fils  qui  ont  été  l'un  et  l'autre  généraux  de  brigade. 

CHARPAL  (Monteil  de).  Voyez  :  IMonteil  de  Charpal. 

CHARPENTIER.  Armes  :  dazur  à  une  hache  el  à  un  sabre  de  cavalerie 
d'argent,  montés  d'or,  croisés  en  sautoir  ;  au  comble  cousu  de  sinople 
chargé  de  deux  étoiles  d'argent  ;  au  franc-quartier  des  barons  mili- 
taires. 

L'auteur  de  cette  famille,  Germain  Charpentier,  né  en  1771  à  Fort- 
Vauban,  en  Alsace,  était  fils  d'un  entrepreneur  de  fortifications.  Il 
fat  colonel  de  cavalerie  et  officier  de  la  Légion  d'honneur,  fut  créé 
baron  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  25  mars  1809  et  mourut  en 
1860.  De  son  mariage  avec  M"^  Saglio,  le  colonel  Charpentier  laissa 
un  fils,  Michel-Napoléon,  baron  Charpentier,  né  en  1812,  qui  épousa 
en  1842  sa  cousine,  M"«  Saglio,  et  qui  en  eut  lui-même  deux  fils,  Flo- 
rent, né  en  1844,  et  Achille,  né  en  1852,  et  une  fille,  M™«  Bastien. 

CHARPENTIER.  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries  de  1826)  : 
d'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné  en  chef  de  deux  pigeons 
affrontés  et  en  pointe  d'un  croissant,  le  tout  d'or;  au  chef  cousu  de 
gueules  chargé  de  trois  étoiles  d'argent. 

Cette  seconde  famille  Charpentier,  originaire  de  Rozoy-en-Brie,  y 
occupait  un  rang  distingue  dès  le  xvm'=  siècle.  Henri-Charles  Char- 
pentier, marié  vers  1765  à  Charlotte  Chapelain,  en  laissa  plusieurs 
fils.  L'un  de  ces  fils  épousa  M'"'  de  Brassier  de  Saint-Simon-Valade. 
Un  autre,  Henri-François,  né  à  Soissons  en  1769,  eut  une  brillante 
carrière  militaire,  fut  général  de  division  et  grand-officier  de  la  Légion 
d'honneur,  épousa  en  1804  une  fdle  du  général  Aubert  du  Bayet,  qui 
fut  ministre  de  la  Guerre,  fui  créé  comte  de  l'Empire,  sur  institution 
de  majorât,  par  lettres  patentes  du  14  février  1810,  fut  confirmé  dans 
la  possession  de  son  titre,  en  1826,  par  nouvelles  lettres  du  roi  Charles  X, 
obtint  en  même  temps  le  règlement  de  ses  armoiries  et  mourut  en 
1831.  La  descendance  du  général  Charpentier  s'est  éteinte  avec  son 
tîls,  Charles-François,  comte  Charpentier,  qui  mourut  en  1879  laissant 
de  son  mariage  avec  M""  d'Hennin  une  fille  unique,  née  en  1852, 
décédée  sans  alliance  en  1886. 

Principales  alliances  :  Aubert  du  Bayet  1804,  de  Brassier  de  Saint- 
Simon,  Richard  d'Aubigny  d'Uberhern  1825,  d'Hennin. 

CHARPENTIER.  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries  de  1817)  : 
d  or  à  une  bande  de  gueules  accompagnée  en  chef  d'un  dextr achève 


38  DICIIUNNAIRE     DES     FAMILLES    FRA>ÇAISE5 

armé  de  sable  tenant  une  épée  haute  de  même  et  issant  d'une  nuée 
d  azur,  mouvant  du  flanc  senestre,  et  en  pointe  d'un  dextrochère 
semblable  au  premier,  mouvant  du  flanc  dextre. 

Pierre  Charpentier,  né  en  1773  à  Herpont,  en  Champagne,  fils  de 
Claude  et  de  Jeanne  Brûlé,  lieutenant-colonel,  officier  de  la  Légion 
d'honneur,  décédé  en  1839,  fut  créé  chevaher  de  l'Empire  par  lettres 
patentes  du  23  juillet  1810  et  fut  confirmé  dans  la  possession  de  son 
titre  par  ordonnance  royale  du  17  septembre  1818.  Il  laissa  cinq  fils. 
Pierre-Ferdinand,  Victor-Alphonse,  François-Gustave,  Adolphe-Léon 
et  Alphonse-Alfred,  nés  le  premier  à  Thouars  en  1816,  les  autres  à 
Chàlons  en  1817,  1818,  1825  et  1828. 

CHARPENTIER.  Armes  ;  d'or  à  un  canon  sur  son  affût  de  sable,  sou- 
tenu de  sinople,  adextré  de  trois  boulets  de  sable  et  surmonté  d'un 
dextrochère  habillé  d'azur,  la  main  de  carnation,  tenant  une  épée 
de  gueules  et  accosté  d'une  étoile  de  sable,  posée  entre  l'épée  et  le 
dextrochère  ;  à  la  bordure  de  gueules  chargée  du  signe  des  chevaliers 
légionnaires. 

Charles-Constant  Charpentier,  né  en  1774  à  Montmirail,  en  Cham- 
pagne, chef  de  bataillon,  chevalier  de  la  Légion  dhonneur,  décédé 
en  1852,  fut  créé  chevalier  de  lEmpire  par  lettres  patentes  du 
Il  novembre  1813.  Il  eut  un  fils,  Simon-Constant,  chevalier  Charpen- 
tier, né  en  1799. 

CHARPENTIER  dei.  Armes:  de  gueules  aune  épée  d'argent,  montée 
dor,  la  pointe  basse. 

Jean  Ch.\rpentier,  né  en  1745  àLesterps,  en  Limousin,  (ils  de  Fran- 
çois Ciiariienlier,  avocat  au  Parlement  de  Paris,  et  de  Marie  Delage 
de  la  Brousse,  lui-même  avocat,  maire  de  Blanzac  fIiaul(>-Vienne), 
fut  anobli  le  9  mai  1827  par  lettres  patentes  du  roi  Charles  X.  II  avait 
épousé  en  1781  Marie  Bachet  de  Saint-Laurent.  Leur  (ils,  Pierre- 
Alexandre  de  Charpentier,  marié  en  1804 àM'"'  Duclos  de  Lagrange, 
en  eut  un  fils,  Jean-Hubert,  qui  mourut  sans  avoir  été  marié,  et  deux 
filles  dont  l'une  demeura  célibataire  etdontlautre,  décédéc  en  1872, 
épousa  M.  Genty  de  la  Borderie. 

CHARPENTIER  et  CHARPENTIER  de  BEAUVILLÉ.  Armes  :  d'azur  à 
une  bande  échiquetee  d'or  et  de  gueules  de  deux  tires.  —  La  branche 
fixée  à  Saint-Quentin,  la  seule  qui  se  soit  perpétuée  jusqu'au 
xix^  siècle,  portait  :  de  gueules  aune  bande  échiquetee  d'or  et  d'azur 
de  deux  tires,  accompagnée  en  chef  dune  hache  d'armes  d'argent.  — 
Couronne  :  de  Comte.  —  Supports  :  deux  licornes.  — Devise  :  Securi 
securus. 


Dir/noNNAïuK   m: s   iamillics   kuançaisks  39 

Sainl-Allais  a  donné  une  généalogie  de  la  famille  Ciiaupentier  dans 
le  tome  XV  de  son  Nobiliaire  Universel.  On  trouvera  aussi  sur  elle 
des  renseignements  dans  le  Dictionnaire  delà  Noblesse  de  laChes- 
naye  des  Bois,  dans  la  liiograp/iie  du  Parlement  de  Metz  de  Michel 
et  dans  les  Dossiers  bleus. 

La  souche  était  représentée  au  xvi"  siècle  par  deux  frères,  Nicolas, 
échevin  de  Paris  en  1519,  et  Claude,  qui  furent  les  auteurs  de  deux 
grandes  branches. 

Nicolas  Charpentier,  auteur  de  la  première  branche,  fut  grand-père 
de  Fiacre  Charpentier,  échevin  de  Paris  en  1546,  qui  épousa  Marie 
Drouin,  HUe  d'un  secrétaire  du  Roi.  Fiacre  Charpentier  laissa  lui- 
même  deux  hls:  1°  Michel,  receveur  des  consignations,  puis  notaire 
au  Châtelet,  qui  épousa  Anne  Sellier  et  qui  continua  la  lignée  ; 
2°  Jean,  décédé  en  1584,  qui  fut  père  de  Jacques  Charpentier,  audi- 
teur en  la  Chambre  des  comptes  de  Paris  en  1597,  grand-père  de  Louis 
Charpentier,  Sgr  de  Lives,  du  Mée,  etc.,  conseiller  maître  en  la 
même  Chambre  en  1641,  et  bisaïeul  de  Jeanne  Charpentier,  héritière 
de  la  seigneurie  du  Mée,  qui  épousa  Nicolas  Fraguier  et  qui  mourut 
dans  un  âge  avancé  en  1740.  Michel  Charpentier,  fds  de  Michel  et 
d'Anne  Sellier,  fut  un  magistrat  éminent;  conseiller  au  Parlement  de 
Paris  en  1607,  puis  conseiller  d'État,  il  fut  nommé  en  1620  président 
pour  le  Roi  es  villes  et  pays  de  Metz,  Toul  et  Verdun,  puis  président 
à  mortier  au  Parlement  de  Metz,  lors  de  sa  fondation,  et  mourut  en 
1637.  Son  tils,  Thierry  Charpentier,  conseiller  au  Parlement  de  Metz 
en  1634,  puis  au  Grand  Conseil  en  1644,  et  enfin  au  Parlement  de 
Paris  en  1645,  décédé  en  1681,  laissa  deux  fils  :  1"  Philippe,  conseiller 
au  Parlement  de  Paris,  marié  en  1682  à  M"^  Portail,  décédé  en  1694; 
2"  Louis,  conseiller  au  Parlement  de  Metz,  puis  en  la  Chambre  des 
comptes  de  Paris,  dont  la  descendance  s'éteignit  avec  son  petit-fils, 
Pierre  Charpentier,  conseiller  au  Parlement  de  Paris,  décédé  en 
1762.  Philippe  Charpentier,  décédé  en  1694,  eut  quatre  fils,  Philippe- 
Antoine,  conseiller  au  Parlement  de  Paris,  Jean,  clerc,  Claude, 
capitaine  aux  gardes  françaises,  et  Thierry-Antoine,  né  en  1692,  que 
tous  les  généalogistes  anciens  font  mourir  sans  alliance. 

La  seconde  branche,  issue  de  Claude,  alla  se  fixer  à  Saint-Quentin 
et  donna  à  cette  ville  plusieurs  maïeurs.  Un  de  ses  représentants, 
Quentin  Charpentier,  prêtre,  chanoine  de  l'église  collégiale  de  Sainte- 
Perinne,  chapelain  de  l'église  royale  de  Saint-Quentin,  fit  enregistrer 
son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  Un  autre,  Adrien  Charpen- 
tier, Sgr  de  Beauvillé,  d'abord  maïeur  de  Saint-Quenlin,  fut  dans  la 
suite  président  en  la  Cour  des  monnaies  de  Paris  et  fut  anobli  par 
ses  fonctions.  Il  avait  épousé  en  1707  Anne  de  Fay  d'Herbe.  Sa  des- 


40  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

cendance  s'est  éteinte  avec  les  trois  enfants  d'Adrien-Louis  Char- 
pentier, chevalier,  Sgr  de  Vaux,  de  Beauvillé  et  de  Bayempont,  et  de 
Marie-Elisabeth  d'Y  de  Résigny  :  1"  Auguste  Charpentier  de  Beau- 
villé, né  en  1796,  maire  deLaon  sous  le  Second  Empire,  décédé  sans 
alliance  en  1 879  ;  ^^  Auguste  Charpentier  de  Bayempont  ;  '6"  M"'^  Dufayot 
de  la  Maisonneuve,  décédée  en  1891. 

Principales  alliances  :  Dreux,  Pinon,  Portail,  Le  Tonnelier  (de  Bre- 
teuil),  d'Y  de  Résigny,  INIiron,  Feydeau,  le  Boulanger,  de  Fraguier, 
Dul'ayot  de  la  Maisonneuve,  etc. 

La  famille  dont  il  vient  d'être  parlé  et  qui  a  donné  plusieurs  magis- 
trats au  Parlement  de  Metz  paraît,  malgré  la  ressemblance  des 
armoiries,  être  distincte  d'une  famille  Charpentier  de  Neuvron  qui, 
au  xvm^  siècle,  occupait  dans  cette  ville  un  rang  distingué.  Cette 
famille  portait  pour  armes,  d'après  dom  Pelletier  :  d'azur  à  une  bande 
échiquelée  de  trois  traits  d'or  et  de  gueules,  accostée  de  deux  licornes 
d'argent.  Elle  avaiteupour  auteur  Louis-François  Charpentier,  grand- 
maître  des  eaux  et  forêts  de  Lorraine,  qui  fut  anobli  en  1714  par 
lettres  du  Duc.  Pierre  Charpentier,  fils  de  Louis-François,  fut  créé 
baron  de  Neuvron  par  lettres  patentes  du  duc  de  Lorraine  du 
47  avril  1736;  il  fut  nommé  en  1739  conseiller,  puis  en  1741  président 
à  mortier  au  Parlement  de  Metz  et  mourut  en  1753. 

On  trouvera  dans  les  Dossiers  bleus  des  renseignements  sur  une 
famille  Charpentier  qui  portait  pour  armes  :  d'azur  à  une  fasce  d'or 
accompagnée  en  chef  de  deux  canettes  et  en  pointe  d'un  bouquet  de 
trois  grenades.  L'auteur  de  cette  famille,  André  Charpentier,  conseil- 
ler maître  en  la  Chambre  des  comptes  de  Paris,  décédé  en  17:21, 
était  lils  d'un  riche  négociant  de  Tours.  Il  avait  épousé  à  Épernay 
Klisabetii  Anlissier.  Leur  lils,  André-Armand  Charpentier,  alla  mou- 
rir en  Italie  après  avoir  dissipé  ses  biens.  Il  fut  père  deN...  Charpen- 
tier, président  au  présidial  de  Tours,  qui  épousa  en  1744  une  demoi- 
selle Dumont,  de  Cliandernagor,  et  qui  en  eut  un  (ils,  né  à  Tours 
en  1747. 

CHARPENTIER  de  BELCOURT.  Armes  :  d'azur  à  une  bande  éckiquetée 
d'or  et  de  gueules  de  deux  tires,  accompagnée  en  pointe  d'un  arbre 
d'argent  surmonté  d'un  croissant  du  même. 

La  famille  Charpentier  de  Belcuurt  revendique  une  origine  com- 
mune avec  celle  à  laquelle  a  été  consacrée  la  précédente  notice  et 
en  porte  les  armoiries  avec  de  légères  modifications. 

Elle  descend  de  Pierre-François-Eustache  Charpentier  de  Bel- 
court,  directeur  du  vingtième  royal  au  déparlement  de  Milhau,  en 
Rouergue,  puis  directeur  de  la  même  administration  en  la  généralité 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  41 

de  Limoges,  qui  mourut  dans  cette  ville  pendant  la  Terreur  à  1  âge 
de  80  ans.  On  a  dit  que  ce  personnage  était  fils  d'un  Thierry  Char- 
pentier, dit  de  Belcourt,  qui  avait  épousé  en  1713  Jeanne-Marguerite 
d'Iiil,  et  que  celui-ci  devait  être  identifié  avec  Thierry-Antoine  Char- 
pentier, né  en  1692,  mentionné  dans  la  notice  précédente,  lequel 
était  le  plus  jeune  des  quatre  fils  de  Philippe  Charpentier,  conseiller 
aux  requêtes  du  Palais,  décédé  en  1694,  et  de  Madeleine  Portail. 
Aucun  généalogiste  ancien  ne  dit  que  Thierry-Antoine  Charpentier 
ait  été  marié,  ni  qu'il  ait  porté  le  surnom  de  Belcourt.  Pierre- 
PYançois-Eustache  Charpentier  de  Belcourt  ne  paraît  pas  avoir  porté 
de  qualifications  nobiliaires  et  on  ne  voit  pas  qu'il  ait  pris  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse.  11  avait  épousé  à  Milhau  en  1765  Luce- 
Franroise  Jullien  de  Rochemont,  veuve  de  François  Glausel  de  Cous- 
sergues.  11  fut  père  de  Pierrc-Simon-Eustache  Charpentier  de  Bel- 
court,  né  en  1765,  directeur  des  contributions  directes  à  Limoges, 
qui  épousa  en  1809M"'=  Gauldrée-Boilleau,  et  grand-père  de  François- 
Charles  Charpentier  de  Belcourt,  né  à  Limoges  en  1811,  avocat,  qui 
vint  se  fixer  à  Périgueux  après  le  mariage  qu'il  contracta  en  1838 
avec  M"^  Patronnier  de  Gandillac.  Ce  dernier  a  laissé  deux  fils  qui 
sont  demeurés  célibataires. 

CHARPENTIER  de  COSSIGNY. 

On  trouvera  d  intéressants  renseignements  sur  la  famille  Charpen- 
tier DE  CossiGNY  dans  Vl)ilermédiaire  des  clierclieurs  et  des  curieux 
de  septembre  1903. 

L'auteur  de  cette  famille,  Nicolas  Charpentier,  né  à  Brétigny,  au 
diocèse  de  Paris,  était  commissaire  général  des  poudres  et  salpêtres 
aux  départements  de  Provence,  Languedoc  et  Gascogne  quand  il  eut 
son  blason  enregistré  d'ofïice  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre 
de  Marseille)  :  d'o?'  à  une  fasce  dazur  chargée  de  deux  colombes 
d'argent.  Il  fit  son  testament  à  Montpellier  le  26  avril  1713.  On 
trouvera  ce  testament  rapporté  tout  au  long  dans  le  Nouveau 
d^Hozier.  De  son  mariage  avec  Anne  Billot,  Nicolas  Charpentier 
laissa  deux  fds,  Nicolas  et  Jean-François,  qui  furent  les  auteurs  de 
deux  branches. 

On  ne  connaît  pas  de  principe  d'anoblissement  à  la  branche  aînée, 
aujourd'hui  seule  existante.  L'auteur  de  cette  branche,  le  sieur  Nicolas 
Charpentier,  né  à  Marseille  le  2  décembre  1697,  était  contrôleur  aux 
entrepôts  de  Carcassonne  quand  il  épousa,  par  contrat  du  11  février 
1733,  demoiselle  Jeanne  de  Blaquière,  fille  de  monsieur  maître  Pierre 
Blaquière,  receveur  de  la  chambre  à  seldeRevel.  Il  fut  dans  la  suite 
maire  de  Gaillac  et  fît  son  testament  dans  cette  ville  le  26  novembre 


42  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FKANÇAISES 

1767.  11  laissa  trois  fils  :  1'  Jean-F'rançois-Louis,  sieur  d'Estouville, 
capitaine  dinlanterie,  qui  continua  la  descendance  ;  2^  Jacques,  major 
d'infanterie;  3"  David,  maréchal  de  camp,  gouverneur  des  établisse- 
ments français  dans  l'Inde,  qui  mourut  à  l'Ile-de-France  en  1804.  Jean- 
François-Louis  Charpentier  d'Estouville  était  capitaine  au  régiment 
de  >»ice-infanterie  quand  il  épousa,  le  lo  octobre  1764,  Jeanne-Renée 
Jego  de  Saint-Aubain,  originaire  du  Croisic,  en  Bretagne.  Il  fut  le 
grand-père  de  Guillaume-Louis  Charpentier  de  Cossigny,  général  de 
division  d'artillerie,  commandeur  de  la  Légion  d  honneur,  décédé  en 
1892  à  l'âge  de  65  ans.  qui  a  lui-même  laissé  un  tils. 

L  auteur  de  la  seconde  branche,  Jean-François  Charpentier  de 
Cossigny,  ingénieur  du  plus  grand  mérite,  fut  envoyé  en  1731  à  Tlle 
de  France,  contribua  à  la  fondation  de  Port-Louis,  fut  plus  tard 
directeur  des  fortifications  de  la  Franche-Comté,  obtint  le  grade  de 
maréchal  de  camp  et  revint  mourir  à  l'Ile  de  France  en  1771.  Son  hls, 
Joseph-François  Charpentier  de  Cossigny,  sieur  de  Palma  à  l'Ile  de 
France,  né  dans  cette  île  en  1736,  marié  à  Besançon  en  1774  à  Marie 
Menassier,  décédé  à  Paris  en  180U,  fut  lui  aussi  un  ingénieur  de 
grand  mérite  et  fut  admis  en  1773  à  l'Académie  des  sciences.  Il  fut 
lui-même  père  de  Corneille-Auguste  Charpentier  de  Cossigny,  né  à 
rUe  de  France  en  1778,  maréchal  de  camp  du  génie,  décédé  en  1861 
à  Allogny  (Cherj,  dont  le  fils  na  pas  laissé  de  postérité. 

Principales  alliances  :  Binot  de  Villiers  1716,  Geraudet  de  Boude- 
mange  vers  1860,  de  Launay  vers  1849,  etc. 

CHARPENTIER  du  MORIEZ  de  LESSAC.  Armes  actuellement  portées 
par  la  famille  :  parti  au  1  de  sable  à  deux  épéea  d'argent  passées  en 
sautoir,  la  pointe  en  bas,  qui  est  de  Charpentier  de  Lessac  ;  au  2  d'or 
à  un  ours  en  pied  de  sable,  qui  est  de  Saint-Ours  ;  au  chef  parti 
d'or  et  d'azur,  à  l'étoile  de  lun  en  Vautre.  —  Couronne  :  de  Comte. 
—  Cimier  :  une  hermine.  —  Supports  :  un  lion  et  unours.  —  Devise  : 
Sine  rubigine. 

La  famille  Charpentier  de  Lessac,  éteinte  en  1802,  appartenait  à  la 
noblesse  de  Bretagne.  On  trouvera  sur  elle  des  renseignements  dans 
les  Carrés  dHozier.  Potier  de  Courcy  la  fait  descendre  d'Armel 
Charpentier,  décédé  en  1500,  qui  était  avocat  à  la  Cour  de  Ploërmel. 
Pierre  Charpentier,  avocat  en  Parlement,  marié  à  Renée  de  la  Cou- 
draye,  fut  anobli  par  lettres  patentes  de  1648.  Mathurin  Charpentier, 
sieur  du  Hardas,  lieutenant  au  siège  royal  de  Guérande,  avait  épousé 
vers  1630  Jeanne  le  Corre,  décédée  en  1658.  Leurs  trois  lîls,  Jean 
Charpentier,  sieur  de  Lessac,  en  la  paroisse  de  Guérande,  né  en  1631 , 
marié  en  1656  à  Michelle  le  Fauché,  Olivier  Charpentier,   sieur  du 


DICTIONNAIUE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  43 

Hardas,  lieutenant  de  la  juridiction  de  Guérande,  et  Pierre  Charpen- 
tier, ot  leur  parent  Jean  Charpentier,  sieur  de  la  Touche,  obtinrent  en 
juillet  1655  des  lettres  patentes  d'anoblissement  qui  sont  rapportées 
tout  au  long  dans  les  Carrés  cCHozier.  Jean  Charpentier,  sieur  de 
Lessac,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  8  avril  1669  par  arrêt  de  la 
chambre  de  reformation.  La  famille  Charpentier  fut  encore  mainte- 
nue dans  sa  noblesse  en  1698  par  jugement  de  l'intendant  de  la  pro- 
vince. Jérôme-François  Charpentier,  sieur  de  Lenvos,  décédé  en  1760, 
fut  nommé  en  1720conseillerauParlementde  Bretagne.  Il  laissa  deux 
fils  qui  étaient  considérés  comme  les  derniers  représentants  de  leur 
famille  :  1°  Pierre-Louis  Charpentier,  sieur  de  Lenvos,  conseiller  au 
Parlement  de  Bretagne  en  1743,  décédé  en!  795,  qui  n'eut  pas  d'enfants 
de  son  mariage  en  1750  avec  M"'  Lefebvrede  la  Faluère,  décédée  en 
1810;  2°  Jérôme  Charpentier  de  Kéronic,  conseiller  au  Parlement 
de  Bretagne  en  1749,  décédé  sans  postérité  en  1802.  Ce  dernier 
avait  signé  en  1788  la  protestation  de  la  noblesse  de  Bretagne. 

La  famille  Charpentier  du  Moriez,  actuellement  existante,  reven- 
dique une  origine  commune  avec  celle  dont  il  vient  d'être  parlé  et 
en  a  adopté  les  armoiries.  Elle  s'est,  en  tout  cas,  séparée  de  cette 
famille  antérieurement  à  son  anoblissement.  On  trouvera  sur  elle  une 
courte  notice  dans  Y  Annuaire  de  la  noblesse  de  1893.  Elle  apparte- 
nait au  xviii*  siècle  à  la  bourgeoisie  du  diocèse  de  Saint-Malo  où  elle 
possédait  près  de  Saint-Servan  le  domaine  du  INIoriez.  Olivier-Thomas 
Charpentier,  sieur  du  Moriez,  décédé  le  12  janvier  1781,  était  chirur- 
gien à  Saint-Servan,  Auguste-Vincent  Charpentier,  né  à  Saint-Ser- 
van en  1779,  négociant,  puis  banquier,  fut  maire  de  Lorient  de  1839 
à  1848.  Son  petit-Uls,  Fernand  Charpentier  du  Moriez,  né  à  Cherbourg 
en  1847,  connu  sous  le  titre  de  comte  du  Moriez  de  Lessac,  marié  en 
1884  à  la  princesse  Oliwija  Mokoszy,  a  été  nommé  général  de  brigade 
en  1892. 

CHARPIN  de  FEUGEROLLES  et  de  GENETINES  (de).  Armes  :  (V argent 
à  une  croix  ancrée  de  gueules;  au  franc-quartier  d'azur  chargé 
d'une  molette  d'or.  —  La  branche  de  Feugerolles,  aujourd'hui  seule 
existante,  écartèle  ces  armes  de  celles  de  la  famille  de  Capponi  de 
Feugerolles  :  tranché  de  sable  et  d'argent.  —  Couronne  :  de  Mar- 
quis. —  Cimier  :  im  lion  issant  de  gueules,  couronné,  armé  et  lam- 
passé  d'or.  —  Devise  :  In  hoc  signo  vinces. 

La  famille  de  Charpix  est  une  des  plus  distinguées  de  la  noblesse 
du  Forez.  Le  comte  de  Jouvencel  en  a  donné  une  généalogie  très 
complète  dans  son  Assemblée  de  la  noblesse  de  la  sénéchaussée  de 
Lyon  en  1789.  On  trouvera  aussi  sur  elle  beaucoup  de  renseignements 


44  DICTIONNAIRE    DES    FA3IILLES     FRANÇAISES 

dans  les  divers  recueils  de  manuscrits  du  Cabinet  des  titres,  particu- 
lièrement dans  \e,. Cabinet  d'Hozier. 

Elle  revendique  une  origine  commune  avec  une  famille  du  même 
nom  qui  au  moyen  âge  appartenait  à  la  noblesse  de  la  même  région. 
En  juillet  1191,  lors  de  la  troisième  croisade,  un  représentant  de 
cette  famille,  Guichard  Charpin,  se  trouvait  à  Acre  en  qualité  d'écuyer 
d'Hugues  de  Talaru.  Durand  Cbarpin,  damoiseau,  rendit  hommage 
en  1206  à  Arnaud  de  Chanaleilles  pour  différents  biens  qu'il  possédait 
à  Saint-Maurice  et  à  Saugues,  en  Languedoc.  Le  nom  de  cette  famille 
figure  dans  un  certain  nombre  d'actes  des  xiii*^  et  xiv^  siècles. 

La  famille  actuelle  de  Charpin  était  honorablement  connue  dès 
le  \iv^  siècle  dans  la  petite  ville  de  Saint-Sympliorien,  en  Forez,  à 
laquelle  elle  a  donné  plusieurs  notaires.  Un  tableau  généalogique, 
conservé  dans  le  Cabinet  d'Hozier,  en  fait  remonter  la  libation  à 
Pierre  Charpin,  licencié  en  droit  civil  et  canon,  notaire  à  Saint- 
Symphorien-le-Chàtel,  qui  fut  anobli  avec  son  fils  Jean  par  lettres  pa- 
tentes de  novembre  1446.  Ce  même  Pierre  Charpin  avait  été  nommé 
le  29  juillet  1418chamarrier,  c'est-à-dire  premier  dépositaire,  du  cha- 
pitre de  Saint-Paul.  Des  travaux  contemporains  en  font  le  iils  d'un 
Barthélémy  Charpin,  notaire  royal  à  Saint-Symphorien,  qui  est  men- 
tionné dans  des  actes  de  1384  et  de  1391.  Jean  Charpin,  iils  de  Pierre, 
succéda  à  son  père  comme  notaire  royal  à  Saint-Symphorien  et  fut 
plus  tard  juge  du  comté  de  Forez.  11  laissa  trois  fils  dont  le  plusjeune, 
Barthélémy  Charpin,  bachelier  ès-lois,  fut  chanoine  de  Reims  et  de 
Saint-Paul  de  Lyon  et  maître  d'hôtel  de  1  archevêque  de  Reims.  Les 
deux  aînés,  Pierre  et  Simon  Charpin,  ayant  été  inquiétés  par  les 
habitants  de  Saint-Symphorien  dans  1  exercice  de  leurs  privilèges 
nobiliaires,  durent  se  faire  maintenir  dans  leur  noblesse  et  exempter 
de  la  taille  par  arrêt  du  10  septembre  1478.  Ces  deux  frères  furent 
les  auteurs  de  deux  grandes  branches  dont  les  représentants  furent 
maintenus  dans  leur  noblesse  le  27  octobre  1667  par  jugement  de 
1  intendant  Dugué. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  noble  homme  Pierre  Charpin,  damoi- 
seau du  lieu  de  Saint-Symphorien-le-Chàtel,  épousa,  par  contrat 
du  28  janvier  1487,  Gabrielle  de  Lemps,  fille  du  seigneur  du  Mochet, 
au  diocèse  de  Vienne,  et  fit  son  testament  le  17  août  1500.  Il  fut  père 
de  Jean  Charpin,  damoiseau,  Sgr  de  Montellier,  qui  épousa  le  21  sep- 
tembre 1522  noble  Anthoine  Rostaing,  dame  de  la  Forest,  et  qui  con- 
tinua la  descendance.  Le  chef  de  cette  branche,  haut  et  puissant  sei- 
gneur Pierre-Hector  de  Charpin,  Sgr  de  Souzy,  de  la  Forest,  etc., 
épousa,  par  contrat  du  22  janvier  1676,  Catherine-Angélique  de  Cap- 
poni,  fille  et  héritière  du  comte  de  Feugerolles,  maréchal  de  camp. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  45 

chevalier  de  l'Ordre  du  Roi.  Catherine-Angélique  de  Capponi  mourut 
au  château  de  Feugerolles  le  22  décembre  1686.  Elle  avait  fait  son 
testament  le  26  avril  1685  et  dans  cet  acte  avait  demandé  à  ses  fils, 
alors  enfants,  de  relever  le  nom  et  les  armes  de  la  famille  de  Capponi 
de  Feugerolles.  C'est  depuis  cette  époque  que  le  chef  de  cette  branche 
a  été  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Feugerolles.  Amable-Espé- 
rance  de  Charpin-Feugerolles,  née  en  1734  à  Vienne,  en  Dauphiné,  fit 
en  1743  ses  preuves  de  noblesse  pour  être  admise  à  Saint-Cyr  ;  elle 
mourut  dans  cette  maison  dès  1745.  Sa  sœur,  Camille-Colombe,  née 
à  Vienne  en  1736,  plus  tard  chanoinesse  comtesse  de  Neuville,  en 
Bresse,  fit  les  mêmes  preuves  en  1748.  Jean-Michel  de  Charpin,  frère 
des  précédentes,  marié  en  1753  à  M"^  Anselrnet  des  Brunaux,  prit 
part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  Forez  sous  les  titres 
de  baron  de  Feugerolles  et  de  marquis  de  la  Rivière.  Il  laissa  un  fils 
unique,  Louis-Alexandre,  comte  de  Charpin-Feugerolles,  qui  épousa 
en  1777  M'""  d'Albon.  Le  petit-fils  de  celui-ci,  Hippolyte-Suzanne, 
comte  de  Charpin-Feugerolles,  né  à  Lyon  en  1816,  marié  successi- 
vement en  1845  à  M"^  de  Nettancourt  et  en  1862  à  la  comtesse  de 
Clermont-Tonnerre,  née  Saint-Priest,  décédé  au  château  de  Feu- 
gerolles en  1894,  a  été  conseiller  général  et  député  de  la  Loire  et 
président  de  l'Académie  de  Lyon  et  de  la  Société  des  Bibliophiles 
lyonnais.  Le  château  de  Feugerolles,  en  Forez,  est  aujourd'hui  la 
propriété  d'André-Régis,  comte  de  Charpin-Feugerolles,  fils  aîné  du 
précédent,  né  en  1855,  marié  en  1885  à  M"''  d'Agoult. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  noble  homme  Simon  Charpin, 
écuyer,  épousa  le  28  décembre  1479  Germaine  de  la  Forge,  héritière 
de  la  seigneurie  de  Génetines,  en  la  paroisse  de  Saint-Romain-sous- 
Urfé,  en  Forez.  Il  fut  père  de  noble  Gaspard  Charpin,  Sgr  de  Géne- 
tines, lieutenant  de  robe  courte  du  bailli  de  Forez  en  1546,  grand- 
père  de  noble  Roméc-François  Charpin,  écuyer,  Sgr  de  Génetines, 
qui  épousa  en  1557  Gilberte  de  'Veyny  d'Arbouse,  et  bisaïeul  de 
noble  Michel  Charpin,  écuyer,  Sgr  de  Génetines,  qui  épousa  en  1590 
Léonor  le  Long  et  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  13  février  1599 
par  arrêt  des  commissaires  départis  par  le  Roi  pour  le  régalement 
des  tailles  en  la  généralité  de  Lyon.  Un  des  petits-lils  d(^  ce  dernier, 
Antoine  de  Charpin  de  Génetines,  décédé  en  1739,  fut  évêquc  de 
Limoges  de  1706  h  1729.  Deux  frères  de  ce  prélat,  Antoine-Léonor  et 
Jean-Antoine  de  Charpin,  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux.  Le 
premier  rameau  alla  se  fixer  dans  les  environs  de  Louviers,  en  Nor- 
mandie, et  s'éteignit  avec  M.  Henri-Jean  de  Charpin,  né  en  1820,  décédé 
en  1852:  Le  rameau  cadet  s'éteignit  avec  François-Régis  de  Charpin, 
né  en  1753,  décédé  sans  postérité  à  Versailles  en  1828,  qui  prit  part 


46  DICTIONNAIRE     D  F.  S     FAMILLES    FRANÇAISES 

en  1789,  sous  le  titre  de  comte  de  Génetines,  aux  assemblées  de  la 
noblesse  du  Lyonnais.  La  seigneurie  de  Génetines  avait  été  vendue 
en  1779  à  la  famille  Ramey  de  Sugn}-.  Cette  branche  de  la  famille  de 
Charpin  avait  fourni  quatre  demoiselles  de  Saint-Cyr  en  1700,  1711, 
1719  et  1775,  trois  chanoines  comtes  de  Lyon  et  quatre  chevaliers 
de  Malte  en  1558,  1651,  1659  et  1695. 

Principales  alliances  :  de  Rostaing,  de  Damas  1572,  de  Villars  1642, 
de  Chavagnac  1699,  de  Capponi  de  Feugerolles  1696,  d'Albon  1777, 
de  Perthuis  1815,  de  Xettancourt  1845,  Guignard  de  Saint-Priest  1862. 
d'Agoult  1885,  de  Veyny  d'Arbouse  1557,  de  Fay  de  la  Tour-Mau- 
bourg  1625,  de  la  Rivoire  1657,  de  la  Taille  des  Essarts  1717,  de 
Loras  1750,  de  la  Fare  1719,  de  Belvezer-Jonchères  1683,  de  Lau- 
rencin  1518,  etc. 

CHARPREAU  iChénier  du).  Voyez  :  Chénier  du  Charpreau. 

CHARRAS  (de  la  Laurencie  de).  Voyez  :  Laurencie  (de  la). 

GHARRE,  ou  CHARE,  de  la  VALETTE.  Voyez  :  Chare  de  la  Vali:tte. 

CHARREY  (Perreney  de).  Voyez  :  Perreney  de  Charrey. 

CHARRIER-MOISSARD  (de).  Armes  (d'après  lArmorial  général  de  1696 
et  d  après  le  Auuveau  d  Hozier)  :  parti  au  \  dazur  à  une  tour  d'ar- 
gent, maçonnée  de  mble,  crénelée  de  quatre  pièces  ;  au  2  de  gueules 
à  une  scie  dor  surmontée  dun  croissant  d'argent.  —  Aliàs  (d'après 
Saint-Allais)  :  écartelé  aux  1  et  4  d'azur  à  une  roue  d'or;  au  ^1  et  'à 
d'azur  à  une  tour  d'argent.  —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Devise  : 
Turrem  vi  defensam. 

La  famille  de  Charrier-Molssard,  aujourd'hui  éteinte,  appartenait  à 
la  noblesse  du  Languedoc.  Saint-Allais  en  a  donné  une  généalogie 
complète  dans  le  tome  Vill  de  son  Nobiliaire  universel  et  on  trouvera 
sur  elle  beaucoup  de  renseignements  dans  les  manuscrits  de  Chérin, 
dans  le  Nouveau  d' Hozier  et  dans  les  Carrés  d'Hozier.  Elle  se  disait 
originaire  de  l'Auvergne  et  croyait  être  une  branche  détachée  au 
moyen  âge  d'une  famille  Charrier  qui  a  appartenu  à  la  noblesse  de 
cette  province  et  à  laquelle  sera  consacrée  la  notice  suivante. 

Saint-Allais,  qui  a  accepté  les  prétentions  de  la  famille  de  Charrier- 
Moissard,  en  fait  remonter  la  libation  au  24  novembre  1383,  date  à 
laquelle  noble  et  magnifique  Bertrand  de  Charrier,  chevalier  {miles), 
Cosgr  de  la  Varenne,  en  Auvergne,  fils  de  Raymond  Charrier,  che- 
valier, et  d'Antoinette  du  Prat,  aurait  épousé  Cécile  de  Rochefort  par 
contrat  passé  devant  notaire  à  Bagnols,  en  Languedoc.  Dans  la  réalité 
la  famille  de  Charrier  appartenait  simplement  au  xvi^  siècle  à  la 


niCTIONNAIlli;     DF.S     FAMILLi:S     FHANÇAISES  47 

haute  bourgeoisie  de  la  ville  de  Bagnols.  Un  jugement  de  maintenue 
de  noblesse  rendu  en  sa  faveur  le  23  juin  1718  et  rapporté  tout  au 
long   dans   le  Nouveau   dllozier  en  lait  remonter  la   filiation  au 

10  février  1588,  date  à  laquelle  noble  capitaine  Antoine  Charrier,  fils 
de  noble  capitaine  Pierre  Charrier,  écuyer,  et  de  demoiselle  Claude 
de  Rruneau,  de  la  ville  de  Bagnols,  épousa  demoiselle  Elisabeth  de 
Bausseng.  Antoine  Charrier  lut  nommé  en  1614  premier  consul  de 
Bagnols.  Son  hls,  monsieur  maître  Pierre  Charrier,  docteur  et  avocat, 
épousa,  le  4  décembre  1027,  Jeanne  de  Moissard;  il  chercha  dans  la 
suite  à  s'agréger  à  la  noblesse,  mais  dut  se  désister  de  ses  prétentions 
lors  de  la  recherche  de  1666  et  fut  condamné  à  l'amende  comme 
usurpateur  par  jugement  de  M.  de  Bezons,  intendant  du  Languedoc. 
Justin  Charrier,  fds  du  précédent,  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Ar- 
moriai général  de  1696  (registre  d'Uzès).  Il  ne  figure  dans  ce  recueil 
avec  d'autre  qualification  que  celle  d'avocat  de  Bagnols.  Mais, 
quelques  années  plus  tard,  le  28  juin  1718,  son  fils,  noble  Pierre  de 
Charrier,  capitaine  d'infanterie,  habitant  de  Bagnols,  se  fit  maintenir 
dans  sa  noblesse  par  jugement  de  M.  de  Bernage,  intendant.  Pierre 
de  Charrier,  fils  du  précédent,  épousa  en  1750  Elisabeth  de  la  Eargue, 
fille  d'un  brigadier  des  armées  du  Roi,  plus  tard  lieutenant  général. 

11  en  eut  deux  fils,  Jean-Baptiste,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de 
Charrier-Moissard,  qui  épousa  en  1777  Pauline  de  Rolle,  et  Jean- 
Baptiste-Lacroix,  connu  sous  le  titre  de  vicomte  de  Charrier-Moissard, 
né  en  1765,  qui  fit  en  1778  ses  preuves  de  noblesse  pour  être  admis 
à  l'Ecole  militaire,  qui  fut  plus  tard  contre-amiral  et  maire  de  Toulon 
et  qui  mourut  en  1847.  L'ainé  de  ces  deux  frères  demanda  en  1788  à 
être  maintenu  dans  sa  noblesse  d'extraction  et  relevé  de  la  condam- 
nation prononcée  en  1666  par  M.  de  Bezons  contre  son  aïeul;  il 
produisit  à  l'appui  de  sa  demande  une  généalogie  qui  le  faisait  des- 
cendre de  noble  et  magnifique  Raymond  de  Charrier,  chevalier,  Sgr 
de  la  'Varenne,  ainsi  qualifié  dans  un  acte  du  14  décembre  1390. 
Chérin,  chargé  d'examiner  sa  requête,  constata  que  la  plupart  des 
titres  qui  avaient  servi  à  dresser  cette  généalogie  n'étaient  que  des 
expéditions  et  envoya  un  rapport  très  défavorable.  Le  marquis  de 
Charrier-Moissard  n'eut  que  trois  filles  ;  on  trouvera  dans  les  Carrés 
iVHozier  les  preuves  de  noblesse  qu'une  de  ces  filles  fit  en  1788  pour 
être  admise  à  Saint-Cyr;  une  autre,  Adèle,  mariée  au  comte  d'Au- 
diffret,  mourut  à  Toulouse  en  1885  à  l'âge  de  93  ans.  La  famille  de 
Charrier-Moissard  a  eu  pour  dernière  représentante  une  petite-fille  de 
l'amiral,  mariée  en  1866  au  colonel  Vuillermet. 

CHARRIER  de  FLÉCHAC,  de  la  ROCHE  et  de  SAINNEVILLE  (aliàs  SEN- 


48  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

NEVILLE).  Armes  :  d'azur  à  une  7'oue  d' 07%  clouée  de  gueules  et  accom- 
pagnée  en  chef  d'un  lambel  à  trois  pendants  d'argent.  —  Tenants  : 
deux  anges.  —  Cimier  :  une  roue.  —  Devise  :  Semper  in  orbita. 

La  famille  Charrier  a  occupé  un  rang  brillant  tant  en  Auvergne, 
dont  elle  est  originaire,  qu'à  Lyon  où  une  de  ses  branches  vint  se 
fixer  au  xvi^  siècle.  La  Chesnaye  des  Bois  en  a  donné  une  généalogie. 
On  trouvera  aussi  une  généalogie  de  la  branche  lyonnaise  dans 
Y  Assemblée  de  la  noblesse  de  la  sénéchaussée  de  Lyon  en  4789  du 
comte  de  Jouvencel.  Enfin  il  existe  dans  les  Dossiers  bleus  un  gros 
dossier  sur  les  Charrier. 

La  famille  Charrier  a  eu  pour  berceau  la  ville  d'Issoire  où  dès  la  fin 
du  xiii*  siècle  elle  occupait  un  rang  distingué  dans  la  bourgeoisie. 
D'après  une  notice  imprimée  dans  les  Etrennes  de  la  noblesse  pour 
477S,  elle  remonterait  à  Durand  Charrier  qui  aurait  été  seigneur  de 
la  Varenne,  près  dissoire,  et  qui  est  nommé  dans  un  échange  conclu 
en  1296  entre  le  roi  Philippe-le-Bel  et  l'abbaye  d'Issoire.  Jean  Char- 
rier, fils  de  Durand,  avait  épousé  Antoinette  Duprat,  grand-tante  du 
cardinal  du  même  nom  ;  il  est  mentionné  dans  un  arrêt  du  Parlement 
de  Paris  rendu  en  1373.  Le  travail  mentionné  plus  haut  lui  attribue 
pour  petits-fils  un  Guillaume  Charrier,  qui  fut  nommé  évoque  d'Orléans 
en  1437,  puis  de  Maguelonne  en  1439,  et  un  Pierre  Charrier  qui 
épousa  Alix  Boyer,  grand-tante  d'Antoine  Boyer,  archevêque  de 
Bourges  et  cardinal.  André  Charrier,  notable  habitant  dissoire,  fut 
en  1575  député  du  consistoire  de  cette  ville  près  du  duc  d'Alençon. 
Pierre  Charrier,  consul  d'Issoire  en  1589,  passe  pour  être  l'auteur 
dim  célèbre  manuscrit  sur  les  guerres  religieuses  en  Auvergne.  Ces 
deux  derniers  personnages  ne  sont  pas  mentionnés  dans  le  tra\ail  de 
la  Chesnaye  des  Bois.  Jacques  Charrier,  lieutenant  particulier  au 
bailliage  d'Issoire,  décédé  le  27  décembre  1563,  avait  épousé,  le 
16  juin  1532,  Claire  Minard,  iille  d  un  trésorier  général  des  provinces 
d'Auvergne  et  de  Bourbonnais  et  sœur  d'Antoine  Minard,  président 
à  mortier  au  Parlement  de  Paris.  Un  de  ses  fils,  Antoine  Charrier, 
décédé  sans  postérité  en  1614,  fut  trésorier  de  France  au  bureau  des 
finances  de  Lyon  et  échevin  de  cette  ville  en  1589,  1592  et  1597. 
Deux  autres,  Michel,  né  en  1541,  et  Guillaume,  né  à  Issoire  en  1556, 
furent  les  auteurs  de  deux  grandes  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Michel  Charrier,  receveur  des  tailles 
à  Issoire,  fut  en  1589  député  du  consistoire  de  cette  ville  près  du  roi 
Henri  III.  Il  laissa,  entre  autres  enfants,  deux  fils  :  l'^  Antoine,  Sgr  de 
la  Varenne.  né  en  1578,  maître  des  requêtes  de  la  reine  Marie  de 
Médicis,  qui  continua  la  descendance  ;  2°  autre  Antoine,  Sgr  de  la 
Barge,  né  en  1586,  receveur  général  des  finances  et  trésorier  de 


DICTIONNAIRE     D  F.  S     FAMILF.RS     FRANÇAISES  49 

Franco  à  Lyon,  dont  le  fils,  Joan  Charrier,  Sgr  de  la  Barge,  trésorier 
de  France  à  Lyon,  fut  prévôt  des  marchands  de  cette  ville  en  1671 
et  dont  les  petits-fils  moururent  sans  postérité.  Antoine  Charrier,  Sgr 
de  la  Varennc,  laissa  lui-même  deux  fils  :  l'*  Michel  Charrier.  Sgr  de 
la  Varennc,  né  en  1607,  trésorier  de  France  à  Riom,  dont  la  descen- 
dance s'éteignit  vers  l'époque  de  la  Révolution  ;  2"  Etienne  Charrier, 
Sgr  de  Fléchac,  qui  continua  la  descendance.  Le  petit-fils  de  ce  der- 
nier, Jean  Charrier,  Sgr  de  Fléchac,  commissaire  d'artillerie,  marié 
en  1695  à  Jacquette  Maugne,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le 
18  décembre  1697  (aHàs  le  30  juillet  1700)  par  jugement  de  M.  d'Or- 
messon.  intendant  d'Auvergne,  sur  le  vu  d'un  prétendu  jugement  de 
maintenue  que  son  aïeul  aurait  obtenu  le  15  février  1667  de  M.  de 
Fortia,  prédécesseur  de  M.  d'Ormesson.  Ce  jugement  de  1667  n'est 
mentionné  ni  par  Laîné,  ni  par  yi.  de  Ribier  qui  ont  publié  des  listes 
très  complètes  desfamillesd'Auvergne  maintenues  dans  leur  noblesse 
lors  de  la  recherche  commencée  en  1666.  Le  jugement  de  M.  d'Or- 
messon fut  du  reste  attaqué  et  son  obtenteur  fut  assigné,  le  7  août 
1705,  devant  le  Conseil  d'Etat.  Jean  Charrier  mourut  sur  ces  entre- 
faites, en  1709.  Mais  son  fils,  Jean  Charrier,  Sgr  de  Fléchac,  garde  du 
Roi,  marié  en  1730 à  Marie  Andraud,  fut  définitivement  maintenu  dans 
sa  noblesse  le  19  août  1718  par  arrêt  du  Conseil  d'Etat.  On  trouvera 
dans  le  Nouveau  (ïHozier  les  preuves  de  noblesse  que  Michel,  Antoine 
et  Pierre-Thomas  Charrier  de  Fléchac  firent  en  1756,  1777  et  1780 
pour  être  admis  à  l'Ecole  militaire  et  celles  que  Marie-Rose  Charrier 
de  Fléchac  fit  en  1790  pour  être  admise  à  SaintCyr.  M.  Charrier  de 
Fléchât  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Clermont.  Cette  branche  a  eu  pour  dernière  représentante  Clémen- 
tine Charrier  de  Fléchac,  mariée  en  1819  à  M.  Jules-Antoine  Vimal. 
L'auteur  de  la  seconde  branche,  Ouillaume  Charrier,  vint  se  fixer 
à  Lyon,  fut  nommé  échevin  de  cette  ville  en  1596  et  fut  dans  la  suite 
notaire  apostolique  et  banquier  on  Cour  de  Rome.  Son  arrière-petit- 
fils,  Georges-Antoine  Charrier,  baron  de  la  Roche-Julié,  né  en  1675, 
fut  président  on  la  Cour  des  monnaies  de  Lyon.  Guillaume  Charrier, 
baron  de  la  Roche,  né  en  1703,  fils  du  précédent,  fut  également  pré- 
sident en  la  Cour  des  monnaies  de  Lyon.  Il  eut  trois  fils  qui  furent 
les  derniers  représentants  mâles  de  leur  branche  :  1"  Jean-Baptiste 
Charrier,  baron  de  la  Roche,  président  en  la  Gourdes  monnaies,  puis 
au  Conseil  supérieur  de  Lyon,  guillotiné  le  9  nivôse  an  II,  qui  ne 
laissa  de  son  mariage  avec  M"*  de  Cibeins  que  deux  filles,  la  mar- 
quise de  Harenc  de  laCondamine.  décédée  en  1824,  et  la  marquise  de 
Monspey,  décédée  en  1862  ;  2"  Louis  Charrier  de  la  Roche,  député  du 
clergé  du  diocèse  de  Lyon  aux  États  généraux  de  1789,  évêque  cons- 
X.  4 


50  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

titutionnel  de  la  Seine-Inférieure  en  1791,  plus  tard  évêque  de  Ver- 
sailles et  premier  aumônier  de  l'Empereur,  créé  baron  de  l'Empire  par 
lettres  du  22  novembre  1808,  décédé  en  1827;  3°  Jacques-Catherin 
Charrier,  Sgr  de  Grigny,  décédé  en  1815,  qui  prit  part  en  1789  aux 
assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Lyon.  Le  plus  jeune  de  ces  trois 
frères,  Jacques-Catherin,  avait  eu  une  fille  qui  épousa  M.  Sébastien- 
Claude  Sallicon,  dit  Salluon,  plus  tard  conseiller  général  du  Rhône. 
Celui-ci  fut  autorisé  par  décret  du  28  novembre  1813  à  substituer  à 
son  nom  celui  de  Charrier  de  Sainxeville  sous  lequel  il  fut  anobli 
par  ordonnance  royale  du  20  mai  1814.11  laissa  un  fils,  Louis-Suzanne 
Charrier  de  Sainneville,  né  en  1810. 

La  famille  Charrier  a  fourni  dans  ses  diverses  branches  de  nombreux 
officiers  dont  plusieurs  ont  été  tués  à  l'ennemi. 

Principales  alliances  :  du  Prat,  Boyer,  de  Matharel,  Guignard  de 
Saint-Priest,  Bollioud  1644,  de  Brosses,  le  Viste  de  Briandas  1684, 
de  GroUier  1632,  Mascrany  1621,  de  Lescalopier  1703.  Badol  de 
Rochetaillée  1665,  de  Rochefort  d'AlIy  1690.  de  Ferrari  de  Romans 
1750,  Cholier  de  Cibeins  1764,  de  Harenc  de  la  Condamine  1788,  de 
'  Monspey  1803,  etc. 

CHARRIER  de  BELLEVUE  et  LEBEAU-CHARRIER  de  BELLEVUE. 
Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries  de  1786)  :  do?'  à  un  chem'on 
de  sinople  chargé  d'une  croix  potencée  d'argent  et  accompagné  en 
chef  de  deux  étoiles  d'azur  et  en  pointe  d'une  ancre  de  sable. 

La  famille  Charrier  de  Bellevde  résidait  sous  Louis  XVI  à  Saint- 
Domingue.  Elle  a  eu  vraisemblablement  pour  auteurs  Jean-de-Dieu 
Charrier,  capitaine  des  dragons  du  bataillon  du  Cap,  et  Antoine 
Charrier,  son  frère,  capitaine  au  régiment  des  chasseurs  mulâtres 
des  colonies,  qui  furent  simultanément  anoblis  en  février  1786  par 
lettres  patentes  du  roi  Louis  XVI,  rapportées  tout  au  long  dans  le 
Nouveau  d'IFozier,ei  qui  obtinrent  en  même  temps  le  règlement  de 
leurs  armoiries. 

MM.  Charrier  de  Bellevue  et  le  chevalier  de  Charrier  figurent  au 
nombre  des  colons  de  Saint-Domingue  qui  signèrent,  le  18  mai  1788, 
une  adresse  au  Roi  pour  demander  la  faculté  de  députer  aux  pro- 
chains États  généraux. 

Saturnin  Charrier,  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Bellevue,  com- 
mandant en  retraite,  mourut  à  Nice  en  1874,  à  l'âge  de  86  ans.  Il 
avait  adopté  M.  Désiré-Ernest  Lebeau,  qui  fut  connu  dès  lors  sous 
le  titre  de  comte  de  Bellevue  et  qui  épousa  en  juin  1876  M"*  Ghanu. 

Deux  familles  Charrier  furent  anoblies  sous  la  Restauration. 

L'une  de  ces  familles  appartenait,  aux  xvii^  et  xvni*  siècles,  à  la 


DICTIONNAIRK     I)  K  S     FAMILLKS     FRANÇAISES  51 

haute  bours^eoisie  de  Moulins.  Philippe  Charrier  était  en  1G77  avocat 
au  présidial  de  cette  ville.  Jacques  Charrier  fut  nommé  en  1G81 
huissier  audiencier  en  la  Chambre  des  domaines  du  Bourbonnais. 
François  Charrier,  avocat,  fut  nommé  en  1774  premier  échevin  de 
Moulins.  François  Charrier,  né  en  1780,  fils  du  précédent,  maire  de 
Moulins  en  1838,  président  du  Conseil  général  de  l'Allier,  décédé 
en  1859,  fut  anobli  par  lettres  patentes  du  13  janvier  1816  et  obtint 
en  même  temps  le  règlement  de  ses  armoiries  :  d'azur  à  un  navire 
d'argent  ;  au  chef  du  même  chargé  à  dextre  d'im  chien  barbet  assis 
de  sable  et  à  sénestre  d'une  cloche  d'azur,  bataillée  d'argent.  Fran- 
çois Charrier  avait  épousé  successivement  M"*  de  Fradel  et 
M"*  Curial  ;  il  ne  laissa  qu'une  fille,  née  du  second  lit  et  mariée 
en  1837  à  M.  Chabot. 

Marc-Antoine  Charrier,  né  en  1755,  notaire  à  Nasbinals,  en 
Gévaudan,  fut  élu  député  du  Tiers  état  de  la  sénéchaussée  de  Mende 
aux  Etats  généraux  de  1789.  Après  la  chute  de  la  monarchie,  il  orga- 
nisa en  Gévaudan  une  insurrection  royaliste  et  s'empara  de  Marve- 
jols  ;faitprisonnierpeude  tempsaprès,  il  futguillotinélel5juilletl793. 
Son  fils,  Antoine  Charrier,  fut  anobli  par  ordonnance  du  6  sep- 
tembre 1814. 

CHARRIÈRE  (Ladreit  de  la).  Voyez  :  Ladreit  de  la  Charrière. 

CHARRIÈRE  (Chabert  de  la).  Voyez  :  Chabert  de  la  Charrière. 

CHARRIÈRE.  Armes  :  écarlelé  :  au  1  de  sable  à  un  coq  d'or,  crête  et 
barbé  de  gueules  ;  au  '2  de  gueules  à  l'épée  haute  en  pal  d'argent, 
qui  est  des  barons  militaires  ;  au  3  d'azur  à  une  lance  et  une  épée 
passées  en  sautoir,  le  tout  d'or,  surmontées  d'une  étoile  d'argent; 
au  4  de  sinople  à  une  levrette  d'argent,  passant  et  colletée  du 
même. 

Jean-Louis  Charrière,  né  en  1765  à  Bourg-Saint-Andéol,  en  Viva- 
rais,  général  de  brigade  en  1812,  commandeur  de  la  Légion  d'hon- 
neur, chevalier  de  Saint-Louis,  décédé  en  1846,  fut  créé  baron  de 
l'Empire  par  lettres  patentes  du  9  janvier  1810.  Il  laissa  un  fils, 
Charles,  baron  Charrière,  né  en  1824. 

CHARRIÈRE. 

Famille  de  haute  bourgeoisie  à  laquelle  M.  Tardieu  a  consacré 
une  notice  dans  son  Dictionnaire  historique ,  généalogique  et  bio- 
graphique de  la  Haute- Marche.  La  famille  Charrière  possédait,  dès 
le  milieu  du  xvi*  siècle,  le  domaine  de  Talafeix,  situé  sur  le  territoire  de 
la  paroisse  de  Saint-Alpinien.  Léonard-Philippe  Charrière,  avocat  au 


52  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

Parlement  de  Paris,  acheta  en  1691  la  seigneurie  du  Maizouniaux. 
Ses  descendantsse  qualifiaient,  au  xviii^  siècle,  seij^neurs  deTalafeix 
et  du  Maizouniaux.  Son  petit-fils,  Jean  Charrière,  était  en  1721  procu- 
reur et  notaire  royal  à  Aubusson.  Il  fut  le  grand-père  de  Jacques 
Charrière,  né  en  1737,  procureur  en  la  châtellenie  dAubusson,  et  le 
bisaïeul  de  Jean-Antoine  Charrière,  né  en  1779,  dont  la  descendance 
subsiste. 

La  famille  Charrière  a  fourni  des  magistrats  distingués,  des  offi- 
ciers, des  manufacturiers. 

Principale  alliance  :  Sallandrouze. 

CHÂRRIN  (de  la  Devèze  de).  Voyez  :  Devèze  de  Charrin  (de  la). 
CHARRIN  (Hervier-).  Voyez  :  Hervier-Charrin. 

C&ARRIN  (de).  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries  de  1843)  : 
d'argent  à  une  faace  de  sable  chargée  de  deux  annelets  croisés  d'ar- 
gent ;  au  chef  d'azur  chargé  de  trois  besants  d'argent.  —  Aliàs 
(armes  anciennes)  :  d'azur  à  un  chat  d'argent  ;  au  chef  cousu  de 
gueules  chargé  de  trois  besants  d'or.  —  Couronne  :  de  Comte.  — 
Supports  :  deux  lions  grimpants. 

La  famille  de  Charrin  appartient  à  l'aristocratie  du  Lyonnais.  Le 
vicomte  Révérend  en  a  donné  une  généalogie  dans  ses  Titres  et  con- 
firmations de  titres  de  la  Monarchie  de  Juillet  et  du  Second  Empire. 
Elle  a  eu  pour  berceau  la  petite  ville  de  Saint-Chamond,  en  Forez, 
et  descend  de  Guillaume  Charrin  qui,  sous  Louis  XIV,  était  marchand 
bourgeois  de  cette  ville.  Antoine  Charrin,  fils  de  Guillaume,  d'abord 
marchand  de  soie,  lut  pourvu  en  1733  de  l'office  anoblissant  de  con- 
seiller secrétaire  du  Roi  en  la  Cour  des  monnaies  de  Lyon.  Il  avait 
épousé  en  1G97  à  Saint-Chamond  Jeanne  Palerne.  Il  en  eut  un  fils, 
Marc-Antoine-Mathieu  Charrin,  né  à  Lyon,  qui  lui  succéda  en  1745 
dans  sa  charge  de  secrétaire  du  Roi  et  qui  épousa  vers  la  même 
époque  Marie-Antonie  Délavai.  Etienne-Mathieu  Charrin,  né  à  Lyon 
en  1749,  fils  du  précédent,  épousa  en  1780  M"^  de  Quatrefages  de 
la  Roquette.  Il  en  eut  trois  fils,  dont  le  plus  jeune,  Charles,  continua 
la  descendance,  et  une  fille  qui  épousa  en  1809  M.  Hervier  et  dont 
les  descendants  sont  connus  sous  le  nom  d'HERviER-CHARRix.  Charles 
Charrin,  né  à  Lyon  en  1784,  décédé  dans  la  même  ville  en  1853, 
reçut  le  titre  héréditaire  de  comte  par  lettres  patentes  du  roi  Louis- 
Philippe  du  3  mai  1843;  il  obtint  en  même  temps  le  règlement  de 
ses  armoiries.  Il  laissa  un  fils,  Mathieu-Jean,  comte  de  Charrin,  né 
en  1815,  qui  s'apparenta  brillamment  par  son  mariage,  en  1843,  avec 
M"^d'Andlau  et  qui  a  lui-même  laissé  deux  fils. 


dictionnairf:   des   famim>es   françaises  53 

Principales  alliances  :  Palernc  1697,  Nolhac  172i2,  Délavai,  Gau- 
thier de  la  Tournclle  1768,  de  Qiialrefages  de  la  Roquelle  1780.  Fleur- 
delix,  Chosson  du  Golombieri835,  d'Andlau  1843,  duPonlavicc  1882, 
de  Barthélémy  de  Saizieu  1884,  etc. 

CHARRITTE  (de  Casamajor  dej.  Voyez  :  Casamajor  de  Gestas,  de  Char- 
bitte  ET  DE  JOSSES  (de). 

CHARRON,  en  Bordelais. 

La  famille  Charron  appartient  à  la  haute  bourgeoisie  du  Bordelais. 
Elle  remonte  par  filiation  à  Pierre-Bertrand  Charron,  originaire  du 
Blayais,  procureur  du  Roi  et  notaire  à  Ambarès,  décédé  en  1757, 
dont  le  fils,  Étienne-Pierre  Charron,  né  en  1748,  procureur  en  la 
juridiction  d'Ambarès,  puis  notaire,  épousa  à  Bordeaux  en  1776 
Marie  Leclerc. 

Principale  alliance  :  Princeteau  1863. 

La  famille  dont  il  vient  d'être  parlé  croit  être  une  branche  détachée 
à  une  époque  inconnue  d'une  famille  Charron,  originaire  comme  elle 
du  Blayais,  qui  a  appartenu  à  la  noblesse  de  robe  bordelaise.  Cette 
famille  portait  pour  armes  :  d'or  à  une  aigle  à  deux  tètes,  le  vol 
abaissé,  de  sable,  accompagnée  de  huit  étoiles  d'azur,  cinq  en  chef, 
deux  en  flanc  et  une  en  pointe.  Elle  remontait  par  filiation  à  Jean 
Charron,  procureur  du  Roi  àBIaye,  marié  à  Marie  Baron,  dontlefils, 
Jacques-Charles  Charron,  né  en  1683,  marié  à  Jeanne  Chartran, 
décédé  en  1752,  fut  reçu  en  Wl^î  conseiller  en  la  Cour  des  aides  de 
Guienne  et  obtint  le  8  juillet  1744  des  lettres  d'honneur.  Etienne-Jean 
Charron,  fils  aîné  du  précédent,  fut  reçu  en  1744  conseiller  en  la 
Cour  des  aides  de  Guienne  ;  il  ne  laissa  que  deux  filles,  M"'^'^  de 
LavergnedePeyredoulleetd'Aureville.  Son  frère,  Ambroise  Charron, 
sieur  de  la  Moulinasse,  capitaine  de  cavalerie,  chevalier  de  Saint- 
Louis,  puis  greffier  en  la  Cour  des  aides  de  Bordeaux,  marié  en  1755 
à  Marie  Boyer  de  Brasdefer,  mourut  en  1779.  Il  laissa  trois  fils  qui 
furent  les  derniers  représentants  de  leur  famille  et  dont  deux  furent 
tués  à  l'armée  de  Gondé.  L'un  de  ces  fils,  Jean  de  Charron,  Sgr  de 
Livrons,  avait  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Bordeaux  '. 

CHARROST-BORRÉ  de  la  CHAVANNE.  Armes  :  d'or  à  un  palmier  de 
sinople,  au  chef  de  gueules  chargé  d'un  lion  issant  d'argent.  — 
Armes  de  la  famille  Borré  de  la  Chavanne  :  A'azur  à  une  barre  d'ar- 

'  Celle  notice  a  élé  l'aile    k   l'aide   de    renseigiiemenis  dus   à    l'obligeance    de 
M.  l'ierre  Meller. 


54  Dir/riONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

gent  accompagnée  de  deux  étoiles  de  même.  —  Devise  de  cette  der- 
nière famille  :  Toujpurs  fidèle. 

La  famille  Charrost-Borré  de  la  Chavanxe  appartient  à  la  noblesse 
de  Savoie.  On  en  trouvera  un  tableau  généalogique  dans  Y  Armoriai 
de  Savoie  du  comte  de  Foras.  Ce  travail  en  fait  remonter  lafdiation  à 
spectable  Guillaume  Charrost,  bourgeois  de  Chambéry,  qui  dans 
les  dernières  années  du  xvii^  siècle  était  garde-maître  des  monnaies 
pour  Son  Altesse  en  Savoie.  Guillaume  Charrost  est  rappelé  comme 
défunt  dans  un  acte  de  1706.  Son  fils,  spectable  Etienne  Charrost, 
maître  des  monnaies,  laissa  d'une  alliance  inconnue  un  fds,  Phili- 
bert, qui  fut  émancipé  par  acte  du  20  février  1698.  Noble  et  spectable 
Philibert  Charrost,  avocat  fiscal  de  la  province  de  ïarentaise,  fut 
nommé  en  1727  trésorier  général  de  Savoie  et  fut  anobli  par  ses 
fonctions.  Il  reçut  inféodation  de  la  terre  et  seigneurie  de  Saint- 
Jeoire,  située  près  de  Montmélian.  Il  avait  épousé,  le  22  sep- 
tembre 1714,  Anne  Borré  de  la  Chavanne,  fille  de  Joseph  Borré, 
qui  avait  été  pourvu  en  1700  de  la  charge  anoblissante  de 
premier  auditeur  en  la  Chambre  des  comptes  de  Savoie,  et  sœur  de 
Joseph  Borré,  décédé  dans  la  suite  sans  postérité,  qui  fut  investi 
en  1737  du  fief  de  la  Chavanne,  avec  titre  et  dignité  de  comte,  et 
qui  fui  nommé  en  1749  secrétaire  général  du  commerce  dans  tous 
les  États  de  Savoie.  Philibert  Charrost  avait  eu  d'un  premier  lit  un 
fils,  Etienne  Charrost,  baptisé  en  1711,  qui  porta  le  titre  de  comte  de 
Saint-Jeoire  et  qui  mourut  sans  postérité.  De  son  mariage  avec  Anne 
Borré,  il  laissa  un  autre  fils,  Etienne  Charrost,  né  en  1721,  colonel 
d'infanterie,  décédé  en  1 787,  qui  épousa  en  1 762  Jeanne  de  Motz  et  qui 
continua  la  descendance.  Ce  second  lils  recueillit  le  comté  de  la 
Chavanne  après  la  mort  de  son  oncle  maternel  ;  il  fut  dès  lors  connu 
sous  le  titre  de  comte  de  la  Chavanne  qui  depuis  cette  époque  a  été 
conservé  par  le  chef  de  la  famille. 

La  famille  Cliarrosl-Borré  de  la  Chavanne  a  fourni  de  nombreux 
officiers,  un  gentilhomme  de  la  chambre  du  roi  Charles-Albert,  etc. 

Principales  alliances  :  Borré  de  la  Chavanne  1714,  Favre  de  Thones 
1800,  Monlanier  de  Vens  1785,  de  Failly  18b3,  Crotti  de  Costigliole, 
de  Chissé  1846,  etc. 

CHARRY  (de  Comeau  dei.  Voyez  :  Comeau  (de). 

CHARRY  (de).  Armes  :  à'azur  à  une  croix  ancrée  d'argent.  —  Cou- 
ronne :  de  Marquis.  —  Devise  :  Pro  fide  elpatriâ. 

La  famille  de  Chârry  appartient  à  l'ancienne  noblesse  chevaleresque 
du  Nivernais.  On  en  trouvera  dans  les  manuscrits  de  Ghérin  une  gé- 


DIC  riONNAlRK     DKS     FAMILLKS    FRANÇAISES  55 

néalogie  dressée  en  1751.  On  trouvera  dans  le  même  recueil  le 
mt^moire  de  Clérembault,  charge  d'examiner  celte  généalogie.  Ce 
mémoire  commence  en  ces  termes  :  «  Ce  nom  est  ancien  et  parait 
«  venir  d'ua  fief  appelé  Charry,  dans  la  paroisse  de  Vuer.  On  trouve 
«  Guillaume  et  Etienne  de  Charry,  frères,  tous  doux  qualifiés  damoi- 
c(  seaux  et  possédant  justice  haute  et  basse  dans  la  paroisse  de  Vuer 
«  en  l'année  1303.  Mais  la  (iliation  ne  semble  bien  prouvée  que  depuis 
«  Hugonet  de  Charry,  qualifié  damoiseau  en  l'an  1316,  dont  le  fils 
(c  aîné,  nommé  Guillaume  de  Ciiarry,  était  seigneur  de  Vuer  en  1323 
«  et  épousa  Agnès  de  Frétoy.  De  ce  mariage  vint  Jean  de  Charry, 
a  écuyer,  Sgr  de  Charry  et  de  Vuer,  auteur  des  différentes  branches 
«  de  ce  nom...  » 

Jean  de  Charry,  écuyer,  Sgr  de  Charry  et  de  Vuer,  lils  de  Guil- 
laume et  petit-fils  d'Hugonet,  est  mentionné  dans  un  grand  nombre 
de  chartes  de  la  seconde  moitié  du  xiv®  siècle.  De  son  mariage 
avec  Agnès  Tixer,  il  laissa  un  fils,  noble  homme  Colas  de  Charry, 
écuyer,  Sgr  de  Charry  et  de  Vuer,  qui  épousa  Agnès  du  Verne  par 
contrat  du  21  janvier  1440.  Le  petit-fils  de  celui-ci,  noble  et  puissant 
seigneur  François  de  Charry,  écuyer,  Sgr  de  Charry,  de  Vuer,  de  la 
Ronde,  de  Marancy,  etc.,  marié  en  deuxièmes  noces,  en  1523,  à  Margue- 
rite le  Roy,  fut  maître  d'hôtel  ordinaire  du  duc  de  Nivernais.  Son  fils, 
noble  seigneur  François  de  Charry,  écuyer,  Sgr  des  mêmes  terres, 
né  au  château  de  Vuer  en  1523,  écuyer  d'écurie  de  M"^  la  duchesse 
de  Nevers,  épousa  le  20  mai  1549  Jeanne  de  Maumigny.  Il  en  eut, 
entre  autres  enfants,  deux  fils,  noble  seigneur  François  de  Charry, 
Sgr  de  Charry,  de  Vuer,  de  la  Bretonnière,  de  Givrédy,  en  partie, 
marié  le  21  octobre  1584  à  Anne  de  Meun  de  la  Ferté,  et  Gilles  de 
Charry,  Sgr  de  la  Motte,  de  la  Ronde,  de  la  Roche,  etc.,  marié  en 
1582  à  Madeleine  de  Villaines,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  grandes 
branches.  Les  représentants  de  ces  deux  branches  furent  maintenus 
dans  leur  noblesse  le  5  octobre  1666  par  jugement  de  M.  Lambert 
d'Herbigny,  intendant  de  Moulins,  et  le  26  septembre  1698  par  juge- 
ment de  M.  le  Vayer,  également  intendant  de  Moulins.  Ceux  de  la 
branche  aînée  avaient  déjà  été  maintenus  dans  leur  noblesse  le 
6  mars  1635  par  jugement  de  M.  deCaumarlin,  intendant  de  Moulins. 

François  de  Charry,  auteur  de  la  branche  aînée,  laissa  lui-même 
quatre  fils  :l°Jeande  Charry,  Sgr  de  Vuer,  qui  épousa  en  1618  Suzanne 
d'Aspremont  et  qui  en  eut  un  fils  nommé  Samuel;  2''  F'rançois  de 
Charry,  Sgr  de  Givrédy,  qui  épousa  en  1618  Jeanne  Mathieu  et  qui 
en  eut  trois  fils,  François,  Claude  et  Laurent;  3°  Paul  de  Charry,  Sgr 
de  Charry  et  de  Lurcy-le-Bourg,  qui  épousa  en  1619  Madeleine  de 
Chéry  et  qui  en  eut  deux  fils,  Eustache  et  Hugues,  ce  dernier  prêtre. 


S6  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

4°  Arnaud  de  Charry,  Sgr  de  Précy,  qui  épousa  en  1633  Françoise  de 
Rolland  et  qui  en  eut  deux  fils,  Eustache  et  Adrien.  On  trouvera  dans 
le  Nouveau  d'Hozïer  les  preuves  de  noblesse  que  l'arrière-petit-fils 
du  second  de  ces  quatre  frères,  Jacques  de  Charry,  né  en  1711,  offi- 
cier des  chasses  du  Roi  dans  les  parcs  de  Versailles  et  de  Marly,  fit 
pour  obtenir  l'admission  à  la  maison  de  1  Enfant-Jésus  de  sa  fille, 
Marie-Adélaïde,  née  en  1765  à  Rocquencourt,  près  de  Versailles. 
Françoise  de  Charry  de  Fourviel,  sœur  de  Jacques,  née  en  1714  à 
Saint-Renin-du-Bois,au  diocèse  de  Nevers,  avait  déjà  fait  en  1724  des 
preuves  de  noblesse  pour  être  admise  à  la  maison  de  Saint-Cyr  où 
elle  mourut  en  1731.  Trois  de  ses  cousines,  Anne-Nicole  de  Charry  de 
Giverdy,  née  au  château  de  Giverdy  en  1728,  Anne  de  Charry,  née  à 
Versailles  en  1740,  et  Jeanne  de  Charry,  née  en  1747,  furent  admises 
dans  la  même  maison  en  1737,  1752,  et  vers  1757.  Cette  branche 
s'est  perpétuée  en  Nivernais  jusqu'à  nos  jours.  Son  chef  est  connu 
sous  le  titre  de  comte  de  Cliarry  de  Lurcy. 

Gilles  de  Charry,  auteur  de  la  seconde  branche,  eut  un  fils,  Jac- 
ques, qui  épousa  en  1607  Claude  Raquin,  héritière  de  la  seigneurie 
des  Gouttes.  Jacques  laissa  lui-même  deux  fils  dont  l'aîné,  François 
de  Charry,  connu  sous  le  titre  de  comte  des  Gouttes,  épousa  à  Moulins 
le  16  février  1637  Jeanne  du  Buysson  et  continua  la  descendance 
et  dont  le  second,  Léon  de  Charry,  fut  admis  en  1659  dans  l'ordre 
de  Malte.  Le  marquis  de  Charry  des  Gouttes  fut  admis  aux  honneurs 
de  la  Cour  le  2  juin  1787.  Sa  femme,  née  Luppé,  jouit  de  la  même 
faveur  le  11  mai  1788.  Cette  branche  paraît  être  aujourd'hui  éteinte. 

Hugues,  comte  de  Cliarry,  Sgr  deLurcy-le-Bourg,  et  Pierre,  comte 
de  Charry  de  Beuvron,  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  du  Nivernais.  M.  de  Charry  de  Cailhavel  prit  part  cette 
même  année  à  celles  du  Quercy. 

La  famille  de  Charry  a  fourni  de  nombreux  officiers. 

Principales  aUiances:  du  Verne  1440, 1648,deMaumigny  1549,  de  la 
Ferté-Meun  1584,  de  Chargères  1660,  1700,  de  Chéry  1619,  de  Che- 
venon  de  Bigny  1663,  de  Villaines  1582,  du  Buysson  1637,  de  Mullot 
de  Villenautl796,  de  Berthier  1710,  de  Saint-Germain  d'Apchon  1710, 
deMenou  1747,  de  Las  1653,  AndrasdeMarcy  1731,  de  Comeau  1719, 
de  Fournierde  Quincy  1762,  de  Luppé  1788,  etc. 

CHARSONVILLE  (Tassin  de).  Voyez  :  Tassin  de  Villepiox,  de  Vallière, 

DE  XoNNEVILLE,  DE  MoNTAIGU,   DE  Be.\UMONT,  DE  ChARSONVILLE,   DE  SaINTE- 

Péreuse,  etc. 

CHARTENER.  Armes  (d'après  le  règlement  d  armoiries  du  1 1  avril  1818;  : 
parti  :  au  1  dCargent  à  la  tour  de  sable;  au  chef  d'azur  chargé  d'un 


DICTIONNAIRE    DliS     FAMILLKS    FRANÇAISES  57 

soleil  d'or,  mouvant  de  l'angle  dexlre,  et  d'une  épée  d'argent,  montée 
d'or,  posée  en  pal  à  sénestre;  au  2  de  gueules  au  lion  d'or  surmonté 
de  trois  étoiles  d'argent. 

Jean-Baptiste  Ghartener,  né  en  1764  à  Sarrelouis,  en  Lorraine, 
lieutenant-colonel  d'infanterie,  oiïicierde  la  Légion  d'honneur,  décédé 
à  Metz  en  1839,  fut  créé  chevalier  de  l'Empire  par  lettres  patentes 
du  9  décembre  1809.  Il  fut  confirmé  dans  la  possession  héréditaire 
de  son  titre  de  chevalier  par  nouvelles  lettres  du  roi  Louis  XVIII 
du  11  avril  1818  et  obtint  en  même  temps  le  règlement  de  ses  armoi- 
ries. Il  laissa  deux  fils  dont  l'aîné,  Georges-Gustave  Charlener,  né 
à  Metz  en  1813,  a  été  un  bibliophile  distingué.  Le  puîné,  Ilippolyte 
Ghartener,  né  à  Metz  en  1818,  a  été  le  père  de  M.  Georges-Paul  Ghar- 
tener, né  à  Metz  en  1853,  contrôleur  des  contributions  directes,  qui  a 
eu  trois  filles  de  son  mariage  avec  M"*  Gottenot. 

CHARTIER  de  la  SOURCE. 

Famille  de  haute  bourgeoisie. 

•M.  Philippe  Ghartier,  inspecteur  des  postes  à  Amiens,  avait  de- 
mandé, le5  juin  1864,  pour  lui  et  pour  ses  enfants,  alors  mineurs,  l'au- 
torisation de  joindre  régulièrement  à  son  nom  celui  de  :  de  la  Source 
sous  lequel  il  était  connu.  On  ne  voit  pas  que  sa  demande  ait  été 
agréée. 

CHARTIER  de  COUSSAY.  Armes  :  A'argent  à  un  chevron  d'azur  chargé 
de  cinq  besants  du  champ  et  accompagné  en  chef  de  deux  demi-vols 
de  sable  et  en  pointe  d'un  porc-épic  du  même. 

La  famille  Ghartier  de  Goussay  était  originaire  de  Touraine. 

Louis  Ghartier,  sieur  de  Montléger,  Goussay-les-Bois,  la  Vervo- 
lière,  etc.,  avocat  en  Parlement,  décédé  en  1762,  avait  épousé  Mar- 
guerite Gimard.  Leur  fils,  Louis-Glaude  Ghartier,  Sgrde  Goussay-les- 
Bois,  Montléger,  etc.,  décédé  en  1778,  fut  conseiller  en  la  Gour  des 
aides  de  Paris  et  président  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances 
de  Tours  et  fut  anobli  par  ces  fonctions.  De  son  mariage  avec 
M"'=  Léonard,  fille  d'un  célèbre  libraire,  plus  tard  secrétaire  du  Roi, 
il  laissa  un  fils,  Frédéric-Melchior  Ghartier  de  Goussay,  né  à  Paris 
en  1764.  Gelui-ci  épousa  M"^  FouUon  de  Doué,  fille  de  l'intendant  de 
Paris  massacré  en  1789,  fut  créé  baron  de  l'Empire,  sur  institution  de 
majorât,  par  lettres  patentes  du  26  décembre  1810,  fut  confirmé  dans 
la  possession  héréditaire  de  son  titre  par  nouvelles  lettres  du 
1"  juin  1816  et  mourut  en  1842.  Il  n'eut  qu'une  fille,  la  marquise  de  la 
Rochejaquelein,  décédéc  en  1889,  qui  fut  la  dernière  représentante  de 
sa  famille. 


o8  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHARTIER  (ou  mieux  le  CHARTIER)  de  la  VARIGNIÈRE,  de  LORAILLES, 
de  CAGNY  et  de  SllDOUY.  Armes  :  d'azur  à  une  fasce  alésée  dor, 
accompagnée  en  chef  de  deux  perdrix  du  même  et  en  pointe  d'un 
tronc  d'olivier,  feuille  de  chaque  côté  de  trois  feuilles,  aussi  d'or.  — 
Couronne  :  de  Marquis. 

Alain  Chartier,  né  à  Bayeux  vers  1386,  clerc,  notaire  et  secrétaire 
des  rois  Charles  VI  et  Charles  VII,  chargé  par  ces  princes  de  plu- 
sieurs missions  importantes,  conseiller  au  Parlement  de  Paris, 
décédé  en  1449,  fut  un  historien  distingué  et  en  même  temps  un 
des  meilleurs  poètes  de  son  temps.  Un  de  ses  frères,  Jean  Chartier, 
moine  de  Saint-Denis,  fut  chargé,  en  qualité  d'historiographe  de 
France,  de  mettre  en  ordre  les  chroniques  de  labbaye.  Un  autre, 
Guillaume  Chartier,  décédé  en  1472,  fut  nommé  évêque  de  Paris 
en  1446  '. 

La  famille  le  Chartier,  qui  appartient  de  nos  jours  à  la  noblesse  de 
Normandie,  revendique  une  origine  commune  avec  celle  qui  fut  illus- 
trée par  le  poète  Alain  Chartier.  M.  de  Magny  a  donné  une  généa- 
logie de  cette  lamille  dans  son  Nobiliaire  de  Normandie .  11  en  fait 
remonter  la  filiation  à  Pierre  le  Chartier,  Sgr  de  Benneville,  dont  le 
tils,  Jean  le  Chartier,  Sgr  de  Benneville,  épousa  en  I50o  Jacqueline 
du  Bosc.  Jean  le  Chartier,  sieur  de  Benneville,  fils  de  celui-ci,  laissa 
d'une  alliance  inconnue  deux  fds,  Jacques  et  Pierre,  qui  furent  les 
auteurs  de  deux  branches. 

Le  chef  de  la  branche  aînée,  Robert  le  Chartier,  avocat  au  Grand 
Conseil,  marié  à  Jeanne  Antheaume,  décédé  en  1740,  fut  anobli  par 
l'acquisition  d'une  charge  de  conseiller  secrétaire  du  Roi,  maison  et 
couronne  de  France.  Sa  descendance  s'est  éteinte  avec  son  arrière- 
petit-lils,  Achille  le  Chartier  de  la  Varignièrc,  né  vers  l78o,  général 
de  brigade  en  1841,  commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  qui  mourut 
dans  un  âge  avancé  sans  avoir  été  marié. 

Le  chef  de  la  branche  cadette,  Marguerin  le  Chartier,  sieur  de 
Lorailles,  fut  anobli  en  août  1636  par  lettres  patentes  du  roi  Louis  XUI. 
Un  édit  d'août  1664  ayant  révoqué  tous  les  anoblissements  concédés 
depuis  1611,  ses  trois  Mis,  Charles  le  Chartier,  sieur  de  la  Heurtau- 
dière,  alors  âgé  de  37  ans,  Jacques  le  Chartier,  sieur  de  Saint-Denis, 
âgé  de  30  ans,  et  Guillaume  le  Chartier,  sieur  du  Mesnil,  âgé  de 
26  ans,  demeurant  à  Fcrrière-Hareng,  en  la  sergcntcric  de  Tho- 
rigny,   dans  l'élection   de  Bayeux,    se  firent  confirmer   dans  leur 

'  On  (roiivcra  dans  VAnnuaire  du  collège  héraldique  de  1900  des  renseignements 
sur  une  famille  Chartier,  aujourd'hui  éteinte,  qui  occupait  avant  la  Révolution  un 
rang  assez  modeste  en  Beaucc  et  qui,  parait-il,  était  une  branche  de  celle  à  laquelle 
appartenait  Alain  Chartier. 


DICTIONNAIRE    DKS     FAMILLES     FRANÇAISES  59 

noblesse  par  nouvelles  lettres  patentes  du  30  juin  1666.  Ces  trois 
frères  furent  les  auteurs  de  trois  rameaux. 

Le  premier  rameau  s'est  éteint  en  la  personne  de  Léa  le  Chartier  de 
Cagny,  veuve  du  baron  Hue  de  Mathan,  qui  mourut  en  1900  à  l'âge 
de  8-2  ans. 

L'auteur  du  second  rameau,  Jacques  le  Chartier,  Sgr  de  Saint- 
Denis,  épousa  Roberte  de  ïoustain.  Sa  descendance  posséda,  entre 
autres  biens,  la  seigneurie  de  Loraillcs  et  s'éteignit  dans  les  mâles 
avec  Alain  le  Chartier,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Lorailles, 
qui  mourut  vers  le  milieu  du  xix^  siècle  sans  laisser  de  postérité 
masculine,  et  avec  son  cousin  germain,  Prosper  le  Chartier,  qui  fut 
tué  en  1807  à  la  bataille  de  Lutzen. 

L'auteur  dutroisième  rameau,  Guillaume  le  Chartier,  Sgr  duMesnil, 
épousa  Françoise  Nicolle.  Sa  descendance  posséda,  entre  autres 
biens, les  seigneuries  duMesnil,  delaPédoyère  et  deSédouy.  Le  chef 
de  ce  rameau,  Marguerin-Michel  le  Chartier,  chevalier  de  Sédouy, 
épousa  en  ISl^  sa  cousine  Antoinette  le  Chartier  de  la  Varignière, 
sœur  du  général  de  la  Varignière.  Il  en  eut  un  fds  unique,  Alain- 
Raoul  le  Chartier,  connu  le  premier  sous  le  titre  de  marquis  de  Sédouy, 
qui  épousa  en  1839  M"^  de  Savignac  et  de  qui  descendent  les  divers 
représentants  actuels. 

MM.  le  Chartier  du  Mesnil,  le  Chartier  de  la  Pédoyère,  le  Chartier 
de  Thorigny  et  le  chevalier  le  Chartier  de  la  Varignière  prirent 
part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  bailliage  de  Tho- 
rigny. M.  le  Chartier  prit  part  cette  même  année  à  celles  tenues  à 
Caen  tant  en  son  nom  que  comme  représentant  de  M"®  de  Tour- 
nebu. 

La  famille  le  Chartier  a  fourni  de  nombreux  officiers,  des  cheva- 
liers de  Saint-Louis,  des  membres  de  la  Légion  d'honneur. 

Principales  alliances  :  de  Siresme,  de  Toustain,  du  Merle,  de 
Guernon,  de  Malfdàtre  173:2,  Gautier  de  Carville,  Hue  de  Mathan,  du 
Pontavice  1829,  Gautier  de  Savignac  1839,  de  Nugcnt  1866,  Michel 
de  Monthuchon  1887,  de  Brémond  d'Ars  1895,  de  Bonlîls  1905,  etc. 

Une  famille  Chartier  de  Louinière,  fixée  au  Canada  sous  le  règne 
de  Louis  XIV,  se  considérait  comme  une  branche  détachée  à  une 
époque  inconnue  de  celle  dont  il  vient  d'être  parlé  et  revendiquait 
comme  elle  une  origine  commune  avec  celle  du  poète  Alain  Chartier. 
Le  chef  de  cette  famille,  Michel  Chartier  de  l^obinière,  capitaine 
d'infanterie,  chevalier  de  Saint-Louis,  fut  un  des  principaux  auxi- 
liaires de  Montcalm  et  rentra  en  France  après  la  cession  du  Canada 
à  l'Angleterre.  Il  obtint  le  25  juin  1784  des  lettres  patentes  qui 
sont  rapportées  tout  au  long  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  Ces  lettres 


60  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

rappelaient  que  ses  ancêtres  s'étaient  fixés  au  Canada  en  1656, 
lui  reconnaissaient  cinq  générations  de  noblesse,  sans  dérogeance, 
et  lui  conféraient  le  titre  de  marquis.  M.  de  Lobinière  obtint  en 
même  temps  le  règlement  de  ses  armoiries  :  d'azu7'  à  deux  per- 
di'ix  d'argent  sur  un  tronc  d'arbre  d'or,  posé  en  fasce;  coupé  d  ar- 
gent à  trois  roseaux  de  marais  feuilles  de  sinople,  la  tête  de  sable, 
naissant  d'une  terrasse  aussi  de  sinople,  garnie  deau,  mouvante  de 
la  pointe.  —  Supports  :  deux  aigles  d'or.  —  Cimier  :  un  aigle.  — 
Devise  :  Fors  et  virtus. 

Il  a  existé  dans  l'élection  de  Coutances  une  famille  le  Chartier  de 
LA  JuGAXMÈRE  qui  portait  pour  armes  :  à.'azur  à  un  chevron  d'argent 
accompagné  en  chef  de  deux  trèfles  d'or  et  en  pointe  d'un  croissant 
du  même  métal.  Le  chef  de  cette  famille,  Alexandre  le  Chartier, 
sieur  de  la  Jugannière,  marié  en  I600  à  Suzanne  du  Poerier,  fut 
maintenu  dans  sa  noblesse,  lors  de  la  reclierche  de  1666,  par  juge- 
ment de  Chamillart,  intendant  de  la  généralité  de  Caen,  après  avoir 
justifie  que  son  grand-père,  Jacques  le  Chartier,  avait  été  anobli, 
moyennant  finance,  par  lettres  patentes  de  mars  1594. 

CHARTRAN. 

Par  bref  de  1899,  le  pape  Léon  XIII  a  conféré  le  titre  de  comte 
romain  au  peintre  Chartran  qui  avait  exécuté  son  portrait. 

CHARTRIE  (Gay  delà).  Voyez  :  Gav  de  la  Chartrie. 

CHARTROUSE  (Meiffren-Laugierde).  Voyez  :  Meiffren-Laugier  de  Char- 
troupe. 

CHARUEL. 

Famille  de  haute  bourgeoisie. 

Jean  Charuel,  né  à  Rosne,  en  Barrois,  vint  se  lixer  à  Metz  comme 
homme  d'affaires  et  secrétaire  de  M.  de  la  Serre  de  Rochecolombe, 
lieutenant  du  Roi  dans  cette  ville.  Il  fut  plus  tard  intéressé  dans  les 
affaires  du  Roi.  11  épousa  successivement  en  1736  Marguerite  Barat 
et  en  1745  Marie-Françoise  Louis.  Jean-Jacques  Charuel  de  Sainte- 
Croix,  né  de  la  seconde  union  en  1754,  d'abord  avocat  au  Parlement 
de  Metz,  fut  nommé  en  1787  substitut  du  procureur  général  audit 
Parlement.  Il  fut  père  de  Jean-Jacques  Charuel,  né  à  Metz  en  1787, 
qui  a  lui-même  laissé  un  fils. 

Lafamille  dont  il  vient  d  être  parlé  est  distincte  d'une  familleCharuel 
qui  a  appartenu  à  la  noblesse  de  robe  de  Metz.  Cette  seconde  famille 
Charuel  portait  pour  armes  :  de  gueules  à  un  chevron  d'or  accom- 
pagné de  trois  massacres  de  cerf  de  même.  Jacques  Charuel,  con- 
seiller du  Roi  en  ses  Conseils,  fut  intendant  de  Metz  depuis  1681  jus- 


DICTIONNAIRF.     DP.S     FAMILLKS     FRANÇAISES  61 

qu'il  sa  mort,  arrivée  en  1691.  Son  parent,  Nicolas  Charucl  du  Breuil, 
lieutenant  général  au  bailliage  de  Bar  en  1679,  décédé  en  1709,  fut 
nommé  en  1688  conseiller  au  Parlement  do  Metz.  Il  eut  pour  succes- 
seur dans  cette  dernière  charge  son  neveu,  Armand-Philippe  Giia- 
ruel,  Sgr  de  Montoy,  né  en  1680.  Celui-ci  l'ut  nommé  président  à  mor- 
tier en  1716  et  mourut  en  1747.  Il  fut  père  de  Dominique  Gharuel  de 
Montoy,  né  en  1711,  conseiller,  puis  président  à  mortier  au  Parle- 
ment de  Metz,  qui  mourut  sans  postérité  en  1748. 

CHASLES. 

Famille  bourgeoise. 

Pierre-Michel  Gh.\sles,  né  à  Chartres  en  1753,  d'abord  professeur  au 
collège  de  sa  ville  natale,  fut  élu  en  1792  député  d'Eure-et-Loir  à  la 
Convention,  siégea  parmi  les  Montagnards,  vola  la  mort  du  Roi, 
vécut  dans  la  retraite  après  l'expiration  de  son  mandat  et  mourut  à 
Paris  en  1826.  Son  fds,  Philarète  Charles,  né  en  1799  à  Mainvilliers, 
près  de  Chartres,  littérateur  distingué,  décédé  en  1873,  fut  profes- 
seur au  Collège  de  France  et  conservateur  de  la  Bibliothèque  Maza- 
rine  II  avait  épousé  vers  1860  M""*  de  Piomieu,  née  Moreau  du  Breuil, 
qui  lui  survécut  jusqu'en  1885.  Il  eut  d'un  piemier  mariage  un  lils, 
Emile  Chasles,  né  en  1827,  inspecteur  de  l'Université. 

A  la  même  famille  paraissent  avoir  appartenu  M.  Michel  Chasles, 
né  en  1703  à  Epernon  (Eure-et-Loir),  membre  de  l'Académie  des 
sciences,  commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  et  M.  Henri-Adolphe 
Chasles,  né  à  Chartres  en  1795,  maire  de  cette  ville  en  1830,  député 
et  président  du  Conseil  général  d'Eure-et-Loir,  décédé  en  1868. 

CHASLUS,  eu  CHALUS,  (de),  en  Auvergne.  Voyez  :  Chalus  (ue). 

CHASLUS. 

La  famille  Chaslu^  appartient  à  la  haute  bourgeoisie  de  l'Auvergne. 
M.  Tardieu  lui  a  consacré  une  notice  dans  son  Dictionnaire  des 
anciennes  familles  de  l'Auvergne.  Pierre  Chaslus,  notaire,  demeu- 
rant aux  Ghapioux,  dans  la  paroisse  de  Saint-Amand-Roche-Savine, 
acquit  en  1702  de  la  famille  de  Besse  de  la  Richardie  le  fief  et  directe 
du  Puy  et  du  Chéri,  situé  dans  la  même  paroisse,  dont  il  se  qua- 
lifia seigneur  et  dont  sa  veuve,  Gabrielle  Durif,  rendit  hommage  au 
Roi  le  18  décembre  1723.  Leur  descendant,  Louis  Chaslus,  né  en  1817, 
marié  à  M'"^  de  Brinon,  décédé  en  1880,  a  longtemps  fait  partie  du 
Conseil  général  du  Puy-de  Dôme.  Il  a  été  père  de  M.  Paul  Chaslus, 
propriétaire  du  domaine  patrimonial  des  Ghapioux,  qui  a  eu  deux  fds 
de  son  mariage,  en  1881,  avec  M"^  Arnaud^ 


62  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Principales  alliances  :  Chaboissier,  Jouvet,  d'Escaffres,  de  Brinon, 
Arnaud,  etc. 

CHASOT.  ou  CHAZOT,  (de).  Voyez  :  Chazot  (de). 

CHASSAGNOLLE,  ou  CHASSAIGNOLLE,  (delà).  Voyez:  Chassaignolle 

(de  la;. 

CHASSAGNT  (Jordan  de).  Voyez  :  Jordan  de  Sury,de  Puyfol  et  de  Chas- 
SAGXY  et  Jordan. 

CHASSAIGNE.  en  Auvergne.  Armes  :  de  gueules  à  h'ois  cors  de  chasse 
d argent,  2  el\,  et  une  étoile  de  même  en  cœur.  —  Couronne  :  de 
Comte. 

La  famille  Chassaigne  est  anciennement  connue  en  Auvergne.  Elle 
est  originaire  de  Tliiers  où  ses  premiers  auteurs  exerçaient  au 
xvi^  siècle  l'industrie  de  la  coutellerie.  Un  de  ses  membres,  Joseph 
Chassaigne,  fut  pourvu  vers  1765  de  la  charge  anoblissante  de 
secrétaire  du  Pioi.  Un  autre  fut,  de  1759  à  1783,  élu  en  1  élection  de 
Clermont-Ferrand. 

Grégoire  Chassaigne  de  Bost  et  Jean-Augustin-Antoine  Chas- 
saigne de  Franc-Séjour  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de 
la  noblesse  tenues  à  Riom. 

A  la  même  souche  paraît  se  rattacher  une  famille  Chassaigne  qui 
est  connue  depuis  le  xvi*  siècle  dans  la  haute  bourgeoisie  d'Ariane 
(Puy-de-Dôme).  Cette  famille  a  fourni  plusieurs  conseillers  géné- 
raux du  Puy-de-Dôme.  Une  de  ses  branches  joint  souvent  à  son  nom 
celui  du  château  de  Néronde  qu'elle  possède  près  de  Courpière 
(Puy-de-Dôme).  Une  autre  branche  est  connue  sous  le  nom  de  Chas- 
saigne-Goyon.  Alexandre  Chassaigne-Goyon,  né  à  Thiers  en  1814, 
fut  successivement  maire  de  sa  ville  natale,  député  et  conseiller 
général  du  Puy-de-Dôme,  conseiller  d'Etat,  préfet  de  la  Marne  sous 
Napoléon  III  et  commandeur  de  la  Légion  d'honneur  (8  août  1870). 

Les  familles  dont  il  vient  d'être  parlé  sont  vraisemblablement 
distinctes  de  celles  de  Jean  Chassagne,  marchand  en  la  ville  de 
Clermont,  et  d'Antoine  Chassaigne,  marchand  épicier  à  Riom,  qui 
eurent  leur  blason  enregistré  à  l'Armoriai  général  de  1696. 

CHASSAIGNE  de  SEREYS  (de  la),  en  Auvergne.  La  famille  de  la  Chas- 
saigne a  longtemps  porté  les  armoiries  de  l'ancienne  famille  des  sei- 
gneurs de  Sereys.  Ses  armes  actuelles  sont  les  suivantes  :  écartelé 
aux  \  eti  d'azur  à  un  dauphin  pâmé  d'or,  mis  en  bande,  accompagné 
en  orle  de  cinq  étoiles  de  tnéme,  deux  en  chef  et  trois  en  pointe,  qui 
est  de  la  Chassaigne  ancien  ;  aux  2  e<  3  d'or  à  une  aigle  éployée  de 


DICTIONNAIRE     UKS    FAMILLES     FRANÇAISES  63 

sable,  couronnée,  becquée  et  membrée  de  gueules,  à  une  bordure 
d'azur  chargée  de  dix  fleurs  de  lys  d'or  en  orle,  qui  est  de  Sereys.  — 
Devise  :  Unguibus  et  rostro.  —  Cri  de  guerre  :  la  Chassaigne. 

Le  nom  de  la  Chassaigne  est  porté  de  nos  jours  en  France  par  deux 
familles  nobles  bien  distinctes  appartenant  l'une  à  l'Auvergne,  l'autre 
au  Bordelais.  C'est  aux  la  Chassaigne  d'Auvergne  qu'est  consacrée 
la  présente  notice. 

Il  a  existé  en  Auvergne  et  dans  les  provinces  limitrophes  un 
certain  nombre  de  châteaux  de  la  Chassaigne  qui  avaient  au  moyen 
âge  des  seigneurs  à  la  famille  desquels  ils  paraissent  avoir  donné 
leur  nom.  Il  est  donc  difficile  de  déterminer  à  quelle  souche  on  doit 
rattacher  un  certain  nombre  de  gentilshommes  auvergnats  du  nom 
de  la  Chassaigne  qui  sont  mentionnés  dans  des  chartes  des  xiii*, 
xiv'  et  xv^  siècles.  C'est  ainsi  que  Bouillet  mentionne,  dans  son  Nobi- 
liaire d'Auvergne,  un  Constantin  de  la  Chassaigne,  chevalier,  qui 
est  nommé  dans  le  contrat  de  mariage,  passé  en  1274,  de  Robert  VI, 
comte  d'Auvergne,  et  de  Béatrix  de  Montgascon  ;  un  Garnier  de  la 
Chassaigne,  qui  en  i!295  était  prieur  du  monastère  de  Saint-Flour  ; 
un  Guillaume  de  la  Chassaigne,  chevalier,  qui  en  13G6  était  marié  à 
Blanche  Aleyne.  Guillaume  de  la  Chassaigne  était  en  1378  chanoine 
comte  de  Brioude.  Pierre  de  la  Chassaigne,  seigneur  vassal  d'Usson 
en  1450,  portait  pour  armes  :  parti  :  au  1  d'azur  à  une  tige  de  lys 
d'or;  au  2  de  sable  à  une  croix  ancrée  d'argent.  Ponchet  de  la 
Chassaigne,  seigneur  de  Merdogne-sous-le-Crest  en  1450,  portait 
pour  armes  :  parti  :  au  1  dazur  au  chêne  feuille  d'or;  au  2  de  sable 
fretté  d'or. 

La  seule  de  ces  familles  qui  subsistât  lors  de  la  grande  recherche 
de  1666  paraît  avoir  eu  pour  berceau  une  seigneurie  de  la  Chassaigne 
située  dans  la  paroisse  de  Meilhot,  près  d'Usson.  On  trouvera  sur 
elle  un  gros  dossier  dans  les  Carrés  d'Hozier.  On  pourra  ainsi  con- 
sulter sur  elle  l'ouvrage  suivant,  publié  au  Puy  en  1898  :  Preuves 
chapitrâtes  et  documents  inédits  sur  la  noble  maison  de  la  Chas- 
saigne de  Sereys,  en  Auvergne  et  en  Velay,  par  un  curieux  (M.  Grel- 
let  de  la  Deyte).  D'après  la  tradition,  elle  aurait  eu  dans  le  passé  une 
origine  commune  avec  la  puissante  maison  des  seigneurs  de  Chaslus- 
Lambron,  dont  il  a  été  parlé  dans  la  notice  consacrée  à  la  famille  de 
Chalus  de  Prondines,  et  aurait  pour  auteur  un  Guillaume  de  la  Chas- 
saigne qui  était  le  propre  frère  puîné  de  Gérard  de  Chaslus,  marié  dans 
les  premières  années  du  xiii*  siècle  à  Alix,  fille  de  Robert,  comte 
d'Auvergne  et  de  Clermont. 

Toutefois  le  jugement  de  maintenue  de  noblesse  de  1667  ne  fait 
remonter  la  filiation  suivie  qu'à  un  Antoine  de  la  Chassaigne,  écuyer, 


64  DICTIONNAIRE     DRS     FAMILLES    FRANÇAISES 

sieur  dudit  lieu,  lequel  épousa  le  16  novembre  1464  Jeanne  de  Cha- 
lencon  de  Sereys.  Cette  dame  appartenait  à  une  puissante  maison  du 
Velay  dont  une  branche  recueillit  au  xiv^  siècle  la  seigneurie  de 
Polignac  et  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours  sous  le  seul  nom  de  Poli- 
gnac.  Après  la  mort  de  son  frère,  Jean  de  Chalencon,  Sgr  de  Sereys, 
Jeanne  de  Chalencon  recueillit  l'importante  seigneurie  de  Sereys, 
située  dans  la  paroisse  de  Chomelis,  près  de  Craponne.  Son  mari, 
Antoine  de  la  Chassaigne,  fit  partie  de  l'arrièrc-ban  de  1466  sous 
le  commandement  de  M.  de  Chatillon.  Leur  petit-fils,  Charles  de 
la  Chassaigne,  marié  le  9  mai  1571  à  Catherine  de  Thiers  de  Lignât, 
fit  avec  distinction  plusieurs  campagnes  on  1549  et  1561  sous  les 
ordres  de  M.  de  la  Fayette  et  du  maréchal  de  Velay;  M.  de  Saint- 
Hérem  lui  confia  le  5  mars  1574  le  commandement  des  places 
de  Saint-Hérem  et  de  Saint-Just.  Il  fut  père  d'Annet  de  la  Chas- 
saigne, marié  en  1589  à  Marguerite  de  Maurin  de  Chateauneuf,  qui 
servit  avec  honneur,  grand-père  de  Charles  de  la  Chassaigne, Sgr  de 
Sereys,  en  l'élection  de  Brioude,  qui  épousa  en  1647  Jeanne  d'Antiî 
de  Ligonès  et  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  31  juillet  1667 
par  jugement  de  M.  de  Fortia,  intendant  d'Auvergne,  et  bisaïeul  de 
Julien  de  la  Chassaigne,  écuyer,  sieur  du  Lac,  demeurant  en  la 
paroisse  de  Saint-Jean-de-Glaines,  qui  épousa  en  1678  Marie-Made- 
leine du  Croc  des  Blanchons  et  qui  fut  à  son  tour  maintenu  dans 
sa  noblesse  le  13  février  1698  par  jugement  de  M.  de  Marie,  succes- 
seur de  M.  de  Fortia.  Jacques  de  la  Chassaigne,  Sgr  de  Sereys,  Cho- 
melix-le-Bas,  etc.,  frère  de  ce  dernier,  épousa  en  1691  Amable  du 
Floquet  de  Real.  On  trouvera  dans  les  Carrée  dllozier  les  preuves 
de  noblesse  que  son  petit-fils,  Annet  de  la  Chassaigne,  chevalier, 
Sgr  de  Sereys,  marié  à  M"*  des  Roys  d'Echandelys.  fit  en  1782  pour 
obtenir  l'admission  parmi  les  pages  de  la  Petite  Ecurie  de  son  fils 
Charles,  né  en  1764.  Charles  devint  dans  la  suite  premier  page  de 
Madame  Elisabeth,  servit  brillamment  à  l'armée  des  Princes,  épousa 
en  1802  M""  de  Gay  de  Planhol  et  mourut  en  1844.  Son  frère  puîné, 
Benoit  de  la  Chassaigne  de  Sereys,  fut  admis  dans  l'ordre  de  Malte 
en  1788. 

La  famille  de  la  Chassaigne  de  Sereys  a  fourni  des  chanoines 
comtes  de  Brioude,  des  officiers,  des  gouverneurs  de  places  fortes, 
des  chevaliers  de  Saint-Louis,  etc. 

Son  chef  est  connu  de  nos  jours  sous  le  titre  de  comte. 

Principales  alliances:  de  la  Rochelambert  1482,  de  Chalencon 
1464,  de  Guillaumanccs  1496,  d'Albiat  1520,  d'Antil  de  Ligonès  1647, 
de  Pons  de  Lagrange  1714,  des  Roys  d'Echandelys  1761,  de  Gay  de 
Planhol  1802,  de  Chaignon  1865,  etc. 


DK'.TIONNAIUK     It  K  S     FAMILI.  RS     F  R  AN  C  ,\  I  S  F,  S  6^) 

CHAS  SAIGNE  (de  la),  on  Bordolais.  Armos  :  écartelé  :  aux  1  et  4  d'azur 
à  un  lion  d'argent,  qui  ost  de  Ségur;  a\ix  2  et  3  de  gueulait  à  une 
bande  d'or,  qui  est  d'Aitz  ;  mr  le  tout  d'azur  à  trou  fai^ces  d'or  accom- 
pagnées de  trois  étoiles  du  même,  deux  en  chef  et  une  en  pointe,  qui 
est  de  la  Gliassaigne,  dans  la  Marche.  —  Couronne  :  de  Comte.  — 
Tenants  :  deux  anges. 

Cette  seconde  famille  de  la  Chassaigne  appartient  à  l'ancienne 
noblesse  de  robe  bordelaise.  O'Gilvy  en  a  donné  une  généalogie 
dans  le  premier  volume  de  son  Nobiliaire  de  Guienne  et  de  Gascogne; 
on  trouvera,  en  outre,  sur  elle  beaucoup  de  renseignements  dans  le 
Nouveau  d'Hoziercl  dans  les  Dossiei's  bleus,  au  Cabinet  des  Titres. 

Elle  ne  peut  remonter  par  fdiation  au  delà  d'honorable,  sage  et 
noble  homme  Jean  Chassaigne,  ou  de  la  Chassaigne,  qui  fut  reçu 
en  148o  deuxième  président  au  Parlement  de  Bordeaux  et  qui  fut 
nommé  le  12  novembre  1489  procureur  général  en  la  Cour  dudit 
Parlement.  On  a  dit,  mais  sans  preuves,  que  ce  magistrat  appartenait 
à  une  famille  noble  de  la  Marche  dont  il  sera  dit  quelques  mots  à  la 
fin  de  cette  notice  et  dont  sa  descendance  porte  les  armoiries.  On 
trouve  cependant  qu'il  fut  anobli  en  novembre  1507  par  lettres 
patentes  du  roi  Louis  XII.  Il  était  vraisemblablement  parent  d  un 
Christoplio  de  la  Chassagne,  auteur  d'un  0/fice  de  la  Vierge,  qui 
vivait  en  Guienne  à  la  même  époque  et  qui  fut  également  anobli  par 
lettres  du  roi  Louis  XII.  Jean  de  la  Chassaigne  possédait  en  Poitou  une 
.seigneurie  de  Chatelux  que,  d'après  O'Gilvy,  il  aurait  acquise  de  la 
famille  de  Foucault  de  Saint-Germain  paracte  du  12  avril  1512.  Le  nom 
de  sa  femme  n'est  mentionné  dans  aucun  acte.  Cependant,  d'après  la 
tradition,  il  aurait  épousé  une  Ségur  qui  lui  aurait  apporté  l'importante 
seigneurie,  ou  soudanerie,  de  Pressac,  dans  l'Entre-Deux-Mers.  Geof- 
froy de  la  Chassaigne,  seigneur,  ou  Soudan,  de  Pressac,  né  en  1498, 
lils  du  précédent,  fut  un  magistrat  éminent;  il  succéda  à  son  père 
dans  sa  charge  d'avocat  général,  fut  nommé  en  1520  conseiller  au 
Parlement  de  Bordeaux  et  le  13  novembre  1542  quatrième  président 
audit  Parlement  ;  il  travailla  à  la  rédaction  de  la  coutume  de  Sainl- 
Jean-d'Angély  et  mourut  avant  le  1*'"  octobre  1568.  Il  possédait  en 
Bazadais  la  seigneurie  de  Castets-en-Dorthe.  Son  fils,  Joseph-Isaac 
de  la  Chassaigne,  marié  en  1538  à  Marguerite  Douhet.  reçu  en  1543 
conseiller  au  Parlement  de  Bordeaux,  lui  succéda  en  1568  dans  sa 
charge  de  président  au  même  Parlement.  Protecteur  éclairé  <les 
sciences,  il  se  fit  construire  dans  la  paroisse  du  Bouscat,  aux  portes 
de  Bordeaux,  une  habitation  qu'il  appela  la  villa  Ausone  et  où  il 
réunit  une  importante  collection  d'antiques  et  de  pierres  gravées.  Il 
laissa  deux  fils  dont  le  second,  François,  conseiller  au  Parlement 
X.  5 


66  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

de  Bordeaux,  décédé  en  1611,  continua  la  descendance.  Il  eut  aussi 
deux  filles  dont  l'une,  Françoise,  épousa  en  1566  le  célèbre  écri- 
vain Michel  Montaigne.  Jean  de  la  Chassaigne,  Sgr  de  Quérilla, 
Cosgr  de  Pressac,  petit-fils  de  François,  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  le  20  septembre  1667  par  jugement  de  M.  de  Nort,  subdé- 
légué de  Pellot,  intendant  de  Bordeaux.  Il  avait  épousé,  le  30  jan- 
vier 1660,  Isabeau  dAitz.  Il  en  eut,  entre  autres  enfants,  deux  fils, 
Gassies  de  la  Chassaigne,  seigneur,  ou  soudan,  de  Pressac,  en  la 
paroisse  d'Aignac,  marié  en  1710  à  M"'  de  Gères  de  Camarsac,  et 
Philippe  de  la  Chassaigne,  marié  le  20  avril  1714  à  Françoise  Lou- 
zeau,  fille  d'un  avocat  de  Bordeaux,  qui  furent  les  auteurs  de  deux 
branches. 

François  de  la  Chassaigne,  chevalier  de  Saint-Louis,  Sgr  de 
Pressac,  du  Cros  et  de  Fourneau,  fils  de  Gassies  et  chef  de  la  branche 
aînée,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Bor- 
deaux. Ce  fut  lui  qui  vint  se  fixer  dans  la  paroisse  de  Loupiac  où  il 
avait  acquis  en  1753  de  la  maison  de  Fumcl  la  seigneurie  du  Cros 
pour  le  prix  de  71000  livres.  Il  eut  deux  fils  dont  l'aîné,  Jacques- 
Christophe,  décédé  dans  la  suite  sans  laisser  de  postérité,  prit  éga- 
lement part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Bordeaux 
et  dont  le  second,  Jean-Baptiste,  décédé  à  Loupiac  en  1814,  épousa 
M"*  le  Blanc  et  continua  la  descendance.  Cette  branche  a  conservé 
jusqu'à  nos  jours  le  château  du  Cros,  à  Loupiac.  Son  chef  est 
connu  sous  le  titre  de  comte  depuis  l'époque  de  la  Restauration. 

La  seconde  branche  a  été  en  partie  supprimée  par  O'Gilvy.  Son 
chef,  Michel  de  la  Chassaigne  de  Caillau,  né  en  1749,  marié  le  31  mai 
1774  à  Marie  de  Bonnefont,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Bordeaux.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier 
les  preuves  de  noblesse  qu'il  avait  faites  sous  Louis  XVI  pour  obtenir 
l'admission  à  l'École  militaire  de  son  fils,  Pierre-François,  né  à 
Cubzac  en  1777.  On  ignore  si  cette  branche  compte  encore  des  repré- 
sentants. 

La  famille  de  la  Chassaigne  a  donné  des  magistrats  éminents  au 
Parlement  de  Bordeaux.  Elle  a  aussi  fourni  de  nombreux  officiers 
dont  trois  chevaliers  de  Saint-Louis. 

Principales  alliances  :  de  Lageard,  d'Asnières,  Eyquem  de  Mon- 
taigne, de  Fayolles  de  Puyredon,  Disnemalin,  d'Aitz  1660,  de  Gères 
1710,  de  Gombault,  d'Andrault,  de  Grégoire  des  Gardies,  de  Madron 
1864,  deMirambct  1771,  de  Bonnefont  1774,  deTarade  1877,  de  Mont- 
réal 1881,  etc. 

On  trouvera  des  renseignements  sur  la  famille  de  la  Chassaigne, 
ou  DE  LA  Chass.\gxe,  de  la  Marche,  dans  les  Dossiers  bleus  et  dans  les 


DICTlONNAim:     DF.S     FAMILLRS     FRANÇAISKS  67 

ouvrages  de  la  Thaumassière,  de  Nadaud,  de  la  Ghesnaye  des  Bois 
et  de  Beauchet-Filleau.  Celte  lamille,  dont  les  armes  étaient  les 
mômes  que  celles  des  la  Chassaigne  du  Bordelais,  était  connue  dès 
le  xiv"  siècle  dans  la  nobl(>sse  de  sa  région.  Les  auteurs  mentionnés 
plus  haut  en  font  remonter  la  liliation  à  Antoine  de  la  Giiassaigne, 
écuyer,  qui  rendit  aveu  au  seigneur  de  Magnac  en  1400  et  1510,  dont 
le  iils,  Roland  de  la  Chassaigne,  écuyer,  épousa  le  14  avril  1 5!29  Cathe- 
rine de  Boisse  (ixUhs  de  Boisé,  d'après  la  Thaumassière,)  et  dont  le 
petit-lils.  Léger  de  la  Chassaigne,  écuyer,  Sgrde  Beauregard,  épousa 
le  7  septembre  1574  Françoise  de  Savignac.  Honoré  de  la  Chassaigne, 
Sgr  de  Beauregard,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  en  16(36  par  juge- 
ment de  M.  d'Aguesseau,  intendant  de  Limoges  ;  il  mourut  au  mois 
d'avril  de  cette  même  année.  Sa  veuve,  Louise  de  Poute,  qu'il  avait 
épousée  en  1659,  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  le  18  juillet  1669  avec 
ses  enfants  mineurs  et  les  autres  membres  de  la  famille  par  jugement 
de  l'intendant  de  Moulins.  Son  petit-fils,  Jacques  de  la  Chassaigne, 
venditen  1751  la  terre  de  la  Chassaigne.  11  avait  épousé  en  1727  M'"^  de 
Lescours,  qui  mourut  sans  enfants  en  1733  ;  il  se  remaria  vers  1740 
à  M"^  de  Roffignac  de  Sannat  et  en  eut  un  fils  qui,  sous  Louis  XVI, 
était  officier  d'infanterie. 

Il  a  existé  en  Franche-Comté  une  lamille  de  la  Ghassagne  qui  était 
issue  de  celle  des  sires  de  Rye.  Cette  famille  portait  pour  armes  : 
de...  à  une  fasce  de...,  sommée  de  trois  grelots  de...  rangés  en  chef. 
Elle  tirait  son  nom  d'une  seigneurie  du  bailliage  de  Dôle  et  remon- 
tait à  Etienne,  Sgr  de  la  Chassaigne,  vivant  en  1239.  Elle  s'éteignit 
au  xvn*  siècle. 

CHASSAIGNOLLE,  ou  CHASSAGNOLLE,  (de  la).  Armes  :  de  gueules  à 

im  lion  d'or  et  à  deux  bâtons  d'azur  posés  en  barre. 

La  famille  de  la  Chassaignolle,  ou  de  la  Cha.ssagnolle,  appartient  à 
la  noblesse  d'Auvergne.  Elle  a  toujours  été  fort  obscure  et  on  n'a  pu 
se  procurer  sur  elle  que  très  peu  de  renseignements.  Bouillet,  dans 
son  Nobiliaire  d'Auvergne,  lui  attribue  pour  premier  auteur  connu 
un  Bertrand  de  la  Chassaignolle  qui  était  en  1339  seigneur  de  la 
Chassaignolle  et  de  la  Chapelle  d'Alagnon,  aux  environs  de  Blesle. 

François  de  la  Chassaignolle,  Sgr  d'Anvaux,  demeurant  à  Piche- 
rande,  dans  l'élection  de  Ciermont-Ferrand,  marié  à  Gilbcrte  de 
Fontalard  par  contrat  du  9  février  1643,  et  son  frère,  Jean  de  la  Chas- 
saignolle, Sgr  du  Vigier  et  du  Cros.  furent  maintenus  dans  leur 
noblesse  le  10  février  1667  par  jugement  de  M.  de  Fortia,  intendant 
d'Auvergne.  MM.  de  la  Chassaignolle  justilièrent  dans  cette  circons- 
tance qu'ils  étaient  fds  de  Claude  de  la  Chassaignolle,  marié  en  1607 


68  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

à  Gilberte  de  la  Salle,  petits-fils  de  Louis  de  la  Chassaignolle,  marié 
le  3  février  1564  à  Gilberte  de  Vichy,  et  arrière-petits-fils  de  Claude  de 
la  Chassaignolle,  écuyer,  marié  le  3  février  1545  à  Louise  de  Lauzanne. 
Ce  jugement  de  1667  rappelle  les  services  militaires  de  plusieurs 
membres  de  la  famille  de  la  Chassaignolle. 

C'est  vraisemblablement  à  cette  souche  que  l'on  doit  rattacher  un 
Guillaume  de  Ghassignolles  de  Combalibœuf  qui  prit  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Riom. 

D'après  Tardieu  et  Bouillet  la  famille  de  la  Chassaignolle  subsistait 
sous  la  Restauration.  D'après  Bachelin-Deflorenne,  un  de  ses  repré- 
sentants habitait  Paris  en  1873. 

Il  a  exislé  dans  la-  Haute-Marche  une  famille  de  la  Chas.signolle 
qui  possédait  les  seigneuries  de  la  Chassignolle,  de  la  Chaud  et  du 
Tirondet.  Jean  de  la  Chassignolle,  seigneur  de  ces  diverses  terres, 
fils  de  Jean,  Sgr  de  Sannat,  près  d'Evaux,  et  petit-fils  de  Jean  de  la 
Chassignolle,  écuyer,  seigneur  dudit  lieu  et  de  la  Chaud,  épousa 
en  1608  Jacqueline  de  la  Roche  du  Ronzet.  Anne  de  la  Chassignolle 
eut  ses  armes  inscrites,  probablement  d'office,  à  l'Armoriai  général 
de  1696  :  de  sable  à  vn  chat  d  argent  surmonté  d'un  rossignol 
d'or. 

On  trouve  que  Marie-Henriette,  fille  de  Pierre  de  la  Chassignolle 
et  de  Jeanne  Guérin,  a  épousé  à  Paris,  en  juillet  1897,  un  fils  du  baron 
Vast-Vimeux. 

CHASSAIN  de  MARCILLY,  de  CHABET  et  de  la  PLASSE  Armes  : 
(l'argent  à  un  santoir  godronné  d'azur;  au  chef  du  même  c/iargé  de 
trois  billeltes  d'argent. 

La  famille  Chassain,  originaire  de  la  petite  ville  de  Saint-Germain- 
Laval,  en  Forez,  est  honorablement  connue  depuis  la  Wn  du  xiv'"  siècle 
dans  la  haute  bourgeoisie  de  sa  région. 

Honorable  homme  Léonard  Chassain,  marchand  à  Lyon,  auquel 
remonte  la  filiation  suivie,  avait  épousé  vers  1580  Pernette  Péressin. 
Leur  fils,  noble  Claude  Chassain,  fut  pourvu  le  8  janvier  1625  de 
la  charge  de  conseiller  du  Roi  et  receveur  des  aides  et  tailles  en 
Forez.  Il  acquit  en  1645  du  chapitre  de  Montbrison  la  rente  noble 
de  la  Vernade  de  Marcilly,  située  au  lieu  de  Marcilly-lc-Chàtel, 
dont  sa  descendance  a  conservé  le  nom  ;  il  possédait  aussi  le  lief 
de  Chabet,  également  situé  à  Marcilly-le-Chàtel.  11  épousa  le  27  oc- 
tobre 1618  Catherine  Giraud,  fille  d'un  avocat  au  bailliage  de  Forez 
et  veuve  de  Guillaume  Cleppior,  avocat  au  même  bailliage.  Il  en 
eut  trois  fils,  Claude,  François  et  Jean,  qui  furent  les  auteurs  de 
trois  branches. 


DICriONNAIRIÎ     DliS     FAMILLIiS     F  H  AN  g  Al  S  K  S  69 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Claude  Chassain,  fut  nomme  en  1640 
premier  président  en  l'élection  de  Forez.  Il  fut  père  d'Antoine 
Chassain  de  Chabet,  président  en  l'élection  de  Forez,  et  grand-père 
de  François  Chassain  de  Chabet,  président  en  l'élection  de  Forez, 
qui  épousa  en  1738  Françoise  Pernon,  puis  Jeanne  Derval,  et  qui 
n'eut  que  des  (illes. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  François  Chassain,  sieur  de  Cha- 
bet, né  en  1631,  conseiller  du  Roi,  receveur  ancien  des  tailles  de 
l'élection  de  Montbrison,  ci-devant  capitaine  châtelain  de  ladite 
ville,  obtint  en  juillet  1701  des  lettres  patentes  d'anoblissement  dont 
on  trouvera  le  texte  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  Il  obtint  en  même 
temps  de  d'Hozier  le  règlement  de  ses  armoiries.  Son  hls,  Nocl 
Chassain,  receveur  des  tailles  et  châtelain  de  Montbrison,  marié 
en  1699  à  Madeleine  Pichon,  décédé  en  1741,  fut  pourvu  en  1730  de 
la  charge  anoblissante  de  secrétaire  du  Roi,  Il  laissa  deux  fils  : 
1°  François  Chassain  de  Chabet  de  Marcilly,  né  en  1700,  qui  épousa 
en  1735  M"'=  de  Ruolz  et  dont  la  descendance  subsiste;  2"  Raymond 
Chassain  de  Chabet,  né  en  1706,  capitaine  de  dragons,  chevalier  de 
Saint-Louis,  qui  épousa  en  1749  Jeanne  Puy  de  Champeaux  et  qui 
fut  le  bisaïeul  de  M.  Jean-Louis  Chassain  de  Chabet,  né  en  1822. 
Deux  représentants  de  cette  branche,  MM.  Chassain  de  Chabet  et 
Chassain  de  Marcilly,  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  du  Forez;  un  autre,  Durand-Louis  de  Chassain  de  Chabet, 
chevalier,  capitaine  au  régiment  de  Foix-infanterie,  prit  part  à 
celles  tenues  à  Montargis. 

L'auteur  de  la  troisième  branche,  Jean  Chassain,  receveur  au 
grenier  à  sel  de  Cervières,  capitaine  châtelain  et  juge  royal  de  la 
même  ville,  épousa  le  11  février  1675  Philippe  de  Beauvoir,  héritière 
du  château  et  du  fief  de  la  Plasse,  à  Saint-Julien-la  Vêtre.  Il  fut  père 
de  Claude  Chassain  de  la  Plasse,  qui  épousa  en  1702  Marie-Michelle 
Torrent,  fille  d'un  bourgeois  de  Thiers,  en  Auvergne,  et  grand-père 
de  Claude-Antoine  Chassain  de  la  Plasse,  né  en  1703,  garde  du  corps, 
chevalier  de  Saint-Jean-de-Latran,  comte  palatin,  qui,  étant  veuf 
sans  enfants  de  M'"'  Malet  de  Vandègre,  se  remaria  en  1742  à  Marie 
Lunel  et  en  eut  trois  fds.  Cette  branche  a  donné  de  nos  jours  deux 
bâtonniers  de  l'ordre  des  avocats  de  Roanne. 

Aucune  des  branches  de  la  famille  Chassain  n'est  titrée*. 

Principales  alliances  :  Meaudre  1813,  du  Rosier  1828,  Lestra 
(de  Prandières)  1743,  Henrys,  de  Ruolz  1735,  Maulbon  d'Arbau- 
montl901,Chappuis  1641,1688,  Ramey,  Basset,  Papon,Pernom  1738, 

'  Cette  notice  a  été  faite  en  grande  partie  à  l'aide  de  renseignements  dus  à  l'obli- 
geance de  M.  le  comte  de  Jouvencel. 


70  DICTIONNAIRE    DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Boyer  de  Montorcier  1697,  Chamboduc  de  Saint-Pulgent  1761,  de  la 
Garde  1850,  Henry  1904,  Malet  de  Vandègre  1739,  etc. 

CHASSAING  de  FONMARTIN  de  LESPINASSE. 

La  famille  Crassaixg  de  Fûnmartin  de  Lespinas.se  est  fort  ancienne- 
ment connue  à  Ussel,  en  Limousin.  Elle  n'est  pas  mentionnée  dans  le 
Nobiliaire  du  Limousin  de  Nadaud;  mais  on  trouvera  sur  elle  quel- 
ques renseignements  dans  les  Carrés  d'Hozier,  au  Cabinet  des  Titres. 

Noble  Jean  Chassaing,  écuyer,  sieur  de  Lespinasse,  fils  de  noble 
Martial  Chassaing  de  Fonmartin,  écuyer,  sieur  de  la  Laubie,  et  de 
demoiselle  Claude  de  Jubanel,  épousa,  par  contrat  du  8  février  1626, 
demoiselle  Elix  de  Bonnet,  lille  de  feu  monsieur  maître  Dorde  de 
Bonnet,  élu  en  l'élection  de  Tulle.  Il  fit  son  testament  le  28  oc- 
tobre 1660.  Il  laissa  deux  tils,  Antoine,  qui  lit  son  testament  en  1664, 
et  Jean,  qui  continua  la  descendance.  Noble  Jean  Chassaing  de 
Fonmartin,  écuyer,  sieur  de  Lespinasse,  baptisé  à  Ussel  en  1648, 
épousa  par  contrat  du  2  septembre  1666  Gabrielle  de  Laval,  fille  dun 
avocat,  demeurant  à  Ussel. 

Bien  que  ses  membres  aient  porté  aux  wii*^  et  xviii'^  siècles  les  quali- 
fications nobiliaires,  la  famille  Chassaing  de  Fonmartin  ne  figure  pas 
au  nombre  de  celles  qui  firent  reconnaître  leur  noblesse  par  jugement 
de  d'Aguesseau,  intendant  de  Limoges,  lors  de  la  grande  recherche 
commencée  en  1666.  On  ne  voit  pas  non  plus  qu'elle  ait  pris  part  en 
1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  Bas-Limousin,  ni  môme 
qu'elle  ait  fait  enregistrer  son  blason  à  lArmorial  général  de  1696. 

Louis-Joseph  Chassaing  de  Fonmartin  de  Lespinasse,  capitaine 
de  frégate,  épousa  en  1833  M"*  de  Boury,  décédée  en  1887.  Jean- 
Jules  Chassaing  de  Fonmartin,  décédé  en  Bretagne  en  1881  à  l'âge 
de  62  ans,  portait  le  titre  de  comte.  Le  vicomte  Henri  de  Fontmarlin 
de  Lespinasse  a  épousé  à  Nantes  en  1889  M"-  de  Suyrol. 

Principales  alliances  :  Aubourg  de  Boury,  de  Suyrot,  Jochaud  du 
Plcssis,  etc. 

CHASSAING  de  RATEVOULT  de  FONTBRESSIN  (du).  Armes  :  d'azur 
à  un  cerf  d  argent,  courant  du  côté  droit  de  Vécu,  poursuivi  par 
deux  chiens  de  chasse  de  même,  ledit  cerf  accompagné  en  chef  de 
deux  étoiles  d'or,  surmontées  d'un  cor  de  chasse  aussi  d'or,  à 
double  rond,  et  en  pointe  d'un  croissant  de  même. 

La  famille  du  Chass.uxg  de  Ratevoult  de  P'ontbressix  appartient  à 
la  noblesse  du  Périgord.  On  en  trouvera  une  généalogie  dans  le 
Nouveau,  d'Hozier. 

On  trouve  qu'un  Foucaud  du  Chassaing  rendit  hommage  en  1515 
pour  ses  seigneuries  du  Masnadaud,  de  Lanervou  et  du  Chaslard  et 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  71 

qu'un  Loys  du  Chassaing,  ccuyer,  rendit  hommage  le  20  sep- 
tembre 1541  au  roi  de  Navarre,  en  sa  qualité  de  comte  de  Périgord, 
pour  ses  repaires  et  maisons  nobles  du  Masnadeau,  de  la  Manoyre 
et  du  Chaslard.  Mais  on  ignore  si  ces  personnages  appartenaient  à  la 
famille  du  Chassaing  qui  s'est  perpétuée  dans  la  même  province  jus- 
qu'à nos  jours. 

Le  travail  conservé  dans  le  Nouveau  dCHozier  fait  remonter  la 
fdiation  de  celle-ci  à  Louis  du  Chassaing,  écuyer,  sieur  de  Ratevoult, 
en  la  paroisse  de  Sainte-Alvére,  habitant  de  Périgueux,  qui  avait 
épousé  Jeanne  de  Chalup  cl  qui  lit  une  transaction  le  15  janvier  1550. 
Jacques  du  Chassaing,  écuyer,  sieur  de  Ratevoult  et  de  Taratin, 
habitant  de  Périgueux,  fils  du  précédent,  épousa  Marguerite  de 
Lagut  par  contrat  du  26  février  1566.  Il  fut  père  d'André  Duchassaing 
écuyer,  sieur  de  Taratin  et  de  Ratevoult,  habitant  de  Périgueux, 
qui  épousa  dans  cette  ville  le  7  avril  1612  sa  cousine  Marie  du 
Chassaing,  demoiselle,  fdle  de  feu  maître  Raymond  du  Chassaing, 
avocat  en  Parlement,  et  grand-père  d'Henri  du  Chassaing,  écuyer, 
Sgr  des  mêmes  domaines,  qui  épousa  le  7  août  \%l1L  Catherine 
de  Pindray. 

Bien  que  ses  membres  aient  porté  dès  cette  époque  les  qualihca- 
tions  nobiliaires,  la  famille  du  Chassaing  ne  figure  pas  au  nombre 
de  celles  qui  firent  reconnaître  leur  noblesse  lors  des  diverses 
recherches  ordonnées  par  Louis  XIV.  Mais  Simon  du  Chassaing, 
Sgr  de  ïarratin  et  de  Ratevoult,  né  à  Sainte-Alvére  le  10  juillet  1684, 
fds  d'Henri  qui  précède,  ancien  gendarme  de  la  garde  du  Roi,  con- 
seiller du  Roi,  lieutenant  assesseur  en  la  maréchaussée  générale  de 
Guienne,  demeurant  à  Périgueux,  marié  en  1706  à  Marie  Noël,  dame 
de  Périer,  se  fit  maintenir  dans  sa  noblesse  le  12  juillet  1766  par  un 
arrêt  de  la  Cour  des  aides  de  Bordeaux,  après  avoir  justifié  par  titres 
une  filiation  noble  depuis  1541 .  Il  laissa,  entre  autres  enfants,  deux  fils  : 
1°  Joseph  du  Chassaing,  Sgr  de  Fontbressin  et  de  Ratevoult,  ancien 
garde  du  Roi,  qui  épousa  le  30  octobre  1749  Marie  Ouby  de  Boulon- 
neyx,  du  lieu  de  Jaurias  ;  2°  Joseph  du  Chassaing,  Sgr  de  Ratevoult, 
garde  du  corps  de  Sa  Majesté,  qui  épousa  le  14  mars  1755  Catherine 
de  Combe-Albert  du  Cliazeau.  L'aîné  de  ces  deux  frères  fut  père  de 
Joseph-Simon-Placide  du  Chassaing  de  Fontbressin,  né  à  Périgueux 
en  1764,  qui  fit  en  1777  ses  preuves  de  noblesse  pour  être  admis  à 
l'École  militaire.  Le  second  fit  les  mêmes  preuves  d'abord  en  1768 
pour  obtenir  l'admission  de  sa  fille  Marie-Anne  à  la  maison  d'éduca- 
tion de  l'Enfanl-Jésus,  puis  en  1773  et  en  1781  pour  obtenir  l'admis- 
sion à  l'École  militaire  de  deux  de  ses  fils,  Joseph,  né  à  Mareuil  en 
1755,  et  Pierre,  né  au  même  lieu  en  1771. 


'2  DICTIO.N.XAinE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

M.  du  Chassaing  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Périgueux. 

M.  du  Chassaing  de  Fontbressin,  décédé  n  1887,  avait  été  prési- 
dent à  la  Cour  d'appel  delà  Martinique. 

La  famille  du  Chassaing  a  fourni  de  nombreux  officiers. 

Principales  alliances  :  de  Pindray  1672,  de  Chergé  1839,  dcPoyen, 
du  Cauroy  1891,  Noël  du  Peyrat  1706,  Ouby  (aujourd'hui  Aubin  de 
Jauriâs)  1749,  etc. 

CHASSAING,  en  Auvergne.  Armes  :  de  gueulea  à  t?'Ois  lévriers  d'ar- 
gent courant  lun  sur  Vautre. 

La  famille  Chassaing  appartient  à  la  haute  bourgeoisie  de  l'Au- 
vergne. Elle  est  originaire  du  lieu  de  Bialon,  près  de  Messeix,  où  elle 
était  honorablement  connue  dès  le  xvi^  siècle.  Au  siècle  suivant,  elle 
vint  se  fixera  llermcnt,  puis  à  Riom.  Jacques  Chassaing  était  en  1655 
procureur  au  présidial  de  cette  ville.  Annct  Chassaing,  bourgeois  de 
Riom,  eut  ses  armes  inscrites  d'office  à  l'Armoriai  général  de  1696. 
Un  représentant  de  cette  famille,  Augustin  Chassaing,  né  en  1830  à 
Pontaumur  (Puy-de-Dôme),  élève  de  l'Ecole  des  Chartes,  longtemps 
juge  au  tribunal  du  Puy,  membre  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  au 
Puy  en  189:2,  a  écrit  un  grand  nombre  d'ouvrages  historiques. 

C'est  vraisemblablement  à  celle  souche  que  l'on  doit  rattacher  un 
M.  Chassaing  qui  fut  pourvu  en  1781  de  l'office  anoblissant  de  tréso- 
rier de  France  au  bureau  des  finances  de  Riom  et  qui  le  conserva 
jusqu'à  sa  suppression,  lors  de  la  Révolution  ;  un  INI.  Léonce  Chas- 
saing, qiii  épousa  vers  1860  W^"  Anaïs-Marie  tic  Bourdeilles  et  dont 
le  fils,  Louis-Henri,  connu  sous  le  nom  de  Chassaing  de  Bourdeilles, 
garde  général  des  forêts,  épousa  en  1894  W  Nettement;  et  un 
M.  Chassaing  dAugerolles  qui  mourut  à  Clermont-Ferrand  en  1889, 
à  l'âge  de  78  ans. 

On  trouvera  dans  les  manuscrits  de  Chérin  la  généalogie  d'une 
famille  de  Chassaing  qui  a  appartenu  à  la  noblesse  bordelaise.  L'au- 
teur de  celte  famille,  maître  Martin  Chassaing,  était,  dans  les  pre- 
mières années  du  xvii'^  siècle,  procureur  au  Parlement  de  Bordeaux. 
Son  fils,  Claude-Israël  Chassaing,  fut  pourvu  le  22  mai  1632  d'un  des 
deux  offices  de  conseiller  du  Roi,  audiencier-notaire  et  secrétaire  en 
la  Chancellerie  près  la  Cour  des  aides  d'Agen,  créée  l'année  précé- 
dente, et  obtint  des  lettres  d'honneur  le  14  mars  1655.  Il  fut  père  de 
Jean  Chassaing,  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  13  avril  1705 
par  jugement  de  M.  de  la  Bourdonnaye,  intendant  de  Bordeaux, 
comme  fils  de  secrétaire  du  Roi.  Jérôme  de  Chassaing,  Sgr  du  Beau- 
séjour  el  du  Thil,  petit-fils  du  précédent,  prit  part  en  1789  aux  assem- 


DIGTlONiNAIRK     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  73 

blées  de  la  iioblossc  tenues  à  Bordeaux,  ainsi  que  son  (ils,  autre 
Jérôme  de  Cliassaing.  Celui-ci  était  né  en  1759  et  avait  fait  en  1773  des 
preuves  de  noblesse  pour  cire  admis  parmi  les  clievau-légers.  Deux 
de  ses  S(X'urs  épousèrent  à  Bordeaux  en  1790,  l'une  M.  de  Bcrtliomicu, 
trésorier  de  France,  l'autre  M.  de  Bonncfon,  sieur  de  la  Caussade.  Une 
troisième  épousa,  l'année  suivante,  M.  Dumas,  président  à  la  Cour 
des  aides.  Cette  l'amille  avait  l'ait  enregistrer  à  l'Armoriai  général 
de  1G96  (registre  de  Bordeaux)  les  armes  suivantes  :  cVargeiit  à  un 
chêne  de  sinople,  le  Ironc  traversé  par  un  chien  courant  de  gueules; 
au  chef  d'azur  chargé  d'un  croissant  d'argent  accosté  de  deux  étoiles 
d'or. 

CHASSAREL  (de).  Armes  :  iïazur  à  une  fasce  d'argent  accompagnée  en 
chef  d'un  lévrier  de  même  et  en  pointe  d'un  cerf  d'or. 

La  famille  DE  Ghassarel,  aujourd'hui  éteinte  dans  les  mâles,  appar- 
tenait à  la  noblesse  du  Périgord.  On  en  trouvera  une  généalogie  com- 
plète dans  le  tome  CXXVIII  du  Fonds  Lespine,  au  Cabinet  des  Titres.  On 
trouvera  aussi  sur  elle  des  renseignements  dans  les  manuscrits  de 
Chérin  et  dans  la  Généalogie  de  la  Paye  de  MM.  Iluetet  de  Saint-Saud. 

Son  auteur,  noble  homme  Jean  de  Chassarcl,  Sgrde  Soleille,  avait 
épousé,  vers  1480,  Agnès  de  Saint-xVstier  qui  était  lille  de  Forton,  Sgr 
des  Bories,  décédé  en  1464,  et  qui  fit  son  testament  le  ^8  novem- 
bre 1516.  D'après  une  tradition  constante,  Jean  de  Chassarel  sortait 
de  la  bourgeoisie  de  Férigueux  et  ne  s'était  agrégé  à  la  noblesse  et 
n'avait  cessé  de  payer  la  taille  qu'après  son  mariage  avec  Agnès  de 
Saint-Aslier. 

Guillaume  de  Chassarel,  marié  en  1660 à  sa  cousine  Marguerite  de 
Chassarel,  et  son  frère,  Jean  de  Chassarel,  marié  en  1656  à  Margue- 
rite Audouin,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le  16  mai  1667  par 
jugement  de  Fellot,  intendant  de  Bordeaux.  Ces  deux  frères  furent 
les  auteurs  de  deux  branches.  Le  chef  de  la  branche  aînée,  Pierre  de 
Chassarel,  épousa  à  Tréguier,  en  Bretagne,  en  1764,  Marie-Josèphe 
Carouer  ;  il  passa  plus  tard  à  Saint-Domingue  où  naquirent  en  1768, 
1771  et  1775,  ses  trois  tils.  Son  frère,  Jean-Baptiste  de  Chassarel, 
écuyer,  Sgr  de  Colombier,  marié  en  1763  à  Marie  de  Montozon,  prit 
part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Agen  ;  il  avait 
t'ait  des  |)reuves  de  noblesse  en  1785  pour  faire  accorder  le  grade  de 
sous-lieutenant  à  son  fils  Joseph,  né  au  diocèse  d'Agen  en  1764.  Le 
chef  de  la  branche  cadette,  Joseph-Auguste  de  Chassarel,  Sgr  de 
Roger  et  de  la  Beylie,  marié  en  1736  à  M"*'  de  Bézenat,  et  l'ainé  de 
ses  trois  fds,  Jean-François,  chevalier  de  Saint-Louis,  prirent  part  en 
1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Périsucux. 


74  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

La  famille  de  Chassarel  était  encore  représentée  en  1906  par  la 
vicomtesse  d'Anglars,  née  Chassarel. 

Elle  avait  fourni  de  nombreux  officiers,  des  chevaliers  de  Saint- 
Louis,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Saint-Astier,  de  Constantin  1733,  de 
Montozon  1763,  de  Beaumont  du  Repaire  1692,  Adémar  lo81,  de  la 
Paye  1686,  1691,  d'Escatha,  de  Beaupoil,  d'Anglars,  de  Cazenove  de 
Pradines  1639,  du  Cheyron  1634,  du  Carreau,  etc. 

CHASSAY(des  Roches  de).  Voyez  :  Roches  de  Chassay  (des). 

CHASSE  de  VÉRIGNY  (de  la).  Armes  (d'après  l'Annuaire  héraldique 
universel  1899-1900)  :  de  sable  à  une  croix  fleurdelisée  d'argent 
cantonnée  de  quatre  coquilles  d'or. 

Cette  famille,  sur  laquelle  on  n  a  pu  se  procurer  que  des  rensei- 
gnements insuffisants,  paraît  être  originaire  de  Vézelay,  en  Bourgogne. 

Une  famille  de  la  Chasse  occupait  dès  le  moyen  âge  un  rang  dis- 
tingué dans  la  bourgeoisie  de  cette  ville.  Aubert  de  la  Chasse  fut 
abbé  de  Vézelay  dans  la  seconde  moitié  du  xv*  siècle.  Un  autre  Aubert 
de  la  Chasse,  notable  habitant  de  Vézelay,  fut  pendu  par  les  protes- 
tants lors  du  siège  de  la  ville  par  les  catholiques  en  1569. 

Un  tableau  généalogique  très  succinct,  conservé  dans  les  Dossiers 
bleus,  mentionne  que  Claude  de  la  Chasse,  écuycr,  sieur  de  Romery, 
marié  à  Anne  Lamy,  fut  père  d'Antoine  de  la  Chasse,  écuyer,  sieur 
de  Romery,  marié  le  12  février  1669  à  Marie  Legrct.  Celui-ci  fut  grand- 
père  de  M.  de  la  Chasse,  capitaine  général  garde-côte  de  l'île  d'Oiéron. 

Nicolas  de  la  Chasse,  chanoine  de  l'église  cathédrale  de  Troyes, 
et  Gabriel  de  la  Chasse,  avocat  du  Roi  au  bailliage  de  Troyes,  firent 
enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  Le  premier  por- 
tait :  d'azicrà  trois  pommes  de  pin  d'or.  Le  second  portail  :  A' azur  à 
une  chasse  d'or. 

La  famille  de  la  Chasse  s'agrégea  à  la  noblesse  ou  fut  anoblie  par 
charges  au  cours  du  xviii*  siècle.  M.  de  la  Chasse  de  Vérigny  prit  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Auxerre. 

Le  général  de  la  Chasse  de  Vérigny  fut  tué  aux  côtés  de  Louis-Phi- 
lippe, lors  de  l'explosion  de  la  machine  infernale  de  Fieschi.  Il  était 
connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Vérigny.  Sa  veuve  mourut  en  1865, 
à  l'âge  de  6o  ans,  à  Esladens  (Haute-Garonne).  Le  marquis  de  la 
Chasse  de  Vérigny,  lieutenant-colonel  en  retraite,  est  décédé  à 
Trouville  en  1898  à  l'âge  de  69  ans. 

La  famille  paraît  être  aujourd'hui  éteinte. 

CHASSELOUP  de  CHATILLON  et  de  la  MOTHE.  Armes  :  de  sinople  à 


DICTIONNAIUE     Di:S    FAMILLES    FRANÇAISES  75 

deux  chiens  d'argent  et  à  un  lion  d'or.  —  Aliàs  :  à'azur  à  une  fasce 
d'argent  accompagnée  de  trois  tours  de  même,  2  et  1 . 

Le  nom  de  Ciiassel((Up,  assez  répandu  en  Poitou  cl  en  Saintonge, 
est  acluellement  porté  dans  l'ouest  de  la  France  par  deux  familles 
distinguées  qu'il  importe  de  ne  pas  confondre. 

Celle  de  ces  familles  qui  donne  lieu  à  la  présente  notice  est  origi- 
naire de  la  petite  ville  d'Angles,  en  Poitou,  oi^i  elle  était  honorable- 
ment connue  dans  la  bourgeoisie  dès  le  xvii'=  siècle.  Elle  est  vraisem- 
blablement la  môme  que  celle  d'un  Jean  Chasseloup,  apothicaire  à 
Montmorillon,  qui  Ht  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général 
de  1696  :  d'azur  à  trois  tours  d'argent.  Beauchet-Filleau  a  donné  une 
généalogie  complète  des  Chasseloup  du  Poitou  dans  son  Dictionnaire 
historique  et  généalogique  des  familles  du  Poitou.  François  Chasse- 
loup, sieur  de  la  Martinière,  notaire  royal  à  Angles,  auquel  cet 
auteur  fait  remonter  la  fdiation,'  est  rappelé  comme  défunt  dans  un 
acte  du  i2l  juin  1693.  Il  fut  père  de  Jean  Chasseloup,  sieur  de  la 
Marlinière,  notaire  royal  à  Angles,  qui  mourut  le  22  janvier  1731,  et 
grand-père  d'Antoine  Chasseloup,  sieur  de  la  Martinière  et  de  Beau- 
jeu,  procureur  de  la  baronnie  d'Angles,  qui  épousa  en  1714  Made- 
leine Moreau.  Celui-ci  laissa  plusieurs  lils.L'aînéde  ces  fds,  Jacques- 
François  Chasseloup,  sieur  de  la  Martinière,  baptisé  à  Angles  en  1724, 
avocat  dans  cette  ville,  eut  plusieurs  fds  que  l'on  croit  être  morts 
sans  postérité.  Deux  autres,  Augustin-André  Chasseloup,  sieur  de 
Chatillon,  baptisé  en  1727,  sénéchal  de  la  baronnie  d'Angles,  puis 
porte-manteau  du  Roi  en  sa  Grande  Écurie,  et  Jacques-Paul  Chasse- 
loup, sieur  de  Chatillon,  notaire  apostolique  è  Angles,  furent  les 
auteurs  de  deux  branches. 

La  branche  aînée,  connue  sous  le  nom  de  Chasseloup  de  Chatillon, 
est  demeurée  non  noble.  Elle  compte  encore  de  nombreux  représen- 
tants. 

La  branche  cadette,  connue  sous  le  nom  de  Chasseloup  de  la 
MoTHE,  est  aujourd'hui  éteinte.  Son  dernier  représentant  mâle, 
Charles-Louis  Chasseloup  de  la  Mothe,  né  à  Castres  en  1792,  capi- 
taine d'état-major,  chevalier  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  à  Paris 
en  1860,  avait  épousé  M'"^  de  Tisseuil,  née  en  1807,  décédéc  en  1882. 
Le  père  de  celle-ci,  Mathieu  de  Tisseuil,  décédé  à  Paris  en  1844, 
avait  reçu  le  titre  héréditaire  de  vicomte,  sur  institution  d'un  ma- 
jorât en  rentes  sur  l'État,  par  lettres  patentes  du  roi  Charles  X  du 
6  juillet  1826,  avec  autorisation  de  le  transmettre  à  son  gendre. 
Celui-ci  ne  laissa  que  deux  tilles  dontl'aînée,  Marie,  décédée  en  1894, 
fut  chanoinesse  de  Sainte-Anne  de  Bavière  et  dont  la  seconde, 
Berthe,  entra  en  religion. 


76  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

La  famille  Chasseloup  de  Chatillon  et  de  la  Mothe  a  fourni  de 
nombreux  officiers  de  terre  et  de  mer,  des  membres  de  la  Légion 
d'honneur,  etc. 

Principales  alliances  :  Boutillier  du  Retail  1845,  Palustre  de  Mon- 
lifaut  1881,  Piet  de  Lestrade  1889,  d'Ambert  de  la  Tourelle  4890, 
de  Boissieu  1892,  de  Tisseuil,  etc. 

CHASSELOUP-LAUBAT  (de)  et  CHASSELOUP  de  CHAUVASSAIGNES. 
Armes  delà  branche  des  marquis  de  Chasseloup-Laubat  (d'après  le 
règlement  d'armoiries  du  20  décembre  1817)  :  écarlelé  :  au  1  d'azur 
à  une  épée  d'argent  garnie  d'or  ;  au  2  de  gueules  à  une  fasce  d'ar- 
gent et  à  un  lion  d'or  brochant  sur  la  fasce;  au  'à  de  gueules  à  une 
barre  d'or  accompagnée  en  chef  d'une  cuirasse  d'argent  et  en  pointe 
d'un  casque  taré  de  profil  du  même  ;  au  4  d'azur  à  la  fasce  d'ar- 
gent chargée  d'un  léopard  de  sable  et  accompagnée  de  trois  écussons 
d'or.  —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Supports  :  U7i  lion  et  un  léopard 
lionne. 

Celle  seconde  lamille  Chasselodp,  bien  distincte  de  celle  à  la- 
quelle a  été  consacrée  la  précédente  notice,  appartenait  avant  la  Ré- 
volution à  la  haute  bourgeoisie  de  la  Saintongc.  On  trouvera  sur  elle 
d'intéressants  renseignements  dans  la  Revue  de  Saintonge  et  d'Aunis 
(année  1896j  et  dans  la  France  protestante  de  Ilaag.  D'après  ce 
dernier  ouvrage,  la  filiation  suivie  remonterait  à  Jean  Chasseloup  qui 
avait  épousé  Elise  Mellon  et  qui  était  procureur  au  siège  de  Saintes 
dans  la  première  moitié  du  xvi'^  siècle.  Loys  Chasseloup,  procureur 
à  Saintes,  fils  du  précédent,  épousa  Marie  Montel  et  lit  son  testa- 
ment en  1592  ;  il  avait  été  condamné  à  mort  comme  religionnaire  en 
1569.  Il  fut  père  de  Daniel  Chasseloup,  qui  épousa  sa  cousine  Jeanne 
Mellon,  et  grand-père  de  Nathaniel  Chasseloup,  né  en  1613,  avocat 
aux  Parlements  de  Paris  et  de  Bordeaux,  qui  épousa  en  1641  Jeanne 
Esneau  de  la  Classe  et  qui  mourut  en  1667.  Ce  Nathaniel  Chasseloup 
prit  le  premier  la  qualification  de  sieur  de  Laubat,  du  nom  d'un 
domaine  qu'il  possédait  dans  la  paroisse  de  Saint-Sulpice  de  Royan. 
Son  fils,  autre  Xalhaniel  Chasseloup,  sieur  de  Laubat,  lieutenant- 
colonel,  gouverneur  des  ville  et  château  de  Monaco,  décédé  en  1722, 
avait  épousé  en  1707  Marie-Salomé  Greisel  de  Stamberg.  Il  en  eut 
deux  fils,  Jean-Nathaniel  et  François,  qui  furent  les  auteurs  de  deux 
branches. 

Jean-Nathaniel  Chasseloup  de  Laubat,  né  en  1711,  auteur  de  la 
branche  aînée,  fut  capitaine  au  régiment  de  Brancas  et  chevalier  de 
Saint-Louis  et  épousa  Marie-Madeleine  de  Richier  ;  sa  descendance, 
demeurée  non  noble,  s'esthonorablement  perpétuée  jusqu'à  nos  jours. 


Dir/riONNAIHF.     DF.S    PAiMILLKS     FHANÇAISKS  77 

L'auteur  de  la  deuxième  branche,  François-Louis  Chasseloup  de 
Laubat,  fut  capitaine  général  du  guet  et  de  la  capitainerie  des  gardes 
des  côtes  de  Marcnnes  ;  il  épousa  en  1739  Marguerite  Couyer  du 
Pallus,  dame  de  Toucheronde.  Leur  (ils,  François-Louis  de  Chasseloup- 
Laubat,  né  en  1754  à  Toucheronde,  dans  la  paroisse  de  Saint-Sernin, 
était  oflicier  d'artillerie  à  l'époque  de  la  Révolution.  Il  fut  nommé 
général  de  brigade  en  1797,  général  de  division  en  1799,  comman- 
deur de  la  Légion  d'honneur,  lut  appelé  au  Conseil  d'Etat  en  1811, 
puis  au  Sénat  en  1813,  vota  la  déchéance  de  Napoléon  P',  devint 
pair  de  France  héréditaire  sous  la  Restauration,  prêta  serment  à 
Louis-Philippe  et  mourut  à  Paris  en  1833.  Chasseloup-Laubat  avait 
été  créé  comte  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  7  juin  1808;  il 
reçut  le  titre  de  marquis-pair  héréditaire,  sans  institution  de  ma- 
jorât, par  ordonnance  du  roi  Louis  XVIII  du  31  août  1817,  confir- 
mée par  lettres  patentes  du  même  prince  du  20  décembre  1817. 
Il  avait  épousé  en  1797  M"«  Fresneau.  Il  en  eut  une  fille,  la  baronne 
deBernon,  et  trois  fils.  L'aîné  de  ces  fils,  Gaston,  marquis  do  Chasse- 
loup-Laubat, député  de  la  Seine-Inférieure,  ministre  plénipotentiaire, 
commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  mourut  sans  postérité  en  1845. 
Le  second ,  Justin-Prudent,  comte,  puis  marquis  de  Ciiasseloup-Laubat, 
général  de  division,  grand  officier  de  la  Légion  d'honneur,  mourut 
en  1863  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage  avec  M"'  de  Buis- 
seret,  qui  se  remaria  au  marquis  d'Armaillé.  Le  troisième,  Prosper, 
né  en  1805,  devenu  marquis  de  Chasseloup-Laubat  après  la  mort  de 
ses  frères,  décédé  en  1873,  fut  député  de  la  Charente-Inférieure, 
ministre  de  la  Marine  et  sénateur  du  Second  Empire.  Il  était  le  père 
du  marquis  actuel,  né  en  1803,  marié  à  M"^  Stern. 

La  famille  Chasseloup  est  encore  représentée  par  une  branche  qui 
est  connue  sous  le  nom  de  Chasseloup  de  Chauvassaignes.  Cette 
branche,  assez  obscure,  est  demeurée  non  noble. 

Principales  alliances  :  de  Bernon,  de  Buisseret,  d'Ille  de  Beauchaine, 
de  Laage  de  Luchet  vers  1760,  etc. 

CHASSEPOT  de  BEAUMONT,  de  CHAPELAINE  etde  PISSY  (de).  Armes  : 
d'azur  à  une  fasce  ondée  d'or,  acco7npagnée  de  trois  roses  (aliàs  de 
trois  quinte  feuilles)  du  même:  —  La  famille  de  Chassepot  écartèle 
souvent  ses  armes  des  suivantes  :  d'azur  à  un  chevron  d'or  accom- 
pagné en  chef  de  deux  étoiles  de  même  et  en  pointe  d'un  croissant 
d'argent  surmonté  d'une  tête  de  chérubin  de  même.  —  Couronne  :  de 
Marquis.  —  Devise  :  Semper  vigil. 

La  famille  de  Chassepot,  aujourd'hui  [[xéa  en  Picardie,  est  originaire 
de  la  Bourgogne  où  elle  portait  primitivement  le  nom  de  Chacipol. 


78  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

On  en  trouvera  une  généalogie  dans  les  manuscrits  de  Chérin.  Louis 
Chassepot,  marié  vers  1600  à  Jacqueline  Joly,  fut  conseiller  et  pro- 
cureur du  Roi  au  bailliage  de  Chalon-sur-Saône.  Il  possédait  dans 
les  environs  de  cette  ville  les  seigneuries  dUchizy  et  de  Beaumont- 
sur-Grosne  qui  après  sa  mort  passèrent  à  son  fils,  François  Chas- 
sepot. Celui-ci  épousa  Charlotte  de  Langrat  par  contrat  du  28  no- 
vembre 1632.  Il  fut  dans  la  suite  conseiller  du  Roi  en  ses  Conseils 
d'Etat  et  privé  et  trésorier  général  de  la  maison  et  des  revenus  casuels 
de  Sa  Majesté  et  fut  anobli  par  ses  charges.  Il  laissa  plusieurs  fils 
dont  les  deux  aînés,  François-Jean  et  Adam-Antoine,  furent  les 
auteurs  de  deux  branches  et  dont  un  troisième,  Charles,  décédé  sans 
postérité,  lut  maître  d'hôtel  de  la  Reine. 

La  branche  aînée  est  aujourd'hui  éteinte.  Son  auteur,  François- 
Jean  Chassepot,  fut  seigneur  de  Beaumont  et  de  Menucourt,  fut  reçu 
en  4675  conseiller  au  Parlement  de  Paris  et  épousa  par  contrat 
du  8  janvier  1679  Marie  Hénault,  fille  d'un  avocat  au  Parlement,  Son 
fils,  Pierre  Chassepot  de  Beaumont,  reçu  en  1712  conseiller  en  la 
Cour  des  aides,  épousa  en  171o  Jeanne  de  la  Michodière.  Il  en  eut 
quatre  fils  dont  l'un,  Jean-Pierre  de  Chassepot  de  Beaumont,  con- 
seiller en  la  Cour  des  aides  de  Paris,  gouverneur  d'Elbcuf,  épousa 
en  1769  Thérèse  Bricault  de  la  Chesnaye  et  dont  les  trois  autres 
demeurèrent  célibataires.  Jean-Pierre  eut  lui-même  deux  fils  : 
François-Pierre,  né  en  1770,  et  Abraham-Louis,  né  en  1772. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Adam-Antoine,  baptisé  en  1652  à 
Saint-Germain  l'Auxerrois,  à  Paris,  fut  conseiller  à  la  Cour  des  aides 
de  cette  ville  ;  il  fut  nommé  en  1691  président  en  ladite  Cour,  puis 
conseiller  du  Roi  en  ses  Conseils.  Il  avait  épousé  Marguerite  Fraguier 
par  contrat  du  3  août  1682.  Leur  fils,  Jean-François  de  Chassepot 
de  Beaumont,  né  le  20  mars  1687,  officier  aux  gardes  françaises, 
puis  capitaine  chef  du  vol  du  héron  de  la  grande  fauconnerie  de 
France,  épousa  le  24  janvier  1735  Marie-Geneviève  de  Saisseval, 
issue  d'une  des  plus  anciennes  familles  de  la  noblesse  de  Picardie 
et  héritière  de  la  terre  importante  de  Pissy  que  sa  descendance 
possède  encore  dans  les  environs  d'Amiens.  Il  laissa  un  fils,  Jean- 
François  de  Chassepot  de  Beaumont,  né  au  château  de  Pissy  en  1736, 
officier  de  cavalerie,  qui  fut  connu  le  premier  sous  le  titre  de  mar- 
quis de  Pissy  et  qui  épousa  en  1769  Aimée  de  Bourdin,  héritière 
de  la  terre  de  Chapelaine,  en  Champagne.  Celui-ci  laissa  quatre  fils  : 
1°  Aimé-François  Chassepot  de  Chapelaine,  préfet  de  l'Ariège, 
décédé  sans  alliance  en  1848,  qui  fut  créé  baron  de  l'Empire  par 
décret  impérial  non  suivi  de  lettres  patentes;  2"*  Adam-Gustave  de 
Chassepot  d  Avelesges,  né   à  Pissy  en  1772,  chevalier  de  Malte 


Dir/riONNAIUM     DRS     FAMFLLKS     FRANÇAISRS  79 

en  1774,  maréchal  de  cami)  en  1826,  décédé  à  Amiens  en  1837, 
qui  épousa  ]\I"=  de  Gomer  et  donl  la  descendance  masculine  est  au- 
jourd'hui éteinte  ;  3"  Gabriel-Camille  de  Chassepot  de  Beaumont,  né 
en  1775,  chevalier  de  Malle  en  1778,  colonel  d'infanterie,  décédé  au 
château  de  Pissy  en  1845,  dont  la  descendance  masculine  est  aujour- 
d'hui éteinte;  4°  François-ïimoléon  de  Chassepot  de  Pissy,  né  à 
Pissy  en  1778,  chevalier  de  Malte  en  1781,  lieutenant-colonel,  décédé 
àPorto-Rico  en  1837,  qui  fut  créé  baron  de  l'Empire,  sur  institution 
de  majorât,  par  lettres  patentes  du  18  juin  1813,  puis  marquis  héré- 
ditaire par  nouvelles  lettres  du  11  septembre  1820.  Le  plus  jeune  de 
ces  quatre  frères  avait  épousé  en  1799  M"'=  Boucquel  de  la  Comté, 
décédée  à  Amiens  en  1848.  Il  en  laissa  une  fille,  la  duchesse  de  Crillon- 
Mahon,  et  un  fîls,  Adalbert-Charles,  marquis  de  Chassepot  de  Pissy, 
né  à  Amiens  en  1805,  qui  épousa  en  1839  la  marquise  de  Beauvoir, 
née  Froissard,  et  dont  la  descendance  subsiste. 

Principales  alliances  :  Hénault  1679,  de  la  Michodière  1715,  de 
Fraguier  1682,  de  Saisseval  1735,  Bourdin  de  Villaine  1769,  de  Cou- 
ronnel  1774,  de  Gomer,  de  Vergnette,  de  Goujon  de  Thuisy,  de 
Chateaubriand  1909,  Boucquel  de  la  Comté  1799,  de  Berton  des 
Balbes  de  Crillon-Mahon  1826,  de  Froissard  1839,  1902,  de  Clcrmont- 
Tonnerre  1865,  etc. 

CHASSÉRIAU.  Armes  anciennes  (d'après  l'Armoriai  général  de  1696)  : 
d'argent  à  un  chevron  de  gueules  accompagné  en  chef  de  deux  étoiles 
de  même  et  en  pointe  d\in  arbre  de  sinople.  —  Armes  concédées 
sous  le  Premier  Empire  (d'après  le  Dictionnaire  de  la  noblesse  de 
M.  de  Mailhol)  :  écartelé  :  au  1  d'or  à  un  palmier  de  sinople;  au  2 
de  gueules  à  l'épée  haute  en  pal  d'argent,  qui  est  des  barons  mili- 
taires ;  au  S  de  gueules  à  cinq  chevrons  d'or  surmontés  de  deux 
molettes  d'éperon  du  même  ;  au  4  d'argent  à  deux  étendards  l'un 
d'azur,  l'autre  de  sinople,  croisés  en  sautoir. 

La  famille  Chassériau  est  originaire  de  la  Rochelle.  Un  de  ses 
représentants,  N...  Chassériau,  notaire  royal,  fit  enregistrer  son 
blason  à  l'Armoriai  général  de  1696(registre  de  Marennes).Un  autre, 
Frédéric-Victor  Chassériau,  nommé  général  de  brigade  à  l'époque 
des  Cent-Jours,  périt,  quelques  jours  plus  tard,  à  la  bataille  de 
Waterloo.  Il  avait,  paraît-il,  été  créé  baron  de  l'Empire  par  décret 
du  3  avril  1815.  Ce  décret,  qui,  en  tout  cas,  ne  fut  pas  suivi  de 
lettres  patentes,  n'est  pas  mentionné  dans  \'Armo7'ial  du  Premier 
Empire,  pourtant  si  complet,  du  vicomte  Révérend.  Le  général  Chas- 
sériau avait  épousé,  en  1798,  M"«  Elisabeth  Ranson.  Il  en  laissa  deux 
fils  dont  l'aîné,  Arthur,  baron  Chassériau,  contrôleur  général  de  la 


80  DICTIONNAIRR     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

liste  civile  de  la  maison  de  Napoléon  III,  n'a  pas  eu  de  postérité  el 
dont  le  second,  Charles-Philippe,  baron  Chassériau,  né  en  4802, 
marié  en  1837  à  M"*  \^'arran,  en  a  eu  un  fils,  né  à  Alger  en  1850. 

A  une  branche  de  la  même  famille  appartenait  M.  Théodore  Chas- 
sériau, peintre  distingué,  né  aux  Antilles  en  1810,  décédé  en  1856. 

CHASSEVAL  fDuchemin  de)  Voyez  :  Duchemix  de  Chasseval. 

CHASSEY  (de  Buretel  de)  Voyez  :  Buretelde  Chassey  (de). 

CHASSIN  du  GUERNY  et  de  KERGOMMEAUX.  Armes  portées  par  la 
famille  :  de  gueules  à  un  lévrier  courant  d'argent,  mis  en  fasce, 
accompagné  de  trois  têtes  de  lévrier  d'or,  deux  en  chef,  une  en 
pointe.  —  Aliàs  (armes  enregistrées  à  l'Armoriai  général  de  1696  et 
aujourd'hui  tombées  en  désuétude)  :  de  sinople  à  un  sautoir  d'argent 
chargé  de  quatre  écrevisses  de  gueules. 

La  famille  Chassin  est  honorablement  connue  en  Bretagne.  Elle 
est  originaire  du  Bourbonnais  et  vint  de  ce  pays  s'établir  à  Quintin 
dans  la  première  moitié  du  xvii*  siècle  à  la  suite  de  Charlotte  do  la 
Tour,  comtesse  de  Quintin,  fille  du  duc  de  Bouillon.  M.  de  Magny 
lui  a  consacré  une  notice,  du  reste  assez  sommaire,  dans  le  lome  XV 
de  son  Nobiliaire  universel.  On  ne  lui  connaît  pas  de  principe  d'ano- 
blissement et  elle  n"a  jamais  été  lobjel  dun  jugement  de  maintenue 
de  noblesse.  Un  de  ses  membres,  Pierre  Quintin,  conseiller  du  Roi 
et  maire  de  Quintin,  fit  enregistrer  son  blason  à  lArmorial  général 
de  1696  (registre  de  Saint-Brieuc).  Un  autre,  François  Chassin  de 
la  Ville-Orhans,  décédé  en  1742,  fut  maire  de  Quintin  en  1727.  Alain 
Chassin  de  Kergommeaux  fut  échevin  de  la  même  ville  en  1778. 
Michel-Augustin  Chassin  du  Guerny,  marié  en  1770  à  Marie-Anne 
Chassin  du  Mézy,  fut  maire  de  Quintin  en  1782. 

La  famille  Chassin  est  représentée  de  nos  jours  par  deux  branches 
qui  se  distinguent  par  les  surnoms  du  Guerny  et  de  Kergommeaux. 

Elle  a  fourni  des  maires  et  des  échevins  de  Quintin,  des  officiers, 
des  membres  de  la  Légion  d'honneur. 

Principales  alliances  :  de  Roycr,  Cavelier  de  Cuverville  1893,  du 
Bouétiez  de  Kérorguen,  de  Quérangal  des  Essarts,  de  Gibon  1908, 
dTsoard-Chéncrillles  1908,  etc. 

CHASSY  (Bellon  de;  Voyez  :  Bellox  de  Chas.^v. 

CHASTANET  fSalel  de)  Voyez  :  Salelde  Chastanet. 

CHASTE   des    GALLERANDS   (ou  de  GALLERAND)     Armes  (d'après 


DIC.TIONNAIRR     MRS     FAMILI,F.S     FRANÇVISF.S  81 

TArmorial  général  do  1C9G)  :  de  gueules  à  une  colombe  d'arrjenl,  au 
chef  cousu  d'azur  chargé  de  trois  étoiles  d'or. 

Famille  de  haute  bourg'ooisie  originaire  du  Vieimois.  Jacques 
Chast(\  conseiller  et  procureur  du  Roi  en  la  sénéchaussée  de  Crest, 
lit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  M.  Chaste 
des  Gallerands  était  en  1781  procureur  du  Roi  à  Crest,  en  Dauphiné. 

CHASTEAU  (de)  Armes  :  de  gueules  à  un  château  d'or,  posé  sur  une 
terrasse  de  sable,  maçonné  et  crénelé  du  mêyne,  ajouré  du  champ, 
accompagné  en  chef  d'un  croissant  d'argent  et  séneslré  d'une 
étoile  du  même.  —  Couronne  :  de  Comte.  ~  Supports  :  deux  griffons. 
La  famille  de  Cuastkau,  éteinte  dans  les  mfdes  en  1875,  était  hono- 
rablement connue  en  Bordelais.  O'Gilvy  en  a  donné  une  généalogie 
dans  le  premier  volume  de  son  Nobiliaire  de  Guienne  et  de  Gascogne. 
Son  auteur,  monsieur  René  Chasteau,  originaire  d'Aunis,  vint  se 
fixer  à  la  Martinique  au  cours  du  xvii''  siècle,  y  fut  enseigne  des  milices 
de  la  paroisse  Saint-Étienne  et  y  mourut  le  30  octobre  1689.  Il  fut 
père  de  monsieur  René  Chasteau,  qui  mourut  à  la  ^ilartinique  le  20  jan- 
vier 1750,  et  grand-père  de  Jean-René  de  Chasteau,  officier  d'infan- 
terie, marié  à  Catherine  du  Myrat,  qui  vint  se  fixer  à  Barsac,  en  Bor- 
delais, et  qui  se  fit  recevoir  bourgeois  de  Bordeaux  le  26  août  1765. 
La  famille  de  Chasteau  n'a  pas  été  représentée  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  de  Guienne.  On  ne  lui  connaît,  du  reste,  pas  de 
principe  d'anoblissement.  Ses  membres  n'en  figurent  pas  moins  avec 
la  qualification  d'écuyer  dans  un  certain  nombre  d'actes  de  la  seconde 
moitié  du  xviir«  siècle.  Elle  s'est  éteinte  en  la  personne  de  M.  Edme- 
Baptiste  de  Chasteau,  né  à  Bordeaux  en  1787,  chargé  d'affaires  et 
consul  général  au  Maroc,  commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  décédé 
en  1875,  qui,  de  son  mariage  en  1819  avec  la  comtesse  Mathilde  de 
Maltzan,  d'une  famille  noble  de  Silésie,  n'a  laissé  que  trois  filles, 
^mes  Pj^pjj^  Rochas  et  Bodin. 

CHASTEIGNER,  ou  CHATEIGNER,  (de),  en  Bas-Poitou.  Voyez  :  Chatei- 
GNER  (de). 

CHASTEIGNER,  ouCASTAIGNER,  ou  CASTEIGNER,  (de).  Voyez  :  Cas- 

TA^NER  (de). 

CHASTEIGNER  de  la  ROCHEPOZAY  (de).  Armes  :  d'or  à  un  lion  pas- 
sant de  sinople,  armé  et  lampassé  de  gueules.  —  Couronne  :  de 
Marquis.  —  Tenants  :  deux  sauvages  de  carnation  appuyés  sur  leurs 
massues  et  ceints  de  feuillage  de  sinople.  —  Cimier  :  un  lion  issant 

X.  fi 


82  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

de  sinople,  armé  et  lampassé  de  gueules.  —  Devise  :  Atavis  et  armis. 

Chérin,  généalogiste  des  Ordres  du  Roi,  chargé  d'examiner  les 
preuves  de  noblesse  qu'un  membre  de  la  maison  de  Chasteigner  fit 
au  xyiii"^  siècle  dans  le  but  d'être  admis  aux  honneurs  de  la  Cour, 
envoya,  en  1775,  un  rapportqui  commence  en  ces  termes  :  «La  maison 
«  de  Chasteigner,  en  Poitou,  est  également  recommandable  par  son 
«  ancienneté  remontée  à  plusdesixcentsans,par  ses  grandes  posses- 
«  sions,  ses  services  militaires,  ses  gradeset  sesalliances.Lecélèbre 
«  André  du  Chesne  en  a  composé  et  publié  la  généalogie  en  1634...  » 
Le  travail  de  du  Chesne  fut  continué  par  Clabault  dans  la  seconde 
moitié  du  xviii^  siècle.  Il  existe,  en  outre,  sur  les  Chasteigner  de  volu- 
mineux dossiers  dans  les  divers  recueils  de  manuscrits  du  Cabinet 
des  Titres.  On  trouvera  enfin  des  généalogies  très  complètes  de  la 
maison  de  Chasteigner  dans  les  ouvrages  de  la  Chesnaye  des  Bois, 
de  Beauchet-Fillcau,  etc. 

La  maison  de  Chasteigner  a  pour  premier  auteur  connu  un  Gilbert 
Castanet  qui  est  nommé  dans  une  charte  de  l'abbaye  de  Bourgueil, 
d'environ  1060,  relative  au  prieuré  de  Chateaufort,  près  de  Paris.  C'est 
à  ce  Gilbert  Castanet  que  Duchesne  fait  remonter  la  filiation.  Mais 
les  premiers  degrés  de  son  travail  ne  s'appuient  que  sur  des  pré- 
somptions. Foucauld  Chasteigner,  fils  présumé  de  Gilbert,  est  nommé 
avec  ses  fils,  Hélie,  Arnaud  et  Pierre,  dans  une  charte  de  1115  rela- 
tive à  la  fondation  de  l'abbaye  de  Ligneux,  en  Périgord.  On  attribue 
à  llélic  Chasteigner,  l'aîné  de  ces  trois  frères,  plusieurs  fils  dont 
l'un,  Thibaut,  continua  la  descendance  et  dont  un  autre,  Pierre, 
est  regardé  comme  l'auteur  de  la  famille  de  Castaigner,  du  Quercy, 
encore  existante.  Thibaut  Chasteigner  paraît  avoir  donné  son  nom 
à  la  terre  considérable  de  la  Chasleigneraie,  située  près  de  Vouvent, 
en  Bas-Poitou  ;  il  est  qualifié  seigneur  de  cette  terre  dans  un  acte 
de  1140.  On  lui  attribue  au  moins  trois  lils  :  l*'  Thibaut,  Sgr  de  la 
Chasteigncraic,  dont  la  descendance  s'éteignit  au  wv'^  siècle;  i"  Jean, 
également  Sgr  de  la  Chasteigneraie,  dont  il  sera  parlé  plus  bas  ; 
3°  Guillaume,  chevalier,  Sgr  du  Breuil  de  Challans,  auteur  d'une 
branche  dont  le  dernier  rameau  s'éteignit  dans  la  première  moitié 
du  XVII*  siècle. 

On  ne  peut  rattacher  à  la  souche  ni  un  Barthélémy  Chasteigner,  qui 
prit  part  à  la  deuxième  croisade,  ni  un  Thibaut  Chasteigner  qui  prit 
part  à  la  septième  croisade  et  qui  est  mentionné  dans  un  acte  passé 
à  Acre  en  1250.  Le  nom  de  ce  dernier  gentilhomme  a  été  inscrit  aux 
salles  des  Croisades  du  musée  de  Versailles  avec  les  armes  de  la 
maison  de  Chasteigner. 

Jean  Chasteigner,  Sgr  de  la  Chasteigneraie,  second  fils  de  Thibaut, 


DK.TIONNAIRK     DES     FAMII.I.KS     FRANÇAISES  83 

ligiiro  avoc  la  (jualilicalioii  de»  cliovalicr  dans  un  acte  de  1207.  Il  avait 
épousé  Ai'seul,  dame  de  Uéauinur,  qui  est  nommée  avec  lui  dans  des 
titres  de  1:220. 11  fut  père,  ou  grand-père,  d'un  Gilbert  Chastcigner,  Sgr 
de  la  Chasloig-neraie,  qui  épousa  après  1271  Jeanne  l'arrabin,  dame 
de  Saint-G(>org-es-(le-Re.\',  et  qui  (^st  rappelé  comme  défunt  dans  un 
acte  passé  le  mercredi  après  l'Ilpiphanic  de  l'année  1318.  Ce  Gilbert 
Chasteigner,  à  partir  duquel  la  libation  est  très  nettement  établie,  doit 
vraisemblablement  èlre  identillé  avec  un  Gilbert  Cliasteigner  qui  suivit 
saint  Louis  en  Egypte  et  qui  se  trouvait  à  Damiette  en  1249.  Son  fils, 
Simon  Cbasleigner,  varlet,  Sgr  de  la  Melleraye  et  de  Saint-Georges-de- 
Rex,  lut  père  de  Jean  Cliasteigner,  cbevalier,  Sgr  des  mêmes  terres, 
demeui'ant  à  la  Rochelle,  décédé  avant  le  17  mai  1384,  qui  épousa 
Isabeau  tle  Gourville,  dame  du  Lindois,  et  qui  continua  la  descen- 
dance, et  de  Simon  Chasteigner,  Sgr  de  Réaumur,  dont  la  postérité 
s'éteignit  dans  la  seconde  moitié  du  .kvi''  siècle.  Hélie  Chasteigner, 
chevalier,  Sgr  de  Saint-Georges-de-Rex  et  autres  lieux,  bis  de  Jean  et 
d'Isabeau  de  Gourville,  épousa,  avant  1377,  Philippe  de  la  Roche- 
Faton,  damedudit  lieu  et  de  la  Motte-Roisragon,  qui  fit  son  testament 
le  17  février  1 423.  Il  en  eut,  entre  autres  enfants,  deux  fils  :  1°  Geoffroy, 
qui  continua  la  descendance  ;  2°  Hélie,  Sgr  de  la  Vergne-Samoyau, 
qui  épousa  en  1429  Marie  Rouschet,  dame  d'Avaux,  et  dont  la  pos- 
térité s'éteignit  en  la  personne  de  ses  arrière-petits-fils.   Geoffroy 
Chasteigner,   chevalier,  Sgr  de  Saint-Georges-de-Rex,  de  la  Salle 
d'Aistré,  etc.,  mourut  le  29  octobre  1424.  Il  avait  épousé,  vers  1410, 
Louise  de  Preuilly  qui  lui  apporta  la  terre  considérable  de  la  Roche- 
pozay  et  qui  se  remaria  le  18  août  1432  à  Louis  Ronnenfant,  chevalier, 
Sgr  des  Vaux,  chambellan  du  roi  Charles  VII.   Il   en  laissa,  entre 
autres  enfants,  deux  fils  :  1°  Pierre  Chasteigner,    chevalier,  Sgr  de 
la  Rochepozay  et  de  Saint-Ceorges-de-Rex,  qui  épousa  Jeanne  de 
Varèze  par  contrat  du  20  mars  1443  et  qui  continua  la  lignée  ;  2°  Jac- 
ques Chasteigner,  chevalier,  Sgr  d'Yzeure,  qui  épousa  avant  1465 
Jeanne  Guérinet  et  dont  la  postérité  s'éteignit  avec  Charles  Chastei- 
gner, Sgr  de  la  Gabillière,  né  le  31  août  1663.  Guy  Chasteigner,  che- 
valier, Sgr  de  la  Rochepozay,  de  Saint-Georges-de-Rex,  delaRoche- 
fatoR,  etc.,  fils  de  Pierre  et  de  Jeanne  de  Varèze,  marié  par  contrat 
du  14  février  1480  à  Madeleine  du  Puy,  fille  du  baron  de  Rellefaye, 
fut  chambellan  des  rois  Louis  XI  et  Charles  VIII,  servit  utilement  ces 
princes  tant  à  la  guerre  que  dans  plusieurs  missions  importantes  et  fut 
commis  par  le  premier  d'entre  eux  pour  conduire  en  Italie  les  gen- 
tilshommes de  Touraine  qui  restèrent  sous  sa  garde  pendant  toute  la 
durée  de  la  guerre.  Deux  de  ses  fils,  Jean   et  Godefroy,  furent  les 
auteurs  de  deux  grandes  branches. 


84  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

La  branche  aînée  est  aujourd'hui  jéteinte.  Son  auteur,  Jean  Chas- 
teigner,  Sgr  de  la  Rochepozay,  Saint-Georges-de-Rex,  etc.,  marié 
le  20  juin  1519  à  Claude  de  Monléon,  jouit  d'un  grand  crédit  auprès 
des  rois  François  I*""  et  Henri  II  ;  il  fut  chambellan,  maître  d'hôtel  ordi- 
naire et  gentilhomme  ordinaire  de  la  chambre  de  ces  deux  princes, 
reçut  au  siège  de  Pavie,  en  1524,  un  coup  de  mousquet  dont  il 
demeura  boiteux  toute  sa  vie,  fut  nommé  en  1533  grand  maître  des 
eaux  et  forêts  du  Bourbonnais,  fit  l'office  de  maître  des  cérémonies 
aux  obsèques  du  roi  François  I",  obtint  du  roi  Charles  IX  en  1565  le 
cordon  de  Saint-Michel  et  mourut  cette  môme  année.  11  avait  eu  un 
fils  naturel,  Claude  de  la  Rochepozay,  chevalier  de  Rhodes,  qui 
devint  grand  prieur  de  Capoue,  en  Italie,  qui  se  maria  dans  ce  pays 
et  qui  laissa  postérité.  Il  eut  aussi  plusieurs  fils  légitimes.  L'un  de 
ceux-ci,  Roch,  échanson,  puis  chambellan  des  rois  François  II  et 
Charles  IX,  périt  au  siège  de  Bourges  à  l'âge  de  35  ans  ;  Ronsard  a 
consacré  un  poème  à  sa  mémoire.  Un  autre,  Antoine,  né  en  1530. 
tué  en  1552  au  siège  de  Thérouanne,  a  laissé  un  livre  de  poésies  con- 
sacré à  la  louange  des  Français  qui  combattaient  en  Italie.  Deux, 
enlin,  Louis  et  Jean,  furent  les  auteurs  des  deux  rameaux  de  cette 
branche. 

L'auteur  du  premier  de  ces  rameaux,  Louis  Chasteigner,  Sgr  de  la 
Roche-Pozay,  baron  de  Preuilly,  etc.,  fut,  lui  aussi,  un  puissant  per- 
sonnage. Connu  du  vivant  de  son  père  et  de  ses  frères  aînés  sous  le 
nom  de  M.  d'Abain,  il  s'illustra  par  son  courage  dans  plusieurs  batailles, 
particulièrement  à  celles  de  Saint-Denis  et  de  Jarnac,  fut  conseiller  du 
Roi  en  ses  Conseils  d'État  et  privé,  chevalier  de  ses  Ordres,  gouver- 
neur et  lieutenant  général  de  la  Marche,  accompagna  le  duc  d  Anjou 
en  Pologne,  fut  pendant  cinq  ans  ambassadeur  auprès  du  Saint-Siège 
et  mourut  à  Moulins  en  1595.  Un  de  ses  lils  fut  nommé  évoque  de 
Poitiers  en  IGl  l.  Un  autre,  Jean  Chasteigner,  né  en  1571,  connu  sous 
le  titre  de  baron  de  Preuilly,  puis  sous  celui  de  baron  de  la  Roche- 
Pozay,  gouverneur  et  lieutenant  général  de  la  Marche,  remporta  plu- 
sieurs succès  sur  les  Ligueurs  et  obtint  le  grade  de  maréchal  de  <iamp. 
Ce  rameau  s'est  éteint  avec  Charles  Chasteigner,  marquis  de  la  Roche- 
Pozay,  lils  du  précédent,  député  de  la  noblesse  du  Poitou  aux  États 
généraux  de  Tours,  en  1651,  décédé  en  1667,  dont  la  fille,  morte  avant 
lui  en  1665,  avait  épousé  en  1662  le  marquis  de  Pleumartin. 

L'auteur  du  second  rameau,  Jean  Chasteigner,  Sgr  de  Saint-Georges- 
de-Rexe,  né  en  1542,  fut  maître  d'hôtel  et  gentilhomme  ordinaire  de 
la  chambre  du  Roi  et  chevalier  de  son  Ordre.  Il  fut  père  de  François 
Chasteigner,  gentilhomme  de  la  chambre  du  Roi,  chevalier  de  son 
Ordre,  conseiller  d'État,  gouverneur  de  Poitiers,  qui  obtint,  par  lettres 


DK.TIONNAIRF.     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  85 

patentes  d'août  1619,  l'érection  en  comté  depa  seigneurie  de  Chincé, 
et  grand-père  de  Roch-François  Chasteigner,  comte  de  Chincé,  plus 
connu  sous  le  titre  de  comte  de  Saint-Cicorgcs,  qui  fut  député  de  la 
nohlrsse  du  Poitou  aux  Ktals  généraux  de  Tours,  en  i6ol.  Ce  rameau 
s'éteignit  avec  le  petit-fils  de  celui-ci,  Eutrope-Alexis  Chasteigner, 
marquis  de  Saint-Georges,  décédé  en  1760,  dont  la  fille  épousa  son 
parent  Henri  Chasteigner,  Sgr  de  Rouvre. 

Godefroy  Chasteigner,  Sgr  du  Lindois  et  des  Étangs,  auteur  de  la 
seconde  branche,  épousa  Madeleine  de  Fontcnay.  Il  fut  père  de  René 
Chasteigner,  Sgr  du  Lindois,  qui  épousa  Claude  de  Salagnac  et  qui 
continua  la  descendance,  et  de  Pierre  Chasteigner,  Sgr  des  Étangs, 
en  Angoumois,  qui  épousa  en  1588  Jacquette  de  Moussy  et  dont  la 
descendance  ne  tarda  pas  à  s'éteindre.  Cette  branche  s'est  perpétuée 
jusqu'à  nos  jours  avec  beaucoup  de  distinction.  Son  chef  est  connu 
sous  le  litre  de  marquis  de  Chasteigner. 

La  maison  de  Chasteigner  avait  formé  une  troisième  branche,  celle 
des  seigneurs  de  Rouvre,  dont  le  point  de  jonction  avec  la  souche 
n'a  pu  être  exactement  déterminé. 

Ce  fut  un  représentant  de  cette  branche  qui  sollicita  au  xvui^  siècle 
la  faveur  d'être  admis  aux  honneurs  de  la  Cour.    Chérin,  chargé 
d'examiner  sa  demande,  s'exprime  en  ces  termes  dans  le  rapport 
de  177o  mentionné  plus  haut  :  «  Du  Chesne...,  après  avoir  rapporté 
«  toutes  les  branches  qui  se  réunissent  à  leur  souche  commune, 
c(  donne  comme   une  autre   branche  de  la  même  maison  les  sei- 
«  gneurs  de  Mallevaud  et  de  la  Blouère,  dont  sont  issus  les  sei- 
«  gneurs  de  Rouvre,  mais  sans  jonction   avec  les  précédentes  et 
«  depuis  l'année  1465  seulement,  et  il  fait  connaître  le  motif  de  son 
«  sentiment.    C'est,    dit-il,  que   ces  seigneurs   ont  toujours   porté 
«  le  surnom  et  les  armes  des  Chasteigner.  Le  chef  actuel  des  mêmes 
«  seigneurs  de  Rouvre  produisit,  il  y  a  près  de  quatre  ans,  ses  titres 
«  au  Cabinet  de  l'Ordre  du  Saint-Esprit  dans  le  dessein  d'être  admis 
«  aux   honneurs  de  la  Cour.   Comme  ces  titres  n'établissaient  la 
((  rUiation  dans  la  rigueur  que  depuis  l'année  1462,  on  sursit  à  la 
((  confection  du  mémoire  qu'il  demandait  jusqu'à  ce  qu'il  en  eùlrap- 
«  porté  d'autres  qui  le  remonteraient  à  l'époque  de  1400  prescrite  par 
«  le  règlement  du  feu  Roi  sur  la  forme  des  preuves  de  ces  honneurs 
<(  et  il  n'y  a  point  satisfait.  Quoi  qu'il  en  soit  du  sentiment  de  du  Chesne 
«  sur  1  origine  des  seigneurs  de  Mallevaud,  il  est  de  l'équité  de  re- 
«  marquer  qu'on  ne  connaît  aucun  manuscrit  qui  lui  soit  contraire, 
«  qu'il  n'est  point  affaibli  par  le  défaut  de  possessions  dans  la  per- 
«  sonne  de  Pierre  Chasteigner  qui  en  estla  tige,  puisque  l'ancienne  cou- 
«  tume  du  Poitou  réduisait  les  puînés  à  un  très  médiocre  partage. 


86  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

«  que  ce  senliment  paraît  être  établi  aujourd'hui  en  Poitou  et  qu'il  a 
a  déterminé  le  mariage  du  père  de  M.  le  marquis  de  Cliasteigner 
«  avec  riiéritière  de  la  branche  des  seigneurs  de  Sainl-Gcorges-de- 
«  Rcx,  qui  est  une  de  celles  dont  la  filiation  est  établie  par  le  même 
«  du  Chesne  depuis  le  commencement  du  xiii''  siècle.  C'est  sur  les 
«  litres  ci-dessus  énoncés  et  sur  les  manuscrits  et  imprimés  du 
«  Cabinet  de  l'Ordre  du  Saint-Esprit  quon  a  composé  l'extrait  qui 
«  suit.  L'auteur  certain  des  seigneurs  de  Mallevaud  et  de  Rouvre  est 
«  Jean,  ou  Pierre,  Chasteigner,  car  il  est  nommé  alternativement  avec 
«  ces  deux  noms,  lequel,  n'ayant  aucune  possession  de  son  chef, 
«  épousa  Jeanne  Baussay,  dame  de  Mallevaud,  dans  la  paroisse  de 
«  Clervaux.  Il  n'est  connu  que  par  des  actes  passés  après  sa  mort  dont 
«  le  plus  ancien  est  de  l'année  1465.  Mais  un  autre  de  l'année  1437 
«  apprend  que  sa  veuve  était  remariée  à  Guillaume  Maynant.  II  en 
«  avait  eu,  entre  autres  enfants,  Louis  Chasteigner,  premier  du  nom, 
«  lequ(d  porta  les  armes  pour  le  roi  Louis  XI  à  ses  propres  dépens 
«  et  fut  commis  à  la  garde  du  château  du  Coudray-Sallebœuf.  Sa  mère 
«  cl  son  beau-père  lui  tirent  donation  des  dîmes  de  Mallevaud  par 
«  acte  du  :2l  août  lUvi.  C'est  le  plus  ancien  de  ceux  qu'on  ait  sur 
«  lui...  » 

D'après  le  travail  de  Beauchel-Filleau,  Jean,  ou  Pierre,  Chas- 
teigner, marié  vers  1410  à  Jeanne  Baussay,  dame  de  Mallcvault, 
auquel  le  rapport  de  Chérin  fait  remonter  la  filiation  de  cette  branche, 
aurait  été  fils  de  Jean  Chasteigner,  écuyer  {sculifer),  demeurant  à 
Fonteniiy-le-Comle,  qui  obtint  le  24  juillet  1342  un  arrêt  du  Parle- 
ment de  Paris  et  qui  prêta  serment  au  roi  d'Angleterre  en  1361  avec 
son  parent  Jean  Chasteigner,  demeurant  à  la  Rochelle,  petit-fils  de 
Guillaume  Chasteigner,  varlet,  qui  rendit  hommage  en  1312  à  l'abbé 
de  Sainl-Maixcnt  pour  un  fief  qu  il  possédait  en  la  paroisse  d'Azay  et 
qui  obtint  avec  son  fils  en  1342  l'arrêt  du  Parlement  mentionné  plus 
haut,  et  arrière-pelit-fds  d'un  Guillaume  Chasteigner.  qui  est  cité  dans 
plusieurs  actes  de  la  tin  du  xiii^  siècle.  D'après  le  même  travail,  ce 
dernier  aurait  été  un  frère  puîné  de  Gilbert  Chasteigner,  Sgr  de  la 
Chasteigneraie,  mentionné  plus  haut,  qui  épousa  après  1271  Jeanne 
Barrabin,  dame  de  Saint-Georges-de-Rex,  et  qui  fut  l'auteur  des  deux 
premières  branches.  Louis  Chasteigner,  Sgr  de  Mallevault,  fils  de 
Jean,  aliàs  Pierre,  et  de  Jeanne  Baussay,  damede  Mallevault,  épousa 
vers  1440  Catherine  de  Saint-Aubin.  Leurs  deux  fils,  Pierre  Chastei- 
gner, Sgr  de  la  Blouère,  marié  à  Marguerite  de  Chasleauneuf,  et 
Antoine  Chasteigner,  Sgr  de  Mallevault,  marié  le  27  janvier  1494  à 
Louise  Thibaud  de  la  Carte,  furent  les  auteurs  de  deux  grands  rameaux 
dont  les  représentants  furent  maintenus  nobles,  lors  des  recherches 


DiirrioNNAUU-:   des   familles  fhançaises  87 

ordonnées  par  Louis  XIV,  par  divers  jugements  des  intendants  de 
Poitiers,  Chamillart,  Maupcou  et  Bichcbourg-.  Le  premier  rameau,  dit 
des  seigneurs  deTennessue  et  de  laBlouèrc,  s'éteignit  pendant  l'émi- 
gration, à  la  lin  du  xvni"  siècle;  son  dernier  représentant  était  connu 
sous  le  titre  de  marquis  deTennessue.  Antoine  Chastcigner,  auteur  du 
second  rameau,  fut  père  de  Geoffroy  Chasteigner,  Sgr  de  Mallcvault, 
qui  épousa  Jeanne  desFrancs,  dame  de  Rouvre,  et  grand-père  de  Louis 
Chasteigner,  Sgr  de  Mallcvault  et  de  Rouvre,  qui  épousa,  le  15  no- 
vembre 1556,  Marie  ïurpin  de  Jouhé  et  qui  mourut  en  1569  des  suites 
de  blessures  reçues  lors  du  siège  de  Poitiers  par  l'amiral  de  Coligny. 
Le  dernier  représentant  de  ce  rameau,  Alexandre-Armand,  connu 
sous  le  titre  de  marquis  de  Chasteigner,  mourut  en  1867,  survivant  à 
sa  lillc,  la  comtesse  de  Morangiés,  décédée  en  1860,  et  à  son  iils, 
Thibaud-Uoch,  décédé  en  1863,  qui  n'eut  pas  d'enfants  de  son  mariage 
en  1859  avec  M"*  de  Godefroy  de  Ménilglaise. 

La  maison  de  Chasteigner  a  fourni,  en  dehors  des  personnages 
cités  au  cours  de  cette  notice,  des  officiers  généraux,  des  écuyers, 
échansons,  chambellans,  gentilshommes  de  la  chambre,  pages  des 
rois  de  France  et  des  princes  de  leur  sang,  un  chevalier  du  Temple 
en  1309,  un  nombre  considérable  de  chevaliers  de  Saint-Jean  de  Jéru- 
salem, etc. 

Un  grand  nombre"  de  ses  membres  ont  péri  sur  différents  champs 
de  bataille.  Léonard  de  Chasteigner  de  la  Rochepozay,  baron  du 
Lindois,  né  en  1731,  aïeul  de  tous  les  représentants  actuels,  et  son 
frère,  Eutrope,  chevalier  de  Chasteigner,  né  en  1738,  furent  du  nombre 
des  victimes  de  Quiberon,  en  1795. 

Principales  alliances  :  de  la  Guerche,  de  Vivonne  1335,  d'Ar- 
chiac,  de  Liniers,  de  Saint-Gelais,  d'Appelvoisin,  de  Nuchèze  1779, 
de  Preuilly,  de  Couhé,  de  Laval  1566,  de  Schomberg  1573,  Ysoré  de 
Pleumartin  1662,  Durcot  de  la  Grève,  de  Bcssay  1594,  des  Monstiers 
de  Mérinville,  de  Vaucelles,  d'Aloigny  de  la  Groye  1657,  de  Béchil- 
lon  1700,  Chesnel  d'Fcoyeux  1709,  deMesgrigny  171:2,  deBeauroyre, 
de  Beauchamp,  de  Pons  1614,  de  Larmandie  1628,  de  Galard  de 
Béarn  1661,  1848,  d'Abzac  de  la  Douze  1635,  1872,  de  Nesmond  1656, 
de  la  Garde  de  Saigne,  de  la  Pisse  1687,  de  la  Roche-Aymon  1705, 
de  Mazières  1726,  d'Auray  de  Brie,  de  Calvimont  1774,  de  Balathier- 
Lantage'1812,  de  Roquefeuil  1855,  d'Espinay-Saint-Luc  1852,  1890,  de 
Lamberterie,  de  Moussy  1583,  Couraud  de  la  Roche-Chevreux,  de 
Bombelles  1553,  Taveau,  d'Argence  1553,  de  la  Jaille,  du  Vergier  de 
la  Rochejaquelin,  des  Francs  1542,  1597,  Jaillard,  Guichard  d'Or- 
feuille  1688, 1716,  Thibaud  de  laCarle,  Turpin  de  Jouhé  1556,  deBarbe- 
zières  1705,  Chevalleau de  Boisragon  1691 , du  Chilleau, de  Castell827, 


SS  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

de  Harville  de  Traisnel  1774,  du  Hamel  1803,  de  Molette  de  Moran- 
giés  1840,  de  Vimeur  de  Rochambcau  1843,  Foucher  des  Herbiers 
14o0,  de  Beaumonl,  deBuor,  de  Salignac  1563,  dcLcstang  1907,  etc. 

CHASTEIGNER  deBURAC  (de),  en  Vivarais.  Mêmes  armes  que  la  famille 
précédente. 

La  famille  de  Ghasteigner  de  Bdrac,  honorablement  connue  en  Vi- 
varais depuis  trois  siècles,  croyait  être  une  branche  détachée  au 
xvi^  siècle  de  la  famille  de  Castaigner  (voy.  ce  nomi,  d'ancienne 
noblesse  du  Quercy.  Celle-ci  croit  elle-même  être  une  branche  déta- 
chée au  moyen  âge  de  l'illustre  maison  de  Ciiasteigncr  de  la  Roche- 
pozay  à  laquelle  a  été  consacrée  la  précédente  notice. 

Cette  famille  est  mentionnée  dans  les  anciens  actes  sous  les  noms 
de  Chastagner,  Castanhel,  ou  Caslagnier,  tous  assez  répandus  dès  le 
moyen  âge  dans  la  région  d  Aubenas,  et  n'a  adopté  délinitivcment  le 
nom  de  Cliasleigner  qu'à  une  époque  assez  récente. 

Beauchcl-Filleau  et  d  autres  généalogistes  contemporains  la  font 
descendre  d  un  Richard  Castaigner  qui  était  un  lils  cadet  de  Jean 
Castaigner,  donzel  de  l.auzerte,  un  des  auteurs  de  la  famille  de 
Castaigner  du  Quercy,  et  de  Marguerite  de  Pechpcirou.  D'après  ces 
mêmes  auteurs  ce  gentilhomme  serait  venu  se  fixer  en  Vivarais  après 
le  mariage  qu  il  contracta  dans  les  premières  années  du  xvi*  siècle 
avec  Delpliiiie,  héritière  du  lief  noble  de  Burac,  situé  dans  la  paroisse 
de  Mercuer,  près  d  Aubenas.  Mais  la  Chesnaye  du  Bois  et  tous  les 
généalogistes  anciens  qui  ont  eu  à  s"occu|)er  des  Castaigner  du 
Quercy  disent  que  ce  Richard  Castaigner  fut  moine  à  Moissac  et  ne 
lui  attribuent  pas  de  postérité.  La  famille  de  Chastagner,  ou  de 
Chasteigner.  de  Burac  ne  commença,  du  reste,  à  prendre  les  qua- 
lifications nobiliaires  que  peu  de  temps  avant  la  Révolution  ;  elle  ne 
figure  pas  au  nombre  de  celles  de  sa  région  qui  furent  maintenues 
nobles  lors  des  diverses  recherches  ordonnées  par  Louis  XIV  et  on 
ne  voit  pas  quelle  ait  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
de  sa  province.  Son  chef,  Jean-Pierre  Chastagner,  ou  Chasteigner,  de 
Burac,  marié  en  17:28  à  Marie  ïailhand,  se  fit  accorder  en  1768  un  cer- 
tificat de  noblesse  par  plusieurs  gentilshommes  du  \'ivarais.La  même 
année,  il  se  lit  reconnaître  comme  parent  parle  chef  de  la  maison  de 
Chasteigner  de  la  Roche-Pozay,  du  Poitou.  Il  laissa  trois  fils  dans  l'acte 
de  baptême  desquels  il  est  simplement  appelé  monsieur  Jean-Pierre 
Ciiastanier  de  Burac  :  1"  Jean-François,  procureur  au  sénéchal  de 
Ximes,  décédé  sans  postérité;  :2°  Joachim,  né  à  Mercuer  en  17o2,  géné- 
ral de  brigade  en  1792,  suspendu  comme  noble  dès  Tannée  suivante, 
décédé  sans  postérité  en  1814;  3"  Louis,  commandant  d'artillerie, 


IHC  TIONNAIHE     D  T.  S     FAMILLES     FRANÇAISES  89 

chevalier  de  Saint-Louis,  marié  à  Rennes  en  1794  à  M"'  Morin.  Joa- 
chim  Chastagnici-  de  Biirac,  fils  du  plus  jeune  de  ces  trois  frères,  fut 
notaire  à  .laujac  et  épousa,  en  1827,  M"«  de  Goût  de  Vissac.  Il  fut  père 
de  Wilfrid  de  Cliasteigner  de  Burac,  président  du  tribunal  de  Beaune, 
marié  en  1853  à  M'"=  de  Sampigny  d'Issoncourt,  décédé  en  1873,  qui 
fut  le  dernier  représentant  de  sa  famille  et  qui  ne  laissa  que  trois 
filles,  M"^^^  Dupuy  de  la  Grandrive,  Rociiette  de  Lcmpdes  et  Devaulx 
de  Cliambord. 

GHASTEL,  en  Savoie.  Armes  :  d'azur  à  une  tour  d'argent,  maçonnée 
de  sable,  gardée  à  i^énestre  par  un  sphinx  d'or,  coiffé  de  bandelettes 
d'argent,  le  tout  terrassé  de  sinople;  au  comble  d" argent  chargé  d' une 
grenade  allumée  de  gueules,  accostée  de  deux  merleltes  de  sable;  au 
franc-quartier  de  gueules  à  Vépée  haute  en  pal  d'argent,  qui  est  des 
barons  militaires. 

On  trouvera  une  généalogie  de  celte  famille  dans  V Armoriai  de 
Savoie,  du  comte  de  Foras, 

Nicolas  Chasïel,  marié  à  Marie  Favrat,  était  dans  la  seconde 
moitié  du  xviu^  siècle  notaire  au  lieu  de  Veizy,  en  Savoie.  11  eut  plu- 
sieurs fils.  L'un  do  ces  fils,  François  Chastel,  né  à  Veizy  en  i76o, 
homme  de  loi, /ut  élu  en  lan  VI  député  du  Mont-Blanc  au  Conseil 
des  Cinq-Cents  ;  il  fut  dans  la  suite  receveur  général  du  départe- 
ment du  Léman  et  mourut  en  1847.  Un  autre,  Louis-Aimé  Chastel, 
né  à  Veizy  en  1774,  général  de  brigade  en  1811,  général  de  division 
en  1812,  commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  à  Genève 
en  1826,  fut  créé  baron  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  28  mai  1808. 
Un  troisième,  Michel  Chastel,  colonel  d'état-major,  décédé  au  Texas 
en  1836,  laissa  un  fils  dont  on  ignore  la  destinée.  Un  quatrième,  enfin, 
Joseph  Chastel,  lieutenant-colonel,  décédé  en  1854,  fut  père  de 
M.  François  Chastel,  qui  a  été  conseiller  à  la  Cour  de  Chambéry. 

CHASTEL,  à  Genève.  Armes  (d'après  Bictstapp)  :  écartelé  :  au  1  d'or 
à  Vaigle  de  sable  tenant  de  sa  griffe  dextre  une  épée  et  de  sa  sénestre 
un  monde  au  naturel;  aux  2  et  3  d'argent  à  une  barre  de  gueules 
chargée  de  trois  étoiles  d'or  :  au  4  d'or  au  lion  de  sable;  sur  le  tout 
d'azur  à  tm  château  de  trois  tours  d'argent,  ouvert  du  champ,  ter- 
rassé de  sinople. 

On  trouvera  dans  la  France  protestante  des  renseignements  sur 
une  famille  Chastel,  fixée  à  Genève,  qui  est  différente  de  celle  dont  il 
vient  d'être  parlé.  L'auteur  de  cette  famille,  Pierre  Chastel,  bourgeois 
de  Montbéliard,  vint  se  fixera  Genève  en  1612  avec  son  fils  Daniel, 
baptisé  en  1604.  Celui-ci  fut  reçu  bourgeois  de  Genève  le  17  fé- 


90  DI'CTIONXAIRE    DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

vrier  1647.  Un  de  ses  descendants,  David  Chastel,  né  en  1718,  officier 
au  service  dAulriche,  directeur  d'une  fonderie  de  canons,  fut  créé 
baron  en  1775  par  l'impératrice  Marie-Thérèse.  Un  autre,  Etienne- 
Louis  Chaste!,, né  à  Genève  en  1802,  pasteur,  a  écrit  de  nombreux 
ouvrages  de  théologie  protestante. 

CHASTEL  d  ORIOCOURT,  de  BAINVILLE,  de  VILLEMONT,  d'AUTRE- 
COURT  (de),  en  Lorraine.  Armes  :  d'azw  à  une  croix  ancrée  d'or, 
accompagnée  de  trois  étoiles  d'argent,  deux  en  chef  et  une  en  pointe. 
—  Lécu  surmonté  ù'un  armet  marné,  orné  de  son  bourrelet  et  de 
ses  lambrequins  aux  métaux  et  couleurs  de  Vécu,  —  Cimier  :  la 
croix  de  lécu. 

Cette  famille  Chastel  a  occupé  un  rang  distingué  en  Lorraine. 
On  en  trouvera  une  généalogie  dans  les  manuscrits  de  Chérin. 

Nicolas  Chastel,  marié  à  dame  Sébaslienne  Sigongne,  était,  dans 
la  seconde  moitié  du  wii*^  siècle,  contrôleur  du  domaine  et  gruerie  de 
S.  A.  R.  Mgr  le  duc  de  Lorraine  dans  la  prévolé  de  Pierrefitte.  Son 
lîls,  également  appelé  Nicolas,  né  à  Pierrefitte  en  1677,  était  rece- 
veur des  finances  dans  la  chàtellenie  de  Pierrefitte  et  prévoté  de 
Souilly  quand  il  fut  anobli,  le  21  janvier  1714,  par  lettres  patentes  du 
duc  de  Lorraine,  Léopold.  Il  devint  dans  la  suite  grand-maître  des 
eaux  et  forêts  du  Clermontois.  Il  avait  épousé,  le  24  juillet  1702, 
Claudette  Thomas,  fille  d'un  procureur  du  Roi  au  bailliage  des  cas 
royaux,  à  Ciermont.  Il  en  laissa,  entre  autres  enfants,  deux  fils  : 
1°  Jcan-Bapliste-Ignace  Chastel,  Sgr  de  Villemont,  Oriocourt,  Bain- 
ville,  etc.,  marié  le  16  janvier  1746  à  Françoise  du  Pasquier  de 
Dommartin,  décédé  à  Metz  en  1774,  qui  succéda  à  son  père  dans  sa 
charge  de  maître  des  eaux  et  forêts  et  qui  devint  dans  la  suite 
trésorier  provincial  de  l'extraordinaire  des  guerres  au  déparlement  de 
Metz;  2°  Charles  Chastel,  Sgr  d'Autrecourt,  la  Vallée,  etc.,  marié 
en  1757  à  Nicole  du  Houx  de  la  Vallée,  qui  fut  trésorier  de  l'extraordi- 
naire des  guerres  au  département  d'Alsace  et  qui  laissa  deux  fils, 
nés  à  Strasbourg  en  1762  et  1764.  L'aîné  de  ces  deux  frères,  Jean-Bap- 
tiste-Ignace, laissa  lui-même  trois  fils  :  1°  Nicolas-Charles  Chastel, 
Sgr  deMoyenpal,  né  en  1749,  qui  fut  déclaré  gentilhomme  par  arrêt 
du  Conseil  d'État  du  15  décembre  1755  et  par  lettres  patentes  du  roi 
Stanislas  du  22  décembre  .suivant  et  qui  épousa  Catherine  Garaudé; 
2°  Jean-Baptiste  Chastel  de  Bainville,  né  en  1756,  qui  fut  trésorier 
principal  de  l'extraordinaire  des  guerres  ;  3°  Louis  Chastel  d'Oriocourt 
de  Villemont,  Sgr  de  Bain  ville,  quifut  trésorier  principal  des  guerres  au 
département  des  Trois-Évêchés,  qui  épousa  en  1781  Elisabeth  Malchar 
et  qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  lanoblesse  tenues  à  Verdun. 


Dii;  1  ionn.mih:    dks    i'amillks   rnAMÇAiSES  91 

Alfred-Benjamin  de  Cliaslcl  dr  Villcnionl,  officier  supérieur  de 
ravalerie,  décédé  sans  postérité  en  1848,  avait,  épousé  à  Saint-Mihiel 
en  18;V(  M""  deRoiiyn  Xicule  de  Cliasleid'Ono<T)iirl,  décédée  en  1881, 
avait  épousé  en  18:24  le  mar(|uis  de  Nellaiicouit.  M.  Charles  Cliaslel 
de  Bainville  était  sous  Napoléon  III  pasteur  d(;  rKglisc  réformée,  à 
Bar-le-Duc. 

On  ig-nore  si  la  famille  lorraine  de  Cliastel  compte  encore  des 
représentants. 

Principales  alliances  :  d'Ambly  1770,  duBouéxic  de  Pinieux  1777, 
du  Houx  de  la  Vallée  1757,  du  Pasquier  de  Dommartin  1749,  de 
Rouyn  1834,  de  Nettancourt  1824,  etc. 

CHASTEL  de  la  HOWARDRIES  et  d'ANDELOT  (du).  Armes  :  de  gueules  à 
un  lion  d'or,  armé,  lampassé  et  couronné  d'azur.  —  L'écu  timbré 
(Vune  couronne  à  cinq  fleurons  visibles,  surmonlée  d'un  casque  d'ar- 
gent, taré  de  face,  liséré,  colleté  et  diapré  d'or,  grillé  de  onze  grilles 
dit  niénie,  fourré  de  gueules,  couronné  d'une  couronne  d'or  à  cinq 
fleurons  et  assorti  de  ses  lambrequins  Sor  et,  de  gueules.  —  Cimier  : 
une  aigle  d'or,  naissante  et  adextrée,  le  vol  éployé.  —  Supports  : 
deux  lions  contournés  dor,  armés,  lampassés  et  couronnés  dazur, 
supportant  chacun  une  bannière  frangée  dor,  celle  à  dextre  aux 
armes  de  l'écu,  celle  à  sénestre  aux  armes  de  Lalaing.  —  Devise  : 
Porte  en  soi  honneur  et  foi.  —  Cri  de  guerre  :  Maclines. 

La  maison  du  Chastel  est  une  des  plus  brillantes  de  l'ancienne 
noblesse  chevaleresque  des  Flandres.  Il  en  existe  un  certain  nombre 
de  généalogies  imprimées.  Une  des  meilleures  est  celle  qui  a  été 
donnée  de  nos  jours  par  un  de  ses  membres,  le  comte  Paul-Armand 
du  Chastel  de  la  Howardries,  dans  ses  Notices  généalogiques  tour- 
naisiennes. 

Quelques  généalogistes  font  descendre  la  maison  du  Chastel  de  celle 
des  anciens  châtelains  de  Valenciennes  ;  d'autres  la  font  descendre 
d'un  cadet  de  la  puissante  maison  de  Gavre.  Elle  parait  avoir  pour 
premiers  auteurs  connus  Thibaud  et  Nicolas  du  Chastel  qui  vivaient 
à  Orchics  en  1234.  Thibaud  du  Chastel  était  maire  de  cette  ville 
en  1236. 

La  filiation  suivie  remonte  à  Colard  du  Chastel,  vivant  en 
1312,  qui  avait  épousé  IMaigne  d'Estourmel.  Le  fils  de  ce  gentil- 
homme, Jean  du  Chastel,  Sgr  de  Vaux,  Sassigny,  Monlgol)ert-en- 
Valois,  etc.,  épousa,  antérieurement  à  1335,  Péronne  de  Lalaing, 
héritière  de  la  seigneurie  de  la  Howardries,  sous  le  nom  de 
laquelle  plusieurs  de  ses  descendants  furent  exclusivement  connus. 
Arnould  du  Castel,  chevalier,  Sgr  de  la  Howardries,  d'Aix-en-Pévéle, 


92  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

de  Montgobert-en-Valois,  etc.,  joua  un  certain  rôle  dans  les  guerres 
que  Philippe  le  Bon,  duc  de  Bourgogne,  eut  à  soutenir  contre  le  roi 
de  France;  le  14  avril  1430,  il  fut  envoyé  à  Paris  pour  garder  cette 
ville  que  les  Bourguignons  devaient  défendre  contre  les  Armagnacs. 
Un  de  ses  fils,  Léon,  se  signala  par  sa  bravoure  dans  les  guerres  de 
son  temps  et  fut  armé  chevalier  par  le  duc  Philippe  le  Bon  le  22  juil- 
let 1453,  veille  de  la  bataille  de  Gavre;  un  autre,  Antoine,  Sgr  de 
Montgobert-en-Valois,  fut  chambellan  du  roi  Louis  XI;  un  troisième, 
Gérard,  dit  de  la  Howardries,  marié  en  1469à  Agnès  de  Saint-Génois, 
fdle  du  grand  prévôt  de  Tournay,  massacré  en  1488  par  les  Gantois 
révoltés,  fut  père  de  Simon  du  Chastel,  dit  de  la  Howardries,  décédé 
à  Lille  on  1538,  qui  épousa  successivement  Marie  de  Clugny  et 
Marguerite  de  Carondelet  et  qui  continua  la  descendance.  Nicolas  du 
Chastel,  Sgr  de  la  Howardries,  petit-fils  de  celui-ci,  acheta  du  roi 
Henri  IV,  par  acte  du  16  juin  1603,  les  terres  importantes  de 
Haubourdin  et  d'Emmerin-lcz-Lille  et  en  obtint  l'érection  en  vicomte 
par  lettres  patentes  des  archiducs  Albert  et  Isabelle  du  3  octobre  1605, 
enregistrées  le  14  du  même  mois  au  bureau  des  finances  de  Bruxelles; 
il  mourut  au  château  de  la  Howardries  le  14  mars  1610.  Il  fut  le 
trisaïeul  de  Robert-Antoine-Joseph  du  Chastel  de  la  Howardries, 
vicomte  de  Haubourdin,  qui  épousa  à  Lille,  le  19  mars  1695,  Marie- 
Scolastique  de  Croix  d'Heuchin,  qui  fit  enregistrer  avec  oUe  son 
blason  à  1  Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Lille)  et  qui  reçut  le 
titre  de  comte  du  Saint-Empire  romain  par  diplôme  de  1702,  non 
enregistré.  Les  deux  fils  de  celui-ci,  Alexandre-François  et  Denis- 
Joseph,  ont  été  les  auteurs  de  deux  branches  qui  se  sont  perpétuées 
jusqu'à  nos  jours,  lainée  en  Belgique,  la  cadette  en  Hollande. 

L  auteur  de  la  branche  aînée,  aujourd'hui  belge,  Alexandre- 
François,  comte  du  Chastel  de  la  Howardries  et  du  Saint-Empire, 
vicomte  de  Haubourdin,  né  au  château  de  la  Howardries  en  1701, 
marié  en  1724  à  M"^  Corbis,  avait  acheté  cette  môme  année  la  bour- 
geoisie de  Lille.  Son  fils,  Ferdinand-Eugène,  comte  du  Chastel  de  la 
Howardries  et  du  Saint-Empire,  vicomte  de  Haubourdin,  né  à  Lille 
en  1727,  marié  en  1756  à  M""  de  Rodoan,  en  eut  deux  fils,  le  comte 
Ernest,  né  à  Nivelles  en  1 760,  marié  en  1 791  à  M'""  de  Waziers-Wavrin, 
et  le  comte  Robert-François,  né  à  Nivelles  en  1761,  marié  à  Tournay 
en  1786  à  M"^  des  Enffans  de  Vincourt,  qui  ont  été  les  auteurs  de 
deux  grands  rameaux  actuellement  existants.  L'auteur  du  premier 
rameau,  le  comte  Ernest  du  Chastel,  Sgr  d'Aix.  s  était  fait  repré- 
senter en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Douai.  C'est  à 
ce  rameau  qu'appartenait  le  comte  Paul-Armand  du  Chastel,  né  en  1847. 
auteur  des  Notices  généalogiques  tournaisiennes  et  d'autres  ouvrages 


UlllTlONNAIUI':     DKS     FAMILI.KS     l' Il  AN  Ç  A  I  S  R  S  93 

généalogiques  très  estimés.  Au  second  rameau  appartiennent  le  comte 
Raymond  du  Chastel,  né  en  1852,  marié  àM"^  de  Narcillac,  qui  a  été 
autorisé  par  arrêté  royal  du  14  avril  1876  à  joindre  à  son  nom  celui 
de  son  cousin,  le  comte  d'Andelot,  dont  il  était  légataire  universel, 
et  son  cousin  germain,  le  comte  Albert  du  Chastel  de  la  Ilowardries, 
né  en  1857,  qui  a  épousé,  en  1889,  M"'=  de  Divonne,  héritière  présomp- 
tive dune  grandesse  d'Espagne  de  première  classe  au  litre  de  duc 
d'Almazan. 

L'auteur  de  la  branche  cadette,  aujourd'hui  fixée  en  Hollande, 
Denis-Joseph  du  Chastel  de  la  Howardries,  comte  du  Saint-Empire 
romain,  épousa  à  Bréda  en  1747  Ernestine  le  Fébure.  Il  fut  le  grand- 
père  du  comte  Dominique  du  Chastel,  né  à  Liège  en  177(3,  général- 
major  de  cavalerie,  grand  veneur  des  Pays-Bas,  décédé  à  la  Haye 
en  1839,  et  le  bisaïeul  du  comte  Louis-Gabriel  du  Chastel  de  la 
Howardries,  né  en  1808,  ministre  plénipotentiaire  du  roi  des  Pays- 
Bas  près  le  Saint-Siège,  décédé  à  Nice  en  1880, 

La  maison  du  Chastel  a  fourni,  en  dehors  des  personnages  men- 
tionnés au  cours  de  cette  notice,  un  nombre  considérable  d'officiers, 
dont  plusieurs  ont  été  tués  à  l'ennemi,  des  gouverneurs  de  places 
fortes,  des  hommes  politiques,  des  diplomates,  des  écrivains  de 
mérite,  des  chanoinesses  de  chapitres  nobles,  etc. 

Elle  a  conservé  jusqu'à  nos  jours  le  château  de  la  Howardries,  en 
Belgique. 

Principales  alliances  :  d'Estourmel,  de  Lalaing,  de  Hônin,  de 
Cuinghien,  de  Hainaut,  de  Landas,  de  la  Fléchère,  de  Saint- 
Génois  1649,  de  Clugny  1505,  de  Carondelet,  d'Averhoult,  d'Ongnies, 
de  Lannoy,  de  Récourl-Lens  1594,  de  Groy  1614,  de  Créqui  1629,  de 
Houchin  1668,  de  Coudenhove  1640,  d'Ostrel  de  Fiers,  de  Croix 
d'Heuciiin  1695,  de  Namur  de  Joncret,  de  Baufremez  1759,  de 
Rodoan  1756,  de  Waziers-Wavrin,  de  vinck  1857,  1864,  de  Marnixde 
Sainte-Aldegonde  1854,  Snoy  1871,  Van  Zuylen  van  Nyevelt  1841, 
Pandin  de  Narcillac,  de  la  Forest  de  Divonne,  etc. 

Il  a  existé  dans  la  même  région  une  autre  famille  du  Chastel  qui 
portait  pour  armes  :  d'argent  à  trois  lionceaux  de  sable,  armés  et 
lampassés  de  gueules,  couronnés  d'or,  au  chatel  d'azur  posé  en 
abime.  Le  comte  du  Chastel  de  la  Howardries  a  donné  une  généa- 
logie de  cette  famille  dans  ses  Notices  généalogiques  tournaisiennes . 
Bauduin  du  Castiel,  marié  en  1375  à  Jeanne  van  der  Schok,  en  eut 
deux  fds,  Bauduin  II  et  Mathieu,  qui  furent  les  auteurs  de  deux 
branches.  L'auteur  de  la  branche  aînée,  Bauduin  du  Castiel,  Sgr  du 
Bleu-Chastel,  à  Vieux-Berquin,  fut  père  de  Robert  du  Castiel,  domi- 
cilié à  Tourcoing,  qui  fut  anobli  en  janvier  1431  et  dont  la  descendance 


94  DICTIONNAIRK     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

s'éteignit  avec  Jacques  du  Gastiel,  décédé  en  1583.  La  seconde  branche 
s'agrégea  à  la  noblesse  au  xv^  siècle  et  adopta  l'orthographe  du 
Chastel.  Elle  s'éteignit  avec  Philippe  du  Chastel,  Sgr  de  Beauvolers, 
commissaire  pour  le  roi  d'Espagne  au  renouvellement  de  la  loi  de 
la  ville  de  Lille,  qui  épousa  en  162G  Jeanne  de  Carondelet  et  qui 
n'en  eut  que  deux  fds  morts  jeunes. 

Il  a  existé  en  Artois  une  troisième  famille  du  Chastel  qui  portait  pour 
armes  :  cVazia'  à  un  chevron  d  or  accompagné  de  trois  croix  de  même 
recroisetées,  au  pied  fiché,  posées  deux  en  chef  et  une  en  pointe. 
Cette  famille  était  originaire  de  Flandre,  comme  les  précédentes,  et 
avait  pour  auteur  Gilles  du  Chastel,  décédé  en  1403.  qui  était  con- 
seiller de  Louis,  comte  de  Flandre.  Jacques  du  Chastel,  décédé 
en  1574,  fut  grand  bailli  et  châtelain  de  Lille  et  gentilhomme  de  la 
maison  de  Charles-Quint  etde  l^hilippe  II  qui  lui  confièrent  plusieurs 
missions  diplomatiques.  Il  fut  père  de  Philippe  du  Chastel,  capitaine 
du  château  de  Lille,  gouverneur  d'Oudenarde  en  1607,  qui  recueillit 
par  héritage  la  seigneurie  de  Blangerval,  grand-père  de  Maximilien 
du  Chastel.  Sgr  de  Blangerval,  gouverneur  et  grand  bailli  d'Oude- 
narde, qui  épousa  Suzanne  d'Andréa,  héritière  de  la  seigneurie  de 
Pétrieu,  et  bisaïeul  de  Jérôme-Philippe  du  Chastel  qui  en  1664 
fut  créé  comte  de  Blangerval  par  lettres  patentes  du  roi  Philippe  IV. 
Cette  famille  fut  admise  aux  États  d'Artois  en  1747,  à  cause  de  sa 
seigneurie  de  la  Vacquerie-les-llesdin.  Elle  était  représentée  sous 
Il  Louis    XVI   par  Albéric-Joseph  du  Chastel,  comte  de  Pétrieux,  né 

en  1714,  qui  avait  épousé  en  1763  Albertine  de  Lanno\'. 

Il  CHASTEL  (du),  à  Saumur.  Armes  anciennes  (d'après  des  cachets  de  fa- 

mille) :  d'argent  à  deux  tours  crénelées  d'azur,  accompagnées  en 
pointe  d'un  léopard  de  gueules  et  en  chef  d'une  étoile  de  sable.  — 
Armes  concédées  sous  le  Premier  Empire  au  général  du  Chastel  de  la 
Martinière  :  (ï  argent  àun  chevron  de  gueules  chargé  d'une  croix  d'ar- 
gent à  cinq  doubles  branches,  accompagné  en  chef  de  deux  molettes 
de  sinople  et  en  pointe  d'un  dextrochère  au  naturel,  rebrassé  de 
sinople,  tenant  une  épée  haute  de  gueules. 

La  famille  dc  Chastel,  aujourd'hui  éteinte  dans  les  mâles,  a  occupé 
pendant  les  deux  derniers  siècles  un  rang  distingué  dans  la  haute 
bourgeoisie  de  Saumur.  Beauchet-Filleau  en  a  donné  une  généalogie 
dans  son  Dictionnaire  historique  et  généalogique  des  familles  du 
Poitou. 

Jacques-François  du  Chastel,  Sgr  de  Uocheiort,  lut  pourvu  en  176i 
de  l'office  anoblissant  de  président  trésorier  de  France  et  l'exerça 
iusqu'en  1781.   Son   fils  unique,  Gaspard-Séverin  du  Chastel,  né  à 


niCTIONNAlKi:     DR  s     FAMII.I.KS     FIIANÇAISKS  95 

Thouars  en  170(3,  garde  du  corps  en  1780,  lui  élu  en  1792  député 
des  Deux-Sèvres  à  la  Convention,  se  signala  dans  cette  assemblée 
par  sa  modération,  montra  un  véritable  courage  lors  du  procès  de 
Louis XVI  et  périt  le  1^1  octobre  1793  sur  l'éclial'aud  révolutionnaire;  il 
était  célibataire. 

Louis-François  du  Chaslel  de»  la  Martinière,  proche  parent  des  pré- 
cédents, acquit  en  l7o2  la  charge  de  lieutenant  particulier  en  l'élec- 
tion de  Saumur.  Il  laissa  deux  fds  :  1"  Louis-Claude  du  Chastel  de  la 
Martinière,  né  à  Saumur  en  1772,  général  de  brigade  en  1831,  grand- 
oOicier  de  la  Légion  d'honneur,  créé  chevalier  de  l'Empire  par  lettres 
patentes  du  30  juillet  1810,  décédé  en  1850,  dont  le  fds  unique,  né 
en  1800,  marié  à  M"^  Rey,  mourut  sans  postérité  en  1851  ;  2°  Frédéric- 
Mathieu  du  Chastel,  né  à  Saumur  en  1773,  décédé  dans  la  même 
ville  en  1843,  dont  la  descendance  masculine  s'est  éteinte  en  1890. 

CHASTEL  de  MONTROUGE  fdu). 

La  famille  du  Chastel,  ou  Duchastel,  de  Mûntrouge  a  eu  pour  auteur 
Nicolas  du  Chastel,  lieutenant  général  de  police  de  la  ville  de  Reims, 
qui  fut  anobli  en  janvier  1784  par  lettres  patentes  du  roi  Louis  XVI. 

Son  chef  est  connu  de  nos  jours  sous  le  titre  de  baron. 

Principale  alliance  :  Keller  1908. 

A  la  même  souche  paraît  avoir  appartenu  Jean-Baptiste  Duchastel 
de  Montflambert,  qui  fut  anobli  par  une  charge  de  secrétaire  du  Roi  et 
dont  le  fils,  Jacques-Jean-Baptiste  Duchastel-Berthelin,  né  à  Reims 
en  1756,  négociant  à  Troyes,  député  de  l'Aube  au  conseil  des  Cinq- 
Cents,  puis  à  la  Chambre  des  Cent-Jours.  décédé  en  1830,  fut  créé 
baron  de  l'Empire,  sur  promesse  d'institution  de  majorât,  par  décret 
impérial  du  2  janvier  1814. 

CHASTEL  de  TRÉMAZAN  (du).  Armes  :  fascé  (Tor  et  de  gueules  de  six 
pièces.  —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Devise  :  Mar  car  Doué  (si 
Dieu  veut).  —  Autre  devise  :  Face  partout  avec  V aide  de  Dieu.  —  Cri 
de  guerre  :  Vaillant  du  Chastel! 

La  maison  du  Chastel  de Tuémazan,  récemmentéteinte,  avait  occupé 
au  moyen  âge  un  rang  considérable  dans  la  noblesse  de  Bretagne. 
On  trouvera  sur  elle  d'importants  dossiers  dans  les  divers  recueils  de 
manuscrits  du  Cabinet  des  Titres,  spécialement  dans  les  Dossiers 
bleus.  On  trouvera  dans  les  manuscrits  de  Chérin  un  rapport  que  le 
généalogiste  des  Ordres  du  Roi  envoya  le  28  octobre  1757  à  l'abbë 
du  Chastel  pour  le  faire  insérer  dunsle  Mercure  de  France.  Ce  rapport 
commence  en  ces  termes  :  «  La  maison  du  Chastel  est  d'ancienne 
a  chevalerie.  L'histoire  de  Bretagne  est  remplie  de  monuments  qui 


96  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

«  constatent  son  ancienneté,  ses  services  militaires  et  ses  grandes 
«  alliances...  »  . 

Une  tradition  fait  descendre  la  maison  du  Chastel  dun  certain  Galon, 
ou  Valon,  puissant  seigneur  bas-breton  qui  vivait  dans  la  première 
moitié  du  vi^  siècle  et  qui  fui  père  de  saint  Tanneguy,  de  saint  Aude 
et  de  saint  Azénor.  Toujours  d'après  la  tradition,  ce  serait  ce  Valon 
qui  aurait  fait  construire  dans  la  paroisse  de  Landunvez,  près  de 
Brest,  la  forteresse  de  Trémazan  dont  les  du  Chastel  étaient  seigneurs 
dès  les  temps  les  plus  reculés  du  moyen  âge.  Cette  forteresse  fut  rem- 
placée vers  la  fin  du  xii*  siècle  par  un  autre  château  fort  dont  il  sub- 
siste des  ruines  imposantes.  Les  seigneurs  de  Trémazan  étaient  suze- 
rains de  la  ville  de  Brest.  La  seigneurie  de  Trémazan  passa  par  ma- 
riage dans  la  maison  de  Rieux  vers  la  fin  du  xvi°  siècle  ;  à  l'époque 
de  la  Révolution,  elle  appartenait  à  la  maison  de  Rohan. 

Kerviler,  dans  son  Répertoire  de  Biobibliographie  bretonne,  men- 
tionne au  nombre  des  premiers  auteurs  connus  de  la  maison  du 
Chastel  un  Marc  de  Castro,  qui  fut  témoin  dans  une  charte  de  Saint- 
Georges  en  1080,  et  un  Arthur  du  Chastel  qui  est  mentionné  dans 
une  charte  de  Saint-Florent  en  1086.  La  filiation  suivie  remonte, 
d'après  Potier  de  Courcy,  à  un  Tanneguy  du  Chastel  dont  le  lils  Ber- 
nard épousa  Constance  de  Léon  vers  le  milieu  du  xiii'  siècle.  Ce  Ber- 
nard du  Chastel  se  croisa  en  1248,  d'après  un  titre  de  la  collection 
Courtois  ;  son  nom  et  ses  armes  ont  été  inscrits  aux  salles  des  Croi- 
sades du  Musée  de  Versailles.  Il  est  représenté  à  cheval,  armé  de 
toutes  pièces,  sur  un  sceau  de  l'année  de  1270.  On  lui  attribue  pour 
fils  Hervé  du  Chastel,  marié  à  Sibylle  de  Leslen,  qui  figure  au 
compte  testamentaire  de  Jean  le  Roux,  en  1288,  et  qui  est  qualifié 
chevalier  à  l'état  des  osts  dus  au  Duc  en  1294.  Hervé  fut  père  de  Ber- 
nard, vivant  en  1327,  qui  épousa  Kléonore  de  Rosmadec,  et  grand- 
père  de  Tanneguy  du  Chastel,  capitaine  de  Brest  en  1342,  vaillant 
capitaine,  qui  remporta  en  1349  sur  Charles  de  Blois  la  bataille  de  la 
Roche-Derrien.  Celui-ci  avait  épousé  Tiphaine  de  Plusquellec  et  en 
eut  plusieurs  fils.  Deux  de  ces  fils,  Bernard  et  Briant,  furent  exécutés 
par  les  ordres  de  Charles  de  Blois.  Un  troisième,  Guillaume,  continua 
la  descendance.  Un  quatrième,  Tanneguy,  épousa  Gabrielle,  dame 
deMesle,  et  fut  l'auteur  de  la  branche  des  seigneurs  de  Mesle  dont  le 
dernier  représentant,  Tanneguy,  baron  d'Ancenis,  vicomte  de  Saint- 
Nazaire,  connu  sous  le  titre  de  marquis  du  Chatel,  mourut  sans  pos- 
térité en  1068.  Un  cinquième  fils,  Bertrand,  épousa  l'héritière  de  la 
seigneurie  de  Kerlech,  en  Ploudalmezeau,  sous  le  nom  de  laquelle 
ses  descendants,  laissant  tomber  en  désuétude  le  nom  de  leurs  ancê- 
tres, furent  exclusivement  connus  pendant  plusieurs  générations. 


DICTIONNAIHK     DES    FAMILLKS     FRANÇAISES  97 

Celte  branche  des  seigneurs  de  Kerlech,  que  Potier  de  Courcy  croit 
s'cHre  détachée  de  la  souche  dès  le  xni^  siècle,  fut  maintenue  dans 
sa  noblesse  par  arrêt  du  20  février  1671,  fit  en  1*593  et  1694  des  preuves 
de  noblesse  pour  la  maison  de  Saint-Cyr  et  s'éteignit  au  commence- 
ment du  xviii'^  siècle  dans  les  familles  de  Kergoet  et  du  Boisadam  ; 
elle  chargea  ses  armoiries  jusqu'en  1578  d'ww  lambel  d'azur;  elle  a 
aussi  souvent  porté  le  blason  des  anciens  seigneurs  de  Kerlech  : 
d'azur  à  dix  sonnettes  d'argent  l,  3,  2,  4.  Le  troisième  fils  de  Tan- 
neguy  du  Chastel  et  de  Tiphaine  de  Plusquellec,  Guillaume,  décédé  en 
1370,  rendit  de  grands  services  au  duc  Jean  V,  fut  fait  prisonnier  dans 
une  rencontre  et  dut  payer  pour  sa  rançon  la  somme  de  6  000  écus. 
Son  fds,  Hervé  du  Chastel,  reçut  du  roi  Charles  V  par  lettres  de  1374, 
en  récompense  de  ses  services,  une  pension  de  600  livres  sur  le  trésor 
royal.  Il  laissa  quatre  fds.  L'ainé  de  ces  fils,  Guillaume,  capitaine  des 
châteaux  de  Saint-Nazaire  et  de  Guérande,  puis  chambellan  du  roi 
Charles  VI,  tué  devant  Jersey  en  1404  sans  laisser  de  postérité,  fut  un 
des  plus  valeureux  capitaines  de  son  temps,  se  signala  par  son  courage 
dans  le  combat  livré  en  1379  pour  empêcher  le  débarquement  de  la 
flotte  espagnole  et  fut,  le  17  mai  1402,  un  des  tenants  du  célèbre 
combat  livré  à  Montendre  par  le  sire  de  Barbazan  avec  six  chevaliers 
français  contre  sept  chevaliers  anglais. 

La  maison  du  Chastel  a  été  spécialement  illustrée  par  le  célèbre 
Tanneguy  du  Chastel,  un  des  frères  du  précédent,  décédé  sans  pos- 
térité en  1449,  qui,  étant  à  la  tète  des  troupes  du  roi  de  Sicile,  s'em- 
para de  Rome  en  1410  et  y  rétablit  l'autorité  du  pape  Alexandre. 
Tanneguy  du  Chastel  devint  dans  la  suite  prévôt  de  Paris  en  1413, 
maréchal  de  Guienne  en  1414,  reprit  en  1416  le  château  de  Mont- 
Ihéry  sur  les  Bourguignons,  sauva  le  Dauphin  quand  Paris  fut  pris 
par  les  Bourguignons  enl418et  fut  nommé  maréclial  des  troupes  de 
ce  Prince.  Il  est  aujourd'hui  surtout  et  tristement  connu  pour  la  part 
qu'il  prit  à  l'assassinat  sur  le  pont  de  Montereau,  en  1419,  de  Jean 
sans  Peur,  duc  de  Bourgogne.  A  son  avènement,  le  roi  Charles  VII  le 
nomma  grand  maître  de  son  hôtel,  puis  gouverneur  et  sénéchal  de 
Provence. 

Hervé  du  Chastel  eut  deux  autres  fds  dont  l'un,  Olivier,  continua  la 
descendance  et  dont  l'autre,  Hervé,  Sgr  de  Coetelez,  fut  le  grand-père 
de  Christophe  du  Chastel,  évoque  de  Tréguier  en  1466.  Olivier  du 
Chastel  fut  chambellan  du  duc  de  Bretagne  et  sénéchal  de  Saintonge 
et  mourut  en  1455.  Il  avait  épousé  en  1408  Jeanne  de  Plœuc  dont  il 
laissa  à  son  tour  quatre  fds  :  1°  François,  qui  continua  la  descendance; 
2°  Guillaume,  panetier  du  roi  Charles  VII  et  écuyer  du  Dauphin,  qui 
fut  tué  au  siège  de  Pontoise  en  1441  et  enterré  ^a.t  ordre  du  Roi  dans 
X.  7 


98  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

l'abbaye  de  Saint-Denis;  3°  Jean,  évêque  de  Carcassonne,  décédé  en 
1472  ;  4°  Tanneguy,  vicomte  de  la  Bellière,  grand  écuyer  et  grand 
maître  de  la  maison  du  roi  Charles  VII,  auquel  il  montra  le  plus  grand 
attachement  et  dont  il  paya  les  funérailles,  puis  grand  maître  de  l'hôtel 
du  duc  de  Bretagne,  chevalier  de  Saint-Michel,  gouverneur  du  Rous- 
sillon,  ambassadeur  en  Angleterre,  qui  fut  tué  au  siège  de  Bouchain 
en  1457.  François  du  Chastel  épousa  en  1434  Jeanne  de  Kerman.  Son 
fds,  Olivier,  marié  en  1459  à  Marie  du  Poulmic,  en  eut  trois  fds  dont 
les  deux  aînés,  Tanneguy,  marié  en  IbOl  à  Marie  du  Juch,  et  Gabriel, 
Sgr  de  Coetangars,  furent  les  auteurs  des  deux  branches  et  dont  le 
plus  jeune,  Olivier,  décédé  en  lo26,  fut  évêque  de  Saint-Brieuc. 

La  branche  aînée  fut  illustrée  par  Guillaume  du  Chastel,  sieur  de 
Kersimon,  gouverneur  de  Brest,  qui  en  loo8  défit  au  Conquet  dix 
mille  Anglais.  Elle  s'éteignit  avec  Claude,  baron  du  Chastel,  vicomte 
de  Pommeril,  neveu  du  précédent,  qui  fut  lieutenant  du  Roi  en  Basse- 
Bretagne  et  qui  ne  laissa  que  deux  filles  mariées  dans  les  familles  de 
Rieux  et  de  la  Moussaye. 

La  branche  cadette,  dite  des  seigneurs  de  Coetangars,  la  seule  qui 
se  soit  perpétuée  jusqu'à  nos  jours,  fut  relativement  assez  obscure. 
Elle  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  par  arrêt  du  5  février  1671  et  un 
de  ses  représentants  fut  admis  le  3  février  1786  aux  honneurs  de  la 
Cour  de  France.  Raymond-Balthazar  du  Chastel,  marié  en  1723  à 
M"*  des  Vergers  de  Sannois,  proche  parente  de  l'impératrice  José- 
phine, fut  maintenu  dans  sa  noblesse  en  1732  par  arrêt  du  Conseil 
souverain  de  la  Martinique.  Son  petit-tils,  Victor-Gabriel,  né  en  1790, 
connu  sous  le  titre  de  marquis  du  Chastel  de  Trémazan,  membre  du 
Conseil  général  de  la  Martinique,  marié  en  1824  à  M"®  d'Anglars  de 
Bassignac,  mourut  en  1865  laissant  quatre  enfants  qui  ont  été  les 
derniers  représentants  de  leur  maison  :  1°  Gabriel-Tanneguy,  décédé 
sans  postérité  en  1886;  2°  Louis-Tanneguy,  aumônier  de  l'Hôtel-Dieu 
de  Saint-Pierre  de  la  Martinique,  décédé  en  1892  :  3°  Guillaume,  dé- 
cédé sans  postérité  à  la  Martinique  en  1894  ;  4°  Louise-Angèle- 
Tanneguyne,  demeurée  sans  alliance,  qui  a  survécu  à  ses  trois 
frères. 

La  maison  du  Chastel  a  fourni,  en  dehors  des  personnages  cités 
au  cours  de  cette  notice,  des  officiers  de  grand  mérite,  un  évêque 
d'Uzès,  décédé  en  1463,  un  aumônier  du  Roi  en  1746,  etc. 

Principales  alliances:  de  Rosmadec,  de  Plusquellec,  de  Coetivy, 
de  Plœuc,  de  Quélen,  de  Nevet  1444,  de  Malestroit,  du  Chastellier, 
d'Acigné,  de  Rieux,  de  Gouyon  de  la  Moussaye,  du  Couédic,  du  Cos- 
kaer,  Huchetde  la  Bédoyère,  de  Kergariou  1730,  Cillart  de  la  Ville- 
neuve 18'i8,  d'Anglars  de  Bassignac  1824,  du  Bot,  de  Kérouartz,  de 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRAN(;AISES  99 

rioulainc,  Budes,  de  Kcrgoct,  de  Tournemiiie,  de  Coetquen,  de  Laii- 
nion  1037,  de  Kergorlay,  de  Courson  1871,  etc. 

Il  a  existé  dans  la  noblesse  de  Bretagne  plusieurs  autres  familles  du 
Chastel.  Trois  de  ces  familles,  celle  des  seigneurs  de  la  Rouaudays, 
celle  des  seigneurs  de  la  Ville-Guérin  et  de  la  Rouvraye  et  celle  des 
seigneurs  de  Lannurien,  subsistaient  lors  de  la  grande  recherche 
commencée  en  1666. 

La  familleou  Chastel  de  la  Rouaudais,  fixée  au  diocèse  de  Saint-Malo, 
portait  pour  armes  :  de  gueules  à  un  château  d'or,  souvent  sommé 
de  trois  billettes  de  même  ou  de  neuf  boulets  de  canon,  six  à  fleur 
et  trois  enfoncés.  Elle  revendiquait  une  origine  commune  avec  la 
maison  du  Chastel  de  Trémazan  dont  elle  croyait  être  une  branche 
détachée  au  xiv^  siècle.  Potier  de  Courcy  lui  attribue  un  Guillaume  du 
Chastel  qui  ratifia  le  traité  de  Guérande  en  1381.  Elle  figura  de  1447 
à  1513  aux  réformations  et  montres  de  la  noblesse  du  diocèse  de 
Saint-Malo.  D'abord  condamnée  comme  usurpatrice  de  noblesse 
par  arrêt  du  13  décembre  1668,  elle  fut  maintenue  noble  par  trois 
autres  arrêts  du  13  juin  et  du  11  octobre  1670  et  du  5  mars  1671,  après 
avoir  justifié  sa  descendance  d'Olivier  du  Chastel,  sieur  de  la  Rouau- 
days, en  la  paroisse  de  Pleurtuit,  qui  avait  épousé  vers  1440  Olive 
Lucas.  Un  de  ses  représentants,  Louis-Tanneguy  du  Chastel,  né  à  Dinan 
en  174o,  fut  admis  en  1758  parmi  les  pages  de  la  Petite  Ecurie  ;  il  était 
frère  de  Louis-René  du  Chastel,  né  en  1750,  chevalier  de  Malte,  qui 
fut  admis  en  1763  parmi  les  pages  de  la  Reine,  et  de  Reine-Céleste 
du  Chastel,  née  en  1747,  qui  fut  admise  à  Saint-Cyr  en  1757.  L'abbé 
Jean-Tanneguy  du  Chastel  de  la  Rouaudais,  oncle  des  précédents,  né 
à  Dinan  en  1719,  aumônier  de  la  Reine,  vicaire  général  deSaint-Omer, 
mourut  à  Jersey  en  1799. 

La  famille  du  Chastel  de  la  Ville-Guérin  et  de  la  Rouvraye,  fixée  aux 
diocèses  de  Saint-Malo  et  de  Dol,  portait  pour  armes  :  de  gueules  à  un 
château  sommé  de  trois  tours  et  supporté  de  deux  lions,  le  tout  d'or. 
Elle  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  par  arrêt  du  12  décembre  1668 
après  avoir  justifié  sa  descendance  d'Olivier  du  Chastel  qui,  en  1375, 
était  seigneur  de  la  Rouvraye,  en  la  paroisse  d'Évran,  et  dont  une 
fille.  Olive,  épousa  en  1399  Roland  du  Breil,  Sgr  de  Rays.  Elle  était 
représentée  sous  Louis  XVI  par  plusieurs  frères  dont  l'aîné,  François- 
César  du  Chastel  de  la  Rouvraye,  marié  en  1753  à  M"*  du  Chastel  de 
la  Rouaudais,  obtint  en  1766  l'admission  de  sa  fille  à  Saint-Cyr. 

La  famille  du  Chastel  de  Lannurien,  fixée  dans  le  pays  de  Léon, 
portait  pour  armes  :  de  gueules  à  un  château  d'argent,  accosté  à 
dextre  dune  épée  du  même,  garnie  d'or,  la  pointe  en  bas.  Elle  fut 
maintenue  dans  sa  noblesse  par  arrêt  du  10  avril  1669  après  avoir 


100  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

prouvé  sa  descendance  de  Perrien  du  Chastel,  marié  à  Jeanne  Jossou, 
dont  le  fds  Yves  était  en  lo32  seigneur  de  Lannurien,  en  la  paroisse 
de  Plouescat.  Elle  paraît  s'être  éteinte  dans  les  dernières  années  du 
xviii^  siècle. 

CHASTEL,  ou  CHATEL,  fdu),  en  Normandie.  Voyez  :  CnATELfDu). 

CHASTELAIN  d  ESSERTINES  de  BELLEROCHE.  Armes  :  d  azur  à  U7i 
château  à  ti^ois  tours,  pavillonné  et  girouette  d'argent,  maçonné  de 
sable.  —  Couronne  :  de  Comte.  —  Devise  :  In  pace  sunt  omnia. 

La  famille  Chastelain  (ou  Chastellain)  d'Essertines  de  Belleroche 
paraît  avoir  eu  pour  berceau  le  bourg  de  Thizy,  en  Beaujolais,  où 
dès  le  milieu  du  xvi^  siècle  elle  occupait  dans  la  bourgeoisie  un  rang 
très  honorable.  Cependant  une  tradition  la  fait  descendre  d'une 
famille  Chastelain  de  Thérouanne,  éteinte  depuis  plusieurs  siècles, 
qui  au  moyen  âge  appartenait  à  la  noblesse  du  nord  de  la  France. 
Cette  tradition  ne  s'appuie  sur  aucune  preuve. 

Jehan  Chastellain,  auquel  remonte  la  liliation,  fut  dans  la  seconde 
moitié  du  xvi^  siècle  clerc  notaire  juré,  puis  juge  de  la  chatellenie  de 
Thizy.  Il  fut  père  de  Jean  Chastellain,  qui  épousa  Antoinette  Deche- 
lette,  héritière  de  la  tour  d'Essertines,  et  grand-père  de  Philibert  de 
Chastellain,  conseiller  du  Roi,  receveur  au  grenier  à  sel  de  Thizy, 
qui  acquit  en  1625  le  fief  d'Arcy.  Le  petit-fds  de  celui-ci,  Pierre 
Chastelain  de  Sertines,  avocat  en  Parlement,  fit  enregistrer  son 
blason  à  l'Armoriai  général  de  '1696  (registre  de  Villefranchej.  11  fut 
élu  en  l'élection  de  Beaujolais  et  procureur  du  Roi  et  de  Mgr  le  duc 
d'Orléans.  Il  laissa  un  fils,  noble  Pierre -François  Chastelain,  Sgr 
d'Essertines,  baptisé  à  Villefranche  le  24  octobre  1697,  maire  de  cette 
ville  en  l7o3,  qui  épousa  en  1733  Jeanne-Françoise  de  Noyel,  fille  du 
seigneur  de  Belleroche,  et  qui  mourut  à  Perreux  en  1763.  On  ne  voit 
pas  que  la  famille  Chastelain  d'Essertines  ait  eu  de  principe  d'ano- 
blissement antérieurement  à  la  Révolution  et  elle  ne  prit  pas  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse.  Elle  avait  pour  chef  à  cette 
époque  Jacques-André  Chastellain  d'Essertines,  fils  des  précédents, 
procureur  du  Roi  au  bailliage  de  Beaujolais,  qui  avait  épousé  Marie- 
Charlotte  Bernard  de  Sénecé  par  contrat  passé  à  Màcon  le  8  juin  1778. 
Ce  fut  ce  Jacques-André  Chastellain  d'Essertines  qui  recueillit  par 
héritage  la  terre  de  Belleroche,  située  près  de  Villefranche,  que  ses 
descendants  possèdent  encore  et  sous  le  nom  de  laquelle  ils  sont 
aujourd'hui  exclusivement  connus.  Son  fils,  Salomon  Chastelain  de 
Belleroche,  né  en  1780,  sous-préfet  sous  la  Restauration,  marié  à 
M''^  de  Villaine,  reçut  le  titre  personnel  de  baron  par  ordonnance 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  101 

du  roi  Charles  X  du  7  juillet  1830.  Par  suite  des  événements  poli- 
tiques, cette  ordonnance  ne  fut  jamais  suivie  de  lettres  patentes.  Ce 
premier  baron  de  Belleroche  eut  trois  fils  dont  l'aîné,  Aimé,  mourut 
sans  postérité  on  1894  et  dont  les  deu.v  plus  jeunes,  Foulques,  marié 
à  M"*  de  Glans  de  Cessiat,  nièce  du  g-rand  poète  Lamartine,  et 
Gustave,  né  en  1814,  marié  à  M"*  de  Clavière,  ont  été  les  auteurs  de 
deux  rameaux  actuellement  existants. 

Principales  alliances  :  Bernard  de  Sénecé,  de  Villaine,  Borthelot 
d'Ozenay  1832,  de  Glans  de  Cessiat,  de  Clavière,  Pasquier  de 
Franclieu,de  Courrèges  1875,  deRuble,  de  Moréal  de  Brevans  1868, 
de  Chastellier  1872,  de  Sévelinges,  etc. 

La  famille  dont  il  vient  d'être  parlé  a  vraisemblablement  eu  dans 
le  passé  une  origine  commune  avec  une  famille  Chastelain  de  Pron- 
DiNEs  qui  a  occupé  un  rang  distingué  dans  la  noblesse  de  robe  pari- 
sienne. En  tout  cas  les  deux  familles  portaient  identiquement  les 
mêmes  armoiries  et  résidaient  l'une  et  l'autre  au  xvi^  siècle  dans  le 
bourg  de  Thizy,  en  Beaujolais.  On  trouvera  dans  le  Cabinet  (Tllo- 
zier  les  preuves  de  noblesse  qu'un  membre  de  la  famille  Chastelain  de 
Prondines  fit  en  1690  pour  être  admis  au  collège  Mazariu.  Ce  tra- 
vail donne  la  filiation  depuis  un  Claude  Chastelain,  habitant  de  Thizy, 
dont  le  lils  noble  homme  Anne  Chastelain,  écuyer,  Sgr  de  Leury, 
aurait  épousé  demoiselle  Madeleine  de  Donon  par  contrat  du 
11  mai  1566  dans  lequel  il  est  ainsi  désigné.  Une  note  de  d'Hozier 
apprend  que  ce  contrat  est  faux.  Dans  la  réalité  la  famille  Chastelain 
de  Prondines  tirait  sa  noblesse  de  la  charge  de  secrétaire  du  Roi, 
maison  et  couronne  de  France,  dont  fut  pourvu  le  23  juin  1658 
Claude  Chastelain,  sieur  de  la  Selle,  petit-fds  des  précédents. 
Claude  Chastelain  fut  nommé  conseiller  d'État  l'année  suivante. 
Il  avait  épousé  en  1639  Marie  Polaillon  dont  il  eut  plusieurs  fils. 
L'un  de  ces  lils  fut  le  célèbre  chanoine  Claude  Chastelain,  décédé 
en  1712,  que  Moréri,  dans  le  long  article  qu'il  lui  consacre,  dit  avoir 
été  un  des  hommes  les  plus  singuliers  de  l'Europe.  Un  autre, 
Timoléon,  fut  page  de  la  Grande  Ecurie.  Un  troisième,  enfin,  Pierre 
Chastelain,  chevalier,  Sgr  de  Poix,  Robersart,  Wagnonville,  etc., 
épousa  à  Tournay  le  27  mai  1672  Marie-Florence  de  Wasselin,  dame 
de  Pronville,  en  Artois.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les 
preuves  de  noblesse  qu'un  petit-fils  de  ce  dernier,  Charles-Joseph 
Chastelain  de  Pronville,  né  au  Quesnoy  en  1726,  fit  en  1751  pour  être 
nommé  écuyer  de  la  Petite  Ecurie. 

La  famille  Chastelain  de  Popincourt,  à  Sentis,  portait  pour  armes  : 
à'argent  à  un  chenron  de  sable  accompagné  de  trois  merleltes  de 
même.  Une  généalogie  conservée  dans  les  manuscrits  de  Chérin  en 


102  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

fait  remonter  la  filiation  à  maître  Jean  Chastelain,  licencié  en  droit 
civil,  qui  fut  pourvu  de  l'office  de  conseiller  du  Roi  aux  requêtes 
de  son  hôtel  par  lettres  du  roi  Louis  XII  données  à  Blois  le  21  novem- 
bre lol2  et  dont  le  fils,  Nicolas,  avocat  au  bailliage  de  Senlis,  con- 
trôleur du  domaine  de  S.  M.  en  ladite  ville,  fut  anobli  par  lettres 
données  à  Fontainebleau  en  octobre  lo78.  Le  petit-fils  de  ce  dernier, 
Daniel  Chastelain,  Sgr  de  Popincourt,  lieutenant  particulier  au  bail- 
liage et  siège  présidial  de  Senlis,  fut  nommé  conseiller  d'État  en  1656. 
Il  fut  père  de  René  Chastelain  de  Popincourt,  né  en  1 64 1 ,  qui  fut  main- 
tenu dans  sa  noblesse  le  lo  décembre  1698  par  jugement  de  Phélyp- 
peaux,  intendant  de  Paris.  René  Chastelain  de  Popincourt,  né  en  1749, 
prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Senlis. 

Jean-Alexandre  Chastelain- Deverly,  né  en  1761  à  Sarreguemines, 
commissaire  des  guerres,  ofTicier  de  la  Légion  d'honneur,  fut  créé 
chevalier  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  21  décembre  1808.  Il 
reçut  les  armes  suivantes  :  d'azur  à  une  colombe  d'argent  tenant 
dans  son  bec  une  branche  de  lin  d'or,  accompagnée  en  chef  de  trois 
étoiles  rangées  en  fasce  d'argent  et  soutenue  d'une  Champagne  de 
sinople  chargée  du  signe  des  chevaliers  légionnaires. 

Il  existe  de  nos  jours,  en  Champagne,  une  famille  Chastelain  de 
Thérouanxe  sur  laquelle  on  n'a  pu  se  procurer  de  renseignements. 
Un  représentant  de  cette  famille  a  épousé  en  1909  M"^  Sorin  de 
Bonne. 

CHASTELET  (le  Roux  du)  :  Voyez  :  le  Roux  du  Chastelet. 

CHÂSTELLIER  ide).  Armes  :  d'azur  à  une  tour  d'argent,  crénelée  de 
cinq  pièces  de  même,  maçonnée  et  rustiquée  de  sable,  sommée  de 
trois  tourelles  d'argent.  —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Cimier  :  un 
bras  d'argent,  ayant  sa  cuirasse,  tenant  un  marteau  d'ai'mes  de 
sable.  —  Devise  :  Fatum  virtus,  labor.  —  Autre  devise  :  Fermeté  et 
loyauté. 

La  famille  de  Chastellier  est  originaire  du  Dauphiné.  On  en  trou- 
vera une  généalogie  dans  les  manuscrits  de  Chérin.  On  trouvera 
dans  le  même  recueil  un  rapport  non  daté  dans  lequel  Chérin  s'ex- 
prime en  ces  termes  :  «  La  famille  noble  de  Cliastellier  est  distinguée 
«  par  ses  services  tant  dans  l'épée  que  dans  la  robe  et  par  les 
«  alliances  qu'elle  a  faites  avec  plusieurs  maisons  connues...  » 

La  filiation  suivie  remonte  à  honorable  homme  Jean  Chastellier  le 
vieux,  du  lieu  de  Monteilhé,  au  diocèse  de  Valence,  qui  fit  son  tes- 
tament le  8  septembre  1517  en  faveur  de  son  fils,  honorable  homme 
Charles  ChastelHer,  et  qui  cita  dans  cet  acte  sa  femme,  honnête 


DICTIONNAinR     D  i:  S    FAMILLES     FRANÇAISF.S  103 

femme  Jeanne  Teyssère.  Charles  Chastellier  avait  épousé  Madeleine 
Rossi,  ou  Roussy,parconlratpassélel"janvierl508  devant Toullier, 
notniro  à  Valence.  Il  jouit  d'un  grand  crédit  auprès  des  rois 
Charles  VIII  et  Louis  XII  et  fut  receveur  général  de  leurs  finances 
pendant  les  guerres  d'Italie.  Il  mourut  à  Turin  en  1532  laissant  deux 
fils,  tous  deux  appelés  Jean.  L'aîné  de  ces  deux  frt-res  fut  contrôleur 
général  des  finances  pour  le  Roi  en  Piémont  et  au  marquisat  de  Saluées 
et  ne  laissa  pas  de  Ipostérité.  Le  puîné,  ^Jean  Chastellier,  Sgr  du 
Milieu  et  de  Montferrier,  en  Dauphiné,  général  des  finances  du  Dau- 
phiné  en  1546,  jfut  armé  chevalier  par  le  maréchal  de  Brissac  le 
15avrili5o7,en  présence  detoute  l'armée,  en  récompense  de  son  cou- 
rage et  de  ses  services  ;  il  fut  plus  tard  confirmé  dans  la  possession  de 
son  titre  de  chevalier  par  lettres  patentes  du  roi  Charles  IX.  Il  obtint 
enfin  le  3  juillet  1575  du  roi  Henri  III  des  lettres  patentes  de  confirma- 
tion de  noblesse  et  d'anoblissement  en  tant  que  besoin  dont  on  trou- 
vera le  texte  dans  le  jVouveau  dCHozier.  Il  avait  épousé  en  1558,  pen- 
dant son  séjour  en  Italie,  Hippolyte  Scharavelli,  originaire  de  Turin 
et  dame  en  partie  de  Cérisoles,  qui  fut  nommée  en  1580  dame  d'hon- 
neur de  la  reine  Catherine  de  Médicis.  Il  fut  nommé  en  1577  surin- 
tendant des  finances  dans  toutes  les  provinces  où  le  Roi  avait  des 
armées  et  mourut  en  1588.  Il  laissait  deux  fils,  Guy  et  Gabriel-Phi- 
lippe Chastellier,  qui  furent  successivement  généraux  des  finances 
en  Dauphiné.  Le  second  de  ces  deux  frères  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  le  20  juin  1635  par  jugement  de  Talon,  intendant  du  Dau- 
phiné. Il  avait  épousé  Alix  Bessonet.  Il  en  laissa  plusieurs  fils  qui 
furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le  12  juillet  1668  par  jugement 
rendu  à  Vienne  de  l'intendant  Dugué.  Ce  jugement  est  rapporté  tout 
au  long  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  André  de  Chastellier,  fils  aîné  de 
Gabriel-Philippe  et  d'Alix  Bessonet,  fut  connu  sous  le  titre  de  comte 
de  Cérisoles  ;  il  épousa  en  1654  Charlotte  de  Villars  et  en  eut  plusieurs 
fils  qui  moururent  sans  postérité.  Son  frère,  Scipion  de  Chastellier, 
Sgr  de  Cérisoles,  né  en  1618,  marié  en  1655  à  Dorothée  de  Mistral, 
fut  président  au  bureau  des  finances  de  la  généralité  de  Grenoble.  Il 
laissa  également  plusieurs  fils  dont  deux,  Joachim  etGuillaume,  furent 
les  auteurs  de  deux  rameaux. 

Le  premier  rameau  est  aujourd'hui  éteint.  Son  auteur,  Joachim  de 
Chastellier,  baron  de  Cérisoles,  reçu  en  1705  conseiller  d'honneur 
au  Parlement  de  Grenoble,  avait  épousé  en  1696  Catherine  Poisson, 
héritière  du  marquisat  du  Mesnil,  en  Normandie.  Il  fut  père  de  Charles- 
Joachim  de  Chastellier,  lieutenant  général  des  armées  du  Roi 
en  1748,  commandeur  de  Saint-Louis,  inspecteur  général  de  cavalerie, 
décédé  en  1764,  en  faveur  duquel  la  terre  du  Mesnil  fut  confirmée 


104  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

dans  son  titre  de  marquisat  par  lettres  patentes  de  décembre  17oo 
rapportées  tout  au  long  dans  le  Nouveau  dHozier.  Esprit-François, 
marquis  de  Chastellier  du  Mesnil,  fils  de  cet  officier  général,  né 
en  1752,  décédé  prématurément  en  1786,  avait  épousé  Frédérique- 
Auguste  de  Deux-Ponts,  comtesse  de  Forbach.  Cette  dame,  qui  fut 
admise  aux  honneurs  de  la  Cour  en  1787,  était  née  du  mariage  que 
Christian  IV,  prince  palatin,  duc  souverain  de  Deux-Ponts,  contracta 
en  1757  avec  M"^  Camasse,  danseuse,  titrée  comtesse  de  Forbach. 
M™*  de  Chastellier  eut  une  fille  qui  épousa  successivement  le  mar- 
quis des  Ligneris  et  le  vicomte  d'Hervilly  et  qui  mourut  en  1850. 

L'auteur  du  second  rameau,  Guillaume  de  Chastellier,  baptisé  en 
1658,  fut  gentilhomme  d'honneur  de  ^1""=  la  duchesse  d'Orléans  et 
épousa  en  1711  M"'"  Lhostellier,  d'une  famille  bourgeoise  de  Valence. 
11  fut  père  de  Joachim  de  ChastelHer,  décédé  en  1787,  qui  épousa 
en  1 740  Diane  de  Durand,  et  grand-père  de  Charles-Louis-Joachim  de 
Chastellier,  né  à  Valence  en  1747,  qui  épousa  M""^  de  Pascal.  Ce  der- 
nier est  vraisemblablement  le  même  personnage  qu'un  marquis  de 
Chastellier  qui  signa  en  1789  une  protestation  de  la  noblesse  de 
l'élection  de  Valence.  Joachim-lsidore  de  Chastellier,  né  à  Xîmes 
en  1775,  maire  de  cette  en  1825,  député  du  Gard  sous  la  monarchie 
de  Juillet,  décédé  dans  sa  ville  natale  en  1861 ,  avait  été  créé  pair  de 
France  par  Louis-Philippe  en  1841.  Ce  rameau  s'est  perpétué  jusqu'à 
nos  jours  dans  le  département  du  Gard.  Son  chef  est  connu  sous  le 
titre  de  marquis  de  Chastellier. 

Principales  alliances  :  de  Roquefeuil  1857,  de  Pierre  de  Bernis  vers 
1875,  de  Corbeau  1698,  de  Poisson  du  Mesnil  1696,  de  Cheylus,  de 
Boisse  1777,  de  Deux-Ponts,  d'Aurel  1723, 1774,  Chastelain  de  Belle- 
roche,  des  Ligneris,  etc. 

La  puissanle  famille  dont  il  vient  d'être  parlé  et  dont  un  rameau 
a  possédé  le  marquisat  du  Mesnil,  en  Normandie,  est  distincte  d'une 
famille  du  Chastelier  qui  a  possédé  la  seigneurie  de  Saint-Germain 
dans  cette  même  province.  Cette  famille  portait  pour  armes  :  à'azur 
à  trois  losanges  (ïor  rangés  en  chef,  accompagnés  en  pointe  de  trois 
croissants  d'argent.  Elle  fut  condamnée  à  l'amende  comme  usur- 
patrice de  noblesse  d'abord  le  8  février  1669  par  jugement  de  M.  de 
la  Gallissonnière,  intendant  de  Rouen,  puis,  sur  appel,  par  arrêt  du 
Conseil  d'État. 

Plusieurs  familles  du  Chastellier  ont  appartenu  à  l'ancienne  noblesse 
de  Bretagne.  Deux  de   ces  familles,  toutes   deux   du   diocèse  de 
Rennes,  subsistaient  lors  de  la  grande  recherche  de  1666. 
,   L'une  d'elles,  qui  possédait  une  seigneurie  de  son  nom  dans  la 
paroisse  de  Corps-Nu,  portait  pour  armes  :  de  gueules  à  un  dextro- 


DICTIONNAIRE     DES    FAMIM.ES    FRANÇAISES  105 

chère  mouvant  de  séneslre,  tenant  une  fleur  de  lys  d'argent  et  accom- 
pagné de  quatre  besants  du  même,  un  en  chef,  deux  aux  flancs  et  un 
en  pointe.  Elle  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  par  jugement  du 
19  novembre  1668  après  avoir  justifié  sa  descendance  de  l^ierre  du 
Ghastellier  qui  épousa  Jacquemine  d'Acigné  dans  les  premières 
années  du  w"  siècle.  Ce  Pierre  du  Ghastellier  paraît  avoir  été  un  cadet 
d'une  famille  du  Ghastellier  qui  avait  eu  pour  berceau  la  seigneurie 
de  son  nom,  en  la  paroisse  d'Éréac,  au  diocèse  de  Saint-Malo,  dont 
un  représentant,  Guillaume,  se  croisa  en  1248,  d'après  un  titre  de 
la  collection  Gourtois,  qui  portait  pour  armes  :  à' or  au  chef  de  sable 
chargé  d'un  lambel  d'argent  et  qui  se  fondit  en  1480  dans  la  famille 
de  Villeblanche.  Geltc  famille  a  donné  plusieurs  conseillers  et  en  1694 
un  président  à  mortier  auParlemenl  de  Bretagne.  Elle  s'éteignit  avec 
Pierre-Etienne  du  Ghastellier  de  la  Haullaye,  baron  de  Ghatcloger, 
qui  fut  tué  à  l'ennemi  en  1704. 

L'autre  famille  du  Ghastellier  possédait  une  seigneurie  de  son  nom 
dans  la  paroisse  du  Vieux-Viel.  Elle  portait  pour  armes  :  d'argent  à 
une  aigle  de  sable,  becquée  etmembrée  de  gueules.  Elle  fut  maintenue 
dans  sa  noblesse  par  arrêts  du  16  août  1669  et  du  4  août  1670  après 
avoir  justifié  sa  descendance  de  Mathurin  du  Ghastellier  qui  avait 
épousé  à  la  fin  du  \v^  siècle  Georgine  du  Plessis.  On  trouvera  dans 
le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que  son  chef,  Gharles 
du  Ghastellier,  Sgr  du  Rifray,  en  la  paroisse  de  Ghanteloup,  au  dio- 
cèse de  Rennes,  marié  à  Pontorson  en  1772  à  Anne  Leroy  de  Brée,  fit 
sous  Louis  XVI  pour  obtenir  l'admission  à  l'Ecole  militaire  d'un  de 
ses  fils,  Jean-  Baptiste,  né  en  1776.  Un  frère  aîné  de  ce  jeune  homme, 
Gharles-Nicolas  du  GhastelHer,  né  à  Ghanteloup  en  1774,  marié  à 
M"^  du  Quesnoy,  fut  fusillé  en  1801  par  ordre  de  Georges  Gadoudal. 

GHASTELLUX  (dej.  Armes  :  écarteléaux  i  et  A  d'azur  à  une  bande  d'or 
accompagnée  de  sept  billettes  du  même,  posées  droites,  six  dans  la 
direction  de  la  bande  et  une  à  l'angle  sénestre  supérieur,  qui  est  de 
Ghastellux  ;  aux  ^  et  S  d argent  à  une  bande  d'azur,  qui  est  de  Dur- 
fort.  —  Gimier  :  une  tête  couverte  d'un  voile,  couronnée  à  l'antique 
et  accostée  de  deux  oiseaux.  —  Gouronne  ducale.  —  Supports  :  deux 
lions.  —  Manteau  de  pair  de  France.  —  Devise  :  Vaincre  ou  mourir. 
La  maison  de  Ghastellux,  anciennement  de  Beauvoir  de  Ghastellux, 
est  une  des  plus  illustres  de  l'aristocratie  française.  Elle  descend  des 
anciens  sires  de  Montréal  qui  occupaient  au  moyen  âge  un  rang  consi- 
dérable dans  la  noblesse  de  Bourgogne  et  dont  elle  porte  encore  les 
armoiries.  Anséric  IV,  sire  de  Montréal  se  croisa  en  1147.  Anséric  VI, 
sire  de  Montréal,  neveu  par  sa  femme  du  duc  de  Bourgogne,  se  croisa 


106  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

à  son  tour  en  1189.  Hugues  de  Montréal,  décédé  le  18  mars  1231,  fut 
évêque  de  Langres. 

Jean  de  Montréal,  cadet  de  cette  puissante  maison,  possédait 
dès  1248  la  seigneurie  de  Beauvoir  sous  le  nom  de  laquelle  ses  des- 
cendants furent  exclusivement  connus  pendant  plusieurs  généra- 
tions. C'est  donc  par  erreur  que  le  Père  Anselme  et  les  généalogistes 
qui  l'ont  copié  ont  fait  descendre  la  maison  actuelle  de  Chastellux 
d'un  Jean,  Sgr  d'Auxerre,  qui  en  l3o2  servait  en  Picardie  sous  le  roi 
de  Navarre  et  qui  aurait  épousé  antérieurement  à  1339  Jacquette 
d'Autun,  héritière  de  la  seigneurie  de  Beauvoir.  11  est  aujourd'hui  établi, 
grâce  en  partie  aux  savantes  recherches  de  son  chef  actuel,  que  la 
maison  de  Chastellux  descend  dun  Jean  de  Beauvoir,  écuyer,  qui 
avait  épousé  Jacquette  de  Bordeaux  dans  la  première  moitié  du 
xiv^  siècle.  Guillaume  deBeauvoir, fils  duprécédent,recueillitenl384, 
par  donation  de  sa  tante  maternelle,  Jacquette  de  Bordeaux,  la  sei- 
gneurie considérable  de  Chastellux-sur-Cure,  située  près  d'Avalloii, 
au  diocèse  d'.\utun,  sur  les  contins  de  la  Bourgogne  et  du  Nivernais. 
11  épousa  d'abord  Alix  de  Bourbon,  fdle  du  seigneur  de  Montpéroux, 
puis  Jeanne  de  Saint-Vérain,  veuve  de  Geoffroy  du  Bouchet,  fut  con- 
seiller et  chambellan  du  duc  de  Bourgogne,  mourut  le  6  juin  1408  et 
fut  enterre  aux  Cordeliersde  Vézelay.  Il  laissait  de  sa  seconde  union 
deux  tils,  Claude  et  Georges  de  Beauvoir,  Sgrs  de  Chastellux,  qui 
furent  des  personnages  fort  puissants.  Le  second  de  ces  deux  frères, 
Georges,  décédé  dans  la  suite  sans  laisser  de  postérité,  fut  nommé 
amiral  de  France  en  1420.  L'aîné,  Claude,  d'abord  conseiller  et  cham- 
bellan du  duc  Jean,  en  1 409,  puis  gouverneur  du  Nivernais,  alors  pos- 
session des  ducs  de  Bourgogne,  dirigea  la  petite  troupe  de  Bourgui- 
gnons que  Perrinet  Leclerc  introduisit  dans  Paris  en  1418  et  obtint  le 
2  juin  de  cette  môme  année  le  bâton  de  maréchal  de  France  qui  lui  fut 
retiré  le  22  janvier  1421.  Claude  de  Chastellux  contribua  pour  une 
grande  part  à  la  victoire  que  les  Bourguignons  et  les  .anglais  rem- 
portèrent à  Crevant-sur- Yonne  en  1423  sur  les  troupes  du  roi 
Charles  Vil;  après  le  combat  il  remit  la  ville  de  Crevant  au  chapitre 
d'Auxerre  et,  en  récompense  de  ce  service,  obtint  pour  lui  et  pour  ses 
descendants  à  perpétuité  le  droit  de  siéger  aux  assemblées  de  ce 
chapitre,  de  s'en  qualifier  premier  chanoine  honoraire  et  d'entrer  dans 
la  cathédrale  d'Auxerre  l'épée  au  côté,  revêtu  d'un  surplis,  l'aumusse 
sur  le  bras,  tenant  un  faucon  sur  le  poing.  11  mourut  en  mars  1453  et  fut 
inhumé  dans  la  cathédrale  d'Auxerre.  Il  portait  la  qualification  de 
vicomte  d'Avalionque  ses  descendants  ont  conservée  jusqu'à  l'époque 
de  la  Révolution.  Le  maréchal  de  Chastellux  laissa  de  son  troisième 
mariage  avec  Marie  de  Savoisi  plusieurs  enfants  qui  laissèrent  tomber 


Dir.TIONNAIRR     DRS    FAMILLES    FRANÇAISES  107 

en  dôsuélude  le  nom  de  Beauvoir  pour  ne  conserver  que  celui  de  leur 
seig-nourie  do  Chastclhix.  Son  fils  aîné,  Jean,  sire  de  Chastellux, 
Sgr  de  Bazernes  et  de  Coulanges,  vicomte  d'Avallon,  cliambellan  du 
Roi,  fut  admis  aux  Étals  de  Bourgogne  en  1460.  Le  fds  de  celui-ci, 
Philippe,  Sgr  de  Chastellux,  vicomte  d'Avallon,  élevé  parmi  les 
enfants  d'honneur  du  roi  Charles  VIII,  épousa  en  deuxièmes  noces,  le 
9  août  1502,  Barbe  de  Ilochberg.  Il  en  eut  plusieurs  fds,  dont  trois, 
Philippe,  Louis  et  Olivier,  furent  les  auteurs  de  trois  branches. 

La  branche  aînée,  dite  des  seigneurs  de  Bazernes,  et  la  troisième 
branche,  dite  des  seigneurs  de  Coulanges,  s'éteignirent  après  quel- 
ques générations. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  aujourd'hui  seule  existante,  Louis, 
Sgr  de  Cliastellux,  vicomte  d'Avallon,  fut  gentilhomme  ordinaire  de 
la  chambre  du  Roi,  chevalier  de  son  Ordre,  gouverneur  de  Marsal 
en  1569  et  de  la  citadelle  de  Metz  en  1570.  Son  petit-fds,  Hercule, 
vicomte  d'Avallon,  obtint  par  lettres  patentes  de  1621  l'érection  en 
comté  de  sa  seigneurie  de  Chastellux.  Il  fut  père  de  César-Philippe, 
comte  de  Chastellux,  vicomte  d'Avallon,  maréchal  de  camp,  décédé 
en  1695,  et  grand-père  de  Guillaume-Antoine,  comte  de  Chastellux, 
vicomte  d'Avallon,  lieutenant  général  des  armées  du  Roi,  marié  en 
1722  à  M''^  d'Aguesseau  et  décédé  en  1742.  Ce  dernier  laissa,  entre 
autres  enfants,  trois  fds  :  1°  César-François,  né  en  1723,  qui  con- 
tinua la  descendance;  2°  Louis-Philippe,  connu  sous  le  titre  de  mar- 
quis de  Chastellux,  maréchal  de  camp  en  1762,  qui  mourut  sans 
postérité;  3°  François-Jacques,  né  en  1734,  connu  sous  le  titre  de 
chevalier,  puis  sous  celui  de  marquis  de  Chastellux,  écrivain  dis- 
tingué, membre  de  l'Académie  française  en  1775,  décédé  en  1788, 
dont  le  fils  unique,  Alfred-Philippe,  comte  de  Chastellux,  né  pos- 
thume en  1789,  marié  en  1819  à  M"«  Bruzelin,  décédé  sans  posté- 
rité en  1856,  fut  appelé  par  Louis-Philippe  à  la  Chambre  des  pairs 
en  1845.  César-François,  comte  de  Chastellux,  vicomte  d'Avallon,  cha- 
noine héréditaire  de  la  cathédrale  d'Auxerre,  brigadier  d'infanterie, 
mourut  dès  1749.  Son  fds  unique,  Henri-César,  comte  de  Chastellux, 
vicomte  d'Avallon,  maréchal  de  camp  en  1788,  chevalier  d'honneur 
de  Madame,  décédé  en  1814,  avait  épousé  en  1773  M"^ de  Durfort,  une 
des  fdles  du  duc  de  Civrac.  Il  en  laissa  deux  fds,  César-Laurent  et 
Henri-Louis,  dont  il  va  être  parlé,  et  trois  fdles.  La  plus  jeune  de 
celles-ci  avait  épousé  en  1813  le  célèbre  colonel  comte  de  la  Bédoyère 
qui  fut  fusillé  en  1815.  César-Laurent,  comte  de  Chastellux,  né  à  Ver- 
sailles en  1780,  maréchal  de  camp  en  1821,  décédé  au  château  de 
Chastellux  en  1854,  fut  créé  pair  de  France  héréditaire  en  dé- 
cembre 1823;  de  son  mariage,  en  1813,  avec  la  comtesse  de  Vogué,  née 


108  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Damas  d'Antigny,  il  laissa  deux  filles  dont  l'aînée  épousa  le  marquis 
deLur-Saluces  etdontla  seconde  épousa  son  cousin  germain,  le  comte 
de  Chaslellux.  Son  frère,  Henri-Louis  de  Chastellux,  né  à  Versailles 
en  1786,  ambassadeur  sous  la  Restauration,  commandeurdela  Légion 
d'honneur,  décédé  en  1863,  avait  épousé  en  1819  sa  cousine,  Claire- 
Benjamine  de  Durforl,  fille  du  dernier  duc  de  Duras.  Il  fut  autorisé  par 
ordonnance  du  loaoùt  1819àfaireprccéder  sonnom  de  celui  de  Duras, 
reçut  le  titre  héréditaire  de  marquis  de  Duras-Chastellux  par  lettres 
patentes  du  27  août  1819,  puis  celui  de  duc  de  Rauzan  par  brevet  du 
31  août  suivant  et  fut  enfin  confirmé  dans  la  possession  héréditaire 
de  ce  dernier  titre  et  substitué  à  la  pairie  héréditaire  de  son  beau- 
père,  le  duc  de  Duras,  par  ordonnance  du  roi  Charles  X  du  25  dé- 
cembre 1825.  Son  fils,  Amédée-Henri,  né  en  1821,  marié  en  1842  à  sa 
cousine  M"'^  de  Chastellux,  et  son  petit-fils,  Henri-César,  marié  en 
1869  à  M'"^  de  Virieu,  possesseur  actuel  du  magnifique  château  de 
Chastellux,  n'ont  été  connus  que  sous  le  titre  de  comte  de  Chastellux. 
Mais  son  arrière-petit-fils,  Olivier,  né  en  1878,  marié  en  1910  3^1'"^  de 
Courcel,  porte  le  titre  de  marquis  de  Duras-Chastellux. 

La  maison  de  Chastellux  a  été  admise  aux  honneurs  de  la  Cour  de 
France  en  1765  et  1768. 

Elle  a  donné  plusieurs  chevaliers  à  l'Ordre  de  Malte  depuis  César 
de  Chastellux  d'Avallon,  reçu  en  1600. 

Un  grand  nombre  de  ses  membres  ont  péri  sur  différents  champs 
de  bataille. 

Principales  alliances  :  de  Bourbon,  de  Jaucourt,  de  Grancey  1409, 
de  Longvi,  de  Savoisy,  d'Anlczy,  de  Montmorillon,  Aux-Epaules,  de 
Confiaus  1561,  de  Culant,  de  Chevron-Villettc,  de  Choiseul-Traves, 
de  Moroges,  du  Plessis-Liancourt  1586,  de  Gauville,  d  Esguilly,  de 
Meun  de  la  Ferté  1564,  de  Clermont  d'Amboise  1583,  Barillon,  de 
Saint-Chamans  1687,  de  Vienne  de  Comarin,  d'Aguesseau  1722,  de 
la  Tournelle  1749,  Jubert  1745,  de  Durfort-Civrac  1773,  de  Durfort 
de  Duras  1819,  de  Damas  d'Antigny  1813,  1814,  de  Percin  de  la 
Valette-Montgaillard  1817,  Huchet  de  la  Bédoyère  1813,  de  Lur- 
Saluces  1835,  de  Lubersac  18 12,  de  Blacas  1849,  de  Virieu  1869,  de 
Warrcn  1898,  etc. 

CHASTENET   d'Hugonneau  de).  Voyez:  Hugonneau  de  Chastenet(d'). 

CHASTENET  de  GÉRY. 

Famille  d'ancienne  bourgeoisie  du  Bas-l^imousin. 
Jean  ChasLenet,   du  lieu  de  Géry,  notaire  et  procureur,  épousa 
en  1676  Marguerite  Robert. 


DICTIONNAIHIi     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  109 

La  lamille  Chaslenet  de  Géry  compte  encore  des  représentants. 

CHASTENET  de  PUYSÉGUR  (de).  Armes  :  d'aziir  à  un  chevron  d'argent 
accompagné  en  pointe  d'un  lion  léopardé  d'or;  au  chef  d'or.  —  Cou- 
ronne :  de  Marquis.  —  Devise  :  Spes  mea  Deus. 

La  maison  de  Chastenet  de  Puységur,  originaire  de  Lectoure,  en 
Gascogne,  occupe  depuis  la  fin  du  xvi^  siècle  un  rang  considérable 
dans  l'aristocratie  française.  Jusqu'à  ces  derniers  temps  on  la  con- 
sidérait comme  de  très  ancienne  extraction  et  tous  les  généalogistes 
des  xvii%  xviii*  et  xix^  siècles  l'ont  fait  descendre  d'une  famille  de 
Chastenet  de  Pu/ferrier  qui  a  appartenu  à  la  noblesse  du  Limousin 
et  dont  des  branches  se  sont  répandues  dans  la  Marche  et  le  Mont- 
morillonnais.  Ce  nest  que  tout  récemment  que  l'on  a  connu  définiti- 
vement l'origine  de  la  maison  de  Chastenet  de  Puységur  grâce  aux 
savantes  recherches  de  M.  de  Jaurgain  et  de  M.  J.-B.  Escarnot.  On 
trouvera  sur  cette  origine  des  détails  très  curieux  et  très  concluants 
dans  une  intéressante  notice  sur  le  château  de  Puységur  que 
M.  Escarnot  a  fait  paraître  dans  la  Revue  de  Gascogne  en  jan- 
vier 1908. 

Nicolas  de  Castanet,  ou  de  Chastanet,  auquel  seulement  remonte 
la  filiation,  fut  consul  de  Lectoure  en  1518,  1514  et  1524.  Ce  Nicolas 
Castanet  paraît  avoir  été  simplement  marchand  drapier.  On  peut 
voir,  en  effet,  dans  les  comptes  consulaires  de  Lectoure  des  années 
1516  et  1517  que  le  drap  noir  et  rouge  employé  pour  les  robes  des 
consuls  fut  acheté  chez  Nicolas  Castanet,  marchand  de  la  ville.  Ni- 
colas de  Castanet,  bourgeois  de  Lectoure,  Sgr  de  Puységur,  est  ainsi 
désigné  dans  un  acte  de  1544.  Les  généalogistes  anciens  ont 
avancé  que  ce  Nicolas  de  Castanet  était  un  fils  de  Jean  de  Chastenet 
chevalier,  Sgr  de  Puyferrier,  en  Limousin,  et  de  sa  seconde  femme 
Dominge  de  la  Lande,  dame  de  Puységur,  et  qu'il  était  venu 
s'établir  en  Armagnac  où  il  aurait  possédé  du  chef  de  sa  mère  la 
seigneurie  de  Puységur.  Noble  Nicolas  de  Castanet,  Sgr  de  Puységur, 
fit  son  testament  le  29  janvier  1548  devant  maître  Darbens,  notaire  à 
Lectoure.  Dans  cet  acte  il  mentionne  sa  mère  qu'il  appelle  Domenge 
de  Saint-Lana  et  non  pas  Domenge  de  la  Lande.  D'après  M.  de  Jaur- 
gain' la  famille  de  Saint-Lana  appartenait  à  la  bourgeoisie  de 
Lectoure.  Dans  ce  même  testament  de  1548  Nicolas  de  Castanet, 
Sgr  de  Puységur,  demanda  à  être  inhumé  dans  la  cathédrale  Saint- 
Gervais,  devant  l'autel  de  Marie-Madeleine,  là  oii  ses  prédécesseurs 
ont  été  ensépulturés,  ce  qui  prouve  bien  qu'il  n'était  pas  venu  du 
Limousin.  Nicolas  de  Castanet  paraît  avoir  acquis  dans  son  commerce 

*  Troisvilles,  d'Artagnan  et  les  trois  mousquetaires,  1910,  avant-propos. 


ItO  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

une  fortune  considérable  qui  lui  permit  d'acheter  en  1528  des  cura- 
teurs de  Jean  dé  Biran  de  Verduzan  l'importante  seigneurie  de  Puy- 
ségur,  située  au  comté  de  Fezensac,  en  Armagnac  ^  C'est  donc  par 
erreur  que,  dans  une  notice  généalogique  sur  la  maison  de 
Chastenet  de  Puységur,  publiée  il  y  a  quelques  années,  le  comte 
Robert  dePuységur  a  avancé  que  Bernard  de  Castanet,  fds  cadet  du 
seigneur  de  Puyferrier,  en  Limousin,  était  devenu  seigneur  de  Puy- 
ségur, en  Armagnac ,  par  donation  de  son  frère  aîné,  François  de  Chas- 
tenet, Sgr  de  Puyferrier,  lequel  n'avait  pas  eu  d'enfants  mâles  de  son 
mariage  avec  Jeanne  de  Pérusse  des  Cars,  héritière  de  la  seigneurie 
de  Puységur.  La  famille  de  Pérusse  des  Cars  a  bien  possédé  une  sei- 
gneurie de  Puységur,  ou  Pu/sségur  ;  mais  cette  seigneurie,  située  au 
diocèse  de  Montauban  et  dans  le  canton  actuel  de  Cadours  (Haute- 
Garonne),  était  distincte  de  la  seigneurie  de  Puységur  que  les  Castanet 
possédaient  en  Armagnac  et  on  peut  voir,  du  reste,  dans  le  Père 
Anselme,  qu'au  xviii''  siècle  elle  appartenait  encore  aux  des  Cars. 
Nicolas  de  Castanet,  premier  seigneur  de  Puységur,  s'agrégea  à  la 
noblesse  dans  les  dernières  années  de  sa  vie.  Il  avait  épousé  Gui- 
raude,  ou  Géraude,  Foassin,  d'une  famille  de  la  bourgeoisie  de  Lec- 
toure.  11  en  eut  deux  filles  qui  ne  sont  pas  mentionnées  par  les  généa- 
logistes. L'aînée  de  ces  deux  filles,  Anne,  épousa  successivement 
François  Tappie,  bourgeois,  et  maître  Jean  Duluc,  contrôleur  des 
tailles.  La  seconde,  Géraude,  épousa  Pierre  Roux,  procureur  général 
en  la  sénéchaussée  d'Armagnac.  Nicolas  de  Castanet  laissa  aussi  plu- 
sieurs fils.  L'aîné  de  ces  fils,  Joseph,  Sgr  de  Puységur,  mourut  en  1591 
sans  postérité.  Le  second,  Bernard  de  Chastenet,  devint  seigneur  de 
Puységur  après  la  mort  de  son  frère  aîné,  en  1591,  et  continua  la  des- 
cendance. 

La  Chesnaye  des  Bois  croit  que  Jean  de  Chastenet,  le  plus  jeune  fils 
de  Nicolas,  fut  l'auteur  d'une  branche  assez  obscure  qui  alla  se  fixer 
dans  le  Palatinat.  Le  dernier  représentant  de  cette  branche,  Barthé- 
lémy de  Chastenet,  sieur  de  Puységur,  brigadier  et  inspecteur  de  cava- 
lerie, maréchal  de  camp,  obtint  en  août  1701  des  lettres  patentes  de 
confirmation  de  noblesse  et  d'anoblissement  en  tant  que  besoin  qui 
sont  rapportées  tout  au  long  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  Il  obtint  en 
même  temps  un  règlement  d'armoiries  qui  l'autorisait  à  porter  le 
blason  de  la  maison  de  Chastenet  de  Puységur.  11  épousa  l'année 
suivante  Henriette  de  Chastenet  de  Puységur,  fille  du  seigneur  de  la 
Coupète. 

Bernard  de  Chastenet,  Sgr  de  Puységur,  second  fils  de  Nicolas, 

'  Revue  de  Gascogne  XL,  pags  463. 


DIClMONNAinK     DRS     KAMILLKS     FHANÇAISES  111 

fut  gentilhomme  ordinaire  de  la  ciiambre  du  Roi  et  vice-sénéchal 
d'Armagnac,  rendit  d'importants  services  au  roi  Henri  IV  pendant 
les  guerres  de  religion  et  commença  la  série  des  grandes  alliances  de 
sa  famille  en  épousant  le  30  août  loS6  Marguerite  de  Pins,  issue 
d'une  des  plus  illustres  maisons  du  midi  de  la  France.  11  eut  de 
cette  union  trois  fils,  Jean,  Hérard  et  Pierre  de  Chastenet,  qui  furent 
les  auteurs  de  trois  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Jean  de  Chastenet,  chevalier,  Sgr  de 
Puységur,  épousa  le  15décembre  1590  Madeleine  d'Espagne,  fdle  du 
baron  de  Ramefort  et  issue  d'une  puissante  famille  du  midi  de  la 
France.  Il  en  eut  sept  fds  dont  deux,  Jean  et  Jacques,  furent  les 
auteurs  de  deux  grands  rameaux.  La  Chesnaye  des  Bois  croit  qu'un 
des  cadets  fut  l'auteur  d'une  famille  de  Chastenet,  éteinte  en  1828, 
qui  au  xviii*  siècle  était  fixée  en  Périgord  et  dont  il  sera  dit  quelques 
mots  à  la  fin  de  cette  notice. 

Jean  de  Chastenet,  chevalier,  Sgr  de  Puységur,  auteur  du  premier 
rameau  de  la  branche  aînée,  épousa  par  contrat  du  19  février  1614 
Marie  de  Cère,  fille  de  Jean  Cère,  bourgeois  de  Lectoure,  et  de 
Françoise  de  Bordes.  Sa  descendance  fut  maintenue  dans  sa  noblesse 
le  12  décembre  1697,  sur  preuves  remontantautestamentde  1548,  par 
iugement  de  Sanson,  intendant  de  Montauban.  Elle  s'éteignit  avec 
Anne-Thérèse  de  Puységur  qui,  en  1717,  épousa,  dans  la  chapelle  de 
Puységur,  Jacques  de  la  Rochefontenilles,  marquis  de  Gensac,  et  qui, 
en  1 735,  fit  restaurer  le  château  de  Puységur.  Après  la  mort,  survenue 
en  1824,  de  la  comtesse  de  Montmorency-Laval,  née  la  Rochefonte- 
nilles-Gensac,  le  château  de  Puységur  fut  mis  en  vente  et  fut  racheté 
par  le  comte  Ladislas  de  Puységur.  Celui-ci  le  laissa  à  son  neveu, 
René,  marquis  de  Puységur,  qui  mourut  sans  postérité  en  1895.  Ce 
château  est  devenu  en  1896  la  propriété  du  régisseur,  M.  Revollat. 

Jacques  de  Chastenet  de  Puységur,  auteur  du  second  rameau  de 
la  bi^anche  aînée,  fut  maître  d'hôtel  du  Roi  et  lieutenant  général  de 
ses  armées  ;  il  s'était  fixé  en  Soissonnais  après  son  second  mariage, 
en  1644,  avec  M^'«  du  Bois  de  Liège  et  avait  acquis  dans  ce  pays  la 
vicomte  de  Buzancy.  Il  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  9  sep- 
tembre 1667  par  arrêt  du  Conseil  d'État,  puis  l'année  suivante  par 
jugement  de  Dorieu,  intendant  de  Soissons.  Il  mourut  en  1682  au 
château  de  Berrioville  qu'il  possédait  près  de  Guise.  Ses  Mémoires, 
qui  s'étendent  de  1617  à  1658,  ont  été  publiés  en  1747.  Son  fils, 
Jacques  de  Chastenet,  né  en  1659,  connu  sous  les  titres  de  marquis  de 
Puységur,  de  vicomte  de  Buzancy,  de  premier  quart-comte  de  Sois- 
sons,  fut  un  des  plus  brillants  officiers  généraux  de  son  temps,  fut 
chargé  par  Louis  XIV  de  plusieurs  missions  diplomatiques,  fit  partie 


112  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

du  Conseil  de  la  guerre  pendant  la  minorité  de  Louis  XV,  obtint  le 
bâton  de  maréchal  de  France  en  l73o,  fut  nommé  en  1739  chevalier 
des  Ordres  du  Roi  et  mourut  en  1743.  On  a  de  lui  un  A7't  de  la  guerre 
rédigé  pour  l'instruction  du  duc  de  Bourgogne  dont  il  était  gentil- 
homme de  la  manche.  I>e  maréchal  de  Puységur  laissa  un  fds  unique, 
Jacques,  marquis  de  Puységur,  né  en  1716,  lieutenant  général  des 
armées  du  Roi  en  17o9.  grand-croix  de  Saint-Louis  en  1770,  décédé 
en  1782.  Celui-ci  eut  trois  fils  :  1°  Armand-Jacques,  né  en  17ol,  marié 
en  1781  à  M"*  Baudard  de  Saint-James,  fille  du  célèbre  financier, 
maréchal  de  camp  en  1791,  maire  de  Soissons  en  1800,  auteur  de 
plusieurs  ouvrages  snr  le  magnétisme,  décédé  en  182o  au  château 
de  Buzancy,  qui  fut  confirmé  par  lettres  patentes  du  30  avril  1822, 
sur  institution  de  majorât,  dans  la  possession  héréditaire  du  titre  de 
marquis  de  Puységur  et  dont  la  descendance  masculine  s'estéteinte 
en  1879  ;  2»  Antoine-Hyacinthe-Anne,  né  en  1752,  contre-amiral  de  la 
flotte  portugaise  pendant  l'émigration,  marié  en  1780  à  M"*  Ricouart 
d'Hérouville,  décédé  en  1809.  dont  la  descendance  subsiste  ;  3°  Jac- 
ques-Maxime-Paul, né  en  17oo,  maréchal  de  camp  en  1814,  marié 
successivement  à  Anne  de  Pichard,  héritière  de  grands  biens  en  Bor- 
delais, et  à  sa  nièce,  Julie  de  Puységur,  fille  d'Armand-Jacques, 
décédé  à  Bordeaux  en  1848,  dont  la  descendance  subsiste  également. 
L'auteur  de  la  seconde  branche,  Hérard  de  Chastenet,  Sgr  de  Bar- 
rast,  en  Albigeois,  fut  conseiller  au  Parlement  de  Toulouse.  Il  fut  père 
de  Jean-Jacques  de  Chastenet,  Sgr  de  Barrnst,  qui  lui  succéda  dans 
sa  charge  en  1634.  L'arrière-petit-fils  de  celui-ci,  Pierre-Hercule  de 
Chastenet,  chevalier,  Sgr  de  Barrast,  né  en  1664,  fut  le  premier  de 
cette  branche  qui  prit,  avec  le  titre  de  comte,  le  nom  de  Puységur 
illustré  par  plusieurs  représentants  de  la  branche  aînée.  Il  laissa  plu- 
sieurs fils.  L'aîné  de  ces  fils,  Pierre-Louis  de  Chastenet,  comte  de 
Puységur,  né  en  1727,  lieutenant  général  des  armées  du  Roi,  décédé 
sans  postérité  en  1808,  fut  nommé  en  1788  ministre  de  la  Guerre.  Le 
second,  Barthélcmy-Hercule,  vicomte  de  Puységur,  né  en  1729,  maré- 
chal de  camp  en  1780,  continua  la  descendance .  Un  des  cadets,  Jean- 
Auguste,  né  à  Rabasteins  en  1740,  décédé  au  même  lieu  en  1813,  fut 
successivement  évoque  do  Saint-OmeretdeCarcassonne,  archevêque 
de  Bourges  en  1788  et  député  du  clergé  de  son  diocèse  aux  États  géné- 
raux de  1789.  Un  autre,  Jean-Hercule,  né  d'un  deuxième  lit  en  1758, 
décédé  sans  alliance  en  1820,  fut  lieutenant  général  des  armées  du 
Roi.  Barthélémy-Hercule,  vicomte  de  Puységur,  mentionné  plus  haut, 
épousa  en  1765  M"*  Petit  de  Petival  ;  il  laissa  lui-même  trois  fils  : 
1°  Hercule  de  Chastenet,  comte  de  Puységur,  né  en  1769,  pair  de 
F'rance  héréditaire  en  1823,  créé  comte  héréditaire  sur  institution  de 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  il3 

majorât  par  lettres  patentes  du  5  juillet  1823,  décédé  à  Rabasteins 
en  1848,  dont  la  descendance  n'est  plus  représentée  que  par  sa  petite- 
fille,  la  baronne  douairière  de  Lareinty,  née  Puységur;  2"  Charles- 
Maxime,  né  en  1773,  marié  à  M'"  de  Gottberg,  décédé  en  1849,  dont 
la  descendance  subsiste;  3''  Auguste,  né  en  1774,  marié  en  1804  à 
M""  O'Kclly-O'Farrell,  dont  la  descendance  subsiste  également. 

La  troisième  branche  possédait  la  seigneurie  de  la  Coupète,  en 
Armagnac.  Elle  a  donné  plusieurs  conseillers  au  Parlement  de  Tou- 
louse. Son  chef,  Jean  de  Chastenet,  Sgr  de  la  Coupète,  fut  maintenu 
dans  sa  noblesse  le  6  décembre  1698,  sur  preuves  remontant  à  1548, 
par  jugement  de  Sanson,  intendant  de  Montauban.  Cette  branche 
paraît  avoir  eu  pour  dernier  représentant  Jacques  de  Ciiastenet,  né 
en  1740,  connu  sous  le  titre  de  baron  de  Puységur,  qui  était  en  1776 
capitaine  au  régim.ent  provincial  de  Piodez. 

Plusieurs  représentants  de  la  maison  de  Chastenet  de  Puységur 
furent  admis  aux  honneurs  de  la  Cour  au  xviii®  siècle.  Ils  paraissent 
avoir  joui  de  cette  faveur  avec  dispense  de  preuves,  comme  descen- 
dants d'un  maréchal  de  France.  Il  n'existe  pas,  en  tout  cas,  dans  les 
manuscrits  de  Chérin  de  dossier  sur  leur  famille. 

La  maison  de  Chastenet  de  Puységur  a  fourni  des  chevaliers  de 
Malte,  un  grand  nombre  d'officiers  de  mérite,  dont  plusieurs  ont  été 
tués  à  l'ennemi,  des  gentilshommes  de  la  chambre  et  des  pages 
des  rois  de  France. 

Principales  alliances  :  de  Pins  1556,  d'Espagne  de  Ramefort  1590, 
de  la  Roche-Fontenilles  1717,  de  Polastron-iaHillère,  de  Nettancourt- 
Vaubecourt  1736,  le  Pelletier  d'Aunay,  de  Noue  1801,  Labay  de 
Viella  1826,  d'Hennezel  1821,  le  Roy  de  Saint-Arnaud  1852,  de  Lor- 
geril  1879,  de  Reauffortl866,  de  Mailly-Nesle  1848,  de  Mauléon  1855, 
Thibaut  de  la  Carte  de  la  Ferté-Sénectère  1832,  de  Beaumont  1844, 
Foucher  de  Brandois  1840,  de  Wignacourt  1872,  Gratet  du  Bou- 
chage 1875,  de  Faucigny-Lucinge  1898,  Pourroy  de  l'Auberivière  de 
Quinsonasl872,  CléreldeTocqueville  1894,  de  Bénavent-Rodez  1905, 
de  Preissac  1690,  de  Tholozan  1829,  de  Montcalm  1821,  de  Loé  1879, 
Vogoridy  1894,  d'Adhémar  de  Cransac  1833,  de  Montlezun  1683,  de 
Grossolles-Flamarens,  de  Blacas-Carros  1839,  etc. 

Il  a  existé  en  Périgord  une  famille  de  Chastenet,  ou  Chastanet,  qui 
revendiquait  une  origine  commune  avec  la  puissante  maison  dont  il 
vient  d'être  parlé  et  qui  en  portait  les  armoiries.  Cette  famille  a  pos- 
sédé, entre  autres  biens,  les  seigneuries  d'Eglise-Neuve  et  de  Malaval. 
Elle  a  toujours  été  fort  obscure  et  on  n'a  pu  se  procurer  sur  elle  que 
peu  de  renseignements.  La  Ghesnaye  des  Bois  suppose,  mais  sans  être 
affirmatif,  qu'elle  avait  pour  auteur  un  des  fils  de  Jean  de  Chastenet, 
X.  8 


114  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Sgr  de  Puységur,  marié  en  1590  à  Madeleine  d'Espagne  de  Ramelort. 
On  ne  voit  pas  qù'elleait  fait  reconnaître  sa  noblesse  lors  des  diverses 
recherches  ordonnées  par  Louis  XIV ^  ni  nnême  qu'elle  ait  fait  enre- 
gistrer son  blason  à  l'Armoriai  général  de  16'.'6  ;  ses  membres  parais- 
sent n'avoir  commencé  à  prendre  les  qualifications  nobiliaires  qu'a- 
près le  mariage,  contracté  en  1727,  de  Louis  de  Chastanet  (sic),  Sgr 
d'Église-Neuv€,  avec  Marie  d'Abzac.  Cette  famille  s'est  éteinte  en  la 
personne  de  Louis  de  Chastenet,  Sgr  d'Église-Neuve,  né  en  1762,  qui 
épousa  en  1789  Honorée  Daumesnil  et  qui  mouruten  4828  laissant  une 
fdle  unique.  Celle-ci  est  décédée  à  Périgueux  le  18  décembre  1870 
sans  avoir  contracté  d'alliance. 

La  famille  de  Chastenet  d'Esterre,  actuellement  fixée  à  Paris,  est 
originaire  de  l'Armagnac  et  croit  être  une  branche  de  la  famille  de 
Chastenet  de  Puységur  qui  se  serait  détachée  de  la  souche  à  une 
époque  très  reculée  et,  en  tout  cas,  inconnue.  On  n'a  pu  se  procurer 
de  renseignements  sur  celte  famille  qui  au  xviii^  siècle  élait  fixée  aux 
Antilles  et  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  jamais  fait  reconnaître  sa  noblesse 
par  jugement.  Son  chef  est  connu  sous  le  titre  de  comte. 

La  famille  de  Chastenet  de  Pcyferrier,  sur  laquelle  on  a  voulu 
greffer  la  famille  de  Chastenet  de  Puységur,  apparlenaità  la  noblesse 
du  Limousin.  Beauchet-Filleau,  qui  en  a  donné  unp  généalogie  très 
sommaire,  croit  qu'elle  portait  les  armes  suivantes  :  à'argent  à  une 
aigle  de  sable,  à  deux  télés,  couronnée  d'or.  La  souche  se  partagea 
à  une  époque  inconnue  en  deux  branches  principales,  celle  des  sei- 
gneurs de  Puyferrier  et  celle  des  seigneurs  de  Peytavau.  Beauchet- 
Filleau  donne  la  fdiation  de  la  branche  des  seigneurs  de  Puyferrier 
depuis  Jean  de  Chastenet,  écuyer,  Sgr  de  la  Pleau,  qui  passa  un  acte 
à  Oradour-sur-Vayres  en  1394.  Cette  branche  paraît  s'être  éteinte  avec 
François  de  Chastenet,  Sgr  de  Puyferrier,  qui  fut  convoqué  au  ban  de 
la  Basse-Marche  réuni  au  Dorât  le  29juilletloo7  et  qui  assista,  quoique 
sexagénaire,  au  ban  de  1577.  On  croit  que  ce  gentilhomme  avait 
épousé  Jeanne  de  Pérusse  des  Cars.  Il  laissa  une  fille,  héritière  de  la 
seigneurie  de  Puyferrier,  qui  épousa  René  Turpin,  écuyer.  La  branche 
des  seigneurs  de  Peytavau  résidait  dans  les  environs  de  Montmorillon . 
Beauchet-Filleau  en  donne  la  filiation  depuis  Jean  de  Chastenet, 
écuyer,  Sgr  de  Peytavau,  qui  fit  le  9  juillet  et  le  9  décembre  1537  des 
accords  avec  son  frère  Maurice.  Cette  branche  paraît  avoir  eu  pour 
derniers  représentants  François  de  Chastenet,  écuyer,  Sgr  de  Pey- 


'  On  ignore  si  c'est  à  cette  famille  que  l'on  doit  rattacher  un  Chastenet,  sieur 
de  Loguzie,  demeurant  en  Périgord.  qui,  en  1667,  fut  condamné  comme  usurpateur 
de  noblesse. 


DICTIONNAIIIR     IHÎ  S     FA  M  II.  LR  S     FRANC  AI  S  KS  H5 

tavau,  et  ses  deux  fils,  François,  baptisé  à  Mauprevoir  en  1609,  et 
Jean,  baptisé  au  même  lieu  en  1GI5. 

Les  mêmes  auteurs  qui  ont  voulu  greffer  la  famille  de  Chastenet  de 
Puységur  sur  celle  des  Chastenet  de  Puyferrier  ont  cherché  à  greffer 
celle-ci  sur  celle  des  anciens  seigneurs  du  lieu  de  Castanet,  ou  Chas- 
tenet, situé  près  de  Nogaro,  en  Armagnac,  ou  sur  celle  des  anciens 
seigneurs  du  lieu  de  Castanet,  situé  à  dix  kilomètres  de  Villefranche, 
en  Rouergue.  Luce  de  Castanet,  héritière  de  cette  dernière  famille, 
épousa  vers  1350  Béraud  de  Faudoas  ;  elle  en  eut  une  fille,  Réale  de 
Faudoas,  dame  de  Castanet,  en  Rouergue,  qui  épousa,  antérieu- 
rement au  27  avril  1377,  Pierre  d'Armagnac,  auteur  de  la  famille 
d'Armagnac  de  Castanet  (voyez  ce  nom),  encore  existante. 

CHASTENET  de  la  PERRIÈRE  (de,  ou  du,).  Armes  primitives  :  d'argent 
à  une  aigle  à  deux  lêtes  d'azur.  —  Au  xviii''  siècle  la  famille  de 
Chastenet  adopta  le  blason  de  la  maison  de  Chastenet  de  Puységur  : 
à'azur  à  un  chevron  d'argent  accompagné  en  pointe  d'un  lion  léo- 
pardé  d'or,  armé  et  lampassé  de  gueules  ;  au  chef  d'or. 

Cette  famille  de  Chastenet  appartient  à  la  noblesse  des  environs 
de  Saint-Jean-d'Angély,  sur  les  confins  du  Poitou  et  de  la  Saintonge. 
Il  est  possible  qu'elle  soit  une  branche  détachée  à  une  époque 
inconnue  de  la  famille  de  Chastenet  de  Puyferrier,  mentionnée  plus 
haut,  sur  laquelle  on  a  voulu  greffer  la  famille  de  Chastenet  de  Puy- 
ségur. Beauchet-Filleau  lui  consacre  une  courte  notice  dans  son 
Dictionnaire  historique  et  généalogique  des  familles  du  Poitou.  Cet 
auteur  croit  qu'elle  est  la  même  qu'une  famille  de  Chastenet  qui,  au 
XV®  siècle,  possédait  la  seigneurie  de  la  Rivière,  près  de  Dampierre- 
sur-Boutonne.  Belle  de  Chastenet,  fille  d'Aubert,  Sgr  de  la  Rivière, 
rendit  aveu  dudit  fief  au  seigneur  de  Dampierre-sur-Boutonne  le 
11  octobre  1440.  François  de  Chastenet,  agissant  pour  son  père, 
habitant  de  Dampierre-sur-Boutonne,  assista  à  l'arrière-ban  du  Poitou 
de  1489.  Jeanne  de  Chastenet,  dame  de  la  Rivière,  vendit  en  1533  des 
terres  situées  dans  la  mouvance  du  château  de  Dampierre-sur-Bou- 
tonne. 

Un  jugement  de  maintenue  de  noblesse,  rendu  le  14  août  J699, 
dont  il  sera  parlé  plus  bas,  fait  remonter  la  filiation  suivie  à  René  de 
Chastenet,  écuyer,  Sgr  de  Romegou,  qui  épousa  Madeleine  Rigeon 
par  contrat  passé  le  14  octobre  1573  devant  notaire  à  Saint-Jean- 
d'Angély.  René  de  Chastenet  fut  père  de  Salomon  de  Chastenet, 
Sgr  de  Romegou,  qui  épousa  Elisabeth  de  Colincourt  par  contrat  passé 
le  22  octobre  1598  devant  notaire  à  Saint-Jean-d'Angély,  et  grand- 
père  d'Élie  de  Chastenet,  Sgr  deBoisserolle,  la  Cigogne,  etc..  demeu- 


H6  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

rant  en  la  paroisse  de  la  Cigogne,  dans  l'élection  de  Niort,  qui  fut 
maintenu  dans  sa  noblesse  le  o  août  1683  par  arrêt  du  Conseil  d'État. 
Celui-ci  laissa  trois  fds,  Charles,  Sgr  de  la  Cigogne,  marié  en  1676  à 
Marie  de  Colincourt;  Pierre,  Sgr  de  la  Perrière,  marié  en  1685  à 
Judith  de  Colincourt;  et  Jacques,  Sgr  de  Romegou,  marié  à  Niort  en 
1684  à  Marie-Anne  Creuzé,  qui  furent  simultanément  maintenus  dans 
leur  noblesse  le  14  août  1699  par  jugement  de  M.  de  Maupeou,  inten- 
dant de  Poitiers.  Deux  de  ces  trois  frères,  Charles,  écuyer,  Sgr  de  la 
Sigongne,  et  Jacques,  écuyer,  Sgr  de  Romegou,  firent  enregistrer 
leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Niort)  :  d'argent 
à  Vaigle  à  deux  têtes  d'azur.  L'autre,  Pierre,  fut  père  d'autre  Pierre 
de  Chastenet,  Sgr  de  la  F'errièro,  qui  épousa  le  8  mai  1726  Char- 
lotte Gourdry,  fille  d'un  ancien  assesseur  de  la  maréchaussée  de 
Saint-Jean-d'Angély,  grand-père  de  Charles  du  Chastenet,  Sgr  de  la 
Perrière,  qui  épousa  le  lo  septembre  1763  Suzanne  Laîné  du  Verger, 
fille  d'un  médecin  de  Saint-Jean-d'Angély,  et  bisaïeul  de  Jean  du 
Chastenet  de  la  Perrière,  qui  naquit  en  1778  à  Saint-Denis-du-Pin, 
au  diocèse  de  Saintes.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les 
preuves  de  noblesse  que  ce  dernier  fit  en  1787  pour  être  admis  à 
l'École  militaire. 

MM.  de  Chastenet  et  de  Chastenet  de  Berneré  se  firent  représenter 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Saint-Jean-d'Angély. 

La  famille  de  Chastenet  de  la  Perrière  s'est  assez  obscurément 
perpétuée  jusqu'à  nos  jours.  On  a  publié  à  Paris  en  1911  les  bans  de 
mariage  d'un  de  ses  représentants. 

Il  a  existé  dans  la  Marche  et  le  Limousin  une  famille  du  Chastenet, 
fort  distinguée,  qui  portait  les  armes  suivantes  :  à' argent  à  un  cha- 
taigner  de  sinople  accosté  de  quatre  mouchetures  d'hermines,  deux 
de  chaque  calé;  au  chef  d'azur  chargé  d'un  soleil  d'or.  Cette  famille 
avait  eu  pour  berceau  la  ville  de  Bourganeuf.  On  trouvera  sur  elle  des 
renseignements  dans  les  ouvrages  de  Nadaud  et  de  Beauchet-Pilleau. 
Ces  auteurs  donnent  la  filiation  depuis  un  Pierre  du  Chastenet  qui 
avait  épousé  Jeanne  Vérinaud  et  qui  est  mentionné  dans  des  actes  de 
1525  et  de  1537.  Jean  du  Chatenet,  fils  des  précédents,  possédait  le 
domaine  de  Quinsac  à  SaintHilaire-le-Chàteau  (Creuse).  Il  épousa 
le  7  mars  1364  Marie  Doumy  et  fut  inhumé  en  1610  dans  la  grande 
église  de  Bourganeuf.  Il  laissa  deux  fils,  François  du  Chastenet,  Sgr 
du  Liège,  et  Léonard  du  Chastenet,  conseiller  du  Roi,  lieutenant 
général  en  la  sénéchaussée  du  Haut-Limousin,  qui  sont  ainsi  qualifiés 
dans  un  contrat  de  1619.  L'aîné  de  ces  deux  frères,  François,  Sgr  du 
Liège,  laissa  lui-même  plusieurs  fils  qui,  en  1668,  firent  reconnaître 
leur  noblesse  par  jugement  de  M.  d'Aguesseau,  intendant  de  Limoges, 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  117 

bien  qu'on  ne  connaisse  pas  à  leur  famille  de  principe  d'anoblissement 
régulier.  L'un  de  ces  fils,  François  duChastenet,  Sgr  du  Liège,  épousa 
en  1651  Jeanne  de  Saint-Jal  ;  il  en  eut  à  son  tour  un  fils,  François  du 
Chastenet,  Sgr  de  Soubrebost,  qui  ne  paraît  pas  avoir  eu  d'enfants  de 
son  mariage  avec  Françoise  de  Malleret.  Léonard  du  Chastenet, 
second  fils  de  Jean,  mourut  en  162 1 .  Il  fut  père  de  Jean  du  Chastenet, 
Sgr  et  baron  de  Meyrignac,  près  de  Bourganeuf,  secrétaire  du  Roi, 
conseiller  d'État,  sénéchal  de  Montmorillon,  et  grand-père  de  Pierre 
du  Chastenet,  Sgr  de  Meyrignac,  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse 
le  13  septembre  1672  par  arrêt  du  conseil  d'État  et  qui  n'eut  pas 
d'enfants  de  son  mariage,  en  1665,  avec  Madeleine-Félix  d'Ostrelle. 

François  du  Chastenet,  écuyer,  et  François  du  Chastenet,  fils, 
écuyer,  firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696 

(registre  de  Bourganeuf).  N du  Chastenet,  écuyer,   Sgr  de  la 

Chaux,  fit  enregistrer  au  même  Armoriai  les  armes  suivantes  : 
d'argent  à  trois  bandes  ondées  de  sable. 

Il  existait  en  Poitou,  au  xviii^  siècle,  une  famille  Chastenet  de  la 
Brunelière  à  laquelle  Beauchet-Filleau  a  consacré  une  courte  notice. 
L'auteur  de  cette  famille,  Jean-Baptiste  Chastenet,  Sgr  de  la  Brune- 
Hère,  sénéchal  du  duché  de  Thouars,  fut  pourvu  le  30  juin  1725  de 
l'office  anoblissant  de  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances  de 
Poitiers  et  obtint  des  lettres  d'honneur  en  1751.  Il  laissa  plusieurs 
fils  :  1°  Gaspard  de  Chastenet,  Sgr  de  la  Brunelière,  qui  fut  nommé  en 
1773  avocat  du  Roi  alternatif  au  bureau  des  finances  de  Poitiers  et 
qui  fut  père  d'une  fille,  la  marquise  d'Aloigny-Rochefort,  et  d'un  fils, 
Gaspard-Philibert,  né  à  Thouars  en  1773,  volontaire  à  l'armée  des 
Princes  ;  2°  François  de  Chastenet,  qui  épousa  M"'=  Perrot  des  Roches 
et  qui  succéda  à  son  père  dans  sa  charge  de  trésorier  de  France  ; 
3°  Jean-Gaspard  de  Chastenet,  Sgr  de  f*résange,  chevalier  de  Saint- 
Louis. 

CHASTILLON-MARCONNAY  (de).  Voyez  :  Marconnay  (de)  K 

CHASTILLON,  ou  CHATILLON,  (de).  Voyez  :  Chatillon  (de). 

CHASTRE,  ou  CHATRE,  (delà).  Voyez  :  Châtre  (de  l.\). 

CHATAIGNERAYE  (d'Asnières  de  la).  Voyez  :  Asnières  de  la  Chatai- 
GNERAYE  (o'j  au  tomc  II  et  aux  Additions  et  corrections  du  tome  VII. 

'  Vers  1830  la  famille  de  Marconnay,  d'ancienne  noblesse  du  Poitou,  aujourd'hui 
éteinte,  commença  à  faire  précéder  son  nom  de  celui  de  l'illustre  maison  de  Chastillon, 
ou  Chatillon,  dont  elle  croyait  être  une  branche  détachée  au  xi«  siècle.  La  duchesse 
d'Uzès,  décédée  en  1840,  dernière  représentante  de  la  maison  de  Chatillon,  protesta 
vainement  contre  cette  usurpation  de  son  nom. 


lis  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHATAUX  iHuguet  de).  Voyez  :  Hdguet  de  Chataux. 
CHATEAU  ^Papion  du).  Voyez  :  Papion  du  Château. 

CHATEAUBARDON  du  Breuil  de  Théon  de).  Voyez  :  Breuil  de  Théon  de 
Chateaubardon  (du). 

CHATEAUBODEAU  (de).  Armes  :  d'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné 
de  trois  quintefeuilles  de  même,  celle  de  la  pointe  surmontée  d'un 
croissant  d'argent.  —  Devise  :  Spectantibus  terrorem  incutit  leo 
rugens. 

La  famille  de  Châteaubodeau  appartient  à  la  noblesse  du  Bour- 
bonnais. 

Elle  est  originaire  de  l'Auvergne  où  elle  a  possédé,  dans  le  pays 
de  Combrailles,  la  terre  seigneuriale  de  Châteaubodeau  qui  lui  a 
donné  son  nom.  Elle  paraît  avoir  eu  pour  nom  primitif  celui  de 
Bochard.  On  trouve  que  Jean  Bochard  était  seigneur  de  Châteaubo- 
deau dans  les  dernières  années  du  xv^  siècle. 

Le  jugement  de  maintenue  de  noblesse  de  1667  fait  remonter  la 
filiation  suivie  au  27  avril  1524,  date  à  laquelle  Gabriel  de  Château- 
bodeau, religieux  de  l'ordre  de  Sainte-Radegonde,  tuteur  des  enfants 
mineurs  de  son  frère  Gilbert,  vendit  la  terre  de  Châteaubodeau  à 
François  de  Ligondès,  mari  de  sa  nièce  Jeanne  de  Châteaubodeau. 
La  seigneurie  de  Châteaubodeau  appartenait  encore  en  1789  à  la 
famille  de  Ligondès.  Après  la  vente  de  la  terre  de  Châteaubodeau, 
la  famille  de  Châteaubodeau  alla  se  fixer  en  Bourbonnais  où  elle  s'est 
perpétuée  jusqu'à  nos  jours  avec  beaucoup  de  distinction.  Ses 
divers  représentants  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  en  1667 
par  jugement  de  Lambert  d'Hcrbigny,  intendant  de  Moulins. 

Antoine  de  Châteaubodeau  avait  été  admis  dans  l'Ordre  de  Malte 
en  1572  ;  Charles  de  Châteaubodeau  fut  admis  dans  le  même  ordre 
en  1686. 

Jeanne-Juhe  de  Châteaubodeau,  née  à  Clermont-Ferrand  en  1780, 
mariée  dans  la  suite  à  M.  de  Frédy,  fit  sous  Louis  XVI  des  preuves  de 
noblesse  pour  être  admise  à  Saint-Cyr. 

M.  de  Châteaubodeau  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Montluçon.  Pierre  de  Châteaubodeau,  chevalier, 
Sgr  de  la  Roche-Morlon  et  du  Coudart,  prit  part  cette  même  année  à 
celles  tenues  à  Poitiers  et  à  celles  tenues  à  Guéret.  Jean-Baptiste, 
chevalier  de  Châteaubodeau,  prit  également  part  à  celles  tenues  à 
Guéret. 

La  famille  de  Châteaubodeau  a  fourni,  d  après  le  Dictionnaire  des 


DICTIONNAIRE    D K S     FAMILLES    FRANÇAISES  119 

anciennes  familles  de  V Auvergne  de  Tardieu,  un  chambellan  du  duc 
d'Alençon  en  1576,  un  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi  en  1561,  un 
gentilhomme  du  duc  d'Anjou  en  1622,  un  maréchal  de  camp 
en  1667,  des  officiers  supérieurs,  etc. 

Son  chef  est  connu  depuis  la  Restauration  sous  le  titre  de  comte. 

Principales  alliances  :  de  Frédy  1801,  Tyrell  de  Poix,  de  Ligondès, 
des  Mazis  1877,  Autic  de  Villemontée  1642,  de  Chalus,  de  Fadate  de 
Saint-Georges  1871,  de  Gordebœuf,  de  Bonneval,  de  Bigny  1656, 
d'Hoffelize  1900,  etc. 

CHATEAUBOURG  (Basset  de).  Voyez  :  Basset  de  Chateaubourg. 

CHATEAUBOURG  (de  la  Celle  de).  Voyez  :  Celle  de  Chateaubourg  (delà). 

CHATEAUBRIAND  (de).  Armes  anciennes  :  de  gueules  semé  de  pommes 
de  pin  (aliàs  de  plumes  de  paon)  d'or.  —  Armes  actuelles  (par  con- 
cession de  saint  Louis)  :  de  gueules  semé  de  fleurs  de  lys  d'or.  — 
Devise  :  Mon  sang  teint  les  bamiières  de  France.  —  Autre  devise  : 
Je  sème  l'or.  —  Cri  de  guerre  :  Chateaubriand! 

La  maison  de  Chateaubriand  est  une  des  plus  illustres  de  la 
noblesse  de  Bretagne.  Elle  descend  des  anciens  seigneurs  de  la 
ville  de  Chàteaubriant,  aujourd'hui  sous-préfecture  du  département 
de  la  Loire-Inférieure. 

Le  rapport  composé  par  le  généalogiste  des  ordres  du  Roi  lors 
de  son  admission  aux  honneurs  de  la  Cour,  en  1787,  et  conservé 
dans  les  manuscrits  de  Chérin,  commence  en  ces  termes  :  e  Les 
«  monuments  de  l'histoire  de  Bretagne  placent  cette  maison  parmi 
«  celles  delà  haute  noblesse  de  cette  province.  Elle  doit  ce  rang  dis- 
«  tingué  à  son  ancienneté,  remontée  à  l'époque  où  les  surnoms  sont 
«  devenus  héréditaires  dans  les  familles,  aux  alliances  illustres 
«  qu'elle  a  contractées,  à  ses  emplois  dans  les  Cours  de  ses  souve- 
«  rains,  à  ses  services  militaires  dans  leurs  armées  et  dans  celles 
«  de  nos  Rois.  Un  auteur  qui  écrivait  en  1619  (le  Père  Paz,  augustin), 
«  lui  donne  pour  tige  Brient,  tlls  d'Eudes,  comte  de  Penthièvre,  et 
«  avance  que  le  roi  saint  Louis  donna  à  un  de  ses  descendants,  en 
«  considération  de  sa  valeur  au  fait  des  armes,  la  permission  de 
«  porter  pour  armes  des  fleurs  de  lys  d'or  sans  nombre  au  lieu  de 
«  celles  de  pommes  de  pin  que  ces  seigneurs  avaient  portées  jus- 
«  qu'alors  ;  mais  ces  opinions  ne  sont  appuyées  d'aucune  preuve 
«  et  cet  auteur  mérite  d'ailleurs  peu  de  confiance.  Un  autre,  dom 
«  Morice,  plus  digne  de  foi,  assure  que  la  terre  de  Chateaubriand, 
«  au  diocèse  de  Nantes,  est  la  véritable  origine  de  cette  maison. 


120  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

«  Cette  terre,  portée  au  xiv®  siècle  dans  la  maison  de  Laval  par  le 
«  mariage  de  Louise  de  Chateaubriand,  héritière  de  la  branche 
«  aînée,  avec  Guy,  xii*  du  nom,  baron  de  Laval,  tige  de  M.  le  maré- 
«  chai  duc  de  Laval,  d'où  elle  a  passé,  par  les  maisons  de  Dinan,  de 
«  la  Hunaudaye  et  autres,  dans  celle  de  M.  le  prince  de  Condé,  est 
«  une  des  neuf  anciennes  baronnies  de  Bretagne  dont  une  des  préro- 
«  gatives  est  de  présider  la  noblesse  de  cette  province  à  ses  États 
«  assemblés.  A  ces  avantages  elle  joint  le  titre  de  baron  qui  paraît 
«  lui  avoir  été  affecté  de  temps  immémorial  et  dont  elle  s'est 
«  décorée  même  dans  les  chartes  et  les  traités  de  ses  souverains 
«  dont  elle  se  rendait  garante.  Le  premier  de  celte  maison  que  dom 
«  Morice  fait  connaître  est  Tiberne,  auquel  il  ne  donne  point  de 
«  surnom,  suivant  l'usage  du  temps,  et  qu'il  dit  avoir  épousé 
«  Énoguentdont  il  eut  Briant  qui  fit  construire  un  château  dans  le 
«  canton  nantais  auquel  il  donna  le  nom  de  Chàteaubriant  qui  a 
«  passé  à  sa  postérité.  Il  fonda  le  prieuré  de  Béze,  près  de  son  châ- 
«  teau.  Il  est  qualifié  nobilis  vir  dans  un  acte  de  confirmation  de 

«  cette  fondation  par  Airard,  évêque  de  Nantes,  de  l'année  1050 

«  Son  fils,  Geoffroy  de  Chateaubriand,  surnommé  le  Vieux,  souscrivit 
«  la  fondation  faite  par  son  père  du  prieuré  de  Béze.  Il  laissa  pour 

«  fils:  l'' Goscho,  mort  sans  alliance  en  1114 ;  2°  Briant,  qui  est 

«  nommé sous  le  titre  de  baron  dans  l'acte  de  ratification  qu'il 

«  fit,  entre  les  années  1084  et  1112,  d'une  donation  faite  par  le  duc 
«  Alain-Fcrgent  à  l'abbaye  de  Marmoutiers  et  mourut  sans  postérité 

«  à  la  fin  du  mois  de  décembrelliO suivant  son  épitaphe  dans 

«  laquelle  il  est  nommé  egregius  princeps,  Gaufridi  principis  hœres; 
«  3°  Tehel  de  Chateaubriand,  qui  par  la  mort  de  ses  frères  devint  sei- 
«  gneur  de  Chàteaubriant.  Il  eut  pour  successeur  dans  sa  terre,  on 
«  ignore  à  quel  degré  de  parenté,  Geoffroy,  Sgr  de  Chàteaubriant, 

«  qui  assista  avec  le  duc  de  Bretagne à  une  nouvelle  consécra- 

«  tion  de  l'église  de  Redon,  faite  l'an  1127,  et  fut  témoin de  la 

«  charte  de  fondation  de  l'église  de  Nantes  par  le  duc  Conan  III  de 
«  l'année  1141 .  On  trouve  ensuite  un  autre  Geoffroy,  Sgr  de  Chàteau- 
«  briand,  auquel  Geoffroy  d'Angleterre,  duc  de  Bretagne,  adressa, 
«  comme  l'un  des  neuf  anciens  barons,  le  règlement  qu'il  avait 
«  dressé  dans  la  ville  de  Rennes  en  1185  sur  les  partages  des 
«  successions  des  barons,  des  bannerets  et  des  chefs  de  race  de 

«  chevalerie  de  son  duché » 

Un  sire  de  Chateaubriand  prit  part  à  la  première  croisade, 
en  1096;  il  était  accompagné  de  ses  parents,  Jean  et  Briant  de 
Chateaubriand.  Clément  de  Chateaubriand  fut  évêque  de  Nantes 
en  1227.  Geoffroy  de  Chateaubriand,  iv'- du  nom,  suivit  saint  Louis 


niCIIONNAIRK     ORS     FAMILLES    FRANÇAISES  12^ 

en  Egypte  en  1248  et  se  couvrit  de  gloire  au  combat  de  la  Massoure. 
D'après  une  ancienne  tradition,  rapportée  par  le  Père  du  Paz,  ce 
serait  lui  qui,  en  récompense  de  sa  valeur,  aurait  obtenu  du  Roi  con- 
cession des  armoiries  et  de  la  devise  que  la  maison  de  Chateaubriand 
n'a  cessé  de  porter  depuis  lors  jusqu'à  nos  jours.  Son  nom  et  ses 
armes  figurent  aux  Salles  des  croisades  du  musée  de  Versailles.  Il 
fut  fait  prisonnier  par  les  Sarrasins  et  ne  recouvra  sa  liberté  qu'au 
prix  d'une  forte  rançon.  La  tradition  rapporte  que  sa  première 
femme,  Sibylle,  mourut  de  joie  à  la  nouvelle  de  son  retour.  Il  se 
remaria  dans  la  suite  à  Amaurie  de  Thouars. 

La  maison  de  Chateaubriand  s'était  partagée,  antérieurement  au 
xiv^  siècle,  en  trois  grandes  branches  dont  le  point  de  jonction  est 
mal  connu. 

La  branche  aînée  s'éteignit  avec  Geoffroy,  sire  de  Chateaubriand, 
qui  périt  en  1347  à  la  bataille  de  la  Roche-Derrien  sans  avoir  eu 
d'enfants  de  son  mariage  avec  Isabeau  d'Avaugour.  Louise  de  Cha- 
teaubriand, sœur  de  ce  seigneur  et  femme  de  Guy,  baron  de  Laval, 
recueillit  après  la  mort  de  son  frère  la  baronnie  de  Chàteaubriant  et 
les  autres  grands  biens  de  cette  branche.  La  baronnie  de  Chàteau- 
briant passa  plus  tard,  avec  celle  de  Laval,  dans  la  maison  de  Mont- 
morency. C'est  à  cette  dernière  maison  qu'appartenait  Jean,  comte 
de  Chàteaubriant,  dont  la  femme,  Françoise  de  Foix,  fut  la  maîtresse 
du  roi  François  P'". 

La  seconde  branche  a  possédé,  entre  autres  biens,  les  seigneuries 
considérables  du  Lion  d'Angers  et  des  Roches-Baritaut,  en  Anjou, 
la  vicomte  de  Remalart,  la  baronnie  de  Loigny,  etc.  Cette  branche, 
dont  le  Père  Anselme  a  donné  une  généalogie  dans  son  Histoire  des 
grands  officiers  de  la  Couronne,  au  chapitre  des  grands  veneurs, 
remontait  par  filiation  à  Jean  de  Chateaubriand,  Sgr  du  Lion  d'Angers 
et  des  Roches-Baritaut,  qui  vivait  à  la  fin  du  xiii=  siècle  et  au  com- 
mencement du  xiv«.  Elle  fut  illustrée  par  Georges  de  Chateaubriand, 
Sgr  des  Roches-Baritaut,  marié  à  Anne  de  Champagne,  qui  fut 
nommé  en  1480  maître  de  la  vénerie,  ou  grand  veneur,  du  roi  Louis  XL 
Elle  produisit  deux  lieutenants  généraux  au  Bas-Poitou,  un  gouver- 
neur de  Fontenay-le-Comte,  un  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi,  avant 
l'institution  de  celui  du  Saint-Esprit,  un  mestre  de  camp  de  cavalerie 
tué  à  la  bataille  de  Lérida,  en  1642,  et  s'éteignit  avec  Gabriel  de  Cha- 
teaubriand, maréchal  de  camp  en  1649,  puis  lieutenant  général  des 
armées  du  Roi,  et  avec  son  fils  Raymond,  comte  des  Roches-Bari- 
taut, qui  mourut  sans  postérité  dans  les  dernières  années  du 
xvii^  siècle. 

La  troisième   branche,   aujourd'hui  seule  existante,  a  possédé. 


<22  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

entre  autres  biens,  la  seigneurie  de  Beaufort,  située  sur  le  territoire 
de  la  paroisse  de  Plerguer,  au  diocèse  de  Dol.  Dans  son  rapport 
de  1787,  mentionné  plus  haut,  le  généalogiste  des  Ordres  du  Roi 
s'exprime  en  ces  termes  sur  cette  branche.  «  Enfin  la  troisième  est 
«  celle  des  seigneurs  de  Beaufort  qui  a  pour  tige  connue  jusqu'à 
«  présent  Geoffroy  de  Chateaubriand,  qualifié  monseigneur,  titre 
«  affecté  aux  chevaHers,  lequel  paraît  être  le  même  qu'un  sujet  du 
«  même  nom  et  surnom  qui  se  rendit  pleige,  avec  André  de  Vitré  et 
V  Henri  d'Avaugour,  pour  Jean  le  Roux,  duc  de  Bretagne,  du  ser- 
«  ment-lige  qu'il  prêta  en  1240  au  roi  Louis  IX.  Il  eut  d'une  femme, 
«  dont  le  nom  est  ignoré,  un  fils  et  une  fille,  celle-ci  destinée  en  1257 
«  à  épouser  Guillaume,  fils  de  Thibaud,  Sgr  de  Rocheforl.  Le  fils 
«  fut    Briand  de    Chateaubriand,   chevalier,   qui   épousa    en   1257 

«  Jeanne  de  Beaufort  qui  lui  apporta  la  terre  de  Beaufort Il 

«  assista  dans  l'ordre  des  barons  aux  États  tenus  à  Rennes  en  1286 
«  et  laissa  de  son  alliance  Guy  de  Chateaubriand,  chevalier,  qui  fut 
«  l'un  des  barons  et  conseillers  du  duc  de  Bretagne  que  ce  prince 
«  députa  en  1309  vers  le  pape  Clément  V  pour  défendre  ses  droits, 
«  ainsi  que  ceux  de  la  noblesse  et  du  peuple,  au  sujet  des  préten- 
«  lions  du  clergé  de  son  duché.  Aucun  acte  ne  prouve  qu'il  soit  père 
«  de  Briand,  deuxième  du  nom  ;  mais  l'identité  du  nom  et  la  chro- 
«  nologie  rendent  cette  filiation  assez  vraisemblable.  Briand  de  Châ- 
«  teaubriand,  chevalier,  sire  de  Beaufort,  fit  serment  de  fidélité  au 

«  duc  Jean  IV  en  1370  et  s'engagea à  servir  ce  prince  dans  la 

«  guerre  qu'il  avait  projetée  contre  le  roi  Cliarles  V.  Dans  le  même 
«  temps,  ou  peu  après,  vivait  Bertrand  de  Chateaubriand,  sire  de 
«  Beaufort,  qui  fit  donation  en  1398  de  son  domaine  de  la  Villegorio 
«  à  Alain  Gralart,  son  frère  naturel.  11  eut  pour  successeur  dans  ses 
«  biens  Briand,  qui  suit  et  qui  peut  être  son  fils,  depuis  lequel  la 
«  filiation  est  prouvée.  Briand  de  Chateaubriand,  sire  de  Beaufort, 
«  qualifié  noble   et  puissant,  titre  donné  à  la  plupart  de  ses  des- 

«  cendants,  était  en  1409  sous  la  tutelle  du  sire  de  Coetquen » 

La  plupart  des  auteurs  admettent  que  Briand  de  Chateaubriand, 
Sgr  de  Beaufort,  auquel  remonte  la  filiation  de  cette  branche,  fut 
amiral  de  Brelagneen  1423.  Sa  descendance  figura  de  1440  à  1513 
aux  réformations  et  montres  de  la  noblesse  du  diocèse  de  Dol  et  fut 
maintenue  dans  sa  noblesse  d'ancienne  extraction  par  arrêt  du  7  sep- 
tembre 1669.  A  l'époque  de  la  Révolution  elle  était  représentée  par 
deux  rameaux,  celui  des  seigneurs  de  la  Guérande,  en  la  paroisse 
d'Hénan-Bihen,  et  celui  des  seigneurs  des  Touches,  en  la  paroisse 
de  Guitté,  qui  avaient  eu  l'un  et  l'autre  à  subir  les  vicissitudes  de  la 
fortune. 


DICTIONNAIRR     DKS     FAMILLES     FRANÇAISES  123 

Le  premier  de  ces  rameaux  s'éteignit  avec  Jean  de  Chateaubriand, 
qui  épousa  successivement  en  1763  Eulalie  de  la  Goublaye  et 
en  1794  Reine  de  Lesquen  et  qui  n'eut  pas  d'enfants  de  ces  deux 
unions,  et  avec  sa  nièce,  Sophie  de  Chateaubriand,  qui  épousa 
en  1798  Vincent  Riou  et  qui  mourut  également  sans  postérité. 

Le  chef  du  second  rameau,  François  de  Chateaubriand,  Sgr  des 
Touches  et  de  Villeneuve,  né  en  1689,  marié  en  1713  à  Pétronille 
Lamour  de  Lanjégu,  mourut  en  17^29  en  son  manoir  de  la  Villeneuve, 
près  de  Dinan,  ne  laissant  en  héritage  à  ses  enfants  qu'une  fortune 
de  cinq  mille  livres  de  rentes.  Deux  de  ses  fils,  René  et  Pierre, 
allèrent  fonder  à  Saint-Malo  une  maison  d'armement  qui  ne  tarda 
pas  à  devenir  puissante.  Ces  deux  frères  furent  les  auteurs  de  deux 
sous-rameaux. 

L'aîné  d'entre  eux,  René,  marié  en  1753  à  M""  de  Bédée,  acquit 
le  3  mai  1761  du  duc  de  Duras  le  comté  de  Combourg  et  fut  dès 
lors  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Chateaubriand.  11  mourut 
en  1786  laissant  deux  fils,  Jean-Auguste,  comte  de  Chateaubriand, 
né  à  Saint-Malo  en  1759,  conseiller  au  Parlement  de  Bretagne 
en  1779,  et  François-René,  chevalier,  puis  vicomte  de  Chateau- 
briand, né  en  1768,  qui  furent  admis  aux  honneurs  de  la  Cour,  l'un 
le  21  février  1788,  l'autre  le  19  février  1787. 

Le  nom  de  la  maison  de  Chateaubriand  a  été  immortalisé  par  le 
second  de.ces  deux  frères,  François-René,  auteur  du  Génie  du  Chris- 
tianisme et  des  Martyrs,  qui  fut  un  des  plus  illustres  écrivains  dont 
la  France  s'honore.  Chateaubriand,  qui  venait  d'être  nommé  ministre 
de  France  en  Valais,  donna  sa  démission  lors  de  l'exécution  du  duc 
d'Enghien,  en  1804,  et  vécut  dans  la  retraite  jusqu'aux  événements 
de  1814.  Ce  fut  alors  qu'il  publia  son  célèbre  pamphlet  de  Buonaparte 
et  des  Bourbons  qui,  au  dire   des  contemporains,  contribua  plus 
qu'mie  armée  au  rétablissement  de  la  monarchie  légitime.  Nommé 
ministre  en  Suède,  puis  ministre  d'État,  il  fut  créé  pair  de  France 
héréditaire  par  ordonnance  du  17  août  1815,  fit  attacher  à  sa  pairie  le 
titre  héréditaire  de  vicomte  par  ordonnance  du  31  août  1817  et  fut 
enfin  autorisé,  par  une  nouvelle  ordonnance  du  23  décembre  1823,  à 
transmettre  cette  pairie  à  son  neveu,  Geoffroy-Louis,  après  avoir 
constitué  un  majorât  de  dix  mille  francs  de  rentes.  Ambassadeur  à 
Berlin,   puis   à   Londres,   plénipotentiaire  au  Congrès  de  Vérone, 
ministre  des  Affaires  étrangères  en  1822,  disgracié  en  1824,  ambas- 
sadeur à  Rome  en  1828,  il  resta  fidèle  à  Charles  X  après  la  révo- 
lution de  1830,  donna  sa  démission  de  pair  de  France,  subit  une 
courte  détention  en  1832  et  mourut  en  1848  sans  laisser  de  postérité. 
Il  était  chevalier  du  Saint-Esprit  et  de  la  Toison  d'Or  et  avait  été  admis 


124  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

à  l'Académie  française  en  18 1 1 .  Il  avait  épousé  M"^  Buisson  de  Lavigne, 
décédéc  en  1847,  dont  on  vient  de  publier  les  intéressants  Cahiers. 

Jean-Auguste,  comte  de  Ciiàteaubriand,  frère  aîné  du  grand 
écrivain,  épousa  en  1786  M"*  de  Rosanbo,  petite-fille  du  ministre 
Malesherbes,  et  périt  avec  elle  le  22  avril  1794  sur  l'échafaud 
révolutionnaire.  Son  fils,  Louis-Geoffroy,  comte  de  Chateaubriand, 
né  en  1790,  marié  en  1811  à  M''*  d'Orglandes,  décédé  en  1873 
au  château  de  Malesherbes,  avait  été  substitué,  comme  on  l'a  vu 
plus  haut,  à  la  pairie  de  France  héréditaire  de  son  oncle  François- 
René.  Ce  sous-rameau  n'est  plus  représenté  que  par  les  deux  petites- 
filles  du  précédent,  les  comtesses  de  la  Tour  du  Pin-Verclause  et  de 
Durfort,  nées  Chateaubriand. 

Pierre  de  Chateaubriand,  auteur  du  second  sous-rameau,  épousa 
en  1760  M"^  Brignon  de  Lehen.  Leur  fils,  Armand  de  Chateaubriand, 
né  à  Saint-Malo  en  1768,  fut  sous  le  Consulat  et  sous  le  Premier 
Empire  un  des  plus  vaillants  émissaires  du  roi  Louis  XVIII  exilé  ; 
ayant  été  fait  prisonnier,  il  fut  condamné  à  morl  et  fusillé  dans  la  plaine 
de  Grenelle  (1808).  Armand  de  Chateaubriand  avait  épousé  à  Jersey 
en  1795  M"^  Jenny  Lebrun,  d'une  honorable  famille  de  l'île.  II  en 
laissa  un  fils,  Frédéric,  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Chateau- 
briand, qui  épousa  à  Nancy  en  1825  M""  Gastaldi  et  de  qui  descen- 
dent tous  les  représentants  actuels. 

La  maison  de  Chateaubriand  a  fourni,  en  dehors  des  personnages 
mentionnés  au  cours  de  cette  notice,  de  nombreux  officiers,  un  page 
du  roi  Louis  XVI,  un  chevalier  de  Malte  en  1789,  un  zouave  ponti- 
fical, dix  chevaliers  de  l'Ordre  du  Roi  depuis  1568,  etc. 

Principales  alliances  :  d'Avaugour,  de  Laval,  d'Aubigné,  de  Sainte- 
Maure,  de  Parthenay,  du  Puy-du-Fou,  Foucher  1467,  de  Granges,  de 
Coetmen,  Odartl438,  de  Scépeaux,  de  Croy,  d'Estouteville,  de  Cham- 
pagne, de  Maillé  de  la  Tour-Landry  1601,  de  Sainte-Maure-Montau- 
sier  1608,  de  Pompadour,  de  Malestroit,  de  Sévigné,  de  Saint-Gilles, 
de  Gouyon  1733,  de  Bédée  1753,  de  la  Celle  de  Chateaubourg  1786, 
le  Pelletier  de  Rosanbo  1786,  d'Orglandes  1811,  de  Beauffort  1842, 
delà  Tour  du  Pin  1881,  de  Durfort  de  Lorge  1898,  etc. 

CHATEAUBRUN  (Leroy  de  Lisa  dej.  Voyez  :  Leroy  de  Lis.a  de  Chate.\u- 

BRDN. 

CHATEAUMORAND    Joubertde  la  Bastide  de).  Voyez  :  Jocbert  de  la 
Bastide  de  Chateaumoband. 

CHATEAUNEUF   (Arnaud  de).   Voyez  :  Arnadd    de    Chateadnedf  aux 
Additions  du  présent  volume. 


Dir.TIONNAIRK     HKS     FAMIM.KS     F  R  A  N  Ç  A  I  S  F,  S  125 

CHATEAUNEUF  DE  LA  BATISSE  (Girard  de).  Voyez  :  Girard  de  Gha- 
teauneuf. 

CHATEAUNEUF  (Faraudi  de).  Voyez  :  Faraudi  de  Chateauneuf. 

CHATEAUNEUF-DABRAY  (Saisi  de).  Voyez  :  Saisi  de  Chateauneuf- 
Dabbay. 

CHATEAUNEUF  (Allard  de).  Voyez  :  Allard  de  Chateauneuf. 

CHATEAUNEUF  (de  Castagnéry  de).  Voyez  :  Castagnéry  de  Chateauneuf 

(de). 

CHATEAUNEUF-RANDON  (de).  Armes  :  parti  au  l  d'or  à  trois  pals 
d'azur,  au  chef  de  gueules,  qui  est  de  Châteauneuf-Randon  ;  au  2  de 
gueules,  tranché  d'argent,  qui  est  du  Tournel.  —  Couronne  :  de  Mar- 
quis. —  Supports  :  deux  lions.  —  Devise  :  Deo  juvanle. 

La  maison  de  Chateauneuf-Randon,  souche  des  puissantes  maisons 
d'Apchier  et  de  Joyeuse,  est  à  la  fois  une  des  plus  anciennes  et  une 
des  plus  illustres  du  centre  de  la  France.  Elle  a  eu  pour  berceau  la 
seigneurie  considérable  de  Châteauneuf-Randon,  située  en  Gévaudan, 
sur  les  confins  du  Vivarais  et  du  Velay,  aujourd'hui  chef-lieu  de 
canton  du  département  de  la  Lozère.  On  sait  que  c'est  en  faisant  le 
siège  de  la  forteresse  de  Châteauneuf-Randon  que  le  connétable  du 
Guesclin  mourut  en  1380. 

La  maison  de  Châteauneuf-Randon  a  pour  premier  auteur  connu 
un  Guillaume,  seigneur  de  Châteauneuf-Randon  et  d'autres  vastes 
domaines  en  Gévaudan,  en  Auvergne  et  en  Vivarais,  qui  figure  dans 
un  acte  de  1050  avec  la  qualification  de  domicellus  miles,  damoiseau 
chevalier.  On  attribue  pour  fils  à  ce  seigneur  un  Angaris,  ou  Acharis, 
de  Chateauneuf  de  Randon,  qui  aurait  épousé  Marie,  fille  du  comte 
d'Auvergne,  et  qui,  en  Tan  1100,  rendithommageàl'évèque  deMende 
de  son  château  de  Randon  avec  toutes  les  forces  qui  y  étaient  conte- 
nues. Guillaume  de  Châteauneuf-Randon,  fils  présumé  du  précédent, 
était  dans  la  première  moitié  du  xii^  siècle  un  des  plus  puissants  sei- 
gneurs de  sa  région.  Il  épousa  Elisabeth  d'Épernon  et  en  eut  trois 
fils,  Guillaume, Guérin  et  Guy.  L'aîné  de  ces  fils,  Guillaume,  continua 
la  ligne  directe,  à  laquelle  seule  est  consacrée  la  présente  notice. 
Les  deux  plus  jeunes,  Guérin  et  Guy,  furent  les  auteurs  des  maisons 
d'Apchier  et  de  Joyeuse,  aujourd'hui  complètement  éteintes,  qui  ont 
occupé  un  rang  considérable  dans  la  noblesse  française  et  dont  il 
sera  dit  quelques  mots  à  la  fin  de  cette  notice. 

Guillaume,  fils  aîné  de  Guillaume  et  d'Elisabeth  d'Epernon  et  con- 
tinuateur de  la  ligne  directe,  eut  en  partage  la  seigneurie  de  Châ- 
teauneuf-Randon, 11  épousa  en  Velay  Guillemette  de  Saissac.  Son  fils, 


i26  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

Guigues-Méchin,  Sgr  de  Châteauneuf-Randon  et  de  plusieurs  autres 
paroisses  et  châteaux,  épousa  Marie  d'Assumens  et  en  eut  lui-même 
plusieurs  fils.  Trois  de  ces  fils,  Randon,  Odilon  et  Guignon,  furent  les 
auteurs  de  trois  grandes  branches. 

La  descendance  de  Randon,  l'aîné  de  ces  trois  frères,  s'éteignit  avec 
sa  petite-fille,  Marquise,  héritière  de  la  seigneurie  de  Chàteauneuf- 
Randon  et  daulres  grands  biens,  qui  épousa  Armand,  vicomte  de 
Polignac,  décédé  en  1277. 

Odilon  de  Châteauneuf-Randon,  auteur  de  la  seconde  branche, 
épousa  Marguerite  de  Guérin,  héritière  de  la  baronnie  du  Tournel. 
Sa  descendance  masculine,  connue  sous  le  nom  de  Guérin  de  Châ- 
teauneuf,  s'éteignit  avec  Jean  de  Guérin  de  Châteauneuf,  baron  du 
Tournel,  qui  épousa  le  o  août  1485  Simonne  d'Uzès  et  qui  n'en  eut  pas 
d'enfants.  Ce  gentilhomme  eut  deux  sœurs  dont  l'aînée,  Gabrielle, 
héritière  de  la  baronnie  du  Tournel,  épousa  le  20  juin  1486  son  cousin 
Sigismond  de  Châteauneuf-Randon,  chef  de  la  troisième  branche. 

Guignon  de  Châteauneuf- I\andon,  auteur  de  cette  troisième 
branche,  aujourd'hui  seule  existante,  fut,  d'après  les  généalogistes, 
seigneur  et  vicomte  de  Saint-Remeisc  et  baron  d'Alenc.  Il  laissa  dune 
alliance  inconnue  un  tils,  Guillaume,  qui  rendit  hommage  en  1307  à 
l'évéquedeMende,  qui  épousa  le  10  février  1320  Gillette  deTournonet 
qui  continua  la  lignée.  Sigismond  de  Châteauneuf-Randon,  vicomte 
de  Saint-Remeise,  descendant  du  précédent,  épousa  le  20  févrierl486 
sa  cousine,  Gabrielle  de  Guérin  de  Châteauneuf,  héritière  de  la 
baronnie  du  Tournel  et  des  autres  biens  de  la  seconde  branche.  Il 
fut  père  d'Antoine  de  Châteauneuf-Randon,  baron  du  Tournel,  che- 
valier de  l'Ordre  du  Roi,  qui  épousa  le  20  juin  1533  Elisabeth  Gri- 
maldi,  fille  du  prince  de  Monaco,  grand-père  de  Jean-Gaspard  de 
Châteauneuf-Randon,  comie  deSaint-Remezy,  baron  du  Tournel,  gen- 
tilhomme de  la  chambre  du  Roi,  chevalier  de  son  Ordre,  capitaine 
d'une  compagnie  de  cent  hommes  d'armes,  qui  épousa  le  10  sep- 
tembre 1560  Madeleine  de  Combret  de  Broquiés  d'Arpajon,  bisaïeul 
d'Alexandre  de  Châteauneuf-Randon,  baron  du  Tournel  et  d'AUenc, 
comte  de  Saint-Remezy,  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi,  capitaine  d'une 
compagnie  de  cinquante  hommes  d'armes,  qui  épousa  d'abord  en  1 593 
Jeanne  de  Budos  de  Portes,  dont  il  n'eut  pas  d'enfants,  puis  en  1595 
Anne  de  Pelet  de  Narbonne,  et  trisaïeul  d'Antoine  de  Châteauneuf- 
Randon,  qualifié  comte  de  Saint-Remezy,  marquis  du  Tournel  et 
d'AUenc,  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi,  mestre  de  camp  d'un  régiment 
de  cavalerie,  qui  épousa  en  1635  Anne  de  Cruzy-Marcillac.  Ce  der- 
nier laissa  plusieurs  fils  qui  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le 
15  janvier  1671,  sur  preuves  remontant  à  1485,  par  jugement  souve- 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILf.ES    FRANÇAISES  127 

rain  de  M.  de  Bezons,  intendant  du  Languedoc.  Son  petit-fils,  Guil- 
laume, connu  sous  les  titres  de  comte  de  Châteauneuf-Randon  et  de 
marquis  duTournel,  épousa  en  1755  Paule  de  Launay.  Il  en  eut  deux 
lils  :  1"  Alexandre,  né  en  1757,  dontil  va  être  parlé  ;  2°  Antoine-Pierre, 
né  en  1759,  officier  à  l'armée  des  Princes,  qui  épousa  M"®  Treuneret 
dont  la  descendance  paraît  être  éteinte  '.  Alexandre,  marquis  de  Châ- 
teauneuf-Randon du  Tournel,  né  en  1757,  d'abord  page  de  Louis  XV, 
fut  admis  aux  honneurs  de  la  Cour  le  3  octobre  1783  et  fut  élu  en  1789 
député  suppléant  aux  Etats  généraux  par  la  noblesse  du  Gévaudan. 
Elu  en  1792  député  de  la  Lozère  à  la  Convention,  il  siégea  parmi  les 
révolutionnaires  les  plus  avancés  et  vota  la  mort  sans  sursis,  ni 
appel,  de  Louis-le-Dernier .  Il  fut  plus  tard  général  de  brigade  et 
préfet  des  Alpes-Maritimes  et  mourut  en  1816.  11  avait  épousé  en 
1780  M"*  de  Chastel  de  Servicres  qui  lui  apporta  d'importants 
domaines  dans  le  Velay.  Il  en  laissa  un  fils,  Aldebert,  marquis  de 
Châteauneuf-Randon  du  Tournel,  qui  épousa  en  1815  M"^  deLestang 
de  Fins  et  de  qui  descendent  les  représentants  actuels. 

La  maison  de  Châteauneuf-Randon  a  fourni  de  nombreux  officiers, 
des  chevaliers  de  Malte,  un  évéque  de  Mende  au  xiii^  siècle,  etc. 

Principales  alliances  :  d'Anduze,  de  Rodez,  de  Polignac,  de  Guérin 
du  Tournel,  de  Canillac,  de  Simiane,  de  Chalencon  1365,  de  Beaufort- 
Ganillac,  de  Cardaillac  1416,  de  Sabran  1420,  1423,  de  Crussol  1452, 
de  Roquefeuil  1472,  de  Tournonl320,  de  Bruyères  de  Chalabre  1516, 
de  Grimaldi  de  Monaco  1533,  de  Budos  de  Portes  1593,  de  Narbonne- 
Pelet  1595,  de  Cruzy-Marsillac  1633,  de  Molette  de  Morangiés,  de 
Grégoire  de  Saint-Sauveur  1653,  de  Chastel  de  Servières  1780,  de  la 
Roche-Négly,  de  Vinols  1851,  etc. 

La  maison  d'Apchier,  complètement  éteinte  en  1836,  était,  comme 
on  l'a  vu  plus  haut,  une  branche  de  la  maison  de  Châteauneul-Randon. 
Elle  portait  pour  armes  :  d'or  à  un  château  sommé  de  trois  tours,  avec 
deux  haches  en  pal  aux  deux  côtés  de  la  tour  du  milieu,  le  tout  de 
gueules,  maçonné  de  sable.  Elle  avait  pour  auteur  Guérin  de  Châ- 
teauneuf-Randon qui  épousa  avant  1180  Alix,  héritière  delà  baronnie 
d'Apchier,  en  Languedoc,  sous  le  nom  de  laquelle  ses  descendants 
furent  exclusivement  connus.  Guillaume  de  Châteauneuf-d'Apchier, 
fils  du  précédent,  fut  de  1244  à  1259  grand -maître  de  l'Ordre  de  Saint- 
Jean  de  Jérusalem.  La  souche  se  partagea  en  plusieurs  branches 
dont  la  principale  s'éteignit  avec  Marguerite,  comtesse  d'Apchier, 

'  C'est  vraisemblablement  de  cet  Antoine-Pierre  que  descendait  M.  Alphonse  Gardés, 
né  à  Ispagnac  le  13  décembre  1830,  brigadier  de  gendarmerie,  qui  demanda  inuti- 
lement le  6  novembre  1864  l'autorisation  de  joindre  à  son  nom  celui  de  M.  de  Châ- 
teauneuf-Randon du  Tournel,  son  aïeul  maternel. 


128  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

mariée  en  1636  au  duc  d'Uzès.  Ces  diverses  branches  furent  mainte- 
nues dansleurnoblesse  lors  de  la  recherche  de  1666  par  jugements  de 
M.  deFortia,  intendant  d'Auvergne,  et  de  M.  de  Bezons,  intendant  du 
Languedoc.  Deux  d'entre  elles  subsistaient  à  l'époque  de  la  Révolu- 
tion, celle  des  seigneurs  de  la  Garde  et  celle  des  seigneurs  de  Vabres. 
Cette  dernière  s'éteignit  avec  Louis-Philibert,  connu  sous  le  titre  de 
comte  d'Apchier  de  Vabres,  qui  mourut  à  Lyon  en  1835  sans  laisser 
de  postérité.  La  branche  des  seigneurs  de  la  Garde  était  représentée 
sous  Louis  XIV  par  deux  frères,  Henri-Louis  et  Christophe  d'Apchier. 
L'aîné  de  ces  deux  frères  mourut  en  1711  laissant  tous  ses  biens  à  son 
neveu,  Jean-Maurice  de  la  Tour  (d'Auvergne)  à  charge  pour  lui  de  porter 
le  nom  et  les  armes  d'Apchier.  Le  second  fut  l'aïeul  de  Jean-Joseph, 
marquis  d'Apchier,  qui  fut  député  de  la  noblesse  du  Gévaudan  aux 
États  généraux  de  1789.  Celui-ci  laissa  une  fdle.  M™*  le  Maugin,  dont 
les  descendants  ont  relevé  le  nom  d'Apchier.  Il  eut  aussi  un  fils, 
Charles-Auguste, marquis  d'Apchier,  décédé  en  1836,  qui  fut  le  der- 
nier représentant  mâle  de  sa  famille  et  qui  ne  laissa  que  deux  filles, 
M"***  de  Leygonie  de  Rangouze  et  Morel  de  la  Colombe  de  la  Chapelle. 
Les  descendants  de  celles-ci  ont  également  relevé  le  nom  d'Apchier. 
La  maison  d'Apchier  avait  fourni  deux  chevaliers  de  l'Ordre  du  Roi 
au  xvi®  siècle  et  un  lieutenant  général  de  ses  armées  en  1744. 

La  maison  de  Joyeuse,  comme  celle  d'Apchier,  avait  une  origine 
commune  avec  la  maison  de  Chàteauneuf  de  Randon.  Elle  portait 
pour  armes  :  paie  d'or  et  d'azur  de  six  pièces,  au  chef  de  gueules 
chargé  de  trois  hydres  d'or.  Son  auteur,  Guy  de  Chàteauneuf-Randon, 
était  le  plus  jeune  fds  de  Guillaume,  Sgr  de  Chàteauneuf-Randon,  et 
d'Klisabeth  d'Épernon.  11  épousa  vers  1175  une  dame  appelée  Assu- 
mens.  Leur  fils,  Randon  de  Chàteauneuf,  épousa  Vierne  d'Anduze, 
héritière  de  la  seigneurie  de  Joyeuse,  en  Vivarais,  sous  le  nom  de 
laquelle  ses  descendants  furent  exclusivement  connus.  Randon,  baron 
de  Joyeuse,  fut  gouverneur  du  Dauphiné  en  1424.  Son  fils,  Louis,  fut 
créé  vicomte  de  Joyeuse  par  lettres  du  roi  Charles  VII)  de  juillet  1432. 
Tanneguy,  vicomte  de  Joyeuse,  fds  de  celui-ci,  capitaine  de  Lyon 
en  1461,  épousa  en  1448  Blanche  de  Tournon  ;  un  de  ses  fils  fut 
nommé  évêque  de  Saint-Flour  en  1483;  deux  autres,  Guillaume  et 
Louis,  furent  les  auteurs  de  deux  branches.  Le  chef  de  la  branche 
aînée,  Guillaume,  vicomte  de  Joyeuse,  décédé  en  1592,  fut  nommé 
maréchal  de  France  en  1582.  Il  eut  plusieurs  fds  qui  furent  les  der- 
niers représentants  mâles  de  leur  branche  :  1°  Anne,  un  des  favoris 
du  roi  Henri  III,  amiral  de  France,  gouverneur  de  Normandie,  créé 
duc  de  Joyeuse  et  pair  de  France  en  1581,  qui  périt  à  la  bataille  de 
Coutras,  en  1587,  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage,  en  1581, 


iiir.'iioNN  A  I  m:    dks    famii.i.ks    khant.aisrs  129 

avec  Marguerite  do  Lorr.iino-Vaudemoot,  propre  sœur  de  la  Reine; 
2"  François,  arcliovrquc  de  Narhoiine,  puis  de  Toulouse,  et  enfin  de 
Rouen,  cardinal  en  1583.  décédé  en  l6lo;  3"  Henri,  duc  de  Joyeuse, 
pair  de  France,  maréchal  de  France,  maître  de  la  gàrde-robe  du  roi 
Henri  IV,  gouverneur  du  Languedoc,  dont  la  fdle  unique,  héritière 
du  duché  de  Joyeuse,  épousa  d'abord  en  1599  le  duc  de  Montpen- 
sier,  puis  le  duc  de  Guise.  La  branche  cadette,  dite  des  comtes  de 
Grandpré,  alla  se  fixer  en  Champagne  où  ello  fut  maintenue  dans  sa 
noblesse  en  1669,  sur  preuves  remontant  à  116-2,  par  jugement  de 
l'intendant  Caumartin.  Jean-Armand,  marquis  de  Joyeuse,  comte  de 
Grandpré,  brigadier  des  armées  du  Roi,  mourut  à  Grandpré  en  1774 
laissant  de  son  mariage,  contracté  en  1754,  avec  M'""  Delpech  de 
Gailly  un  fds  qui  paraît  avoir  été  le  dernier  représentant  de  la  maison 
de  Joyeuse. 

CHATEAUxNEUF  de  ROCHEBONNE  (de).  Armes  :  de  gueule!^  à  trois 
tours  donjonnées  d'or,  maçonnées  de  sable,  "let  i.  —  Couronne  :  de 
Marquis.  —  Cimier  :  tm  ange.  —  Cri  de  guerre  :  Hochebonne. 

La  famille  de  Ghateauxeuf  de  Rochebonne,  aujourd'hui  complète- 
ment éteinte,  appartenait  à  l'ancienne  noblesse  du  centre  de  la  France. 
On  admet  généralement  qu  elle  avait  eu  pour  berceau  le  Forez. 
Cependant  M.  Benoit  d'Entrevaux,  dans  son  Armoriai  du  Vivarais,  et 
M.  'Villain,  dans  le  tome  1"  de  la  France  moderne,  ont  émis  de  nos 
jours  l'opinion  qu'elle  était  une  branche  détachée  au  xi"  siècle  de  la 
puissante  maison  de  Chàteauneuf-Randon,  originaire  du  Gévaudan, 
à  laquelle  a  été  consacrée  la  précédente  notice. 

La  maison  de  Chàteauneuf  de  Rochebonne  a  possédé  de  vastes 
domaines  en  Vivarais,  en  Velay  et  en  Auvergne.  Dès  \i60  un  de  ses 
membres  était  chanoine  du  chapitre  noble  de  Brioude.  Le  Père 
Anselme  en  fait  remonter  la  filiation  suivie  à  Antoine  de  Chàteauneuf, 
vivant  en  1392,  qui  avait  épousé  Isabeau  de  Talaru.  Guillaume,  dit 
Guillermin,  de  Chàteauneuf,  baron  de  Rochebonne,  capitaine  gou- 
verneur du  château  de  Solignac,  en  Velay,  avait  épousé  le  11  sep- 
tembre 1476  Catherine  de Blau  de  Gilbertés.  Trois  de  leurs  fils,  Claude, 
Bernard  et  Pierre,  furent  les  auteurs  de  trois  grandes  branches. 

L'aîné  de  ces  trois  frères,  Claude  de  Chàteauneuf,  baron  de  Roche- 
bonne, écuyer  du  Roi,  épousa  le  1"  février  1521  Catherine  de  Talaru 
de  Chalmazel.  Sa  descendance,  fort  brillante,  s'éteignit  avec  Charles- 
François  de  Chàteauneuf  de  Rochebonne,  évêque  comte  de  Noyon  et 
pair  de  France  en  1707,  archevêque  de  Lyon  en  1731,  décédé  en  1740, 
et  avec  son  frère,  Louis-Joseph  de  Chàteauneuf  de  Rochebonne, 
évêque  de  Carcassonne  en  1720. 

X.  9 


130  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Bernard  de  Chàteauneui,  chevalier, 
épousa  le  19  juin  1508  Jeanne  de  Flageat,  ou  Flaghac,  dernière 
représentante  d'une  vieille  famille  dont  il  s'engagea  à  relever  le  nom 
et  les  armes.  Sa  descendance  s'éteignit  vers  le  milieu  du  xvii^  siècle 
dans  les  familles  d'Alègre  et  dApchier.  Elle  portait  les  armes  de  la 
famille  de  Flaghac  :  de  sable  à  une  tour  d'argent,  à  la  bordure  de 
gueules. 

La  troisième  branche  ne  fut  longtemps  connue  que  sous  le  nom  de 
Rochebonne.  Son  auteur,  Pierre  de  Chàteauneuf  de  Rochcbonne,  avait 
épousé  Jeanne  de  Labourange,  héritière  de  la  seigneurie  de  son  nom 
et  dernière  représentante  dune  vieille  famille  du  Velay.  Il  fut  père 
de  Jean  de  Rochebonne,  Sgr  de  Labourange,  qui  épousa  le 
22  août  1547  Rose  de  Paschal.  Larrière-pelit-fds  de  celui-ci,  Nicolas 
de  Rochebonne,  Sgr  de  Labourange,  marié  en  1631  à  Lucrèce  de 
Fay,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  avec  ses  fds  le  5  septembre  1669 
par  jugement  souverain  de  M.  de  Bezons,  intendant  du  Languedoc. 
M.  de  Rochebonne  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
du  Velay.  Cette  branche  a  eu  pour  dernière  représentante  Éléonore 
de  Chàteauneuf  de  Rochebonne.  décédée  en  1845,  qui  avait  épousé 
en  1833  le  docteur  Crrellclde  la  Deyte,  conseiller  général  de  la  Haute- 
Loire,  décédé  en  1873. 

La  famille  de  Chàteauneut  de  Rochebonne  avait  fourni  dans  ses 
diverses  branches  des  chanoines  comtes  de  Lyon,  de  Màcon,  de 
Brioude  et  de  Notre-Dame  du  Puy,  des  ofiiciers  supérieurs,  dont 
plusieurs  ont  été  tués  à  l'ennemi,  un  lieutenant  général  en  Lyonnais 
et  Forez,  décédé  en  1725,  un  chevalier  de  1  Ordre  du  Roi,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Talaru,  d'Alègre,  d'Apchier,  d'Adhéniar 
de  Grignon,  de  Molette  de  Morangiès,  de  Fay,  de  Saignard  1660, 
du  Peloux  1586,  etc. 

CHATEAURENARD  d'Aymar  d  Albi  de).  Voyez  :  Aymar  d'Albi  de  Cha- 
TEAURK.NARD  (o'j  au  tomc  II  et  aux  Additions  et  corrections  du  tome  VIL 

CHATEAUTHIERRY  Lebout  de).  Voyez  :  Lebout  de  Chateauthierry. 

CHATEAUTHIERRY  (de).  Armes  :  parti  :  au  1  d'azur  à  trois  chevrons 
d  argent  ;  au  2  de  gueules  à  un  tronc  d'arbre  terrassé  d'argent,  soute- 
nant un  faucon  d'or.  —  Aliàs  :  de  gueules  à  un  épervier  d'argent 
peluché  sur  une  branche  d'arbre  du  même,  posée  en  fasce,  mouvant 
de  la  pointe  de  Vécu,  de  laquelle  sort  du  côté  droit  une  tige  aussi 
feuillée  d'argent.  —  Devise  :  A  vertice  fortis  ad  unguem. 

La  famille  de  Chate.xuthierry  appartient  à  la  noblesse  de  l'an- 
cienne généralité  d'Alençon.  en  Normandie.  On  peut  voir  dans  les 


IHr.  TIONNAîni-,     HRS     FAMII.  I.RS     FRANÇAISRS  131 

Carrési  d'Hozier  qu'Alexandre  de  Châtcaulhierry,  éciiyor,  bailli  et 
capitaine  de  Dreux,  est  ainsi  désigné  dans  un  acte  du  22  juin  1459. 
Un  tableau  généalogique  conservé  dans  le  Cabinet  d'Hozier  fait 
remonter  la  filiation  à  Nicolas  de  Châteaulhierry,  fils  du  précédent, 
commis  à  la  recette  du  grenier  à  sel  de  Verneuil,  qui  acheta  en  1492 
le  fief  et  seigneurie  de  Breuil.  Ce  Nicolas  de  Châteauthierry  avait 
épousé  Jeanne  de  Morteaux  ;  il  en  eut  plusieurs  enfants  qui  parta- 
gèrent sa  succession  par  acte  de  1543.  Deux  de  ses  fds,  Jacques  de 
Châteauthierry,  enquêteur  à  Verneuil  en  1541,  élu  d'Alençon  et  du 
Perche  en  1543,  marié  en  1545  à  Catherine  Plume,  et  Piobert  de  Châ- 
teauthierry, receveur  du  domaine  de  Verneuil,  furent  les  auteurs  de 
deux  branches. 

Le  chef  de  la  branche  aînée,  noble  homme  Georges  de  Château- 
thierry, élu  d'Alençon  et  du  Perche,  marié  le  21  juin  1560  à  Agnès 
Brysart,  obtint  du  Roi  des  lettres  patentes  données  à  Blois  le 
l"  février  1550  et  obtint  l'entérinement  de  ces  lettres  par  sentence 
rendue  à  Verneuil  le  10  février  suivant.  Son  petit-tils,  Jacques  de 
Châteauthierry,  Sgr  du  Breuil  et  deMonteau,  marié  en  1642  à  Jeanne 
Bougis,  était  président  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances 
d'Alençon  quand  il  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  avec  ses  sept  fils 
le  l®""  juillet  1667,  sur  preuves  remontant  à  1492,  par  jugement  de 
M.  de  Marie,  intendant  d'Alençon.  On  trouvera  dans  le  Nouveau 
d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  qu'un  de  ses  descendants,  Mansuet- 
Ignace  de  Châteauthierry,  né  en  1758,  fit  en  1772  pour  être  admis  à 
l'École  militaire.  On  trouvera  dans  le  même  recueil  les  preuves  de 
noblesse  qu'un  autre  de  ses  descendants,  Bernard-François  de  Châ- 
teauthierry, cousin  du  précédent,  né  en  1771  à  Cerisy,  fit  en  1786 
pour  être  admis  parmi  les  pages  de  la  Grande  Écurie. 

La  branche  cadette  était  représentée  sous  Louis  XIV  par  deux 
frères,  Daniel  de  Châteauthierry,  Sgr  de  la  Noue,  marié  en  1649  à 
Anne  de  Beaulieu,  et  Claude  de  Châteauthierry  qui  avait  trois  fils  de 
son  mariage  en  1652  avec  Martine  Corron.  Ces  deux  frères  furent 
maintenus  dans  leur  noblesse  le  25  mai  1667  par  jugement  de  M.  de 
Marie.  On  trouvera  dans  le  Cabinet  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse 
qu'une  petite-fille  de  l'aîné  d'entre  eux,  Marthe-Renée  de  Château- 
thierry, née  en  1687  à  Saint-Mesme,  dans  le  Perche,  fit  en  1698  pour 
être  admise  à  Saint-Cyr. 

Amable  de  Châteauthierry  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Alençon. 

La  famille  de  Châteauthierry  a  fourni  de  nombreux  officiers. 

Elle  compte  encore  des  représentants.  L'un  d'eux,  Paul,  lieutenant 
d'artillerie,  a  épousé  en  1899  M''*  Fagniez. 


132  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Éloïse-Agathe  de  Chàteauthierry  avait  épousé,  vers  1835,  M.  Fran- 
çois-Jules Leboul,  docteur  en  médecine.  Leurs  descendants  se  sont 
crus  en  droit  de  joindre  à  leur  nom  celui  de  la  famille  de  Chàteau- 
thierry. 

Principales  alliances  :  d'Erard,  des  Acres  de  lAigle  1732,  de  la 
Touche,  de  Beaulieu  1649,  des  Corches,  de  Martel,  etc. 

CHATEAUVIEUX  (d'Armand  de).  Voyez  :  Armand  de  Chateadvikdx  (d*) 
aux  Additions  du  tome  I. 

CHATEAUVIEUX  (de  Lullin-).  Voyez  :  Lullin-Chateauviedx  (de). 

CHATEAUVIEUX  (de  Girard  de).  Voyez  :  Girard  de  Goehorn  kt  de  C hâ- 
te acviecx  fDE). 

CHATEAUVIEUX  (ie).  Armes  :  d'azu?'  à  un  chev>ro7i  d'or  accompagné 
en  chef  de  deux  étoiles,  et  en  pointe  d'une  quinte  feuille,  le  tout  d'ar- 
gent. —  Couronne  :  de  Marquis. 

Le  vicomte  Révérend  a  consacré  dans  l'Annuaire  de  la  noblesse 
de  1893  une  courte  notice  à  une  famille  de  Chateauvfel'x  qui  est  hono- 
rablement connue  de  nos  jours  dans  le  déparlement  de  l'Yonne. 
Cette  famille  descend  d'Alexis  de  Châteauvieux,  né  en  1675,  con- 
seiller du  Roi,  qui  fut  pourvu  le  24  novembre  1719  de  la  charge  de 
greffier  des  commissions  extraordinaires  du  Conseil  du  Roi  et  qui 
mourut  le  14  juillet  1744.  De  son  mariage  avec  Marie-Nicole  Ozanne, 
Alexis  de  Châteauvieux  laissa  un  fils,  Thomas,  né  en  1727,  et  une 
fille  qui  épousa  en  1751  Pierre-Jules  Leduc,  Sgr  de  la  Touche,  procu- 
reur aux  eaux  et  forêts  d'Orléans.  Thomas  de  Châteauvieux  fui 
commis  en  chef  aux  finances  et  épousa  Marie-Anne  Ducharges.  Il  ne 
figure  avec  d'autre  qualification  que  celle  de  bourgeois  de  Lyon  dans 
l'acte  de  baptême  de  son  fils  Charles,  né  le  15  mars  1758  à  Ainay,  en 
Bourbonnais.  On  ne  connaît  pas  à  la  famille  de  Châteauvieux  de 
principe  d'anoblissement  et  c'est  vraisemblablement  à  la  famille 
d'Armand  de  Châteauvieux  que  l'on  doit  rattacher  un  M.  de  Château- 
vieux qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Auxerre.  Charles  de  Châteauvieux  épousa  M"^  Mortier,  fut  sous-préfet 
d'Avallon  sous  le  Premier  Empire  et  mourut  dans  cette  ville  en  1813. 
Il  avait  été  élu  en  1806  candidat  au  Corps  législatif  par  l'arrondisse- 
ment d'Avallon,  mais  ne  fut  pas  appelé  à  siéger.  Son  fils,  Félix  de 
Châteauvieux,  né  en  1796,  capitaine  de  la  garde  royale,  épousa 
M"*  Destutt  de  Blaunay.  Il  a  été  père  de  M.  Henri  Gabriel  de  Château- 
vieux, né  en  1840,  conseiller  général  du  canton  de  Vézelay  (Yonne), 
décédé  en  1893,  qui  a  été  le  dernier  représentant  mâle  de  sa  famille 
et  qui  n'a  pas  eu  d'enfants  de  son  mariage  en  1872  avec  M"*  Truchy. 


Dir.TIONNAIRR     DKS    FAMILLKS     FRANÇAISES  133 

CHATEAUX  de  CHAMPREL  (Neveu  des).  Voyez  :  Nevbu  des  Châteaux  de 

Champrel. 

CHATEIGNER,  ou  CHASTEIGNER,  (de).  Armes  :  de  simple  semé  de 
rockers  (anciennement  de  châtaignes)  d'argent  sans  7iombre,  au  chef 
cousu  de  sinople. 

La  famille  de  Ghateigner,  quelquefois  de  Ghasteigner,  appartient  à 
la  noblesse  de  l'Aunis  ci  du  Bas-Poitou.  Elle  ne  doit  pas  être  con- 
fondue avec  la  puissante  maison  de  Ghasteigner  de  la  Roche-Pozay, 
encore  existante,  qui  n'a  cessé  depuis  le  moyen  âge  d'occuper  un 
rang  si  considérable  en  Poitou.  Beauchet-Filleau  en  a  donné  une 
généalogie  dans  son  Dictionnaire  historique  et  généalogique  des 
familles  du  Poitou  et  on  trouvera  dans  le  Cabinet  d'Hozier  les 
preuves  de  noblesse  qu'un  de  ses  membres  fit  en  1773  pour  être 
admis  parmi  les  pages  de  la  Dauphine. 

La  famille  de  Ghateigner  a  eu  pour  berceau  la  ville  de  la  Rochelle 
où  elle  est  connue  dès  la  fin  du  xiv«  siècle.  Elle  tire  sa  noblesse  des 
charges  municipales  que  ses  membres  ont  exercées  dans  cette  ville. 
Etienne  Ghateigner,  coélu  à  la  mairie  de  la  Rochelle  en  1481,  fut 
nommé  pair  et  échevin  en  1498.  Jean  Ghasteigner,  maire  de  la 
Rochelle  en  1515,  se  signala  par  son  dévouement  lors  de  la  peste  et 
de  la  famine  qui  désolèrent  la  ville  au  cours  de  cette  même  année. 
Le  travail  de  Beauchet-Filleau  fait  remonter  la  filiation  à  Pierre  Gha- 
teigner, Sgr  du  Treuil-Bonnet,  en  la  paroisse  de  Salles  d'Aytré,  qui 
fut  maire  de  la  Rochelle  en  1504.  Ge  même  Pierre  Ghateigner  obtint 
le  14  avril  1518  de  la  duchesse  de  Longueville,  comme  vicomtesse 
de  Ghâtelaillon,  l'érection  en  lief,  avec  moyenne  et  basse  justice,  du 
logis  de  Gramahé  qu'il  venait  de  faire  construire  près  de  sa  terre 
du  Treuil-Bonnet.  11  eut  de  Françoise  de  Donnes  deux  enfants  qui 
partagèrent  sa  succession  par  acte  du  29  juillet  1546.  Son  fils,  Fran- 
çois de  Ghateigner,  Sgr  de  Gramahé,  échevin  de  la  Rochelle,  épousa 
Marie  de  Mervault.  G'estàun  hommage  rendu  par  lui  le  17  mars  1530 
que  les  preuves  de  noblesse  faites  en  1773  et  mentionnées  plus  haut 
font  remonter  la  filiation  suivie.  11  laissa  deux  tils,  Pierre  Ghateigner, 
Sgr  de  Gramahé,  et  François  Ghateigner,  qui  partagèrent  la  suc- 
cession de  leurs  parents  par  acte  du  16  juin  1567  et  qui  furent  les 
auteurs  de  deux  branches. 

La  branche  aînée  s'éteignit  dans  les  dernières  années  du  xvn«  siècle. 
Elle  avait  été  maintenue  dans  sa  noblesse  d'abord  le  Ï8  mars  1606, 
par  sentence  de  M.  Rousseau  de  la  Parisière,  commissaire  délégué 
pour  la  vérification  des  titres  de  noblesse,  puis,  lors  de  la  recherche 
de   1666,    par   jugement  de  d'Aguesseau,   intendant  de  Limoges. 


134  niCTTONNAIRE     DES     FAMILIER     FRANÇAISES 

Elle  eut  à  soutenir  en  1648,  à  cause  de  son  blason,  un  procès  avec 
Henri-Louis  Cliasteigner  de  la  Rochepozay,  évèque  de  Poitiers. 

Pierre  Chàteigner,  Sgr  du  Richard,  chef  de  la  seconde  branche, 
fut  condamné  comme  usurpateur  de  noblesse  en  1667  par  jugement 
de  Barentin,  intendant  de  Poitiers.  Il  interjeta  appel  de  cette  con- 
damnation devant  le  Conseil  d'État  qui  le  maintint  dans  sa  noblesse 
avec  ses  enfants  par  arrêt  du  19  mars  1668.  Son  petit-fils,  Daniel  Chà- 
teigner, Sgr  des  OuUières,  dans  l'élection  de  Fontenay-le-Comte, 
fut  encore  maintenu  dans  sa  noblesse  le  3  mai  1715  par  jugement 
de  l'intendant  Quentin  de  Richebourg.  Il  fut  père  de  Daniel-René  Chà- 
teigner, Sgr  du  Bergeriou  et  des  Oullicres,  qui  épousa  en  1748 
M"*  de  Buor  de  Lavoy.  Les  deux  fils  de  celui-ci,  Daniel-Louis  de  Chà- 
teigner, Sgr  du  Bergeriou,  admis  en  1773  parmi  les  pages  de  la  dau- 
phine  Marie-Antoinette,  et  Esprit-Edouard  de  Chàteigner,  ont  été  les 
auteurs  de  deux  rameaux  qui  se  sont  perpétués  jusqu'à  nos  jours.  Le 
second  de  ces  deux  frères,  Esprit-Edouard  Chàteigner,  Sgr  du  Ber- 
geriou, prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  bailliage 
de  Fontenay-le-Comte. 

La  famille  de  Chàteigner  a  fourni  des  maires  et  des  échevins  de  la 
Rochelle,  de  nombreux  officiers,  des  chevaliers  de  Saint-Louis,  etc. 

Elle  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  de  Cumont  1651,  de  Béjarry  1838,  de  Cler- 
vaux,  de  Beaucorps,  de  Bessay  1800,  de  Buor  1748.  de  Rorthays,  de 
Grimouard,  de  Tinguy  1J<43,  dArlanges,  Poictevin  de  la  Rochette, 
de  Cacqueray,  fiardin  du  Boisdulier.  etc. 

CHATEL,  ou  CHASTEL,  (du),  aujourd'hui  DUCHATEL,  en  Normandie. 

Armes  anciennes  :  de  gueules  à  une  tour  d'or  donjunnée  de  trois 
pièces.  —  Armes  concédées  sous  le  Premier  Empire  :  Coupé  au 
1  d'azur  à  un  château  donjonné  de  trois  tours  d'or,  girouettées  d'ar- 
gent ;  au  2  fascé  d'or  et  de  gueules  de  six  pièces;  au  franc- quartier 
échiqueté  d'or  et  d'azur,  qui  est  des  comtes  conseillers  d'Etat. 

La  famille  des  comtes  Duchatel,  récemment  éteinte  dans  lesmàlcs, 
appartenait  avant  la  Révolution  à  la  noblesse  de  Normandie  et 
portail  à  cette  époque  le  nom  de  du  Chastel,  ou  du  Chatel. 

Ses  divers  représentants,  Jean-Baptiste  du  Chastel,  de  la  paroisse 
de  Montchamp,  dans  l'élection  de  Vire  ;  Claude,  Gilles,  Thomas  et 
Henri-François  du  Chastel,  de  la  paroisse  d'Estry,  en  la  même  élec- 
tion, tous  quatre  fils  de  Charles  Chastel  et  de  Marie  des  Monts  ; 
Jean  du  Chastel  de  la  paroisse  du  Fresne,  en  l'élection  de  Bayeux  ; 
Julien  du  Chastel,  do  la  paroisse  de  Domjean,  en  la  même  élection  ' 
Gilles  et  Nicolas  Duchastel,  de  la  paroisse  du  Mesnil-Herman,  en 


nir.TIONNAIRR     r)KS     FAMILLKS     FRANÇAISES  135 

l'élection  de  Goutances  ;  et  Guillaume  du  Chastel,  de  la  paroisse  de 
Saint-Gervais,  en  l'élection  d' A vranches,  furentcondaranés  à  l'amende 
comme  usurpateurs  de  noblesse  par  jugement  du  8  mars  1667  de 
Chamillart,  intendant  de  la  généralité  de  Gaen.  Ge  jugement  déclare 
qu'ils  ne  sont  pas  de  la  famille  du  Ghastel  qui  à  cette  époque  appar- 
tenait à  la  noblesse  de  la  même  région  et  qu'ils  portent  des  armes 
différentes  ;  qu'en  1605  le  père  d'un  des  produisants,  Michel,  avocat 
à  Vire,  ne  prenait  pas  la  qualité  de  noble,  mais  seulement  celle  de 
maître  ;  qu'ils  ont  été  imposés  aux  tailles  en  1579  et  années  suivantes 
jusqu'en  1598  ;  qu'ils  ont  été  condamnés  par  arrêt  de  la  Cour  des 
aides  en  15:29  (aliàs  1559)  et  par  arrêt  du  Grand  Gonseil  en  1583  ; 
que  le  dernier  d'entre  eux,  Guillaume,  fds  d'un  officier  chez  le  Roi  et 
petit-tils  d'un  receveur  des  tailles  à  Avranches,  avait  produit  des 
pièces  fausses  sur  le  premier  degré  et  avait  été  méconnu  par  les  du 
Ghastel  nobles  pour  être  de  leur  famille.  MM.  du  Ghastel  interjetèrent 
appel  de  cette  condamnation  devant  le  Gonseil  d'État  qui,  sur  le  vu 
de  leurs  titres,  les  maintint  dans  leur  noblesse,  les  premiers  par  arrêt 
du  13  (ou  15)  septembre  1667,  le  dernier,  Guillaume,  par  arrêt  du 
25  avril  1669.  Ces  deux  arrêts  établissent  leur  descendance  d'un 
Jean  Duchàtel,  sieur  de  Banville,  qui  se  signala  par  sa  vaillance  lors 
de  la  réduction  de  la  ville  de  Vire,  en  1450. 

Henri  du  Ghastel,  écuyer,  fît  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai 
général  de  1696  (registre  de  Mortain). 

Claude  du  Chàtel,  un  des  gentilshommes  qui  firent  reconnaître 
leur  noblesse  par  l'arrêt  du  Gonseil  du  15  septembre  1667  mentionné 
plus  haut,  possédait  la  seigneurie  de  la  Varinière,  dans  la  paroisse 
d'Estry,  au  diocèse  de  Bayeux.  Il  épousa  Marie-Madeleine  du  Bichot 
par  contrat  passé  à  Vire  le  16  juin  1675.  Il  fut  père  de  Roland-François 
du  Chàtel,  écuyer,  Sgr  de  la  Varinière,  qui  épousa  en  février  1703 
Jacqueline  Huillard,  et  grand-père  de  Jean-Baptiste  du  Chàtel  de  la 
Varinière  qui  épousa  en  1738  Louise  de  la  Mariouze.  On  trouvera 
dans  les  manuscrits  de  Chérin  les  preuves  de  noblesse  qu'un  petit- 
fîls  de  ce  dernier,  Charles-François  du  Chàtel,  né  à  Estry  on  1767, 
fit  en  1784  pour  obtenir  le  grade  de  sous-lieutenant.  M.  du  Chàtel  de 
la  Varinière  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du 
bailliage  de  Vire.  Un  du  Chàtel  de  la  Varinière  prit  part  avec  distinc- 
tion aux  guerres  de  la  chouannerie  ;  il  résidait  sous  la  Restauration 
à  Montchamp-le-Petit  (Calvados). 

Jean  du  Chàtel,  sieur  de  la  Morlière,  un  autre  de  ceux  qui  firent 
reconnaître  leur  noblesse  par  l'arrêt  du  Gonseil  du  15  septembre  1667, 
avait  épousé  le  1:2  juillet  1640  Marie  le  Riveray.  Il  fut  père  de  Nicolas 
du  Chàtel,  sieur  des  Chapelles,  qui  épousa  en  1685  Charlotte  Lair  de 


13(j  DICTIONNAIRK     D  KS    FAMILLES     FRANÇAISES 

Saint-Bosmer,  grand-père  d'Alexandre  du  Chatel,  sieur  de  la  Mor- 
lière,  qui  épousa  en  1711  Madeleine  de  Fréval,  et  bisaïeul  de  Pierre- 
Charles  du  Chàtel,  Sgr  de  Saint-Pierre-de-Tinchebray,  qui  épousa 
en  1748  M''*  de  Sainte-Marie  et  qui  mourut  en  1794.  Ce  dernier  est 
vraisemblablement  le  même  personnage  qu'un  M.  du  Châlel  de  la 
Morlière  qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du 
bailliage  de  Vire  comme  représentant  de  M"*  de  Clinchamps.  Son 
lils,  Charles-Nicolas-Tanneguy  du  Chàtel,  ou  Duchàtel,  né  à  Tinche- 
bray  en  1751,  était  à  l'époque  de  la  Révolution  receveur-général  du 
domaine  du  Roi  dans  la  généralité  de  Bordeaux  ;  il  fut  élu  député  de 
la  Gironde  au  Conseil  des  Cinq-Cents,  fut  sous  le  Premier  Empire 
conseiller  d'État  et  directeur  général  de  l'Enregistrement  et  des 
Domaines,  fut  plusieurs  fois  élu  depuis  18:27  député  de  la  Charente- 
Inférieure,  fut  appelé  on  1833  à  la  Chambre  des  Pairs  et  mourut 
en  1844  dans  le  magnifique  château  de  Mirambeau  qu'il  avait  acquis 
en  Saintonge.  11  avait  été  créé  comte  de  l'Empire  par  lettres  patentes 
de  mai  1808  et  avait  fait  reconnaître  son  ancienne  noblesse  par 
ordonnance  royale  du  10  juillet  18:25.  De  son  mariage  avec  M"*  Papin, 
dame  du  palais  de  l'impératrice  Joséphine,  le  comte  Duchàtel  laissa 
deux  iils  :  1"  Charles-Tanneguy,  qui  continua  la  descendance  ; 
2°  Napoléon-Joseph,  vicomte  Duchàtel,  pair  de  France  en  1845, 
décédé  en  1884,  qui  n'eut  que  deux  filles,  les  comtesses  de  Ville- 
neuve-Guibert  et  de  Golstein.  Charles-Tanneguy,  comte  Ducliàtel, 
né  en  1803,  plusieurs  fois  ministre  sous  la  monarchie  de  Juillet, 
membre  de  l'Institut,  grand-croix  de  la  Légion  d  honneur,  décédé 
en  1867,  fut  un  des  hommes  d'État  les  plus  éminents  de  son  temps. 
Il  laissa  une  fille,  M""  la  duchesse  de  la  Trémoïllc,  et  un  fils,  Tan- 
neguy,  comte  Duchàtel,  né  en  1838,  député  de  la  Charente-Inférieure, 
ambassadeur  de  France,  marié  à  M"*  d'Harcourt,  qui  est  décédé  sans 
postérité  en  1907. 

Principales  alliances  :  de  la  Mariouze,  de  Sainte-Marie,  de  Fréval, 
Vallet  de  Villeneuve-Guibert  1857,  de  Golstein  1866,  de  la  ïré- 
moïlle  1862,  d'IIarcourl  1874,  etc. 

11  a  existé  dans  la  noblesse  de  Normandie  plusieurs  autres  familles 
du  Chàtel,  ou  du  Chastel.  Ces  diverses  familles,  de  même  que  celle 
des  comtes  Duchàtel,  étaient,  d'après  la  tradition,  autant  débranches 
détachées  d'une  souche  commune  à  une  époque  inconnue.  Elles 
croyaient  avoir  eu  la  Bretagne  pour  berceau  et  avoir  eu  dans  un  passé 
très  éloigné  une  origine  commune  avec  la  puissante  maison  du 
Chastel  de  Trémazan. 

Lune  de  ces  familles,  fixée  dans  l'élection  de  Curentan,  portait 
pour  armes  :  de  gueules  à  un  château  d'or.  Elle  fut  maintenue  dans 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  137 

sa  noblesse  parMonIfauten  1463,  puis,  lors  de  la  recherche  de  1666, 
parjugement  de  Chamillart,  intendant  de  Caen. 

Une  autre  famille  du  Ciiastel,  ou  du  Cliâtel,  habituée  en  l'élection 
dlsigny,  portait  pour  armes  :  d'azu)'  à  trois  châteaux  d'or.  Elle  était 
fort  ancienne.  Elle  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  par  Montfaut, 
en  1463,  puis  le  5  mars  1671  par  jugement  de  Chamillart,  intendant 
de  Caen.  Un  de  ses  représentants,  François-Tanneguy  du  Chàtel,  che- 
valier, lieutenant  général  au  bailliage  de  Bayeux,  épousa  en  1755  sa 
cousine,  Françoise-Charlotte  du  Chàtel,  lille  du  seigneur  deCastillon. 
On  trouvera  dans  les  manuscrits  de  Chérin  les  preuves  de  noblesse 
que  leur  lils,  Michel-Henri-Tanneguy  du  Chàtel,  né  en  1770  à  Castillon, 
au  diocèse  de  Bayeux,  fit  en  1788  pour  obtenir  le  grade  de  sous- 
lieutenant.  C'est  peut-être  à  cette  famille  que  l'on  doit  rattacher 
M™'  d'Hérissé,  née  du  Chàtel,  dont  la  fille  épousa  en  1875  M.  d'Auxais, 
et  M.  Stanislas-François  du  Chàtel  qui  mourut,  en  mars  1880,  au  châ- 
teau du  Mesnil-Herman  (Manche). 

Une  quatrième  famille  du  Chàtel  possédait  dans  l'élection  de  Rouen 
les  seigneuries  de  Gribouval,duMesnil  et  de  la  Bucaille.  Elle  portait 
pour  armes  :  d'argent  (aliàs  d'or)  à  trois  tours  de  gueules,  :2  et  \;  à 
la  bordure  d'azur.  Son  chef,  Pierre  du  Chastel,  sieur  de  la  Bucaille, 
fut  condamné  comme  usurpateur  de  noblesse  par  jugement  du 
"20  avril  1667  de  M.  de  la  Gallissonnière,  intendant  de  Rouen. 

CHATELAIN.  Armes  :  coupé  au  1  d'or  à  un  palmier  de  sinople  ;  au 
i  d'azur  à  un  dextrochère  d'or  mouvant  de  sénestre,  tenant  une  épée 
haute  en  pal  du  même,  accostée  de  deux  croissants  renversés  d'ar- 
gent; vêtu  de  gueules  au  signe  des  chevaliers  légionnaires. 

Julien  Châtelain,  né  à  Versailles  en  1761,  retraité  colonel  de  cava- 
lerie en  1815,  officier  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  en  1836,  fut 
créé  chevalier  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  14  juin  1810.  Il 
fut  aussi  créé  baron  de  l'Empire  par  décret  impérial  de  1815  ;  mais, 
par  suite  des  événements  politiques,  ce  décret  ne  fut  jamais  suivi 
de  lettres  patentes.  Le  colonel  Châtelain  laissa  deux  fils,  Julien- 
Amable,  baron  Châtelain,  né  en  1817,  secrétaire  au  ministère  de 
l'Intérieur,  et  Arthur-René  Châtelain,  né  en  18;24,  décédé  en  1843. 

Le  colonel  Châtelain  appartenait  vraisemblablement  à  une  famille 
Châtelain  qui,  au  xviii*  siècle,  occupait  à  Versailles  un  rang  distingué. 
Pierre  Châtelain  fut  écuyer  de  la  bouche  du  roi  Louis  XIV.  Son  fils, 
Georges  Châtelain,  né  en  1679  à  Saint-Germain-en-Laye,  fut  con- 
trôleur ordinaire  de  la  bouche  du  Roi.  Il  fut  père  de  Charles-Georges 
Châtelain,  né  à  Versailles  en  1722,  contrôleur  ordinaire  de  la  bouche 
du  Roi,  marié  en  1756,  qui  fut  anobli  en  avril    1768   par  lettres 


138  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

patentes  du  roi  Louis  XV.  On  trouvera  le  texte  de  ces  lettres  dans  le 
Nouveau  dHozier.  Charles-Georges  Châtelain  obtint  en  même  temps 
le  règlement  de  ses  armoiries  :  à.' argent  à  un  cœur  d'or  d'où  sortent 
une  branche  de  laurier  de  sinople  et  un  épi  de  blé  avec  sa  tige  et  ses 
feuilles,  aussi  de  sinople,  entrelacés  ensemble,  ledit  cœur  accom- 
pagné de  trois  étoiles  d'azur,  une  en  chef  et  deux  aux  flancs  de 
Vécu. 

CHATELARD  (Pabot  du).  Voyez  :  Pabot  du  Chatelard. 

CHATELET   Armynot  du).  Voyez  :  Armynot  du  Chatelet. 

CHATELET   de  Bordes  duj.  Voyez  :  Bordes  du  Chatelet  (dej. 

CHATELET  de  Ferrier  du).  Voyez  :  Ferbier  du  Chatelet  (de). 

CHATELET  le  Vaillant  du).  Voyez  :  Le  Vaillant  du  Douet,  de  la  Fieffé, 
DE  Fulleville,   de  Plémont.  DE  Glatigxy,  de  Chaknv,  de  Monchy,  de 

DURAXVILLE,   DE   LA   BoISsIÈHE  ET  DU  ChATELET. 

CHATELET    Parent  du).  Voyez  :  Parent  du  Chatelet. 

CHATELET   Robert  du ).  Voyez  :  Robert  du  Chatelet. 

CH  ATELIER   Gazot  du).  Voyez  :  Gazot  du  C  h  atelier. 

CHATELLIER  Maufras  dui.  Voyez  :  Maufras  du  Chatellier. 

CHATELLIER  Salmonduj.  \'oyez  :  Salmon  du  Chatellier. 

CHATELPERRON   Collas  de;.  Voyez  :  Collas  de  Chatelperron. 

CHATELUS  iGuilletde).  \  oyez  :  Guillet  de  Chatelus. 

CHATENAY  (Genêt  de).  Voyez  :  Genêt  de  Chatexay. 

CHATENET  (Caminade  dei.  N'oyez  :  Caminade  de  Castres  et  de  Ghatenet. 

CHATENET  i Descubes  du).  Voyez  :  Descubes  du  Ghatenet. 

CHATILLON  (Chasseloup  de).  Voyez  :  Chasseloui-  de  Chatillon  et  de  la 
Mothk. 

CHATILLON,  ou  CHASTILLON,  (de;,  en  Poitou.  Armes  :  de  gueules  à 
une  aigle  éployée  d'argent,  couronnée  d'or. 

La  famille  de  Chatillon  appartient  à  la  noblesse  du  Poitou.  Elle  a 
eu  pour  berceau  une  seigneurie  de  son  nom  située  sur  le  territoire  de 
la  paroisse  de  Saint-Léger,  dans  la  vicomte  de  Bridiers,  sur  les 
confins  de  la  Marche,  du  Berry  et  du  Poitou.  On  en  trouvera  des 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  139 

généalogies  dans  les  manuscrits  de  Chérin  et  dans  le  Dictionnaire 
historique  et  généalogique  des  familles  du  Poitou  de  Beauchet- 
Filleau.  Ce  dernier  auteur  mentionne  un  Cfuillaume  de  Chàtillon, 
écuyer,  qui  assista  le  9  mars  1399  au  mariage  d'Héliot  de  Charrières. 
Pernelle  de  Chàtillon  épousa  en  1463  noble  personne  Jehan  deBloin, 
écuyer,  en  présence  de  son  père,  noble  homme  Simon  de  Chàtillon, 
écuyer,  Sgr  dudit  lieu,  et  de  son  frère,  noble  personne  Olivier 
de  Chàtillon.  Ce  dernier  obtint  le  29  décembre  1469  une  attes- 
tation du  seigneur  de  l'Aigle,  commandant  les  nobles  du  Poitou. 
On  admet  généralement  qu'il  fut  père  d'un  André  de  Chàtillon, 
écuyer,  Sgr  dudit  lieu,  qui  épousa  le  24  août  1522  Jeanne  Bertrand, 
veuve  de  Jacques  de  Lussay,  écuyer,  Sgr  de  la  Villate,  et  auquel 
seulement  les  travaux  mentionnés  plus  haut  font  remonter  la 
filiation  suivie.  Ce  même  André  de  Chàtillon  servait  en  1533  comme 
arbalétrier  au  ban  de  la  sénéchaussée  de  Montmorillon.  Son  petit- 
fils,  Jean  de  Chàtillon,  écuyer,  Sgr  dudit  lieu,  de  Chamborant  en 
partie,  de  Souvelinges,  etc.,  épousa  le  3  février  1585  Françoise  de 
Saint-Julien.  Deux  de  leurs  fils,  Louis,  Sgr  des  mêmes  domaines, 
marié  à  Françoise  de  Couhé,  et  Pierre,  chevalier,  Sgr  de  Matranges, 
marié  le  7  juin  1625  à  Isabeau  Phélip  de  Saint-Viance,  furent  les 
auteurs  de  deux  branches. 

La  branche  aînée  ne  tarda  pas  à  s'éteindre.  Son  chef,  Pierre  de 
Chàtillon,  demeurait  en  la  paroisse  d'Asnières  quand  il  fut  main- 
tenu dans  sa  noblesse  le  7  septembre  1667  par  jugement  de 
M.  de  Barentin,  intendant  de  Poitiers.  Gabriel  de  Chàtillon,  frère  de 
Pierre,  demeurait  en  la  paroisse  de  Saint-Léger,  dans  lélection  du 
Blanc,  en  Berry,  quand  il  fut  maintenu  le  14  avril  1668  par  jugement 
de  M.  Perrotin  de  Barmond,  subdélégué  de  l'intendant. 

On  ne  voit  pas  que  la  branche  cadette,  aujourd'hui  seule  exis- 
tante, ait  jamais  été  l'objet  d'un  jugement  de  maintenue  de  noblesse, 
bien  que  ses  membres  aient  toujours  porté  les  qualifications  nobi- 
liaires. Son  chef,  Pierre-Sylvain  de  Chàtillon,  chevalier,  Sgr  de 
Matranges,  chevalier  de  Saint-Louis,  capitaine  de  grenadiers 
royaux,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Poitiers.  11  avait  épousé  en  1771  M"*^  de  Biencourt.  Leur  fils  unique, 
Claude,  marié  en  1834  à  M"®  Besse  du  Fromental  et  décédé  en 
1862,  fut  connu  sous  le  titre  de  comte  que  son  père  avait  déjà 
porté  dans  plusieurs  circonstances  avant  la  Révolution.  Il  a  été  lui- 
même  père  de  Pierre-Achille,  comte  de  Chàtillon,  né  en  1842,  qui  a 
eu  une  nombreuse  postérité  de  son  mariage,  en  1880,  avec  M"®  de 
Forceville. 

La  famille  de  Chàtillon  a  fourni  des  officiers. 


140  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

Principales  alliances:  Brossin  (de  Méré)  vers'l42o.  Bertrand  1522, 
de  Saint-Julien  IbSo,  de  Couhé  IblT,  Phélip  de  Saint-Viance  1625, 
1720,  de  Biencourl  1771,  de  Forceville  1880,  etc. 

CHATILLON  (dej,  en  Savoie.  Armes  :  fascé  d'argent  et  d'azur  (aliàs 
d'azur  à  trois  fasces  d'argent),  à  la  cotice  de  gueules  brochant  sur 
le  tout. 

Il  a  existé  à  Evian,  en  Savoie,  une  famille  dk  Chatillon  qui 
portait  les  armoiries  décrites  en  tête  de  cet  article  et  dont  le  comte 
de  Foras  a  donné  une  généalogie  dans  son  Arinorial  de  Savoie. 
Cette  famille  n'avait  aucun  rapport  avec  une  famille  du  même  nom, 
éteinte  depuis  plusieurs  siècles,  qui  a  occupé  un  rang  considérable 
dans  la  noblesse  de  Bugey  et  qui  portait  pour  armes  :  d'argent  à 
une  croix  de  gueules.  Ses  origines  sont  mal  connues  et  les  premiers 
degrés  de  sa  filiation  sont  fort  embrouillés.  Son  premier  auteur 
connu,  Jean  de  Cliàtillon,  du  lieu  de  Lugrin,  décédé  avant  1344,  ne 
figure  dans  aucun  acte  avec  les  qualifications  nobiliaires.  11  avait 
épousé  une  dame  appelée  Amjola.  Leur  lils,  Péronnet  de  Chatillon, 
clerc,  du  lieu  de  Lugrin,  passa  une  transaction  le  6  février  1370  ;  il 
passa  le  9  décembre  1393  une  autre  transaction  dans  laquelle  est 
nommée  sa  femme,  Mermettc  Cuendat.  Il  fut  père  de  Pierre  de 
Chatillon,  damoiseau  (?),  qui  fit  une  donation  à  léglise  de  Lugrin, 
d'après  un  titre  falsifié  de  1410,  et  qui  reçut  un  hommage  dans  sa 
maison  de  Lugrin  le  3  mars  1432.  Le  fils  de  celui-ci,  Jean  de 
Chatillon.  damoiseau,  notaire  public,  épousa  le  29  septembre  1447 
demoiselle  Jacquemette  de  Lugrin  d'Excerisy.  11  fut  père  de  noble 
Aymon  de  Chatillon,  qui  épousa  le  7  avril  1484  Louise  de  Belle- 
garde,  grand-père  de  noble  Jean-François  de  Chatillon,  Cogr  de 
ThoUon,  qui  épousa  en  lo26  demoiselle  Andrée  du  Flon,  et  bisaïeul 
de  noble  Mathieu  de  Chatillon,  Cogr  de  Thollon,  châtelain  d'Evian 
en  1581,  qui  épousa  Françoise  Comte  et  qui  fit  son  testament 
en  1605.  Cette  famille  de  Chatillon  donna  au  cours  du  xvn^  siècle 
plusieurs  châtelains  à  la  ville  d'Evian.  Elle  eut  pour  dernier  repré- 
sentant authentique  Jean  de  Chatillon,  né  en  1625,  qui  mourut  sans 
postérité  le  22  août  1701.  On  trouve  cependant  de  ncs  jours  à  Evian 
une  famille  de  Chatillon,  de  condition  modeste,  qui  paraît  être  une 
branche  détachée  a  une  époque  inconnue  de  la  vieille  famille  savoi- 
sienne  dont  il  vient  d'être  parlé. 

Le  nom  de  Chatillon,  ou  Chastillon.  a  été  porté  en  France  par  un 
grand  nombre  d'autres  familles  nobles  qui  toutes  paraissent  être 
aujourd'hui  éteintes.  La  plus  illustre  de  ces  familles  tirait  son  nom 
de  la  ville  de  Ghàtillon-sur-Marne,  en  Champagne,  dont  ses  premiers 


DICTIONNAIRR     DES     FAMILLRS     FRANnAISRS  iM 

auteurs  connus  étaient  seigneurs  dès  le  xi*  siècle.  Duchesne  en  a 
publié  une  généalogie  en  16'2l.  La  souche  se  partagea  en  un  grand 
nombre  de  branches  dont  l'une  acquit  au  xii''  siècle  les  comtés  de 
Blois  et  de  Saint-Pol.  Alexis  de  Chàtillon,  chef  de  la  seule  de  ces 
branches  qui  subsistât  au  xviii^  siècle,  obtint  par  lettres  d'avril  1736 
l'érection  en  duché-pairie,  sous  le  nom  de  Chàtillon,  de  la  baronnie 
de  Mauléon  qu'il  possédait  en  Poitou.  Son  fds,  Louis,  duc  de  Chà- 
tillon, pair  de  France,  mourut  en  1762  laissant  de  son  mariage  avec 
M""  de  la  Vallière  deux  filles,  dernières  représentantes  de  leur 
maison,  qui  épousèrent  l'une  en  1777  le  duc  d'Uzès,  l'autre  en  1781 
le  duc  de  la  Trémoïlle.  Cette  branche  portait  pour  armes  :  de  gueules 
à  trois  pals  de  vair,  au  chef  d'or.  La  maison  de  Chàtillon  a  fourni 
un  nombre  considérable  de  grands  officiers  de  la  Couronne.  Elle 
avait  conclu  plus  de  douze  alliances  avec  la  maison  de  France.  On 
lui  a  souvent  attribué  le  pape  Urbain  II,  décédé  en  1099. 

CHATON,  ou  CHATTON,  des  MORANDAIS.  Armes  :  d'argent  à  un  pin 

.  de  sinople,  arraché  et  fruité  de  trois  pommes  d'or.  —  Couronne  : 
de  Marquis.  —  Supports  :  deux  lions.  —  Devise  :  A  peine  un  chat  y 
peut  atteindre.  —  Autre  devise  :  Dieu  et  mon  courage. 

La  famille  Chaton,  ou  Chatton,  des  Morandais,  fixée  en  Berry  au 
cours  du  XIX*  siècle,  appartenait  à  l'ancienne  noblesse  des  environs 
de  Lamballe,  en  Bretagne.  Elle  est  connue  depuis  l'an  1204,  date  à 
laquelle  René  Chatton  confirma  à  l'église  de  Dol  diverses  donations 
faites  par  son  père,  Thibaut,  et  lui  vendit  la  forêt  de  Mezun,  près  de 
Dinan,  du  consentement  de  sa  femme,  Marie,  et  de  son  fils,  Hervé. 
Guillaume  Chatton  jura  en  1272  la  paix  avec  Robert,  abbé  de  Saint- 
Aubin-des-Bois.  Hervé  Chalton,  capitaine  sous  le  sire  de  Craon, 
donna  quittance  de  ses  gages  par  acte  du  6  août  1363.  La  famille 
Chatton  figure  de  1423  à  1525  aux  reformations  et  montres  de  la 
noblesse  du  diocèse  de  Saint-Brieuc.  Les  jugements  de  maintenue  de 
noblesse  rendus  en  sa  faveur  au  xvii*  siècle  en  font  remonter  la 
filiation  à  Jean  Chatton  dont  le  fils  Roland,  écuyer,  capitaine  du 
château  du  Plessis  pour  Alain  de  Rohan,  comte  de  Porrhoet,  fut  un 
des  300  gentilshommes  qui  accompagnèrent  le  duc  Richard  III  quand 
celui-ci  vint  à  Paris  en  1419  pour  traiter  de  la  paix  avec  le  roi  de 
France.  Robert  Chatton,  sieur  des  Vaux,  petit-fils  de  Roland,  eut  ses 
biens  confisqués  par  la  duchesse  Anne  en  1489  pour  avoir  suivi  le 
parti  français.  11  avait  épousé  en  1462  Guillemette  du  Cambout;  il 
en  eut  trois  fils,  Guyon,  Sgr  des  Vaux,  François,  sieur  du  Bois,  et 
Guillaume,  sieur  de  la  Touche,  qui  furent  les  auteurs  de  trois 
branches.  Les  représentants  de  ces  trois  branches  furent  maintenus 


142  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

dans  leur  noblesse  d'extraction  le  30  janvier  1669  et  le  6  mars  1671 
par  arrêts  de  la  Chambre  de  réformation. 

Le  chef  de  la  branche  aînée,  Pierre-François  Chatton  des  Salles, 
né  au  Quiou  en  1690,  épousa  en  lllO  Renée-Guillemette  du  Bois, 
héritière  de  la  seigneurie  des  Morandais,  en  la  paroisse  d'Evran.  On 
trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que 
son  fils,  Eugène  Chatton,  Sgr  des  Morandais,  fit  en  1776  pour 
obtenir  1  admission  à  Saint  Cyr  de  sa  fille,  Céleste-Jeanne,  née 
en  1764,  et  dans  le  Cabinet  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que  le 
môme  gentilhomme  fit  en  1771  pour  obtenir  l'admission  parmi  les 
pages  du  comte  de  Provence  de  son  fils  aîné,  Eugène-François,  né 
en  1755,  connu  dans  la  suite  sous  le  titre  de  comte  des  Morandais  et 
décédé  sans  postérité.  Charles  Chatton,  comte  des  Morandais, 
second  fils  d'Eugène,  épousa  à  Jersey,  pendant  l'émigration,  Marie- 
Thérèse  de  la  Marque  ;  il  fut  père  de  Charles-Eugène  Chatton,  comte 
des  Morandais,  né  à  Jersey  en  1799,  qui  épousa  en  1836  M"*  de 
Montaignac,  et  grand-père  de  Charles-Eugène,  comte  des  Morandais, 
né  en  1837. 

La  seconde  branche  s'est  partagée  en  plusieurs  rameau.x  qui  ont 
possédé,  entre  autres  biens,  les  seigneuries  du  Boispigneul,  du 
Quillio  et  de  Fougeray.  Elle  paraît  avoir  eu  pour  derniers  représen- 
tants Pierre-Cyprien  Chatton  du  Fougeray,  lieutenant-colonel  d'in- 
fanterie, chevalier  de  Saint-Louis,  décédé  à  Jersey  en  1801,  et  sa 
sœur,  Georgine-Catherine  Chalton  du  Quillio,  supérieure  des  Augus- 
tines  de  Saint-Yves,  décédée  en  1813. 

La  troisième  branche  subsistait  à  l'époque  de  la  Révolution. 
On  trouve  que  Joseph-Jacques  Chatton  de  la  Touche  fut  baptisé  à 
Plouhinecle  17  juillet  1789. 

Henri  de  Chaton,  Eugène  Chaton  des  Morandais  et  son  fils, 
Pierre  Chaton  de  Vaugerny  et  Guillaume-René  Chatton  de  Ranléon 
signèrent  en  1788  la  protestation  de  la  noblesse  de  Bretagne  contre 
la  convocation  des  États  Généraux. 

La  famille  Chaton  a  fourni  de  nombreux  officiers,  un  vaillant  navi- 
gateur qui  accompagna  Jacques  Cartier  au  Canada  (Etienne  Chatton 
de  la  Jaunais),  etc. 

Principales  alliances  :  du  Cambout  (de  Coislin),  de  Visdelou,  de 
Bréhan  1650,  du  Bois  des  Morandais,  le  Corgne,  le  Mintier,  de  Mon- 
tagnac  1836,  de  Lanjamet  1625,  Tufiin  de  la  Rouerie  1797,  de  Tré- 
maudan,  le  Gonidec,  Jegou,de  Cargouet  1660,  etc. 

CHATOUVILLE  (Decan  de).  Voyez  :  Decan  de  Chatouville. 

CHATRE  iSpreng  de  la;  Voyez  :  Spreng  de  la  Châtre. 


DIOTIONNAIRR     DES     FAMILLKS     FRANÇAISES  143 

CHATRE  (de  la).  Armes  :  de  gueulea  à  la  croix  ancrée  de  vair.  —La 
brandie  aînée  écarlelalt  ses  armes  de  celles  de  la  maison  de  Saint- 
Amadour.  de  gueules  à  trois  têtes  de  loup  arrachées  d'argent.  — 
Couronne  ducale.  —  L'écu  entouré  d'un  manteau  de  pair  de 
France.  — Supports  :  deux  lions  d'or,  armés  et  lampassésde  gueules. 
—  Cimier  (concédé  au  duc  de  la  Châtre,  ambassadeur  de  France  à 
Londres,  par  brevet  du  roi  d'Angleterre  du  6  juin  1816)  :  un  lion 
léopardéissant  d'or,  ayant  au  cou  une  couronne  de  laurier  de  sinople 
et  tenant  dans  ses  pattes  la  bannière  du  régiment  Loyal- Emigrant, 
qui  est  d'or,  chargé  de  la  légende  Fac  et  spera,  surmontée  des  lettres 
L.  E  ;  au  canton  d'azur  chargé  d'un  sautoir  d'argent  surchargé 
d'une  croix  de  gueules  bordée  d'argent.  —  Cri  de  guerre  :  A  l'attrait 
des  bons  chevaliers. 

La  maison  de  la  Châtre,  actuellement  éteinte,  était  une  des 
plus  illustres  de  la  noblesse  française.  Elle  était  originaire  du  Berry 
et  tirait  son  nom  de  la  petite  ville  de  la  Châtre,  aujourd'hui  sous- 
préfecture  du  département  de  l'Indre,  dont  ses  premiers  auteurs 
possédaient  la  seigneurie  dès  le  xi"  siècle.  Le  généalogiste  Beaujon, 
ayant  été  chargé  d'examiner  les  preuves  de  noblesse  qu'un  de  ses 
membres  fit  sous  Louis  XV  pour  être  admis  aux  honneurs  de  la  Cour, 
envoya  en  1770  au  comte  de  Saint- Florentin  un  mémoire  qui  com- 
mence en  ces  termes  :  «  La  maison  de  la  Châtre  est  originaire  du 
«  Berry.  Elle  tient  un  rang  distingué  parmi  les  illustres  maisons  du 
«  royaume  par  son  ancienneté,  par  ses  alliances  et  par  les  charges 
«  de  la  couronne  dont  elle  a  été  revêtue,  ayant  donné  quatre  capi- 
«  taines  des  gardes  du  corps  des  Rois,  un  colonel-général  des  Suisses, 
«  deux  chevaliers  de  l'Ordre  du  Saint-Esprit  et  deux  maréchaux  de 
«  France...  » 

La  Thaumassière,  la  Chesnaye  des  Bois  et  d'autres  généalogistes 
anciens,  se  basant  sur  une  ancienne  tradition,  ont  voulu  faire  des- 
cendre la  maison  de  la  Châtre  de  celle  des  anciens  sires,  ou  princes, 
de  Déols,  qui  dès  la  fin  du  x*  siècle  occupaient  en  Berry  un  rang  con- 
sidérable. D'après  leur  système,  Gérard,  fils  cadet  d'Ebbes,  sire,  ou 
prince,  de  Déols,  aurait  reçu  en  apanage  vers  le  milieu  du  xi^  siècle 
la  terre  et  seigneurie  de  la  Châtre  et  en  aurait  pris  le  nom.  Ce  Gérard, 
Sgr  de  la  Châtre,  est  mentionné  dans  des  actes  de  1093  et  de  1095. 
On  lui  attribue  pour  fils,  mais  sans  preuves,  un  Rambaud,  Sgr  de  la 
Châtre,  qui  est  mentionné  dans  des  actes  des  années  1109  et  1110, 
et  un  Emery  de  la  Châtre  qui  fut  nommé  cardinal  par  le  pape 
Calixte  II,  élu  en  11 19.  On  fait,  mais  toujours  sans  preuves,  de  Ram- 
baud de  la  Châtre  le  père  d'un  Guillaume,  chevalier,  qui  était  sei- 
gneur de  la  Châtre  en  1158.  et  d'un  Pierre  de  la  Châtre,  décédé  en 


144  niCTIONNAlRE    D  F.  S     FAMII.LF.S     FRANÇAISES 

1171.  qui  fut  nommé  archevêque  de  Bourg-es  en  1140.  On  trouve 
ensuite  un  Raoul,  dit  le  Vieil,  chevalier,  qui  était  seigneur  de  la 
Châtre  en  1188  et  qui  avait  épousé  une  dame  nommée  Odde.  La 
maison  de  la  Châtre  s'est  partagée  au  moyen  âge  en  deux  grandes 
branches  dont  le  point  de  jonction  n"a  pu  être  exactement  déterminé. 
Ces  deux  branches  se  sont  l'une  et  l'autre  perpétuées  jusqu'au 
xix^  siècle.  Les  généalogistes  mentionnés  plus  haut  ont  avancé,  mais 
toujours  sans  preuves,  quelles  avaient  eu  pour  auteurs  l^aoul,Sgrde 
la  Châtre,  décédé  en  1200,  et  Pierre  de  la  Châtre,  Sgr  de  Breuille- 
baut,  vivant  en  1217,  et  que  ceux-ci  étaient  fils  de  Raoul  le  Vieil,  dont 
il  vient  d  être  parlé. 

La  branche  que  l'on  considère  comme  l'aînée  jouit  d'un  vif  éclat. 
Elle  se  distingua  par  le  surnom  de  l'importante  seigneurie  de  Nançay, 
en  Sologne,  que  son  chef,  riuillaumo  de  la  Ciiâtro,  chambellan  du 
comte  de  Poitiers,  acheta  le  16  janvier  1371  de  son  beau-frère, 
Godemar  de  Linières.  Jean  de  la  Châtre,  fils  de  Guillaume,  maître 
d'hôtel  et  chambellan  du  duc  de  Berry  en  1397.  bailli  de  Gien  en  1409, 
capitaine  du  château  de  Mehun  en  1410,  fut  autorisé  en  1413  â  fortifier 
son  château  de  Nançay.  Il  fut  père  de  Pierre  de  la  Châtre,  gentil- 
homme de  la  maison  du  roi  Charles  VII,  qui  fut  confirmé  dans  cette 
autorisation  par  lettres  de  ce  prince  de  mai  1447,  grand-père  de 
Claude  de  la  Châtre,  Sgr  de  Nançay,  marié  en  1460  k  Catherine  de 
Menou,  capitaine  des  gardes  françaises  en  1479,  qui  fut  chevalier 
de  l'Ordre  du  roi  Louis  XI,  et  bisaïeul  de  Gabriel  de  la  Châtre,  Sgr  de 
Nança}',  baron  delà  Maisonfort,  décédé  en  1538,  qui  fut  successive- 
ment chambellan  et  maître  d'hôtel  du  roi  Louis  XII,  capitaine  de  ses 
gardes  du  corps,  gouverneur  des  Enfants  de  France,  maître  des  céré- 
monies de  France  et  prévôt  de  lOrdre  de  Saint-Michel.  Deux  des  fils 
de  ce  dernier,  Joachim,  Sgr  de  Nançay,  chambellan  et  maître  d'hôtel 
du  Roi,  capitaine  de  ses  gardes  du  corps  en  1533,  maître  des  céré- 
monies, prévôt  de  l'Ordre  de  Saint-Michel,  gouverneur  du  duché 
d'Orléans,  décédé  en  1546,  et  Claude  de  la  Châtre,  baron  de  la 
Maisonfort,  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

Le  rameau  cadet  a  été  illustré  par  Claude  de  la  Châtre,  baron 
de  la  Maisonfort,  chevalier  du  Saint-Esprit  en  1585,  qui  fut  fait  maré- 
chal de  France  en  1594,  et  par  Louis  de  la  Châtre,  baron  de  la  Mai- 
sonfort, fils  du  précédent,  qui  reçut  à  son  tour  on  1616  le  bâton  de 
maréchal  de  France.  Il  s'est  éteint  avec  Louise-Henriette  de  la 
Châtre,  fille  de  ce  dernier,  qui  épousa  d'abord  en  1622  François  de 
Valois,  comte  dAlais,  fils  du  duc  d'Angoulême,  puis  en  1625  le  duc 
d'Uzès  et  enfin  Claude  Pot,  Sgr  de  Rodes,  grand-maître  des  cérémo- 
nies de  France. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  145 

Le  clief  du  rameau  ainô,  Gaspard  de  la  Châtre,  Sgr  de  Nançay, 
fils  de  Joachim,  s'apparenta  de  très  près  à  la  maison  royale  de 
France  et  à  la  maison  de  Savoie  par  le  mariage  qu'il  contracta 
en  1570  avec  Gabrielle  de  Batarnay,  fille  du  comte  du  Bouchage 
et  d'Isabelle  de  Savoie-Tende.  11  fut  père  d'Henri  de  la  Châtre,  né 
en  1574,  gentilhomme  de  la  chambre  du  Roi,  qui  obtint  par  lettres 
patentes  de  juin  1609  l'érection  en  comté  de  sa  seigneurie  de 
Nançay,  et  grand-père  d'Edme  de  la  Châtre,  comte  de  Nançay,  connu 
sous  le  titre  de  marquis  de  la  Châtre,  maître  de  la  garde-robe  du  Roi, 
colonel-général  des  Suisses  et  Grisons,  décédé  en  1645,  qui  a 
laissé  des  Mémoires  célèbres.  Louis,  marquis  de  la  Châtre,  comte  de 
Nançay,  petit-fils  du  précédent,  fut  nommé,  en  1704,  lieutenant 
général  des  armées  du  Roi.  11  fut  père  de  Louis-Charles  de  la  Châtre, 
comte  de  Nançay,  brigadier  des  armées  du  Roi,  qui  fut  tué  à  la 
bataille  de  Parme  en  1734,  et  de  Claude  delà  Châtre,  évêque  d'Agde, 
décédé  en  1740.  Charles-Louis,  marquis  de  la  Châtre,  né  en  1724, 
fils  de  Louis-Charles,  fut  nommé  en  176i2  lieutenant  général  des 
armées  du  Roi.  Il  laissa  deux  fils  qui  furent  les  derniers  représentants 
de  leur  branche.  L'aîné  de  ces  fils,  Claude-Louis,  marquis  de  la  Châtre, 
né  en  1745,  maréchal  de  camp  en  1788,  député  de  la  noblesse  aux 
États  généraux  de  1789,  se  signala  pendant  l'émigration  par  son 
dévouement  à  la  Famille  Royale  et  commanda  la  légion  Royal-Émi- 
grant,  fut  nommé  successivement  lieutenant  général  des  armées  du 
Roi  en  1814,  pair  de  France  héréditaire  en  1815,  ambassadeur  à  Lon- 
dres en  1816,  futcréé  duc  par  ordonnance  royale  du  29novembre  1815 
et  mourut  en  1824,  survivant  à  son  fils  unique,  tué  à  Saint-Domingue 
en  1802.  Louis-Sylvain  de  la  Châtre,  frère  du  duc  de  la  Châtre,  fut 
nommé  évoque  de  Beauvais  en  1817  et  mourut  en  1829. 

Dans  le  rapport  de  1770,  mentionné  plus  haut,  le  généalogiste 
Beaujon  s'exprime  en  ces  termes  sur  la  seconde  branche,  dite  des 
seigneurs  de  Bruillebaut  :  «  La  communauté  de  nom,  d'armes  et  de 
«  domicile  de  MM.  de  la  Châtre  de  Bruillebaut,  qui  font  l'objet  de  ce 
«  mémoire,  avec  cette  maison  (celle  des  seigneurs  de  Nançay)  fait 
«  présumer  qu'ils  en  sont  issus.  Mais  on  ne  peut  porter  un  jugement 
«  certain  sur  cette  descendance  parce  qu'elle  n'a  pas  été  jusqu'à 
«  présent  prouvée.  Indépendamment  de  cette  origine,  ce  qu'on  en 
«  rapporte  démontre  assez  leur  ancienneté  et  leur  illustration. 
«  MM.  de  la  Châtre  de  Bruillebaut  sont  connus  depuis  Jean  de  la 
«  Châtre,  Sgr  de  Bruillebaut,  qui  servait  en  1356  en  qualité  d'écuyer 
«  dans  la  compagnie  de  Josseaume,  Sgr  de  Culant,  chevalier,  fut 
«  dans  la  suite  décoré  du  titre  de  chevalier  et  épousa  Marguerite 
('  Bofîardeau  avec  laquelle  il  fit  une  donation  au  monastère  de  Notre- 
X.  10 


146  niCTIONNAIRF.     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

«  Dame  de  Puyferrand  en  l'année  1361.  Il  paraît  avoir  été  père  de 
«  Jean  de  la  Châtre,  qu'on  va  rapporter,  depuis  lequel  la  filiation  est 
«  établie.  Jean  de  la  Châtre,  Sgr  de  Bruillebaut,  chevalier,  bachelier 
«  de  la  compagnie  d'Hugues  de  Frédeville,  maréchal  d'Auvergne  en 
«  1373,  épousa  en  deuxièmes  noces  en  1381  Marie  de  la  Châtre,  fille 
«  d'Archambaud,  chevalier,  Sgr  de  Dornon,  et  en  eut,  entre  autres 
«  enfants,  Philippe,  qui  suit,  et  Michel  de  la  Châtre,  Sgr  de  Plais, 
«  lequel  forma  une  branche  qui  subsistait  au  milieu  du  siècle  der- 

«  nier »  Philippe  de  la  Châtre,   Sgr  de  Bruillebaut,  fils  aîné  de 

Jean,  fut  nommé  grand  fauconnier  de  France  par  lettres  du  28  juil- 
let 1429.  Deux  de  ses  fils,  Jacques  de  la  Châtre,  marié  en  1436  à 
Jeanne  de  Paray,  héritière  de  la  terre  de  son  nom,  et  Georges  de  la 
Châtre,  Sgr  de  Breuillebaut,  grand  fauconnier  de  France  en  1453, 
furent  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

Les  représentants  du  rameau  cadet,  Jean-Baptiste  de  la  Châtre, 
Sgr  de  Breuillebaut,  en  la  paroisse  de  Thevé,  et  son  frère,  Jean, 
Sgr  de  Briante,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le  23  sep- 
tembre 1667  par  jugement  de  l'intendant  Tubeuf.  L'aîné  de  ces  deux 
frères,  Jean-Baptiste  de  la  Chastre,  chevalier,  Sgr  marquis  de  la 
Chastre,  Breuilbaut,  Briantes  et  Coutz,  fit  enregistrer  son  blason  à 
l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de  la  Châtre).  Il  eut  un  fils,  René, 
qui  fut  le  dernier  représentant  de  son  rameau  et  qui  mourut  sans 
postérité,  et  une  fille,  Marie-Agnès,  qui  épousa  Jacques  le  Groing, 
Sgr  de  Treignac. 

Sylvain  de  la  Ciiâtre,  Sgr  de  Paray,  chef  du  rameau  aîné,  fut 
maintenu  dans  sa  noblesse  le  2  août  1669  par  jugement  de  l'inten- 
dant Tubeuf  après  avoirjustifié  sa  filiation  depuis  1436.  Ce  jugement 
est  rapporté  tout  au  long  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  Sylvain  de  la 
Châtre  laissa  plusieurs  fils  dont  deux,  Jacques,  Sgr  de  la  Chaulerie, 
marié  en  1674  à  M'"'  Forestier,  et  Louis,  Sgr  de  Paray  et  de  Piégu, 
marié  en  1676  à  M"^  de  Muzard,  héritière  de  la  seigneurie  de  la 
Roche-Belusson,  en  Poitou,  furent  les  auteurs  de  deux  sous-rameaux. 

Le  dernier  représentant  du  premier  sous-rameau,  Raoul-Jean  de  la 
Châtre,  né  au  Dorât  en  1811,  se  crut  en  droit  de  relever  le  titre  de 
duc  qui  avait  été  conféré  en  1815  au  chef  de  la  branche  aînée  de  sa 
maison  ;  il  mourut  à  Paris  en  1887  laissant  une  fille  unique  qui  a 
épousé  en  1904  M.  Contesse,  comptable  ;  par  testament  olographe 
il  avait  légué  son  nom  et  son  prétendu  titre  de  duc  à  un  M.  Spreng, 
de  Bâle,  en  Suisse,  qui  après  sa  mort  prit  le  titre  de  duc  de  la  Châtre. 

Le  second  sous-rameau  alla  se  fixer  en  Poitou  et  y  fut  maintenu  dans 
sa  noblesse,  le  6  décembre  1715,  par  jugement  de  l'intendant  Quentin 
(le  Richebourg.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves 


IHmONNAlRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  147 

de  noblesse  que  plusieurs  de  ses  membres  firent  au  xviii*  siècle 
pour  être  admis  à  l'École  militaire.  Ce  sous-rameau,  dont  Beauchet- 
Filleau  a  donné  une  généalogie  complète,  a  eu  pour  derniers  repré- 
sentants Claude-Marcellin  (le  la  Châtre,  né  en  1802,  marié  en  IB^S  à 
M""  des  CoUards,  dont  la  lille  unique,  née  en  1828,  épousa  M.  Alfred 
de  Boislinards  ;  son  cousin  germain,  Louis-Constant  de  la  Châtre, 
né  en  1813,  décédé  en  1869,  qui  n'eut  pas  d'enfants  de  son  mariage 
en  1847  avec  M"^  Jamin,  et  leur  cousin  issu  de  germains,  Claude- 
Amédée,  comte  delà  Châtre,  qui  n'eut  pas  d'enfants  de  son  mariage, 
en  1819  avec  M"®  Sidonie  de  Montmorency,  décédée  en  1861. 

La  branche  cadette  de  la  maison  de  la  Châtre  a  aussi  formé  le 
rameau  des  seigneurs  de  Plais.  Ce  rameau  avait  pour  auteur  Michel 
de  la  Châtre,  Sgr  de  Plais,  mentionné  plus  haut,  qui  épousa 
en  1425  Jeanne  de  Bourges.  Jean  de  la  Châtre,  chevaher,  Sgr  de 
Plais,  en  la  paroisse  de  Saint-Hilaire,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse 
le  25  septembre  1667  par  jugement  de  l'intendant  Tubeuf.  Deux  de 
ses  fils,  François,  écuyer,  Sgr  de  Langeblanc,  et  Claude,  écuyer, 
Sgr  de  Plais,  marié  à  Marie  de  Bourdaloue,  firent  enregistrer  leur 
blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  d'Issoudun).  Ils 
paraissent  avoir  été  les  derniers  représentants  de  leur  rameau. 

Plusieurs  représentants  de  la  maison  de  la  Châtre  furent  admis 
aux  honneurs  de  la  Cour  au  cours  du  xviii®  siècle. 

Principales  alliances  :  de  Lignières,  de  Crevant,  Savary  de  Lan- 
cosme  1453,  de  Menou  1460,  1559,  1569,  de  Balarnay  du  Bou- 
chage 1570,  de  Châtillon,  de  Bourdeille,  de  Voisins,  du  Bellay,  de 
Thou,  de  l'Aubespine  de  Châteauneuf,  de  Cugnac  1632,  de  Beauma- 
noir  de  Lavardin  1694,  de  Nicolay  1707,  de  Dreux-Brézé  1749,  de 
Jouvenel  des  Ursins  1744,  de  l'Hôpital  de  Vitry,  Pot  de  Rodes, 
Chabot  1564,  de  Balzac  d'Entraigues  1595,  de  Saint-Chamans,  de 
la  Ferté-Senectère,  de  la  Grange  d'Arquien,  d'Estampes,  de  Valois- 
Angoulême,  de  Crussol  d'Uzès  1625,  de  Barbançois  1441,  de  Barton 
de  Montbas  1506,  Turpin  (de  Crissé  et  de  Jouhé)  1663,  1783,  le 
Groing,  de  Paray,  d'Orléans,  de  Chamborant  1659,  d'Argy  1694, 
de  Fougières  du  Breuil  1761,  de  Montmorency  1819,  de  Montigny, 
Bourdaloue,  de  Vaucelles  1389,  etc. 

CHATRE  (de  la)  à  Issoudun.  Armes  :  de  gueules  à  la  croix  ancrée  de 
'oair.  —  Armes  concédées  en  1810  au  colonel  de  la  Châtre:  de 
gueules,  coupé  d'un  trait  de  sable,  chargé  en  chef  d'un  lion  contourné 
d'or  et  en  pointe  d'une  croix  de  vair;  au  franc  quartier  des 
barons  militaires. 
Il  a  existé  à  Issoudun,  en  Berry,  une  famille  de  la  Châtre,  éteinte 


148  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

en  1900,  qui  revendiquait  une  origine  commune  avec  la  puissante 
maison  dont  il  vient  d'être  parlé  et  qui  de  tout  temps  en  a  porté  les 
armes.  Cette  famille  a  toujours  été  dans  une  situation  de  fortune 
assez  modeste  et  paraît  même  avoir  pendant  plusieurs  générations 
perdu  sa  noblesse  par  suite  de  dérogeance.  On  trouvera  sur  elle  des 
renseignements  dans  V Intermédiaire  des  chercheurs  et  des  curieux 
des  années  1909  et  1910.  On  admet  généralement,  mais  sans  en 
avoir  de  preuves  bien  certaines,  qu'elle  a  eu  pour  auteur  un  lils 
cadet  de  Jean  de  la  Châtre  qui  était  seigneur  de  Plais  en  1481  et  qui 
avait  épousé  Marguerite  Dorlief. 

La  souche  se  partagea  en  plusieurs  rameaux. 

Le  chef  d'un  de  ces  rameaux,  René  de  la  Chastre,  décédé  en  1665, 
fut  pourvu  de  la  charge  anoblissante  de  président  trésorier  de 
France  au  bureau  des  finances  de  Bourges.  Son  fils,  Nicolas  de  la 
Châtre,  sieur  des  Varroux,  demanda  le  19  novembre  1666  à  être 
maintenu  dans  sa  noblesse  en  vertu  de  la  charge  exercée  par  son 
père,  mais  fut  débouté  de  sa  demande.  Un  représentant  de  ce 
rameau,  M.  de  la  Chastre,  Sgr  de  Varnaux,  prit  part  en  1789  aux 
assemblées  de  la  noblesse  du  bailliage  dissoudun. 

La  branche  qui  sest  perpétuée  jusqu'à  nos  jours  remontait  par 
filiation  suivie  à  Jean  de  la  Chastre,  le  jeune,  écuyer,  Sgr  de  la 
Foucher,  dont  la  veuve,  Marguerite  Prévost,  est  mentionnée  dans  un 
acte  du  1"  mai  1550.  Noble  homme  Antoine  de  la  Chastre,  Sgr  de 
Lorray,  fils  du  précédent,  épousa  honnête  dame  Marie  Arthuys, 
mentionnée  comme  veuve  dans  un  acte  du  8  février  1609.  11  fut  père 
de  noble  maître  Guillaume  de  la  Chastre,  Sgr  de  Charnay,  con- 
seiller et  grénetier  pour  le  Roi  au  grenier  et  magasin  à  sel  de  la 
ville  d'Issoudun,  qui  épousa  Catherine  Péarron,  grand-père  de 
noble  maître  Claude  de  la  Chastre,  Sgr  de  l'Herbe,  baptisé  en  1635, 
avocat  au  Parlement,  qui  épousa  Marie  de  la  Chastre  des  Planches, 
et  bisaïeul  de  Philippe  de  la  Chastre,  Sgr  de  l'Herbe,  baptisé 
en  1667,  qui  épousa  le  7  juillet  1696  Anne  de  Lestang. 

Ce  dernier  est  sans  doute  le  même  personnage  qu'un  Phihppe  de  la 
Chastre,  Sgr  de  Charnay,  conseiller  du  Roi,  élu  en  l'élection 
d'Issoudun,  qui  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général 
de  1696.   On  trouve  qu'un   autre  Philippe  de  la  Chastre,  trésorier 

général  de  France  à  Bourges,  qu'un  N de  la  Chastre,  conseiller 

du  Roi  au  présidial  de  Bourges,  et  qu'un  sire  de  la  Chastre,  mar- 
chand à  Issoudun,  eurent  leurs  armes  inscrites  au  même  Armoriai. 

Etienne-Denis  delà  Chastre,  né  à  Issoudun  en  1763,  arrière-petit- 
fils  de  Philippe  et  d'Anne  de  Lestang,  colonel  d'Etat-major,  officier  de 
la  Légion  d'honneur,  décédé  en  1820,  fut  créé  baron  de  l'Empire  par 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  149 

lettres  patentes  du  27  décembre  1810.  Le  plus  jeune  de  ses  trois 
fils,  Claude-Maurice,  baron  de  la  Châtre,  né  à  Issoudun  en  1814, 
écrivain  communiste,  décédé  en  1900,  fut  le  dernier  rejeton 
mâle  de  sa  famille.  11  eut  une  fille  qui  épousa  en  1879  M.  Cotton  de 
Bennetot. 

CHATRY  de  la  FOSSE.  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries  du 
9  juin  1868)  :  d'azur  à  un  chevron  d'argent,  chargé  en  pointe  d'une 
molette  d'éperon  de  sable,  accompagné  en  chef  de  deux  fers  à 
cheval  d'or  et  en  pointe  d'une  épée  en  pal  d'argent,  montée  d'or  ;  au 
chef  d'or  chargé  dun  casque  de  sable.  —  Couronne  :  de  Baron.  — 
Supports  :  deux  licornes.  — Devise  :  En  avant! 

La  famille  Chatry  de  la  Fosse  appartenait  dès  le  xvii*  siècle  à  la 
haute  bourgeoisie  de  Caen,  en  Normandie.  Un  de  ses  membres, 
Jacques  Chatry,  sieur  de  la  Fosse,  fit  enregistrer  son  blason  :  à' or  au 
lion  de  gueules  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Caenj. 

Simon  (ou  Jacques)  Chatry  de  la  Fosse  était  négociant  à  Caen  vers 
le  milieu  du  xviii"  siècle.  Il  eut,  entre  autres  enfants,  un  fils,  Pierre- 
Samuel,  dont  il  va  être  parlé,  et  une  fille  qui  épousa  le  24  janvier  1759 
Jean-Samuel  Joly  de  Bammeville,  auteur  de  la  famille  Joly  de  Bam- 
meville  actuellement  existante.  Pierre-Samuel  Chatry  de  la  Fosse,  né 
à  Caen  en  1737,  était  dessinateur  et  graveur  dans  sa  ville  natale  quand 
il  fut  élu,  le  25  vendémiaire  an  IV,  député  du  Calvados  au  Conseil  des 
Cinq  Cents.  Il  fut  plus  tard  député  au  Corps  législatif,  fut  créé  che- 
vaHer  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  27  juillet  1808  et  mourut 
en  1814.  Il  avait  épousé  M"^  Dupressoir  dont  il  laissa  deux  fils.  L'aîné 
de  ces  fils,  Jacques-Louis  Chatry  de  la  Fosse,  né  à  Caen  en  1776, 
député  du  Calvados  en  1832,  maréchal  de  camp  honoraire  en  1836, 
commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  sans  postérité  en  1854, 
fut  également  créé  chevalier  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du 
27  juin  1811.  Le  puîné,  Gabriel-Henri  Chatry  de  la  Fosse,  né  à  Caen 
en  1779,  maréchal  de  camp  en  1833,  commandeur  de  la  Légion  d'hon- 
neur, décédé  en  1848,  reçut  le  titre  héréditaire  de  baron,  avec  ano- 
blissement en  tant  que  besoin,  par  lettres  patentes  du  roi  Charles  X 
du  30  août  1825.  Il  avait  épousé  en  1827  M"«  Bohl  dont  il  n'eut  pas 
d'enfants.  Il  adopta  M.  Henri-Gabriel  Voirel,  né  à  Saint-Quentin 
en  1797,  général  de  brigade  en  1852,  commandeur  de  la  Légion 
d'honneur,  décédé  en  1874.  Celui-ci  fut  confirmé  par  lettres  patentes 
de  Napoléon  III  du  9  juin  1868  dans  la  possession  héréditaire  du  titre 
de  baron  qui  avait  été  conféré  en  1825  à  son  père  adoptif.  Il  obtint  en 
même  temps  le  règlement  de  ses  armoiries.  Il  a  été  porc  du  baron 
Henri  Chatry  de  la  Fosse,  né  en  1842,  qui  n'a  pas  eu  d'enfants  de  ses 


{bO  niCTTONNAIRE     DRS     FAMILLES     FRANÇAISES 

deux  mariages  avec  M"^  Sarget  de  la  Fontaine,  décédée  en  1892,  et 
avec  M"*  Piéters.  Le  général  baron  Chatry  de  laFosse,  décédé  en  1848, 
avait  eu  aussi  de  M"'  Perdraux  un  fils  naturel  reconnu,  Alfred  Chatry 
de  la  Fosse,  né  en  1807,  consul  général  de  France,  qui  mourut  sans 
postérité  en  1892. 

CHAUBRY  de  TRONCENORD  (dei.  Armes  :  à' argent  à  trois  pommes  de 
pin  au  naturel,  2  et  \,  la  queue  en  bas,  accompagnées  en  abmie 
d'un  cerf  de  sable.  —  Couronne  :  de  Baron.  —  Supports  :  deux 
lévriers  au  naturel. 

Des  généalogistes  contemporains  ont  voulu  faire  descendre  la 
famille  de  Chaubry  de  Troncenord  d'un  gentilhomme  italien  qui  serait 
venu  se  fixer  en  France  au  cours  du  xv^  siècle.  Dans  la  réalité,  la 
famille  Chaubry  n'appartenait  encore  au  xviii*  siècle  qu'à  la  haute 
bourgeoisie  de  la  ville  de  la  Flèche,  dans  le  Maine. 

René-André  Chaubry,  conseiller  du  Roi  à  l'élection  de  la  Flèche, 
décédé  dans  cette  ville  le  20  février  1785,  fut  anobli  par  l'obtention 
du  cordon  de  Saint-Michel  que  le  roi  Louis  XVI  lui  accorda  en  1780. 
De  son  mariage  avec  Jeanne  Riclier,  il  laissa  plusieurs  fils.  L'aîné 
de  ces  fils,  René-Ferdinand  Chaubry,  né  à  la  Flèche  en  1747,  inspec- 
teur des  ponts  et  chaussées,  député  et  conseiller  général  de  la 
Sarthe,  décédé  sans  alliance,  fut  créé  chevalier  de  l'Empire  par 
lettres  patentes  du  14  août  1813.  Il  sera  parlé  plus  bas  du  second, 
Nicolas-Joseph  Chaubry  de  Blottières,  qui  continua  la  descendance. 
Le  troisième,  Charles-André  Chaubry  de  Beaulieu,  décédé  en  1816, 
fut  reçu  en  1780  conseiller  clerc  au  Parlement  de  Paris.  Le  qua- 
trième, enfin,  François-Jean  Chaubry  de  la  Roche,  né  à  la  Flèche 
en  1753,  fut  nommé  à  l'époque  de  la  Révolution  administrateur 
du  département  de  la  Haute-Vienne,  fut  élu  député  de  ce  dépar- 
tement à  la  Législative,  fut  plus  tard  membre  du  collège  électoral 
de  la  Marne,  fut  créé  baron  de  l'Empire,  sur  institution  de  majorât, 
sous  la  dénomination  de  Chaubry  de  Troncenord,  par  lettres  patentes 
du  16  décembre  1809,  et  mourut  sans  postérité  en  1835.  Nicolas- 
Joseph  Chaubry  de  Blottières  fut  maire  de  Toulon.  II  épousa  M"^  Michel 
et  en  eut  plusieurs  enfants.  L'un  de  ses  fils,  Joseph-Frédéric 
Chaubry,  né  à  Toulon  en  1793,  conseiller  à  la  Cour  de  Paris,  con- 
seiller général  de  la  Marne,  marié  à  M"*  Séguier  de  Saint-Brisson, 
fut  autorisé  par  ordonnance  royale  du  17  juillet  1828  à  recueillir 
après  la  mort  de  son  oncle  le  majorât  institué  par  celui-ci  au  titre  de 
baron  de  Troncenord.  Il  a  été  père  de  René-Charles,  baron  de  Chaubry 
de  Troncenord,  qui  a  eu  plusieurs  enfants  de  son  mariage  en  1865 
avec  M"^  Eschassériaux. 


nir.TIONNAIRK     DKS     FAMILLES     FRAIMÇAÏSES  1S< 

Principales  alliances  :  de  Martineng,  de  l'Epine,  Séguier  de  Saint- 
Brisson,  Eschassériaux,  Boscary  de  Villeplaine  1801,  etc. 

CHAUCHAT. 

La  famille  Chauchat  est  anciennement  et  honorablement  connue 
à  Paris. 

On  trouve  dans  le  Nouveau  d'Hozier  que  Jérôme  Chauchat,  mar- 
chand papetier,  bourgeois  de  Paris,  y  demeurant  rue  Saint-Martin, 
obtint  en  mai  1755  un  règlement  d'armoiries  :  à' azur  à  une  bande 
dor  chargée  de  trois  monticules  de  sable  et  accompagnée  de  deux 
lions  d'argent. 

Jacques  Chauchat  fut  anobli  dans  la  seconde  moitié  du  xviii®  siècle 
par  l'échevinage  de  Paris  ;  il  fut  reçu  en  1778  conseiller  auditeur  en 
la  Chambre  des  comptes  de  cette  ville  dont  une  rue  porte  encore  son 
nom. 

Jacques  Chauchat,  payeur  des  rentes,  prit  part  en  1789  aux 
assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Paris. 

Principales  alliances  :  Firmin-Didot,  Gouin  de  Grandchamp,  Mar- 
chant de  Vernouillet,  le  Bret,  etc. 

CHAUCHART  du  MOTTAY.  Armes  :  d'aztcr  à  trois  têtes  et  cols  de  cygne 
d'argent,  arrachés  et  becquetés  de  gueules,  posés  2  eM. 

La  famille  Chauchart  appartient  à  la  noblesse  de  l'ancien  diocèse 
de  Saint-Malo,  en  Bretagne.  Le  vicomte  Henri  de  la  Messelière  a 
donné  sa  généalogie,  à  partir  du  xvii*  siècle,  dans  ses  Documents 
pour  servir  à  l'histoire  des  principales  familles  de  la  paroisse 
d'Evran,  publiés  en  1908. 

Elle  peut  être  la  même  que  celle  d'un  Mathieu  Chauchart  qui  en 
1287  fut  recteur  de  Noyal-Muzillac.  Un  de  ses  membres,  Jean  Chau- 
chart, de  la  paroisse  de  Pleurtuit,  figura  en  1446  à  la  réformation  de 
la  noblesse  du  diocèse  de  Saint-Malo.  La  famille  Chauchart  a  encore 
figuré  de  1479  à  1513  aux  réformations  et  montres  de  la  noblesse  du 
même  diocèse. 

Les  jugements  de  maintenue  de  noblesse  du  xvii'=  siècle  lont 
remonter  la  filiation  à  Charles  Chauchart,  marié  à  Jeanne  Heurtault, 
qui,  dans  les  dernières  années  du  xv^  siècle,  possédait  la  seigneurie 
du  Bois,  en  la  paroisse  de  Pleurtuit.  Ce  même  Charles  Chauchart, 
de  la  paroisse  de  Pleurtuit,  bourgeois  de  Dinan,  figura  en  1513  à  la 
réformation  de  la  noblesse  du  diocèse  de  Saint-Malo.  Son  descendant, 
Noël  Chauchart,  sieur  de  la  Vicomte,  en  la  paroisse  de  Saint-Enogat, 
épousa,  d'abord  Jeanne  de  la  Choue,  puis,  en  1626,  Gillette  Gardin.  Il 
laissa  deux  fils,  Jean  Chauchart,   sieur  du  Mottay,  en  la  paroisse 


<52  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

d'Evran,  et  de  la  Vicomte,  mariéà  GuillemetteGouyon  des  Rochettes, 
et  Noël  Chauchart,  sieur  d'Argantel,  marié  à  Marguerite  de  Saint- 
Gilles,  qui  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  d'extraction,  le 
premier  par  arrêt  du  19  novembre  1668,  le  second  par  arrêt  du 
18  janvier  1669.  Jean  n'eut  pas  d'enfants  ;  mais  Noëleut  un  fils,  Joseph- 
Alexis  Chauchart,  chevalier,  Sgr  du  Mottay,  né  le  15  février  1671, 
qui  épousa  Marie  Baudran.  Celui-ci  fut  père  de  Josselin-Joseph  Chau- 
chart, chevalier,  Sgr  d'Argantel,  du  Mottay  et  de  Grasbuisson,  baptisé 
à  Dinan  en  1713,  qui  épousa  Claire- Anne  Rogon  et  qui  continua  la 
descendance. 

La  famille  Chauchart  du  Mottay  n'est  pas  titrée. 

Elle  a  conservé  jusqu'à  nos  jours  le  château  du  Mottay,  à  Evran, 
dans  les  environs  de  Dinan. 

Elle  a  fourni  des  officiers,  des  maires  d'Evran,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Vaucouleurs,  |du  Guiny,  de  la  Choue, 
Gardin,  Gouyon,  de  Saint-Gilles,  le  forestier  1752,  Rogon,  de 
Lesquen  1822,  de  Méhérenc  de  Saint-Pierre  1819,  de  Cadaran  1854, 
d'Aubert,  Houitte  de  la  Chesnais  1889,  de  Kcrautem  1889,  de  Mau- 
duit  du  Plessix  1895,  de  Perron  du  Chesne  1894,  etc. 

CHAUDENAY  (Vaillant de).  Voyez  :  Vaillant  de  Chaudenay. 

CHAUDE  S  AIGUËS  de  TARRIEUX  de  SAINT-JUÉRY  (de).  Armes  : 
dazw  à  une  gerbe  d  or  empoignée  de  deux  mains  d'argent  et  sou- 
vent accompagnée  enchef  d'un  croissant  d'or  accosté  de  deux  étoiles 
de  même.  —  Couronne  :  de  Baron. 

La  famille  de  Chaudesaigues  est  fort  anciennement  connue  dans  la 
Haute-Auvergne.  On  peut  voir  dans  le  Nobiliaire  d  Auvergne  de 
Bouillet  que,  suivant  une  reconnaissance  faite  en  1345  au  prieuré  de 
Deux  Verges  par  un  sieur  Pierre  de  Chaudesaigues,  le  père  de 
celui-ci,  marié  à  Gabrielle  Germain,  était  compris  dans  un  hommage 
rendu  au  duc  d'Auvergne  comme  tenant  des  biens  nobles  en  vertu 
d'anciens  titres. 

La  filiation  suivie  remonte  à  Jean  de  Chaudesaigues,  avocat  au 
Parlement  de  Paris,  dont  le  fils,  Guillaume  de  Chaudesaigues,  sieur 
de  Longeval  et  de  Berc,  épousa  d'abord  en  1566  demoiselle  Paulet 
de  Requistal,  puis  demoiselle  Taillet.  Dès  cette  époque  la  famille  de 
Chaudesaigues  s'alliait  fréquemment  à  la  noblesse  de  sa  région  et 
ses  membres  figurent  dans  un  certain  nombre  d'actes  avec  les  qua- 
lilications  nobiliaires.  Jean  de  Chaudesaigues,  petit-fils  de  Guillaume 
et  de  sa  seconde  femme,  fut  procureur  fiscal  de  la  ville  de  Chaude- 
saigues, puis  juge  d'Anterrieux.  Il  mourut  en  1649  laissant  plusieurs 


DICTIONNAIRE     DRS    FAMILLES    FRANÇAISES  153 

fils  de  son  mariage  avec  Anne  de  Bauzicres.  L'aîné  de  ces  fils, 
Pierre,  domicilié  à  la  Borie,  en  la  paroisse  de  Lieutades,  marié  le 
23  novembre  1630  à  Anne  de  Lastic,  déclara,  lors  de  la  grande 
recherche  des  taux  nobles  commencée  en  1666,  qu'il  n'était  pas 
noble,  qu'il  renonçait  à  la  qualité  d'écuyer  et  se  soumettait  à  la  taille  ; 
il  n'eut  qu'un  fils  qui  mourut  sans  postérité.  Jean  de  Chaudesaigues, 
second  lils  de  Jean  et  d'Anne  de  Bauzières,  continua  la  descen- 
dance. Son  fds,  Pierre,  et  son  petit-fds,  autre  Pierre,  contrôleur  et 
payeur  des  gages  de  la  Cour  des  aides  de  Clermont,  firent  foi  et 
hommage  au  Roi  en  1684,  1687,  1716,  1722  et  1730  de  divers  biens 
nobles  et  notamment  des  seigneuries  de  Tarrieux,  Lavergne, 
Rieussalat,  etc. 

La  famille  de  Chaudesaigues  s'agrégea  définitivement  à  la  noblesse 
au  cours  du  xviii®  siècle  sans  qu'on  lui  connaisse  de  principe  d'ano- 
blissement régulier.  Un  de  ses  membres,  Pierre  de  Chaudesaigues 
de  Tarrieux,  fils  d'Antoine,  conseiller  à  la  Cour  des  aides  de  Cler- 
mont, prit- part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Saint-Flour. 

La  famille  de  Chaudesaigues  a  fourni  des  officiers  et  des  magis- 
trats distingués,  des  conseillers  à  la  Cour  des  aides  de  Clermont,  un 
conseiller  général  du  Puy-de-Dôme,  etc. 

Son  chef  est  connu  depuis  la  Restauration  sous  le  titre  de  baron. 

Principales  alliances  :  de  Lastic  1630,  d'Apchier  1610,  de  Ni(  ola'i 
de  Lacoste-Laval  1868,  de  Montaignac  de  Chauvance  vers  1810, 
de  Chaunac  de  Montlogis,  de  Roquefeuil  1710,  etc. 

CHAUDESSOLLE.  Armes  :  d'argent  à  une  fasce  de  gueules,  chargée  à 
dextre  d'une  étoile  et  à  séneslre  d'un  croissant  d'argent,  et  accompa- 
gnée en  chef  d'un  soleil  d'azur  et  en  pointe  d'un  cœur  enflammé 
de  gueules. 

La  famille  Chaudessolle  est  honorablement  connue  depuis  le  milieu 
du  XVI*  siècle  dans  la  haute  bourgeoisie  de  l'Auvergne.  Elle  a  eu 
pour  berceau  la  petite  ville  de  Saint-Germain-l'Herm.  Un  de  ses 
membres  fut  en  1560  député  de  cette  ville  aux  Etats  provinciaux 
d'Auvergne.  La  souche  se  partagea  vers  cette  époque  en  deux 
branches. 

L'une  de  ces  branches  est  aujourd'hui  éteinte.  On  trouvera  sur 
elle  quelques  renseignements  dans  les  Dossiers  bleus.  Son  chef, 
Pierre  Chaudessolle,  Sȕr  d'Hauterive,  habitant  de  Saint-Germain- 
L'Herm,  était  commissaire  des  guerres  dans  la  première  moitié  du 
xvu*  siècle.  De  son  mariage  avec  Jacquette  Ardin  il  eut  deux  fils 
qui  furent  les  derniers  représentants  de  leur  branche   :  X"  Paul, 


154  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Sgr  d'Hauterive,  qui  fut  pourvu  le  18  juin  1657  de  l'office  anoblissant 
de  secrétaire  du  Roi  et  qui  ne  laissa  qu'une  fille  ;  2°  Jean,  qui  paraît 
être  resté  célibataire. 

L'autre  branche  alla  vers  la  fin  du  xvi^  siècle  s'établir  à  Clermont- 
Ferrand  où  elle  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours.  Elle  a  donné  à 
cette  ville  des  échevins,  des  notaires,  des  magistrats,  etc.  Deux  de 
ses  représentants,  N...  Chaudessolle,  notaire  à  Clermont,  et  N  .. 
Chaudessolle,  chanoine  de  l'église  de  Chamalière,  firent  enregistrer 
leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  :  d'argent  à  trois  poissons 
de  gueules,  posés  en  pal,  2  e/ 1. 

CHAUDORDY  (de)  et  CHAUDORDY.  Armes  :  d'or  à  un  pairie  d'azur. 
La  famille  Chaudordy,  ou  de  Ghaudordt,  est  honorablement  con- 
nue en  Agenais.  Elle  tire  sa  noblesse  du  titre  de  comte  romain  qui 
fut  accordé  par  bref  de  1846  à  un  de  ses  représentants,  Jean- 
Baptisle-Thomas  Chaudordy,  né  à  Agen  en  1781,  président  de 
chambre  à  la  Cour  royale  d'Agen,  député  du  Lot-et-Garonne  sous  la 
monarchie  de  Juillet,  décédé  en  1849.  Le  comte  Chaudordy  laissa 
deux  fils.  L'un  de  ces  fils,  Jean-Baptiste-Alexandre-Damase,  comte 
de  Chaudordy,  né  en  1826,  décédé  à  Paris  en  1899  sans  avoir  été 
marié,  fut  député  du  Lot-et-Garonne  en  1871,  ambassadeur  à  Berne, 
puis  à  Madrid  et  enfin  à  Saint-Pétersbourg  et  commandeur  de  la  Légion 
d'honneur.  C'est  probablement  par  erreur  que  plusieurs  auteurs  con- 
temporains ont  avancé  qu'il  avait  obtenu  en  1874  la  confirmation  en 
France  du  titre  de  comte  romain  obtenu  par  son  père  en  1846.  Son 
nom  ne  figure  pas,  en  tout  cas,  dans  les  Titres  et  confirmations  de 
titres  de  1830  à  1908,  l'ouvrage  si  complet  du  vicomte  Révérend. 
M.  Edmond  Chaudordy,  l'autre  fils  du  premier  comte  Chaudordy, 
épousa  M"^  Miquel,  il  en  a  eu  une  fille  mariée  en  1874  à  M.  de 
la  Borie  de  Saint-Sulpice. 

CHAUDOT  de  GORRE.  Armes  :  d'argent  à  un  chevron  de  gueules 
accompagné  en  chef  de  deux  flammes  du  même  et  en  pointe  dune 
merlette  de  sable. 

La  famille  Chaudot,  d'ancienne  bourgeoisie  de  Vesoul,  en  Franche- 
Comté,  descend  de  François  Chaudot  qui  fut  reçu  en  1733  avocat 
au  Parlement  de  Besançon. 

César-Antoine  Chaudot,  né  en  1794,  arrière-petit-fils  du  précédent, 
fut  juge  au  tribunal  de  Vesoul;  il  demanda  le  26  mars  1860  et  obtint 
par  décret  du  14  juillet  de  la  même  année  l'autorisation  de  joindre 
régulièrement  à  son  nom  celui  de  :  de  Corre  sous  lequel  il  était 
connu  et  qu'avait  déjà  porté  avant  la  Révolution  son  père,  César- 


niCTIONNAlRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  ^5S 

Antoine  Chaudot,  capitaine  de  cavalerie,  décédé  à  Vesoul  en  1812. 

Principales  alliances  :  Jossc,  Pâtissier  de  Laforestille,  Bourgon, 
Ménans,  etc. 

La  famille  Chaudot  de  Corre  paraît  être  distincte  de  celle  d'un 
Antoine  Chaudot,  administrateur  de  l'Hôtel-Dieu  de  Joigny,  qui  fut 
nommé  conseiller  maître  en  la  Chambre  des  comptes  de  Dole  par 
lettres  patentes  du  19  mars  17o3  rapportées  tout  au  long  dans  le 
Nouveau  d'Hozier.  Dans  sa  Notice  sur  la  Chambre  des  comptes  de 
Dole,  M.  d'Arbaumont  attribuée  ce  magistrat  les  armes  suivantes  : 
A' azur  à  un  cygne  d'argent  nageant  dans  des  ondes  de  même  et  sommé 
d'un  soleil  d'or  accosté  de  deux  croissants  d'argent.  Ces  armes  sont 
celles  qu'avait  fait  enregistrer  à  l'Armoriai  général  de  1696  Louis 
Chaudeau,  conseiller  du  Roi  aux  bailliage,  chancellerie  et  siège  pré- 
sidial  de  Chalon. 

GHAUDRU  de  RAYNAL.   Armes:  d'or  à  im  renard  passant  de , 

sommé  d'une  étoile  de * 

La  famille  Chaudru  de  Raynal,  d'honorable  bourgeoisie,  est  origi- 
naire de  la  petite  ville  de  Salignac,  en  Périgord-. 

Antoine  Chaudru,  notaire,  consul  de  Salignac  en  1614,  mourut 
dans  cette  localité  le  17  mai  1625  à  l'âge  de  50  ans.  Bernard  Chau- 
dru, probablement  frère  du  précédent,  était  en  1625  notaire,  rece- 
veur de  la  baronnie  de  Salignac,  en  Sarladais,  et  bayle  de  la  con- 
frérie du  Saint-Sacrement  de  cette  ville.  Il  avait  épousé  Jeanne  de 
Raynal,  d'une  vieille  famille  consulaire  de  Sarlat.  Il  fut  père  de 
Pierre  Chaudru,  notaire  à  Salignac,  décédé  en  1671  à  l'âge  de 
70  ans,  qui  joignit  à  son  nom  celui  de  la  famille  de  sa  mère  et  qui 
fut  connu  le  premier  sous  le  nom  de  Chaudru  de  Raynal,  conservé 
par  ses  descendants.  Antoine  Chaudru  de  Raynal,  petit-fîls  de 
Pierre,  fut  notaire  et  procureur  fiscal  de  la  vicomte  de  Carlus  et 
mourut  à  Salignac  le  9  mars  1756.  Il  laissa,  entre  autres  enfants, 
deux  fils,  Joachim,  sieur  de  la  Maisonneuve,  né  en  1728,  avocat, 
décédé  en  1790,  et  Pierre,  né  à  Salignac  en  1730,  notaire  dans  sa  ville 
natale,  décédé  en  1797,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

Pierre  Chaudru  de  Raynal,  né  à  Salignac  en  1768,  chef  de  la 
branche  aînée,  fut  professeur  au  lycée  de  Bourges,  recteur  de  l'Aca- 
démie de  Bourges,  inspecteur  général  honoraire  et  officier  de  la 
Légion  d'honneur.   Il  fut  père  de  Louis-Hector  Chaudru  de  Raynal, 

'  Ces  armes  sont,  à  peu  de  chose  près,  celles  d'une  famille  de  Raynal  (voyez  ce 
nom)  qui  appartient  à  la  noblesse  de  robe  toulousaine. 

'  Cette  notice  a  été  faite  de  renseignements  dus  à  l'obligeance  de  M.  le  vicomte 
de  Gérard  du  Barri.  ^ 


JS6  DICTtONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

né  à  Bourses  en  1805,  procureur  général,  puis  président  de  chambre 
à  la  Cour  de  cassation,  commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  décédé 
en  1902.  Celui-ci  avait  eu  deux  fils  :  1°  Pierre-Edmond  Chaudru  de 
Raynal,  conseiller  maître  à  la  Cour  des  comptes,  décédé  en  1896, 
dont  le  fils  unique,  Pierre  de  Raynal,  est  décédé  prématurément 
en  1904  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage  avec  M''*  de 
Bélabre;  2'^  Henri-Paul  Chaudru  de  Raynal,  décédé  en  1903,  qui  a 
laissé  un  fils. 

La  branche  cadette  était  représentée  de  nos  jours  par  Sulpice 
Chaudru  de  Raynal,  né  en  1845,  instituteur  à  Borrèze,  poète  dis- 
tingué, et  par  ses  fils. 

On  trouve  qu'un  M.  Chaudru  de  la  Perrière  prit  part  en  1789  aux 
assemblées  du  Tiers  État  tenues  à  Sarlat. 

Principales  alliances  :  de  Lander  1859,  le  Coigneux  de  Bélabre 
1899,  d'Estressc  de  Lanzac  de  Laborie,  de  Ravinel,  de  Blanquet  du 
Chayla,  Cochon  deLapparent,  etc. 

CHAUDRUC  de  CRAZANNES.  Armes  M'après  le  règlement  d'armoiries 
du  25  novembre  1814;  :  de  gueules  à  un  chevron  d'argent,  surmonté 
d'un  buste  d'homme  d argent  et  accompagné  en  chef  de  deux  étoiles 
du  même  et  en  pointe  d'un  lion  passant  dor. 

La  famille  Chaudruc  de  Crazannes  est  originaire  de  la  Saintonge 
où  elle  occupait  un  rang  distingué  dès  le  xviii*  siècle. 

Jean  Chaudruc,  sieur  de  Crazannes,  près  de  Saintes,  capitaine  de 
dragons,  épousa  vers  1745  Louise  Bonneau.  Leur  fils,  Jacques 
Chaudruc,  Sgr  de  Crazannes,  était  capitaine  des  canonniers  garde- 
côtes  de  Saintonge  quand  il  épousa,  le  2  août  1782,  Anne  Dumas  de 
Puygaillard,  fille  de  César,  capitaine  au  régiment  de  la  Couronne,  et 
de  Marie-Thérèse  de  Malarlic.  Il  fut  pourvudans  lasuite  de  la  charge 
anoblissante  de  président  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances 
de  la  Rochelle  et  était  chevalier  d'honneur  audit  bureau  quand  en 
1788  il  mourut  prématurément  en  son  hôtel  de  Saintes.  Il  laissait 
deux  fils  en  bas  âge,  Jules-Alexandre  et  Paul-Daniel  Chaudruc  de 
Crazannes,  qui  ont  l'un  et  l'autre  laissé  postérité. 

L'aîné  de  ces  deux  frères,  Jules-Alexandre,  né  au  château  de  Cra- 
zannes en  1782,  maître  des  requêtes  au  Conseil  d'État,  membre  du 
Collège  électoral  du  Gers,  membre  correspondant  de  l'Institut  en 
1837,  officier  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  à  Castelsarrasin 
en  1862,  avait  été  créé  baron  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du 
25  février  1813,  avait  été  confirmé  dans  la  possession  de  son 
titre  par  nouvelles  lettres  du  roi  Louis  XVTII  du  25  novembre  1814  et 
avait  obtenu  en  même  temps  le  règlement  de  ses  armoiries.  Ce  fut  lui 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  i57 

qui  vendit  en  1828  le  château  de  Crazannes.  Il  avait  épousé  en  1827 
M"*  de  Loupiac  dont  il  laissa  deux  fils  qui  ont  eu  l'un  et  l'autre 
postérité  masculine.  Le  second  de  ces  fils,  Henri-Eugène,  né  en  1833, 
marié  à  M"^  de  Malafosse,  a  été  intendant  militaire,  directeur  des 
services  administratifs  au  ministère  de  la  guerre  et  commandeur  de 
la  Légion  d'honneur. 

Principales  alliances  :  Dumas  de  Rauly  de  Puygaillard,  de  Lou- 
piac, de  Riols  de  Fonclare  1855,  de  Malafosse  1866,  Maurel  1900, 
d'Hennezel  1903,  etc. 

D'après  la  tradition,  la  famille  Chaudruc  de  Crazannes  aurait  eu 
dans  le  passé  une  origine  commune  avec  la  famille  Chaudruc  de  Tré- 
lissac,  éteinte  au  cours  du  xix^  siècle.  Cette  dernière  famille  occupait 
sous  l'ancien  régime  un  rang  distingué  en  Périgord.  Bien  qu'on  ne 
lui  connaisse  pas  de  principe  d'anoblissement,  ses  membres  por- 
taient fréquemment  les  qualifications  nobiliaires.  Elle  portait  pour 
armes  :  à'azuràune  fasce  d'or  accompagnée  de  trois  roses  d'argent. 
Elle  compte  au  nombre  de  ses  membres  Jean  Chaudruc  de  Trélissac, 
né  au  château  de  Trélissac  en  1759,  évèquc  de  Montauban  en 
1833,  démissionnaire  en  1843,  décédé  en  1847.  Le  château  de 
Trélissac,  situé  aux  portes  de  Périgueux,  est  aujourd  hui  la  pro- 
priété de  la  famille  Magne. 

CHAUFFEPIED  (de).  Armes  :  d'argent  à  deux  bandes  bretessées  d'azur; 
au  chef  écartelé  en  sautoir:  le  1  de  sable  à  la  croix  d'argent;  le 
2  d'argent  à  la  croix  de  sable;  le '^  de  gueules  à  la  croix  d'or  ;  le  4  d'or 
à  la  croix  de  gueules. 

La  tamille  de  Chauffepied,  ou  de  Chauffepié,  fixée  à  l'étranger  depuis 
la  révocation  de  l'édit  de  Nantes,  appartenait  à  la  noblesse  des  confins 
du  Poitou  et  de  la  Saintonge.  Beauchet-Filleau  la  croit  originaire 
d'Italie.  Le  jugement  de  maintenue  de  noblesse  rendu  en  sa  faveur  lors 
de  la  recherche  du  xvii®  siècle  en  fait  remonter  la  filiation  à  Damien  de 
Calfopédi  qui  avait  épousé  Marie  Vermilhac  et  dont  le  fils,  Dominique 
de  Calfopédi,  épousa  le  4  juillet  1490  Anne  Torelis.  Pierre,  fils  du 
précédent,  marié  le  3  juin  1519  à  Marie  de  Saint-Bonnet,  substitua  au 
nom  de  Calfopédi  celui  de  Chauffepied,  conservé  par  ses  descen- 
dants. Il  fut  père  de  Jean  de  Chauffepied,  pasteur  protestante  Marans, 
qui  fit  son  testament  le  22  janvier  1580,  et  grand-père  d'autre  Jean 
de  Chauffepied,  marié  le  17  août  1606  à  Marie  Raymond,  qui  fut  pas- 
teur à  Niort,  qui  jouit  d'une  grande  réputation  parmi  ses  coreligion- 
naires et  qui  fut  député  par  eux  à  plusieurs  grandes  assemblées  et 
particulièrement  au  synode  d'Alais.  Jean  de  Chauffepied  eut  plusieurs 
fils,  Louis,  Sgr  des  Croizettes,  en  la  paroisse  de  Frontenay,  dans 


458  DICTIONNAIRE     DES     FAMIM.ES     FRANÇAISES 

l'élection  de  Saint-Jean-d'Angély,  marié  en  1633  à  Anne  Tompson, 
Second,  né  à  Niort  en  1608,  dont  il  va  être  parlé,  et  Benjamin,  Sgr 
del'Isle,  qui,  lors  de  la  grande  recherche  des  faux  nobles  commencée 
en  1666,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  par  jugement  de 
d'Aguesseau,  intendant  de  Limoges.  Second  de  Chauffepied  fut  pen- 
dant de  longues  années  ministre  à  Champdeniers.  De  son  mariage, 
en  1637,  avec  Claude  de  la  Forest  il  laissa  plusieurs  fils  qui,  après 
la  révocation  de  l'édit  de  Nantes,  allèrent  se  réfugier  en  Hollande. 
L'un  de  ces  fils,  Second  de  Chaufïepied,néen  1646,  pasteur  à  Aulnay, 
puis  à  Leuwarden,  fut  père  de  Jacques-Georges  de  Chauffepied,  né  à 
Leuwarden  en  1702,  décédé  à  Amsterdam  en  1786,  qui  fut  longtemps 
pasteur  de  cette  ville  et  qui  a  publié  de  nombreux  ouvrages,  et  de 
Samuel-Daniel  de  ChaufTepied,  pasteur  à  Leyde  en  1763,  qui  laissa 
plusieurs  fds.  Georges-Samuel  de  Chauffepié,  né  à  Amsterdam  en 
1773,  ministre  de  l'église  wallonne  à  la  Haye,  décédé  dans  cette 
ville  en  1839,  a  également  publié  de  nombreux  ouvrages.  La  famille 
de  ChaufTepied  subsiste  en  Hollande  et  en  Allemagne.  Elle  a  donné  à 
l'église  réformée  un  grand  nombre  de  pasteurs. 

CHAULET  d  OUTREMONT.  Armes  :  écartelé  aux  1  et  4  d'or  à  un  che- 
vron de  gueules  accompagné  de  trois  flammes  de  même,  qui  est 
d'Outremont  de  Minière  ;  aux  2  e/  3  d'azur  à  un  chevron  d'or  accom- 
pagné en  chef  d'un  soleil  (aliàs  d'une  étoile)  et  en  pointe  d'un  mont 
de  six  coupeaux,  le  tout  d'or  (aliàs  d'argent).  —  Couronne  :  de  Comte. 
—  Supports  :  deux  licornes. 

M.  Chaulet,  d'une  famille  de  très  honorable  bourgeoisie,  épousa 
vers  1 820  M"^  Marchant,  ou  Marchant  de  la  Ribellerie,  fdle  d'Honoré- 
René  Marchant,  intendant  général  de  la  grande  armée,  créé  baron 
de  l'Empire  par  décret  du  5  octobre  1813,  décédé  en  1816,  et  de  Marie- 
Hubertine  de  la  Roche  de  la  Ribellerie,  qui  s'était  remariée  en  1819 
au  général  comte  d'Outremont  de  Minière.  Il  en  eut  deux  fils  qui 
furent  adoptés  par  le  général  d'Outremont,  second  mari  de  leur 
grand-mère,  et  qui  se  trouvèrent  ainsi  en  droit  de  s'appeler  Chaulet 
d'Outremont.  L'aîné  de  ces  fils,  Albert-Anselme  Chaulet  de  la  Ribel- 
lerie d'Outremont,  fut  officier  d'artillerie  et  mourut  sans  postérité. 
Le  puîné,  Hector-Albert  Chaulet  d'Outremont,  né  à  Tours  en  1825, 
décédé  en  1884,  fut  nommé  évêque  d'Agen  en  1871,  puis  évéque  du 
Mans  en  1874. 

La  famille  d'Outremont  de  Minière  avait  pour  auteur  Anselme-Joseph 
Doutremont,  Sgr  de  Minière,  avocat  en  la  cour  du  Parlement  de 
Paris  en  1734,  secrétaire  du  cabinet  du  roi  de  Pologne,  décédé  en 
1790,  qui  fut  anobli  par  lettres  patentes  de  janvier  1759  et  qui  fut,  en 


DICTIONNAIRE     P  F.  S     FAMILLES     FRANÇAISES  159 

outre,  pourvu  de  la  charge  anoblissante  de  secrétaire  du  Roi  près  la 
Cour  des  aides  de  Montauban.  Anselme  d'Outremont  de  Minière, 
chevalier,  fils  du  précédent,  fut  conseiller  au  Parlement  de  Paris  et 
conseiller  d'Ktat  et  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Orléans.  Il  avait  épousé  en  1776  M^"  Geoffroy,  fille  d'un 
secrétaire  du  Roi,  docteur  régent  de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris. 
Il  fut  père  de  M""^  Michel  de  Roissy  et  de  Baptiste-Louis  d'Outremont 
de  Minière,  né  en  1779,  maréchal  de  camp  en  1839,  commandeur  de 
la  Légion  d'honneur,  décédé  sans  postérité  à  Tours  en  1858,  qui 
reçut  le  titre  héréditaire  de  baron  par  lettres  patentes  du  29  mars 
1819,  puis  le  titre  personnel  de  comte  par  ordonnance  du  25  juin  1828. 
On  a  vu  plus  haut  que  celui-ci  adopta  les  fils  de  M""^  Chaulet. 

M™^  Chaulet,  née  Marchant,  fille  du  premier  lit  de  la  comtesse 
d'Outremont,  née  la  Roche  de  la  Ribellerie,  eut  un  frère  utérin,  Au- 
gustin-Albert, baron  Marchant,  né  à  Mettray  en  1800,  décédé  sans 
postérité,  qui,  par  ordonnance  royale  du  2  septembre  1818,  fut  auto- 
risé à  joindre  à  son  nom  celui  de  :  de  la  Ribellerie.  Après  lui  le  nom 
de  la  Ribellerie  fut  relevé  par  l'aîné  des  fils  de  sa  sœur. 

CHAULIAC  (de) .  Armes  :  à' azur  à  un  chewon  d'or  accompagné  de  trois 
têtes  de  pavot,  tigées  et  feuillées  d'argent. 

L'auteur  de  cette  famille,  Antoine  Chauliac,  procureur  au  Parle- 
ment de  Toulouse  en  1759,  fut  anobli  par  le  capitoulat  de  cette  ville 
qu'il  exerça  en  1782.  Il  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Toulouse. 

La  famille  de  Chauliac  n'est  pas  titrée. 

Elle  a  fourni  des  membres  de  la  Légion  d'honneur,  un  vicaire 
général  de  Montpellier  de  1862  à  1868,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Barbot  1830,  de  Paul,  Baron  de  Montbel, 
de  Fleyres,  du  Pré  de  Saint-Maur  1901,  etc. 

CHAULIEU  (des  Retours  de).  Voyez  :  Rotours  de  Chaulieu  (des). 

GHAULIEU  (de  Caix  de).  Voyez  :  Caix  de  Saint- Aymour,  de  Rembures,  de 
Blainville  ET  de  Chaulieu  (de). 

CHAULNES  et  de  PICQUIGNY  (d'Albert  de  Luynes  de).  Voyez  :  Albert 
de  Luynes,  de  Chevreuse  et  de  Chaulnes  (d'). 

CHAULNES  (de  Pages  de).  Voyez  :  Pages  de  Chazeaux,  de  Chaulnes  et  de 
LA  Tour  de  Rochemure  (de). 

CHAUME  (Grimaud  de;.  Voyez  :  Grimaud  de  Chaume. 


160  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

CHAUME  (Chanardde  la;.  Voyez  :  Ghanard  de  la  Chaume. 

CHAUME  (Thion  de  la).  Voyez  -.  Thion  de  la  Chaume. 

CHAUMEIL  (Genestal  du;.  Voyez  :  Genestal  du  Chaumeil. 

CH  AUMEIL  quelquefois  CHOMEIL  ;  de  M  A  S  SEBE  AU ,  de  la  JALESNE  et  de 
DIENNE  idei.  Armes:  à' azur  à  un  chevron  d  or  accompagné  de  trois 
bourdons  de  pèlerin  du  même.  —  La  branche  de  la  Jalesne  écartèle 
souvent  ses  armes  des  suivantes  :  à'azur  à  trois  pals  d'or.  —  La 
branche  de  Massebeau  portait  -.  A'azur  à  trois  chevrons  d'or  accom- 
pagnés de  trois  croissants  du  même. 

La  famille  de  Chaumeil  appartient  à  la  noblesse  de  l'Auvergne. 
Douillet  lui  attribue  pour  premier  auteur  connu  un  Géraud  de  Chau- 
meil, chancelier  de  Montferrand,  qui  est  mentionné  dans  des  actes 
de  1324  et  de  1328.  Mais  son  premier  auteur  certain  est  Hugues  de 
Chaumeil  qui  était  juge  de  Murât  en  1462.  Jean  Chaumeil,  fils  de  ce 
magistrat,  fut  un  des  cent  gentilshommes  de  la  garde  du  Roi  et 
reçut  en  1483  des  lettres  patentes  d'anoblissement.  Il  était  l'année 
suivante  seigneur  de  Massebeau  et  lieutenant  du  duc  de  Bourbonnais 
et  d'Auvergne  dans  la  prévôté  de  Saint-Flour.  Il  avait  épousé  Del- 
phine de  Séverac  par  contrat  du  3  janvier  1465.  Son  fils,  Guyon,  marié 
à  Jeanne  de  Chambeuil  par  contrat  du  22  juin  1503,  abandonna  le 
nom  de  Chaumeil  pour  ne  garder  que  celui  de  sa  seigneurie  de  Masse- 
beau.  11  servit  également  dans  la  compagnie  des  cent  gentilshommes 
de  l'hôtel  du  Roi  et  obtint  vers  1503  le  cordon  de  Saint-Michel.  Il  fut 
le  grand-père  de  Guillaume  de  Massebeau,  marié  le  8  janvier  1573  à 
Jeanne  de  Brezons-Neyrebrousse,  qui  fut  un  des  représentants  du 
parti  catholique  à  l'arrangement  conclu  à  Saint-Flour  en  1588.  Cette 
branche  de  la  famille  de  Chaumeil  s'est  éteinte  en  la  personne  de  Jean 
de  Massebeau,  arrière-petit-llls  de  Guillaume,  qui  fut  maintenu  dans 
sa  noblesse  le  24  juin  1667,  sur  preuves  remontant  à  l'anoblissement 
de  1483,  par  jugement  de  M.  de  Fortia,  intendant  de  la  province.  Ce 
gentilhomme  était  seigneur  du  Jarousset,  dans  la  paroisse  de  la  Cha- 
pelle-Alagnon,  en  l'élection  de  Saint-Flour.  11  avait  épousé  en  1651 
Philiberte  de  Traverse  ;  il  en  eut  deux  filles  dont  l'une,  Anne,  héritière 
de  la  seigneurie  du  Jarrousset,  épousa  François  de  Cabanes  de  Com- 
blât. 

Deux  branches  de  la  lamille  de  Chaumeil  se  sont  perpétuées 
jusqu'à  nos  jours,  l'une  en  Auvergne,  l'autre  en  Rouergue. 

La   branche    d'Auvergne   était  représentée,   lors  de  la  grande 
recherche  des  faux  nobles  commencée  en  1666,  par  deux  frères, 


DICTIONNAIRE     DES    FAMIM-ES     FRANÇAISES  i6i 

Jacques  de  Chaumeil,  Sgr  de  Saint-Girgues  et  de  la  Roche-Loupiac, 
en  la  prévôté  de  Mauriac,  marié  en  16:28  à  Catherine  de  Scorrailles, 
et  autre  Jacques  de  Chaumeil,  Sgr  de  Fraissinet,  marié  ;\  Aymée  de 
Scorrailles,  qui  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  par  jugement  de 
l'intendant  Fortia.  Ce  jugement  fait  remonter  la  fdiation  à  un  Jean  de 
Chaumeil,  marié  à  demoiselle  Marguerite  de  Vigier,  qui  était  vrai- 
semblablement un  lîls  cadet  de  Jean  de  Chaumeil,  l'anobli  de  1483,  et 
dont  le  fils,  Pierre  de  Chaumeil,  épousa  Jeanne  de  Loubeyrie  par 
contrat  du  î28  avril  1533.  François  de  Chaumeil,  Sgr  dudit  lieu  et  de 
Saint-Cirgues,  fut  encore  maintenu  dans  sa  noblesse  le  19  mai  1707 
par  jugement  de  M.  le  Blanc,  un  des  successeurs  de  M.  de  Fortia. 
M.  de  Chaumeil,  Sgr  de  la  Jalesne,  près  d'Apchon,  prit  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Saint-Flour.  Cette  branche 
comptait  encore  des  représentants  il  y  a  peu  d'années. 

Le  vicomte  de  Bonald  a  donné  une  généalogie  de  la  branche  du 
Rouergue  dans  ses  Documents  généalogiques  sur  des  familles  du 
Rouergue.  Ce  travail  en  fait  remonter  la  fdiation  à  un  Jean  de  Chau- 
meil dont  le  fds,  Louis  de  Chaumeil,  épousa  Catherine  de  Cornet  par 
contrat  du  6  août  1536.  On  ignore  si  on  doit  identifier  ce  Jean  de 
Chaumeil  avec  le  personnage  du  même  nom  qui  fut  anobli  en  1483 
ou  avec  un  autre  Jean  de  Chaumeil,  probablement  fds  cadet  du  précé- 
dent, qui  fut  l'auteur  de  la  branche  existant  de  nos  jours  en  Auvergne. 
Michel  de  Chaumeil,  fds  de  Louis  et  de  Catherine  de  Cornet,  vint  se 
fixer  en  Rouergue  où  il  avait  été  nommé  capitaine  du  château  de 
Vallon.  Il  épousa  par  contrat  du  10  janvier  1573  Françoise  deDienne, 
issue  d'une  très  ancienne  famille  noble  d'Auvergne  dont  une  branche 
naturelle  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours.  Il  en  eut  un  fds,  François 
de  Chaumeil,  qui  joignit  à  son  nom  celui  de  la  famille  de  Dienne, 
conservé  depuis  lors  par  ses  descendants,  etqui  épousa  le  l*""  mai  1621 
Jeanne  de  Soulagnes.  Celui-ci  fut  père  de  Jean  de  Chaumeil  de  Dienne 
qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  o  mai  1668  par  jugement  de 
Pellot,  intendant  de  Bordeaux,  et  grand-père  de  Jacques  de  Chaumeil 
de  Dienne  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  6  juin  1699  par  juge- 
ment de  le  Pelletier  de  la  Houssaye,  intendant  de  Montauban. 
Pierre  de  Chaumeil  de  Dienne  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Villefranche-de-Rouergue.  Sa  descendance  sub- 
siste. 
La  famille  de  Chaumeil  n'est  pas  titrée. 
Elle  a  fourni  des  officiers. 

Principales  alliances  :  de  Dienne  1573,  de  Greils  de  Messillac,  de 
Moly,  de  Scorrailles,  du  Bois  de  Saint-Etienne,  d'Espinchal  1628,  de 
Bar  1593,  de  Brezons,  etc. 

X.  11 


162  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

CHAUMEIL  de  STELLA. 

Un  décret  du  27  mars  1846  a  autorisé  M.  Joachim  Chaumeil,  capi- 
taine dans  la  Légion  étrangère,  à  joindre  à  son  nom  celui  de  :  de 
Stella. 

GHAUMEILS  LACOSTE  (Bouchareinc  de).  Voyez  ;  Bouchareinc  de  Chau- 
meils-Lacoste. 

GHAUMEL  du  PLANCHAT.  Armes  :  à' argent  à  un  chameau  au  naturel 
passant  ;  au  chef  d' azur  chargé  de  trois  étoiles  d'or. 

Ancienne  famille  bourgeoise  du  Périgord. 

Pierre-Vincent  Chaume!,  avocat,  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Ar- 
moriai général  de  1696  (registre  de  Bordeaux)  :  d'argent  à  un  cha- 
meau passant  de  sable  et  un  chef  d'azur  chargé  de  trois  coquilles 
d'or. 

Pierre  de  Chaumel,  Sgr  du  Planchât  et  de  Fareyrie,  était  sous 
Louis  XVI  conseiller  en  la  sénéchaussée  et  au  siège  présidial  de  Péri- 
gueux. 

La  famille  Chaumel  du  Planchât  subsiste  dans  une  situation 
modeste.  Un  de  ses  représentants  est  pharmacien  à  Paris. 

CHAUMELLE  (Curé  de  la).  Voyez  :  Curé  de  la  Chadmelle. 

CHAUMONERIE  (de  Saulieu  de  laj.  Voyez  :  Saulieu  de  la  Chaumonkuib 

(de). 

CHAUMONT  (Bouchet  de).  Voyez  :  Bouchet  de  Chaumont. 

CHAUMONT  (de  Vauchaussade  de).  Voyez  :  Vauchaussade  de  Chaumont 

(de). 

CHAUMONT  de  SAINT-PAUL  (Leray  de;.  Voyez  :  Leray  de  Chaumont  de 
Saint-Paul. 

CHAUMONT-QUITRY  (de).  Armes  :  fascé  d'argent  et  de  gueules  de  huit 
(aliàs  de  six)  pièces.  —  La  maison  de  Chaumont-Quitry  écartèle  sou- 
vent ses  armes  des  suivantes  qui  sont  ses  anciennes  armoiries  : 
d'azur  semé  de  fleurs  de  lys  d'or,  au  lambel  de  trois  pendants  d'ar- 
gent. —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Devise  :  Furibundi  Calvimon- 
tenses. 

La  maison  de  Chaumont-Quitry,  originaire  du  Vexin  Français,  est 
une  des  plus  anciennes  et  une  des  plus  illustres  de  l'Ile-de-France. 
Elle  a  eu  pour  berceau  la  petite  ville  de  Chaumont,  située  non  loin  de 


niC.TIONNAIRR     DRS    FAMIL  I,  KS     FliANÇAISKS  163 

Gisors,  sur  les  confins  de  la  Normandie,  dont  elle  possédait  la  sei- 
gneurie dès  le  xi°  siècle.  La  tradition  la  fait  descendre  des  anciens 
comtes  du  Vexin.  Le  Père  Anselme  et  la  Chesnaye  des  Bois  en  ont 
donné  des  généalogies  et  on  trouvera  sur  elle  d'abondants  rensei- 
gnements dans  les  Dossiers  bleus. 

Robert  l'Eloquent,  Sgr  de  Chaumont,  en  Vexin,  vidame  de  Ger- 
beroy,  en  Beauvaisis,  périt  au  cours  du  xi®  siècle  d'une  chute  de 
cheval.  On  lui  attribue  pour  fils  un  Otmond  le  Vieux,  Sgr  de  Chau- 
mont, qui  fut  fait  prisonnier  par  les  Anglais  à  la  bataille  de  Brenin 
et  qui  se  retira  sur  la  lin  de  ses  jours  en  l'abbaye  de  Saint-Germer 
de  Flaix.  Cet  Otmond  de  Chaumont  avait  épousé  dans  les  dernières 

années  du  xi""  siècle  N ,  fille  et  héritière  de  Nicolas,  Sgr  de  Quitry, 

ou  Guitry.  Il  fut  père  de  Guillaume,  Sgr  de  Chaumont  et  de  Quitry,  qui 
fut  fait  prisonnier  par  les  Anglais  en  1119  et  dont  le  château  de 
Quitry  fut  rasé  en  1137  par  ordre  du  roi  d'Angleterre.  L'Histoire 
généalogique  des  grands  officiers  de  la  Couronne,  du  Père  Anselme, 
ne  fait  remonter  la  filiation  qu'à  un  Robert  de  Chaumont,  dit  le  Roux, 
Sgr  de  Chaumont  en  partie,  de  Quitry  et  de  Saint-Cler,  petit-fils  pré- 
sumé du  précédent,  dont  le  fils  Guillaume,  Sgr  des  mêmes  domaines, 
confirma  diverses  donations  faites  en  1179  par  son  père  à  l'abbaye  de 
Saint-Wandrille  et  fit  lui-même  en  1213  et  1220  diverses  donations  à 
l'abbaye  de  Gomer-Fontaine  du  consentement  de  sa  femme  Mathilde. 
Celle-ci  est  mentionnée  comme  veuve  dans  un  acte  de  1237.  Toutefois 
la  filiation  ne  paraît  être  rigoureusement  établie  que  depuis  Renaud 
de  Chaumont,  Sgr  de  Quitry,  commandant  le  château  d'Ambleville 
en  1359,  qui  représente  le  vii^  degré  de  la  généalogie  donnée  par  le 
Père  Anselme.  Ce  gentilhomme  avait  épousé  Jeanne  de  Beaumont, 
dame  de  Boissy-les-Bois.  Il  fut  père  de  Richard  de  Chaumont,  Sgr  de 
Quitry,  conseiller  et  chambellan  du  roi  Charles  VI,  décédé  en  1390, 
grand-père  de  Guillaume,  dit  Lionel,  de  Chaumont,  Sgr  de  Quitry, 
conseiller  et  chambellan  du  même  prince,  qui  fit  son  testament  le 
20  mars  1402,  et  bisaïeul  de  Guillaume  de  Chaumont,  chevalier,  Sgr 
de  Quitry,  chambellan  du  Roi,  souverain  maître  enquêteur  et  général 
réformateur  des  Eaux  et  Forêts  de  France,  qui  épousa  par  contrat  du 

16  juillet  1408  N de  Mello,  héritière  des  seigneuries  de  Rigny-le- 

Féron  et  de  Vitry-le-Croisé.  Guillaume  de  Chaumont,  Sgr  de  Quitry, 
au  bailliage  de  Gisors,  marié  le  9  juillet  1512  à  Adrienne  de  llsle, 
héritière  de  la  seigneurie  d'Athieules,  en  eut,  entre  autres  enfants, 
deux  fils,  Antoine,  Sgr  de  Quitry  et  de  Bertichères,  marié  en  1544  à 
Jeanne  d'Assy,  et  Louis,  Sgr  d'Athieules,  tué  à  la  bataille  de  Saint- 
Quentin,  en  1567,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  grandes  branches. 
C'est  à  la  branche  cadette,  dite  des  seigneurs  d'Athieules,  qu'ap- 


164  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

partenaient  Jean  de  Chaumont,  bibliothécaire  du  Cabinet  du  Roi, 
conseiller  d'État,  décédé  en  1667,  et  son  fils  Paul-Philippe  de  Chau- 
mont, évêque  de  Dax  en  1671 ,  membre  de  l'Académie  française 
en  16o4,  démissionnaire  en  1684,  décédé  à  Paris  en  1697.  Cette 
branche  a  eu  pour  derniers  représentants  les  deux  neveux  de  ce 
prélat,  Hugues,  maréchal  de  camp,  décédé  en  1691,  et  Alexandre, 
dit  le  marquis  de  Chaumont,  capitaine  de  vaisseau,  major  de  la 
marine,  ambassadeur  à  Siam,  décédé  en  1710,  et  le  fils  du  second 
d'entre  eux,  Alexandre-Charles,  marquis  de  Chaumont,  maréchal  de 
camp,  commandeur  de  Saint-Louis,  décédé  sans  postérité. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Antoine  de  Chaumont,  Sgr  de  Quitry, 
mourut  en  1582.  Il  laissa,  entre  autres  enfants,  deux  fils  :  1°  Jean  de 
Chaumont,  Sgr  de  Quitry,  de  Bertichères,  etc.,  chevalier  de  l'Ordre 
du  Roi,  lieutenant  général  de  ses  armées  en  1590,  chambellan  du  duc 
d'Alençon  ;  2°  Abdias  de  Chaumont,  Sgr  de  Bertichères,  gouverneur 
d'Aigues-Mortes.  L'aîné  de  ces  deux  frères  fut  père  de  Philippe  de 
Chaumont,  Sgr  de  Quitry,  maréchal  de  camp,  qui  fut  blessé  mortel- 
lement au  combat  de  Poligny  en  1638,  et  grand-père  de  Guy,  connu 
sous  le  titre  de  marquis  de  Chaumont-Quitry,  qui  fut  nommé  en  1669 
grand  maître  de  la  garde-robe  du  Roi  et  qui  périt  en  1672  au  passage 
du  Rhin,  sans  avoir  été  marié.  Abdias  de  Chaumont,  second  fils 
d'Antoine,  fut  père  d'Henri  de  Chaumont,  baron  de  Lecques  et  de 
Courdon,  maréchal  de  camp,  décédé  en  1678,  et  grand-père  de  Guy 
de  Chaumont,  marquis  d'Orbec,  né  en  1641,  marié  à  Jeanne  de  Cau- 
mont-la-Force,  qui  recueillit  la  seigneurie  de  Quitry  après  la  mort  de 
son  cousin,  en  1672,  et  qui  fut  dès  lors  connu  sous  le  titre  de  marquis 
de  Chaumont-Quitry,  conservé  par  ses  descendants.  Jacques-Henri, 
marquis  de  Chaumont-Quitry,  petit-fils  de  Guy,  épousa  en  1758 
M"^  de  Margeot.  Il  en  eut,  entre  autres  enfants,  deux  fils  qui  furent 
complètement  ruinés  par  la  Révolution  :  l**  Victor,  marquis  de  Chau- 
mont-Quitry, décédé  en  1848,  qui  épousa  en  1787  M"^  de  Caraman, 
décédée  en  1854,  et  qui  continua  la  lignée  ;  2°  Guy-François,  né  en 
1771,  dont  le  fils,  François,  marié  en  1846  à  M"*  Vieyra-Molina, 
n'en  a  eu  que  trois  filles,  M"^^  Ponsignon,  Clicquot  de  Mentque  et  de 
Girardin.  Guy-Jacques,  marquis  de  Chaumont-Quitry,  né  en  1787, 
fils  unique  de  Victor,  épousa  en  1827  Marie-Stéphanie  de  Tascher  de 
la  Pagerie,  créée  comtesse  de  l'Empire  par  décret  du  l*'  février  1808, 
dont  le  premier  mariage  avec  le  duc  d'Arenberg  avait  été  annulé 
par  jugementdu  29  avril  1816  et  par  sentence  de  l'offîcialité  de  Paris  du 
27  mars  1817.  Etant  devenu  veuf  en  1832,  il  se  remaria  l'année  sui- 
vante avec  Adélaïde  de  Bourbon-Condé,  fille  naturelle  du  prince  de 
Condé  et  veuve  du  comte  de  Rully,  décédée  sans  postérité  en  1874. 


DICTIONNAIRE     HKS     FAMILLKS    FRANÇAISES  165 

Il  eut  du  premier  lit  un  fils,  Odon-Joseph,  marquis  de  Chaumont- 
Quitry,  né  en  XSil,  député  de  la  Sarthc,  chambellan  de  Napoléon  III, 
marié  en  1851  à  M"*  de  Balleroy,  décédé  en  1867,  qui,  par  arrêté 
ministériel  du  30  juin  1852,  tut  autorisé  à  relever  le  titre  de  comte 
conféré  à  sa  mère  en  1808.  Le  marquis  Odon-Joscph  a  laissé  deux  fils, 
dont  le  second  a  des  enfants,  et  deux  filles,  la  marquise  de  Lubersac 
et  la  baronne  de  la  Grange. 

La  maison  de  Chaumont-Quitry  fut  admise  aux  honneurs  de  la 
Cour  le  9  novembre  1754  et  le  17  avril  1784. 

Elle  a  donné  plusieurs  chevaliers  à  l'Ordre  de  Malte. 

Principales  alliances  :  deBeaumont,  deFours,deMontagu,  d'Auxy, 
de  Mello,  Martel,  du  Fay,  de  Gaudechart  1494,  disque,  Motier  de  la 
P'ayette,  deCamprond  1567,  deCarbonnel,  de  Conti  d'Argicourt  1636, 
de  Gênas  1708,  du  Refuge,  de  Coesmes,  deCaumont-la-Force,  de  Cas- 
téras-la-Rivière,  de  la  Fallu,  de  Barrai  1741,  de  Fuchsemberg  d'Am- 
blimont  1754,  de  Margeot  1758,  de  Tascher  de  la  Pagerie  1827,  de 
Bourbon-Condé  1833,  de  la  Cour  de  Balleroy  1851,  Riquetde  Caraman 
1786,  de  Lubersac  1876,  de  Bonnault  de  Villemenard  1879,  de  Cac- 
querayl598,  de  Bailleul  1614,  du  Bois  des  Cours  1618,  de  Cham- 
pagne, etc. 

Il  a  existé  dans  la  noblesse  française  un  certain  nombre  d'autres 
familles  deChaumont,  toutes  éteintes  aujourd'hui.  Une  de  ces  familles, 
celle  des  Chaumontdela  Galaisière,  s  est  perpétuée  jusqu'au  milieu  du 
XIX*  siècle.  Elle  portait  pour  armes  :  d'argent  à  une  montagiie  de 
sable,  issatit  de  la  pointe  de  l'écu,  du  sommet  de  laquelle  sort  une 
flamme  de  gueules  jetant  deux  fumées  au  naturel,  retombant 
vers  la  base  de  la  montagne.  Son  auteur,  Antoine  Chaumont,  né  à 
Namur  en  1671,  vint  se  fixera  Paris,  réalisa  une  fortune  considé- 
rable, obtint  en  août  1719,  avec  sa  femme,  Marie-Catherine  Barré,  des 
lettres  patentes  de  naturalisation,  fut  pourvu  cette  même  année  de  la 
charge  anoblissante  de  secrétaire  du  Roi  au  Grand  collège  et  mourut 
en  1753.  H  fut  père  d'Antoine-Martin  de  Chaumont,  Sgr  d'Ivry-sur- 
Seine,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  la  Galaisière,  qui  fut  nommé 
maître  des  requêtes  en  1720  et  qui  épousa  en  1724  M"*"  Orry,  fille  d'un 
président  à  mortier,  chancelier  du  roi  de  Pologne.  Les  trois  fils  du 
précédent,  Antoine,  chevalier,  marquis  de  la  Galaisière  et  de  Bayon, 
comte  de  Neuilly,  conseiller  es  Conseils  du  roi  de  France,  intendant 
de  justice,  police,  finances,  troupes  et  fortifications  de  Lorraine  et 
Barrois,  Barthélemy-Louis,  abbé  commendataire  de  Saint-Mihiel, 
vicaire  général  de  Toulouse,  plus  tard,  en  1777,  évoque  de  Saint-Dié, 
et  Antoine-Louis,  sieur  delà  Millière,  comte  de  Lucé, avocat  général 
du  Roi  en  la  Cour  souveraine  de  Lorraine  et  Barrois,  furent  déclarés 


166  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

gentilshommes  par  arrêt  du  Conseil  d'État  de  Lorraine  du  16  juin 
1764  et  par  lettres  patentes  du  roi  Stanislas  du  18  suivant,  après  avoir 
produit  une  généalogie  qui  les  faisait  descendre  de  Gilles  de  Chaumont, 
lieutenant-colonel  au  service  d'Espagne,  tué  au  siège  de  Bréda  en 
1624.  Le  comte  de  Chaumont  de  la  Galaisière  mourut  en  1847  à  Tàge 
de  87  ans  ;  sa  veuve,  née  Durney,  mourut  en  18ol.  Jeanne  de  la  Galai- 
sière, décédée  en  1851,  avait  épousé  en  1806  le  baron  le  Pelletier 
d'Aunay. 

CHAUMONTEL  (de)   Armes  :  à' argent  à  une  fasce  de  sable  accompa- 
gnée de  trois  mei'letles  de  gueules,  deux  en  chef,  une  en  pointe. 

La  famille  de  Chaumontel  appartient  à  l'ancienne  noblesse  de  Basse- 
Normandie.  Elle  a  pour  premier  auteur  connu  Louis  de  Chaumontel  qui 
en  1395  était  écuyer  de  l'écurie  du  duc  d'Orléans.  Un  tableau  généa- 
logique conservé  dans  le  Cabinet  d'Hozier  en  fait  remonter  la  filiation 
à  Robert  de  Chaumontel,  écm'er,  qui  reçut  le  17  octobre  1416,  le 
26  mai  1430,  le  12  février  1431  et  le  13  décembre  1440  des  aveux 
d'héritages  tenus  de  son  franc-fief,  terre  et  seigneurie  d'Andrieu. 
Aufray  de  Chaumontel,  fils  du  précédent,  demeurant  en  la  paroisse 
d'Andrieu,  dans  l'élection  de  Caen  et  la  sergenterie  de  Cheux,  fit 
reconnaître  sa  noblesse  lors  de  la  célèbre  recherche  de  Montfaut,  en 
1463.  De  son  mariage  avec  Catherine  de  Méhérenc,  il  eut  six  fils 
dont  l'un,  Vigor,  Sgr  d'Andrieu,  épousa  Marguerite  Thioult  et  con- 
tinua la  descendance.  Vigor  eut  lui-même  six  fils.  Trois  de  ces  fils, 
Robert  de  Chaumontel,  Sgr  d'Andrieu,  marié  à  Marie  Fouquet,  Guil- 
laume de  Ciiaumontel,  Sgr  du  Thuit,  marié  en  1562  à  Françoise  du 
Fayel,  et  François  de  Chaumontel,  Sgr  du  Camp,  lurent  les  auteurs 
de  trois  grandes  branches.  Les  représentants  de  ces  trois  branches 
furent  maintenus  dans  leur  noblesse,  lors  de  la  recherche  de  1666, 
par  jugement  de  Chamillart,  intendant  de  Caen,  comme  issus  d'une 
vieille  race  déjà  maintenue  par  Montfaut  en  1463.  Antoine  de  Chau- 
montel, Sgr  du  Mesnil,  demeurant  à  Carentan,  chef  d'une  quatrième 
branche  dont  le  point  de  jonction  avec  la  souche  est  mal  connu,  fut 
maintenu  à  la  même  époque  par  jugement  du  même  intendant  ;  ce 
jugement  le  fait  descendre  d'un  Michel  de  Chaumontel  qui  avait 
épousé  Jeanne  de  Gaalon  et  dont  le  fils,  François,  épousa  en  1599 
Léonarde  Quérue. 

On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse 
qu'un  représentant  de  la  troisième  branche,  dite  des  seigneurs  du 
Camp,  Louis-André-Hubert  de  Chaumontel,  gendarme  de  la  garde 
ordinaire  du  Roi,  marié  à  Caen  en  1749  à  M""  Foucques  du  Ménil,  fit 
en  1775  pour  obtenir  l'admission  à  Saint-Cyr  de  sa  fille  Hélène,  née 


DICTIONNAIRR     DRS    FAMILI.RS    FRANÇAISRS  167 

en  1768  à  Bréville,  près  de  Caen,  et  l'admission  à  l'école  de  la 
Flèche  de  son  fils,  Attiré,  né  en  4766. 

André-Jean-Thomas  de  Ghaumontel  prit  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  du  grand  bailliage  de  Caen  ;  un  M.  de  Ghau- 
montel prit  part  cette  même  année  à  celles  du  bailliage  de  Falaise. 

La  famille  de  Ghaumontel  a  fourni  des  officiers  distingués. 

On  attribue  d'ordinaire  à  son  chef  le  titre  de  comte. 

Principales  alliances  :  de  Gaalon,  du  Fayel  1562,  de  Fontaines  1643, 
de  Pierrepont  1716,  de  Baudre  1615,  Glérel,  de  Labbey,  de  la  Buno- 
dière  1910,  Goste  de  Bagneaux  1890,  Lenteigne  de  Logivière,  de 
Gussy,  etc. 

CHAUNAC-LANZAC  (de).  Armes  :  d'argent  à  un  lion  de  sable,  cou- 
ronné, armé  et  lampassé  de  gueules.  —  Supports:  deux  chimères . — 
Devise  :  Fides. 

La  maison  de  Ghaunac-Lanzac,  originaire  des  confins  du  Quercy, 
du  Bas-Limousin  et  du  Sarladais,  appartient  à  l'ancienne  noblesse 
chevaleresque  de  cette  région.  On  en  trouvera  une  généalogie  com- 
plète dans  les  manuscrits  de  l'abbé  deLespine,  au  Gabinet  des  Titres; 
on  trouvera  aussi  sur  elle  beaucoup  de  renseignements  dans  les  ma- 
nuscrits de  Ghérin.  Elle  paraît  avoir  eu  pour  berceau  un  château  de 
Ghaunac,  aujourd'hui  ruiné,  qui  est  siiué  dans  les  environs  de  Brives, 
en  Bas-Limousin.  G'est  avec  ses  armes  qu'on  a  inscrit  aux  Salles  des 
croisades  du  musée  de  Versailles  le  nom  d'un  Jean  de  Ghaunac  qui  se 
croisa  en  1190. 

Le  vicomte  de  Ghaunac-Lanzac  fut  admis  aux  honneurs  de  la  Gour 
le  15  mars  1787.  Le  rapport  de  Ghérin  fils,  chargé  de  vérifier  les 
preuves  de  noblesse  qu'il  fit  en  cette  circonstance,  commence  en 
ces  termes  :«  Gette  famille...  est  ancienne  et  paraît  avoir  pris  son 
«  nom  du  lieu  de  Ghaunac,  situé  au  diocèse  de  Limoges,  ce  qui 
«  annonce  la  pureté  de  son  origine.  Adhémar  de  Ghaunac,  cheva- 
«  lier  de  la  ville  de  Rocamadour,  uni  à  Léonard,  son  frère,  passa  la 
«  veille  des  nones  de  mars  1265,  n'étant  alors  que  damoiseau,  un 
«  acte  d'échange  avec  l'abbé  et  les  religieux  de  Saint-Benoit  de  Tulle, 
«  au  diocèse  de  Limoges,  fit  son  testament  avant  le  samedi  de  la 
«  fête  de  saint  Etienne  1275  et  est  nommé  dans  celui  de  Bertrande 
«  de  la  Valade,  sa  femme,  de  cette  môme  année.  Il  eut  de  cette 
«  alliance  Adhémar  de  Ghaunac  qui  fut  institué  par  lui  son  héritier 
«  universel  et  dont  le  sort  est  ignoré.  Vers  la  môme  époque  et  dans 
«  les  mêmes  lieux  on  trouve  un  autre  Adhémar  de  Ghaunac,  de  la 
«  ville  de  Roquemadour,  lequel,  n'étant  âgé  que  de  18  ans  en  1316, 
«  ratifia,  le  lundi  après  la  Pentecôte  de  cette  dernière  année,  uneem- 


i68  nrCTIliNNAIRE     DKS     FAMII.LKS     FRANÇAISES 

0  phythéose  consentie  par  mcssire  Bertrand  de  Gramat,  chevalier, 
«  son  tuteur.  Il  obtint  depuis,  en  1319,  une  sentence  arbitrale  qui  lui 
«  adjugea  l'exercice  de  la  basse  justice  qullpossédaitdans  la  paroisse 
«  de  Lanzac  et  lui  donna  la  qualification  de  damoiseau.  Il  reçut  avec 
«  la  même  qualité  divers  aveux  et  hommages  des  années  1329,  1341 
«  et  13o0.  Il  ne  paraît  plus  depuis  cette  dernière  époque.  On  ne  luicon- 
«  naît  d'autre  enfant  que  Raymonde,  mariée  :avant  1333  à  Raymond 
«  de  Labringuière,  damoiseau  d'Alhac.  Après  Adhémar  vient  dans 
«  l'ordre  chronologique  Géraad  de  Chaunac,  damoiseau,  qui  reçut 
«  en  1327  de  messire  Hugues  de  Gautier,  chevalier  de  Campagnac, 
«  une  quittance  d'une  partie  delà  dot  de  Marguerite,  aliàs  Agnès,  de 
«  Chaunac,  sa  fille  et  femme  dudit  chevalier.  Indépendamment  de 
«  Marguerite  de  Chaunac,  Géraud  fut  encore  père  de  Guillaume  de 
«  Chaunac,  damoiseau,  lequel  fit  son  testament  à  Avignon  le  17  no- 
te vembre  1352  et  prend  dans  cet  acte  la  qualité  de  sergent  d'armes 
«  du  Pape.  Le  testateur  institue  son  héritière  universelle  Marie,  sa 
«  fille,  mariée  à  Pons  de  Chaunac,  damoiseau,  à  condition  qu'ils  por- 
te teraient  l'un  et  l'autre  son  nom  et  ses  armes.  On  trouve  ensuite 
«  noble  Adhémar  de  Chaunac,  damoiseau,  présent  le  pénultième  de 
«  juillet  1393  au  contrat  de  mariage  d'égrége  et  puissant  homme 
«  messire  Guichard  deComborn,  chevalier,  Sgr  de  Treignac,  depuis 
«  lequel  la  filiation  est  prouvée  sans  interruption.  Le  même  Adhémar 
«  de  Chaunac,  Sgr  de  la  Gauleyrie  et  en  partie  de  Chaunac,  rendit 
«  hommage  le  13  janvier  1414  à  noble  et  puissant  homme  Nicolas  de 
«  la  Roche,  Sgr  des  châteaux  de  la  Roche  et  de  Châteauneuf,  et  était 
«  mort  avant  le  17  septembre  1418  après  avoir  laissé  de  noble  Lucie 
«  Gistard,  aliàs  de  laGouleyrie,  sa  femme,  entre  autres  enfants,  noble 
«  Antoine  de  Chaunac,  SgrdeLanzac,  au  diocèse  de  Cahors,  lequel 
K  épousa  par  contrat  passé  le  27  octobre  1448  noble  Soubiranne  de 

«  \'eyrac  et  fit  son  testament  le  1*''  février  1462 »  Le  généalogiste 

Berthier  envoya  ce  rapport  au  duc  de  Coigny  le  9  mars  1787;  il  y  joi- 
gnit une  lettre  dans  laquelle  il  s'exprime  en  ces  termes  :  «  J'ai  l'hon- 
«  neur  de  vous  envoyer,  en  exécution  de  vos  ordres,  un  mémoire 
«  composé  par  M.  Chérin  fils  sur  la  familh;  de  Chaunac  de  Lanzac, 
«  en  Péfigord.  Elle  est  connue  depuis  1265  et  prouve  sa  filiation 
(c  depuis  1393;  mais  on  y  voit  peu  de  services  et  de  très  petites  pos- 
te sessions  et  elle  n'a  qu'une  seule  alliance  de  marque.  » 

Raymond  de  Chaunac,  Sgr  de  Lanzac,  petit-fils  d'Antoine  et  de 
Soubiranne  de  Veyrac,  fut  archer  de  la  garde  du  Roi.  Il  épousa 
d'abord  le  24  juillet  1518  Ltiennette  deRajaud,  puis  le  28  février  1537 
Comtesse  de  Gras.  Il  eut  de  sa  première  union  un  fils,  Béraud  de 
Chaunac,  Sgr  de  Lanzac,  qui  épousa  le  28  février  1537  Clémence  du 


DlCTIONiNAlUE    DES    FAMILLES     FRANÇAISES  160 

Pouget  et  dont  la  descendance  s'éteignit  avec  ses  deux  petites-tilles, 
Antoinette,  héritière  de  la  seigneurie  de  Lanzac,  mariée  à  Armand 
de  Gontaut  de  Saint-Geniez,  et  Françoise,  mariée  en  1605  à  Laurent 
de  Beaumont,  Sgr  du  Repaire.  II  eut  de  sa  seconde  union  deux  autres 
fils,  tous  deux  appelés  Jean,  qui  furent  les  auteurs  des  deux  grandes 
branches  actuellement  existantes  de  la  maison  de  Chaunac. 

Le  vicomte  de  Bonald  a  donné  une  généalogie  de  la  branche  aînée 
dans  ses  Documents  généalogiques  sur  des  familles  du  Rouergue. 
L'auteur  de  cette  branche,  noble  Jean  de  Chaunac,  écuyer,  Sgr  de 
Lanzac,  en  Quercy,  gentilhomme  des  gardes  du  Roi,  épousa  par  con- 
trat du  13  avril  1578  Jacquette  de  Peyronnenc  de  Saint-Amarant.  Son 
lils,  Raymond  de  Chaunac,  Sgr  de  Lanzac  et  de  Cazals,  vint  se  lixer 
en  Auvergne  par  le  mariage  qu'il  contracta  le  27  octobre  1609  avec 
Anne  de  Tessières,  héritière  des  tiefs  de  Montlauzy  (plus  tard  Mont- 
logis)  et  de  Morfonds,  situés  en  Carladais.  Il  fut  plus  tard  mestre  de 
camp  d'infanterie  et  gouverneur  de  la  ville  de  Gourdon,  en  Quercy, 
puis  de  celle  de  Domme,  en  Périgord.  II  fut  père  d'Antoine  de  Chaunac, 
écuyer,  Sgr  de  Montlauzy,  en  la  paroisse  de  Ladinhac,  dans  la  pré- 
vôté de  Maurs,  marié  par  contrat  du  17  avril  1639  à  Olympe  de  Lusi- 
gnan,  qui  fut  maintenudans  sa  noblesse  avec  ses  quatre  tils  le  3  octo- 
bre 1666,  sur  preuves  remontant  à  1478,  par  jugement  deM.deFortia, 
intendant  d'Auvergne,  et  grand-père  de  Raymond  de  Chaunac,  Sgr  de 
Montlogis,  qui  fut  à  son  tour  maintenu  dans  sa  noblesse  le  24  fé- 
vrier 1707  par  jugement  de  M.  le  Blanc,  un  des  successeurs  de  M.  de 
Fortia.  On  trouvera  dans  le  Cabinet  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse 
que  Jean  de  Chaunac,  Sgr  de  Montlauzy,  un  autre  des  lils  d'Antoine, 
marié  en  168^2  à  Gabrielle  Pagez,  fit  en  1696  pour  obtenir  l'admission 
à  Saint-Cyr  de  sa  fille  Gabrielle,  née  à  Aurillac  en  1687.  François  de 
Chaunac,  fils  aîné  d'Antoine  et  d'Olympe  deLusignan,  épousa  Marie- 
Judith  de  Lur-Saluces  et  continua  la  lignée.  Son  arrière-petit-fils, 
Pierre-Honoré  de  Chaunac,  connu  sous  le  titre  de  baron  de  Montlogis, 
décédé  en  18d4,  vint  se  fixer  à  Espalion,  en  Rouergue,  par  le  mariage 
qu'il  contracta  avec  M'^®  Ayral  du  Bourg  dans  les  premières  années  du 
xix^  siècle.  Il  fut  père  de  Léon  de  Chaunac-Lanzac,  baron  de  Mont- 
logis,  qui  a  eu  trois  fils  de  son  mariage  en  1854  avec  M"®  de  Roque- 
leuil  du  Bousquet. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Jean  de  Chaunac,  Sgr  de  Libeau- 
mont,  épousa  Anne  de  la  Pierre  par  contrat  du  5  février  1562.  Il  fut 
pourvu  le  15  juin  1577  de  la  charge  de  commissaire  ordinaire  de  l'ar- 
tillerie et  mourut  peu  de  temps  après.  Il  laissa  deux  fils,  Jean  et  Jac- 
ques, qui  laissèrent  tomber  en  désuétude  le  nom  patronymique  dn 
Chaunac  pour  ne  garder  que  celui  de  Lansac,  ou  Lanzac.  Le  second 


no  DICTIONNAIRR     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

de  ces  fils.  Jacques,  épousa  en  1604  Souveraine  de  Solminihac.  Il 
fut  père  de  Jean  de  Lansac,  sieur  de  Cernet,  qui  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  le  28  octobre  1667  par  jugement,  de  Pellot,  intendant  de 
Bordeaux,  et  grand-père  de  Jean  de  Lanzac  de  Chaunac,  qui  lut  à  son 
tour  maintenu  dans  sa  noblesse  le  23  avril  1698  par  jugement  rendu 
à  Bordeaux  de  M.  de  Bezons,  un  des  successeurs  de  Pellot.  Le  chef 
de  cette  branche,  Jean,  marié  en  1718  à  Marie  de  Clermont-Touche- 
bœuf,  reprit  le  nom  de  Chaunac -Lanzac  qui  depuis  lors  a  été  conservé 
par  ses  descendants.  Son  fds,  Jean-Baptiste,  né  en  1721,  connu  sous 
le  titre  de  comte  de  Chaunac-Lanzac,  prit  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  du  Quercy.  Il  avait  épousé  d'abord  en  1755  Marie 
d'Aymérique,  puis  en  1781  la  marquise  de  Sourdis,  née  Beudet.  Il 
laissa  quatre  fils  dont  l'aîné,  Louis,  né  du  premier  lit  en  1769,  fit  en 
1781  des  preuves  de  noblesse  pour  être  admis  à  l'École  militaire, 
prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  Périgord,  épousa 
en  1808  M"*  de  Montalembert  et  fut  l'aïeul  des  divers  représentants 
actuels  de  cette  branche  et  dont  le  plus  jeune,  Antoine-René,  né 
en  1785,  décédé  sans  postérité  en  1871,  fut  confirmé  le  17  mars  1869 
par  décret  de  Napoléon  III  dans  la  possession  du  titre  de  vicomte 
sous  lequel  il  était  connu. 

La  maison  de  Chaunac  a  fourni  de  nombreux  officiers,  deux  demoi- 
selles de  Saint-Cyr  en  1696  et  1743,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Coustin  1518,  du  Pouget  (de  Nadaillac) 
1597,  de  Peyronnenc  1578,  de  Teyssières  (en  Auvergne)  1609,  de 
Durfort.de  Lusignan,  de  Calvimont,  de  Grave,  de  Lur-Saluces  1735, 
de  Roquefeuil  du  Bousquet  1854,  de  Lauzières  de  Thémines,  de 
Solminihac  160 i,  de  Touchebœuf-Clermont  1580,  1718,  1854,  de 
Montalembert  1808,  de  Laulanié  de  Sainte-Croix,  de  Mesnard-May- 
nard  vers  1850,  de  Pichon-Longueville  1869,  de  Cacqueray-Valme- 
nier,  de  Narbonne-Lara,  de  Gironde  1664,  de  Gontaut  de  Saint-Geniez, 
de  Vassal,  de  Beaumont  du  Repaire  1604,  de  Caors,  etc. 

CHAUNAC  des  FARGES  (Teyssier  de).  Voyez  :  Teyssier  de  Chaunac  des 
Farges. 

CHAUNY  (Mallet  de;    Voyez  :  M.allet  de  Chauny. 

CHAURAND.  Armes  :  d  azur  à  une  croix  de  gueules,  encadrée  d  or, 
accostée  de  deux  {leurs  de  lys  du  même;  à  la  plaine  d'argent  chargée 
d'une  croisette pattée  de  sable,  suivie  des  lettres  S.  P.  Q.  R.,  le  tout 
rangé  en  fasce.  —  Couronne  :  de  Baron.  —  Supports  :  une  branche 
d'olivier  et  une  branche  de  chêne.  —  Devise  :  Salus  Deo  Nostro. 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  171 

M.  Benoit  d'Entrevaux  donne,  dans  son  Armoriai  du  Vivarais, 
d'intéressants  détails  sur  la  famille  Ghaurand.  Cette  famille  a  eu  pour 
berceau  la  paroisse  de  Payzac,  en  Vivarais,  où  elle  est  connue  dès  le 
commencement  du  xvii®  siècle.  A  cette  époque  maître  André  Ghau- 
rand, praticien,  fils  de  maître  Jean  Ghaurand,  procureur  juridictionnel 
au  mandement  de  Gornilhon,  et  de  feue  Antonic  de  Bayssac,  de  la 
paroisse  de  Payzac,  épousa  demoiselle  Antonie  de  Blachère,  fille 
de  sieur  Etienne  Blachère,  écuyer,  du  lieu  de  Saint-Jean  de  Pourcha- 
resse. 

Jean  Ghaurand  était  sous  Louis  XVI  avocat  au  Parlement  de 
Toulouse.  Son  fils,  Bruno  Ghaurand,  vint  se  fixer  à  Lyon  et  fut  nommé 
en  1829  président  du  tribunal  civil  de  cette  ville.  Il  fut  père  de  Jean- 
Bruno-Armand  Ghaurand,  avocat  à  Lyon,  député  de  l'Ardèche  à  l'As- 
semblée nationale  en  1871,  qui  reçut  le  litre  héréditaire  de  baron  par 
bref  de  S.  S.  Pie  IX.  Le  baron  Ghaurand  avait  épousé  successivement 
Julie  Serre  et  Athénaïs  Malot.  Il  a  eu  du  premier  lit  deux  fils,  qui 
servirent  parmi  les  zouaves  pontificaux,  et  trois  filles.  L'aîné  des  fils, 
Vincent,  baron  Ghaurand,  a  épousé  M''^  Marguerite  de  Grécy,  d'une 
des  plus  illustres  familles  chevaleresques  de  Bourgogne;  le  second, 
Bruno  Ghaurand,  a  épousé  M^^^  Levaivre  de  Bigny,  décédée. 

Principales  alliances  :  de  Crécy,  Ghaix  de  Lavarène,  Levaivre  de 
Bigny,  de  Milhau  1859,  etc. 

Une  famille  Ghaurand  appartenait  au  xviii^  siècle  au  grand  com- 
merce de  Nantes.  Elle  portait  pour  armes  :  d'azur  àun  lion  d'or  posé 
sur  une  terrasse  de  sinople  et  accotyipagné  à  dextre  d'un  chat  d'or. 
Honoré  Ghaurand  du  Ghaffaud,  juge  consulaire  à  Nantes  en  1758  et 
1773,  fut  pourvu  en  1751  de  l'office  anoblissant  de  secrétaire  du  Boi 
en  la  chancellerie  près  le  Parlement  de  Bretagne.  Il  obtint  des  let- 
tres d'honneur  en  1771.  Son  fils,  Louis  Ghaurand,  né  en  1749,  négo- 
ciant, marié  à  M"^  Libault  de  Beaulieu,  fut  un  des  13â  Nantais  que 
Garrier  envoya  au  tribunal  révolutionnaire  de  Paris;  il  fut  acquitté. 

CHAUSSADE  de  JOLIMONT  (de).  Armes  :  à' argent  à  trois  chevrons  de 
gueules,  au  chef  d'azur  chargé  d'une  croisette  d'or  K 

La  famille  de  Chaussade,  aujourd'hui  près  de  s'éteindre,  appartient  à 
la  noblesse  du  Périgord  et  du  Libournais.  Elle  remonte  par  filiation  à 
Jacques  Ghaussade  qui  vivait  dans  la  seconde  moitié  du  xv'^  siècle  et 
qui  avait  épousé  Antoinette  de  Pompadour.  Antoine  Ghaussade, 
petit-fils  du  précédent,  résidait  en  1553  à  Mussidan,  en  Périgord.  Il 
embrassa  le  protestantisme  que  ses  descendants  professèrent  pen- 

•  Cette  notice  a  été  faite  en  grande  partie  à  l'aide  de  renseignements  dus  à  l'obli- 
geance de  M.  le  comte  de  Saint-Saud. 


172  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLF.S     FRANÇAISES 

dant  longtemps.  Son  fils,  Hélie  Chaussade,  eut  plusieurs  fils  dont 
trois,  Pierre,  Jean  et  autre  Pierre,  furent  les  auteurs  de  trois 
branches. 

Le  chef  de  la  branche  aînée,  noble  Guillaume  Chaussade,  Sgr  de 
Chandos  et  de  Lambertie,  capitaine,  obtint  en  novembre  '16o7  des 
lettres  patentes  d'anoblissement  en  récompense  des  longs  services 
militaires  de  son  père,  feu  Pierre  Chaussade  de  Lambertie.  Il  fut  main- 
tenu dans  sa  noblesse  le  24  juin  1669  par  arrêt  des  commissaires 
généraux,  bien  qu'un  édit  de  1664  eût  annulé  tous  les  anoblisse- 
ments concédés  depuis  1611  ;  mais  il  négligea  de  faire  enregistrer 
cet  arrêt  qui  pour  ce  motif  fut  annulé.  Son  descendant,  Jérôme- 
Luc  Chaussade,  Sgr  de  Chandos,  demanda  en  mars  1766  à  régula- 
riser sa  situation  nobiliaire.  Chérin,  chargé  d'examiner  sa  requête, 
adressa  un  mémoire  fort  défavorable  au  ministre  Berlin.  M.  de 
Chaussade  de  Chandos  n'en  prit  pas  moins  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  tenues  à  Libourne.  Cette  branche  s'éteignit  dans 
les  premières  années  du  xix*  siècle. 

Jean,  auteur  de  la  seconde  branche,  fut  connu  sous  le  nom  de 
capitaine  Chaussade.  L'aîné  de  ses  tils,  Jacques  Chaussade,  Sgr  de 
Pommiers,  décédé  dans  la  suite  sans  avoir  été  marié,  obtint  le 
12  juin  1667  des  lettres  patentes  de  relief  de  noblesse.  Pierre  Chaus- 
sade, sieur  de  la  Roche  et  de  Jolimont,  neveu  du  précédent,  obtint 
le  9  mars  1669  de  nouvelles  lettres  patentes  qui  l'autorisaient  à  béné- 
ficier du  privilège  accordé  à  son  oncle  par  les  lettres  de  1667.  Ces 
lettres  de  1669  furent  entérinées  le  1"  juin  1702  et  les  tils  de  leur 
obtenteur  payèrent  en  1738  la  somme  de  700  livres  pour  droit  de 
confirmation  de  noblesse.  Cette  branche  de  la  famille  de  Chaussade, 
ayant  été  de  nouveau  inquiétée  dans  sa  noblesse,  la  fit  définitivement 
reconnaître  le  4  avril  1757  par  un  arrêt  du  Parlement  de  Bordeaux. 
Elle  n'est  plus  représentée  que  par  M.  Jean-Washington  de  Chaus- 
sade de  Jolimont  qui  n'a  pas  eu  d'enfants  de  son  mariage  avec 
M'^^  d'Alesme  de  Meycourby,  aujourd'hui  décédée. 

Pierre  Chaussade,  auteur  de  la  troisième  branche,  dite  des  sei- 
gneurs de  la  P'uye,  épousa  en  1633  Marguerite  de  Reyssac.  Son  fils, 
François  Chaussade,  garde  du  corps,  marié  en  1682  à  Claire  deMas- 
parault,  fille  du  baron  de  Longa,  obtint  le  8  novembre  1671  des 
lettres  de  relief  de  noblesse.  Cette  branche  est  aujourd'hui  éteinte. 

La  famille  de  Chaussade  a  fourni  de  nombreux  officiers,  des  che- 
valiers de  Saint-Louis,  etc. 

Principales  alliances  :  deCosson  1626,  deBonneau,  du  Reclus  1671, 
de  Chabans  1620,  d'AUard  1796,  Déalis,  de  Latané  1745,  Drilholle- 
Mercadé  1791,  de  la  Rivière  1807,  d'Alesme,  etc. 


DÏCTIONNAIRR     I)  K  S     FAMILLKS     FRANÇAISES  173 

La  famille  dont  il  vient  d'être  parlé  a  toujours  revendiqué  une  ori- 
gine commune  avec  une  famille  de  Chaussade,  éteinte  sous  Louis  XIV, 
qui  a  appartenu  à  la  noblesse  de  l'Agenais  et  qui  portait  à  peu  de 
chose  près  les  mêmes  armoiries  :  d'argent  à  trois  chevrons  de 
gueules  ;  au  chef  d'azur  chargé  d'une  croix  pommelée  de  douze 
points  dor.  Cette  famille,  qui  a  possédé,  entre  autres  biens,  la 
baronnie  de  Calonges  et  les  seigneuries  de  Roquefère  et  de  Lavau, 
avait  pour  auteur  un  Jacques  de  Cbaussade,  procureur  général  au 
Parlement  de  Bordeaux  en  1480,  dont  le  petit-fils,  dit  le  capitaine 
Calonges,  fut  un  des  plus  vaillants  chefs  protestants  de  la  seconde 
moitié  du  xv!""  siècle. 

GHAUSSANDE  (de;.  Armes  :  d'azur  à  trois  bandes  dor;  au  chef  d'ar- 
gent chargé  dune  étoile  de  sable. 

La  famille  de  Chaussande  appartient  à  la  noblesse  du  Comtat 
Venaissin. 

Jean  Chaussande  fut  nommé  troisième  consul  de  Carpentras  en  1488 
et  1501.  11  était  d'usage  dans  cette  ville  de  choisir  le  premier  consul, 
ou  syndic,  parmi  les  avocats,  le  deuxième  exclusivement  parmi  les 
membres  de  la  noblesse  et  le  troisième  exclusivement  parmi 
les  bourgeois  et  les  marchands.  Jean  Chaussande  n'appartenait 
donc  pas  à  la  noblesse  à  cette  époque  :  mais  il  dut  peu  de  temps  après 
s'agréger  à  cet  ordre  ou  être  anobli  car  on  trouve  qu'il  fut  deuxième 
consul  de  la  même  ville  en  1512  et  1518,  Pierre  de  Chaussande, 
écuyer,  fut  encore  élu  deuxième  consul  de  Carpentras  en  1556,  1564, 
1570  et  1576.  Plusieurs  autres  représentants  de  la  famille  de  Chaus- 
sande furent  appelés  aux  fonctions  de  deuxième  consul  de  Carpentras  : 
Gabriel  de  Chaussande,  écuyer,  en  1594,  I6U8  et  1616;  Pierre  de 
Chaussande,  Sgr  de  Saint-Roman  de  Malegarde,  en  1683,  décédé 
cette  même  année  ;  messire  François  de  Chaussande  de  Cheylus, 
en  1743  et  1754  ;  messire  Joseph  de  Chaussande,  chevalier  de  Saint- 
Louis,  en  1759.  Gabrielle  de  Baroncelli-Javon,  née  en  1725,  femme 
de  Thomas-Augustin  de  Chaussande,  baron  deMalijay,  fut  guillotinée 
à  Orange  le  23  juin  1794  avec  sa  fille  Gabrielle.  Elle  avait  eu  cinq 
fils  dont  l'aîné,  Thomas-Alexandre,  fut  massacré  à  Carpentras  le 
11  janvier  1791. 

La  famille  de  Chaussande  a  donné  quatre  chevaliers  à  l'ordre  de 
Malte  :  Esprit  de  Chaussande  de  Saint-Romain  en  1681,  Pierre  de 
Chaussande  de  Saint-Romain  en  16N2,  Alexandre  de  Chaussande 
en  1788  et  Joseph  de  Chaussande  en  1789. 

Son  chef  a  reçu  au  cours  du  xviii*  siècle  le  titre  héréditaire  de  baron 
par  bref  du  Souverain  pontife,  alors  souverain  d'Avignon. 


1 74  D  I  C  T  I  0  N  >  A  I  1^  E     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Principales  alliances  :  de  Coehorn,  de  Baroncelli-Javon,  de  Planta- 
Wildenberg,  Démange  1870,  etc. 

GHAUSSECOURTE  (dej.  Armes  :  parti  emmanché  d'azur  et  d'argent 
(aliàs  d'o)-). 

La  famille  de  Chausskcodrte  est  une  des  plus  anciennes  de  la 
noblesse  du  centre  de  la  France.  Elle  est  originaire  du  pays  de  Com- 
brailles,  dans  la  Basse-Auvergne,  doù  ses  branches  se  sont  répandues 
dans  la  Haute-Auvergne.  Elle  a  pour  premier  auteur  connu  un 
Raoul  de  Chaussecourte  (Piadulfus  Chaussacorla)  qui  fut  témoin  d'une 
donation  faite  à  l'abbaye  de  Bonlieu  le  16  août  1195.  Geoffroy  de 
Chaussecourte  fut  témoin  de  deux  donations  faites  à  la  même  abbaye 
le  16  aoùt-119o  et  le  29  septembre  1206.  D'après  \e  Dictionnaire  histo- 
rique, généalogique  et  biographique  delà  Haute-Marche,  deTardieu, 
la  filiation  suivie  remonterait  à  un  Raoul  de  Chaussecourte,  damoi- 
seau, qui  est  mentionné  dans  des  actes  de  1240  et  de  1249.  Un  autre 
Raoul  de  Chaussecourte  vivait  en  1300.  Le  nom  de  la  famille  de  Chaus- 
secourte figure  dans  de  nombreuses  chartes  des  xiv*  et  xv»  siècles. 
Noble  homme  Jean  de  Chaussecourte  (Callige  Curte),  damoiseau, 
Sgrde  Cherdon,  en  la  paroisse  des.Mars,  et  des  Fargcs,  donna  le  ven- 
dredi de  la  Saint-Michel  1396  quittance  de  la  dot  de  sa  femme, 
Catherine  Potet,  damoiselle.  Louis  de  Chaussecourte  fut  inscrit  en 
1450  à  l'Armoriai  d'Auvergne.  Louis  de  Chaussecourte  fut  appelé 
en  1493  à  la  rédaction  de  la  coutume  du  Bourbonnais.  D'après  le 
vicomte  Révérend,  qui,  dans  son  Annuaire  de  lanoblesse  de  1896,  a 
consacré  une  courte  notice  à  la  famille  de  Chaussecourte,  la  filiation 
ne  serait  rigoureusement  établie  que  depuis  un  Gabriel  de  Chausse- 
courte, Sgr  de  Monfloux,  en  la  paroisse  de  Tardes,  dans  la  Marche, 
qui  est  mentionné  dans  un  acte  de  1490  avec  sa  femme  Marguerite 
de  Monfloux.  La  descendance  de  ce  gentilhomme  s'est  partagée  en 
un  certain  nombre  de  branches  dont,  faute  de  renseignements  suf- 
fisants, on  ne  peut  indiquer  ici  le  point  de  jonction.  Quatre  de  ces 
branches  se  perpétuèrent  jusqu'au  xviii*  siècle  :  celle  des  seigneurs 
de  Cherdon,  celle  des  seigneurs  de  Monfloux,  celle  des  seigneurs 
de  Lépinas  et  de  Gartempe  et  celle  des  seigneurs  de  la  Jarrige. 

La  branche  des  seigneurs  de  Cherdon  est  aujourd'hui  éteinte.  Elle 
avait  pour  chef  au  xviu*  siècle  messire  Charles  de  Chaussecourte  qui 
avait  épousé  le  1"  août  1710  Marie  de  Bosredon.  François-Edme  de 
Chaussecourte,  Sgr  du  Bost,  fils  du  précédent,  fut  capitaine  au  régi- 
ment de  Picardie  et  épousa  en  1744  M"* Malet  deVandègre.  On  trou- 
vera dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  qu'il  fit  dans 
la  suite  pour  obtenir  l'admission  parmi  les  pages  du  comte  de  Pro- 


DICTIONNAIRK     D  F  S     FAMÎI.I^RS    FRANÇAISKS  175 

vence  de  son  fils,  Charles-François,  né  en  1758  au  diocèse  de  Lyon. 
Ces  preuves  donnent  la  filiation  de  cette  branche  depuis  Biaise  de 
Chaussecourte  dont  le  fils,  Antoine,  Sgr  de  Chier-Redon,  épousa  en 
l54o  Marguerite  de  Moussy  et  dont  le  petit-fils,  Biaise,  épousa  en  1589 
Marguerite  de  Chaslus. 

La  branche  des  seigneurs  de  Monfloux  est  également  éteinte.  Elle 
était  représentée  sous  Louis  XV  par  Gaspard  de  Chaussecourte, 
chevalier,  Sgr  de  Monfloux  et  de  la  Jarrige,  qui  avait  épousé  Jeanne 
d'Audebrand  et  dont  le  fils,  Jean-Louis,  chevalier,  Sgr  des  mêmes 
domaines,  épousa  à  l'âge  de  25  ans  le  31  mai  1785  Jeanne-Françoise 
de  Vauch  au  s  sad  e .  - 1^^;, 

La  branche  des  seigneurs  de  Lépinas  et  de  Gartempe,  également 
éteinte,  était  représentée  au  commencement  du  xvni«  siècle  par 
Godefroy,  qui  se  qualifiait  comte  de  Lépinas  et  de  Gartempe  et  qui 
mourut  à  lage  de  50  ans  le  29  mai  1709.  Ce  gentilhomme  laissa  de  son 
mariage  avec  M"«  de  Tronchet  de  Vayres  un  fils,  Louis  de  Chausse- 
courte, baptisé  le  16  mars  1704,  que  l'on  croit  être  mort  jeune. 

La  branche  des  seigneurs  de  la  Jarrige  subsiste.  On  trouvera  une 
partie  de  sa  généalogie  dans  le  supplément  du  Nobiliaire  du 
Limousin  de  Nadaud.  Ce  travail  donne  la  filiation  à  partir  d'Ursin  de 
Chaussecourte,  Sgr  du  Chier,  marié  à  Jeanne  de  Montaignat,  qui 
rendit  aveu  au  Roi  en  1669  pour  son  fief  de  la  Jarrige.  Ce  gentilhomme 
fut  père  de  Sébastien  de  Chaussecourte,  Sgr  de  la  Jarrige,  qui 
épousa  le  5  mai  1699  Rosalie  de  Mousebrot,  grand-père  de  Paul  de 
Chaussecourte,  Sgr  de  la  Jarrige,  duBreuil,  etc.,  chevalier  de  Saint- 
Louis,  qui  épousa  en  1747  Marie  du  Peyroux,  dame  de  Pujaud, 
et  bisaïeul  de  Louis  de  Chaussecourte,  Sgr  de  Pujaud,  né  en  1749. 
Un  descendant  de  celui-ci,  M.  Henri  de  Chaussecourte,  a  été  nommé 
en  1895  conseiller  général  du  canton  de  Chénerailles  (Creuse). 

Louis  de  Chaussecourte,  Sgr  de  Pujaud,  prit  part  en  1789  aux 
assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Guéret. 
La  famille  de  Chaussecourte  n'est  pas  titrée. 
Elle  a  donnée  l'ordre  de  Malte  trois  chevaliers,  Jacques-Léonor  et 
Louis  en  1617,  et  Louis  en  1660.  Elle  a  encore  fourni  des  chanoi- 
nesses  comtesses  du  chapitre  de  Laveine,  un  des  plus  difficiles  de 
France,  des  officiers  distingués,  des  chevaliers  de  Saint-Louis,  etc. 
Principales  alliances  :  Malet  de  Vandègre  1744,  de  Bosredonl684, 
1710,  de  Salers  1657,  de  Selves  1683,   de    Chalus  1689,    1765,  de 
Moussy  1545,    du  Peyroux  1748,  d'Hautefort  1595,  de  Montaignac 
1676,  de  Vauchaussade  1785,  de  Beaune  de  Beaurie  1643,  de  Durai 
1587,  du  Ligondès,  etc. 


176  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHAUSSÉE  (Vivier  de  la).  Voyez  :  Vivier  de  la  Chaussée 

CHAUSSÉE  'Mousseron  de  la).  Voyez;  Mousseron  de  la  Chaussée. 

CHAUSSÉE  (de  lai,  en  Poitou.  Armes:  écartelé  de  sable  et  d'argent. 
—  Aliàs  :  écartelé  d'argent  (ou  quelquefois  dor)  et  de  sable.  — L'écn 
en  bannière.  —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Supports  :  deux  lions  au 
naturel. 

Il  existait  au  moyen  âge  dans  la  noblesse  du  Poitou  plusieurs 
familles  de  la  Chaussée.  La  seule  de  ces  familles  rjui  .se  soit  per- 
pétuée jusqu'à  nos  jours  paraît  avoir  eu  pour  berceau  une  terre  de 
son  nom  située  à  trois  lieues  au  sud-est  de  Loudun.  On  en  trouvera 
des  généalogies  dans  le  Dictionnaire  de  la  noblesse  de  la  Chesnaye 
des  Bois,  dans  le  quatrième  volume  des  Archives  de  la  noblesse  de 
Laine  et  dans  le  Dictionnaire  historique  et  généalogique  des 
familles  du  Poitou  de  Beauchet-  Filleau. 

Ce  dernier  auteur  mentionne  une  Amélie  de  la  Chaussée,  qui, 
d'accord  avec  ses  enfants,  passa  un  contrat  de  vente  en  1104; 
Payen  et  Guillaume  de  la  Chaussée,  qui  assistèrent  en  1126  à  une 
donation  faite  par  Pierre  de  Mons  au  chapitre  de  Saint-Hilaire  de 
Poitiers  ;  un  Aimery  de  la  Chaussée,  qui  fut  témoin  d'une  donation 
faite  en  1135  à  l'abbaye  de  Fontevrault;  un  (ieoffroy  de  la  Chaussée, 
qui  fit  une  donation  vers  1140;  et  un  grand  nombre  de  gentils- 
hommes du  nom  de  la  Chaussée  qui  sont  cités  dans  des  chartes  des 
XII*.  XIII*  et  XIV*  siècles.  Mais  on  ignore  si  ces  personnages,  qu'on  ne 
peut  relier  entre  eux,  appartenaient  à  celle  des  familles  de  la  Chaus- 
sée qui  donne  lieu  à  cette  notice. 

Un  Huguet  de  la  Chaussée,  Sgr  de  Bournezeau,  est  rappelé 
comme  défunt  dans  un  acte  de  1329.  Il  fut  vraisemblablement 
père,  ou  grand-père,  d'un  Guillaume  de  la  Chaussée,  écuyer,  Sgr  de 
Bournezeau,  qui  fit  un  acquêt  par  acte  passé  le  6  février  1380  devant 
notaire  à  Mirebeau  et  auquel  Beauchet-Filleau  et  Laine  font 
remonter  la  filiation  suivie  de  la  famille  de  la  Chaussée  actuelle- 
ment existante.  Guillaume  de  la  Chaussée  laissa  d'une  alliance 
inconnue,  entre  autres  enfants,  un  fils,  Jean  de  la  Chaussée,  écuyer, 
Sgr  de  la  Chaussée,  d'Ambrette,  de  Bournezeau,  écuyer  trancliant 
de  Jacques  de  Bourbon,  comte  de  la  Marche,  qui  obtint  en  1420 
des  lettres  de  rémission  pour  Jean  de  Tinières,  chevalier,  frère  de 
sa  femme,  et  qui  fournit  le  10  mai  1432  au  seigneur  de  Parthenay 
dénombrement  de  sa  maison  noble  de  la  Chaussée.  On  trouve 
ensuite  un  Jean  de  la  Chaussée,  Sgr  de  la  Chaussée,  de  Louen  et  de 
Bournezeau,  qui  épousa  vers  1430   Catherine  de  Parthenay  et  qui 


niCTIONNAIR.     DRS    FAMILLES     FRANÇaISFS  H" 

généalogie  estl^sl^      ;«„:::«:::  ■""'''r  "f"™"^»''-  ^« 
Chaussée,  chevalier    S J  deT»  rh  f  T'"'"'  ''"^  ■""""  ^e  la 

Jean  et  d'e  Cathe^i^'e  le  P  rt  en  y'Tr   '^ '™™^^^^"- "'^  "« 
Jeanne  de  Beaumont-Bressmr.  Ifi^^'   '        f™""  successivement 

aveu.  ,e  .5  sept™U69':t  t '^"reXr:!^™^"^ 
enfants  partagèrent  la  succession  par  a ctTdu    6  févriL  1  93°"r '^! 
à  ce  gentilhomme  que  les  iue-pmpnf=  .i  .  "^^  ^  ^^^ 

xv:.  siècle  font  relnt     li  |  "t  «ts    vi^Tr  <^^"»'"-- "" 
de  la  Chaussée,  Sgr  du  Lac  et  de  Bain.      A  '^'":""^^"^'  •'^<=ol> 
noblesse  le  Snov'emle  1624  ^ar  sentenc    de'nf  '  "".""T"  "'"'  '' 
saire  départi  parSa  Majesté  pou.    e   é'  emen,  7  f  "f'"'' =°'«'"''=- 
11  fut  père  d-Hilaire  do  ïa  Chaussée   Z  de  ,1  et'  ^'^T  "'"'""'■ 
Champmargou,  etc.,  ,ui  fut^ainten'ud-an     a  „ob  ess"  e'^'L^J? 
par  jugement  de  Barentin,  intendant  de  Poitiers    et  tf^     ^f 
René  de  la  Chaussée,  Sgr  de  Champmargou  don  'les  fis";''"    ! 
sans  postérité,  et  de  François  de  la  Chau^ssée,  Sg  du  p  „  Tr"™' 
qui  épousa  en  1697  .Marie  Faidv  ei  ^„i  f. ,       .'  f  S^  «u  fin  de  Rouvre, 
le  20  février  1718  par  ÎZmènLlZ   ^  "f '"i™"  ''^"'  '"^  ""blesse 
de  Poitiers.  Francoîs  de°la  Chaut?^      ''?  ""^''''''ourg,  intendant 

ms  dont  deux,   ^^^'o^T  ^IZt^^'"'' '^"'^^"^^ 
deux  grandes  branches.  ^«artes,  lu.ent  les  auteurs  de 

Lauteur  de  la  branche  aînée,  Jacques  Gabriel  de  h  Ch.      a 
chevalier,  Sgr  du  Pin   de  Rouvre  et  de  la  rZi    r-        ^^^"^^^"^ 
S  juin  1732  Anne  isambard,  miedWev  ur  a  ' T^    '''i     '°'"'  '' 
de  Surgères,  lien  eut  un  fils,  Jacques Tr  de,  w,  "^"^  ""'"<="' 

qui  épousa  en  ,784  Marie  Gaborlu  et  qui  coVtinuTu'd  "'  "",  "'*' 
et  une  lille,  Angélique-.^nne,  qui  lit  en  i  «  ''''<='="''^"'=«. 
noblesse  pour  être    admise  à  'saint-Cyr     Cell    h'   ""T"'    '" 

2hrsi^^f  c7arm"::iV'n7::  ^  -  F-^- 17 

de  la  marine,  puis  juge  d';  ai^^Sri^e  t' at'';^™""" 
enfants  de  son  mariage,  en  1877,  avec  M-  Boucherfc  ^ 

Lauteur  de  la  seconde  branche,  Charles  de  la  ri,,   '    -       . 
Sgr  de  Saint-Aubin,  chevalier  de  Sat   I  ou  s    f  ?"'''"'  ''"™''"- 
major  des  ville  et  citadelle  de  Mon       i^sJr  „  r  ,l°sT  r       , -'r™ 
tivement  dans  le  nord  de  la  France  n»r   ,  ^"^  ''•'"'  ''*'''"'- 

ie  3  juillet  1750  avec  M".  Moul  art  de  Vi  m    e"r,Tf  ,T"  T''"'' 

deuxf.lsetu„enile,Marie-,,osèphe,,uifraZtrsltc;?elr766: 


12 


178  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que 
son  fils  aîné,  Charles,  né  à  Montreuil  en  1735,  fit  en  1769  pour  être 
admis  parmi  les  pages  de  la  Grande  Ecurie  et  celles  que  son  second 
fils,  Charles-Joseph,  né  à  Montreuil  en  l7o6,  décédé  dans  la  suite 
sans  postérité,  fit  en  1766  pour  être  admis  à  l'École  militaire.  L'aîné 
de  ces  deux  frères  vint  se  fixer  en  Flandre  après  le  mariage  qu'il 
contracta  en  1787  avec  M"*  de  Bourgogne  d'Herbaumez.  11  a  été  le 
bisaïeul  de  M.  Daniel  delà  Chaussée,  secrétaire  d'ambassade. 

La  famille  de  la  Chaussée  a  fourni  de  nombreux  officiers,  dont 
plusieurs  ont  été  tués  à  lennemi,  des  chevaliers  de  Saint-Louis,  des 
membres  de  la  Légion  d'honneur. 

Elle  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  du  Vergier,  de  Parthenay,  de  Beaumont- 
Bressuire,  de  Marconnay,  Ysoré  1566,  du  Chillcau  1592,  de  Lau- 
rière,  Prévost-Sansac  1748,  Aymer  1790.  de  Clervaux,  de  Vasselot 
17:i2,  MouUart  de  Vilmarest  1760,  de  Bourgogne  l';87,  1838,  Ranfray 
de  la  Bajonnière  1854,  de  Portes  d'Amblérieu  1880,  CoUinet  de  la 
Salle,  etc. 

On  a  vu  plus  haut  qu'il  avait  existé  en  Poitou  d'autres  familles 
de  la  Chaussée.  Ces  familles  s'éteignirent  toutes  antérieurement  au 
XVI*  siècle. 

Il  subsistait  au  xvni*  siècle  dans  le  restant  de  la  France  plusieurs 
autres  familles  nobles  du  nom  de  la  Chaussée. 

La  famille  de  lk  Chaussée  d'Eu,  la  plus  en  vue  de  ces  familles,  por- 
tait pour  armes  :  à.  azur  semé  de  croissants  d'argent,  à  trois  besants 
d'or  brochants.  Elle  tirait  son  nom  du  fief  de  la  Chaussée  d  Eu 
qu'elle  avait  possédé  aux  portes  de  la  ville  dEu,  en  Haule-Normandie, 
et  se  croyait  issue  des  anciens  comtes  d'Eu.  Elle  était  connue  dès  le 
xii'  siècle.  Guillaume  de  la  Chaussée  d'Eu  assista  en  1415  à  la 
bataille  d'Azincourt.  François  de  la  Chaussée  d'Eu,  Sgr  d'Arcts, 
gouverneur  de  Joinville,  fut  surintendant  de  la  maison  du  duc  de 
Guise,  comte  d'Eu,  auquel  il  rendit  foi  et  hommage  en  1556.  Sa 
descendance  alla  se  fixer  dans  la  Haute-Picardie.  Laurent  de  la 
Chaussée  d"Eu,  baron  de  Rogy,  en  l'élection  de  Clermont,  fut  main- 
tenu dans  sa  noblesse  le  14  février  1667,  sur  preuves  remontant 
à  1489,  par  jugement  de  Dorieu,  intendant  de  Soissons.  Deux 
représentants  de  cette  famille,  Antoine  et  Jérôme  de  la  Chaussée 
d'Arrest,  furent  admis  dans  l'ordre  de  Malte  en  1555  et  1672.  Laurentde 
la  Chaussée  d'Eu,  comte  d'Arest,  Sgr  de  Rogy,  fit  enregistrer  son  bla- 
son à  l'Armoriai  général  de  16i)6  (registre  d'Amiens).  Celte  famille 
paraît  avoir  eu  pour  dernière  représentante  Marie-Anno-Joséphine  de 
la  Chaussée  d'Eu,  vicomtesse  héréditaire  et  perpétuelle  du  comté 


diction'naire   des   familles   françaises  179 

d'Eu,  qui  épousa  vers  1718  François-Louis  Barancliéry,  vicomte 
de  la  Gorge,  général  de  l'artillerie  du  roi  de  Sardaigne,  et  dont  les 
enfants  relevèrent  le  nom  de  la  Chaussée  d'Eu. 

La  famille  de  la  Chaussée  de  Boisville  et  de  la  Lucazière  portait 
pour  armes  :  d'azu?"  à  trois  losanges  d'argent,  2  et  1  ;  au  chef  d'or 
chargé  d'un  lion  passant  de  gueules.  On  trouvera  sur  elle  beaucoup 
de  renseignements  dans  le  Cabinet  d'Hozier.  Elle  était  originaire  de 
la  Beauce  et  avait  pour  premiers  auteurs  connus  Etienne  et  Guy  de 
la  Chaussée  vivant  en  1208.  La  filiation  suivie  remontait  à  Pierre  de 
la  Chaussée,  Sgr  deïhoury,  en  Beauce,  décédé  en  1412,    qui  avait 
épousé  Perrelte  la  Gautière,  décédée  en  1422,  et  dont  le  tîls  Pierre, 
émancipé  en  1411,  épousa  le  l*''  mars  1460  Jeanne  Goret.  Louis  de  la 
Chaussée,  Sgr  de  la  Lucazière,  demeurant  en  l'élection  de  Verneuil, 
fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  25  mars  1641  par  jugement  des 
commissaires  généraux  du  Conseil  départis  par  le  Roi  pour  le  réga- 
mentdes  tailles  dans  la  généralité  d'Alençon,  puis  en  1668  par  juge- 
ment de  M.  de  Marie,  intendant  d'Alençon.  Cette  famille  de  la  Chaus- 
sée alla  plus  tard  se  fixer  en  Picardie  où  elle  possédait  une  seigneurie 
de  Boisville.  Un  de  ses  membres,  Eustache-Armand  de  la  Chaussée  de 
Boisville,  né  en  1687  au  diocèse  de  Laon,  fut  admis  en  1703  parmi 
les  pages  de  la  Petite  Écurie.  Un  autre,  Constantin-Alexandre  de  la 
Chaussée  de  Boisville  fut  nommé  en  1724  chevalier  des  Ordres  de 
Saint-Lazare  et  de  Notre-Dame  du  Mont-Carmel.  Deux  demoiselles  de 
la  Chaussée,  nées  au  diocèse  de  Chartres,  furent  admises  à  Saint- 
Cyr  en  1697  et  1699. 

CHAUSSEGROS  de  LIOUX  et  de  LÉRY  (d  Estienne  de).  Voyez  Estienne 

DE  ChAUSSEGROS  DE  LiOUX  ET  DE  LÉRY  (d'). 

CHAUSSEPIERRE  (Rivet  de).  Voyez  Rivet  de  Chaussepierre. 

CHAUSSIVERT  de  VISUZENNE. 

Famille  de  haute  bourgeoisie. 

CHAUSSON-LASSALLE  et  de  COURTILLOLES  d  ANGLEVILLE.  Armes  : 
(d'après  le  règlement  d'armoiries  d'octobre  1698)  :  d'or  à  un  lion 
morné  d'azur;  au  chef  de  gueules  chargé  de  trois  besanls  d'argent. 
—  L'écu  timbré  d'un  casque  de  profil  orné  de  ses  lambrequins  d'or, 
d'azur,  d'argent  et  de  gueules.  —  Supports  :  deux  lions.  —  Devise  : 
Fais  bien  et  laisse  dire.  —  Autre  devise  :  Non  nobis  nascimur. 

La  famille  Chausson  est  anciennement  connue  dans  les  environs 
d'Alençon,  en  Normandie.  On  trouve  que  dès  1458  un  de  ses 
membres,    Jean    Chausson,   rendit  aveu   pour  sa    vavassorie   des 


480  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Orgeries,  relevant  en  partie  du  fief  de  la  Renaudière.  Colas  Chaus- 
son épousa  vers  iSoO  Anne  de  Sourdives.  dite  Hébert;  il  en  eut, 
entre  autres  enfants,  deux  fils,  honorables  hommes  Thomas  et 
Guillaume  Chausson,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  grandes 
branches. 

La  branche  aînée  était  représentée  sous  Louis  XIV  parJîicques 
Chausson,  Sgr  des  Orgeries.  né  le  29  août  I6i6,  qui  avait  épousé 
Françoise  Gravelle  et  qui  résidait  en  la  paroisse  de  Sainl-Germain 
de  Clairfcuilie,  au  diocèse  de  Lisieux.  Jacques  Chausson  fut  pourvu 
en  1698  de  la  charge  de  piqueurau  premier  vol  pour  la  corneille  et 
commensal  du  Roi  en  sa  grande  fauconnerie;  il  lut  anobli  au  mois 
de  septembre  de  cette  même  année  par  lettres  patentes  dont  on 
trouvera  le  texte  dans  le  Nouveau  d'Hozier  et  obtint  au  mois 
d'octobre  suivant  le  règlement  de  ses  armoiries.  Il  acquit,  en  outre, 
en  1718,  l'office  anoblissant  de  conseiller  secrétaire  du  Roi  près  le 
Parlement  de  Normandie.  Il  avait  fait  enregisirer  son  blason  à  l'Ar- 
moriai général  de  1696  (registre  d'Argenlan).  Il  laissa  deux  fils  : 
1°  Pierre  Chaus.son,  qui  continua  la  descendance;  2°  Jacques-Paul 
Chausson  du  Saussay,  né  en  1682,  lieutenant  général  au  bailliage  et 
siège  présidial  d'Exmes,  dont  le  fils,  Jacques  Chausson  du  Saussay, 
lieutenant  civil  et  criminel  au  bailliage  d'Alençon  pour  les  vicomtes 
d'Argentan,  d'Exmes  et  de  Trun,  mourut  sans  postérité  en  1782  Pierre 
Chausson,  Sgr  des  Orgeries  et  de  Saint-Rigomer,  épousa  le  3  fé- 
vrier 17!  o  Marie-Madeleine  Hébert,  fille  d'un  procureur  en  l'élection 
d'Alençon,  et  mourut  en  1721.  Ce  fut  lui  qui  acheta  au  Chàtelet  de 
Paris,  en  1717,  la  seigneurie  de  Courtilloles  dont  ses  descendants  ont 
conserve  le  nom.  Son  lils  unique,  François-Louis  Chausson,  Sgr  de 
Courtilloles,  des  Orgeries,  etc.,  premier  président  au  siège  présidial 
d'Alençon,  marié  à  M"*  de  Fleuriel,  décédé  en  1791,  fut  autorisé,  par 
lettres  patentes  d'avril  1766,  à  substituer  au  nom  de  Chausson  celui 
de  sa  seigneurie  de  Courtilloles.  Il  fut  confirmé  dans  sa  noblesse, 
ainsi  que  son  cousin  germain,  Jacques  Chausson  du  Saussay,  par 
lettres  patentes  du  9  mai  1772.  Ce  même  François-Louis  de  Courtil- 
loles, Sgr  de  Courtilloles  et  de  Saint-Rigomer  des-Bois,  prit  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  Maine  et  à  celles  du  bail- 
liage d'Exmes.  Il  laissa  deux  fils,  François-Louis  et  Alexandre- 
François-Louis  de  Courtilloles,  qui  furent  les  auteurs  de  deux 
rameaux  actuellement  existants. 

L  auteur  du  premier  rameau,  François-Louis  de  Courtilloles,  né 
en  1747,  lieutenant  général  au  bailliage  d'Alençon  en  1780,  marié 
àM"^  de  Vaucelles,  reçut  le  titre  de  baron,  sur  promesse  d'institu- 
tion de  majorât,   par  ordonnance  du  roi   Louis   XVIII  du  28  sep- 


niCTIONNAIRE    DFS    FAMILLRS    FRANÇAISES  181 

tembre  I8i'0;  mais  il  mourut  le  29  mai  1822  avant  d'avoir  pu  cons- 
tituer son  majorât  et  avant  d'avoir  reçu  les  lettres  patentes,  qui  ne 
furent  jamais  délivrées.  Sa  descendance  possède  encore  le  château 
de  Courtilloles,  dans  le  département  de  la  Sarthe.  Elle  n'est  pas  titrée. 

L'auteur  du  second  rameau,  Alexandre-François-Louis  de  Courtil- 
loles, né  en  17o4,  était  officier  au  régiment  de  Condé-infanterie 
quand  il  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  au 
Mans.  Sa  descendance  est  connue  sous  le  nom  de  Courtilloles 
d'Angleville.  Elle  n'est  pas  titrée. 

Cette  branche  a  fourni  de  nombreux  officiers,  des  chevaliers  de 
la  Légion  d'honneur,  etc. 

La  branche  cadette  est  demeurée  non  noble.  On  en  trouvera  un 
tableau  généalogique  dans  le  tome  XIX  du  Bulletin  de  la  Société 
historique  de  l'Orne  (année  1900).  L'auteur  de  cette  branche,  Guil- 
laume Cliausson,  avaitépousé  dans  les  dernières  années  du  xvi^  siècle 
honorable  lille  Françoise  Gorge.  Leur  petit-fils,  Olivier  Chausson, 
marié  en  1667  à  Sainte  du  Bois,  recueillit  par  héritage  d'un  oncle  le 
domaine  de  la  Salie  dont  sa  descendance  a  conservé  le  nom.  Il  fut 
père  de  Jacques  Chausson,  sieur  de  la  Salle,  qui  épousa  en  1690 
Catherine  Hébert,  grand-père  de  Jacques  Chausson,  sieur  de  la 
Salle,  qui  épousa  Marguerite  Bouglier,  fille  d'un  chirurgien  d'Exmes, 
et  bisaïeul  de  Guillaume  Chausson  de  la  Hullinière  qui  épousa  vers 
1750  Marie  Lecesne  de  la  Grétinière,  fille  d'un  marchand  de  Bernay. 
Celui-ci  laissa  quatre  fils  :  1°  Guillaume-Jean  Chausson-Lassalle, 
marchand,  dont  la  descendance  subsistait  en  1900;  2°  Jacques- 
François  Chausson-Lassalle.  qui  eut  une  fille,  M™^  du  Mesnil; 
3°  Jacques-Louis  Chausson-Lassalle,  qui  eut  un  fils;  4°  Jean  Chaus- 
son-Lassalle, né  en  1768,  qui  mourut  sans  postérité  en  1836. 

Principales  alliances  :  de  Fleuriel,  de  Vaucelles,  Guesdon  de  Beau- 
chesne,  de  Jourdan  de  Savonnières  l8o4,  Douineau  de  Charantais, 
de  Pi'éaulx,  Pichot  de  la  Marandais.  Bonin  de  la  Bonninière  de  Beau- 
mont  1907,  Veyrier  du  Muraud  1891,  de  Luret  de  Feix  1893,  Avril  de 
PigneroUes  1894,  etc. 

CHAUTAN  de  VERCLY.  Armes  :  d'azur  à  un  chevron  d'argent  accom- 
pagné en  chefàdextre  d'un  soleil  rayonnant  d'or  et  en  pointe  d'une 
fleur  du  même. 

La  famille  Chautan,  ou  Chautant,  appartient  à  l'ancienne  bour- 
geoisie de  Metz.  Elle  joint  à  son  nom  celui  du  village  de  Vercly  qui, 
au  xviii"  siècle,  faisait  partie  de  la  banlieue  de  cette  ville.  Elle  des- 
cend de  Jean-Antoine  Chautant,  Sgr  de  lallaute-Bevoye,  de  Vercly  et 
de  Béville,  entrepreneur  général   des  fortifications  de  Metz  et  de 


182  DICTIONNAIRE     DRS    FAMILLES    FRANÇAISES 

Thionville,  qui  mourut  à  Metz  le  29  mars  1721  à  l'âge  de  67  ans  et 
dont  la  veuve,  Marie  Séné,  mourut  dans  la  même  ville  le  12  sep- 
tembre 1742  à  1  âge  de  75  ans.  Ce  même  Jean-Antoine  Chaulant  ne 
porte  d'autre  qualification  que  celle  de  maître  tailleur  de  pierres  dans 
l'acte  de  baptême  de  sa  fille  Catherine,  du  26  octobre  1684.  11  laissa 
plusieurs  fils.  Un  de  ces  fils,  Henri  Chautan  de  Yercly,  baptisé  à 
Metz  en  1708,  décédé  dans  la  même  ville  le  3  décembre  1779  sans 
avoir  été  marié,  fut  substitut  du  procureur  général  près  le  Parlement 
de  Metz.  Un  autre,  François  Chaulan  de  Vercly,  baptisé  à  Metz  le 
27  février  1693,  entrepreneur  général  des  fortifications  de  Metz  et  de 
Toul,  épousa  Anne  Poinselot  et  continua  la  descendance. 

Plus  récemment  Antoine-Adolphe  Chautan  de  Vercly,  né  à  Metz  en 
1804,  décédé  à  Nancy  en  1891,  a  été  général  de  brigade  d'artillerie  et 
grand  officier  de  la  Légion  d'honneur.  N.  Chautan  de  Vercly,  colonel 
d'état-major  dans  la  garde  impériale,  décédé  en  1856,  avait  épousé  en 
1846  Amélie  de  Metz.  Il  en  a  laissé  un  fils,  Xavier  Chautan  de  Vercly. 

CHAUTON  (dej,  dans  les  Landes.  Armes  (d'après  Rietstapp)  :  d'azur  à 
un  chevron  d'or  accompagné  de  trois  tortues  de  même. 

On  n'a  pu  se  procurer  que  peu  de  renseignements  sur  la  famille  de 
Chadton,  anciennement  connue  dans  les  Landes. 

Arnaud  Chauton,  bourgeois  de  Tartas,  eut  son  blason  enregistré  à 
l'Armoriai  général  de  1696  (Da.x)  :  de  sable  à  un  sautoir  d'argent  ;  il 
y  fut  inscrit  sur  le  registre  réservé  aux  personnes  non  nobles. 

La  famille  de  Chauton  ne  figure  pas  au  nombre  de  celles  qui  ont 
pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  de  sa  région.  Ses 
représentants  ne  font,  du  reste,  précéder  leur  nom  de  la  particule  de 
que  depuis  le  milieu  du  xix*  siècle. 

Charles  Chauton  avait  épousé  sous  Louis  XVI  Jeanne  Tournié  ;  il 
en  laissa  quatre  fils  :  1°  Octave  Chauton,  prêtre  ;  2°  Bernard  Chauton, 
marié  en  1815,  dont  le  fils,  Léon  de  Chauton,  n'a  laissé  que  trois 
filles,  M"'"  de  Laborde  d'Arbrun,  de  Cardaillac  et  de  Tavernier  ; 
3°  Achille  Chauton,  marié  à  Adèle  Labat,  dont  le  fils  aîné,  Adrien,  a 
laissé  un  fils;  4*"  Benjamin  Chauton,  marié  en  1813  à  M""  de  Cauna, 
dont  le  fils,  Alexandre,  marié  à  sa  parente,  Marie  Chauton,  en  a  eu 
une  nombreuse  postérité. 

Principales  alliances  :  de  Cardaillac  1884,  de  Tavernier  1880,  de 
la  Borde  d'Arbrun,  Labat,  Domenger,  Dulaurens,  de  Cabanes  de 
Cauna,  etc. 

CHAU'VAS  SAIGNE  S  (Chasseloup  de).  Voyez  :  Ghasseloup-Laubat  (de)  et 
Chasseloup  de  Chauvassaignes. 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  483 

CHAUVASSAIGNES.  Armes  :  d'azu?'  à  une  chauDe-souris  d'or-,  au  chef 
cousu  de  gueules  chargé  d'un  croissant  accosté  de  deux  étoiles,  le 
tout  d'argent.  —  Couronne  :  de  Comte. 

La  famille  Ciiauvassakines,  originaire  de  la  petite  ville  de  Vodaple, 
en  Auvergne,  est  connue  de  toute  ancienneté  dans  la  haute  bour- 
geoisie de  sa  région.  D'après  la  tradition,  un  de  ses  membres,  Louis 
Chauvassaignes,  aurait  forcé  vers  13t)0  le  prince  Noir  à  lever  le  siège 
de  Vodaple.  La  famille  Chauvassaignes  a  fourni  onze  générations  de 
baillis  de  Vodaple  et  dAntoingt.  Jean  Chauvassaignes,  ancien  lieu- 
tenant général  de  Vodaple,  était  en  1777  juge  de  la  ville  et  baronnie 
de  Thiers.  La  famille  Chauvassaignes  compte  encore  parmi  ses 
membres  un  échevin  de  Glermont-Ferrand  en  1749,  administrateur 
des  hospices  de  cette  ville,  un  subdélégué  de  l'intendant  à  Thiers  de 
1780  à  1790,  des  châtelains  de  Vodaple,  des  conseillers  généraux  du 
Puy-de-Dôme,  des  chevaliers  de  la  Légion  d'honneur,  des  offi- 
ciers, etc. 

Principales  alliances  :  Peghoux  de  Merdogne,  d'Epinay,  etc. 

CHAUVEAU  des  ROCHES  (Prieur-).  Voyez  :  Prieur-Chauveau  des  Roches. 

CHAUVEAU  de  BOURDON.  Armes  (d'après  VAnnuaù'e  de  la  noblesse 
de  1894)  :  d'azur  à  une  aigle  éployée  et  couronnée  d'argent  (aliàs 
d^or);à  la  bordure  cousue  de  gueule>i  chargée  de  huit  besants  d'ar- 
gent. —  Aliàs  (d'après  Rietstapp)  :  d'argent  au  lion  de  gueules.  — 
Devise  :  Vis  et  amor. 

La  famille  Chauveau  de  Bourdon  est  originaire  de  l'Auvergne  oîi  elle 
possédait  au  xviii®  siècle  une  terre  de  Bourdon.  Elle  n'est  pas  men- 
tionnée dans  les  nobiliaires  de  ce  pays  et  on  ne  lui  connaît  pas  de 
principe  d'anoblissement.  Mais  le  vicomte  Révérend  lui  a  consacré 
une  courte  notice  dans  son  Annuaire  de  la  noblesse  de  1894. 

Joseph  Chauveau,  Sgr  de  Bourdon,  en  Auvergne,  était  garde  du 
corps  du  comte  d'Artois  à  l'époque  où  éclata  la  Révolution.  11  fut 
exécuté  le  28  nivôse  an  VI.  De  son  mariage  avec  Anne-Paule  d'Escu- 
rolles  de  la  Vernière  d'Anglard  il  laissa  un  fils  unique,  Joachim 
Chauveau  de  Bourdon,  décédé  en  18i0,  qui  fut  chef  d'escadron  et  qui 
épousa  le  3  janvier  1834  M"^  Tabouret  de  Crespy,  décédée  en  1891. 
Joseph-Edmond  Chauveau  de  Bourdon,  fds  unique  des  précédents, 
fut  promu  en  1893  au  grade  de  général  de  brigade.  Il  est  décédé  en 
1895  laissant  de  son  mariage,  en  1869,  avec  M"*  Patouillet  de  Déser- 
villers  une  fille  unique,  M™°  Frabouletde  Kerléadec. 

CHAUVEAU  de  KERNAERET.  Armes  :  d'azur  à  un  léopard  d'or;  au 
chef  d'argent  chargé  de  trois  étoiles  de  gueules. 


184  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  Chadveau  de  Kernaeret  est  anciennement  et  honorable- 
ment connue  à  Carhaix,  en  Basse-Bretagne,  sans  toutefois  qu'on 
lui  connaisse  de  principe  d'anoblissement.  On  trouvera  sur  elle 
quelques  renseignements  dans  Y  Armoriai  de  la  France  de  M.  de 
Magny  et  dans  le  Recueil  généalogique  du  vicomte  de  la  Messe- 
lière. 

La  filiation  suivie  remonte  à  noble  homme  Antoine  Chauveau  qui 
demeurait  à  Carhaix  en  1640  et  dont  le  fils,  Alain  Chauveau,  sieur  de 
Neufmaison,  procureur  et  priseur  au  siège  royal  de  ladite  ville, 
épousa  au  cours  du  xvii^  siècle  Catherine  le  Roux,  héritière  du  do- 
maine de  Kernaeret,  en  la  paroisse  de  Plougues-Carhaix.  Jacques 
Chauveau,  fils  d'Alain,  était  sous  Louis  XV  procureur  au  siège  royal 
de  Carhaix.  Son  fils,  Joseph-Guillaume  Chauveau  de  Kernaeret  fut  le 
dernier  sénéchal  de  Carhaix.  Il  avait  épousé  Jeanne  le  Gallic  de  Ker- 
gouval  qui  mourut  à  Quimper  en  1832  dans  un  âge  avancé.  Désiré- 
Théophile  Chauveau  de  Kernaeret,  fils  des  précédents,  officier  d'ar- 
tillerie distingué,  décédé  à  Landebec  en  1823,  avait  épousé  pendant 
la  période  révolutionnaire  Hyacinthe-Anne  de  Trédern  qui  apparte- 
nait à  une  des  plus  vieilles  familles  de  la  noblesse  de  Bretagne.  Il 
en  eut  un  fils,  Joseph-Hyacintlie,  né  à  Quimper  en  1798,  qui  continua 
la  descendance,  et  une  fille  qui  épousa  en  1822  Pierre  le  Bastard  de 
Mesmeur.  Joseph-Hyacinthe  Chauveau  de  Kernaeret  fut  chef  de 
bataillon  et  officier  de  la  Légion  d'honneur;  il  épousa  sa  cousine, 
Adamine  de  Trédern,  qui  lui  survécut  jusqu'en  1896.  11  en  laissa 
deux  enfants  qui  ont  été  les  derniers  représentants  de  leur  famille  : 
1°  Jules  Chauveau  de  Kernaeret,  né  en  1841  à  Corte,  en  Corse,  prélat 
romain,  camérier  de  Sa  Sainteté,  doyen  de  la  Faculté  de  théologie 
de  l'Université  catholique  d'Angers  ;  2°  Adélaïde,  mariée  au  comte  le 
Bihannic  deTromenec. 

La  famille  Chauveau  de  Kernaeret  revendique  une  origine  com- 
mune avec  une  famille  Chauveau  de  la  Mulonnière  qui  portait  les 
mêmes  armoiries  et  qui,  au  xvii*  siècle,  occupait  à  Nantes  un  rang 
distingué.  Un  représentant  de  cette  famille,  Mathurin  Chauveau, 
Sgr  de  la  Mulonnière,  en  la  paroisse  de  la  Chapelle-sur-Erdre,  gen- 
tilhomme servant  chez  la  Reine,  marié  à  Françoise  Charette,  fut 
anobli  par  lettres  patentes  en  1663  et  se  fit  maintenir  dans  sa 
noblesse  en  1669  par  arrêt  des  commissaires  chargés  de  la  recherche 
des  faux  nobles.  La  famille  Chauveau  de  la  Mulonnière  s'éteignit 
peu  de  temps  après. 

On  trouve  qu'un  Jacques  Chauveau,  conseiller  secrétaire  du  Roi, 
était  en  1733  receveur  des  consignations  à  Nantes. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  185 

CHAUVEAU  (de).  Armes  :  d'azur  à  un  léopard  d'or;  au  chef  d'argent 
chargé  de  trois  étoiles  de  gueules. 

Gharles-Louis-Honoré  Chauv^au,  capitaine  d'artillerie  territoriale, 
né  en  Champagne  d'une  famille  de  condition  modeste,  fut  créé  comte 
romain  à  la  suite  du  mariage  qu'il  contracta  avec  la  princesse 
ZénaïdeNarischkine,  veuve  du  prince  Boris  Youssoupoff  et  héritière 
d'une  fortune  considérable.  11  fit  alors  précéder  son  nom  de  la  par- 
ticule DE  et  adopta  le  blason  de  la  famille  Chauveau  de  la  Mulonnière 
dont  il  a  été  parlé  dans  la  notice  précédente.  Le  comte  de  Chauveau 
fut  conseiller  général  du  Finistère  et  mourut  prématurément  en  1889 
sans  laisser  de  postérité  légitime.  Sa  veuve  a  fait  don  au  département 
du  Finistère  du  magnifique  château  de  Kériolet  qu'il  avait  fait  cons- 
truire près  de  Concarnoau. 

Par  décret  du  26  juin  1899,  homologué  le  12  décembre  1900  par 
jugement  du  tribunal  de  la  Seine,  les  mineurs  Anne-Marie-Balhilde, 
née  à  Paris  le  14  décembre  1885,  et  Victor-Charles-Yves,  né  à  Paris 
le  27  septembre  1883,  aujourd'hui  connu  sous  le  titre  de  comte  de 
Chauveau,  furent  autorisés  à  porter  le  nom  de  :  Ch.\uveau. 

CHAUVE AU-LAGARDE.  Armes  :  d'argent  aune  branche  de  lys  et  à  une 
branche  de  chêne  au  naturel  passées  en  sautoir. 

L'illustre  avocat  Claude-François  Chauveau-Lagarde,  né  à  Char- 
tres le  21  janvier  1756,  appartenait  à  une  famille  modeste.  Son  père, 
Pierre-François  Chauveau,  natif  de  Mer,  en  Orléanais,  exerçait  la 
profession  de  perruquier  et  avait  épousé  à  Chartres  le  8  novembre  1746 
Madeleine  Lagarde,  fille  d'un  perruquier  de  cette  ville.  A  l'époque 
où  éclata  la  Révolution,  Chauveau  Lagarde  était  un  des  plus  brillants 
avocats  du  barreau  de  Paris.  Il  se  signala  par  son  courage  pendant 
la  Terreur  et  accepta  la  tâche  périlleuse  de  défendre  devant  le  Tri- 
bunal révolutionnaire  la  reine  Marie-Antoinette  et  Madame  Elisabeth. 
Ce  fut  lui  qui,  en  1814,  fut  chargé  par  le  barreau  parisien  de  féliciter 
Louis  XVin  de  son  rélablissement  sur  le  trône  de  France.  Il  reçut  de 
ce  prince,  le  20  janvier  1815,  des  lettres  patentes  d  anoblissement^ 
fut  nommé  en  1828  conseiller  à  la  Cour  de  cassation  et  mourut  à 
Paris  en  1841.  Il  laissait  trois  filles  et  deux  fils.  L'aîné  de  ceux-ci, 
Pierre-Urbain  Chauveau-Lagarde,  né  en  1798,  fut  juge  au  tribunal  de 
la  Seine  et  mourut  en  1881  sans  avoir  été  marié.  Le  puîné,  François- 
Léon  Chauveau-Lagarde,  né  en  1801,  est  décédé  en  1884  laissant 
une  fille.  M'""'  Babin  de  Lignac. 

CHAUVEAU  de  QUERCIZE.    Armes    (d'après   le   Dictionnaire   de  la 
noblesse  contempoi^aine  de  Bachelin-Deflorenne)    :    d'azur    à    un 


i86  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

chevron  d'or  accompagné  en  chef  de  deux  branches,  de  chêne  entre- 
lacées de  même. 

On  na  pu  se  procurer  que  des  renseignements  insuffisants  sur  la 
famille  Chauveat  de  Queucize,  honorablement  connue  en  Bourgogne. 
On  suppose  qu  elle  a  eu  pour  autour  Jacques  Cliauvoau,  originaire  de 
Dijon,  avocat  à  la  Cour,  qui  fut  pourvu  le  9  mars  ITOO  de  l'office 
anoblissant  de  secrétaire  du  Roi  au  grand  Collège.  Jacques  Chau- 
veau,  né  à  Dijon  en  1690,  fils  du  précédent,  lui  succéda  dans  son 
offrce  en  17:22  et  le  conserva  jusqu  à  sa  mort,  en  1745.  Ces  deux 
secrétaires  du  Roi  portaient  pour  armes  (d'après  Y  Annuaire  de  la 
noblesse  de  1907)  :  à' argent  à  un  chem^on  de  gueules  accompagné  de 
trois  sautoirs  de  sinople. 

Jean  Cliauvoau,  prêtre,  curé  de  la  paroisse  de  Champignolle,  avait 
fait  enregistrer  sou  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de 
Dijon)  :  de  gueules  à  un  chevron  d'argent,  accompagné  en  pointe 
d'une  biUette  de  même.  Jacques  Chauveau,  conseiller  du  roi  ès-bail- 
liage,  chancellerie  et  présidial  de  Semur-en-Auxois,  fit  enregistrer  au 
môme  Armoriai  les  armes  suivantes  :  d'argent  à  Cancre  de  sable  sur- 
montée de  tj'ois  étoiles  de  gueules. 

Guy  Chauveau  de  Quercize,  Sgr  d'Amancey,  prit  part  en  1789  au-v 
assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Autun. 

La  famille  Chauveau  de  Quercize  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  Ducret  de  Lange,  de  Caters  1909,  Chaper,  etc. 

CHAUVEL  du  RUMAIN. 

Famille  de  haute  bourg'^oisie. 

M™*  Célina-Françoise  le  Bihan-Durumain,  veuve  de  M.  Chauvel, 
née  en  1821  à  Pont  l'Abbé,  demeurant  à  Rennes,  et  ses  deux  fils, 
Arlhur-Timoléon  et  Charles  Gustave  Chauvel,  nés  à  Quimper,  l'un  en 
1840,  l'autre  en  1846,  demandèrent  le  6  juin  1883  [autorisation  de 
joindre  régulièrement  au  nom  de  Chacvel  celui  de  la  famille  le  Bm.\N- 
DciiCMAiN.  Il  ne  semble  pas  que  cette  autorisation  leurait  été  accordée. 

La  famille  le  Bihan-Durumain  parait  être  distincte  de  la  famille  le 
Bihan  de  Pennelé  (voyez  ce  nom),  qui  appartient  à  l'ancienne  noblesse 
de  Bretagne. 

U  a  existé  en  Haute-Bretagne  et  en  Anjou  une  famille  de  Chauvel 
qui  portait  pour  armes  :  d'argent  à  trois  feuilles  de  scie  de  sable 
posées  en  chevron  brisé.  M.  de  Farcy,  dans  sa  Recherche  de  la 
noblesse  dans  la  généralité  de  Tours  en  1666,  attribue  aussi  à  cette 
famille  les  armes  suivantes  :  de  sinople  à  trois  fasces  d'argent. 
Jérôme  Chauvel,  sieur  des  Nouettes,  procureur  des  bourgeois  de 
Rennes  en  1603,  fut  anobli  en  1606  par  lettres  du  roi  Henri  IV.  Il 


DICTIONNATRR     DES    FAMILLKS     FRANÇAISES  i8T 

avait  épousé  Françoise  Blandin,  qui  se  remaria  en  1621  à  Pierre  de  la 
Forest  dArmailié,  conseiller  au  Parlement  de  Bretagne.  Son  fils, 
Ignace  Chauvel,  né  en  1619  à  la  Boullaye,  en  la  paroisse  de 
Betton,  près  de  Rennes,  alla  se  fixer  en  Anjou,  fut  procureur  du  Roi 
à  Angers  et  épousa  Renée  (îrimaudet.  Lors  de  la  grande  recherche 
des  faux  nobles  commencée  en  1666,  Ignace  Chauvel,  Sgr  de  la  Boul- 
laye, baptisé  à  Angers  en  1643,  fils  du  précédent,  fit  le 9 juillet  1667  la 
déclaration  qu'il  n'était  pas  noble.  11  fut  nommé  en  1672  conseiller  au 
Parlement  de  Bretagne  en  remplacement  de  son  oncle,  François  Gri- 
maudetdeRochebouet,  et  eut  pour  successeur  dans  sa  charge,  en  1701, 
son  fils  Ignace  Chauvel  de  la  Boullaye,  baptisé  à  Angers  en  1677, 
marié  en  1701  à  Renée  Lezineau,  décédé  en  1733.  Eugène  Chauvel  de 
la  Boullaye  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues 
à  Angers. 

A  la  même  souche  se  rattachait  peut-être  une  famille  Chauvel  qui 
possédait  la  seigneurie  de  Launay,  au  ressort  de  Rennes,  et  qui  se 
désista  de  ses  prétentions  nobiliaires  en  1668. 

Une  famille  de  Chauvel,  de  l'élection  de  Bernay,  en  Normandie, 
fut  maintenue  dans  sa  noblesse  le  9  avril  1666  par  jugement  de 
M.  delà  Gallissonnière,  intendant  de  Rouen,  Elle  portait  pour  armes  : 
d'azu7'à  un  chevron  d' 07'  accompagné  en  chef  à  dexlre  d'un  croissant 
d'argent.,  à  sénestre  d'une  molette  d'éperon  du  second  émail  et  en 
pointe  d'une  l'ose  du  même. 

Pierre  Chauvel,  né  en  Normandie,  major  du  régiment  royal  de  cui- 
rassiers, fut  anobli  en  décembre  1719  par  lettres  patentes  rapportées 
tout  au  long  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  II  obtint  en  même  temps  le 
règlement  de  ses  armoiries  :  de  gueules  à  une  épée  et  un  espadon 
d'argent  passés  en  sautoir,  la  pointe  de  l'épée  en  haut,  la  lame  de 
l espadon  en  bas,  les  gardes  et  les  poignées  d'or  et  une  cuirasse  d'ar- 
gent brochant  sur  le  tout. 

Il  a  existé  à  Bourges  une  famille  Chauvel  de  la  Martinière  qui  por- 
tait pour  armes  :  d'argent  (aliàs  de  sable)  à  U7ie  croix  échiquelée 
d'or  et  de  gueules  contournée  de  quatre  tètes  humaines  chauves  de 
sable  (aliàs  d'argent).  L'auteur  de  cette  famille,  Nicolas  de  Chauvel, 
fut  pourvu  en  1642  de  la  charge  anoblissante  de  trésorier  de  France 
à  Bourges.  Son  fils,  Nicolas  Chauvel,  sieur  de  la  Martinière,  était  en 
1656  trésorier  général  du  marc  d'or.  Il  eut  lui-même  deux  fils,  Nicolas 
et  Jean,  qui  furent  officiers.  Jean-Pierre  Chauvel  de  la  Martinière, 
mestre  de  camp  de  cavalerie,  bailli  d'épée  d'Orléans,  fut  nommé 
en  1717  chevalier  des  Ordres  de  Saint-Lazare  et  de  Notre-Dame  du 
Mont-Carmel. 

François- Alexandre  Chauvel,  né  à  Honfleur  en  1766,  général  de 


^^^  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

brigade,  décédé  sans  postérité  en  183:2,  fut  créé  baron  de  l'Empire 
par  lettres  du  20  juillet  1808.  Il  reçut  les  armes  suivantes  :  d'azur 
à  Ml  chien  courant  d'argent,  bouclé  et  bandé  d'or,  accompagné  à 
dexlre  d'un  casque  du  même;  au  franc- quartier  des  barons  mili- 
taires. 

GHAUVELIN  (de;.  Armes  :  d'argent  à  une  tige  de  chou  de  cinq  feuilles 
arrachée  de  sinople,  au  serpent  d'or  tortillé  à  l'entour,  la  télé  en  haut. 
—  Couronne  :  de  Marquis.  —  Supports  :  deux  lions  debout. 

La  maison  de  Chauvelin  a  occupé  un  rang  considérable  dans  la 
noblesse  de  robe  française.  On  a  longtemps  cru  qu'elle  avait  eu  pour 
berceau  le  bourg  de  Moulins-Engilbcrt,  en  Nivernais,  mais  il  est 
aujourd'hui  établi  qu'elle  vient  du  Vendômois.  André  Chauvelin, 
avocat  au  Parlement,  bailli  aux  grands  jours  du  Vendômois,  auquel 
remonte  la  filiation  suivie,  avait  épousé  dans  les  premières  années 
du  XVI*  siècle  Gabrielle  Hénault  qui,  étant  devenue  veuve,  se  remaria 
à  Jean  Gimardez.  11  en  eut  quatre  fils  :  1°  Toussaint,  qui  conlinua  la 
descendance;  2°  Mathieu,  qui  n'eut  pas  d'enfants  ;  S''  Pierre,  qui 
épousa  Louise  Justin  et  dont  la  descendance  se  perpétua  en  Vendô- 
mois pendant  plusieurs  générations  ;  4"  Christophe,  avocat,  bailli  de 
Montmartre,  près  de  Paris,  décédé  en  lû78,  qui  épousa  successive- 
ment Catherine  Jacquelot  et  Madeleine  du  Monceau  et  dont  la  des- 
cendance s'éteignit  dans  la  seconde  moitié  du  xvii«  siècle  après  avoir 
donné  plusieurs  baillis  de  la  Montagne-Sainle-Geneviève,  près  de 
Paris.  Toussaint  Chauvelin,  fds  aîné  d'André,  fut  procureur  au  Parle- 
ment de  Paris,  puis  procureur  général  de  la  reine  Catherine  de 
Médicis,  et  mourut  en  lo6i.  Il  épousa  d'abord,  par  contrat  du  11  fé- 
vrier ib39,  Geneviève  de  Brée,  lille  d'un  procureur  au  Parlement  de 
Paris,  puis  le  20  juin  looo  Marie  Malingre.  Il  laissa  lui-môme  quatre 
fils  :  1°  François,  né  du  premier  lit,  qui  fut  l'auteur  de  la  branche 
aînée  ;  2°  Alexandre,  égalem^-nt  né  du  premier  lit,  qui  fut  reçu  maître 
des  comptes  en  1579  et  dont  le  fils,  Alexandre,  contrôleur  général 
de  l'arliilerie,  secrétaire  du  Roi  en  1637,  mourut  sans  postérité  en 
1621  ;  3°  Toussaint,  né  du  second  lit,  célèbre  avocat  au  Parlement  de 
Paris,  procureur  général  de  la  reine  Catherine  de  Médicis,  qui  n'eut 
que  des  filles;  4"  Jacques,  également  né  du  second  lit,  qui  fut  l'auteur 
de  la  branche  cadette. 

La  branche  a^née  est  aujourd'hui  éteinte.  Son  auteur,  François 
Chauvelin,  d'abord  procureur  au  Parlement  de  Paris,  puis  procureur 
général  de  la  reine  Marie  de  Médicis,  épousa  Marie  Charmolue.  II  en 
laissa,  entre  autres  enfants,  deux  fils.  Sébastien  et  Louis,  qui  furent 
les  auteurs  de  deux  rameaux,  et  une  fille,  Claude,  qui  épousa  le 


DICTIONNAIRF.     D  F/S     FAMILLES     FRANÇAISES  189 

4  juillet  1599  Michel  le  Tellier,  procureur  général  pr^s  la  Cour  des 
aides,  et  qui  fut  la  mère  du  célèbre  chancelier  le  Tellier. 

Sébastien  Chauvelin,  auteur  du  premier  rameau  de  la  branche 
aînée,  fut  reçu  en  'lo97  conseiller  au  Parlement  de  Paris.  11  fut  père 
de  Sébastien  Chauvelin,  mestre  de  camp  de  cavalerie,  qui  fut  tué  à 
l'ennemi  en  Piémont  en  1630,  grand-père  de  François  Chauvelin,  Sgr 
de  Garencières,  près  de  Montargis,  capitaine  de  cavalerie,  qui  périt 
dans  les  guerres  de  la  Fronde,  en  KiSO,  et  bisaïeul  de  Piulippe  de 
Chauvelin,  colonel  du  régiment  de  Mérinville,  commandeur  de  Saint- 
Lazare,  qui  périt  en  1690  à  la  bataille  de  Fleurus.  Ce  rameau  s'est 
éteint  avec  Charles  de  Chauvelin,  Sgr  de  Garencières,  neveu  du  pré- 
cédent, qui  mourut  sans  postérité  dans  la  première  moitié  du 
xviii*  siècle. 

Le  second  rameau  jouit  d'un  vif  éclat.  Son  auteur,  Louis  Chauvelin, 
receveur  général  des  domaines  et  bois  de  la  généralité  de  Paris, 
décédé  en  1654-,  était  seigneur  de  Crisenoy,  dans  la  Brie  II  lut  le 
grand-père  de  Louis  Chauvelin,  Sgr  de  Crisenoy,  décédé  en  1719  à 
l'âge  de  79  ans,  qui  fut  successivement  conseiller  au  Parlement  de 
Paris,  intendant  de  Picardie,  intendant  de  Franche  Comté  et  enfin 
conseiller  d'Etat.  Celui-ci  laissa  deux  fils.  L'aîné  de  ces  fils,  Louis, 
Sgr  de  Crisenoy,  avocat  général  au  Parlement  de  Paris,  commandeur 
et  grand  trésorier  des  Ordres  du  Roi  en  1713,  eut  un  fils  unique, 
Louis,  président  à  mortier  au  Parlement  de  Paris,  qui  mourut  sans 
postérité  en  1754.  Le  puîné,  Germain-Louis  Chauvelin,  Sgr  de  Gros- 
bois.  né  en  lb8o,  décédé  en  176^2,  jouit  de  la  confiance  du  cardinal 
de  Fleury,  fut  président  à  mortier  au  Parlement  de  Paris,  garde  des 
sceaux  de  France  en  1725,  ministre  et  secrétaire  d'État  des  affaires 
étrangères  et  secrétaire  commandeur  des  Ordres  du  Roi  et  contribua 
beaucoup  à  la  signature  du  traité  de  Vienne,  en  1736.  Il  avait  obtenu, 
par  lettres  patentes  de  mars  1734,  l'érection  en  marquisat,  sous  le 
nom  de  Grosbois,  de  ses  seigneuries  réunies  de  Grosbois,  Boissy- 
Saint-Léger  et  Villeneuve,  près  de  Paris.  11  avait  eu  un  fils  qui  fui 
tué  en  duel  en  1750,  sans  avoir  été  marié,  et  trois  filles  dont  l'aînée 
épousa  successivement  le  marquis  de  Colbert-Maulévrier  et  le  comte 
de  l'Aigle  et  dont  les  deux  plus  jeunes  furent  la  comtesse  de  Cha- 
millart  de  la  Suze  et  la  comtesse  de  la  Rochefoucauld  Surgères. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Jacques  Chauvelin.  décédé 
en  1609,  fut  trésorier  général  de  la  marine  du  Ponant,  puis  trésorier 
de  l'Écurie  du  Roi.  Il  épousa  Cécile  Boyer,  fille  d'un  valet  de  chambre 
du  Roi,  par  contrat  du  8  mai  1584,  rapporté  tout  au  long  dans  le 
Nouveau  d'Hozier.  Quatre  de  ses  fils,  Jacques,  Vincent,  Pierre  et 
Louis,  furent  les  auteurs  d'autant  de  rameaux. 


190  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

Jacques  de  Chauvelin,  Sgr  de  Luzeret,  auteur  du  premier  rameau, 
fui  d'abord  abbé  de  Saint-Clerc-de-Melun,  aumônier  du  Roi  et  con- 
seiller clerc  au  Parlement.  Il  se  démit  en  I600  de  sa  charge  et  de  ses 
bénéfices  pour  épouser  Edmée  de  Bridiers,  ci-devant  abbesse  de 
Saint-Rémy-des-Landes.  Sa  descendance  s'éteignit  avec  ses  petits- 
enfants. 

Le  second  rameau,  dit  des  seigneurs  de  Beauregard,  s'est  perpétué 
jusqu'à  nos  jours.  Beauchet-Filleau  en  a  donné  la  généalogie  dans 
son  Dictionnaire  historique  et  généalogique  des  familles  du  Poitou. 
Son  auteur,  N'incent  Chauvelin,  écuyer,  sieur  de  Beauséjour,  épousa 
par  contrat  du  23  janvier  l6l7Louise-Honorine  Couraud  delà  Roche- 
chevreux;  il  fut  dans  la  suite  chevalier  de  lOrdre  du  Roi.  en  1626, 
et  écuyer  de  la  Grande  Écurie,  acquit  par  acte  du  14  août  1634  la 
seigneurie  de  Beauregard,  en  Poitou,  et  mourut  le  2  avril  I60O.  Il 
fut  père  de  Jacques  Chauvelin,  Sgr  de  Beauregard,  écuyer  de  la 
Grande  Écurie,  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi,  lieutenant  pour  le  Roi  au 
gouvernement  de  Péronne.  en  Picardie,  qui  épousa  en  16oi  Anne  de 
Bridiers  et  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  l*""  avril  1670  par 
jugement  de  M.  de  Machault,  intendant  de  Boissons,  et  grand-père  de 
Jacques  Chauvelin,  Sgr  de  Crespy,  en  Laonnais,  et  de  Beauregard, 
en  Poitou,  qui  épousa  en  1688  Anne  Augron  et  qui,  sur  le  vu  du  juge- 
ment rendu  par  M.  de  Machault  en  1670,  fut  à  son  tour  maintenu  dans 
sa  noblesse  le  3  mars  1713  par  jugement  de  Quentin  de  Richebourg. 
intendant  de  Poitiers.  Ce  jugement  de  1715  est  rapporté  tout  au 
long  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  Jacques  de  Chauvelin,  chevalier, 
Sgr  de  Beauregard,  capitaine  au  régiment  des  rjiasseurs  de  Nor- 
mandie, petit  tils  du  précédent,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de 
la  noblesse  tenues  à  Poitiers  et  à  celles  tenues  au  Dorât.  On  trouvera 
dans  le  Nouveau  d'Huzier  les  preuves  de  noblesse  qu'il  avait  faites  en 
1765  pour  obtenir  ladmission  à  l'École  militaire  de  son  lils,  Marie- 
Jacques,  né  à  Poitiers  en  1754.  Celui-ci  vint  se  fixer  en  Blésois  parle 
mariage  qu'il  contracta  en  '785  avec  M"'  de  Regnard  ;  il  fut  sous  la 
Restauration  maire  de  Blois  et  cot)seiller  général  de  Loir-et-Cher. 
Son  tils,  Joseph,  né  en  1786,  marié  en  1834  à  M"*  de  la  Rochejaque- 
lein,  fut  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Chauvelin  après  la  mort, 
survenue  en  1H32,  du  dernier  représentant  du  quatrième  rameau.  Il 
fut  père  d  Henri,  marquis  de  Chauvelin,  né  en  1843,  qui  a  laissé  une 
nombreuse  postérité  de  son  mariage  en  1875  avec  M""  Brabant. 
Deux  représentantes  de  ce  rameau  lurent  admises  à  Sainl-Cyr,  l'une 
en  1733,  l'autre  en  1769. 

L'auteur  du  troisième  rameau.  Pierre  Chauvelin,  Sgr  de  Luzeret, 
en  Berry,  fut  gentilhomme  ordinaire  de  Monsieur,  frère  du  Roi,  et 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  191 

premier  maître  de  la  garde-robe  de  Madame.  Il  se  fixa  dans  la 
Marclie  par  le  mariage  qu'il  contracta  le  7  levier  1633  avec  Jeanne 
de  Bouex  et  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  15  novembre  1669  par 
arrêt  du  Conseil  sur  preuves  remontant  à  lo38.  Il  fut  père  de  Jean 
de  Chauvclin,  Sgr  de  Richemont,  en  la  paroisse  de  Lourdoueix, 
dans  la  Marche,  et  grand-père  d'autre  Jean  Chauvelin,  Sgr  de  Riche- 
mont,  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  20  septembre  17  li  par 
jugement  rendu  à  Limoges  de  l'inlendant  Boucher  d'Orsay.  On  trou- 
vera dans  le  Cabinet  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que  Jacques 
de  Chauvelin,  lils  du  précédent,  né  en  1702  au  diocèse  de  Limoges, 
fit  en  1717  pour  être  admis  parmi  les  pages  de  la  Petite  Ecurie.  Ce 
gentilhomme  fut  tué  à  la  bataille  de  Fontenoy,  en  1745.  Il  était  le 
dernier  représentant  de  son  rameau. 

Louis  Chauvelin,  auteur  du  quatrième  rameau  de  la  branche 
cadette,  mourut  en  1683.  Son  fils,  Bernard  Chauvelin,  Sgr  de 
Beauséjour,  décédé  en  1755  à  l'âge  de  83  ans,  fut  conseiller  au 
Parlement  de  Paris,  intendant  de  Tours,  de  Bordeaux  et  d'Amiens 
et  conseiller  d'État.  Il  avait  épousé  en  1700  M"«  Martin,  fille  d'un 
capitoul  de  Toulouse,  et  en  laissa  plusieurs  fils.  L'ainé  de  ces  fils, 
Jacques-Bernard  Chauvelin,  Sgr  de  Beauséjour,  né  en  1701,  con- 
seiller au  Pailement  de  Paris,  inspecteur  général  de  la  librairie, 
intendant  d'Amiens  en  1731,  consedler  d'Ltat  en  1751,  intendant 
des  finances  en  1753,  décédé  en  1767,  laissa  de  son  mariage  avec 
M"«  Oursin  trois  filles,  iVI'"^  de  Monsures,  M'"«  Boutin  et  la  marquise 
de  Biencourt.  Bernard-Louis  de  Chauvelin,  frère  puîné  du  précédent, 
jouit  d'une  grande  faveur  auprès  du  roi  Louis  XV,  fut  lieutenant 
général  des  armées  en  1749,  commandeur  de  Saint  Louis  en  1751, 
ambassadeur  à  Turin  en  1753  et  maître  de  la  garde-robe  du  Roi.  Il 
mourut  subitement  d'apoplexie  en  1773.  à  la  table  de  jeu  du  Roi.  11 
avait  été  admis  aux  honneurs  de  la  Cour  le  29  décembre  1765  sous 
le  titre  de  marquis  de  Chauvelin.  Il  laissait  un  fils,  Bernard-François, 
et  deux  filles,  les  marquises  d  Imécourt  et  de  la  Bourdonnaye.  Ber- 
nard-François, marquis  de  Chauvelin,  né  à  Paris  en  1766,  maître  de 
la  garde-robe  du  Roi,  admis  aux  honneurs  de  la  Cour  le  2  avril  1785, 
embrassa  avec  ardeur  les  idées  révolutionnaires.  Après  l'exécution 
de  Louis  XVI,  il  dut  quitter  précipitamment  l'Angleterre  où  il  rem- 
plissait les  fonctions  d'ambassadeur  de  la  République  française.  Il 
se  rallia  à  l'Empire,  fut  successivement  préfet  de  la  Lys.  conseiller 
d'État  et  intendant  général  de  la  Catalogne  et  reçut  le  titre  de 
baron  par  lettres  patentes  du  10  avril  1811.  Député  de  la  Côte-d'Or 
sous  la  Restauration,  il  siégea  parmi  les  plus  violents  adversaires  de 
la  monarchie,  il  fut  le  dernier  représentant  de  son  rameau  et  mourut 


192  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

du  choléra  en   1832  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage  avec 
M"*  le  Tavernier,  décédée  en  l8o7. 

Principales  alliances  :  le  Tellier,  de  Bogues  de  Champignelle, 
Cahouel  17l«,  Colbert  de  Maulévrier  1747,  des  Acres  de  l'Aigle  1763, 
Chamillart  de  la  Suze  1748.  de  la  Rochefoucauld  1752,  de  Thiard  de 
Bissy  1712,  de  Grouchy  ITlo,  Talon  1724,  de  Bridiers  1655,  de  Bar- 
bançois,  de  Menon  de  Turbilly  1684.  Boutin  1755,  de  Biencourt  1770, 
de  Vassinhac  d'imécourt  1778.  de  la  Bourdonnaye  1787,  de  Bouex 
de  Villemort  1633,  Couraud  de  la  Rocliechevreux  1617,  de 
Nuchèze  1718,  de  Bridieu  1752,  de  Bcaumont  18C8,  du  Vergyer 
de  la  Rochejaquclein  1834,  de  Durfort-Civrac  18')9,  Garnier  des 
Carets  1907,  de  Piolenc  1907,  etc. 

CHAUVENET  de)  Armes  :  de  gueules  à  deux  gerbes  d'or  rangées  en 
fasce.  —  La  branche  cadette,  dite  des  seigneurs  de  Bellenglise, 
porte  :  de  gueules  à  deux  gerbes  d'or  rangées  en  fasce,  accom- 
pagnées de  trois  cors  de  chasse  de  même,  2  e/  l.  —  Couronne  :  de 
Marquis.  — Tenants  :  deux  sauvages.  —  Devise  :  Ex  labore  fruclus. 

La  famille  de  Chauvenet.  originaire  de  Bourgogne  d'après  la  tra- 
dition, appartenait  au  milieu  du  xvii'  siècle  à  la  haute  bourgeoisie 
de  la  ville  de  .Saint-Quentin.  On  en  trouvera  une  généalogie  com- 
plète dans  les  manuscrits  de  Chérin.  Antoine  Chauvenet,  auquel  ce 
travail  fait  remonter  la  filiation,  eut  dcu.x  fils,  Milan  et  Georges 
Chauvenet,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches.  Ces  deux  frères 
furent  simultanément  anoblis  par  lettres  d'août  1662;  mais  ils  ne 
jouirent  pas  longtemps  de  la  faveur  qui  leur  avait  été  accordée,  car, 
en  1664,  un  édit  du  roi  Louis  XIV  révoqua  tous  les  anoblissements 
concédés  depuis  1611. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  noble  homme  Milan  Chauvenet, 
capitaine  dune  compagnie  de  gens  de  pied,  puis  gouverneur  de 
Saint-Quentin  pour  le  Roi,  épousa  d'abord  Catherine  le  Sergent,  puis, 
par  contrat  passé  à  Saint-Quentin  le  15  mars  1643,  Jeanne  Desjar- 
dins, fille  d'un  élu  en  l'élection  de  Péronne.  Son  fils,  Alexandre 
Chauvenet,  était  chevau-léger  de  la  garde  du  Roi  quand  il  fit  enre- 
gistrer son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Saint- 
Quentin).  Il  se  fit  accorder  en  septembre  1696  de  nouvelles  lettres 
d'anoblissement  qu'il  fit  enregistrer  en  la  Chambre  des  comptes  de 
Paris  et  dans  lesquelles  étaient  mentionnées  les  lettres  de  1662,  alors 
révoquées.  Mais  ces  lettres  de  1696  se  trouvèrent  rentrer  à  leur  tour 
dans  la  catégorie  de  celles  qui  furent  révoquées  par  un  nouvel  édit 
rendu  en  août  1715.  Louis  et  Antoine-Alexandre  de  Chauvenet,  fils 
d'Alexandre,  s'adressèrent  alors  au  Conseil  d'État  et  en  obtinrent  le 


I.1CT10NNAIRF,    DES    FAMILLES    FIIANÇAISRS  193 

20  septembre  17^1  un  arrêt  qui  c^eptait  de  cette  révocation  les 

BeMenlr"''  ''°,  '"  ''f°"'''  '"''""'"='   ^""'■S'''  Chauvenet,   Sgr  de 
Bellengl,se,   chevau-léger  de  la  garde  du  Roi,  fut  père  de  Louis 
CLauvenet,  Sgr  de  Bellenglise.  ci,evau-léger  de  la  garde  du  Ro 
qu.  épousa  Marguerite-Louise  d'Artois,  et  grand-père  de  Charies' 

2Tin  ITÎO  rr-^'  f"  <"=,>^^"-="'-  n^^  Saint  QuS  le" 
^jum  1/10,  capitaine  de  cavalerie,  chevau-léger  de  la^arde  „„; 
épousa  en  7S0  Elisabeth  de  Hesselin.  Celui-ci  régula  il  la"  s  tuâti 
nobdia,re  de  sa  branche  en  se  faisant  accorder'en  1789  des  It    es 

que  Besoin.  Il  fut  père  de  Joseph-Louis  de  Chauvenet   né  en  in>io 
qui  obtint  en   1766  le  certilieat  de  noblesse  nécessai're  pour     lit 
admis  parmi  les  chevau-légers.  Cette  branche  a  conservé  jusqu  a  no 
ours  la  terre  de  Bellenglise  dans  le  département  de  l'Aisne' 

MM.  Chauvenet  de  Bellenglise,  Chauvenet  de  Parthenay  et 
Chauvenet  de  Lesdins  prirent  part  en  1789  aux  assemblas  de  la 
noblesse  tenues  à  Saint-Quentin.  '"uiees  ae  la 

La  famille  de  Chauvenet  nest  pas  titrée 

Elle  a  fourni  un  grand  nombre  dolïiciers  de  mérite  dont  l'un  a 
ete  nommé  général  de  brigade  en   1890,  un  présideiU  du    rbunal 

Mo':trn'ii:ris:  t^z::^'  :^%t:^;^T-'  î 

Bouville   iqiin      A„KA     1      T^  ^'  irancel895,  Drouin   de 

r     .onn    ;  "^^    Bracquemont     1850,    Rivière     de    Van 

guérin  1890,  de  Bertoult  d'Hauteclocque  etc 

II   a  existé   en    Bourgogne  une  famille   de   Chauvenet  qui  ncut 

avoir  eu  dans  le  passé  une  origine  commune  avec  celle  dont  ï  vin 

»^iiauucnay-ia-Ville,  au  bailliase  d  Arnav-le-Dur-     f,.f   ^^  j 
ramende  comme  usurpateur  d!  nobless:'p     a,^^  i  dl   5 ToÏSd: 
Bouchu,  intendant  de  Bourgogne.  Emilian  de  Chauvenet  pr     e  curé 
de  Vignoble  au  bailliage  de  Beaune,  fil  enregistrer  son  blason  ,'  PAr 

CHAUVEROM  (de).  Armes  :  d'aryen,  à  un  pal  bandé  éor  e,  de  .able 
~  Couronne  :  de  Marquis.  ''^ 

X. 

13 


194  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  de  Chauverox  appartient  à  l'ancienne  noblesse  du 
Limousin.  On  en  trouvera  une  généalop^ie  dans  les  manuscrits  de 
Chérin.  L'abbé  Lecler  a  aussi  donné  une  généalogie  de  la  branche 
existante  dans  le  supplément  à\x  Nobiliaire  du  Limousin  de  Nadaud. 
La  Thaumassière,  enfin,  a  donné  dans  son  Histoire  du  Berry  une 
généalogie  de  la  branche  des  seigneurs  de  la  Motte. 

Un  membre  de  cette  famille,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Chau- 
veron,  sollicita  sous  Louis  XV  la  faveur  d'être  admis  aux  honneurs  de 
la  Cour.  Le  généalogiste  des  Ordres  du  Roi,  Clairambault,  chargé 
d'examiner  les  preuves  de  noblesse  qu'il  fit  en  celte  circonstance, 
envoya  en  février  1757  au  maréchal  de  Richelieu  un  rapport  qui 
commence  en  ces  termes  :  «  On  ignore  l'origine  de  ce  nom  qui, 
«  semblant  n'être  qu'un  sobriquet,  n'en  paraît  pas  moins  ancien  La 
«  filiation  est  bien  prouvée  depuis  Audouin  et  Jean  Chauveron,  frères, 
«  dont  les  père  et  mère  n'ont  pas  été  jusqu'à  présent  connus  ». 
M.  de  Chauveron,  ayant  dû  sur  ces  entrefaites  quitter  Paris  pour 
rejoindre  son  régiment,  ne  put  être  présenté  au  Roi.  Il  sollicita 
en  1777  la  présentation  à  la  Cour  de  sa  femme.  Chérin  adressa  à  ce 
sujet  le  24  mai  1777  à  ^L  de  Vergennes  une  lettre  dans  laquelle 
il  s'exprime  en  ces  termes  :  «  J'ai  l'honneur  de  vous  envoyer  le 
«  mémoire  de  M.  le  marquis  de  Chauveron.  J'y  joins  une  copie  de 
"  celui  que  fit  en  1757  M.  de  Clairambault,  mon  prédécesseur,  pour 
«  la  présentation  au  feu  Roi  et  qu'il  adressa  le  25  février  de  cette 
«  même  année  à  M.  le  maréchal  de  Richelieu.  Ce  mémoire  fut  com- 
((  posé  sur  les  extraits  que  je  fis  dans  le  temps  des  originaux  qu'il 
«  avait  produits  et  qui  sont  conservés  dans  le  cabinet  de  l'Ordre  du 
((  Saint-Esprit.  M.  de  Chauveron,  monseigneur,  m'ayant  fait  part,  il 
«  y  a  un  mois,  du  dessein  qu'il  avait  de  demander  au  Roi  l'honneur  de 
«  la  présentation  à  Sa  Majesté  de  la  dame  son  épouse,  je  lui  dis  que, 
((  depuis  la  suppression  du  règlement  sur  les  preuves  des  honneurs 
«  de  la  Cour,  je  n'avais  ni  titre,  ni  caractère  pour  certifier  son  mé- 
«  moire  et  que  d'ailleurs  il  n'avait  pas  produit  son  contrat  de  mariage 
«  qui  devait  le  faire  connaître  ainsi  que  la  dame  son  épouse.  Pour 
V  lever  cette  dernière  difTicullé,  il  m'a  fait  écrire  par  M.  le  comte  de 
«  Périgord,  son  parent,  le  2  de  ce  mois  qu'il  était  fils  de  M.  le  comte 
(i  de  Chauveron  et  de  M"^  de  Taillefer,  qui  sont  les  deux  derniers 
«  sujets  nommés  au  mémoire  de  M.  de  Clairambault,  et  que  son 
«  épouse  est  de  la  maison  de  Regnauld  de  la  Soudière,  en  Poitou.  Le 
«  nom  de  Chauveron  est  déjà  ancien,  bien  allié  et  a  des  services. 
«  A  l'égard  de  son  origine  de  Touraine,  je  n'en  vois  nulle  apparence. 

«  Je  suis  avec  un  profond  respect »  Le  marquis  de  Chauveron 

fut  lui-môme  admis  aux  honneurs  de  la  Cour  le  21  avril  1784. 


DICTIONNAIRE     DRS    FAMILLES     FRANÇAISES  195 

La  famille  de  Chauvcron  a  pour  premiers  auteurs  connus  deux 
frères,   Audouin  et  Jean  Ghauveron,  qui  vivaient  dans   la  seconde 
moitié  du  xiv^  siècle  et  qui  avaient  épousé  deux  sœurs,  Gaillane  et 
Marie  Vigier.  L'aîné  de  ces  deux  frères,  Audouin,  qualifié  noble  et 
puissant  chevalier,   fut  prévôt  de  Paris  de  1361  à  1388,  fut  armé 
chevalier  en  1384  et  mourut  avant  1400  ;  il  laissait  une  fille  unique, 
Marguerite,  qui  épousa  le  "21  octobre  1394  Jean  d'Aubusson,  Sgr  de  la 
Borne.  Il  avait  acheté  de  la  famille  de  Châteauneuf  le  14  mai  1388,  pour 
le  prix  de  2.000  livres,  l'importante  seigneurie  de  la  Motte-sur-Indre, 
en   Berry,  Noble  et  puissant  Jean  Ghauveron,  frère  d'Audouin,  fut 
seigneur   du    Bis,    de    la    Motte -sur-Indre    et    de    Laurière,    en 
Limousin,  par  la  donation  que  lui  en  fit  son  frère,  fut  créé  en  1388 
bailli  de  Mâcon  et  sénéchal  de  Lyon  et  fit  son  testament  le  4  décem- 
bre 1421.  Il  laissa  plusieurs  fils   :   i°  Louis,   dont  la  fille  unique, 
Marguerite,  héritière  des  domaines  de  Bis  et  de  Laurière,  épousa 
en  1453  Jean  de  Pompadour;  2°  Audouin,  qui  mourut  sans  postérité, 
prisonnier  des  infidèles  ;  3'^  Pierre,  Sgr  de  Dussac  et  de  Parthenie, 
qui  épousa  Isabelle  de  Pierrebuftière  par  contrat  du  5  juillet  1440 
et  qui  fut  l'auteur  de  la  branche  aînée  ;  4"  Jean,  dit  Antoine,  Sgr  de 
la  Motte,  en  Berry,  qui  épousa  le  5  juillet  1436  Françoise  Dubois  et 
qui  fut  l'auteur  de  la  branche  cadette  ;  5*  Jean,  qui  fut  chevalier  de 
Bhodes. 

Pierre  de  Ghauveron,  auteur  de  la  branche  aînée,  fut  père  de 
Bobert  de  Ghauveron,  Sgr  de  Dussac,  de  Parthenie,  etc.,  qui 
épousa  par  contrat  du  6  janvier  1476  Marguerite  de  Gontaut,  fille 
du  seigneur  de  Biron,  et  grand-père  de  Pierre  de  Ghauveron,  Sgr  de 
Dussac,  qui  épousa  successivement  Dauphine  de  Journiac  et  Isabeau 
de  Ségur  et  qui  fit  son  testament  le  5  novembre  1558.  Gelui-ci  laissa 
plusieurs  fils.  L'aîné  de  ces  fils,  Antoine,  Sgr  de  Journiac,  fut  che- 
valier de  l'Ordre  du  Boi  et  député  de  la  noblesse  du  Haut-Limousin 
aux  États  de  Blois,  en  1576,  fit  son  testament  à  Limoges  le  21  octo- 
bre 1596  et  ne  laissa  pas  de  postérité.  Deux  autres,  Boland,  Sgr  de 
Benquet,  né  du  premier  lit,  marié  le  dernier  novembre  1578  à  Anne 
de  Benquet,  et  Bernard,  né  du  second  lit,  chevalier  de  l'Ordre  du 
Boi,  gentilhomme  ordinaire  de  saGhambre,  marié  en  1564  à  Jacquette 
d'Abzac,  furent  les  auteurs  de  deux  grands  rameaux. 

L'auteur  du  premier  rameau,  Boland,  laissa  un  fils,  Jacques,  marié 
en  1606  à  Galliane  de  Gentil  de  Lajonchart,  qui  fut  légataire  universel 
de  son  oncle  Antoine  et  qui  recueillit  ainsi,  entre  autres  biens,  la  sei- 
gneurie de  Jourgniac,  dans  l'élection  de  Limoges.  Ce  rameau  fut 
maintenu  dans  sa  noblesse,  lors  de  la  recherche  de  1666,  par  jugement 
de  M  d'Aguesseau,  intendant  de  Limoges,  et  un  de  ses  représentants, 


196  DICTIONNAIRF.     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

François  de  Chauveron,  chevalier  de  Saint-Louis,  prit  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  du  Limousin.  Il  était  représenté  de 
nos  jours  par  M.  Emmanuel  de  Chauveron,  né  en  1812,  marié  en  1838 
à  M"*  Blanc-Campagnac,  et  par  leur  fils,  Audouin. 

Le  second  rameau  alla  se  fixer  en  Périgord.  Son  chef,  noble 
François  de  Chauveron,  écuyer,  sieur  de  Saint-Mayme,  marié 
le  4  décembre  1647  à  Isabeau  du  Mas,  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  d'abord  le  4  février  1667  par  jugement  de  Pellot,  inten- 
dant de  Bordeaux,  puis  le  7  janvier  1699  par  jugement  de 
M.  de  Bezons,  un  des  successeurs  de  Pellot.  Il  laissa  trois  fils  : 
l"  Annet,  marié  en  1686  à  Catherine  Bodin  de  la  Guillcrmie,  qui  fut 
laïeul  du  marquis  de  Chauveron,  admis  aux  honneurs  de  la  Cour  en 
1784;  2*^  Alain,  marié  en  1687  à  Catherine  Noël;  3°  Adrien,  marié 
en  1687  à  Adrienne  Bonnet.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier 
les  preuves  de  noblesse  qu'une  de  ses  descendantes,  Marguerite  de 
Chauveron,  née  en  1764,  fit  en  1774  pour  être  admise  à  la  maison 
d'éducation  de  l'Enfant-Jésus.  Le  marquis  de  Chauveron,  Sgr  de 
Sainl-Laurent-de-Céris,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Poitiers  Ce  rameau  compte  peut-ôtre  encore  des 
représentants  dans  une  situation  modeste. 

Jean,  dit  Antoine,  Chauveron,  Sgr  de  la  Motte,  auteur  de  la 
branche  cadette,  fut  père  de  Louis  Chauveron,  Sgr  de  la  Motte  et  de 
laPrugne-Chauveron,  qui  épousa  le  28  juin  1475  Anne  de  Lentilhac, 
et  grand-père  de  Déode  de  Chauveron,  Sgr  de  la  Motte,  conseiller 
au  Parlement  de  Paris,  qui  épousa  Barbe  de  Malleville.  Le  chef  de 
cette  branche,  Jean-Louis  Chauveron,  Sgr  de  la  Motte,  Puydorc, 
Ruzé,  etc.,  demeurant  au  château  de  la  Motte,  paroisse  de 
Villebernin,  en  Touraine,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le 
29  août  1669  par  jugement  de  l'intendant  de  Moulins.  Il  avait 
épousé  en  1660  Magdeleine  de  Villelongue  qui,  étant  veuve,  fit 
enregistrer  son  blason  à  lArmorial  général  de  1696  (registre  de 
Bourges).  Il  en  eut  un  fils,  François.  Cette  branche  paraît  s'être 
éteinte  antérieurement  à  la  Révolution.  On  ne  voit  pas,  en  tout 
cas,  qu'elle  ait  été  représentée  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  du  Berry. 

La  famille  de  Chauveron  a  donné  quatre  chevaliers  de  l'Ordre  de 
Saint-Jean  de  Jérusalem,  Jean,  François  et  Léon  de  Chauveron  de  la 
Motte  en  loOO,  1640  et  1651,  et  Alexandre-Ange  de  Chauveron, 
en  1778.  Elle  a  encore  fourni  un  sénéchal  de  la  Marche,  de  nom- 
breux officiers,  etc. 

Principales  alliances  :  d'Aubusson  1394,  1621,  de  Pompa- 
dour  1453,  de  Lentilhac   1475,   de  Berruyer  1577,  d'Aux,  de  Pierre- 


niC.TIONNAIRR     DES     FAMILLKS     FRANÇAISES  197 

buffîère  1440,  de  Gontaut-Biron  1476,  de  Tournemire,  de  Ségur,  de 
Gentil  de  Lajonchapt  1606,  de  Maignac  1640,  de  Ribeyreix  1716, 
Descubes,  du  Mas  de  Paysac  16i7,  d'Abzac  1564,  de  Cugnac,  de 
Taillefer  1724,  de  Regnauld  de  la  Soudière,  de  Fornel  1671,  etc. 

CHAUVET  des  POISSONNAIS.  Armes  :  (d'après  V Armoriai  d'Anjou 
de  Denais)  :  écarlelé  aux  1  et  4  d'argent  à  l'aigle  éployée  de  sable  ; 
aux  2  e/  3  d'azur  à  un  chevron  brisé  d argent,  au  chef  dor  chargé 
dune  couronne  de  sable  accompagnée  de  deux  étoiles  de  même. 

Originaire  de  Loudun,  en  Poitou,  la  famille  Chauvet  appartient  à 
l'ancienne  bourgeoisie  de  sa  région.  Beauchet-Filleau  en  a  donné 
une  généalogie  assez  incomplète  dans  son  Dictionnaire  historique  et 
généalogique  des  familles  du  Poitou.  Ce  travail  fait  remonter  la 
filiation  à  maître  Jean  Chauvet  dont  les  deux  fils,  Charles  et  Jean, 
partagèrent  la  succession  par  acte  du  22  octobre  1526.  L'aîné  de  ces 
deux  frères,  Charles  Chauvet,  procureur  du  Roi  sur  le  fait  des  aides, 
paraît  avoir  été  père  de  Louis  Chauvet,  grand-père  de  Charles  Chau- 
vet, lieutenant  civil  au  bailliage  de  Loudun,  et  bisaïeul  deGuy  Chauvet, 
baptisé  en  1603,  qui  épousa  en  1641  N...  Clément  et  qui  continua  la 
descendance.  Le  puîné,  Jean  Chauvet,  avocat  à  Loudun,  fut  père  de  Guy 
Chauvet,  Sgr  de  Bélebat,  brillant  avocat  au  Parlement  de  Paris,  qui, 
par  son  testament  du  17  février  1610,  légua  la  somme  de  30.000  livres 
pour  fonder  un  collège  à  Loudun.  La  famille  Chauvet  s'est  partagée 
en  plusieurs  branches.  La  seule  de  ces  branches  qui  se  soit  perpé- 
tuée jusqu'à  nos  jours  joint  à  son  nom,  depuis  les  premières 
années  du  xvni^  siècle,  celui  du  domaine  des  Poissonnais  qu'elle 
a  possédé  sur  le  territoire  de  la  paroisse  de  Basses. 

La  famille  Chauvet  a  fourni  un  grand  nombre  de  conseillers  au 
présidial  et  de  procureurs  en  l'élection  de  Loudun,  des  avocats  dis- 
tingués, etc. 

Principales  alliances  :  Montault  1750,  Aubineau,  Bedeau  de  l'Éco- 
chère  1895,  etc. 

La  famille  Chauvet  des  Poissonnais  est  distincte  d'une  famille 
Chauvet  du  Theil  qui  au  xvni*^  siècle  appartenait  à  la  noblesse  du 
Poitou.  Cette  famille  portait  pour  armes  :  d'argent  à  un  cor  de  sable, 
lié  de  gueules,  accompagné  de  trois  losanges  de  gueules,  2  et  \. 
Beauchet-Filleau  en  donne  la  filiation  depuis  Pierre  Chauvet  qui 
dans  les  dernières  années  du  xvii^  siècle  était  notaire  royal  à  Poi- 
tiers. Pierre  Chauvet,  sieur  du  Theil,  fils  du  précédent,  marié  en 
1710  à  Louise  Babinet,  était  conseiller  en  l'élection  de  Poitiers  quand 
il  fut  nommé,  en  1717,  échevin  de  cette  ville.  Il  fit  alors  la  déclara- 
tion qu'il  entendait  jouir  de  la  noblesse  héréditaire  attachée  à  ces 


198  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

fonctions.  Son  fils,  Pierre  Chauvet  du  Theil,  né  en  1718,  échevin  de 
Poitiers  en  1776,  laissa  un  fils,  qui  fut  prêtre,  et  plusieurs  filles. 

Il  a  existé  dans  la  Basse-Marche,  sur  les  confins  du  Poitou,  une 
famille  de  Chauvet  qui  portait  pour  armes  :  û'argent  à  trois  (aliàs 
quatre)  fasces  d'azur,  accompagnées  de  neuf  (aliàs  dix)  merleltes 
de  sable  (aliàs  de  gueules),  posées  3,  3,  2,  1  (aliàs  3,  2,  2,  2, 1).  Beau- 
chet-Filleau  fait  remonter  la  filiation  de  cette  famille  à  un  Pierre 
Chauvet,  chevalier,  Sgr  de  Frédaigue,  vivant  en  1391,  qu'il  croit 
avoir  été  père  dun  Louis  Chauvet,  Sgr  de  Frédaigue,  chambellan 
du  comte  d'Angoulème,  mentionné  dans  un  acte  du  4  octobre  1449. 
La  famille  de  Chauvet  se  partagea  en  plusieurs  branches  qui  furent 
maintenues  dans  leur  noblesse  en  1668  par  jugement  de  M.  d'Agues- 
seau,  intendant  de  Limoges.  Elle  s'éteignit  dans  la  première  moitié 
du  xvni*  siècle. 

CHAUVET  (dej,  en  Bordelais.  Armes  (d'après  l'Armoriai  général  de 
1696)  :  à'azur  à  un  léopard  d'or;  au  chef  d'argent  chargé  de  trois 
soleils  de  gueules. 

La  famille  de  Chauvet,  aujourd'hui  éteinte  dans  les  mâles,  appar- 
tenait à  la  noblesse  de  robe  bordelaise'. 

Jean  Chauvet,  marié  en  1654  à  Marguerite  de  Bonneau,  était 
notaire  et  bourgeois  de  Bordcau.v.  Son  fils,  Pierre  Chauvet,  né  en 
1670,  marié  en  1697  à  Marie-Françoise  de  Marbotin,  fut  pourvu  par 
lettres  du  8  avril  l69o  de  la  charge  anoblissante  de  trésorier  de 
France  au  bureau  des  finances  de  Bordeaux  ;  il  fit  enregistrer  son 
blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  Il  fut  père  d'André-Pierre 
Chauvet,  né  en  1712,  marié  en  1751  à  M"*^  Dubergier  de  Favars, 
qui  fut  à  son  tour  président  trésorier  de  France  au  bureau  des 
finances  de  Bordeaux,  et  grand-père  de  Jean-Baptiste  de  Chauvet, 
Sgr  de  Mège,  né  en  1755,  marié  en  1788  à  Marie  Dumas,  qui 
lut  reçu  en  1779  conseiller  au  Parlement  de  Bordeaux  et  qui  prit  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  dans  cette  ville.  Jean- 
Baptiste  de  Chauvet  fut  un  économiste  distingué;  il  envoya  à  la 
Constituante,  en  1791,  le  projet  d'un  expédient  pour  rétablir  dans  les 
vingt-quatre  heures  la  circulation  du  numéraire.  Son  fils,  Adrien- 
Raymond  de  Chauvet,  né  à  Bassens  en  1792,  marié  en  1829  à 
M"^  Ducasse,  est  décédé  en  1854  laissant  trois  enfants  qui  ont  été 
les  derniers  représentants  de  leur  famille  :  1°  Henri,  né  en  1832, 
décédé   sans  alliance  ;  2*'  Pauline,    née  en   1830;  3°  Louise-Marie, 

'  Cette   notice  a  été   faite  à   l'aide   de    renseignements  dus  à    l'obligeance   de 
M.  Pierre  Meller. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  199 

mariée  en  18S2  au  baron  Duroy  de  Suduiraut  et  décédée  à  Pauillac 
en  1900. 

Principales  alliances  :  de  Marbotin,  Dubergier  de  Favars,  Dumas, 
de  Villeminot,  de  Rivière,  Duroy  de  Suduiraut,  etc. 

On  ignore  si  c'est  à  cette  famille  que  l'on  doit  rattacher  un  Jean 
Chauvet  qui  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696 
(registre  de  Bordeaux;  :  d'azw  à  un  cœur  d'or  en  chef  et  un  crois- 
sant d'argent  en  pointe. 

CHAUVIGNÉ  (Bûcher  de).  Voyez  :  Bûcher  de  Chacvigné. 

CHAUVIGNY  (Liger  de).  Voyez  :  Liger  de  Chauvigny. 

CHAUVIGNYde  BLOT  (de).  Armes  :  écartelé  aux  ]  et  k  de  sable  au 
lion  d'or,  armé  et  lampassé  de  gueules;  aux  2  e^  3  d'or  à  trois  bandes 
de  gueules. 

Originaire  du  Bourbonnais,  fixée  plus  tard  en  Auvergne,  la  maison 
DE  Chauvigny  de  Blot  appartient  à  l'ancienne  noblesse  de  ces  deux 
provinces. 

La   Chesnaye  des  Bois  en  a  donné  au  xviii»  siècle   une  généa- 
logie qui  est  fort  incomplète  et  qui  est,  en  outre,  fort  inexacte,  au 
moins   pour  les   premiers  degrés.  Elle  sollicita  sous  Louis  XV  la 
faveur  d'être  admise  aux  honneurs  de  la  Cour.  Le  généalogiste  des 
Ordres  du  Roi,  chargé  de  vérifier  les  preuves  de  noblesse  qu'elle  dut 
faire  en  cette  circonstance,  composa  un  mémoire  qui  fut  envoyé 
successivement  au  comte  d'Argenson  en  1748,  au  duc  de  Gèvres 
en  1749  et  au  comte  de  Vergennes  en  1784.  Ce  mémoire,  conservé 
dans  les  manuscrits  de  Chérin,  commence  en  ces  termes  :   «  Cette 
«  maison  paraît  être  d'ancienne  chevalerie.  On  n'a  pu  reconnaître 
«  si  le  premier  nom  était  celui  de  Blot  ou  celui  de  Chauvigny;  l'un  et 
«  l'autre  sont  fort  anciens  et  sont  noms  de  terres  connues.   Jean  de 
«  Chauvigny,  chevalier,  Sgr  de  Blot,  était  un  des  chambellans  du  roi 
«  Charles  VI  l'an  I4â2.  La  filiation  est  bien  prouvée  depuis  Hugues 
«  de   Chauvigny,   chevalier,   Sgr  de  Blot,  sénéchal  d'Auvergne  en 
«  1458,  dont  il  se  trouve  un  sceau  de  l'an  1466  portant  les  mêmes 
«  armes  et   écartelures  ci-dessus  rapportées.  11  épousa  Catherine 
«  de  la  Fayette  et  fut  l'auteur  de  toutes  les  branches  de  cette  mai- 
ce  son. . .  »  On  trouveraencore  des  renseignements  surla  famille  de  Chau- 
vigny de  Blot  dans  le  Nouveau  d'Hozier,  au  mot  Chovigny,  dans  les 
ouvrages  du  docteur  de  Ribier,  dans  l'Intermédiaire  des  chercheurs 
et  des  curieux  de  1905  et  spécialement  dans  une  très  intéressante 
étude  que  le  commandant  du  Broc   de  Segange   a  fait  paraître  à 
Moulins,   en   1900,  sous  le  titre  suivant  :   Les  Chauvigny  de  Blot. 


200  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Ce   dernier  travail  est  malheureusement  à  peu  près   introuvable 
et  n'existe  pas  à  la  Bibliothèque  de  la  rue  Richelieu  à  Paris^ 

La  maison  de  Chauvigny  de  Blot  paraît  être  distincte  dune  famille 
de  Chauvigny,  éteinte  en  1502,  qui  a  occupé  un  rang  considérable 
dans  la  noblesse  du  Berry  et  qui  portait  pour  armes  :  d'argent  à 
cinq  fusées  de  gueules  mises  en  fasce.  Elle  a  eu  pour  berceau  la  sei- 
gneurie de  Chouvigny,  située  sur  les  bords  de  la  Sioule,  aujourd'hui 
commune  du  département  de  l'Allier,  où  elle  possédait  au  moyen 
âge  un  château  dont  les  ruines  subsistent.  Elle  a  pour  premier 
auteur  connu  Guillaume  qui,  dans  les  dernières  années  duxiii*  siècle, 
était  seigneur  du  château  de  Chauvigny,  ou  Chouvigny.  Bertrand, 
damoiseau,  possesseur  du  château  de  Chauvigny,  auquel  le  com- 
mandant du  Broc  de  Segange  fait  remonter  la  fdiation  suivie,  avait 
épousé  Agnès,  dame  de  Sauzet  et  de  Chazcuil,  près  de  Varennes- 
sur-Allier,  avec  laquelle  il  vivait  en  1300  et  qui  mourut  entre  1333 
et  133o.  Il  laissa  au  moins  deux  fds,  Guillaume  et  Guillemin. 

La  descendance  de  Guillaume,  l'aîné  de  ces  deux  frères,  se  par- 
tagea en  plusieurs  rameaux,  tous  éteints  avant  la  fin  du  xv*  siècle, 
qui  possédèrent  les  seigneuries  de  Nadcs,  de  Saint-Gérand,  de 
Vaux,  etc.,  et  dont  le  principal  eut  pour  dernière  représentante 
Isabeau  de  Chauvigny,  dame  de  Nades,  mariée  le  3  novembre  1409 
à  Pierre  de  Monlmorin. 

Guillemin,  second  (ils  de  Bertrand,  posséda  la  seigneurie  du 
Vivier,  également  située  sur  les  bords  de  la  Sioule,  dans  la  paroisse 
de  Saint-Gai,  aujourd'hui  commune  du  département  du  Puy-de-Dôme. 
Il  épousa  dans  les  premières  années  du  xiv*"  siècle  Catherine  de  Blot, 
dernière  représentante  d'une  puissante  famille  de  la  Basse-Auvergne 
que  la  tradition  faisait  descendre  de  celle  des  premiers  sires  de  Bour- 
bon. Cette  dame  lui  apporta  le  château  de  Blot,  situé  sur  les  bords  de 
la  Sioule,  dont  il  existe  encore  des  ruines  importantes,  et  la  seigneurie 
de  Blot-l'Église,  aujourd'hui  commune  du  département  du  Puy-de- 
Dôme.  Les  descendants  de  Guillemin  de  Chauvigny  et  de  Catherine  de 
Blot  furent  indistinctement  connus  sous  le  nom  de  Chauvigny  ou  sous 
celui  de  leurs  deux  seigneuries  de  Blot.  Guillemin  de  Chauvigny  laissa 
quatre  fils  appelés  Jean,  Guillaume,  Thévenin  et  Bertrand.  L'aîné 
de  ces  quatre  frères,  Jean,  continua  la  descendance.  11  a  souvent  été 
confondu,  notamment  dans  un  tableau  généalogique  conservé  dans 
le  Nouceau  dCHozier,  avec  son  cousin  Jean  de  Chauvigny,  Sgr  de 
Saint-Géraud,  qui  vivait  à  la  même  époque  et  qui  avait  épousé 
Marguerite  de  Bourbon,  fille  d'Hugues,   Sgr  de  Montmort,  Il  eut  un 

'  L'auteur  de  cet  ouvrage  tient  à  exprimer  ici  ses  remerciements  à  M.  Philippe 
Tiersonnier  qui  a  bien  voulu  lui  communiquer  la  brochure  du  commandant  de  Segange. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  201 

fils,  Jean  de  Chauvig-ny,  Sgr  de  Blot,  qui  fut  tué  au  siège  de  Carthage 
en  1390.  Celui-ci  avait  épousé  Catherine  de  Brcssolles,  danae  de  Mont- 
morillon,  qui  se  remaria  à  un  autre  Jean  de  Chauvigny,  dernier 
représentant  mâle  du  rameau  des  seigneurs  de  Nades.  Catherine  de 
Bressolles  était  de  nouveau  veuve  quand  elle  passa  un  acte  le  11  jan- 
vier 1423;  dans  cet  acte  elle  cite  ses  trois  fils,  noble  homme  messire 
Jehan  de  Chovigny,  actuellement  chevalier  et  seigneur  de  Blot, 
Guillaume,  décédé,  et  Hugues,  abbé  de  la  Chaise-Dieu.  L'aîné  de 
ces  trois  frères,  Jean,  Sgr  de  Blot,  avait  épousé,  par  contrat  sans 
filiation  du  6  avril  1406,  Dauphine  de  Bonnebaud,  fille  de  noble  et 
puissant  messire  Jehan,  chevalier,  Sgr  de  Bonnebaud,  et  de  dame 
Isabelle  de  Montmorin  ;  il  était  en  1422  chambellan  du  roi  Charles  VI. 
On  ignore  quel  était  son  degré  de  parenté  avec  un  Roger  de  Chau- 
vigny dont  le  fils  Hugues,  Sgr  de  Blot,  sénéchal  d'Auvergne  en  1458, 
puis  conseiller  et  chambellan  du  Roi,  fut  nommé  par  lettres  du 
19  mai  1466  capitaine  de  laBastille-Saint-Antoine,  à  Paris  ^  Cet  Hugues 
de  Chauvigny,  seigneur,  ou  baron,  de  Blot,  à  partir  duquel  seulement 
la  filiation  est  rigoureusement  établie,  avait  épousé  à  une  date  in- 
connue- Catherine,  fille  du  maréchal  de  la  Fayette  et  héritière  de 
la  seigneurie  de  Saint-Agoulin  (Puy-de-Dôme).  Leur  fils,  Gilbert  de 
Chauvigny,  baron  de  Blot,  grand  veneur  du  duc  de  Bourbon  en  1521, 
épousa  le  14  avril  1478  Catherine  Loup  de  Beauvoir  dont  il  eut  une 
nombreuse  postérité.  Trois  de  ses  fils,  Jean  de  Chauvigny,  Sgr  de 
Blot-le-Château,  marié  à  Gabrielle  des  Forges,  ou  des  Farges,  rap- 
pelé comme  défunt  dans  un  acte  de  1548,  Antoine  de  Chauvigny  de 
Blot,  Sgr  du  Vivier  et  de  Saint-Agoulin,  chambellan  du  duc  de 
Bourbon,  marié  en  1511  à  Françoise  du  Gué  de  Persenat,  et  Pierre 
de  Chauvigny,  Sgr  de  Nassigny  et  de  Mirebeau,  baron  de  Blot- 
l'Église,  un  des  cent  gentilshommes  du  Roi,  marié  d'abord  le 
1"  février  1531  à  Françoise  de  Murol,  veuve  de  Gilbert  de  Chaslus, 
puis  en  1544  à  Isabeau  de  Bourbon-Busset,  veuve  de  Jean  de  la 
Queuille,  furent  les  auteurs  de  trois  branches. 

Les  représentants  de  ces  trois  branches  furent  maintenus  dans 
leur  noblesse  le  30  septembre  1667  par  jugement  de  Lambert  d'Her- 
bigny,  intendant  de  Moulins,  puis  le  29  juillet  1700  par  jugement  de 
M.  de  Nointel,  également  intendant  de  Moulins. 

La  branche  aînée,  dite  des  seigneurs  de  Blot-le-Chàtcau,  fut  assez 
obscure.  Elle  séteignit  avec  Gasparde,  héritière  de  la  baronnie  de 
Blot-le-Château,  qui  fut  la  seconde  femme  d'Amable  de  Chauvigny, 

'  D'après  le  commandant  de  Segange,  cet  Hugues  aurait  été  fils  de  Jean  et  de 
Dauphine  de  Bonnebaud. 
*  En  février  1445,  d'après  le  commandant  de  Segange. 


2^2  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

baron  de  Blot-l'Église,  décédé  en  1717,  chef  de  la  troisième  branche. 

Celle  troisième  branche,  dite  des  barons  de  Blot-lTgh'se,  est  éga- 
ment  éteinte  aujourd'hui.  Son  auteur,  Pierre,  baron  de  Blot-rFglise, 
eut  de  sa  seconde  union  un  fils,  Claude  de  Chauvigny,  baron  de 
Blot-l'Eglise.  marié  en  1576  à  Claude  de  Veyny  d'Arbouze,  veuve  de 
Claude  de  Saint-Quentin,  qui  fut  élu  député  de  la  noblesse  de  Basse- 
Auvergne  aux  Ltats  généraux  de  1614,  Claude  de  Chauvigny,  baron 
de  Blot-l'Eglise,  eut  à  soutenir  en  lb06  un  curieux  procès  contre  son 
cousin  Gilbert  de  Chauvis^ny,  baron  de  Blot-le-Chàteau,  chef  de  la 
branche  aînée.  Celui-ci  lui  contestait  le  droit  de  signer  du  nom  de 
Blot  tout  court  sans  y  ajouter  celui  de  l'Église  et  de  porter  les  armes 
pleines  de  la  famille.  Just  de  Tournon,  sénéchal  dAuvergne,  devant 
qui  l'affaire  fut  portée,  rendit  le  11  avril  1607  un  arrêt  qui  interdisait  à 
Claude  de  Chauvigny  de  prendre  le  nom  de  Blot  sans  y  joindre  celui 
de  l'Eglise  et  qui  le  contraignait  à  charger  ses  armoiries  d'une  bri- 
sure. Claude  de  Chauvigny,  baron  de  Blot-l'liglise,  né  vers  160o,  un 
des  petits-fils  du  précédent,  fut  chambellan  du  duc  d'Orléans,  acquit 
un  certain  renom  comme  poète  licencieux  et  mérita  le  surnom  de 
Blot-l'Esprit  ;  il  mourut  à  Blois  vers  1660  sans  avoir  été  marié.  Son 
neveu,  Amable  de  Chauvigny,  baron  de  Blot  l'Église,  décédé  en  1717, 
commanda  en  1697  le  ban  et  l'arrière-ban  de  la  province  d'Auvergne. 
Il  réunit  les  deux  baronnies  de  Blot  par  le  second  mariage  qu'il  con- 
tracta avec  sa  cousine,  Gasparde  de  Chauvigny,  fille  et  héritière  du 
dernier  baron  de  Blot-le-Chàteau.  Il  avait  eu  d'une  première  union  un 
fils,  Gilbert  de  Chauvigny,  baron  de  Blot-l'Église.  qui  épousa  en  1710 
M"*  de  Damas-Cormaillon.  Cette  branche  sest  éteinte  avec  le  fils  de 
celui-ci,  Gilbert  de  Chauvigny,  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Blot, 
lieutenant  général  des  armées  du  Roi  en  1780,  grand-croix  de  Saint- 
Louis  en  1781,  décédé  en  lT8o,  qui  n'eut  pas  d'enfants  de  son  mariage 
en  1749  avec  M"^  Charpentier  d'Ennery,  dame  d'honneur  de  la  du- 
chesse d'Orléans.  Cet  officier  général  avait  eu  plusieurs  sœurs  dont 
l'une,  Marguerite-Agnès,  épousa  en  1731  Hugues  de  Champs.  Son 
neveu,  François-Charles  de  Champs,  possédait  à  l'époque  de  la  Révo- 
lution les  ruines  du  château  de  Blot-le-Chàteau,  qui  appartiennent 
encore  à  ses  descendants,  et  le  château  de  Blot  l'Église.  Vers  1810 
il  vendit  ce  dernier  château  à  la  comtesse  de  Beaufranchet  d'Ayat, 
née  Kempfer,  qui  y  mourut  en  1832  après  l'avoir  aliéné.  Depuis  1785, 
la  famille  de  Champs  joint  à  son  nom  celui  du  château  de  Blot. 

La  seconde  branche  s'est  seule  perpétuée  jusqu  à  nos  jours.  Son 
auteur,  Antoine  de  Chauvigny  de  Blot,  Sgr  du  Vivier  et  de  Saint  Agou- 
lin,  laissa,  entre  autres  enfants,  deux  fils  :  1°  Gilbert,  qui  continua  la 
lignée;  2°  Robert,  Sgr  de  Saint-Agoulin,  qui  épousa  Marie  du  Saix, 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  203 

veuve  de  Gilbert  de  Bayard,  et  dont  la  descendance,  après  avoir  fourni 
trois  pages  de  la  Grande  Écurie  en  1670,  1673  et  1694,  s'éteignit  avec 
Pierre-François  de  Chauvigny  de  Blot,  chanoine  comte  de  Lyon 
en  1723,  abbé  de  Cellefrouin,  prieur  commendataire  de  Longjumeau, 
et  avec  ses  deux  sœurs,  M™**  de  Rochefort  d'AUy  et  de  Barlon  de 
Montbas.  Gilbert  de  Chauvigny,  baron  du  Vivier,  Sgr  de  Jayet, 
de  Clienet  et  de  Bosron,  fiIs  aîné  d'Antoine,  fut  chevalier  de  l'Ordre 
du  Roi  et  épousa  le  21  août  1554  Suzanne  de  Chaugy,  héritière  de  la 
terre  d'Urbise,  en  Forez.  Son  fils,  Jean  de  Chauvigny,  baron  du  Vivier, 
se  distingua  en  1590  à  la  bataille  d'Issoire.  Il  épousa  le  20  novem- 
bre 1591  Guyonne  d'Alègre  et  en  eut,  entre  autres  enfants,  deux  fils, 
Gilbert  de  Chauvigny,  baron  du  Vivier,  qui  épousa  le  16  août  1616 
Éléonore  deThomassin-Montmartin,  etBlain  de  Chauvigny,  Sgr  d'Ur- 
bise,  en  Forez,  et  de  Beaudéduit,  en  Auvergne,  qui  épousa  le  3  fé- 
vrier 1630  Jeanne  de  Peschin,  dame  de  Salles.  Ces  deux  frères  furent 
les  auteurs  de  deux  grands  rameaux. 

L'auteur  du  premier  rameau,  Gilbert,  eut  un  fils,  Charles  de  Chau- 
vigny, baron  du  Vivier,  qui  épousa  en  1678  sa  cousine  Marie-Diane  de 
Chauvigny  de  Blot,  fille  du  baron  de  Blot-l'Église.  Charles  eut  lui- 
même  deux  fils,  Gilbert  de  Chauvigny  de  Blot,  connu  sous  le  titre  de 
comte  du  Vivier,  qui  épousa  en  1723  M"^  Estienne,  et  Amable,  connu 
sous  le  titre  de  comte  de  Chauvigny  de  Blot,  qui  épousa  en  1730 
M"^  de  Cotignon,  héritière  de  la  seigneurie  du  Deffant,  en  Nivernais. 
Louis  de  Chauvigny  de  Blot,  comte  du  Vivier, fils  de  Gilbert,  épousa 
en  1760  sa  cousine,  Marie-Marguerite  de  Champs,  nièce  par  sa  mère 
du  dernier  représentant  de  la  branche  des  barons  de  Blot-l'Église.  Il 
en  eut  deux  filles,  dont  l'une  fut  duchesse  d'Aumont,  et  deux  fils  dont 
le  plus  jeune  entra  dans  les  ordres.  Il  fît  en  1772  des  preuves  de 
noblesse  pour  obtenir  l'admission  à  l'École  militaire  de  son  fils  aîné, 
Gilbert,  né  en  1762.  Celui-ci  émigra  lors  de  la  Révolution  et  épousa 
en  Russie  en  1802  Anne-Charlotte  de  Sayn-Wittgenstein ,  fille 
d'un  premier  lit  de  cette  comtesse  de  Beaufranchet  d'Ayat,  née 
Kempfer,  dont  il  a  été  parlé  plus  haut  et  qui  acheta  vers  1810  le 
château  de  Blot-l'Eglise.  Il  en  eut  un  fils  unique,  Henri,  comte  de 
Chauvigny  de  Blot,  qui  n'a  pas  laissé  de  postérité  de  son  mariage 
en  18i4  avec  M""  Escot.  Pierre  de  Chauvigny  de  Blot,  Sgr  du  Deffant, 
fils  d'Amable  et  de  M"^  de  Cotignon,  fut  lieutenant-colonel  du  régi- 
ment de  Beauvais  et  mourut  à  Paris  en  1801.  11  avait  épousé  en  1779 
M"*  de  Guillebon,  dame  des  Fontaines.  Leur  fils,  Amable,  comte  de 
Chauvigny  de  Blot,  marié  en  1826  à  M"=  de  la  Celle,  en  a  eu  une  fille, 
dernière  représentante  de  son  rameau,  qui  a  épousé  le  comte  de  Lou- 
bens  de  Verdalle. 


204  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

L'auteur  du  second  rameau,  Blain,  laissa  deux  fils  :  1  "  Gilbert  de  Chau- 
vigny,  Sgr  de  Salles,  qui  épousa  en  1670  Éléonore  le  Long  de  Che- 
nillac  et  qui  continua  la  lignée;  2°  Gilbert  de  Chauvigny,  qui  épousa 
en  1685  Catherine  de  Champfeu  et  dont  la  descendance  paraît  sètre 
éteinte  en  la  personne  de  ses  deux  petits-fils,  François,  né  en  1 720,  et 
Pierre,  né  en  1722.  Claude-Gilbert  de  Chauvigny  de  Blot,  né  en  1732, 
un  des  petits-fils  de  Gilbert  et  dÉléonore  le  Long  de  Chenillac,  fut 
admis  en  1746  parmi  les  pages  de  la  Petite  Écurie.  Il  avait  eu  plusieurs 
frères.  Lun  de  cesfrères,  Gilbert-Michel-Joseph,  marié  à  Marie  Valette 
de  Bosredont,  fut  père  de  Gilbert-Louis  de  Chauvigny  de  Blot,  qui 
mourut  en  émigration  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage  en  1789 
avec  M"^  de  Fontaine  de  Biré,  et  d'Alexandre-Henri  de  Chauvigny  de 
Blot,  né  à  Saint-Gai  en  1751,  évêque  de  Lombez  en  1788,  décédé 
en  1804.  Un  autre,  Sébastien  de  Chauvigny  de  Blot,  Sgr  de  Château- 
vert  et  de  la  Presle,  né  en  1737,  marié  à  M"=  de  la  Boulaye,  décédé 
en  1771,  fut  père  de  Charles-Joseph,  comte  de  Chauvigny  de  Blot, 
né  en  1761,  qui  épousa  Anne-Marie  Purseigle  et  dont  la  descendance 
se  perpétue  obscurément  en  Bourbonnais,  de  Gilbert-Joseph  de 
Chauvigny  de  Blot,  qui  fut  chanoine  comte  de  Brioude,  et  de  Paul- 
Fortuné,  comte  de  Chauvigny  de  Blot,  maréchal  de  camp  en  1827, 
dont  la  fille  unique  épousa  en  1821  le  comte  de  la  Tour  d'Au- 
vergne-Lauragais.  Un  représentant  de  ce  rameau,  Joseph,  a  épousé 
à  Sézanne  en  janvier  1909  M"^  le  Dieu  de  Ville. 

Un  membre  de  la  famille  de  Chauvigny  de  Blot  eut  un  fils  naturel 
qui  fut  baptisé  en  17 18  à  l'église  Saint-Eustache,  à  Paris,  et  qui  alla  se 
fixer  en  Hollande.  François  de  Chauvigny  de  Blot,  probablement  fils 
de  ce  bâtard,  mourut  à  Amsterdam  en  1783  à  l'âge  de  34  ans.  Il  avait 
épousé  en  1782  une  française,  M"*  de  Rivery.  Il  en  eut  un  fils,  Félix 
de  Chauvigny  de  Blot,  qui  alla  se  fixer  à  Java  où  sa  descendance  sub- 
siste avec  distinction. 

Deux  membres  de  la  famille  de  Chauvigny  de  Blot  furent  admis 
aux  honneurs  de  la  Cour  1  un  le  20  septembre  1753,  l'autre  le 
1"  mars  1767.  La  comtesse  de  Blot  jouit  de  la  même  faveur  le 
14  novembre  1733. 

La  famille  de  Chauvigny  de  Blot  a  donné  trois  chevaliers  à  l'ordre 
de  Saint-Jean-de-Jérusalem  en  1541,  1560  et  1571. 

Principales  alliances  :  de  Montmorin  1409,  de  Blot,  de  Bressoles, 
Motier  de  la  Fayette,  d'Alègre  1591,  de  Bosredon  1740,  de  Cotignon, 
de  Champs  1760,  de  Bourbon-Busset  1544,  de  Veyny  d'Arbouze,  Oli- 
vier de  Leuville,  de  Brugier  du  Rochain,  de  Damas-Cormaillon  1710, 
de  Champfeu  1685,  de  Fradel  1719,  delaTour  deSaint-Paulet  182l,de 
la  Celle  1826,  de  la  Roche-Aymon  1678,  duMaine  du  Bourg,  deMuroI, 


D  I  ('.  T  I  0  N  N  A  M<  F,     1)  K  S     FAMILLES     FRANÇAISES  205 

de   Sayn-Wittgcnslein    1802,   de    Rochefort  d'AUy,    de   Barton   de 
Monlbas  1717,  d'Aumont,  de  Fougières,  etc. 

CHAUVIN  (Feuilhade  de  ).  Voyez  :  Feuilhade  de  Chauvin. 

CHAUVIN  des  ORIÈRES.  Armes  :  de  gueules  à  neuf  besants  d'argent, 
3, 3, 3  ;  au  chef  d'hermines. 

Le  nom  de  Chauvin  a  été  porté  au  diocèse  de  Nantes,  en  Bretagne, 
par  une  famille  noble  et  distinguée.  Les  armoiries  primitives  de  cette 
famille  étaient  :  d'argent  à  trois  croissants  de  gueules,  2  erl,  ce  der- 
nier la  pointe  en  bas.  Plus  tarilellelesabandonnapour  adopter  celles 
de  la  famille  de  la  Musse  dont  elle  avait  relevé  le  nom  :  de  gueules  à 
neuf  besants  d'argent  (aliàs  d'o?'),  3,  3,  3,  avec  pour  devise  :  Auro 
micante  refulget.  Kerviler  la  fait  descendre  d'un  Olivier  Chauvin  qui, 
en  1351,  était  écuycr  de  Jean  de  Beaumanoir.  Elle  peut  être  la  même 
que  celle  de  Perrot  Chauvin  de  la  Multaye  et  de  Jehan  Chauvin,  delà 
paroise  de  Mordelles,  et  de  Jehan  Chauvin,  de  la  paroisse  de  Bains, 
au  diocèse  de  Rennes,  qui  figurèrent  à  la  réformation  de  1427.  Jehan 
Chauvin,  licencié  es  lois,  argentier  et  miseur  de  la  dépense  de 
l'hôtel  en  1416,  fut  nommé  en  1428  président  en  la  Chambre  des 
comptes  de  Bretagne.  Guillaume  Chauvin,  sieur  du  Bois,  président 
en  la  Chambre  des  comptes  de  Bretagne  en  1451,  fut  chancelier  de 
Bretagne  sous  les  ducs  Pierre  II  et  François  II,  fut  nommé  chevalier 
de  l'Hermine  en  1466  et  conclut  le  traité  de  Luxeuil  en  1477;  il  fut 
plus  tard  disgracié,  fut  emprisonné  en  1481  dans  les  tours  du 
château  de  Vannes  et  y  termina  ses  jours.  Jean  Chauvin,  fds  du  pré- 
cédent, fut  chevalier  de  l'Hermine  en  1451,  puis  chambellan  du  roi 
Louis  XI  et  capitaine  de  Dol  ;  il  épousa  en  1459  Françoise  de  laMusse- 
Ponthus  et  en  eut  deux  fds,  René,  lieutenant  du  château  de  Nantes 
en  1488,  et  Pierre,  capitaine  d'Ancenis,  qui  adoptèrent  le  nom  et  les 
armes  de  la  famille  de  leur  mère.  Bonaventure  Chauvin  de  la  Musse, 
chambellan  du  Roi,  présida  en  1583  les  États  de  Nantes.  David  Chau- 
vin de  la  Musse  fut  condamné  en  1622  par  arrêt  du  Parlement  de 
Paris  à  avoir  son  château  de  Ponthus  rasé  et  ses  bois  coupés  à  hau- 
teur d'homme  pour  avoir  assisté  à  l'assemblée  que  tinrent  à  la 
Rochelle  les  protestants  rebelles.  La  famille  Chauvin  de  la  Musse  fut 
maintenue  dans  sa  noblesse  par  arrêt  de  1668  ;  elle  paraît  s'être 
éteinte  peu  de  temps  après. 

La  famille  Chauvin  des  Orières,  anciennement  connue  à  Nantes, 
revendique  une  origine  commune  avec  la  famille  Chauvin  de  la  Musse. 
Elle  portait  dès  le  xvii^  siècle,  avec  de  légères  modifications,  le 
blason  de  la  famille  de  la  Musse,  adopté  au  siècle  précédent  par  les 
Chauvin  de  la   Musse.    Elle   fut  déboutée  de   ses  prétentions  à  la 


206  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

noblesse  par  arrêt  de  1670  faute  d'avoir  produit  des  preuves  suffi- 
santes et  depuis  lors  est  demeurée  non  noble.  Elle  compte  parmi  ses 
membres  Jean  Chauvin  de  la  Touche,  procureur  au  présidial  de 
Nantes,  qui  fut  échevin  de  cette  ville  en  1655,  1657,  1658,  et  Mathu- 
rin  Chauvin  des  Couétils,  conseiller  au  présidial  de  Nantes  en  1687, 
doyen  de  cette  Cour  en  1696.  Elle  était  représentée  de  nos  jours  par 
M.  Ernest  Chauvin  des  Orières,  décédé  en  1893,  qui  a  laissé  quatre 
enfants  de  son  mariage  en  1861  avec  M"^  de  Silguy. 

Alain  Chauvin,  sieur  des  Couétis,  conseiller  du  Roi  et  doyen  du 
présidial  de  Nantes,  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général 
de  1696. 

Principales  alliances  :  Onfroy  de  la  Rosière,  Sauveur  de  la  Cha- 
pelle, de  Silguy  1861,  Carré  de  la  Gasnerie  1886,  Dandolo  de 
Kérouallan  1890,  etc. 

CHAUVINIÈRE   Dufresne  de  la).  Voyez  :  Ddfrbsne  delà  Chadvinière. 

CHAUVOT  de  BEAU  CHÊNE.  Armes  :  écartelé  aux  1  el  4  d'or  à  un  che- 
vron de  sable  accompagné  en  chef  de  deux  étoiles  d'azur;  aux  2  e/ 3 
d'azur  à  un  agneau  pascal  d'argent.  —  Couronne  :  de  Comte.  —  Sup 
ports  :  deux  lévriers. 

La  famille  Ch.vuvot  de  Beauchène,  d'honorable  bourgeoisie,  est 
originaire  du  lieu  de  Tucy,  en  Bourgogne.  M.  de  Magny  en  a  donné 
une  généalogie  dans  son  Nobiliaire  universel.  Il  en  fait  remonter  la 
filiation  à  François  Chauvot  qui  vivait  dans  la  seconde  moitié  du 
XVI*  siècle.  Edme-Claude  Chauvot,  né  en  1715,  fils  d'Edme-François, 
chirurgien  royal,  et  d'Anne  Arrault,  receveur  de  l'abbaye  des 
Écharlés,  près  de  Sens,  acquit  en  Blésois  le  domaine  de  Beau- 
chêne  dont,  suivant  l'usage  du  temps,  ses  enfants  joignirent  le 
nom  à  celui  de  Chauvot.  Son  fils,  Edme-Pierre  Chauvot  de  Beau- 
chêne,  né  en  1749,  était  sous  Louis  XVI  médecin  des  Écuries  de  Mon- 
sieur ;  il  fut  dans  la  suite  médecin  de  l'École  normale  et  du  Corps 
législatif,  puis  premier  médecin  consultant  des  rois  Louis  XVIII  et 
Charles  X,  fut  membre  de  l'Académie  de  médecine  et  mourut  en  1824. 
Il  fut  père  d'Edme  François  Chauvot  de  Beauchêne,  né  en  1784, 
médecin  des  rois  Louis  XVIII  et  Charles  X,  chirurgien  en  chef  de  l'hô- 
pital Saint-Antoine,  membre  de  l'Académie  de  médecine,  décédé 
en  1831,  et  grand-père  d'Edme-Gustave  Chauvot  de  Beauchêne,  né 
en  1824,  chef  d'escadron  de  gendarmerie,  officier  de  la  Légion  d'hon- 
neur, qui  a  eu  trois  fils. 

Principales  alliances  :  Delamalle,  Gaillard,  de  Langle,  etc. 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  207 

CHAUX  (Bouquet  des).  Voyez  :  Bolqukt  des  Chaux,  ue  Linières,  de  la 
<'>RYE  ET  u'Esi'AGNv,  iiu  lome  VI  et  aux  Additions  du  tome  VII. 

CHAUX  (Daignan-Foruier  delà).  Voyez  :  Daignan-Fornier  de  Lachaux. 

CHAVAGNAC  (dej.  Armes  :  de  sable  à  trois  (aliàs  deux)  fasces  d'argent 
(aliàs  d'or)  accum/)agnées  en  chef  de  trois  7'oses  de  même.  —  La 
branche  cadette  a  longtemps  porté  les  armes  suivantes  :  d'argent  à 
deux  fasces  de  sable  ;  au  chef  d'azur  chargé  de  trois  roses  d'or.  — 
Couronne  :  de  Marquis. 

Le  nom  de  Chavagnag  a  été  porté  en  Auvergne  par  plusieurs 
familles  nobles  distinctes.  Celle  de  ces  familles  qui  donne  lieu  à  cette 
notice,  la  seule  qui  se  soit  perpétuée  jusqu'à  nos  jours,  n  a  cessé 
depuis  le  moyen  âge  d'occuper  dans  sa  région  un  rang  considérable. 
Elle  a  eu  pour  berceau  un  château  fort  de  son  nom,  situé  sur  une 
haute  montagne,  qui  dépendait  de  la  paroisse  d'Auriac,  non  loin  de 
Blesle,  au  diocèse  de  Saint-Flour.  On  trouve  que  dès  12^0  un  Guil- 
laume de  Chavagnac  était  chanoine  du  chapitre  de  Brioude.  Le  nom 
de  la  maison  de  Chavagnac  figure  dans  un  certain  nombre  de  chartes 
du  xm^  siècle. 

D'après  un  titre  de  la  collection  Courtois,  Guillaume  de  Chavagnac 
se  croisa  en  1248  à  la  suite  d'Alphonse,  comte  de  Poitiers.  Le  nom 
de  ce  gentilhomme  a  été  inscrit  aux  Salles  des  croisades  du  musée 
de  Versailles  avec  les  armes  de  la  famille  de  Chavagnac  actuel- 
lement existante. 

Le  jugement  de  maintenue  de  noblesse  rendu  en  1667  par  l'inten- 
dant Fortia  en  faveur  de  la  branche  aînée  de  la  maison  de  Chavagnac 
fait  remonter  la  filiation  à  un  Pierre  de  Chavagnac,  chevalier,  qui 
en  1291  renouvela  la  foi-hommage  au  sire  de  Mercœur.  Ce  même 
noble  et  puissant  seigneur  Pierre,  Sgrde  Chavagnac,  conclut  en  d326 
avec  l'abbesse  de  Blesle  une  transaction  dans  laquelle  il  mentionne 
son  fils,  Pierre,  alors  décédé,  et  son  petit-fils,  également  appelé 
Pierre.  Celui-ci  succéda  à  son  grand-père,  mais,  étant  entré  dans  les 
ordres,  céda  ses  droits  à  Hugues,  son  frère  puîné.  Hugues,  Sgrde  Cha- 
vagnac, passa  en  133i  une  transaction  relative  à  la  succession  de  son 
grand-père,  rendit  hommage  en  1338  au  dauphin  Béraud  I",  comte 
de  Clermont,  sire  de  Mercœur,  assista  le  22  juin  1335  au  traité  de 
mariage  du  dauphin  Béraud  11  et  fut  nommé  en  13o6  exécuteur  tes- 
tamentaire de  ce  seigneur.  Il  laissa  d  une  alliance  inconnue  un  fils, 
Bertrand,  qui  en  1394  rendit  hommage  au  dauphin  Béraud,  comte  de 
Clermont,  pour  la  seigneurie  de  Chavagnac  et  qui  est  mentionné  dans 
de  nombreuses  chartes  de  la  seconde  moitié  du  xiv«  siècle  soit  seul, 
soit  avec  ses  deux  fils,  Béraud  et  Hugues.  Ce  dernier  était  en  1394 


206  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

vicaire  général  de  Saint-Flour.  Son  frère,  Béraud  de  Chavagnac ,  damoi- 
seau, est  cité  dans  un  acte  de  1403  avec  sa  femme  Mahaut  de 
Bonneroche,  fille  de  Guillaume,  chevalier.  La  filiation  paraît  n'être 
rigoureusement  établie  que  depuis  un  Pierre  de  Chavagnac,  Sgr  dudit 
lieu,  que  l'on  croit  avoir  été  fils  de  Béraud  et  qui  passa  diverses  recon- 
naissances en  1409.  Ce  gentilhomme  obtint  en  1435  de  Louis  de  Bour- 
bon, comte  de  Montpensier,  lautorisation  de  donner  à  cens  les  terres 
qu'il  possédait  au  Bousquet  et  à  Marvejols.  Il  avait  épousé  noble  Del- 
phine de  Veveyroux  avec  laquelle  il  est  mentionné  dans  le  contrat  de 
mariage  de  leur  fils.  Jean  de  Chavagnac.  Celui-ci  épousa  Jeanne 
de  la  Volpillière  par  contrat  du  il  novembre  1476.  Il  en  eut  deux  fils, 
Claude  et  Pierre,  qui  furent  les  auteurs  des  deux  grandes  branches 
actuellement  existantes  de  la  maison  de  Chavagnac. 

Quelques  auteurs,  notamment  Moréri,  lui  ont  attribué  un  troisième 
fils  nommé  Maurice;  ce  fils  aurait  été  gouverneur  du  Limousin  pour 
le  roi  Charles  \"ill,  aurait  suivi  ce  prince  en  Italie,  aurait  été  fait  par 
Louis  XII  gouverneur  du  château  de  Naples  et  aurait  épousé  Jeanne 
de  la  Rochefoucauld  ;  il  aurait  eu  un  fils  qui,  après  s  être  fait  protes- 
tant, aurait  abandonné  sa  femme,  Henriette  de  Biron,  pour  enlever 
une  demoiselle  de  Monlgon.  religieuse  de  Blesle,  et  qui  aurait  eu  de 
colle-ci  plusieurs  enfants  avec  lesquels  il  se  serait  réfugié  à  Genève. 
L'existence  de  Maurice  de  Chavagnac  a  été  vivement  contestée  par 
d'Hozier  et  plus  récemment  par  Bouillct,  dans  son  Sobiliaire  d'Au- 
vergne. C'est,  en  tout  cas,  par  erreur  que,  dans  ses  Mémoires,  Gaspard 
de  Chavagnac,  mentionné  plus  bas,  s'en  est  dit  issu. 

L'auteur  de  la  branche  ahiée,  Claude  de  Chavagnac,  écuyer,  Sgr 
dudit  lieu,  épousa  par  contrat  du  23  octobre  1498  Antoinette  Bou- 
lier du  Chariol  Sa  descendance  fut  particulièrement  brillante.  Son 
petit-fils,  Christophe,  Sgr  de  Chavagnac,  lieutenant  du  roi  en 
Auvergne  et  en  Gévaudan,  marié  le  24  avril  iiJSo  à  Catherine  d'An- 
dredieu,  veuve  de  Charles  du  Bourg  de  Saillans,  fut  un  des  plus 
intrépides  défenseurs  de  la  Réforme  ;  il  s'illustra  en  soutenant  coura- 
geusement dans  Issoire,  en  1577,  un  siège  de  vingt-deux  jours  contre 
une  puissante  armée  commandée  par  le  duc  d'Anjou,  frère  du  roi 
Henri  III.  Josué,  Sgr  de  Chavagnac,  fils  du  précédent,  marié  en  1606 
à  Gillette  de  Calvisson,  fut  chambellan  du  duc  d'Orléans  ;  il  fut 
impliqué  dans  la  conjuration  de  Cinq-Mars,  dont  il  était  l'ami,  et  fut 
emprisonné  de  1642  à  1644  ;  Richelieu  parle  de  lui  dans  ses  Mémoires 
comme  d'un  homme  capable  et  entreprenant.  Il  laissa  plusieurs  fils. 
L'un  de  ces  fils.  Gaspard,  Sgr  du  Bousquet,  connu  sous  le  titre  de 
comte  de  Chavagnac,  né  à  Blesle  en  1624,  fut  un  des  plus  célèbres 
généraux  de  son  temps  ;  maréchal  de  camp  en  1652,  il  passa  peu 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  209 

après  au  service  de  l'Empereur  qui  le  nomma  lieutenant-général  de 
ses  armées,  rentra  en  France  après  la  paix  de  Nimègue  et  mourut 
en   169o  au  château  du  Bousquet  sans  avoir  eu  de  postérité  •  on 
a  publié  ses  Mémoires.  François  de  Cliavagnac,  frère  aîné  du  pré- 
cédent, nommé  gouverneur  de  Furnes  en  1648,  prit  le  parti  des 
Pnnces  contre  la  Cour  et  fut  fait  prisonnier  à  Sarlat,  où  il  comman- 
dait, après  un  combat  dans  lequel  périt  sa  première  femme,  Charlotte 
d  Estaing.  Il  se  remaria  en  1659  à  Anne  Blanc  du  Bos  et  fut  maintenu 
dans  sa  noblesse  Ie'l7  mars  1667  parjugement  deM.  de  Fortia   inten- 
dant d'Auvergne.  Son  fds,  Henri-Louis  de  Chavagnac,  marié  en  1708 
à  Julienne  des  Nos  de  Champmeslin,  fut  un  brillant  officier  de  marine 
conquit  en  1706  l'île  de  Saint-Christophe  et  fut  promu  en  1728  au 
grade  de  chef  d'escadre.  En  récompense  de  ses  services,  il  obtint  par 
lettres  patentes  de  février  1720,  la  réunion  de  ses  seigneuries  de  Cha- 
vagnac. de  Blesle  et  du  Brues  et  leur  érection  en  marquisat  sous  le 
nom  de  Chavagnac.  Il  laissa  un  fils,  Gilles,  marquis  de  Chavagnac 
né  en  1709,  marié  en  1728  à  M-^  de  Froullay-Tessé,  qui  fut  admis 
aux  honneurs  de  la  Cour  en  1739.  Le  marquis  de  Chavagnac  alla 
plus  tard   se  fixer  à   Saint-Domingue  et  y  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  en  1742  par  arrêt  du  Conseil  supérieur  de  l'ile.  Gilles 
marqms  de  Chavagnac,  fils  du  précédent,  épousa  en  1761  M"«  des 
Escotais  de  Chantilly.  Il  en  eut  deux  fils,  Anne-Frédéric,  marquis  de 
Chavagnac,  marié  en  1784  à  M''^  de  Montécler,  et  Henri,  comte  de 
Chavagnac,  marié  à  Célestine  de  Chavagnac,  issue  de  la  branche 
cadette,  qui  ont  été  les  auteurs  des  deux  rameaux  actuellement  exis- 
tants de  la  branche  aînée. 

L'auteur  de.la  seconde  branche,  noble  homme  Pierre  de  Chavao-nac 
écuyer,  Sgr  d'Albepeyre,  au  diocèse  de  Saint-Flour,  épousa  GabHelle 
Guilheme  par  contrat  du  4  août  1494.  Son  arrière-petit-fils,  Pierre 
de  Chavagnac,  se  fixa  en  Champagne  après  le  mariage  qu'il  contracta 
en  1623  avec   Jeanne  Blanchet  de  la  Bresle.  Le  fils  de  celui-ci 
Antome  de  Chavagnac,  marié  le  8  août  1648  à  Diane  Forget  fut  main- 
tenu dans  sa  noblesse  en  1669,  sur  preuves  remontant  à  1326   par 
jugement  de  M.  de  Caumartin,  intendant  de  cette  province   11  laissa 
entre  autres  enfants,  deux  fils  :  1»  Camille,  Sgr  de  la  Molierre  et  de 
Ghauffour,  né  en  1651,  qui  épousa  en  1689  Hilaire  Magnier    2°  Paul 
qui  épousa  en  1695  M-  de  Fradel  et  qui  vint  se  fixer  en  Bourbonnais 
à  la  smte  de  ce  mariage.  Ces  deux  frères  lurent  les  auteurs  de  deux 
rameaux.  Le  premier  rameau  s'est  éteint  en  la  personne  de  Jean- 

.  ««rr"  '''"'  '^  ^'^'^  ^^  ^^"'^^  ^^  Chavagnac,  décédé  à  Roanne 
en  l«82  Le  second  rameau  compte  encore  des  représentants.  Son 
chet,  Claude-Ladislas,  marié  à  M"^  Espierrc,  décédé  en  1871,  a  été 


14 


210  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

connu,  comme  le  chef  de  la  branche  aînée,  sous  le  titre  de  marquis 
de  Chavagnac  porté  après  lui  par  son  fils,  Pierre-Gaspard,  marie 
en  1880  n  M""  d'Alvimare  de  Feuquieres. 

La  maison  de  Chavagnac  a  fourni,  en  dehorsdes  personnages  men- 
tionnés au  cours  de  cette  notice,  un  nombre  considérable  d'ofliciers 
de  mérite,  deux  chevaliers  de  Malte  en  1669  et  1775,  dix  chanoines 
comtes  de  Brioude,  un  page  de  la  Grande  Ecurie  en  1667,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Bouille  du  Chariol  1498,  d'Estaing  1647, 
deForget  1648,Guillouet  dOrvilliers  1773,  des  Nos  1708.  de  Froullay- 
Tessé  17:28,  des  Escotais  de  Chantilly  1761,  de  Montécler  1784,  Jehan- 
not  de  Bartillat  1846,  de  Champagne,  de  Lespinay,  le  Gonidec  de  Trais- 
san  1859.  Pourroy  de  l'Auberivière  de  Quinsonas  1902.  do  Quatre- 
barbes  1886,  du  F'ou,  de  Saint-Mauris-Chastenois  1841,  de  la  Couldre 
de  la  Bretonnière,  de  Boisjourdan,  de  Montesquiou-Fezensac  1894,  le 
Saige  de  la  Villesbrune,  Leroy  de  Valanglart  1878,  de  Poulpiquet  du 
Halgouet,  de  Grasse  1737,  de  Rorthays,  de  Fradel  1695,  de  Roclesne 
1732,  dEspinchal  1721,  de  Montboissier  1702,  d'Estampes  1679,  Cat 
de  Cocural,  de  Charpiii  de  Gennetines  1699,  d'Aurollc  1397,  etc. 

On  a  vu  \)\uii  haut  qu  il  avait  existé  dans  la  noblesse  d'Auvergne 
plusieurs  familles  de  Chavagnac  distinctes  de  la  grande  maison  dont 
il  vient  d'ôlre  parlé.  Une  de  ces  familles  s'est  perpétuée  jusque  dans 
les  premières  années  du  xviii^  siècle.  Elle  portait  pour  armes  :  d'«r- 
gejit  à  une  aigle  à  deux  létes  de  sable,  becquée  et  membrée  de  gueules, 
surmontée  d'une  étoile  de  même.  Elle  avait  pour  nom  primitif  celui 
de  Suât.  Au  xvi'  siècle  elle  laissa  tomber  ce  nom  en  désuétude  et 
conserva  seulement  celui  d  une  seigneurie  de  Chavagnac  qu'elle 
possédait  près  de  Paulhaguet.  Claude  de  Suât  de  Chavagnac  était 
en  1535  chanoine  comte  de  Brioude.  François-Claude  de  Chavagnac, 
Sgr  de  Tcrrisse,  en  l'élection  de  Brioude,  marié  en  1651  à  Marie  de 
Rayraud  du  Viallar  ;  et  son  cousin  issu  de  germains,  Jean  de  Chava- 
gnac, Sgr  de  Meyronne,  en  Gévaudan,  marié  à  Marie-Louise  d'Ap- 
chier,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  lors  de  la  recherche  de 
1666  par  jugement  de  M.  de  Fortia,  intendant  d'Auvergne.  Ce  juge- 
ment établit  leur  descendance  de  Jean  de  Chavagnac,  Sgr  dudit  lieu, 
en  l'élection  de  Brioude,  qui  fit  son  testament  le  5  septembre  1570  et 
dont  le  fils,  également  appelé  Jean,  épousa  Jeanne  de  Janzac  par 
contrat  du  11  septembre  1542  Le  rameau  des  seigneurs  de  Terrisse 
se  fondit  en  1708  dans  la  maison  de  la  Fayette  ;  celui  des  seigneurs 
de  Meyronne  se  fondit  en  1710  dans  la  famille  de  Chalvet  de  Roche- 
monteix.  Une  branche  de  cette  famille  possédait  d'importants 
domaines  en  Gévaudan  ;  son  chef.  Pierre  de  Chavagnac,  fut  maintenu 
dans  sa  noblesse  le  13  janvier  1670  par  jugement  de  M.  de  Bezons, 


DICTIONNAIRE     DRS    FAMILLES     FRANÇAISES  2H 

intendant  du  Languedoc,  après  avoir  prouve  sa  filiation  depuis 
Antoine  de  Chavagnac,  Sgr  de  Coursac  et  de  Condilliac,  Cogr  de 
la  baronnie  de  Tournel,  qui  épousa  Louise  de  Cardaillac  par  contrat 
du  12  février  1556.  Une  autre  branche  avait  conservé  le  nom  primitif 
de  Suât  ;  son  chef,  Maurice  de  Suât,  Sgr  d'Oradour,  en  léleclion  de 
Brioude,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  7  août  1667  par  jugement 
de  M.  de  Fortia,  intendant  d'Auvergne,  après  avoir  prouvé  sa  des- 
cendance de  François  de  Suât,  Sgr  de  Freissenet,  dont  le  fils  Claude 
fit  en  1560  une  donation  à  sa  femme,  Alix  de  Rouget  de  la  Fayette. 

CHAVAGNEUX  (Bernascon  de)  Voyez  :  Bernasgon  de  Chavagneux. 

CHAVAILLE  (de).  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries  de  1776)  : 
à'azur  à  une  étoile  d'argent  accompagnée  de  trois  cœurs  d'or,  deux 
en  chef  et  un  en  pointe. 

La  famille  de  Ghavaille  est  originaire  d'Uzerche,  en  Limousin,  où 
dès  la  fin  du  xvi^  siècle  elle  occupait  un  rang  distingué.  Pierre  Gha- 
vaille, lieutenant  général  d'Uzerche,  fut  nommé  député  du  Tiers-État 
du  Limousin  aux  Etats  généraux  tenus  à  Paris  en  1614.  Son  fils,  Jac- 
ques Ghavaille,  sieur  de  Fougeras  et  du  Pouget,  né  en  1593,  lieute- 
nant général  d'Uzerche,  décédé  le  !2:2  janvier  1670,  publia  en  1648 
des  Observations  morales  et  politiques  en  forme  de  maximes  sur 
les  vies  des  hommes  illustres.  Get  ouvrage,  d'une  réelle  valeur,  le 
fit  en  son  temps  comparer  à  Plutarque.  11  avait  épousé  Victoire  de 
Gardaillac,  décédée  en  1683,  qui  appartenait  à  une  illustre  famille 
noble  du  Quercy.  11  en  laissa  plusieurs  fils  :  1°  Jean,  qui  continua  la 
descendance  ;  2°  François,  Sgr  de  Fougeras,  conseiller  au  Parlement 
de  Bordeaux,  marié  d'abord  en  juin  1664  à  Catherine  de  Castaigne, 
puis  à  Antoinette  des  Cordes,  qui  parait  avoir  eu  une  fille  unique, 
née  du  premier  lit  et  mariée  en  1695  à  Joseph  de  Puget,  président  à 
mortier  au  Parlement  de  Toulouse  ;  3°  Henri-Victor,  sieur  des  Prats, 
conseiller  en  la  Cour  des  aides  de  Cahors,  qui  épousa  en  avril  1668 
Isabeau  de  la  Coste  et  qui  en  eut  une  fille  née  à  Uzerche  en  1669. 
L'aîné  de  ces  trois  frères,  Jean  de  Chavaille,  Sgr  de  Saint-Maurice  et 
de  Saint-Sernin,  vint  se  fixer  à  Bordeaux  par  le  mariage  qu'il  contracta 
dans  cette  ville  en  novembre  1656  avec  Marie  de  la  Serre.  Son  des- 
cendant, Pierre  Chavaille,  clerc  secrétaire  de  la  ville  de  Bordeaux, 
fut  anobli  par  lettres  patentes  en  1752.  Pierre-François  Chavaille, 
frère  du  précédent,  lui  succéda  dans  sa  charge  de  clerc  secrétaire 
de  la  ville  de  Bordeaux  et  se  lit  accorder  à  son  tour  en  janvier  1776 
des  lettres  patentes  d'anoblissement  dont  on  trouvera  le  texte  dans 
le  Nouveau  d'Hozier  ;  il  obtint  en  même  temps  le  règlement  de 
ses  armoiries.  Ce  même  Pierre-PYançois  Ghavaille,  sieur  du  Parc, 


212  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Bordeaux. 

Etienne  de  Chavaille,  né  en  1773  au  château  du  Parc,  à  Mérignac, 
fut  nommé  en  1812  président  du  tribunal  des  douanes  à  Bordeaux. 

La  famille  de  Chavaille  subsiste  obscurément  en  Bordelais. 

Son  chef  est  connu  sous  le  titre  de  comte. 

Etienne  de  Chavaille,  doyen  de  l'église  cathédrale  de  Limoges, 
avait  fait  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  :  d'azur 
à  V étoile  d'argent  accompagnée  de  trois  cœurs  d'or;  écartelé  de 
gueules  à  un  lion  d'argent,  couronné  d'or,  accompagné  de  treize 
besants  posés  sur  une  bordure  aussi  d'argent. 

Principales  alliances  :  de  Cardaillac,  des  Cordes,  de  Canolle  1775, 
deMarbotin  1778,  d'Aux-Lescout,  de  Verthamonl6ll,  de  Caries  1808, 
Ducasse  du  Mirail  1723, etc. 

CHAVANAT  (de).  Armes  :  d'azur  à  une  croix  d'argent  cantonnée  de 
quatre  étoiles  d'or.  —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Supports  :  deux 
lions. 

La  famille  de  Chavaxat,  ou  de  Chavagnat,  aujourd'hui  éteinte,  était 
originaire  de  la  Marche  d'où  elle  vint  se  fixer  dans  le  pays  de  Com- 
brailles,  en  Basse-Auvergne.  Saint-Allais,  qui  lui  a  consacré  de 
courtes  notices  dans  IcstomosXI  et  XVI  de  son  yobiliaire  universel, 
lui  attribue  un  certain  nombre  de  personnages  qui  appartenaient  à 
la  maison  de  Chavagnac,  de  la  même  région.  Elle  a  longtemps  pos- 
sédé la  seigneurie  de  Montgour,  située  près  d'Auzances,  en  Com- 
brailles.  Jacques  de  Chavanat,  chevalier,  Sgr  de  Montgour,  reçut 
en  loll  de  la  ville  d'Auzances  donation  de  diverses  terres  avoisinant 
son  château  en  récompense  des  services  qu'il  avait  rendus  à  ladite 
ville. 

Antoine  de  Chavagnat,  écuyer,  Sgr  de  Montgour,  en  la  paroisse  de 
Mars,  au  diocèse  de  Limoges,  et  de  Laulierre,  fils  de  défunt  Sébas- 
tien de  Chavagnat,  Sgr  des  mêmes  terres,  et  de  Gilberte  des  Bour- 
dons, sa  veuve,  épousa  Anna  de  Touteville,  veuve  de  François  de 
Chaumes,  écuyer,  par  contrat  passé  le  24  août  1633  devant  notaire 
àSaint-Germain-Lembron.  Anne  de  Touteville  était  veuve  quand  elle 
fut  maintenue  dans  sa  noblesse  avec  ses  enfants  mineurs,  Robert,  Gil- 
bert et  Isabeau,  par  jugement  de  l'intendant  Lambert  d'Herbigny 
rendu  à  Moulins  le  16  décembre  1 667.  Robert  de  Chavanat  épousa  dans 
la  suite,  en  1698,  Antoinette  de  Fricon  et  continua  la  descendance. 
On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que 
son  petit-fils,  Annet  de  Chavagnat,  Sgr  de  Montgour,  marié  en  1752  à 
sa  cousine  Claire  de  Fricon ,  fit  en  1777  pour  obtenir  l'admission 
à  l'École  militaire  de  son  fils,  Gabriel  de  Chavanat  de  Montgour,  né 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  213 

en  1766  à  Auzances,  au  diocèse  de  Limoges,  plus  tard  colonel  d'État- 
major  de  la  garde  nationale  de  Paris.  Annet  fut  connu  dans  la  suite 
sous  le  titre  de  marquis  de  Cliavanat.  Il  eut  trois  autres  fils  dont  deux, 
Alexandre  et  Antoine-Louis,  furent  chanoines  comtes  de  Brioude 
et  dont  le  plus  jeune,  Alexandre-François,  était  sous  la  Restau- 
ration inspecteur  de  l'Académie  de  Bordeaux.  Ce  dernier  fut  connu 
sous  le  titre  de  marquis  de  Chavanat  après  la  mort  de  ses  frères; 
il  avait  épousé  M"°  Teslard.  La  famille  de  Chavanat  paraît  avoir  eu 
pour  dernier  représentant  mâle  son  fils,  Louis-Gabriel,  marquis  de 
Chavanat,  qui  épousa  à  Bordeaux  en  '1833  Léontine  de  la  Faye,  née 
en  1816,  décédée  en  1866,  et  dont  une  fille,  M'^^Lobel,  née  Chavanat, 
vivait  encore  en  1899. 

CHAVANE  et  CHAVANE  de  DALMASSY.  Armes  de  la  famille  de  Dal- 
massy  :  d'azur  à  une  oie  d'argent  tenant  dans  son  bec  une  givre  du 
même  et  surmontée  de  trois  étoiles  d'argent,  1  ef  2. 

Famille  de  haute  bourgeoisie. 

François-Joseph  Chavane  épousa  vers  1820  M"^  Victoire-Anne  Fala- 
tieu,  fille  du  baron  Falatieu  qui  fut  député  des  Vosges  sous  la  Restau- 
ration ;  il  a  été  le  grand-père  de  M.  Paul  Chavane  dont  une  fille  a 
épousé  à  Dijon  le  12  décembre  1894  M.  Ludovic  du  Bessey  de  Con- 
tenson. 

M.  Edouard-Xavier  Chavane ,  issu  de  la  même  famille,  épousa  en  1 843 
M"^ Marie-Adélaïde  de  Dalmassy.  Il  mouruten  1896  au  château  de  Riche- 
court  (Haute-Saône)  laissant  trois  fils  qui  ont  joint  à  leur  nom  celui  de 
la  famille  de  leur  mère  et  qui  ont  été  coimus  sous  le  nom  de  Chavane 
DE  Dalmassy. 

Principales  alliances  :  Falatieu,  du  Bessey  de  Contenson,  de  Dal- 
massy, Baillod,  etc. 

La  famille  Dalmassy,  plus  tard  de  Dalmassy,  appartenait  sous 
Louis  XVI  à  la  haute  bourgeoisie  de  Langres,  en  Champagne.  Elle 
descendait  d'Honoré  Dalmassi  qui  était  venu  du  comté  de  Nice  s'éta- 
blir dans  cette  ville  et  qui  avait  obtenu  en  octobre  1757  des  lettres 
patentes  de  naturalisation.  Jean-Baptiste  Dalmassy,  né  à  Langres 
en  17S9,  fils  de  monsieur  Honoré  Dalmassy  et  de  dame  Louise-Pierrette 
Henry,  d'abord  avocat  dans  sa  ville  natale,  était  chef  de  division 
au  ministère  de  la  guerre  quand  il  fut  élu  en  1813  député  de  la  Haute- 
Marne  au  Corps  législatif.  11  se  rallia  à  Louis  XVIII  et  reçut  de  ce 
prince  le  titre  héréditaire  de  baron,  sur  promesse  d'institution  de 
majorât,  par  lettres  patentes  du  12  février  1820.  Il  obtint  le  13  mars 
suivant  de  nouvelles  lettres  patentes  qui  le  confirmaient  dans  la  pos- 
session de  son  titre  et  qui  stipulaient  que  le  majorât  pourrait  n'être 


214  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

institué  que  par  ses  successeurs.  Le  baron  Dalmassy  mourut  à  Paris 
en  1828.  Son  fils,  Charles-Xavier,  baron  de  Dalmassy,  né  à  Paris 
en  1799,  conseiller  général  de  la  Haute-Saône,  est  décédé  en  1896  au 
château  de  Richecourt.  De  son  mariage  avec  M"*  Walckenaer  il  lais- 
sait une  fille  unique,  M"^  Chavane. 

CHAVANIS.  Armes  :  à'a:^in'  à  une  bande  d'argent  accompagnée  de  deux 
étoiles  de  même. 

La  famille  Chavanis  est  une  des  plus  anciennes  de  la  bourgeoisie 
du  Beaujolais.  Elle  paraît  avoir  eu  pour  berceau  la  petite  ville  de 
Cublize  où  elle  est  connue  depuis  le  xvi®  siècle.  Pierre  Chavanis 
(1672-1756)  fut  greffier  de  la  juridiction  de  Cublize.  Anne-François 
Chavanis  était  en  1791  colonel  de  la  garde  nationale  de  Cublize. 
Claude  Chavanis  (1762-1820)  fut  administrateur  du  département  de 
Saône-et-Loire. 

Principales  alliances  :  Caquet  dAvaize,  Morand  de  .louflroy,  Bros- 
selle,  Reynard  de  laRochette,  Chesnard  de  Mauzerand,  Regnauld  de 
Bellescize,  etc. 

CHAVANNE  (Charrost-Borré  de  la).  Voyez  :  Chahrost-Borré  de  la  Ch\- 

VANNE. 

CHAVANNE  iDareste  delà  .  Voyez:  Darestedela  Chavanne. 

CHAVANNE,  ou  CHAVANNE  de  la  FÉRANDIÈRE  (de). 

Famille  sur  laquelle  on  na  pu  se  j)rocurer  que  des  renseignements 
insuTlisants. 

M.  Fiiilippe-Joseph  Chavanne,  né  à  Strasbourg  en  1817,  inspecteur 
des  forêts  en  retraite,  chevalier  de  la  Légion  d'iionneur,  demeurante 
Bar-le-Duc.  demanda  le  22  mars  1881  l'autorisation  de  joindre  à  son 
nom  celui  de  :  de  l.\  Férandière  que  portait  son  bisaïeul. 

On  trouve  que  M.  Jacques-Henri  de  Ghavannes  de  la  Giraudière, 
employé  de  commerce,  a  épousé  à  Paris  en  1910  M'"'  Couvrejon. 

CHAVANNES  (Puvisde).  Voyez  :  Pdvis  de  Ch.wannes. 

CHAVANNES  ;de  Boutechoux  de).  Voyez  :  Bodtechouxde  Ch  a  vannes  (de) 
et  Ghand-Buutecuoux  deChavaxnes. 

CHAVAUDON  (Guillaume  de).  Voyez  :  Guillaume  de  Ciiavaudon. 

CHAVE  LACHAVE  (anciennement  de  la  CHAVE,  ou  de  la  CHAVA)  .  Armes 
(d'après  d'anciens  cachets)  :  parti  au  l  d'azur  à  une  bande  d'or 
chargée  d'un  listel  vivre,  ou  lame  de  scie,  de  sable  et  accompagnée  de 
deux  croissants  d'or,  un  en  chef,  l'autre  en  pointe,  qui  est  de  Chave  ; 


DICTIONNAIRR     DES     PAMILLRS    FRANÇAISES  215 

au  2  d'argent  à  un  lion  de  gueules,  au  chef  échiqueté  d'azur  et  d'ar- 
gent, qui  est  de  Giraud  de  la  Chavas. 

La  famille  Chave  est  anciennement  connue  en  Vivarais.  M.  Benoît 
d'Entrevaux  lui  a  consacré  une  notice  dans  son  Armoriai  du  Viva- 
rais. D'après  cet  auteur,  elle  aurait  eu  pour  berceau  la  ville  de  Mont- 
faucon,  en  Velay,  et  remonterait  par  fdiation  à  Jean  Chave  qui  fut 
pourvu  en  1498  de  lajudicature  de  Saint-F'erréol,  en  Fore;^.  Sébastien 
Chave,  fils  du  précédent,  fut  juge  de  Saint-Etienne  de  Furens  et 
épousa  en  1549,  par  contrat  passé  devant  notaire  à  Montfaucon, 
Jeanne  Fouilhac,  héritière  du  fief  du  Col,  en  la  paroisse  de  Preaulx, 
en  Haut-Vivarais.  Il  fut  père  de  Jean  Chave,  sieur  du  Col,  docteur  es 
droits,  qui  épousa  en  1595  Paulc  Allier  de  la  Fressange,  et  grand-père 
de  Jean  Chave,  sieur  du  Col,  qui  épousa  par  contrat  dui®""  mars  1620 
Jacqueline  d'Angères,  fille  d'Hector  et  d'Antoinette  Giraud  de  la 
Chavas  et  héritière  du  fief  de  la  Chavas.  Jean  Chave,  sieur  de  la 
Chava,  fils  de  ce  dernier,  épousa  le  16  août  1659  Françoise  de 
Sauzéa,  d'une  vieille  famille  bourgeoise  d'Annonay.  Il  fut  vraisem- 
blablement le  même  personnage  qu'un  Jean  de  Chave,  sieur  de 
Lebrat,  demeurant  à  Annonay,  qui,  lors  de  la  recherche  des  faux 
nobles  commencée  en  1666,  fut  condamné  à  payer  comme  usur- 
pateur une  amende  de  2.000  livres,  modérée  dans  la  suite  à  100  livres. 
Il  peut  aussi  avoir  été  le  même  personnage  qu'un  Jean  de  Chave, 
sieur  du  Col,  de  Satilieu,  qui  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai 
général  de  1696.  On  peut  voir  dans  V Armoriai  du  Vivarais  qu'il 
fut  relevé  de  la  dérogeance  de  son  père,  Jean  de  Chave,  par  lettres 
patentes  du  19  mars  1684,  enregistrées  le  7  juin  1686  à  la  Cour  des 
aides  de  Montpellier.  Son  petit-fils,  Alexandre  de  Chave,  sieur  de 
la  Chava,  marié  en  1743  à  M"'-  de  Lermuzièrcs,  décédé  en  1805, 
acquit  en  1753  la  baronnie  d'Ay.  Il  fut  vraisemblablement  père 
d'Alexandre-Bernardin  de  la  Chava,  baron  d'Ay,  Sgr  de  Leimuzières, 
décédé  sans  alliance  en  1806,  qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées 
de  la  noblesse  tenues  à  Annonay. 

Un  rameau  de  cette  famille,  connu  sous  le  simple  nom  de  Lachave, 
subsiste  au  château  de  Vaneilles,  à  Alissas  (Ardèchej. 

CHAVEREBIÈRE  (ou  CHAVERIÈRE;  de  SAL 

Famille  de  haute  bourgeoisie  du  Bas-Limousin. 

L'abbé  de  Châveuibièhe,  chanoine  de  l'église  de  Limoges,  mourut 
au  séminaire  de  cette  ville  en  août  1761. 

M.  Léonard  Chaverière  de  Sal,  né  en  1833  à  Salons  (Corrèze),  avocat , 
décédé  en  1907,  fut  nommé  en  1886  sénateur  de  la  Corrèze. 

Principale  alliance  :  de  Bruchard  1907. 


216  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHAVIGNÉ  (Davy  dei.  Voyez  :  Davy  de  Chavigné,  de  Cussé  et  de  Balloy. 

CHAVIGNERIE  iBellier  délai.  Voyez  :  Bellier  de  la  Chavignerie. 

CHAVIGNY  (le  Roy  de).  Voyez  :  Le  Roy  de  Chavigxy  ». 

CHAVIGNY    de  Bouthillier-j.  Voyez  :  Bouthillier-Chavigxy  (de). 

CHAVIGNY  iBonnemére  de).  Voyez  :  Bonnemère  de  Chavigxy. 

CHAVIGNY  de  PLANCHOUPY  Desmé  de;.  Voyez  :  Desmé  de  Chavigny 
de  Plaxchûury. 

CHAVOY  CPajen  dei.  Voyez  :  Paven  de  Chavoy. 

CHAYLA  (Blanquet  du).  Voyez  :  Bl.\nquet  deRouville  et  du  Chayla  (de). 

CHAYLAN  de  MORIÉS  (de).  Armes  :  d'o?-  à  un  cœur  de  gueules  duquel 
sort  une  pensée  de  sinople. 

La  famille  de  Chaylan  (ou  Chailan)  de  Moriés  appartient  à  la 
noblesse  de  la  Haute-Provence. 

Barcilon  lui  a  consacré  les  lignes  suivantes  dans  sa  célèbre  Cri- 
tique du  Nobiliaire  de  Provence  de  Robert  de  Briançon  :  «  La  famille 
«  de  Chailan  est  originaire  de  Mourics  dont  elle  a  acquis  la  seigneu- 
«  rie,  gros  bourg  dans  les  montagnes  de  Provence  du  meilleur  pàtu- 
«  rage.  Jean  Chailan  en  est  la  tige.  J'ai  trouvé  dans  les  vieux  registres 
«  de  Mouriés  et  des  lieu.v  voisins  que  ce  Jean  Chailan  avait  jusqu'à 
«  4000  bêtes  à  laine  qu'il  envoyait  paître  dans  les  montagnes  du 
«  voisinage...  On  le  trouve  qualifié  dans  les  actes  de  l'année  1418 
«  jusqu'en  l'an  1431  noble  et  puissant  pâtre...  Les  Chailan  devinrent 
«  si  riches  par  leur  négoce  qu'ils  devinrent  seigneurs  de  Mouriés. 
a  Leur  condition  était  notoire...  » 

Artefeuil  a  donné  au  xviii^  siècle  une  généalogie  de  la  famille  de 
Chaylan  qui  a  été  reproduite  dans  le  Dictionnaire  de  la  noblesse  de 
la  Chesnaye  des  Bois.  Son  travail  paraît  être  assez  fantaisiste,  au 

'  il  a  existé  en  Brie  une  famille  de  Chavigny,  de  noblesse  ancienne,  qui  portait 
pour  armes  :  d'argent  à  une  croix  de  gueules,  endentée  de  sable  et  alaisée,  sur- 
montée d'un  lambel  de  trois  pendants,  aussi  de  sable.  La  Chesnaye  des  Bois  fait 
remonter  la  filiation  de  celle  famille  à  Charles  de  Chavigny,  écuyer,  8gr  de  Cha- 
vigny, homme  d'armes  des  ordonnances  du  Roi  en  1546,  qui  épousa  Anne  de 
Seisson  par  contrat  du  11  juillet  1541.  Antoine  de  Chavigny,  Sgr  de  Courbois  et  de 
Neuilly,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  5  août  1706  par  jugement  de  Phélyppeaux, 
intendant  de  Paris;  il  fit  en  1735  de  nouvelles  preuves  de  noblesse  pour  obtenir 
l'admission  de  sa  fille  Marie-EIéonore  à  la  maison  d'éducation  de  l'Enfant-Jésus.  On 
trouvera  dans  le  Nouveau  d'Jlozier  les  preuves  de  noblesse  que  Philippe  de  Cha- 
vigny, né  en  1770.  fit  en  1786  pour  être  admis  â  l'Ecole  militaire  et  celles  quEdmc- 
Vincent  de  Chavigny,  né  en  1774,  fit  en  1789  pour  être  admis  parmi  les  pages  de  la 
Grande  Ecurie.  Six  demoiselles  de  Chavigny  furent  admises  à  Saint-Cyr  au  cours 
du  xviii«  siècle. 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  217 

moins  pour  les  premiers  degrés.  Geoffroy  de  Chaylan,  auquel  il 
fait  remonter  la  filiation,  aurait  rendu  hommage  le  12  octobre  1399 
pour  sa  terre  de  Lambruisse  à  Louis  II,  roi  de  Sicile  et  comte  de  Pro- 
vence, et  aurait  passé  une  transaction  le  5  juin  1419  avec  Bertrand 
de  Chaylan,  Sgr  de  Clumane  et   Cogr  du  Gastellet.   Geoffroy  de 
Chaylan  eut,  toujours  d'après  Artefeuil,  trois  fils  :  1°  Mathieu,  sur 
lequel  on  ne  sait  rien  et  qui  aurait  continue  la  descendance  ;  2"  Jean, 
qui  aurait  eu  plusieurs  fils  ;  3°  Guillaume,  qui  aurait  été  chevalier  de 
Saint-Jean  de  Jérusalem,  mais  dont  le  nom  ne  figure  sur  aucune  liste 
connue  des  chevaliers  de  cet  Ordre.  Pierre  de  Chaylan,  dont  on  fait 
un  fils  de  Mathieu,  fit  un  partage  le  8  juillet  1448  avec  son  cousin 
germain  Monet,  fils  de  Jean  de  Chaylan.  Il  aurait  été  père   d'un 
Valentm  de  Chaylan,  Sgr  de  Lambruisse  et  du  Castellet-la-Robine, 
qui,  d'après  Artefeuil,  rendit  hommage  au  Roi  le  23  juin  1488.  La 
filiation  ne  paraît  être  rigoureusement  établie  que  depuis  Pierre  de 
Chaylan,  petit-fils  du  précédent,  qui  épousa  le  23  juillet  1548  Anne 
d'Oraison  et  qui  fit  son  testament  le  25  juillet  1572.   Ce  Pierre  de 
Chaylan  laissa  trois  fils,  Antoine,  Cogr  de  Lambruisse,  de  Moriés  et 
du  Castellet-la-Robine,  marié  le  8  avril  1570  à  Jeanne  de  Gombert, 
Paul,  Cogr  des  mômes  terres,  lieutenant  particulier  à  Draguignaiî 
en  1572,  reçu  le  16  décembre  1575  conseiller  au  Parlement  de  Pro- 
vence, marié  à  Jeanne  d'Estienne  du  Bourguet,  décédé  à  Aix  en  1627, 
et  Daniel,  marié  en  1592  à  Anne  d'Ailhaud,  qui  furent  les  auteurs  de 
trois  branches.  Les  représentants  de  ces  trois  branches  furent  main- 
tenus dans  leur  noblesse  le  27  mai  1667,  le  2  juillet  1667  et  le 
20  décembre  1668  par  divers  arrêts  des  commissaires  du  Roi  chargés 
de  la  recherche  des  faux  nobles  en  Provence.  La  troisième  branche 
ne  tarda  pas  à  s'éteindre.  Les  deux  autres  subsistaient  à  l'époque  de 
la  Révolution. 

Jacques  de  Chaylan,  Charles-François  de  Chaylan  de  Moriés,  Jean- 
Baptiste  de  Chaylan,  Pierre-François-Charles  de  Chaylan  et  Auguste 
de  Chaylan  de  Moriés  furent  admis  dans  l'Ordre  de  Malte  en  1645 
1739,  1772,  1774  et  1784. 

Pierre  de  Chaylan,  Sgr  de  Moriés,  chef  de  la  branche  aînée, 
marié  en  1765  à  Cécile  de  Glandevès,  et  Jean-Baptiste  de  Chaylan, 
Sgr  en  partie  de  Moriés,  chef  de  la  seconde  branche,  prirent  part  en 
1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  de  la  sénéchaussée  de  Castel- 
lane. 

M.  Casimir-Célestin  de  Chaylan,  né  à  Pierrefitte-sur-Sauldie  (Loir- 
et-Cher),  fourrier  au  8«  chasseurs  à  cheval,  demanda  en  décembre  1866 
l'autorisation  de  joindre  régulièrement  à  son  nom  celui  de  :  de 
Moriés  qu'avaient  porté  son  père,  son  grand-père  et  ses  ancêtres. 


218  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

La  famille  de  Chaylan  de  Moriés  a  fourni  trois  conseillers  au  Par- 
lement de  Provence  en  loTo,  1627  et  I606,  des  officiers  de  terre  et  de 
mer,  des  chevaliers  de  Saint-Louis,  un  vicaire  général  de  Glan- 
devés,  etc. 

Principales  alliances  :  d  Oraison  1548,  de  Gomberl  1570,  de  Deman- 
dolx  1642,  d  Amalric,  de  Jassaud,  de  Blacas-Carros  1657,  1759,  de 
Flotte  d'Agoult  1652,  1686,  d'Arbaud  1718,  de  Glandevés  1765, 
d'Agoult  d'Olif'res  1625,  de  Monier  1665,  de  Joannis,  de  Fabre  de 
Mazan  vers  1780,  de  Grasse  1716,  etc. 

CHAYLARD  de  la  FLEUNIE  et  de  la  SALLE  (dui.  Armes  :  d'aswr  à  deux 
tours  rangées  d'argent,  maçonnées  de  sable,  accompagnées  en  cœur 
d'un  vol  démerillon  de  sable.  —  Couronne  :  de  Comte.  — Supports  : 
deux  lions  assis. 

La  famille  du  Chayl^rd  appartient  à  l'ancienne  noblesse  de  Péri- 
gord.  Elle  ne  doit  pas  être  confondue  avec  une  famille  du  Cheylard 
(voyez  ce  nom),  éteinte  en  1880,  qui  appartenait  à  la  noblesse  du 
Vivarais. 

Elle  paraît  avoir  eu  pour  berceau  un  fief  de  son  nom  qu'elle  a  pos- 
sédé dans  les  environs  de  Montignac-le-Comtc.  Elle  est  connue  depuis 
la  seconde  moitié  du  xiV^  siècle.  Saint-AUais,  qui  a  donné  dans  son 
Nobiliaire  Uni\)ersel  une  généalogie  de  la  famille  du  Chaylard,  en  fait 
remonter  la  filiation  suivie  à  un  noble  Elic  du  Chaylard  qui,  en  novem- 
bre 1428,  fit  son  testament  en  faveur  de  son  fils,  noble  Jean  du  Chay- 
lard. Celui-ci  fit  à  son  tour  son  testament  le  27  juin  1483  en  faveur  de 
son  fils  Antoine.  Noble  Antoine  du  Chaylard,  Sgrdudit  lieu  et  de  Laqué- 
rie,  fils  du  testateur  de  1483,  épousa  Marguerite  Foucauld  dcLardimalic 
par  contrat  du  22  février  1499  et  fit  son  testament  le  23  mai  1523.  11 
laissa  deux  fils  :  1°  Jean,  Sgr  du  Chaylard,  dont  la  descendance 
s'éteignit  avec  sa  petite-fille  Jeanne,  mariée  en  1579  à  son  cousin 
Jean  du  Chaylard,  Sgr  de  Laquérie  ;  2'^  Antoine  du  Chaylard,  Sgr  de 
Laquérie,  qui  fit  son  testament  le  20  février  1589  et  qui  continua  la 
descendance.  Les  trois  arrière-petits-fils  de  celui-ci,  Sylvain,  Antoine 
et    Jean   du    Chaylard,   furent   maintenus   dans   leur  noblesse,    le 

10  juin  1667,  par  jugement  dePellot,  intendant  de  la  généralité  de 
Bordeaux.  Les  deux  aînés  de  ces  trois  frères  périrent  au  service  sans 
avoir  contracté  d  alliance.  Le  plus  jeune,  Jean  du  Chaylard,  Sgr  de 
Laquérie,  épousa  le  17  janvier  1680  Marie  de  Vins,  dame  delà  Fleunie. 

11  fut  le  grand-père  de  Guy  du  Chaylard,  Sgr  de  Laquérie  et  de  la 
Fleunie,  qui  épousa  en  173i  Marquise  du  Bois  du  Fresne  de  Libersac. 
Les  deux  fils  de  celui-ci,  François  du  Chaylard,  Sgr  de  la  Fleunie, 
marié  successivement  à  Claire  d  Amelin  et  à  Anne  de  la  Coste,  et 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISKS  219 

Jean  du  Cliaylard,  Sgr  de  la  Salle,  marié  successivement  à  Margue- 
rite de  Sénaillac  et  à  sa  cousine,  Jeanne  du  Cliaylard  de  Laquérie, 
prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Péri- 
gU(Mix.  Le  second  d'entre  eux,  Jean,  avait  fait  en  1787  des  preuves  de 
noblesse  pour  obtenir  l'admission  à  Saint-Cyr  de  sa  fille,  Elisabeth 
du  Ghaylard  de  la  Quérie,  née  en  1779  à  Saint-Avet  de  Vialard,  au 
diocèse  de  Pcrigueux,  mariée  dans  la  suite  à  M.  d'Abzac  de  ïrèvis. 

La  famille  du  Ghaylard  compte  encore  des  représentants. 

Elle  a  fourni  de  nombreux  officiers  dont  plusieurs  ont  été  tués  à 
l'ennemi,  un  conseiller  à  la  Cour  de  Limoges,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Roycre  1622,  du  Bois  du  Fresne  1734,  de 
Foucauld  de  Lardimalie  1499,  d'Amelin  1759,  de  Sénaillac,  d'Abzac, 
de  Salviac  de  Vielcastel,  etc. 

CHAZAL.  Armes  :  d'azur  à  deux  branches  d'oranger  au  naturel,  posées 
en  sautoir,  nouées  d'azur;  au  franc-quartier  de  gueules  à  la  muraille 
crénelée  d'argent,  surmontée  d'une  branche  de  chêne  du  même,  qui 
est  des  barons  préfets. 

La  famille  Chazal,  aujourd'hui  naturalisée  en  Belgique,  est  origi- 
naire de  la  petite  ville  de  Pont-Saint-Esprit,  en  Languedoc.  Son 
auteur,  Jean-Pierre  Chazal,  né  dans  cette  ville  en  1766,  était  fils  de 
Pierre  Chazal  et  de  Rose  Carmand.  Il  exerçait  la  profession  d'avocat 
quand  en  septembre  1792  il  fut  élu  député  du  Gard  à  la  Convention  ; 
il  siégea  dans  cette  assemblée  parmi  les  Girondins,  mais  n'en  vota 
pas  moins  la  mort  du  Pioi  avec  sursis.  Il  entra  plus  tard  au  Conseil 
des  Cinq-Cents,  se  rallia  à  Bonaparte  après  le  Coup  d'État  de  Bru- 
maire, fut  nommé  préfet  des  Hautes-Pyrénées,  puis  des  Hautes-Alpes 
et  fut  créé  baron  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  13  août  1810. 
Exilé  comme  régicide  après  les  événements  de  1815,  il  se  retira  en 
Belgique  et  mourut  à  Bruxelles  en  1840.  Le  baron  Chazal  avait  épousé 
en  1799  M^'«  de  la  Ville  de  Mirmont,  décédée  en  1863.  Leur  fils  aîné, 
Pierre-Félix,  baron  Chazal,  né  à  Tarbes  en  1808,  aide  de  camp  du 
roi  des  Belges,  lieutenant  général  de  ses  armées,  ministre  de  la 
guerre  de  Belgique,  obtint  du  roi  Léopold  le  12  août  1857  des  lettres 
patentes  qui  le  confirmaient  dans  son  titre  de  baron  avec  transmis- 
sibilité  à  ses  quatre  fils  et  à  leur  descendance  par  ordre  de  primogé- 
niture.  Le  second  de  ces  fils,  Jules-Ernest,  baron  Chazal,  né  en  1835, 
capitaine  au  service  de  l'empereur  Maximilien,  fut  tué  pendant  la 
guerre  du  Mexique,  en  1865. 

Principale  alliance  :  de  P'errier  du  Chatelet  1909. 

Une  famille  Chazal  de  la  ChassagiNk  a  occupé  auxxvii*  et  xvui*  siècles 
un  rang  distingué  en  Bourbonnais.  Cette  famille  portait  pour  armes  : 


220  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

d'azur  à  un  lion  d'or,  armé  et  lampassé  de  gueules.  On  lui  attribue 
aussi  les  armes  suivantes  :  de  gueules  à  un  chevron  d'or  accoynpagné 
en  chef  de  deux  griffons  de  même  et  en  pointe  d'une  main  d'argent, 
vétice  d'or,  tenant  une  épée  aussi  d'argent,  la  pointe  en  haut  et  pas- 
sant par-dessus  le  chevron,  la  garde  et  la  poignée  d'or.  Elle  descen- 
dait d'un  Durand  de  Chazal  qui  avait  épousé  vers  1610  Dauphine  de 
la  Chassaj^ne.  Claude  Chazal,  sieur  de  la  Chassagne,  en  Bourbonnais, 
fds  des  précédents,  né  le  23  juillet  16 16  à  Vicq,  au  diocèse  de  Clermont, 
obtint  en  1644  des  lettres  d'anoblissement  dont  on  trouvera  le  texte 
dans  le  Nouveau  d'Hozier.  Ces  lettres  se  trouvèrent  malheureusement 
rentrer  dans  la  catégorie  de  celles  qui  furent  révoquées  par  un  édit 
d'août  1664.  Leur  obtenteur  était  capitaine  au  régiment  de  Normandie 
quand,  ayant  été  inquiété  dans  sa  noblesse,  il  obtint  du  Conseil  d'État 
le  20  septembre  1666  un  arrêt  interdisant  de  le  poursuivre.  Cet  arrêt 
est  rapporté  tout  au  long  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  François  Chazal, 
sieur  de  la  Chassagne,  frère  de  Claude,  épousa  en  1639  honnête  fdle 
Jacqueline  Joint.  Il  fut  père  de  Louis  Chazal  de  la  Chassagne,  qui 
épousa  en  1671  Antoinette  d'Estisal,  et  grand-père  de  messire  Denis- 
Jacques-André  Chazal  de  la  Chassagne,  né  le  10  janvier  1693  à  Paris, 
paroisse  Sainl-Roch,  qui,  étant  capitaine  au  régiment  de  Bretagne, 
en  garnison  à  Barcelonnctte,  épousa  le  7  février  1728  Jeanne  Caignet 
de  Friancourt,  demeurant  à  Augicourt,  au  bailliage  de  Senlis.  Marie- 
Anne  Chazal  de  la  Chassagne,  née  de  cette  union  en  1730,  fut  refusée 
à  Saint-Cyr  en  1740,  faute  d'avoir  pu  faire  les  preuves  de  noblesse 
prescrites  par  les  règlements. 

Il  a  existé  à  l'île  de  France  aux  xviii^  et  xix^  siècles  une  famille  de 
Chazal  de  Chamarelle  qui  paraît  être  distincte  de  celle  dont  il  vient 
d'être  parlé.  Laine,  dans  ses  Archives  de  la  noblesse  (généalogie 
Garpcntier  de  Changyj,  et  après  lui  Rietstapp  ont  attribué  à  cette 
famille  les  armes  suivantes  :  de  gueules  à  un  sautoir  d'or.  Dans  son 
Armoriai  de  la  France,  M.  de  Magny  la  dit  originaire  de  l'Auvergne, 
où  elle  aurait  possédé  le  fief  de  Maynial,  et  lui  attribue  un  Antoine  de 
Chazal  qui  en  1652  était  consul  et  avocat  en  l'élection  de  Tulle.  On 
ne  voit  pas  qu'il  ait  jamais  existé  en  Auvergne,  ni  en  Limousin,  de 
famille  noble  du  nom  de  Chazal.  Un  représentant  de  cette  famille, 
François  de  Chazal,  était  sous  Louis  XVI  membre  du  Conseil  supé- 
rieur de  l'île  de  France.  Un  autre,  Charles-Antoine  de  Chazal  de  Cha- 
marelle, décédé  en  1829  au  château  de  la  Sablonnière ,  à  Bonny 
(Loiret),  avait  épousé  vers  1800  M'"'  de  Saint-Félix  de  Mauremont.  Leur 
fdle,  décédée  en  1876  à  Port-Louis  (île  Maurice),  épousa  successive- 
ment le  comte  de  Changy  et  M.  Perrot  (de  Chamarelle). 

On  ignore  à  quelle  famille  on  doit  rattacher  un  Pierre  de  Chazal, 


niTTIONNAlRR     D  R  S    FAMII-LRS    FRANÇAISES  22i 

S^r  flo  Lande  et  de  Villenouse,  qui  sous  Louis  XVI  était  vice-prési- 
dent au  Conseil  d'I-'tat  et  qui  prit  part  en  4789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  des  bailliages  de  Gien  et  de  Montargis. 

On  ignore  également  à  quelle  famille  on  doit  rattacher  un  M.  de 
Chazal  qui  épousa  en  1756  M""  de  Cazenove  de  Lérisson,  qui  fut 
nommé  maréchal  de  camp  en  1780  et  qui  prit  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  tenues  à  Libourne. 

11  existe,  enfin,  de  nos  jours  à  Paris  une  famille  de  Chazal  sur 
laquelle  on  n'a  pu  se  procurer  de  renseignemets. 

CHAZAL,  en  Velay. 

Il  existe  en  Velay  une  famille  Chazal,  de  très  ancienne  bourgeoisie, 
qui  est  distincte  des  familles  du  même  nom  mentionnées  dans  la 
notice  précédente.  Au  xviii^  siècle  les  membres  de  cette  famille  joi- 
gnaient souvent  à  leur  nom,  suivant  l'usage  du  temps,  celui  de  leurs 
domaines  de  la  Bastide,  de  Mauriac,  etc.  M.  Villaina  donné  une  généa- 
logie de  la  famille  Chazal  dans  le  premier  volume  de  la  France  modenie. 
Cet  auteur  en  fait  remonter  la  fdiation  à  Augustin  Chazal,  notaire 
royal,  lieutenant  de  Mouredon,  qui  mourut  le  28  avril  1679.  Jean  Chazal, 
fils  du  précédent  et  de  Jeanne  Laville,  décédée  en  1689,  fut  juge  de 
Saint-Paulien  et  bailli  de  Saint-Romain  et  épousa  en  1678  Marie 
Galien  d'Adiac.  Son  descendant,  Claude-Augustin  Chazal  de  Mau- 
riac, marié  en  1773  à  M'^*  Durif  de  la  Roche  de  Grangeac,  était  sous 
Louis  XVI  lieutenant  des  maréchaux  de  France  à  Saint-Paulien.  Il 
laissa  deux  fds,  Laurent  Chazal,  né  en  1780,  notaire  à  Saint-Paulien, 
marié  à  M""  de  Collangettes,  et  Barthélémy  Chazal,  né  en  1784, 
marié  à  M"*Liogier,  qui  ont  l'un  et  l'autre  laissé  postérité  masculine. 

Principales  alliances  :  Jourda  de  Vaux,  Exbrayat,  de  Brye  1762, 
Durif,  Liogier,  etc. 

CHAZAN  (de). 

Famille  sur  laquelle  on  n'a  pu  se  procurer  que  des  renseignements 
insuffisants. 

Bénigne  de  Chazan  était  secrétaire  des  commandements  de  Mon- 
sieur, duc  d'Orléans,  frère  du  roi  Louis  XIII  ;  son  frère,  Claude  de 
Chazan,  marié  àÉléonore  du  Buisson,  fut  secrétaire  du  même  prince. 
L'un  de  ces  deux  frères  fit  représenter  en  1627  une  pièce  qui  eut  à 
cette  époque  un  vif  succès,  la  Supercherie  d'amour. 

M.  François-Antoine  de  Chazan,  peut-être  issu  de  cette  famille, 
épousa  à  Paris  en  1868  M"^  Agostini,  de  l'île  de  la  Trinité,  aux  Antilles. 
Un  M.  de  Chazan  est  décédé  à  Paris  en  1908  à  l'âge  de  80  ans. 

GHAZAUD  (de)  et  CHAZAUD,  en  Angoumois  et  en  Poitou.   Armes  : 


222  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

d'azuj'  à  un  lion  couronné  d'or,  surmonté  de  trois  étoiles  de  même 
rangées  en  chef. 

La  famille  Chazal'd,  anciennement,  de  Ciiazaud,  originaire  des 
environs  de  Confolens,  en  Angoumois,  appartenait  dès  le  commen- 
cement du  xvii^  siècle  à  la  haute  bourgeoisie  de  sa  région. 

Un  de  ses  membres,  Pierre  de  Ciiazaud,  sieur  du  Cluseau,  fut 
maire  de  Poitiers  de  1683  et  1686,  c'est-à-dire  à  une  époque  où  ces 
fonctions  avaient  momentanément  cessé  d'être  anoblissantes. 

Ce  même  Pierre  de  Cliasaud,  écuyer,  sieur  du  Cluseau,  conseiller 
au  présidial  de  Poitiers,  etX...  de  Cliasaud,  sous-chantre  de  Sainte- 
Radegonde  de  Poitiers,  firent  enregistrer  leur  blason  à  lArmorial 
général  de  1696.  Pierre  de  Chasaud,  sieur  de  Hécany,  conseiller  du 
Pioi  au  présidial  de  Poitiers  ;  Madeleine  de  Chazeau,  femme  de  Jean 
Poussineau,  écuyer,  sieur  de  Boussay,  et  feu  Constant  de  Chasaud 
curent  leur  blason  enregistré  d'ofïice  au  même  Armoriai. 

Jean-François  Chazaud  de  Baignée  était  sous  Louis  XV  conseiller 
en  l'élection  de  Confolens.  Son  fds,  Jean-François-Simon  Chazaud,  né 
à  Confolens  en  1748,  nommé  en  1768  avec  dispense  d'âge  conseiller 
en  lélection  de  celte  villle,  fut  élu  député  de  la  Charente  à  la  Légis- 
lative, puis  à  la  Convention,  siégea  j)armi  les  Montagnards  et  vota  la 
mort  de  Louis  XVI  ;  il  fut  plus  tard  receveur  général  à  Auch  et  a  Poi- 
tiers. M.  Chazaud,  décédé  en  1868,  fds  du  précédent  fut  après  lui 
receveur  général  du  département  de  la  Vienne.  Mn  de  ses  fils,  Achille- 
Pierre,  né  à  Poitiers  en  1808,  fut  élu  en  1849  député  de  la  Vienne  à  la 
Législative.  Un  autre,  Léonard-Augustin,  décédé  en  1876,  fut  rece- 
veur général  des  départements  du  (lard,  du  Pas-de-Calais,  etc.;  il 
avait  épousé  en  1838  M"^  Aymé  de  la  Chevrelière  dont  il  laissa  une 
fdle  unique  mariée  au  comte  de  Ranchicourt. 

C'est  vraisemblablement  à  cette  famille  que  Ion  doit  rattacher  un 
M.  François-Arthur  Chazaud,  ou  de  Chazaud,  qui  avait  épousé 
M"'  Potier  de  Courcy  et  dont  le  fils,  François-Pol,  officier  de  cuiras- 
siers, a  épousé  en  1898  une  fdle  du  comte  Beugnot. 

On  trouve  aussi  qu'un  Jacques  Chazaud-Dutheil,  né  en  1748  à 
Saint-Maurice,  en  Angoumois,  fds  de  Jean  Chazaud,  conseiller  du 
Roi,  et  de  Jeanne  Duthed,  fut  nommé  général  de  brigade  le  6  bru- 
maire an  IV. 

Principales  alliances  :  de  Saint-Martin  de  Bagnac,  de  Couhé  de 
Lusignan  1693,  de  Cléray,  Girard  de  Pindray,  Aymé  de  la  Chevre- 
lière 1838,  d'Amiens  de  Ranchicourt,  Beugnot,  etc. 

Il  a  existé  en  Périgord  une  famille  Chazeau,  ou  du  Chazeau,  qui 
portait  pour  armes  :  à'or  à  un  lion  de  gueules  tenant  de  la  patte 
dextre  un  coutelas  d'argent.  L'auteur  de  cette  famille,  Joseph  Cha- 


niCTIONNAIRIÎ     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  223 

zeaad,  sieur  de  la  Jeffrerie  et  de  laHenaudie,  était  genlilhomme  ordi- 
naire de  la  grande  vénerie  du  Roi  quand  il  fut  anobli  par  lettres 
patentes  de  juillet  1700.  Ces  lettres,  dont  on  trouvera  le  texte  dans 
le  i\oiioeau  d'ilozier,  sont  conçues  dans  les  termes  les  plus  flatteurs 
et  rappellent  que  les  ancêtres  de  Joseph  Chazeaud  ont  rempli  avec 
honneur  diverses  charges  au  Parlement  de  Cuienne.  Armand  du 
Ghazeau,  écuyer,  sieur  de  la  Rénerie,  et  Joseph  du  Chazeau,  écuyer, 
sieur  de  la  Fleunie,  firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général 
de  1696.  Gabriel  de  Ghazeau,  chevalier,  Sgr  de  la  Rénerie,  près  de 
Verteillac,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Périgueux.  Cette  famille  est  éteinte  et  ne  doit  pas  être  confondue 
avec  la  famille  Rerlaud  du  Chazaux,  aujourd'hui  fixée  dans  la  même 
région. 

CHAZAUX  (Bertaud  du).  Voyez  :  Bertaod  du  Chazaux. 

CHAZEAUX  (de  Pages  de).  Voyez  :  Pages  de  Chazeaux,  de  Chaulnes  et 
DE  LA  Tour  de  Hochemuiîe  (de). 

CHAZEAUX  (OU  CHAZAUX)  de  MONTJUVIN  (de).  Armes  :  de  gueules  à 
une  bande  d'or  accompagnée  en  chef  d'une  colombe  passante  d'ar- 
gent, surmontée  de  trois  étoiles  d'or.  —  Couronne  :  de  Comte.  — 
Supports  :  deux  chats,  la  télé  contournée,  enflammés  de  gueules.  — 
Devise  :  Courage,  pardon.  —  Cri  de  guerre  :  Saint-Claude,  Mont- 
juvin  ! 

La  famille  de  Chazeaux  (ou  de  Chazaux)  de  Moxtjuvin  appartient  à 
la  noblesse  du  Velay. 

M.  de  Mailhol,  qui  lui  a  consacré  un  assez  long  article  dans  son 
Dictionnaire  historique  et  héraldique  de  la  noblesse  française,  dit 
qu'elle  est  originaire  du  Poitou,  qu'elle  vint  vers  le  milieu  du  xvi^  siècle 
se  fixer  dans  la  petite  ville  de  Lapte,  située  près  d'Yssingeaux,  en 
Velay,  et  qu'elle  construisit  à  deux  kilomètres  de  cette  ville  un  châ- 
teau auquel  elle  donna  son  nom.  D'après  le  même  auteur  elle  aurait 
porté  primitivement  les  armoiries  suivantes  :  d'azur  à  un  chat  d'ar- 
gent, aie  chef  de  même.  Ces  armes  sont  celles  qui  furent  attribuées 
d'office,  dans  l'Armoriai  général  de  1696,  registre  de  Poitiers,  à  Made- 
leine de  Chazeau,  femme  de  Jacques  Poussineau,  écuyer,  Sgr  de 
Boussay.  Cette  dame  paraît  avoir  appartenu  à  la  famille  Chazaud, 
anciennement  connue  à  Confolens  et  à  Poitiers,  à  laquelle  a  été  con- 
sacrée la  précédente  notice. 

On  trouvera  des  renseignements  sur  les  Chazeaux  du  Velay  dans 
les  manuscrits  de  Chérin,  dans  \'Armo?'ial  de  la  noblesse  du  Lan- 
guedoc de  M.  de  la  Roque  et  dans  la  France  moderne  de  M.  Villain. 


224  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Le  jugement  de  maintenue  de  noblesse  rendu  en  leur  faveur  en  1670 
ne  parle  pas  de  cette  origine  poitevine;  il  fait  remonter  la  fdiation  à 
Claude  Piclion,  ditChasaus,  dont  le  fils  Antoine  Piclion,  ditChasaux, 
épousa  le  25  juin  1546  Françoise  le  Roux  et  dont  le  petit-fils,  Ber- 
trand de  Chazeaux,  Sgr  de  Montjuvin,  en  la  paroisse  de  Lapte,  épousa 
Miracle  de  Rieu  par  contrat  du  7  janvier  1570.  Noble  Louis  de 
Chazeaux,  Sgr  de  Montjuvin,  petit-fils  de  Bertrand,  marié  le 
20  novembre  1646  à  Marie  de  Lagrevol,  fut  dabord  condamné  à  l'a- 
mende comme  usurpateur  de  noblesse  par  jugement  du  12  juin  1669 
de  M.  de  Bezons,  intendant  du  Languedoc,  mais  fit  reconnaître  sa 
noblesse  dès  le  21  mars  de  l'année  suivante  par  un  nouveau  juge- 
ment du  même  magistrat.  Il  fit  son  testament  le  7  août  1678  et  laissa 
un  fils,  Claude,  qui  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général 
do  1696.  Jacques  de  Montjuvin  de  Chazeaux,  né  le  21  janvier  1709, 
épousa  Isabeau  de  Combladour,  fille  d'Hugues  et  d'Anne  Bollon,  et 
en  eut  un  grand  nombre  d'enfants.  Un  de  ses  fils,  Jean-Baptiste  de 
Chazeaux,  né  en  1740  au  diocèse  du  Puy,  alla  se  fixer  à  la  Guadeloupe 
et  obtint  le  13  novembre  1770  l'enregistrement  de  ses  titres  de 
noblesse  au  Conseil  supérieur  de  l'île. 

M.  de  Chazeaux  fils,  ^^  de  Chazeaux  de  Montjuvin  et  M.  de  Cha- 
zeaux de  Lapte  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  au  Puy. 

La  famille  de  Chazeaux  a  conservé  jusqu'à  nos  jours  le  château 
de  Chazeaux,  en  Velay. 

Son  chef  est  aujourd'hui  connu  sous  le  titre  de  comte. 

Principales  alliances  :  de  Burine  1612,  de  Lagrevol  1646,  Liogier, 
Dauricr  de  Piessac,  etc. 

CHAZELLE  (Perrot  de).  Voyez  :  Perrot  de  Chazelle. 

CHAZELLES  (Bérard  de).  Voyez  :  Bérard  de  Chazelle.s. 

CHAZELLE  S  (Teilhard-Rancilhac  de).  Voyez  :  Teilhard-Rancillac  db 

Chazelles. 

CHAZELLES  (de),  en  Périgord  et  en  Poitou.  Armes  :  d'azur  àun  chevron 
d'or  accompagné  de  trois  étoiles  de  même,  2  eM. 

La  famille  de  Ch.\zelles,  fixée  en  Poitou  au  cours  du  xviii'^  siècle, 
est  originaire  du  Périgord  où  dès  la  fin  du  xvi^  siècle  elle  exerçait  l'in- 
dustrie de  la  verrerie.  On  en  trouvera  une  généalogie  dans  le  Dic- 
tionnaire historique  et  généalogique  des  familles  du  Poitou  de 
Beauchet-Filleau. 

Pierre  de  Chazelles,  écuyer,  Sgr  de  la  Quintanne,  auquel  ce  tra- 
vail fait   remonter  la  filiation,  fit   son  testament  le  6  mars  1569 


DICTIONNAIRR     DES    FAMILF.ES    FRANÇAISES  225 

et  demanda  dans  cet  acte  à  être  inhumé  dans  l'église  paroissiale 
de  Mareuil,  au  tombeau  de  ses  prédécesseurs.  De  son  mariage 
avec  Jeanne  Fréquand  il  laissa  un  fds,  Jean  de  Chazelles,  écuyer, 
Sgr  dudit  lieu,  qui  épousa  Anne  Boutin  par  contrat  du  1"  oc- 
tobre 1576  et  qui  continua  la  descendance.  Au  xvm*  siècle  la 
famille  de  Chazelles  était  représentée  par  deux  frères,  Léonard  et 
Daniel.  L'ainé  d'en  Ire  eux,  Léonard  de  Chazelles,  qualifié  chevalier, 
Sgr  de  la  Boisge  et  du  Thcillet,  paraît  n'avoir  pas  eu  d'enfants  du 
mariage  qu'il  contracta  à  Libourne  le  3  avril  1758  avec  Jeanne-Marie 
de  Limousin,  fille  du  major  de  cette  ville.  Le  puîné,  Daniel  de  Cha- 
zelles, Sgr  de  la  Forie,  vint  se  fixer  en  Poitou  et  y  fonda  en  1749,  dans 
la  paroisse  de  Béruges,une  verrerie  qu'il  dut  abandonner  au  bout  de 
quelques  années.  Il  avait  épousé  Elisabeth  de  Clément  par  contrat 
passé  le  10  mai  1718  à  Montbron,  en  Angoumois.  Son  fils,  Bertrand 
de  Chazelles,  Sgr  de  la  Faurie,  marié  en  1770  à  Marie-Anne  Frappin, 
fonda  à  son  tour  une  verrerie  à  la  Chapelle-Seguin,  en  Gatine.  Il  ne 
fut  pas  plus  heureux  que  son  père  et  dut  renoncer  à  son  entreprise 
après  y  avoir  englouti  la  plus  grande  partie  de  sa  fortune.  Il  mourut 
en  1804  survivant  à  son  fils  aîné,  Bertrand,  né  en  1774,  tué  dans  la 
guerre  de  Vendée.  Son  second  fils,  François,  né  en  1777,  a  été  père  de 
M.  Samuel-Léon  de  Chazelles,  né  en  1812,  marié  à  Niort  en  1840  à 
M"^  de  Jouslard,  et  grand-père  de  M.  François-Georges  de  Chazelles, 
né  en  1841,  percepteur  à  Niort. 

On  ne  connaît  pas  à  la  famille  de  Chazelles  de  principe  d'anoblis- 
sement. Bien  que  ses  membres  aient  toujours  porté  les  qualifications 
nobiliaires,  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  jamais  été  l'objet  d'un  jugement 
de  maintenue  de  noblesse.  On  ne  voit  pas  non  plus  qu'elle  ait  pris 
part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse. 

Principales  alliances  :  de  Juglard  1627,  1601,  de  Salignac,  Bonnin, 
de  Jouslard  1840,  etc. 

Il  a  existé  en  Provence  une  famille  de  Chazelles  dont  le  blason  dif- 
férait peu  de  celui  des  Chazelles  du  Périgord  et  du  Poitou  :  d'aswr  à 
une  fasce  d'argent  accompagnée  de  trois  étoiles  d'or,  deux  en  chef 
et  une  en  pointe.  Cette  famille  fut  maintenue  dans  sa  noblesse,  lors 
de  la  grande  recherche,  par  jugement  de  1667. 

CHAZELLES  (de),  en  Lyonnais  et  en  Lorraine.  Armes  :  d'or  semé  de 
trèfles  de  sinople  sans  nombre. 

Cette  seconde  famille  de  Chazelles  est  originaire  du  Forez  où  sous 
Louis  XIV  elle  occupait  un  rang  distingué  dans  la  bourgeoisie. 

Antoine  de  Chazelles,  avocat  en  Parlement,  fit  enregistrer  à  l'Ar- 
moriai général  de  1696  (registre  de  Saint-Etienne)  les  armes  sui- 
X.  15 


226  DICTIONNAIRE    DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

vantes  :  d'azui'  à  un  chevron  d'or  accompagné  en  chef  de  trois  trè/îes 
d'argent  et  en  pointe  d'un  croissant  de  7nême.  N...  de  Chazelle, 
notaire  royal  à  Roanne,  fit  enregistrer  au  même  Armoriai  les  armes 
suivantes  :  6.'azur  à  un  chevron  d'or  chargé  d'un  trèfle  de  gueides. 

Jean-Mathieu  de  Chazelles,  né  à  Lyon  en  1657,  décédé  en  1710,  fut 
un  astronome  de  grande  valeur  et  fut  admis  en  1695  à  l'Académie 
des  sciences. 

La  branche  qui  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours  vint  se  fixer  à 
Metz  dans  la  seconde  moitié  du  xvu*  siècle.  On  trouvera  sur  elle 
des  renseignements  dans  les  Documents  généalogiques  sur  Metz  de 
l'abbé  Poirier  et  dans  Y  Histoire  du  Parlement  de  Metz  de  M.  Michel. 

Imbert  Chazelles.  commis  au  bureau  de  la  messagerie  de  Metz,  était 
âgé  de  45  ans  quand  il  mourut  le  7  août  1690.  De  son  mariage  avec 
Jeanne  Alléon,  décédée  à  Metz  en  1728,  il  laissa  trois  fils.  L'aîné  de 
ces  fils,  Henri,  receveur  des  domaines  du  Roi  à  Verdun,  décédé  en 
1751,  ne  paraît  pas  avoir  laissé  de  postérité.  Les  deux  plus  jeunes, 
Laurent  et  Jean,  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

Laurent  Chazelles,  né  en  1672,  acquit  en  1731  la  seigneurie  de  Lorry- 
devanl-le-Pont;  il  fut  pourvu  de  la  charge  anoblissante  de  conseiller 
secrétaire  du  Roi  en  la  chancellerie  près  le  Parlement  et  receveur 
général  des  finances  en  la  généralité  de  Metz  et  mourut  dans  cette 
ville  le  30  Juin  1752.  Uavaitépousé  Anne  Le  Liepvre,  décédée  en  1761. 
Il  en  eut,  entre  autres  enfants,  deux  fils  dont  l'aîné,  Louis  de  Cha- 
zelles, né  en  1722,  reçu  en  1744  conseiller  au  Parlement  de  Metz, 
mourut  dès  1751  sans  laisser  de  postérité  mâle.  Laurent  de  Cha- 
zelles, né  en  1724,  second  fils  de  Laurent,  fut  président  à  mortier 
au  Parlement  de  Metz,  conserva  sa  charge  jusqu'à  l'époque  de  la 
suppression  des  Parlements,  lors  de  la  Révolution,  et  mourut  à  Metz 
en  1808.  Il  fut  un  horticulteur  de  grand  mérite  et  fit  paraître  en  1789 
une  traduction  du  Dictionnaire  des  Jardiniers  de  l'anglais  Miller 
auquel  il  ajouta  deux  volumes  de  supplément.  Il  avait  épousé  d'abord 
^jiie  France,  fille  d'un  secrétaire  du  Roi,  puis  en  1772  M'""  Besser, 
veuve  du  conseiller  au  Parlement  Georgin  de  Mardigny.  Il  eut  de  sa 
première  union  deux  fils,  Claude,  né  en  1735,  décédé  sans  alliance 
en  1781,  et  Georges,  né  en  1762,  marié  à  M""-'  Pierre,  décédé  en  1828, 
qui  furent  l'un  et  l'autre  conseillers  au  Parlement  de  Metz.  Joseph  de 
Chazelles,  fils  de  Georges,  était  sous  la  Restauration  officier  des  gre- 
nadiers de  la  garde  du  Roi.  Il  paraît  être  demeuré  célibataire  et 
avoir  été  le  dernier  représentant  de  son  rameau. 

L'auteur  du  second  rameau,  Jean  Chazelles,  d'abord  marchand 
magasinier  et  receveur  du  grenier  à  sel  de  Metz,  fut  pourvu  de  la 
charo^e  anoblissante  de  conseiller  secrétaire  du  Roi,  maison  et  cou- 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  22"/ 

ronne  de  France  en  la  chancellerie  près  le  Parlement  de  Metz  et 
mourut  en  1746  à  l'âge  de  67  ans.  Il  avait  épousé  en  1718  Marie 
Goguille  dont  il  laissa  un  très  grand  nombre  d'enfants.  Un  de  ses 
fds,  Antoine  de  Chazelles,  capitaine  au  régiment  d'Orléans,  eut  plu- 
sieurs enfants  de  son  mariage  en  1775  avec  M"^  Lccomtc  d'Humbe- 
paire  ;  un  autre,  Jean-Baptiste-Henry,  premier  capitaine  au  régiment 
de  Berry,  chevalier  de  Saint-Louis,  eut  également  plusieurs  enfants 
de  son  mariage  en  1784  avec  M'"'  Lajeunesse;  le  plus  jeune  de  tous, 
Claude,  décédé  sans  postérité,  fut  secrétaire  du  Roi  près  la  Cour  des 
aides  de  Montauban,  puis  près  la  Cour  des  monnaies  de  Lyon  et  enfin 
près  le  Parlement  de  Metz.  M.  de  Chazelles  de  Prisy,  doyen  des 
présidents  à  mortier  au  Parlement  de  Metz,  fut  massacré  aux  Tuile- 
ries le  10  août  1792.  Ce  rameau  est  également  éteint. 

Quatre  membres  de  la  famille  de  Chazelles  prirent  part  en  1789  aux 
assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Metz. 

Principales  alliances  :  Alléon,  Besser,  d'Argent,  Georges  de  Lemud, 
de  Fouquet,  de  Lorme,  etc. 

La  famille  dont  il  vient  d'être  parlé  et  qui  a  fourni  au  xvni^  siècle 
plusieurs  secrétaires  du  Roi  est  distincte  de  celle  d'un  Nicolas  Cha- 
zelle,  secrétaire  des  aides  de  Poissy,  près  de  Paris,  dont  le  fils, 
Nicolas  Chazelle,  né  à  Poissy  en  1696,  fut  pourvu  le  24  juillet  1750  de 
l'office  de  secrétaire  du  Roi,  maison  et  couronne  de  France  et  de  ses 
finances. 

CHAZELLES  (de),  en  Auvergne  et  à  la  Guadeloupe.  Armes  :  (Vazurà 
une  tête  de  léopard  dor  lampassée  de  gueules  ;  au  chef  cousu  de 
même  chargé  d'une  étoile  et  d'un  croissant  d'argent.  —  Couronne  : 
de  Comte.  —  Supports  :  deux  lions.  —  Devise  :  Toujours  prêt  à  ser- 
vir  et  à  s'effacer  quand  il  a  seroi. 

Le  nom  de  Chazelles  était  porté  au  moyen  âge  par  deux  fiefs  de 
la  Haute-Auvergne.  L'un  de  ces  fiefs,  situé  dans  la  paroisse  d'Auriac, 
appartenait  dès  les  temps  les  plus  reculés  à  la  maison  de  Chava- 
gnac  qui  en  rendit  hommage  en  1291.  L'autre  fief  de  Chazelles  est 
aujourd'hui  une  commune  du  canton  de  Ruines,  près  de  Saint-Flour. 
Ce  dernier  fief  paraît  avoir  été  le  berceau  d'une  famille  de  Chazelles, 
de  très  ancienne  noblesse  de  la  Haute-Auvergne,  dont  plusieurs 
rameaux  se  sont  perpétués  jusqu'à  nos  jours. 

Bouillet  mentionne  dans  son  Nobiliaire  d'Auvergne  un  Géraud  de 
Chazelles,  qui  vivait  en  1266,  et  un  Pierre  de  Chazelles  qui  vivait 
en  1333.  Bertrand  et  Jacques  de  Chazelles  étaient  chanoines  comtes 
de  Brioude  dans  la  première  moitié  du  xiv*  siècle.  Philippe  de  Cha- 
zelles fut  admis  dans  le  même  chapitre  en  1472. 


228  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

Le  justement  de  maintenue  de  noblesse  rendu  par  M.  de  Forlia  en 
laveur  de  la  famiUe  de  Chazelles  en  fait  remonter  la  filiation  à  Pierre 
de  Cha;îelles,  écuycr,  qui  est  mentionné  dans  un  acte  de  1441  avec 
sa  femme,  d<  moiselle  Isabelle  de  Bonnamy.  Celle-ci  lit  son  testament 
le  24  avril  1488.  Guillaume  de  Chazelles,  fils  du  précédent,  était 
marié  en  i47o  avec  demoiselle  Ponchette,  ou  Poncette,  Clauche  et 
fit  le  14  mars  1507  une  transaction  avec  son  frère  Antoine.  Il  fut  père 
d'Antoine  de  Chazelles,  qui  épousa  demoiselle  Françoise  de  Mey- 
nadon,  et  (^rand-père  d'Antoine  de  Chazelles  qui  épousa  Valence  de 
Laire  par  contrat  du  19  janvier  lo41.  Deux  des  fils  de  ce  dernier, 
Guillaume  de  Chamelles,  marié  successivement  le  21  mars  1580  à 
Antoinette  de  Chambt  uil  et  le  10  janvier  1585  à  Jeanne  de  la  Roque, 
et  Claude  de  Chazelles,  marié  à  Jeanne  de  Gorcc,  furent  les  auteurs 
de  deux  branches. 

Le  chef  de  la  branche  aînée,  Gilbert  de  Chazelles,  Sgr  d'Œillet.  en 
la  paroisse  d'Ussel,  dans  l'élection  de  Saint-Flour,  marié  en  l6ol  à 
Jeanne  de  Lestrade;  son  frère,  Paul-Tristan  de  Chazelles,  sieur  de 
Saint-Loup  ;  et  leurs  trois  cousins  germains,  Jacques  de  Chazelles, 
sieur  de  Bagnes,  Guillaume  de  Chazelles,  sieur  du  Suc,  et  Louis  de 
Chazelles,  sieur  de  Pouzols,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse 
le  6  octobre  1666  parjugement  de  M.  de  Fortia,  intendant  d'Auvergne. 
Léonard  de  Chazelles,  Sgr  d'Œillet,  fils  de  Gilbert,  et  son  cousin  ger- 
main, Jean  de  Chazelles,  fils  de  Paul-Tristan,  furent  encore  main- 
tenus dans  leur  noblesse  le  6  mars  1706  par  jugement  de  M.  Le  Blanc, 
un  des  successeurs  de  M.  de  Forlia.  Messieurs  de  Chazelles  de  Roche- 
salesse  et  de  Chazelles  de  Gourdes  prirent  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  tenues  à  Saint-Flour.  Cette  branche  est  repré- 
sentée de  nos  jours  par  deux  rameaux  dont  l'un  est  allé  se  fixer  à  la 
Guadeloupe  et  dont  l'autre  est  demeuré  en  Auvergne.  Aucun  de  ces 
rameaux  n'est  titré. 

Jean  de  Chazelles,  fils  de  Claude  et  chef  de  la  seconde  branche, 
fut  maintenu  dans  sa  noblesse  en  1666  avec  les  représentants  de  la 
branche  aînée.  Il  était  devenu  seigneur  de  Beauregard,  en  Rouergue, 
par  son  mariage  avec  M"*  de  Lavayssière.  Sa  descendance  s'éteignit 
avec  François-Charles  de  Chazelles  de  Beauregard,  officier  au  régi- 
ment de  Bourgogne,  qui  émigra  à  l'époque  de  la  Révolution. 

La  famille  de  Chazelles,  plus  ancienne  qu'illustre,  a  produit  peu  de 
personnages  marquants.  Elle  ne  doit  pas  être  confondue  avec  la  famille 
Bérard  de  Chazelles  qui  appartient  à  la  noblesse  de  la  même  province. 

Principales  alliances  :  de  Lavayssière  de  Cantoinet,  de  Sartiges,  de 
la  Majorie-Soursac,  de  Gâches,  de  Dienne  1519,  d'Yzarn  de  Fressi- 
netnil,  d'AuzoUes,  de  Lestrade,  de  la  Roque,  de  Laire,  etc. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  229 

Une  terre  de  Chazellcs,  située  dans  la  Basse-Auverj^ne,  sur  les  con- 
fins du  Bourbonnais,  avait  au  moyen  âge  des  soigneurs  à  la  famille 
desquels  elle  donna  son  nom.  Cette  famille  de  Chazelles  paraît  s'être 
éteinte  dès  le  XIV*  siècle. 

CHAZELLES-LUNAG  (de),  en  Languedoc.  Armes  primitives  (enregistrées 
à  l'Armoriai  général  de  1696)  :  à' azur  à  un  chevron  d'or  accompa- 
gné en  chef  de  deux  molettes  d'argent  et  en  pointe  d'un  lion  d'or, 
armé  et  lampassé  de  gueules.  —  Armes  adoptées  au  xviii^  siècle  : 
écartelé  :  aux  1  et  4  d'azur  à  une  tête  de  léopard  d'or,  au  chef  cousu 
de  gueules  chargé  à  dextre  d'une  étoile  d'argent  et  à  sénestre  d'un 
croissayit  de  même,  qui  est  de  Chazelles,  en  Auvergne  ;  aux  2  <?<  3 
d'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné  en  chef  de  deux  molettes  d'ar- 
gent et  en  pointe  d'un  lion  d'or,  armé  et  lampassé  de  gueules.  — 
Armes  concédées  sous  le  Premier  Empire  :  écartelé  :  au  1  d'azur  à  une 
tête  de  lion  d'or,  allumée  et  lampassée  de  gueules,  au  comble  du 
même  chargé  à  dextre  d'une  étoile  et  à  sénestre  d'un  croissant,  le 
tout  d'argent;  au  2  de  gueules  à  une  branche  de  chêne,  en  bande, 
d'argent,  qui  est  des  barons  membres  du  collège  électoral  ;  au  S  de 
gueules  à  un  casque  taré  de  profil,  traversé  en  barre  d'une  épée  d'ar- 
gent ;  au  4  d'azur  à  une  montagne  à  trois  coupeaux  d'or,  sommée 
de  trois  tiges  de  laurier  du  même  et  surmontée  en  chef  à  dextre  d'une 
croisetle  et  à  sénestre  d'une  croix  à  huit  pointes  d'or. 

La  famille  de  Chazelles-Lunac  revendique  une  origine  commune  avec 
la  vieille  souche  auvergnate  à  laquelle  a  été  consacrée  la  précédente 
notice.  Elle  portait  au  xvn*  siècle  le  nom  de  Chazel  et  appartenait 
simplement  à  cette  époque  à  la  haute  bourgeoisie  du  diocèse  de  Nîmes, 
en  Languedoc. 

Trois  de  ses  membres,  Pierre  Chazel,  conseiller  du  Roi  et  son  procu- 
cureur  en  la  sénéchaussée  et  siège  présidial  de  Nîmes  ;  Jean- 
Pierre  Chazel,  conseiller  du  Roi,  lieutenant  en  la  même  sénéchaussée 
et  siège  présidial  ;  et  Guillaume  Chazel,  docteur  es  droits,  lieute- 
nant de  viguier  de  la  ville  et  viguerie  royale  de  Roquemaure,  firent 
enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696. 

Monsieur  maître  Pierre  Chazel,  plus  tard  seigneur  de  la  Boissière, 
reçu  docteur  le  23  septembre  1653,  était  docteur  et  avocat  des  pauvres 
en  la  sénéchaussée  et  siège  présidial  de  Nîmes  et  de  Beaucaire  quand 
il  épousa,  par  contrat  du  1"  juin  1662,  demoiselle  Isabelle  de  Termin, 
fille  du  sieur  Termin.  Il  fut  père  de  Raymond  Chazel,  de  Nîmes,  et  pro- 
bablement aussi  de  Jérôme  Chazel,  également  de  Nîmes,  qui  furent 
reçus  l'un  en  1682,  l'autre  en  1684,  docteurs  en  droit  civil  de  l'Univer- 
sité d'Avignon.  Le  premier  de  ces  deux  jeunes  gens,  monsieur  maître 


230  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Raymond  de  Chazel,  docteur  et  avocat  en  la  Cour  présidiale  de  Nîmes, 
âgé  d'environ  26  ans,  épousa  demoiselle  Alix  de  Boisson  de  Caveirac 
par  contrat  du  10  février  1691  dans  lequel  il  est  ainsi  désigné.  Il  fut 
père  de  monsieur  maître  Jacques  de  Chazel,  conseiller  procureur  du 
Roi  en  la  sénéchaussée  et  siège  présidial  de  Nîmes,  qui  épousa,  avec 
dispense  à  cause  de  la  parenté,  par  contrat  passé  à  Montpellier  le 
22  novembre  1721,  sa  cousine  Catherine  de  Fages,  fille  unique  de 
Jean  de  Fages,  conseiller  en  la  Cour  des  comptes,  aides  et  finances 
de  Montpellier,  et  de  Jeanne  de  Chazel  et  petite  fille  de  monsieur  maître 
Jean-Pierre  Chazel,  conseiller  au  présidial  de  Nîmes,  mentionné  plus 
haut. 

Madame  de  Fages,  belle-mère  et  cousine  de  Jacques  de  Chazel, 
avait  eu  deux  frères,  Henri  et  François  de  Chazel,  tous  deux  décédés 
sans  postérité,  qui  avaient  occupé  de  brillantes  situations.  L'aîné 
d'entre  eux,  Henri,  décédé  en  1726,  avait  été  intendant  du  Canada  ;  le 
second,  François,  décédé  en  1712,  avait  été  colonel  d'un  régiment  de 
son  nom,  mestre  de  camp  et  maréchal  général  des  logis  de  larmée 
d'Espagne. 

Jacques  de  Chazel  reçut  du  Roi,  en  1726,  une  gratification  de 
50.000  livres  en  récompense  des  services  de  ces  deux  oncles  de  sa 
femme  ;  la  lettre  qui  accompagna  cette  gratification  dit  que  le  sieur 
de  Chazel,  qui  en  est  l'objet,  alors  procureur  du  Roi  au  présidial  de 
Nîmes,  est  issu  d'une  famille  attachée  depuis  plusieurs  générations  au 
service  du  Roi  tant  dans  les  emplois  de  la  robe  que  dans  ceux  de  la 
guerre.  Jacques  de  Chazel  paraît  avoir  le  premier  cherché  à  s'agréger 
à  la  noblesse  ;  il  prit  dans  les  dernières  années  de  sa  vie,  avec  le  nom 
de  ChazcUes,  les  armoiries  des  Chazelles  dAuvergne.  Il  laissa  une  fille, 
Marie,  mariée  en  1749  au  comte  de  Rochcmore,  lieutenant  général  des 
armées  navales,  et  deux  fils,  Augustin  et  Jacques-Scipion  de  Chazelles. 
L'aîné  de  ceux-ci,  Augustin,  acquit  en  1746  la  charge  anoblissante  de 
conseiller  maître  en  la  Chambre  des  comptes,  aides  et  finances  de 
Montpellier,  devint  dans  la  suite  président  du  Conseil  supérieur  de 
Nîmes,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Montpellier  avec  les  qualifications  de  comte  de  Chazelles  et  de  Chus- 
clan,  Sgr  de  Sauves,  Marthan,  Luc,  Saint-Émery,  etc.,  et  mourut  sans 
postérité.  Le  puîné,  Jacques-Scipion  de  Chazelles,  né  le  12  oc- 
tobre 173o,  était  major  du  régiment  d'Angoumois  et  chevalier  de 
Saint-Louis,  domicilié  à  Montauban,  et  se  qualifiait  déjà  baron  de 
Chazelles  quand  il  épousa,  par  contrat  du  16  décembre  1776,  Jeanne- 
Thérèse  de  Monlauseur,  héritière  du  château  de  Lunac,  en  Rouergue  ; 
il  devint  dans  la  suite  maréchal  de  camp. 

Augustin  et  Jacques-Scipion  de  Chazelles,  désirant  régulariser  leur 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  231 

situation  nobiliaire,  s'adressèrent  à  la  Chambre  des  comptes,  aides 
et  finances  de  Montpellier.  Ils  en  obtinrent  le  24  avril  1784  un  arrêt, 
rapporté  tout  au  long  dans  le  Nouveau  dCHozier,  qui  les  maintenait 
dans  leur  ancienne  noblesse,  remontée  àleur  huitième  aïeul,  et  qui  les 
rattachait  aux  Chazelles  de  l'Auvergne.  D'après  cet  arrêt,  Pierre  de 
Chazel  marié  en  1662  à  Isabeau  de  Termin,  dont  il  a  été  parlé  plus 
haut,  aurait  été  fils  de  noble  Raimond  Chazel,  docteur  es  droits,  avo- 
cat en  la  Cour  du  sénéchal  de  Beaucaire  et  Nîmes,  marié  le  14  mai  1 618 
à  demoiselle  Anne  de  Boucher,  fille  du  sieur  Pierre  Boucher,  petit-fils 
de  noble  Pierre  Chazel,  baptisé  en  1549,  habitant  de  Roquemaure, 
au  diocèse  d'Avignon,  qui  aurait  épousé  le  12  janvier  1578  Isabeau  de 
Devèze  et  qui  aurait  été  dans  la  suite  juge  royal  de  la  ville  de  Roque- 
maure,  et  arrière-petit-fils  de  noble  Raymond  de  Chazel,  habitant  de 
la  ville  de  Roquemaure,  qui  aurait  épousé  le  9  janvier  1534  Marguerite 
de  Brés.  Ce  dernier  aurait  été  lui-même  fils  de  noble  Pierre  de  Cha- 
zelles, écuyer,  demeurant  au  lieu  d'Ussel,  au  diocèse  de  Saint-Flour, 
qui  serait  venu  se  fixer  à  Rorfuemaure,  en  Languedoc,  parle  mariage 
qu'il  contracta  le  9  janvier  1510  avec  Anne  de  Cartier,  et  petit-fils  de 
noble  Guillaume  de  Chazelles,  demeurant  à  Ussel,  qui  aurait  épousé 
noble  Poncette  Cleuche  par  contrat  du  12  février  1480.  On  a  vu  dans 
la  notice  consacrée  aux  Chazelles  d'Auvergne  que  Guillaume  de  Cha- 
zelles était  déjà  marié  en  1475  avec  Poncette  Clauche.  L'arrêt  de  1784 
contient  le  passage  suivant  qui  étonnera  tant  soit  peu  les  personnes 
habituées  aux  questions  nobiliaires  :  «  Il  est  vrai  que  plusieurs  ont 
«pris  quelquefois  la  seule  qualité  de  monsieur  maître  à  cause  de  la 
«  qualité  d'avocat,  de  docteur  en  droit  ou  d'officier  de  justice;  mais 
«  les  mêmes  ont  aussi  pris  la  qualité  de  noble  ou  celle  de  messire  dans 
«  d'autres  actes,  ce  qui  suffit  d'autant  plus  que  les  frères  de  ceux  qui 
«  n'ont  pris  que  la  qualité  de  monsieur  maître  et  qui  n'étaient  pas  dans 
«  la  robe  ont  pris  celle  de  noble  ou  de  messire,  ce  qui  prouve  que  la 
«  famille  était  reconnue  pour  noble.  » 

Jacques-Scipion  de  Chazelles  laissa  une  fille,  qui  épousa  le  vicomte 
de  Lastic-Saint-Jal,  et  un  fils,  Augustin-Jean-Baptiste  de  Chazelles- 
Lunac,  né  au  château  de  Lunac  en  1779.  Sur  le  vu  de  l'arrêt  de  main- 
tenue de  noblesse  de  1784,  ce  fils  fut  admis  en  1790  à  l'École  mili- 
taire ;  il  fut  sous-préfet  sous  le  Premier  Empire  et  fut  créé  baron, 
sur  institution  de  majorât,  par  lettres  du  13  avril  1811.  Sous  la  Res- 
tauration il  prit  le  titre  de  comte  qu'avait  déjà  porté  son  oncle,  fut 
préfet  du  Morbihan  de  1818  à  1830,  gentilhomme  de  la  chambre  du 
Roi  et  commandeur  de  la  Légion  d'honneur.  Il  avait  épousé 
d'abord  M"*  de  Lezan,  puis  M"^  de  Jolyclerc.  Du  premier  lit 
il  eut  un  fils,  Eugène-Scipion,  comte  de  Chazelles,  né  en  1801,  gen- 


232  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

tilhomme  de  la  chambre  du  roi  Charles  X,  dont  le  fils,  Louis- 
François,  baron  de  Chazelles,  décédé  avant  lui,  a  laissé  deux  filles 
de  son  mariage  avec  M"^  Savalette.  Du  second  lit  il  eut  deux  autres 
fils,  Raoul,  né  en  1850,  et  Urbain,  né  en  1853. 

Principales  alliances  :  de  Rochemore  1749,  de  Monlauseur  1776, 
de  Prondre  de  Ravenel  1827,  de  Gacqueray-Valolive  1880,  Chalmeton 
de  Groy,  de  Gourgues  1849,  de  Baroncelli-Javon  1868,  de  Lastic- 
Saint-Jal,  etc. 

CHAZETTES-BARGUES  (de).  Armes  :  d'aswr  à  un  chevron  brisé  d'or, 
accompagné  de  trois  têtes  de  chien  d'argent. 

La  famille  de  Chazettes,  originaire  des  environs  de  Mauriac,  dans 
la  Haute-Auvergne,  est  honorablement  connue  dans  cette  région 
depuis  la  fin  du  xv''  siècle.  Bouillet  mentionne  dans  son  Nobiliaire 
d'Auvergne  un  Antoine  de  Chazettes  qui  fut  archiprêtre  de  Mauriac 
de  1493  à  1530  et  qui  en  1526  acquit  de  Hugues  et  de  Naudin  de 
Valens  des  rentes  aux  lieux  de  Rouisses  et  de  Mainterolles,  sur  le 
territoire  de  la  paroisse  d  Anglars. 

Peut-être  est-ce  à  cette  souche  que  l'on  doit  rattacher  un  Antoine 
de  Chazettes,  chevalier,  Sgr  de  Maurie,  qui  fut  en  1571  trésorier  de 
France  en  Guienne,  et  un  Charles  de  Chazettes  qui  en  1583  était  con- 
seiller au  Parlement  de  Toulouse. 

Antoine  de  Chazettes,  fils  de  Pierre,  fit  foi  hommage  au  Roi  en  1669 
à  cause  d'une  portion  de  domaine  et  de  rentes  nobles  à  prélever  sur 
le  lieu  de  Pont,  en  la  paroisse  de  Saint-Paul  de  Salers,  et  sur  celui 
de  Bargues,  en  la  paroisse  de  Saint-Cernin.  Jacques  de  Chazettes, 
avocat  en  Parlement  et  juge  ordinaire  à  Salers,  agissant  au  nom  de 
sa  mère,  Catherine  Salvage,  remplit  la  même  formalité  en  1672. 
Jacques-André  de  Chazettes,  qualifié  écuyer,  la  renouvela  en  1723. 

La  famille  de  Chazettes  ne  figure  pas  au  nombre  de  celles  d'Au- 
vergne qui  firent  reconnaître  leur  noblesse  lors  des  diverses  recher- 
ches ordonnées  par  Louis  XIV  et  ses  membres  ne  figurent  pas,  du 
reste,  avec  les  quahfications  nobiliaires  dans  les  actes  des  xvi^  et 
xvii^  siècles.  Elle  s'agrégea  à  la  noblesse,  comme  tant  d'autres,  au 
cours  du  xviii^  siècle  sans  qu'on  lui  connaisse  de  principe  d'anoblis- 
sement régulier.  Un  de  ses  membres,  M.  de  Chazettes  de  Bargues, 
prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Saint-Flour. 

La  famille  de  Chazettes  n'est  pas  titrée. 

Elle  a  fourni  des  officiers  de  mérite,  des  magistrats  distingués. 
Principales  alliances  :  de  Fénis  de  Saint-Victor,  Salvage,  de  la 
Garde  de  Saignes  1826,  de  Selve  de  Sarran  1860,  Coppin  de  Miribel 
1897,  de  Cazes  de  Fresquières,  Roy  de  l'Ecluse,  etc. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  233 

CHAZOT,  ou  GHASOT,  (de).  Armes  :  d'azui'à  un  chêne  cC argent,  terrassé 
de  même,  accosté  de  deux  lions  d'or,  la  tête  contournée,  attachés  au 
fût  de  l'arbre  par  une  chaîne  d'argent.  —  La  famille  de  Ghazot  écar- 
tèle  souvent  ces  armes  des  suivantes  :  d'azur  à  une  fasce  d'argent 
chargée  de  trois  roses  de  gueules  et  accompagnée  de  trois  étoiles, 
deux  en  chef  et  une  en  pointe.  —  Couronne  :  de  Comte. 

La  famille  de  Chazot,  ou  de  Chasot,  fixée  en  Normandie  au  cours  du 
xvii«  siècle,  est  originaire  de  Bourgogne.  La  Chesnaye  des  Bois  en  a 
donné  au  xviii«  siècle  une  généalogie  dans  son  Dictionnaire  de  la 
noblesse.  Cet  auteur  attribue  aux  Chazot  une  noblesse  très  ancienne  ; 
il  les  fait  descendre  d'un  Jean-Worle  de  Chasot  qui,  en  1273,  comman- 
dait pour  Robert  II,  duc  de  Bourgogne,  une  compagnie  de  50  hommes 
dans  le  château  de  Salives,  près  de  Dijon,  et  qui,  en  récompense  de 
son  mérite  et  de  ses  talents  militaires,  reçut  de  ce  prince  donation 
des  droits  de  tierce  et  de  dîme  sur  différents  cantons  voisins  de 
Salives.  Jean-Worle  de  Chasot  aurait  épousé,  toujours  d'après  la 
Chesnaye  des  Bois,  une  dame  appelée  Rébecca  ;  il  aurait  été  père  d'un 
Jean  de  Chasot,  qui  lui  aurait  succédé  comme  capitaine  du  château 
de  SaHves,  et  grand-père  d'un  Bénigne  de  Chasot  qui  aurait  fait  son 
testament  en  1362. 

Le  travail  de  la  Chesnaye  des  Bois  est  une  œuvre  de  pure  imagi- 
nation, au  moins  pour  la  partie  antérieure  au  xvii"  siècle.  La  famille 
Chazot,  d'origine  assez  obscure,  n'appartenait  encore  à  l'époque  des 
guerres  de  religion  qu'à  la  bourgeoisie  de  sa  région.  Elle  était  alors 
représentée  par  plusieurs  branches  dont  on  ne  connaît  pas  le  point 
de  jonction  et  qui  ne  tardèrent  pas  à  s'élever  à  la  faveur  des  troubles 
de  la  Ligue. 

On  trouvera  dans  l'Ai'moi'ial  de  la  Chambre  des  comptes  de  Dijon, 
de  M.  d'Arbaumont,  des  renseignements  sur  une  de  ces  branches  qui 
a  été  omise  par  la  Chesnaye  des  Bois.  Le  chef  de  cette  branche, 
Pierre  Chasot,  fds  de  Jean  Chasot  et  d'Odette  N...,  veuve  en  pre- 
mières noces  de  Guillaume  Lefebvre,  était  secrétaire  ordinaire  de  la 
chambre  du  roi  Henri  IV  quand  il  fut  pourvu,  par  lettres  de  ce  prince 
du  31  octobre  1590,  de  l'office  de  conseiller  maître  en  la  Chambre  des 
comptes  de  Dijon.  Il  mourut  le  8  mai  1616  laissant  son  office  à  son 
fds,  Jean  Chasot,  qui  s'en  démit  avant  d'avoir  élé  reçu.  Bénigne 
Chasot,  fils  de  Jean,  fut  contrôleur  général  des  finances  à  Caen.  Il 
eut  une  fdle  unique,  héritière  de  sa  branche,  qui  épousa  le 
24  septembre  1676  François  Démange,  Sgr  de  Villebois,  demeurant 
à  Arc-en-Barrois. 

On  trouvera  dans  les  Carrés  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse 
qu'un  membre  de  la  branche  actuellement  existante  fit  en  1757  pour 


234  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

être  admis  parmi  les  pap:es  de  la  Grande  Ecurie.  Ce  travail  fait 
remonter  la  filiation  à  un  Bénigne  Chasot  qui  avait  épousé  Margue- 
rite Sircdey  et  qui  vendit  divers  héritages  par  acte  passé  le 
3  décembre  1558  devant  notaire  à  Châtillon-sur-Seine.  D'après  le 
travail  de  la  Chesnaye  des  Bois  ce  Bénigne  Chasot  aurait  été  homme 
d'armes  des  ordonnances  du  Roi  et  aurait  été  fils  d'un  Bernard  de 
Chasot,  grand  gruyer  de  Bourgogne,  marié  à  Christine  de  Rebillier, 
qui,  en  1556,  aurait  fondé  une  chapelle  dans  l'église  de  l'ancien  châ- 
teau de  Salives.  Ce  fut  maître  Bernard  Chasot,  Sgr  de  Grandbois,  fils 
de  Bénigne,  qui  vint  se  fixer  en  Normandie;  il  était  conseiller  du 
Roi,  lieutenant  général  des  gabelles  à  Caen  quand  il  épousa,  par  con- 
trat du  13  juin  1630,  Elisabeth  le  Tenneur,  fille  de  Jean,  écuyer,  sieur 
de  Langrune,  et  héritière  des  domaines  de  Vary  et  d'Escorches  ;  il  fut 
pourvu  dans  la  suite  de  la  charge  anoblissante  de  receveur  général 
des  finances  à  Caen  et  se  fit  maintenir  dans  sa  noblesse  le  10  mai  1642 
par  arrêt  du  Conseil  d'État.  Il  laissa  deux  fils  :  1°  Jean  de  Chazot, 
écuyer,  conseiller  du  Roi,  premier  président  au  bureau  des  finances 
de  la  grande  généralité  de  Caen,  qui  épousa  le  3  avril  1673  Cathe- 
rine Hue  et  qui  continua  la  descendance  ;  2°  Marc-Antoine  de  Chazot, 
qui  demeura  célibataire.  Le  second  de  ces  deux  frères,  Marc-Antoine, 
fut  condamné  par  défaut  à  cent  livres  d'amende  comme  usurpateur 
de  noblesse  par  jugement  du  15  février  1660  de  Chamillart,  intendant 
de  Caen  ;  il  interjeta  appel  de  cette  condamnation  devant  le  Conseil 
d'État  qui  le  maintint  dans  sa  noblesse,  ainsi  que  son  frère,  par  arrêt 
rendu  à  Paris  le  27  janvier  1673.  Jean  de  Chazot  eut  de  son  mariage 
avec  Catherine  Hue,  entre  autres  enfants,  deux  fils  :  \°  Thomas-Louis 
de  Chazot,  écuyer,  Sgr  et  patron  de  Vary  et  d'Escorches,  capitaine 
de  grenadiers  au  régiment  de  Louvigny,  qui  épousa  le  27  février  1709 
Claude  de  Prépetit  et  qui  continua  la  descendance  ;  2°  Jean-Pierre 
de  Chazot,  qui  épousa  en  1710  Françoise  Martin,  veuve  de  Jean 
Onfroy,  et  qui  fut  le  grand-père  de  Jean-François  de  Chasot,  né  à 
Caen  en  1739,  général  de  division  en  1792,  suspendu  comme  noble 
dès  l'année  suivante,  admis  à  la  retraite  le  17  germinal  an  IIL 
Thomas-Louis  de  Chazot  laissa  plusieurs  fils  dont  l'aîné,  Gervais- 
Thomas  de  Chasot,  épousa  en  1739  Catherine  de  CoifTerel,  héritière 
de  la  seigneurie  de  Méheudin,  et  continua  la  descendance.  Un  des 
cadets,  Isaac  Edmond  de  Chazot,  alla  se  fixer  en  Prusse,  devint  lieu- 
tenant général  des  armées  du  roi  de  Danemark  et  grand-croix  de 
Tordre  de  Saint-Stanislas  de  Pologne,  épousa  en  1760  Marie-Camille, 
comtesse  de  Torelli,  et  en  eut  deux  fils  qui  moururent  sans  postérité. 
Ce  fut  René-Antoine  de  Chazot  d'Escorches,  né  en  1742,  second  fils 
de  Gervais-Thomas,  qui  fil  en  1757  les  preuves  de  noblesse  dont  il  a 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  235 

été  parlé  plus  haut  pour  être  admis  parmi  les  pages  de  la  Grande 
Ecurie.  Son  frère  aîné,  Claude-Jean  de  Ghazot,  né  à  Argentan  en  1740, 
connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Chazot,  marié  à  Paris  en  juin  1771 
à  Louise  Plaimpol  de  Prébois,  fit  à  son  tour  des  preuves  de  noblesse 
devant  d'IIozier  pour  obtenir  l'admission  à  l'Ecole  militaire  de  son 
fils,  René-Camille,  né  en  1776.  Un  M.  de  Chazot  prit  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Caen.  Paul  de  Chasot,  ne  à 
Morlagne  en  1802,  décédé  en  1880,  fut  député  de  l'Orne  sous  le 
Second  Empire.  Cette  branche  compte  encore  des  représentants. 

Joseph  Chasot,  chef  d'une  troisième  branche,  était  sous  Louis  XIII 
substitut  du  procureur  général  près  le  Parlement  de  Dijon  ;  il  avait 
épousé  Suzanne  Blondeau.  Leur  fils,  Isaac  Chasot,  né  à  Dijon  en  1626, 
vint  se  fixer  à  Metz  auprès  de  son  cousin  germain,  Claude  de  Bre- 
tagne, président  au  Parlement  de  cette  ville,  fut  nommé  en  1651 
conseiller  et  en  1676  président  à  mortier  audit  Parlement,  fut  anobli 
par  ses  fonctions  et  mourut  en  1688.  Il  avait  épousé  Marie-Thérèse 
Bossuet,  décédée  en  1702.  Il  fut  père  de  Bénigne  Chasot,  Sgr  de 
Congy  et  de  Brousse,  premier  président  au  Parlement  de  Metz, 
décédé  en  1728,  et  grand-père  de  Louis -Bénigne  de  Chazot,  né 
en  1704,  premier  président  au  Parlement  de  Metz,  décédé  en  1751. 
Celui-ci  avait  épousé  en  1732  M"^  de  Montholon  ;  il  en  laissa  une  fille 
unique,  héritière  de  cette  branche,  qui  épousa  en  1761  René  Choppin, 
Sgr  d'Arnouville. 

Principales  alliances  :  de  Vigneral  1648,  de  Morant  1654,  de  Pré- 
petit 1709,  de  Piédoue  1734,  de  Livet  de  Barville,  1763,  de  Giverville 
1770,  du  Bouzet,  Guyon  de  Quigny  1812,  Torelli  1760,  Bossuet,  de 
Montholon  1732,  Choppin  d'Arnouville  1761,  etc. 

CHAZOTTE  de  CLAVIÈRES  (du  Rouchet  de).  Voyez  :  Blachier  et  Bla- 
CHiER  DU  Rouchet,  du  Rouchet  de  Chazotte  et  du  Rouchet  de  Chazotte 
DE  Clavières  aux  Additions  du  tome  IX. 

CHAZOTTE  (de),  anciennement  GIBERT  de  CHAZOTTE.  Armes  :  (ï azur  à 
un  chevron  d'or  accompagné  de  trois  étoiles  d'argent.  —  Couronne  : 
de  Comte. 

La  famille  Gibert  de  Chazotte  est  originaire  de  la  petite  ville  de 
Montfaucon,  en  Velay,  où  dès  le  xvii®  siècle  elle  occupait  un  rang 
distingué.  M.  Villain  en  a  donné  une  généalogie  dans  le  premier 
volume  de  la  France  moderne. 

Vital  Gibert,  Sgr  de  Chazotte,  auquel  remonte  la  filiation,  était  sous 
Louis  XIV  conseiller  au  bailliage  de  Montfaucon.  II  épousa  successi- 
vement Marie  de  Sagnard  de  Canson  et  Jeanne  de  Solmes.  Son  fils, 


236  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Jean-Baptiste  Gibert,  S^r  de  la  Pervenchère  et  de  Chazotte,  avocat 
au  Parlement,  épO'Usa  en  1708  Marie-Anne  de  Lagrevol.  Il  fut  lui- 
même  père  de  Claude-Vital  Gibert  de  Chazotte  qui  épousa  en  1749 
Madeleine  de  Figon  et  qui  continua  la  descendance. 

On  ne  connaît  pas  de  principe  d'anoblissement  à  la  famille  de 
Chazotte,  ou  Gibert  de  Chazotte,  et  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  pris  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  de  sa  région. 

Elle  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  Germain  de  Montauzan,  Balay,  Brunel  de 
Moze,  Coste.  de  Thézan  1899,  etc. 

CHÉ  (Leulier  delà  Faveriedui.  'Voyez  :  Leulier  de  l.\  Faverie  du  Ché. 

CHÉBROU  du  PETIT  CHATEAU,  de  la  ROULIÈRE  et  de  LESPINATZ. 

Armes  :  d'aswr  à  un  cerf  (anciennement  un  chevreau)  grimpant 
d'argent.  —  Aliàs  :  écarlelé  :  aux  1  et  4  d'or  à  une  croix  pattée  et 
alaisée  dCazur,  cantonnée  de  quatre  flammes  de  gueules;  aux  2  e/  3 
d'azur  à  un  cerf  grimpant  d'argejit.  —  Couronne  :  de  Marquis.  — 
Supports  :  deux  lions,  celui  à  sénestre  ayant  la  tête  contournée. 

La  famille  Chebroo  est  originaire  de  Niort,  en  Poitou,  où  dès  le 
xvn^  siècle  elle  occupait  un  rang  distingué.  On  en  trouvera  des  généa- 
logies dans  les  manuscrits  de  Chérin  et  dans  le  Dictionnaire  histo- 
rique et  généalogique  des  familles  du  Poitou.  Ce  dernier  travail  fait 
remonter  la  filiation  à  un  Nicolas  Chébrou  qui  avait  épousé  Françoise 
Garnault  et  dont  le  fils,  Laurent  Chébrou,  sieur  do  la  Brosse,  décédé  en 
1698  à  l'âge  de  75  ans,  fut  nommé  maire  deNioii  en  1674.  Laurent  Ché- 
brou avait  épousé  Renée  Couprie,  lillo  d'un  bourgeois  de  Niort.  Leur 
fils,  Laurent  Chébrou,  marié  en  lt82  à  Françoise-Louise  Gerbier,  fille 
d'un  marchand  de  Niort,  était  conseiller  et  avocat  du  Roi  en  la  séné- 
chaussée du  Poitou,  au  siège  royal  et  ressort  de  Niort,  ancien  maire, 
capitaine  et  échevin  en  ladite  ville,  quand  il  fit  enregistrer  son  blason 
à  l'Armoriai  général  de  1696.  Il  fut  plus  tard  subdélégué  général  de 
l'intendance  de  Bretagne  et  mourut  à  Rennes  en  octobre  1733.  On 
s'explique  mal  comment  ce  même  monsieur  maître  Laurent  Chébrou, 
conseiller,  avocat  du  Roi  de  la  sénéchaussée  de  Poitou  et  ressort 
de  la  ville  de  Niort,  reçut  pour  lui  et  pour  ses  fils  en  mai  1736,  c'est- 
à-dire  plus  de  deux  ans  après  sa  mort,  des  lettres  d'anoblissement 
dont  on  trouvera  le  texte  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  Ses  deux  fils, 
monsieur  maître  Jean-Madeleine  Chébrou,  sieur  du  Petit-Château, 
baptisé  à  Niort  en  1683,  et  Jean-Victor  Chébrou,  sieur  de  la  Roulière, 
né  à  Niort  en  1686,  chevalier  de  Saint-Louis  en  172 i,  anoblis  en  même 
temps  que  leur  père,  firent  enregistrer  ces  lettres  de  noblesse  au 


Dir.TIONNAFFlR     I)  K  S     KAAin.  I.TS     F  H  V  N  Ç  A  I  S  R  S  237 

Parlement  de  Paris  le  4  avril  1737.  Ces  deux  frères  furent  les  auteurs 
de  deux  branches. 

La  branche  aînée  s'est  éteinte  en  la  personne  de  Laurent-Charles 
Chébrou,  Sgr  du  Petit-Chàteau,  né  en  1770,  qui  épousa  successive- 
ment en  1801  M""  de  Réals-Mornac  et  en  1827  M'"'  de  Beaucorps  et 
qui  mourut  en  1858  sans  laisser  de  postérité. 

Jean-Victor  Chébrou,  Sgr  de  la  Roulière,  auteur  de  la  seconde 
branche,  fut  nommé  en  1744  lieulenant-colonel  du  régiment  de 
Mestre  de  camp  général-dragons  et  mourut  à  Niort  en  1765  Son  fîls, 
Antoine-Jean-Laurent  Chébrou,  Sgr  de  la  Roulière,  né  à  Niort  en  1726, 
chevalier  de  Saint-Louis,  épousa  en  1757  M""  Pastours  de  Neuville, 
lille  d'un  receveur  des  tailles  ;  il  prit  part  en  1 789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  dans  sa  ville  natale  et  mourut  en  1804.  Il  avait  eu 
trois  fils  dont  le  second  mourut  à  Hambourg  en  1797,  pendant  l'émi- 
gration, et  dont  les  deux  autres,  Jean-Victor-Madeleine  Chébrou  de 
la  Roulière,  né  en  1768,  et  Jean-Victor  Chébrou  de  Lespinatz,  né  à 
Niort  en  1773,  ont  été  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

Jean-Victor-Madeleine  Chébrou  de  la  Roulière,  auteur  du  premier 
rameau,  épousa  en  1806  M""  BourasseaudelaRenollière  ;  il  fut  sous  la 
Restauration  maire  de  Niort  et  président  du  Conseil  général  des  Deux- 
Sèvres.  Il  eut  un  fils,  dont  la  descendance  subsiste,  et  plusieurs  filles 
dontl'une,  décédée  en  1875,  fut  supérieure  du  Sacré-Cœur  deToulouse. 
Jean-Victor  Chébrou  de  Lespinatz,  auteur  du  second  rameau,  avait 
demandé  en  1786  à  être  admis  à  l'École  militaire  ;  sa  demande  fut 
rejetée  parce  qu'il  lui  manquait  un  degré  de  noblesse,  son  bisaïeul 
étant  mort  avant  l'expédition  des  lettres  d'anoblissement  qui  lui 
avaient  été  accordées.  Mais  une  lettre  de  M.  de  S'ergennes,  datée  du 
26  juin  1786  et  conservée  dans  les  manuscrits  de  Chérin,  apprend 
qu'en  raison  de  cette  circonstance  spéciale  le  Roi  autorisa  le  jeune 
Lespinatz  à  être  admis  dans  les  emplois  militaires  sans  avoir  le  cer- 
tificat du  généalogiste  des  Ordres  de  Roi.  Ce  jeune  homme  devint 
dans  la  suite  inspecteur  général  des  haras,  fut  créé  chevalier  de 
l'Empire  par  lettres  du  19  juin  1813  et  mourut  en  1838.  Il  avait  épousé 
en  1797  M""  de  Rocques,  fille  d'un  maréchal  de  camp.  Il  fut  père 
d'Antonin  Chébrou  de  Lespinatz,  directeur  du  haras  de  Pompadour 
en  1834,  qui  a  laissé  un  fils,  né  à  Limoges  en  1836. 

Principales  alliances  :  de  la  Laurencie  1764,  Savatte  de  la  Plisson- 
nière  1806,  de  Boscal  de  Réals-Mornac  1801,  de  Beaucorps  1827, 
d'Aviau  de  Piolant  1838,  de  Lespinay  1846,  de  Meckenheim  1875,  de 
Crozé,  de  Tudert  1876,  de  Rocques  1797,  de  Forestier  1838,  le  Bour- 
guignon-Duperré  de  l'Isle  1911,  de  Lastic-Saint-Jal  1901,  Bailloud  de 
Masclary  1906,  etc. 


238  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHEFDEBIEN  (Dubois  de).  Voyez  :  Dubois  de  Chefdebien. 

CHEFDEBIEN  dARMISSAN  et  de  ÇAGARRIGA  (de).  Armes  :  d'azur  à 
une  fasce  d'argent  accompagnée  en  chef  d'un  lion  Jéopardé  d'or, 
armé  et  lampassé  de  gueules,  et  en  pointe  d'un  lion  léopardé,  con- 
tourné de  même.  — Couronne  :  de  Vicomte.  —  Supports  :  deux  lions 
armés  et  lampassés  de  gueules.  —  Devise  :  Dux  fui,  sum  et  ero.  — 
Cri  de  guerre  :  Virtute  !  —  Le  rameau  qui  a  relevé  le  nom  de  la 
famille  de  Çagarriga  porte  les  armoiries  mentionnées  plus  haut 
sur  celles  des  Çagarriga  qui  sont  :  écartelé  :  au  1  d'argent  à  trois  vols 
abaissés  de  gueules,  qui  est  dAlemany,  mi-parti  d'or  à  quatre  pals 
de  gueules,  qui  est  d'Aragon  moderne  ;  au  2  d'or  à  une  souche  de 
chêne  terrassée  de  sinople,  qui  est  de  Çagarriga  ;  au  3  d'or  au  cerf 
passant  d'azur,  qui  est  de  Nouvellan  ;  au  4  d'azur  à  un  pont  à  deux 
arches  d'argent  sur  lequel  est  un  chevalier  armé,  monté  sur  un  cheval 
d'argent,  la  lance  abaissée  contre  une  tour  de  même,  au  flanc  droit, 
qui  est  de  la  Puente.  —  Lécu  posé  sur  une  aigle  d'Empire. 

La  famille  de  Chefdebien  appartient  à  la  noblesse  du  Languedoc 
où  elle  a  possédé,  entre  autres  biens,  l'importante  seigneurie  d'Ar- 
missan,  située  au  diocèse  deNarbonne.  On  en  trouvera  des  généalo- 
gies dans  le  Dictionnaire  delà  noblesse  de  M.  de  Courcelles  et  dans 
le  premier  volume  de  Y  Armoriai  du  Languedoc  de  M.  de  la  Roque. 
D'après  la  tradition,  elle  serait  originaire  de  Bretagne;  de  ce  pays 
elle  serait  venue  se  fi.xer  en  Poitou  au  commencement  du  xvi*  siècle 
et  René  de  Chefdebien  aurait  établi  sa  résidence  en  Languedoc  après 
le  mariage  qu'il  contracta  le  il  octobre  1574  avec  Marguerite  de 
Bandinel.  D  après  le  travail  de  M.  de  la  Roque  ce  René  de  Chefde- 
bien aurait  été  baron  de  Chavenay  en  Poitou  ;  d'après  ce  même 
auteur  il  aurait  été  fils  d'un  Charles  de  Chefdebien,  baron  de  Chave- 
nay, Sgr  de  Pamparé,  qui  aurait  épousé  le  2o  décembre  1542  Martine 
deNoyelles,  et  petit-fds  dun  Robert  de  Chefdebien,  Sgr  de  Chavenay 
et  de  Pamparé,  en  Poitou,  qui  aurait  épousé  Mathurine  Lemoyne. 

On  ne  voit  pas  qu'il  ait  jamais  existé  ni  en  Bretagne,  ni  en  Poitou, 
de  famille  noble  du  nom  de  Chefdebien.  Kerviler  mentionne  cepen- 
dant dans  son  Répertoire  de  biobibliographie  bretonne  que  François 
Myron,  général  des  finances  en  Bretagne,  maire  de  Nantes  en  1578, 
avait  épouséRenée  Chefdebien,  décédée  à  Nantes  le  25  novembre  1581 . 
Beauchet-Filleau  mentionne  d'autre  part  que,  par  acte  passé  le  10  dé- 
cembre 1596  devant  Leriche,  notaire  à  Saumur,  René  de  Chefdebien 
vendit  à  Éléonore  de  Bourbon,  abbesse  de  Fontevrault,  le  fief  de  Cha- 
venay qu'il  possédait  en  la  paroisse  de  Vézières  (Vienne). 
Dans  la  réalité  la  famille  de  Chefdebien  est  connue  en  Languedoc 


DICTIONNAIRE     DRS    FAMILLES     FRANÇAISES  239 

antérieurement  à  1574  et  paraît  tirer  sa  noblesse  des  charges  que  ses 
membres  exercèrent  au  bureau  des  finances  et  à  la  Cour  des  aides 
de  Montpellier.  Un  François  de  Chefdebien,  qui  n'est  pas  mentionné 
dans  le  travail  de  M.  de  la  Roque,  fut  reçu  en  1553  trésorier  général 
des  finances  de  France  au  bureau  des  finances  de  Montpellier.  René 
de  Chefdebien,  mentionné  plus  haut,  fut  reçu  le  24  mai  1558  con- 
seiller au  Grand-Conseil  et  fut  de  1578  à  1592  premier  président  en 
la  Cour  des  aides  de  Montpellier.  Ce  fut  lui  qui  acquit  en  Languedoc 
les  seigneuries  de  Puisserguier  et  d'Armissan.  Son  fils,  Jean-Fran- 
çois Chefdebien,  Sgr  d'Armissan,  marié  le  1*''  septembre  1622  à  Mar- 
guerite de  Vieu,  fut  nommé  en  1613  président  en  la  Cour  des  comptes, 
aides  et  finances  de  Montpellier;  d'après  le  travail  de  M.  de  la  Roque 
il  aurait  été  gentilhomme  ordinaire  de  la  chambre  du  Roi.  Il  laissa 
quatre  fils,  Henri,  Etienne,  mestre  de  camp  de  cavalerie,  Gilbert  et 
César,  qui  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le  14  janvier  1669  par 
jugement  de  M.  de  Bezons,  intendant  du  Languedoc.  L'aîné  de  ces 
quatre  fils,  Henri,  gentilhomme  ordinaire  de  la  chambre  du  Roi 
en  1651,  avait  obtenu,  par  lettres  patentes  du  mois  de  décembre  de 
cette  même  année,  l'érection  en  vicomte  de  sa  seigneurie  d'Ar- 
missan ;  il  laissa  deux  fils  qui  n'eurent  pas  de  postérité  mâle.  Un  des 
puînés,  Gilbert  de  Chefdebien,  Sgr  de  l'Haute,  capitaine  de  chevau- 
légers,  épousa  en  1677  Marie-Isabeau  d'Audéric  de  Lastours  et  con- 
tinua la  descendance.  François  de  Chefdebien,  Sgr  de  l'Haute  et  de 
Bizanet,  petit-fils  du  précédent,  capitaine  au  régiment  de  Piémont, 
chevalier  de  Saint-Louis,  marié  en  1758  à  Gabrielle  de  Solas,  releva 
le  titre  de  vicomte  d'Armissan  qui  avait  été  conféré  à  son  grand-oncle. 
Il  eut  cinq  fils  qui  furent  tous  cinq  admis  dans  l'Ordre  de  Malte. 
L'aîné  de  ces  cinq  frères,  François-Marie  de  Chefdebien,  vicomte 
d'Armissan,  colonel  de  chasseurs  au  service  de  l'Ordre  de  Malte, 
épousa  le  8  mai  1792  Eulalie  de  Çagarriga  (ou  Zagarriga),  dernière 
représentante  d'un  rameau  de  l'ancieime  famille  de  Çagarriga,  encore 
existante,  à  laquelle  il  a  été  en  son  lieu  consacré  une  notice.  Il  en 
eut  lui-même  deux  fils,  Roch  de  Chefdebien,  vicomte  d'Armissan, 
magistrat  démissionnaire  en  1830,  marié  en  1828  à  M"^  de  Raynaud, 
et  Paul  de  Chefdebien,  connu  sous  le  titre  de  baron  de  Çagarriga, 
ofiicier  de  marine  démissionnaire  en  1830,  marié  en  1833  à  M"®  de 
Richard  de  Gaix,  qui  ont  été  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

François- Anne,  vicomte  de  Chefdebien  d'Armissan,  Sgr  de 
Bizanet,  chevalier  de  Saint-Louis  ;  sa  femme,  Gabrielle  de  Solas, 
vicomtesse  de  Chefdebien,  dame  des  fiefs  de  Leitière  et  de  Mont- 
laurés  ;  et  leur  fils  aîné,  François-Marie  de  Chefdebien  d'Armissan, 
chevalier  de  Malte,  major  de  chasseurs  au  service  du  Roi,  prirent 


240  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Carcassonne. 

La  famille  de  Ghefdebien  a  fourni  de  nombreux  officiers  dont  l'un 
fut  tué  à  Rosbach  en  1757,  des  magistrats  de  grand  mérite,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Ponte  d'Albaret,  d'Audéric  de  Lastours 
1677,  de  Chambert  le^'ô,  1711,  deÇagarriga  1792,  de  Richard  de  Gaix 
1833, de  Balanda,  de  Baderon  de  Maussac,  dTzarn  de  Valady  1911 ,  etc. 

CHEF-d'HOSTEL  de  BEAULIEU  (de).  Armes  (d'après  le  Dictionnaire 
historique  des  cojtimunes  du  déparlement  de  l'Eure,  de  Charpillon)  : 
à'or  à  deux  lions  rampants  de  gueules,  affrontés  sur  un  tertre  de 
sinople;  au  chef  d'azur  chargé  d'une  télé  d'homme  au  naturel  entre 
deux  étoiles  d'argent. 

La  famille  de  Chef-d'Hostel  est  anciennement  et  honorablement 
connue  dans  la  bourgeoisie  de  la  Haute-Normandie. 

Haag  mentionne  dans  sa  France  proiesianle  un  sieur  Chef-d'Hostel 
de  Beaulieu,  de  Rouen,  qui,  lors  de  la  révocation  de  ledit  de  Nantes, 
prit  la  fuite  avec  sa  femme  Suzanne  Boulcnger,  abandonnant  leurs 
trois  tilles.  Le  même  auteur  mentionne  encore  Philippe  Chef-d'Hostel 
de  Beaulieu,  bourgeois  de  Rouen,  qui,  vers  la  même  époque,  solli- 
cita Tautorisation  de  vendre  ;  M.  de  la  Bourdonnaye,  intendant,  lit 
observer  à  ce  sujet  qu'il  serait  dangereux  de  se  relâcher  avec  les 
nouveaux  convertis. 

Louis  Chef-d'Hostel,  né  à  Rouen,  négociant,  décédé  le  7  mai  4799 
à  CoUetot  (Eure),  s'occupa  avec  distinction  des  sciences  physiques 
et  météorologiques  et  fit  partie  de  l'Académie  de  Rouen. 

La  terre  de  Beaulieu,  dont  la  famille  Chef-d'Hostel  joint  le  nom  au 
sien,  est  située  dans  la  commune  d'Ktreville  (Eurej.  Elle  était  en  1772 
la  propriété  du  marquis  d'Estampes. 

Principales  alliances  :  Thomas  de  Bosmelet,  Quesnel,  de  la 
Rocques,  etc. 

CHEFFONTAINES  (de  Penfétényo  de).  'Voyez  :  Penfétényo  de  Cheffon- 

TAINES  ET   DE  KeRVÉRKGDEN   (DE). 

CHÉGOIN  (de). 

La  famille  de  Chégoin  appartient  à  la  haute  bourgeoisie  du  Niver- 
nais. Elle  a  été  représentée  en  1789  aux  assemblées  du  Tiers  État  de 
cette  province. 

Elle  a  fourni  un  médecin  distingué,  Nicolas-Joseph-Hervez  de 
Chégoin,  né  en  1791  à  Entrains  (Nièvre),  officier  de  la  Légion  d'hon- 
neur, décédé  à  Paris  en  1877. 

Principales  alliances  :  de  Violaine,  de  Chégoin  1 875  et  vers  1840,  etc. 

CHEIS£S(Baret  des).  Voyez  :  Baret  des  Chbises  et  du  Goudbbt. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  241 

CHEISSERIE  (de  Trémolet  de  la).  Voyez  :  Trkmolet  de  la  Gheisserie  (de). 

CHÉLAS  (de  Rémond  du).  Voyez  :  Rémond  du  Chélas  (de). 

CHELLET  de  KERDRÉAN  (de).  Voyez  :  Challet  (ou  Chellet)  de  Kerdréan 
(de;  au  tome  IX  et  aux  Additions  du  tome  X. 

CHÉLERS  (Quarré  de).  Voyez  :  Quarré  de  Chélers. 

CHÉMELLIER  (Petit  de).  Voyez  :  Petit  de  Ghémellier. 

CHÉMERAULT  (Gilbaud  de).  Voyez  Gilbaud  de  Ghémerault. 

CHEMIN  de  CHASSEVAL  (du).  Voyez  :  DuchemindeGhasseval. 

CHEMIN  de  VAUBERNIER  et  des  CÉPEAUX  (du).  Voyez  Duchemin  de 

^'ADBERNIERET  DES   CÉPEAUX. 

CHEMINEAU.  Armes  :  coupé  :  au  1  parti  de  sable  à  un  lévrier  rampant 
d'or  et  de  gueules  à  Vépée  d'argent,  garnie  d'or,  posée  en  pal,  qui  est 
des  barons  militaires;  au  2  d'azur  à  un  palmier  terrassé  dor. 
Jean  Ghemineau,  né  à  Angoulême  en '1771,  fils  d'autre  Jean  Ghemi- 
neau  et  de  Catherine  Campot,  était  colonel  au  76^  de  ligne  quand  il  fut 
créé  baron  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  26  octobre  1808.  Il  fut 
dans  la  suite  général  de  division,  commandant  de  la  place  de  Stras- 
bourg, commandeur  de  la  Légion  d'honneur  et  chevalier  de  Saint- 
Louis  et  mourut  à  Poitiers  en  18o!2.  Le  général  Ghemineau  avait  eu 
deux  fils.  L'afné  de  ceux-ci,  Jean-Jacques-Alfred,  baron  Ghemineau,  né 
en  181 1 ,  conseiller  à  la  Cour  de  Poitiers,  puis  à  la  Cour  de  cassation, 
décédé  en  1878,  a  lui-même  laissé  un  fils. 

CHENAUX  des  ROSIERS-DURUP  de  BALAINE.  Voyez  :  Rosiers-Durup 

DE  BaLAINE  (des). 

CHENAY  (Paillard  du).  Voyez  :  Paillard  du  Ghenay. 

CHÊNE  (Mabille  du).  Voyez  :  Mabille  de  la  Paumelière  et  du  Chêne. 

CHENECEY  (de  Pillot  de).  Voyez  :  Pillot  de  Chenecey,  de  Goligny-Gha- 

TILLON  ET  de  ChANTRANS  (de)  . 

CHÊNEDOLLÉ  (Lioult  de).  Voyez  :  Lioult  de  Chènedollé. 

CHENELETTE  (Agniel  de).  Voyez  :  Agniel  de  Ghenelette. 

CHENELIÈRE  (Ernoult  de  la).  Voyez  :  Ernoult  de  la  Chènelière. 

CHÉNERILLES  (d'Isoard-).  Voyez  :  Isoard-Chénerilles  (d'). 

X.  16 


242  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHENEST  de  MONTAUDIN. 

Famille  de  haute  bourgeoisie. 

M.  Ernest  Chenest  fut  connu  sous  le  nom  de  Chexest  de  Montaudin 
après  le  mariage  qu'il  contracta  vers  1860  avec  M''^  Caroline-Louise 
Brière  de  Montaudin.  Leur  fille  a  épousé  en  1882  ^I.  André  Collas  de 
Gournay. 

CHÉNEVARIN  iDelamare  de  la  Villenaise  de).  Voyez  :  Delamare  de  la 

^'ILLE^■AISE  DE  ChÉ.NEVARIN. 

CHÉNEVIÈRE  (Robert  de).  Voyez  :  Robert  de  Chénevière. 

CHÉNIER  du  CHARPREAU.  Armes  :  d'argent  à  un  chevron  de  gueules 
accompagné  en  chef  de  deux  branches  de  chêne  péries  en  chevron, 
les  tiges  en  bas,  garnies  de  trois  feuilles  de  sinople  et  d'un  gland 
d'or,  et  en  pointe  d'un  lévrier  courant  de  sable,  langue  de  gueules. 

La  famille  Chéxier  du  Charpreal^  aujourd'hui  fixée  en  Bordelais, 
est  originaire  du  Poitou  où,  dès  le  xvii*  siècle,  elle  occupait  un  rang 
honorable  dans  la  bourgeoisie.  On  trouvera  sur  elle  quelques  rensei- 
gnements dans  le  Dictionnaire  historique  et  généalogique  des 
familles  du  Poitou.  Ignace  Chénier  du  Charpreau,  avocat  au  prési- 
dial  de  Poitou,  était  le  6  mai  1643  sénéchal  des  baronnies  de  Puy- 
belliard,  Cliantonnay  et  Sigournay.  Adrien  Chénier,  fermier,  fut 
nommé  en  1639  consul  des  marchands  de  Poitiers  ;  il  fut  élu  en  1648 
premier  consul  et  en  1631  juge.  Adrien  Chénier  du  Charpreau,  marié 
en  1689  à  Radegonde  Belhoir,  fut  conseiller  au  présidial  de  Poitiers 
en  1693  et  l'était  encore  en  1723.  On  doit  sans  doute  l'identifier  avec 
un  Adrien  Chénier,  conseiller  au  présidial  de  Poitiers,  qui  fit  enre- 
gistrer à  l'Armoriai  général  de  1696  ses  armoiries  telles  qu'elles  sont 
décrites  en  tête  de  cet  article  et  telles  que  la  famille  les  porte  encore 
de  nos  jours.  Charles  Chénier,  greffier  des  rôles  de  la  paroisse  de 
Fiose,  et  Jean  Chénier,  curé  de  Coullon,  eurent  leurs  armes  inscrites 
d'ofiîce  au  même  Armoriai.  Grégoire  Chénier  du  Charpreau  était  en 
1760  bourgeois  de  la  maison  commune  de  Poitiers.  L'abbé  Chénier 
du  Charpreau  fut  de  1775  à  1781  vicaire  à  Jazeneuil. 

A  la  môme  souche  paraît  avoir  appartenu  un  Pierre-Jean  Chénier 
qui  fut  pourvu  le  17  août  178o  de  la  charge  de  contrôleur  général 
alternatif  du  bureau  des  finances  de  la  généralité  de  Poitiers. 

La  famille  Chénier  du  Charpreau  était  représentée  de  nos  jours  à 
Bordeaux  par  M.  Adrien  Chénier  du  Charpreau,  marié  en  1857  à 
M"*  Bouyer,  aujourd'hui  décédé,  et  par  son  fils,  André. 

CHÉNIER  (de).  Armes  :  d'argent  à  un  chêne  de  sinople  fruité  de  trois 


DICTIONNAIUR     D  R  S    FAMILI.KS    PRANÇAISFCS  243 

glanch  d'or,  naissant  d'une  terrasse  de  sinople  et  accosté  de  trois 
coupeaux  de  sable  issant  de  la  terrasse. 

La  famille  à  laquelle  appartenaient  les  célèbres  poètes  Joseph  et 
André  de  CuiiNiEn  était  originaire  du  Poitou  comme  la  famille  Chénier 
du  Charpreau.  Malgré  la  différence  des  armoiries  elle  était  vraisem- 
blablement une  branche  de  cette  famille  détachée  de  la  souche  à  une 
époque  inconnue.  On  trouvera  sur  elle  des  renseignements  dans 
V Annuaire  de  la  noblesse  de  1881. 

Elle  descendait  de  Claude  Chénier,  bourgeois,  demeurant  à  Cha- 
landray,  en  Poitou,  qui  avait  épousé  Françoise  de  Pelletier  dans 
la  première  moitié  du  xvii"  siècle.  Pierre  Chénier,  fils  de  Claude, 
vint  se  fixer  en  Languedoc  après  le  mariage  qu'il  contracta  à  Car- 
cassonne  en  1658  avec  Marie  de  Ricardou,  fille  de  Nicolas,  marchand 
de  cette  ville.  Louis  Chénier,  ou  de  Chénier,  né  à  Montfort,  près  de 
Toulouse,  décédé  le  26  mai  1796,  fut  consul  général  de  France,  puis 
chargé  d'affaires  au  Maroc.  Il  avait  épousé  à  Constantinople,  en  1759, 
une  grecque  d'une  rare  beauté,  nommée  EHsabeth  Santi-Lomaca. 
11  en  eut  quatre  fils,  Constantin,  Louis,  André  et  Joseph  de  Chénier, 
qui  prirent  les  quahfications  nobiliaires  bien  que  leur  famille  n'ait 
jamais  eu  de  principe  d'anobhssement  bien  régulier.  L'aîné  de  ces 
quatre  frères,  Constantin  de  Chénier,  fut  consul  général  de  France  et 
mourut  en  1837  sans  laisser  de  postérité.  Le  second,  Louis  de  Ché- 
nier, né  à  Constantinople  en  1761,  cadet  gentilhomme  au  régiment 
de  Bassigny,  lut  père  de  Gabriel  de  Chénier,  né  en  1800,  avocat  à 
Paris,  chevalier  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  à  Jouy-en-Josas  en 
1880,  qui  fut  le  dernier  représentant  mâle  de  sa  famille  et  qui  de  son 
mariage  avec  M'"=  Frémaux,  décédée  en  1892,  eut  un  fils  unique 
décédé  en  1869.  Tout  le  monde  sait  que  le  troisième,  André  de  Ché- 
nier, né  à  Constantinople  en  1762,  guillotiné  à  Paris  le  25  juillet  1794, 
fut  un  des  plus  brillants  poètes  de  son  temps.  Joseph  de  Chénier,  né  à 
Constantinople  en  1764,  le  plus  jeune  des  quatre  frères,  fut  égale- 
ment un  poète  distingué.  Il  joua  un  rôle  politique  important,  embrassa 
avec  ardeur  les  idées  révolutionnaires,  fut  nommé  député  de  Seine- 
et-Oise  à  la  Convention  où  il  vota  la  mort  de  Louis  XVI,  fut  président 
du  Conseil  des  Cinq-Cents,  puis  membre  du  Tribunat,  fut  disgracié 
sous  le  Premier  Empire  et  mourut  en  1811  sans  laisser  de  postérité; 
il  avait  été  admis  à  l'Institut  le  19  brumaire  an  IV. 

CHENNEVIÈRES  (de).  Armes  :  d'argent  à  une  merlette  de  sable  en 
abîme  et  huit  étoiles  de  gueules  en  orle.  —  Aliàs  :  de  gueules  à  un 
écusson  d'argent  chargé  d'une  merlette  de  sable  et  un  orle  de  huit 
étoiles  d'argent.  —  Couronne  :  de  Marquis. 


244  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  de  Chenxevières  appartient  à  la  noblesse  de  Normandie. 
Elle  a  eu  pour  auteur  Guyot  de  Ghennevières  qui  fut  anobli  aux 
franc s-fiefs  en  1471.  Jacques  de  Ghennevières,  issu  du  précédent, 
demeurant  en  la  paroisse  de  Durcet,  dans  l'élection  de  Falaise,  fut 
anobli  à  nouveau  par  arrêt  de  1523.  La  souche  se  partagea  en  un 
certain  nombre  de  branches  dont  le  point  de  jonction  est  mal  connu. 

On  trouvera  dans  les  manuscrits  de  Chérin  un  tableau  généalogique 
de  la  branche  des  seigneurs  de  Nointel,  actuellement  existante.  Ce 
travail  fait  remonter  la  fdiation  à  un  Thomas  de  Ghennevières  qui  avait 
épousé  Guillemine  Hainard  et  dont  les  fils  partagèrent  la  succession 
par  acte  du  26  juin  1520.  L'un  de  ces  fds,  Olivier,  sieur  de  la  Saulsaye, 
laissa  lui-même  deux  fils,  Thomas  de  Ghennevières  et  François  de 
Ghennevières,  sieur  de  la  Saussaye,  qui  obtinrent  le  26  novembre  1550 
une  sentence  de  l'élection  de  Falaise.  Ges  deux  frères  furent  les 
auteurs  de  deux  rameaux. 

Thomas  de  Ghennevières,  écuyer,  auteur  du  premier  rameau, 
épousa  Anne  Drieu.  Il  en  eut  lui-même  deux  fds  :  1°  noble  homme 
Thomas  de  Ghennevières,  sieur  de  Saint-André,  marié  en  octobre  1558 
à  Gilonne  de  Logey,  qui  continua  la  descendance  ;  2°  Jacques  de 
Ghennevières,  sieur  de  la  Valonnière,  marié  successivement  en  1567 
à  Françoise  du  Merle  et  en  1573  à  Glaude  le  Verrier,  dont  le  petit-fds, 
Louis  de  Ghennevières,  sieur  de  la  Valonnière,  marié  en  1649  à  Marie 
Billard  de  Ghampeaux,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  15  mai  1667 
avec  ses  trois  fils  par  jugement  de^L  de  Marie,  intendant  d'Alençon. 
François  de  Ghennevières,  sieur  de  la  Couture,  fils  de  Thomas  et  de 
Gilonne  de  Logey,  épousa  en  mai  1 588  Françoise  de  la  Forge.  Il  fut  père 
de  Jacques  de  Ghennevières,  Sgr  et  patron  de  Nointel,  qui  épousa 
successivement  en  1613  Françoise  des  Rotours  et  en  1641  Jacqueline 
d'Harcourt,  grand-père  de  Jacques  de  Ghennevières,  Sgr  de  Nointel, 
qui  épousa  en  16ul  Charlotte  Viel  et  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse 
en  même  temps  que  ses  cousins,  le  15  mai  1667,  par  jugement  de 
M.  de  Marie,  et  bisaïeul  de  Charles  de  Ghennevières,  Sgr  de  Nointel, 
qui  épousa  le  11  janvier  1680  Françoise  de  Corday.  Philippe-Charles- 
Alexandre  de  Ghennevières,  arrière-petit-fils  de  ce  dernier,  né  en  1759 
au  château  de  Nointel,  au  diocèse  de  Séez,  fit  en  1777  ses  preuves  de 
noblesse  pour  être  admis  parmi  les  chevau-légers.  Il  fut  père  de 
Charles-Philippe,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Chennevières- 
Nointel,  membre  de  l'Institut,  directeur  des  Beaux-Arts,  qui  est  décédé 
en  1899  à  l'âge  de  78  ans  laissant  trois  enfants  de  son  mariage  en  1849 
avec  M"*  Lafontan,  et  grand-père  d'Henri,  marquis  de  Ghennevières, 
qui  a  épousé  en  1890  M"*  Sangnier,  petite-fille  du  célèbre  avocat 
Lachaud  et  sœur  de  M.  Marc  Sangnier,  fondateur  du  Sillon. 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES     FRANÇAISES  245 

Le  rameau  cadet,  issu  de  François,  sieur  de  la  Saussaye,  fut  main- 
tenu dans  sa  noblesse  le  13  août  4666  par  jugement  de  M.  de  Marie. 
On  en  trouvera  un  tableau  généalogique  dans  les  Dossiers  bleus. 

La  branche  des  seigneurs  de  la  Boisgentière  était  représentée  sous 
Louis  XIV  par  Isaac  de  Chennevières,  demeurant  à  Mutrécy,  en 
l'élection  de  Caen,  marié  en  1656  à  Rolande  Uouault,  qui,  lors  de  la 
recherche  de  1666,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  par  jugement  de 
l'intendant  Chamillart  après  avoir  justifié  qu'il  était  fds  de  Louis, 
petit-fils  d'autre  Louis  et  arrière-petit-fils  de  Georges  de  Chennevières. 

Une  autre  branche  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  le  8  août  1667 
par  jugement  de  M.  de  Marie,  intendant  d'Alençon,  après  avoir  justifié 
sa  filiation  depuis  Jean  de  Chennevières  mentionné  dans  un  acte 
de  1503. 

MM.  de  Chennevières  et  de  Chennevières  de  Saint-Denis  prirent  part 
en  ilSQ  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  bailliage  de  Falaise. 

La  famille  de  Chennevières  a  fourni  un  page  de  la  Grande  Écurie 
en  1756,  de  nombreux  officiers,  etc. 

Principales  alliances  :  des  Rotours  1613,  le  Doulcet  de  Pontécou- 
lant  1722,  d'Orglandes,  d'Harcourt  1641,  Billard  de  Champeaux  1649, 
1667,  de  Vanssay  1706,  du  Merle  1567,  Testu  de  Balincourt,  de 
Corday  1680,  de  Trémaudan  1872,  de  la  Haye  d'Ommoy  1810,  de 
^'aucelles  1621,  etc. 

CHENON  (Desmier  de).  Voyez  :  Desmier  de  Chenon,  de  Grosboust,  de 

LiGOUYER,  dOlBREUSE,  DU  RoC  ET  DE  SaINT-SiMON  d'ArCHIAC. 

CHENON  de  LÉCHÉ.  Armes  :  (ïazur  à  trois  canes  d'argent,  2  eti.  — 
Couronne  :  de  Comte. 

Ancienne  famille  du  Berry. 

Luc  Chenon  (de  Plancheron)  possédait  dès  1708  le  fief  noble  de 
Léché  dont  ses  descendants  ont  conservé  le  nom. 

Etienne-Luc  Chenon,  bourgeois  de  Saint-Janvrin,  épousa  dans  les 
dernières  années  du  xvm"  siècle  M"^  Légier  de  la  Chassaigne,  fille 
d'un  lieutenant  aux  bailliage  et  comté  de  Chateaumeillant  et  héritière 
des  anciens  fiefs  nobles  d'Aire  et  de  Bord  que  leur  descendance  a 
conservés  jusqu'à  nos  jours. 

On  ne  connaît  pas  à  la  famille  Chenon  de  Léché  de  principe  d'ano- 
blissement et  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  pris  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  du  Berry. 

Principales  alliances  :  Légier  de  la  Chassaigne,  d'IIaranguier  de 
Quincerot,  Goubault  de  Lavallas,  etc. 

La  famille  Chenon  de  Léché  paraît  n'avoir  aucun  rapport  avec  celle 


-246  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

de  Gabriel-François  Chenon  de  Beaumont,  né  en  1741,  conseiller  élu 
en  l'élection  du  Mans,  décédé  en  1819,  qui  fut  député  du  Tiers  Etat 
du  Maine  aux  États  généraux  de  1789. 

On  trouve  aussi  qu'un  Gabriel  Chenon,  Sgr  de  Brulon,  prit  part  en 
1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  au  Mans. 

CHENU.  Armes  (d'après  l'Armoriai  général  de  1696)  :  d'azicr  à  deux 
griffons  affrontés  d'or,  posés  sur  une  tentasse  de  sinople  ;  au  chef 
cousu  de  gueules  chargé  de  trois  étoiles  d'or. 

Famille  de  haute  bourgeoisie,  originaire  de  Vienne,  en  Dauphiné. 

François  Chenu,  capitaine  de  la  milice  bourgeoise  de  Vienne,  fit 
enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696. 

L'abbé  Chenu  était  en  1867  aumônier  et  professeur  de  logique  au 
collège  de  Vienne. 

CHENU-LAFITTE. 

Famille  de  haute  bourgeoisie,  originaire  de  Bourg-sur-Gironde. 

Antoine-Paul  Chenu,  né  dans  cette  ville  en  1837,  décédé  à  Paris  en 
1882,  fut  un  viticulteur  distingué.  Il  avait  épousé  M"^  Lafitte  dont  il 
joignit  le  nom  au  sien.  Leur  fils,  Paul-Auguste-Rogcr  Chenu,  né  à 
Bordeaux  le  7  avril  1866,  récemment  décédé,  demanda  le  lo  no- 
vembre 1889  l'autorisation  de  joindre  régulièrement  à  son  nom  celui 
de  Lafitte  sous  lequel  il  était  connu.  11  reçut  le  titre  héréditaire  de 
comte  romain  par  bref  de  S.  S.  Léon  XIII  du  2o  mai  1899.  11  avait 
épousé  M""  Péan,  fille  de  l'illustre  chirurgien. 

Principales  alliances  :  de  Barbcrin  1845,  Péan. 

CHENU  de  PIERRY. 

jNI.  Pierre-Léon  Chenu,  ancien  inspecteur  des  forêts  à  Briey, 
demanda  le  23  juin  1863  l'autorisation  de  joindre  régulièrement  à  son 
nom  celui  de  :  de  Pierry  que  portaient  ses  père,  aïeul  et  bisaïeul.  Il 
exerçait  les  mêmes  fonctions  à  Saint-Etienne  quand  il  renouvela  sa 
demande  le  10  février  1865. 

CHENU  de  MANGOU  et  de  THUET.  Armes  primitives  -.de...  à  une  main 
dextrc  soutenue  d'une  nuée  de...;  au  chef  de...  chargé  de  trois 
coquilles  de...  — Dès  la  fin  duxvii*  siècle  ces  armes  avaient  été  rem- 
placées par  celles  de  la  famille  Chenu  de  Charentonnay,  origi- 
naire de  la  même  province,  qui  était  alors  fixée  en  Bourgogne  :  d'o?" 
à  un  chevro7i  d'azur  acco)?ipagné  de  trois  hures  de  sanglier  de  sable, 
allumées  et  défendues  d'argent,  deux  en  chef  et  une  en  pointe. 

La  famille  Chenu  de  Mangou  appartient  à  la  noblesse  du  Berry. 
Elle  ne  doit  pas  être  confondue  avec  la  famille  Corbin  de  Mangou,  de 


Dir.TIONXAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  247 

la  même  province,  qui  s'est  également  perpétuée  jusqu'à  nos  jours. 
On  en  trouvera  une  généalogie  dans  les  manuscrits  de  Chérin,  au 
Cabinet  des  Titres. 

Ktiennc  Chenu,  docteur  en  médecine,  auquel  remonte  la  filiation, 
mourut  en  1537.  Son  fds,  Claude  Chenu,  marchand  à  Bourges, 
embrassa  le  protestantisme  et  fut  tué  en  1568.  Il  fut  père  de  Jean 
Chenu,  né  en  1559,  célèbre  avocat,  auteur  de  plusieurs  ouvrages  de 
jurisprudence,  décédé  en  1627. 

Jean  Chenu,  sieur  de  Mangou,  marchand  à  Bourges,  ayant  été  élu 
en  1644  échevin  de  cette  ville,  fit  la  déclaration  qu'il  voulait  vivre 
noblement  et  jouir  de  la  noblesse  héréditaire  attachée  à  ses  fonctions. 
De  son  mariage  avec  Marie  Hémeré,  il  laissa  deux  fds,  noble  Pierre 
Chenu,  sieur  de  la  Jonchère,  marié  le  27  février  1639  à  honnête  fille 
Gabrielle  Chevalier,  et  Charles  Chenu,  sieur  de  Mangou,  marié  le 
10  janvier  1652  à  honnête  fdle  Catherine  le  Rasle,  qui  furent  les  auteurs 
de  deux  rameaux.  Lors  de  la  grande  recherche  des  faux  nobles,  com- 
mencée en  1666,  ces  deux  frères  déclarèrent  vouloir  maintenir  la 
qualité  d'écuyer  comme  fds  de  Jean  Chenu,  sieur  de  Mangou,  échevin 
de  Bourges,  qui  avait  acquis  par  cet  emploi  ladite  qualité  tant  pour 
lui  que  pour  ses  successeurs.  Ils  furent  renvoyés  devant  le  Conseil 
d'État  et  contraints  par  arrêt  de  1670  de  payer  une  taxe  pour  jouir  de 
la  confirmation  des  privilèges  de  leur  noblesse.  Leur  parent,  Claude 
Chenu,  demeurant  à  Bourges,  fut,  lors  de  la  même  recherche,  con- 
damné à  l'amende  comme  usurpateur  de  noblesse. 

Le  premier  rameau  paraît  être  aujourd'hui  éteint.  Son  auteur, 
Pierre,  fut  père  de  Robert  Chenu,  écuyer,  Sgr  de  la  Grange-Bertrand, 
né  à  Bourges,  qui  épousa  à  la  Martinique  en  1687  Madeleine  Fizet. 
Cette  dame  était  veuve  quand  elle  demanda  en  1726  au  Conseil  supé- 
rieur de  la  Martinique  l'enregistrement  de  ses  titres  de  noblesse.  Elle 
laissa  trois  fds,  Jean-Baptiste,  né  en  1699,  Claude,  sieur  de  Prémo- 
rand,  né  en  1700,  et  Michel,  sieur  de  la  Jonchère,  né  en  1706.  L'aîné 
de  ceux-ci,  Jean-Baptiste-Claude  Chenu  de  Mangou,  obtint  le 
7  mai  1753  l'enregistrement  de  ses  titres  de  noblesse  au  Conseil  supé- 
rieur de  l'île. 

Charles  Chenu,  sieur  de  Mangou,  auteur  du  second  rameau,  fut 
père  de  Jean  Chenu  de  Mangou,  écuyer,  Sgr  de  Thuet,  demeurant  à 
Bourges,  qui  épousa  le  10  octobre  1682  Catherine  Ragneau,  fille  d'un 
avocat  à  la  Cour,  grand-père  de  Joseph  Chenu  de  Mangou,  Sgr 
de  Thuet,  capitaine  au  régiment  de  la  marine,  qui  épousa  à  Bourges 
en  1725  Catherine  de  Saint-Père,  et  bisaïeul  de  Jean  Chenu  de 
Mangou,  chevalier,  Sgr  de  Thuet,  chevalier  de  Saint-Louis,  qui  épousa 
à  Vierzon  en  1 770  Marie-Thérèse  du  Teil,  fille  d'un  chevalier  de  Saint- 


248  DICTIONNAIRE    DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Louis.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse 
qu'un  fils  de  ce  dernier,  Adrien-Jean  Chenu  de  Mangou,  né  à  Vierzon 
en  1770,  fil  en  1784,  pour  être  admis  à  l'École  militaire.  Ce  rameau 
subsiste  en  Berry.  11  n'est  pas  titré. 

André  Chenu,  écuyer,  conseiller  du  Roi  au  présidial  de  Bourges  ; 
sa  femme,  Françoise  Chenu  ;  Marie  Busson,  veuve  de  Charles  Chenu, 
écuyer,  sieur  de  Mangou  ;  Jean  Chenu,  écuyer,  sieur  de  Mangou  et 
de  Thuet,  firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696. 

MM.  Chenu  de  Mangou,  sieur  de  la  Boullais,  et  Chenu  de  la  Motte 
prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  Berry. 

La  famille  Chenu  de  Mangou  a  fourni  de  nombreux  officiers,  des 
chevaliers  de  Saint-Louis,  des  membres  de  la  Légion  d'honneur. 

Principales  alliances  :  Ajasson  de  Grandsaigne,  le  Gouz  de  Saint- 
Seine  1896,  Triboudet  de  Mainbray  vers  1835,  etc. 

11  avait  existé  dans  la  même  province  une  autre  famille  Chenu,  de 
noblesse  plus  ancienne,  qui  avait  possédé,  entre  autres  biens,  la 
seigneurie  de  Gharentonnay.  La  Thaumassière  a  donné  une  généalogie 
de  cette  famille  dans  son  Histoire  du  Berry.  Il  en  fait  remonter  la 
filiation  à  Louis  Chenu,  sieur  de  Charentonnay,  marié  à  Robine 
Aubert,  dont  le  fils  Jean  Chenu,  sieur  de  Charentonnay,  demeurant  à 
Bourges,  est  mentionné  dans  des  actes  de  1481  et  de  1488.  Jean 
Chenu,  Sgr  de  Charentonnay,  fils,  ou  petit-fils,  du  précédent,  laissa 
deux  fils,  Jean  et  Louis,  qui  turent  les  auteurs  de  deux  branches. 

La  branche  cadette,  demeurée  en  Berry,  s'éteignit  avec  Charles  de 
Chenu,  Sgr  d'Autry-la-Viile  et  de  Corpoy,  qui  épousa  d'abord  en  1586 
Madeleine  Prévost,  dame  de  Sanzay,  puis  Anne  de  Prie,  et  qui  n'eut 
que  deux  filles,  une  de  chaque  lit,  mariées  dans  les  familles  Turpin 
de  Crissé  et  de  Ligniville. 

La  branche  aînée  a  été  omise  par  la  Thaumassière,  mais  la  Chesnaye 
des  Bois  en  a  donné  une  généalogie.  L'auteur  de  cette  branche, 
Pierre  de  Chenu,  Sgr  de  Charentonnay,  épousa  en  deuxièmes  noces, 
en  1543,  Avoye  de  Sailly.  Il  en  eut  un  fils,  François  de  Chenu,  qui 
vint  se  fixer  en  Bourgogne  par  le  mariage  qu'il  contracta  en  1574 
avec  Marguerite  de  la  Rivière.  La  famille  de  Chenu  fut  admise  en  1622 
aux  États  de  ce  pays.  Jacques  de  Chenu,  Sgr  de  Souliaux  et  de  Gas- 
tine,  arrière-petit-fils  de  François  et  de  Marguerite  de  la  Rivière,  fut 
maintenu  dans  sa  noblesse  le  26  mars  1667  par  arrêt  du  Conseil 
d'État;  il  eut  un  fils  unique  qui  mourut  sans  postérité.  Son  frère, 
Jean  de  Chenu,  né  en  16i0,  marié  le  13  mai  1672  à  Jeanne  de  Marçay, 
demeurant  à  Branches,  au  diocèse  de  Sens,  laissa  trois  fils  ; 
Alexandre,  Sgr  en  partie  de  Gastine,  né  en  1673,  marié  à  Marie 
Grandjean  ;  Edme,  Sgr  du  Souchet,  marié  en  1738  à  Marie-Madeleine 


DICTIONNAIRR     DKS    FAMILLES    FRANÇAISES  249 

Piot,  et  Charles,  Sgr  de  Boyeron,  marié  à  Jeanne  Michau.  Ces  trois 
frères  furent  les  auteurs  de  trois  rameaux  qui  subsistaient  à  l'époque 
de  la  Révolution  et  dont  plusieurs  représentants  firent  sous  Louis  XVI 
des  preuves  de  noblesse  pour  être  admis  à  l'École  militaire.  On  trou- 
vera dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que  Jeanne- 
Suzanne  de  Chenu  du  Souchet,  issue  du  second  rameau,  fit  en  1783 
pour  être  admise  à  Saint-Cyr.  MM.  de  Chenu,  père  et  (ils,  et  M.  de 
Chenu  du  Souchet  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Auxerrc. 

On  ignore  si  c'est  à  cette  souche  que  l'on  doit  rattacher 
M.  Louis-Auguste  Chenu  de  Corgy  qui  avait  épousé  Marguerite  Guérin 
d'Hormery,  décédée  en  1863,  et  dontlafille,  Marie-Augustine,  née  en 
1823  à  Saligny-le-Vel,  en  Berry,  épousa  à  Quincy  en  1846  le  baron 
Chevalier  d'Almont. 

Il  a  existé  en  Anjou  une  famille  Chenu,  de  noblesse  ancienne,  qui 
portait  pour  armes  :  (ï hermines  à  U7i  chef  losange  d'or  et  de  gueules 
de  deux  tires.  Une  branche  de  cette  famille  a  possédé  au  xv*  siècle 
la  seigneurie,  ou  principauté,  d'Yvetot,  en  Haute-Normandie.  Une 
autre  branche,  qui  possédait  en  Bretagne  les  seigneuries  de  Landor- 
mière  et  de  Clairmont,  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  d'extraction 
au  diocèse  de  Nantes  par  arrêt  du  19  janvier  1669.  La  branche  des 
seigneurs  du  Bas-Plessis,  en  la  paroisse  de  Chaudron,  en  Anjou,  eut 
pour  dernière  héritière  Renée  Chenu,  dame  du  Bas-Plessis,  mariée 
en  1668  à  François  de  Villoutreys.  La  famille  de  Villoutreys  possède 
encore  la  terre  du  Bas-Plessis,  aujourd'hui  Plessis-Villoutreys. 
Georges  et  Charles  Chenu  du  Bas-Plessis  furent  admis  dans  l'Ordre 
de  Malte  en  1597  et  1599. 

CHEPPE  (de).  Armes  :  à' argent  à  un  chewon  d'azur  chargé  de  cinq 
larmes  d'or  et  accompagné  de  trois  coupes  de  gueules. 

La  famille  de  Cheppe,  aujourd'hui  éteinte,  appartenait  à  la  noblesse 
de  Lorraine.  On  en  trouvera  des  généalogies  dans  les  manuscrits  de 
Chérin  et  dans  les  notes  de  la  Chambre  des  comptes  du  duché  de  Bar, 
l'ouvrage  de  C.-P.  de  Longeaux  pubhé  en  1907  par  le  baron  de 
Dumast. 

La  filiation  remonte  à  Pierre  de  Cheppe,  ancien  conseiller  en 
l'Hôtel  de  Ville  de  Bar-le-Duc,  décédé  en  1679.  Honorable  homme 
Claude  de  Cheppe,  marchand,  fils  du  précédent,  décédé  à  Bar  en  1692, 
fut  dans  les  dernières  années  de  sa  vie  receveur  municipal  et  con- 
seiller de  l'Hôtel  de  Ville  de  cette  ville.  Son  fils,  Pierre  Cheppe,  né 
en  1668,  marchand,  maire  de  Bar-le-Duc,  marié  en  1692  à  Antoinette 
Vaultier,  fut  anobli  le  1"  avril  1721  par  lettres  patentes  du  duc  de 


230  DICTIONNAIRE    DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Lorraine  et  obtint  le  5  du  même  mois  un  arrêt  de  la  Chambre  des 
comptes  de  Bar  ordonnant  l'enregistrement  de  ses  titres  de  noblesse. 
11  mourut  à  Bar  l'année  suivante  laissant  un  fils,  Jean-François  de 
Cheppe,  écuyer,  Sgr  de  Morville,  Grosthcrme,  etc.,  né  en  1697, 
marié  en  1722  à  Jeanne  Magot,  décédé  en  1778,  qui  fut  conseiller  du 
Roi  en  ses  Conseils  et  qui  fut  nommé  en  1734  son  avocat  général  en 
la  Chambre  des  comptes  de  Bar.  Jean-François  de  Cheppe  eut,  entre 
autres  enfants,  trois  fils  :  1°  Charles  de  Cheppe,  Sgr  de  Broussay, 
né  à  Bar  en  1726,  conseiller  au  Parlement  de  Metz  en  17o3,  décédé 
dans  sa  ville  natale  en  1812,  qui  ne  laissa  que  des  filles  ;  2°  Jean- 
François  de  Cheppe,  né  à  Bar  en  1728,  chanoine  de  Saint-Pierre,  qui 
fut  député  du  clergé  de  Bar  à  l'assemblée  des  notables  en  1787; 
3"  Sébastien-Augustin  de  Cheppe,  Sgr  de  Morville,  né  à  Bar  en  1735, 
conseiller  au  Parlement  de  Metz  en  1764,  avocat  général  en  la 
Chambre  des  comptes  de  Bar  en  1772,  décédé  dans  cette  ville  en  1784, 
qui  épousa  en  1772  M"*  André,  fille  d'un  receveur  des  finances  à  Bar, 
et  qui  continua  la  descendance.  Sébastien-Augustin  de  Cheppe  eut 
à  son  tour  deux  fils  :  1°  Claude  de  Cheppe,  nommé  en  1784,  n'ayant 
pas  encore  dix  ans,  avocat  général  en  la  Chambre  des  comptes  de 
Bar  en  remplacement  de  son  père,  plus  tard  percepteur  à  Schelestadt 
et  chevalier  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  en  1847,  dont  le  lils 
demeura  célibataire  ;  2°  Charles  de  Cheppe  de  Morville,  né  à  Bar 
en  1776,  capitaine  à  larmée  des  Princes,  chevalier  de  Saint-Louis, 
décédé  en  1860,  qui  épousa  en  1803  M"^  de  Rouyer.  Ce  dernier  laissa 
un  fils,  François  de  Cheppe,  né  en  1806,  qui  fut  le  dernier  représen- 
tant mâle  de  sa  famille  et  qui  mourut  en  1887  sans  avoir  été  marié.  Il 
eut  aussi  deux  filles,  M"'=  Gossin,  décédée  en  1838,  et  M""=  Génin, 
décédée  à  Nancy  en  1889. 

Claude  de  Cheppe,  avocat  général  en  la  Chambre  des  comptes  de 
Bar,  Charles  de  Cheppe  et  Marie  de  Cheppe  de  Morville  prirent  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Bar  ;  Charles  Cheppe, 
Sgr  de  Broussay  et  de  Rollecourt,  conseiller  au  Parlement  de  Metz, 
prit  part  à  celles  tenues  à  Saint-Mihiel. 

Principales  alliances  :  Colin  de  Contrisson  1711,  Boucher  de 
Morlaincourt  17o2,  de  Marion  1760,  Geoffroy  de  Flévy  1786,  le  Fau- 
cheux de  Montrond  1790,  de  Blair  1789,  Martin  de  Julvécourt  1791, 
de  Billaut  1763,  d'Herpont  1767,  Beaudet  de  Morlct  1795,  de 
Rouyer  1803,  etc. 

CHÉRADE  de  MONTBRON  (de).  Armes  :  d'azur  à  trois  losanges  d'or, 
'1  et  l.  —  Couronne  :  de  Comte.  —  Supports  :  deux  lions. 
La  famille  de  Chérade  de  Montbron  appartient  à  la  noblesse  de 


nir.rioNNAinr,    ni:s   familles   phançaises  251 

rAno-oumois.  On  en  trouvera  des  généalogies  dans  les  manuscrits 
de  Chérin,  dans  le  Dictionnaire  historique  et  généalogique  des 
familles  du  Poitou  et  dans  l'Annuaire  de  la  noblesse  de  1908. 

Clément  Chéradc,  auquel  remonte  la  fdiation,  était  au  milieu  du 
xvii"  siècle  marchand  de  drap  de  soie  à  Angoulème  ;  il  réalisa  tant 
dans  son  commerce  que  dans  la  banque  une  fortune  considérable. 
Il  avait  épousé  le  4  novembre  1642  Marguerite  (aliàs  Madeleine)  Cla- 
dier  qui,  étant  devenue  veuve,  vendit  pour  le  prix  de  1.500  livres  le 
fonds  de  commerce  de  son  mari.  Il  en  eut,  entre  autres  enfants,  deux 
iils  dont  l'aîné,  Etienne,  continua  la  descendance  et  dont  le  second, 
Clément,  lieutenant  de  maire  d'Angoulôme  en  1701,  eut  au  moins  une 
lille  mariée  en  1730  à  Joseph  de  Jarnac.  L'aîné  de  ces  deux  frères, 
Etienne  Chérade,  baptisé  à  Angoulème  en  1662,  était  écuyer,  con- 
seiller du  Roi,  lieutenant  général  d'Angoumois  et  maire  perpétuel 
d' Angoulème  quand  il  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général 
de  1696.  Il  fut  anobli  par  la  mairie  d' Angoulème  et  fut,  en  outre, 
pourvu  le  16  janvier  1712  de  l'office  anoblissant  de  secrétaire  du  Roi 
au  Grand  Conseil.  Puissamment  riche,  il  acquit  successivement  de  la 
maison  de  Loménie  de  Brienne  en  1699,  pour  le  prix  de  150.000  livres, 
le  comté  de  Monlbron,  un  des  plus  beaux  domaines  de  l'Angoumois, 
de  la  maison  de  la  Rochefoucauld  les  baronnies  de  Blanzac  et  de  Mar- 
thon  et  enfin  en  1704  d'Anne  d'Aumont,  veuve  de  Gilles  Fouquet,  la 
terre  seigneuriale  de  Clervaux.  Il  avait  épousé  en  1694  Madeleine 
Husson,  d'une  famille  de  Saintonge,  qui  lui  survécut  et  qui  se  rema- 
ria en  octobre  1715  à  Armand  de  Saint-Martin,  conseiller  au  Parle- 
ment de  Paris.  Son  fils,  Adrien-Etienne  Chérade,  connu  sous  le  titre 
de  comte  de  Montbron,  lieutenant  général  d'Angoulôme  en  1730, 
décédé  dans  cette  ville  en  1744,  avait  épousé  en  1735  Louise  Deval. 
Il  en  eut,  entre  autres  enfants,  deux  fils,  Adrien- Alexandre-Etienne 
et  Pierre-Etienne,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Adriën-Alexandre-Étienne  Chérade 
de  Montbron,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Clervaux,  né  en  1731, 
marié  à  Angoulème  en  1759  à  sa  cousine  Elisabeth  le  Musnier,  veuve 
de  Jean  de  Lageard,  marquis  de  Cherval,  grand  sénéchal  d'Angou- 
mois, obtint  par  lettres  patentes  de  décembre  1766  l'érection  en 
comté  de  sa  seigneurie  de  Montbron.  Il  laissa  lui-même  deux  fils, 
Ktienne-Pierre  Chérade,  comte  de  Montbron,  connu  sous  le  titre  de 
marquis  de  Montbron,  né  en  1762,  conservateur  des  chasses  du  comte 
d'Artois,  maréchal  de  camp  en  1823,  marié  à  la  Rochelle  en  1787  à 
M"*'  Harouard,  décédé  en  1841  en  son  château  de  Clervaux,  et  Joseph 
Chérade,  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Montbron,  né  en  1768, 
député  de  Bellac  de  1820  à  1830,  marié  en  1802  à  Louise  de  Gali- 


252  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

gnon,  décédé  en  1832  en  son  château  de  Montagrier,  qui  furent  les 
auteurs  de  deux  rameaux  actuellement  existants.  Ces  deux  frères 
avaient  fait  en  1783  les  preuves  de  noblesse  prescrites  pour  obtenir  le 
grade  de  sous-lieutenant.  La  descendance  de  l'aîné  d'entre  eux  était 
représentée  de  nos  jours  par  Alexandre-Edouard  de  Chérade,  comte 
de  Montbron,  né  à  la  Rochelle  en  1846,  conseiller  général  de  la  Cha- 
rente-Inférieure, qui  a  eu  trois  fils  de  son  mariage  en  1871  avec  M"^des 
Méloizes. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Pierre-Etienne  de  Chérade  de 
Montbron,  décédé  en  1804  au  château  de  Brouille,  avait  épousé  en 
1760 M"*  de  Jovion  de  la  Chassagne.  Sa  descendance  était  représentée 
de  nos  jours  par  trois  frères  :  1°  Alexandre,  baron  de  Montbron,  décédé 
à  Poitiers  en  1881  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage  en  1867 
avec  M"*^  Ranson  ;  2°  Joseph-Auguste,  né  en  1833,  chanoine  honoraire 
de  Poitiers  ;  3°  Charles. 

La  famille  de  Chérade  de  Montbron  a  pris  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  de  l'Angoumois,  de  la  Saintonge,  de  la  Basse- 
Marche  et  du  Poitou. 

Elle  a  fourni  de  nombreux  officiers. 

Principales  alliances  :  de  Jarnac  1730,  de  Sartre,  des  Ruaux  de 
Rouffiac  1751,  Fé  de  Boisragon  1743,  Prévost-Sansac  de  Touchim- 
bert  1770,  Personne  de  Songeons,  Drouyn  de  Lhuis  1813,  Renaud 
d'Avesne  des  Méloizes  1871,  de  Cressac  1901,  Picot  de  Moras  1895, 
Green  deSaint-Marsaultl899,  deCalignon  1802,  duBurguct  de  Chauf- 
faille  1830,  de  Martin  du  Tyrac  de  Marcellus  1863,  1891,  de  Rolland 
de  Blomac  188  i,  de  Sarcus  1906,  Gay  de  Nexon  1892,  etc. 

CHERBONNERIE  (Hardy  de  la).  Voyez  :  Hardy  de  la  Cherbonnerie. 

CHÈRE  (de  la). 

Famille  sur  laquelle  les  renseignements  font  défaut. 

On  trouve  que  N...  de  la  Chère,  écuyer,  fil  enregistrer  son  blason 
à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  d'Agen;  :  (ï argent  à  un  lion 
de  sable,  couronné  de  gueules. 

M.  Bertrand-François-Julien  de  la  Chère  est  décédé  à  Paris  en  août 
1880  à  l'âge  de  66  ans  laissant  quatre  enfants  de  son  mariage  avec 
M'"^  Malhéus,  décédée  en  1890. 

Principales  alliances  :  de  Cassin  1883,  Malhéus. 

CHÉREIL  de  la  RI'VIÈRE.  Armes  :  à'azur  à  un  sautoir  engreslé  et 
alésé  d'' argent. 

On  trouvera  une  généalogie  détaillée  de  la  famille  Chéreil  de  la 
Rivière  dans  les  Tableaux  de  la  parenté  de  mes  enfants  du  baron  de 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  2tJ3 

Saint-Pcrn.  Cotte  famille  est  honorablement  connue  depuis  le 
xvi«  siècle  dans  l'ancien  diocèse  de  Rennes,  en  Bretagne.  Son  nom 
primitif  était  celui  de  Chérel.  Jean  Chérel,  sieur  de  la  Motte,  auquel 
remonte  la  filiation  suivie,  avait  épousé  vers  1542  Jeanne  Beccan. 
Son  arrière-pptit-lîls,  Mathurin  Cliéreil,  sieur  des  Vergers,  avocat  à 
la  Cour,  marié  à  Jacquette  Lévésque,  résidait  en  1642  dans  sa  maison 
de  la  Rivière-Trélan,  aujourd'hui  la  Rivière-Chéreil,  sur  le  territoire 
de  la  paroisse  de  Bourg-des-Comptes,  que  sa  descendance  a  conservée 
jusqu'à  nos  jours  et  dont  elle  a  gardé  le  nom.  Lors  de  la  grande 
recherche  des  faux  nobles  il  se  désista  de  ses  prétentions  nobiliaires 
par  acte  du  10  septembre  1668.  Il  laissa  deux  fils  dont  l'aîné, 
Mathurin,  continua  la  descendance  et  dont  le  plus  jeune,  Hyacinthe, 
religieux  dominicain,  mourut  en  odeur  de  sainteté  à  Rennes  le  31  jan- 
vier 1714.  Mathurin  Chéreil,  sieur  de  la  Rivière  et  de  Réauté,  né  à 
Bourg-des-Comptes  en  1652,  décédé  à  Rennes  en  1735,  fut  conseiller 
du  Roi  au  présidial  de  Rennes,  procureur  général  syndic  de  cette  ville 
en  1687,  subdélégué  de  l'intendant  et  député  des  États  de  Bretagne 
en  1715.  Il  avait  épousé  en  1681  Jeanne  Drouet,  d'une  vieille  famille 
bretonne,  anoblie  dans  la  suite,  qui  est  aujourd'hui  connue  sous  le 
nom  de  Drouet  de  Montgermont.  Leur  fils,  André-Mathurin  Chéreil, 
Sgr  de  la  Rivière  et  de  Réauté,  né  à  Rennes  en  1682,  conseiller  au 
siège  présidial  de  cette  ville,  marié  en  1720  à  Perrine-Mathurine  Gouin, 
régularisa  la  situation  nobiliaire  de  sa  famille  par  l'acquisition  qu'il 
fit  en  1738  de  la  charge  anoblissante  de  secrétaire  du  Roi  en  la  chan- 
cellerie près  le  Parlement  de  Bretagne.  Il  conserva  cette  charge  jus- 
qu'à sa  mort  arrivée  à  Rennes  en  1754.  Mathurin-Pierre  Chéreil,  Sgr 
de  la  Rivière,  de  la  Réauté  et  de  Pléhéban,  fils  du  précédent,  né  à 
Rennes  en  1721,  décédé  en  1782,  fut  nommé  en  1753  président  en  la 
Chambre  des  comptes  de  Bretagne.  Il  résigna  cette  charge  en  1778 
en  faveur  de  son  fils  aîné.  Il  avait  épousé  à  Saint-Malo  en  1751 
M"«  Banchereau.  Il  en  eut  deux  fils,  Mathurin-Paul  Chéreil,  Sgr  de  la 
Rivière  et  de  Pléhéban,  né  à  Rennes  en  1752,  président  en  la  Chambre 
des  comptes  de  Bretagne  en  1778,  marié  à  Lausanne  à  M"'  Pascal, 
décédé  à  Bourg-des-Comptes  en  1811,  et  Paul-François  Chéreil  de  la 
Rivière,  né  à  Rennes  en  1767,  marié  dans  cette  ville  en  1791  à 
M"«  Pinczon  du  Sel,  décédée  à  l'île  de  France  en  1805,  qui  furent  les 
auteurs  de  deux  rameaux  actuellement  existants. 

La  famille  Chéreil  de  la  Rivière  fut  maintenue  dans  sa  noblesse 
en  1777  par  arrêt  du  Conseil  d'État. 

Elle  a  fourni  des  officiers,  un  garde  du  corps  sous  la  Restauration, 
un  sous-préfet  à  la  même  époque,  etc. 

Elle  n'est  pas  titrée. 


2rj4  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Principales  alliances  :  Drouet  Ue  Montgermont  1681,  1707  et 
vers  1785,  de  Saint-Pern  1715,  Guyot  d'Asnières  1805,  de  Vaucou- 
leurs  de  Lanjamet  1834,  de  Freslon  de  la  Freslonnière  1831,  du  Breil 
de  Pontbriand  1870,  Pinczon  du  Sel  1791,  du  Fos  de  Méry  vers  1830, 
deKermarecl827,deKerretl86l,deTruchisl893,deVillèlel903,  etc. 

Il  a  existé  au  diocèse  de  Rennes,  dans  la  même  province,  une  autre 
famille  Cliéreil  qui  a  possédé,  entre  autres  biens,  une  seigneurie  de 
Mainteniac.  Cette  famille  portait  pour  armes  :  de  sable  à  un  demi-vol 
de  vair.fEWe  se  désista  de  ses  prétentions  nobiliaires  par  acte  du 
17  décembre  1668  et  paya  une  amende  de  cent  livres.  Un  de  ses 
membres,  Thomas  Chéreil,  fut  reçu  secrétaire  du  Roi  en  1648;  il  rési- 
gna sa  charge  en  1666. 

CHÉRER  de  CABANES. 

M.  François  Chérer,  fds  de  Ferdinand  Chérer  et  de  Jeanne  de 
Cabanes,  marié  en  1861  à  M"*^  d'Arjuzon,  fut  adopté  par  sa  parente, 
M"*  Sabine  de  Cabanes,  et  se  trouva  ainsi  en  possession  régulière 
du  nom  de  Chérer  de  Cabanes. 

CHERET  (de;.   Armes  :   d'azu?'  à  un  chevron  d'or  accompagné   en 
pointe  d'un  lion  passant  d'argent,  armé  et  lampassé  de  gueules. 

L'auteur  de  cette  famille,  Jean-Baptiste-François  Chéret,  était  sous 
Louis  XM  marchand  orfèvre  à  Paris.  Il  avait  épousé,  vers  1755, 
M"^  Grouvello,  fille  d'un  autre  marchand  orfèvre.  Leur  fils,  Louis- 
Jean-Baptiste  Chéret,  né  en  1760,  propriétaire,  marié  à  sa  cousine, 
M"*  Grouvelle,  fut  anobli  le  17  février  1815  par  lettres  patentes  du 
roi  Louis  XVIII.  Il  laissa  plusieurs  fils.  L'aîné  de  ceux-ci,  Achille  de 
Chéret,  était  en  1843  capitaine  adjudant  du  palais  des  Tuileries;  il 
n'eut  que  des  filles  dont  l'une,  Zoé -Caroline,  épousa  en  1847 
M.  Pierre  Délavai.  M""^  Délavai,  née  Chéret,  eut  à  Saint-Germain-en- 
Laye,  le  5  novembre  1857,  un  fils,  Achille-Gaston,  qui,  ayant  été  désa- 
voué par  M.  Délavai,  fut  inscrit  à  l'état  civil,  par  jugement  recti- 
ficatif du  5  août  1859,  sous  le  nom  de  :  de  Chéret,  appartenant  à  la 
famille  de  sa  mère.  Mais,  par  décret  du  27  décembre  1879,  ledit 
Achille-Gaston  de  Chéret,  alors  instituteur,  fut  autorisé  à  substituer 
à  son  nom  celui  de  Valran. 

CHERFILS.  Armes  :  à  azur  à  une  fasce  d'or,  chargée  d'un  croissant 
de  gueules,  accosté  de  deux  étoiles  d'azur,  et  accompagnée  en  chef 
de  trois  arbres  d'argent,  posés  2  erl,  et  en  pointe  d'un  cerf  passant 
du  même.  —  Couronne  :  de  Marquis.  —  Supports  :  deux  lévriers 
d'argent,  colletés  de  gueules.  — Devise  :  Paratus  sum. 
Famille  d'honorable  bourgeoisie  de  la  Haute-Normandie  dont  on 


DICTIONNAIRK     DKS    FAMILLES    FRANÇAISRS  255 

trouvera  une  généalogio  dctaillôc  dans  le  Nobiliaire  universel  de 
M.  de  ÏNIag-ny.  Cet  aulciir  attribue  aux  Cherfils  une  très  ancienne 
origine  et  mentionne  un  Thomas  Cherfils  qui,  en  1449,  était  archer 
des  ordonnances  du  Roi.  Il  fait  remonter  la  filiation  à  Jean-Baptiste 
Cherfils  de  Saint-Adam  qui,  dans  la  première  moitié  du  xvii<^  siècle, 
fut  capitaine  des  chasses  du  Roi  à  la  Meilleraie,  puis  à  Bosville,  près 
de  Cany. 

Maître  Jean-Baptiste  Cherfils,  né  à  Bosville  en  1705,  marié  succes- 
sivement à  Anne  Dufour  et  à  Marie  Delaune,  était  sous  Louis  XV 
notaire  et  procureur  au  bailliage  de  Cany.  Son  fils  du  second  lit, 
Jean-Baptiste-Michel  Cherfils,  né  en  1737,  avocat,  pourvu  en  1772 
de  la  charge  de  procureur  du  Roi  aux  bailliage  et  vicomte  de  Cany, 
fut  élu  député  du  Tiers  État  du  bailliage  de  Caux  aux  États  généraux 
de  1789  ;  il  laissa  un  fils,  Auguste-Victor,  né  en  1764.  Jean-Baptiste 
Cherfils,  né  en  1731  du  premier  mariage  de  Jean-Baptiste  avec 
Anne  Dufour,  épousa  à  Rouen  en  1772  M"*  Guérard.  11  fut  l'arrière- 
grand-père  de  Jean-Baptiste-Alphonse  Cherfils,  né  à  Rouen  en  1836, 
qui  a  épousé  en  1856  M"^  Brindejonc  de  Bermingham.  Jean-Baptiste- 
Ghristian  Cherfils, fils  des  précédents,  a  épousé  en  1882  M"^  Lafargue 
de  Grangeneuve. 

CHERGÉ  (de).  Armes  :  à' azur  à  une  fasce  cV argent  chargée  de  trois 
étoiles  de  gueules.  —  Devise  :  Recté  semper. 

Le  château  de  Chargé,  en  latin  de  Carriaco,  situé  sur  le  territoire 
de  la  paroisse  de  Razines,  dans  l'ancienne  baronnie  de  Faye-la- 
Vineuse,  en  Touraine,  avait  au  moyen  âge  des  seigneurs  à  la  famille 
desquels  il  donna  son  nom.  Cette  famille  de  Chargé,  dont  le  nom  est 
mentionné  dans  un  assez  grand  nombre  de  chartes  des  xiii^  et 
xiv"  siècles,  portait  pour  armes  :  de  sable  semé  d'étoiles  d'argent,  aie 
lion  du  même.  On  lui  attribue  aussi  les  armes  suivantes  :  d'argent  à 
un  chef  de  gueules.  D'après  la  tradition  elle  fut  la  souche  d'un  certain 
nombre  de  familles  de  Chargé,  ou  de  Chergê,  qui  ont  appartenu  à  la 
noblesse  de  l'Angoumois  et  du  Poitou  et  dont  Beauchet-Filleau  a 
donné  la  généalogie  dans  son  Dictionnaire  historique  et  généalogique 
des  familles  du  Poitou. 

La  seule  de  ces  familles  qui  se  soit  perpétuée  jusqu'à  nos  jours 
porte  les  armoiries  décrites  en  tête  de  cet  article.  Elle  est  connue  en 
Angoumois  depuis  la  fin  du  xv®  siècle.  Elle  possédait  dès  cette  époque 
l'hôtel  de  Chergé,  en  la  paroisse  de  Mornac.  Pierre  de  Chergé, 
écuyer,  auquel  remonte  la  filiation,  avait  épousé  Jeanne  de  Chambes, 
ou  de  Jambes,  qui  reçut  une  donation  de  ses  parents  par  acte  du 
15  février  1489.  11  passa  un  bail  à  rente  le  10  novembre  1523.  Il  fut 


56  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

père  de  Louis  de  Chargé,  écuyer,  Sgr  de  Ghergé  et  de  Mornac,  men- 
tionné dans  urt  certain  nombre  d'actes  du  milieu  du  xvi^  siècle, 
qui  épousa  Jeanne  Seguin  par  contrat  du  26  septembre  1532,  grand- 
père  de  Charles  de  Chergé,  écuyer,  Sgr  de  Chergé,  qui  épousa  le 
i5  octobre  lo71  Françoise  Ribier,  et  bisaïeul  de  Cybard  de  Chergé, 
Sgr  dudit  lieu,  qui  épousa  à  Jarnac  en  1597  Elisabeth  de  Montalem- 
bert.  Jean  de  Chergé,  Sgr  duditlieu  et  de  Mornac,  l'aîné  des  petits-fils 
de  ce  dernier,  vint  se  fixer  en  Poitou  après  le  mariage  qu'il  contracta 
à  Poitiers,  en  1661,  avec  Marie  Fourestier;  il  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  le  6  août  1667  par  jugement  de  M.  de  Barentin,  intendant 
de  la  province  ;  il  laissa  un  fils,  Robert,  qui  paraît  être  mort  sans 
alliance,  et  deux  filles,  dont  l'aînée,  héritière  de  la  seigneurie  de 
Chergé,  épousa  successivement^....  Audouard,  écuyer,  Sgr  du  Pain, 
et  N....  Navarre.  Son  frère  puîné,  Jacques  de  Chergé,  demeura  fixé  en 
son  logis  de  Mornac,  en  Angoumois  ;  il  épousa  d'abord  en  1668 
Antoinette  Desmier,  puis  en  1674  Jeanne  Jourdain,  fut  maintenu  dans 
sa  noblesse  avec  ses  enfants  le  19  décembre  1697  par  jugement  de 
M.  de  Bernage,  intendant  de  Limoges,  et  mourut  le  3  mai  1716.  11 
laissa  deux  fils,  François  de  Chergé,  né  du  premier  lit,  marié  succes- 
sivement en  1695  à  Marie  Reynaud  et  en  1706  à  Catherine  Petit,  et 
Jean  de  Chergé,  Sgr  dudit  lieu  et  de  Marbœuf,  né  du  second  lit, 
marié  successivement  en  1708  à  Marie-Madeleine  David,  dont  il 
n'eut  pas  d'enfants,  et  en  1738  à  Jeanne  Regnaud.  Ces  deux  frères  ont 
été  les  auteurs  de  deux  rameaux  qui  se  sont  perpétués  jusqu'à  nos 
jours. 

Charles  de  Chergé,  Sgr  de  Villognon,  chef  du  rameau  aîné,  et  son 
frère,  François  de  Chergé,  sieur  de  Fonbaillon,  prirent  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Angoulême  ;  le  second 
d'entre  eux  prit  également  part  à  celles  tenues  à  Poitiers. 

La  famille  de  Chergé  n'est  pas  titrée. 

Elle  a  fourni  de  nombreux  officiers  et  un  historien  distingué, 
M.  Charles  de  Chergé,  né  en  1814,  issu  du  second  rameau,  décédé 
en  1885. 

Principales  alliances  :  de  Lubersac  lo73.  Fouchier  vers  1625,  de 
Montalembert  1597,  d'Arcemalle  1645,  Desmier  1668,  d'Angély  de  la 
Salle  et  de  Rochebrune  1733  et  1808,  de  Fleury  1755,  1760,  de 
Lauzon  1776,  de  Beaupoil  de  Saint-Aulaire  1810,  du  Chassaing  de 
Ratevoult  1839,  Dumas  de  Champvallier  1818,  de  Juglart  1838,  de 
Manny  1845,  de  Villedon  1784,  de  Chevreuse  1817,  de  la  Porte  du 
Theil  1843,  de  la  Fare  1874,  de  Ladmirault  1841,  de  Jouvenel  1868, 
1875,  Doé  de  Maindreville  1901,  de  Lasteyrie  du  Saillant  1906,  etc. 

On  a  vu  plus  haut  qu'il  avait  existé  en  Poitou  et  en  Angoumois 


DICTIONNAIRE    DFS    FAMILLES    FRANÇAISES  257 

plusieurs  autres  familles  de  Chargé,  ou  de  Cherg6.  Malgré  la  diffé- 
rence des  armoiries  ces  familles  paraissent  avoir  eu  dans  le  passé 
une  origine  commune  avec  celle  dont  il  vient  d'être  parlé  et  des- 
cendre comme  elle  de  celle  des  anciens  seigneurs  de  Chargé,  en 
Touraine. 

La  plus  en  vue  de  ces  familles  a  possédé  les  seigneuries  d^  la  Bro- 
chetiére,  de  la  Rivière-Marteau,  de  la  Martinière,  du  Ruau-Persil,  etc., 
situées  sur  les  confins  du  Poitou  et  de  la  Touraine.  Elle  portait  pour 
armes  :  d'argent  au  chef  de  gueules.  Beauchet-Filleau  en  donne  la 
fdiation  depuis  le  milieu  du  xv«  siècle.  Elle  était  représentée  au  com- 
mencement du  xviii^  siècle  par  deux  rameaux.  L'un  de  ces  rameaux, 
maintenu  dans  sa  noblesse  le  1"  septembre  1666  par  jugement  de 
Voysin  de  la  Noiraye,  intendant  de  Tours,  eut  pour  derniers  représen- 
tants Louis-Jean  de  Chergé,  Sgr  de  la  Martinière,  baptisé  en  1713,  et 
son  frère,  Jean-Nicolas,  Sgr  de  la  Brochetière,  baptisé  en  1714. 
L'autre  rameau  s'éteignit  en  la  personne  de  René  de  Chergé,  Sgr  de 
la  Mansellière,  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  30  septembre  1751 
par  jugement  de  M.  de  Chauvelin,  intendant  de  Tours,  et  qui  mourut 
peu  de  temps  après  laissant  plusieurs  filles. 

Une  famille  de  Chargé,  ou  de  Chergé,  a  possédé  la  seigneurie  de 
Langle,  en  Poitou.  Beauchet-Filleau  en  donne  la  fdiation  depuis 
Huguet  de  Chergé,  écuyer,  Sgr  de  Langle,  qui  reçut  un  aveu  le 
5  décembre  1477.  Cette  famille  paraît  avoir  eu  pour  dernier  représen- 
tant Armand-Jean  de  Chergé,  Sgr  de  Langle,  qui  mourut  à  l'âge  de 
57  ans  le  17  avril  1742. 

Une  autre  famille  de  Chergé  a  possédé  les  seigneuries  de  Buxeuil- 
sur-Creuse  et  de  la  Noraye.  Cette  famille  portait  pour  armes  :  d'ar- 
gent  à  un  chef  de  sinople  chargé  de  trois  étoiles  d'or.  Beauchet- 
Filleau  en  fait  remonter  la  filiation  à  Jean  de  Chergé,  Sgr  de 
Buxeuil,  dont  le  fils,  Georges,  fit  un  partage  le  1"  novembre  1490  avec 
son  oncle,  Jean,  le  jeune,  de  Chergé,  Sgr  de  la  Noraye.  Cette  famille 
paraît  s'être  éteinte  avec  Pierre  de  Chargé,  ou  de  Chergé,  So-r  de  la 
Noraye,  dont  la  fille,  Elisabeth-Madeleine,  épousa  le  22  janvier  1641 
Louis  de  Couhé  de  Lusignan. 

CHÉRISEY  (de).  Armes  :  coupé  d'or  et  d'azur,  le  premier  chargé  d'un 
lion  issant  de  gueules,  armé,  lampassé  et  couronné  de  même.  — 
Couronne  :  de  Marquis.  —  Cimier  :  un  lion  issant  de  gueules,  cou- 
ronné de  même.  —  Supports  :  deux  lions.  —  Devise  :  Toujours  tout 
droit. 

La  maison  de  Chérisey  est  une  des  plus  considérables  de  l'ancienne 
noblesse  chevaleresque  de  la  Lorraine.  Elle  tire  son  nom  d'une  terre 
X.  17 


2o8  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

importante  située  en  Barrois,  sur  les  confins  de  la  Lorraine  et  de 
l'évêché  de  Metz.  Elle  n'a  jamais  cessé  de  posséder  cette  terre 
depuis  les  temps  les  plus  reculés  du  moyen  âge  jusqu'à  nos  jours. 

Une  tradition,  qui  ne  sappuie,  du  reste,  sur  aucune  preuve,  fait 
descendre  la  maison  lorraine  de  Chérisey  d'une  famille  de  Chérisy 
qui  a  occupé  au  moyen  âge  un  rang  brillant  dans  la  noblesse  du 
Laonnais.  Gérard  de  Chérisy,  Sgr  de  Quierry,  après  s'être  distingué 
à  la  première  croisade,  fut  assassiné  le  12  janvier  1110  dans  la 
cathédrale  de  Laon.  Cette  famille  de  Chérisy  portait  pour  armes  : 
d'or  à  une  fasce  d'azur.  Elle  s'éteignit  avec  Clémence  de  Chérisy 
qui  épousa  en  1308  Erard  de  Montmorency. 

Henri,  Sgr  de  Chérisey,  et  son  fils  Renaud  suivirent  à  la  troisième 
croisade  Henri  II,  comte  de  Bar,  et  Hugues  III,  duc  de  Bourgogne, 
qui  se  rendirent  caution  pour  eux,  le  premier  à  Messine  en  1190,  le 
second  à  Saint-Jean-dAcre  en  1191.  Le  nom  et  les  armes  de  ces 
deux  gentilshommes  ont  été  inscrits  aux  Salles  des  Croisades  du 
musée  de  Versailles. 

Le  marquis  de  Chérisey  fut  admis  aux  honneurs  de  la  Cour  le 
5  janvier  1767.  Le  généalogiste  des  Ordres  du  Roi,  chargé  d'examiner 
les  preuves  de  noblesse  qu'il  dut  faire  en  cette  circonstance,  fit  un 
mémoire  qui  est  conservé  dans  les  manuscrits  de  Chérin.  Ce  mémoire 
commence  en  ces  termes  :  «  Cette  maison  a  pris  son  nom  d'une  terre 
«  située  au  diocèse  de  Bar  qu'elle  a  conservée  en  franc-alleu  jusqu'à 
«  l'année  1400  et  à  ce  caractère  de  possessions  qui  prouve  l'illustra- 
«  tion  de  son  origine,  elle  réunit  les  avantages  de  l'ancienne 
«  chevalerie.  Elle  est  connue  depuis  Renaud  de  Chérisey,  chevalier, 
«  que  Henri  V,  comte  de  Salm,  qualifie  monseigneur  dans  un  acte 
«  de  l'année  1276  et  qui  fut  père  d'Henri  de  Chérisey.  chevalier,  qui 
«  fit  hommage  au  comte  de  Bar  de  l'avouerie  de  Chérisey  en  1323. 
«  Dès  lors  cette  maison  était  partagée  en  plusieurs  branches.  La 
«  filiation  de  celle  qui  fait  le  sujet  de  ce  mémoire  est  établie  depuis 
«  Perrin,  surnommé  le  Lombard,  dont  le  fils  Jean  II  fit  hommage  au 
«  duc  de  Lorraine  le  15  mars  1400  de  ce  qui  lui  appartenait  en  celte 
«  terre  qu'il  déclara  avoir  été  tenue  jusque-là  en  franc-alleu.  Il 
«  mourut  avant  l'année  1441  laissant  de  Catherine  de  Warney  Chris- 
«  tophe  de  Chérisey,  Sgr  en  partie  de  Chérisey,  lequel  épousa 
«  1°  Marie  de  Florainville  ;  2°  avant  l'année  1467  Marie  de  la  Tour.  Il 
«  eut  de  celle-ci,  entre  autres  enfants,  Varin  de  Chérisey,  Sgr  de 
«  Chérisey,  qualifié  honoré  seigneur,  qui  était  marié  en  1528  avec 
«  Anne  de  Montormentier.  De  ce  mariage  vinrent  Jean  de  Chérisey, 
«  qui  suit,  et  deux  filles  religieuses  à  Saint-Pierre  et  à  Sainte-Marie  de 
«  Metz.  Jean  de  Chérisey,  Sgr  de  Chérisey,  etc.,  épousa  en  premières 


DICTIONNAIRR     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  259 

«  noces  Anloinelte  de  Bassompierre,  f^rand-tanle  du  maréchal  de 
«  Bassompierre,  et  en  secondes  Nicole  de  Housse,  fille  de  Robert, 
«  Sgr  de  Ferment,  et  de  Marguerite  d'Espinal.  Il  mourut  avant  l'an- 
«  née  1574  laissant  de  sa  deuxième  épouse  Christophe,  qui  suit,  et 
«  Nicolas,  Sgr  du  Mesnil-la-Tour,  qui  commanda  une  compagnie 
«  de  chevau-légers  sous  M.  le  duc  de  Guise  et  eut  de  Catherine  d'Ys- 
«  soncourt  René  de  Chérisey,  reçu  chevalier  de  l'Ordre  de  Malte  en 
«  1619  et  depuis  commandeur  de  Chalon-sur-Saône...  » 

Charles  de  Chérisey,  petit-fds  de  Christophe,  fut  commandant  de 
la  compagnie  des  gardes  du  duc  de  Lorraine  ;  il  s'apparenta  brillam- 
ment par  son  mariage  avec  Françoise  d'Ernecourt,  fdle  du  baron  de 
Montreuil.  Son  iils,  Louis,  né  à  Metz  en  1667,  décédé  en  1750,  fut 
connu  le  premier  sous  le  titre  de  marquis  de  Chérisey  qui  depuis 
lors  a  été  conservé  par  le  chef  de  la  maison  de  Chérisey.  Il  eut  une 
belle  carrière  militaire,  fut  lieutenant  général  des  armées  du  Roi 
et  grand-croix  de  Saint-Louis  et  commanda  toutes  les  maisons  du 
Roi  pendant  la  campagne  de  1743-1744.  Il  était  gouverneur  du  fort 
Saint-Jean  de  Marseille  ;  ses  descendants  conservèrent  cette  charge 
jusqu'à  l'époque  de  la  Révolution.  Il  laissa  deux  fds  et  une  fdle  qui 
épousa  successivement  deux  représentants  de  l'illustre  maison  du 
Lau  d'Allemans.  Son  petit-fds,  Charles-Louis,  marquis  'de  Chérisey, 
lieutenant  général  des  armées  du  Roi,  grand-croix  de  Saint-Louis, 
gouverneur  du  fort  Saint-Jean,  à  Marseille,  décédé  en  1827,  prit  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Pont-à-]\Iousson.  Il 
avait  épousé  en  1781,  par  contrat  signé  du  Roi  et  de  la  Famille 
Royale,  Anne  le  Sénéchal,  sœur  de  la  marquise  d'Audiffret  et  de  la 
comtesse  de  Meffray,  décédée  à  Metz  en  1854.  Il  en  eut  deux  fds,  Pros- 
per,  marquis  de  Chérisey,  maréchal  de  camp,  commandeur  de  la 
Légion  d'honneur,  marié  en  1 818  à  M"^  Leroy  de  Lisa  de  Chateaubrun, 
décédé  en  1837,  et  Victor,  comte  de  Chérisey,  officier  de  la  Légion 
d'honneur,  marié  en  1820  à  M''*^  Cottin  de  Joncy,  décédé  en  1873,  qui 
ont  été  les  auteurs  de  deux  rameaux  actuellement  existants. 

La  maison  de  Chérisey  a  fourni  des  lieutenants  généraux  des 
armées  du  Roi,  des  maréchaux  de  camp,  des  chambellans  des  ducs 
de  Lorraine,  des  chanoinesses  des  chapitres  nobles  de  Bouxières,  de 
Saint-Louis  de  Metz,  de  Remiremont,  etc. 

Principales  alliances  :  d'Anglure,  de  Saint-Astier,  de  Chamisso, 
du  Chatelet,  d'Ernecourt,  du  Lau  d'Allemans,  de  Bassompierre, 
d'Hunolstein  1789,  de  Ludre,  de  Ligniville.  de  Rarécourt  de  la  Vallée 
de  Pimodan,  de  Gournay,  van  der  Straten-Ponthoz  1840,  O'Gorman 
1890,  de  Fontanges  1846,  de  Grasse,  de  Fayet  1891,  du  Hautoy,  de 
Lannoy  1902,  etc. 


•260  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHERRIER  (de).  Armes  :  d'or  à  une  bande  losangée  de  gueules  et  d'ar- 
gent, accompagnée  en  chef  d'une  étoile  de  gueules,  sm^montée  de 
deux  roses  du  même,  et  en  pointe  d\in  lévrier  de  sable,  la  patte 
appuyée  sur  la  poigjiée  d'une  épée  de  sable  posée  en  pal. 

L'auteur  de  cette  famille,  Jean-Claude  Cherrier,  né  en  1752  à  Neuf- 
château,  en  Lorraine,  était  fils  de  monsieur  Claude-Joseph  Cherrier, 
avocat  du  Roi,  et  d'Anne-Françoise  Pollier.  Il  était  depuis  1780  lieu- 
tenant générai  civil  et  criminel  au  bailliage  de  Neufchàteau  quand  il 
fut  élu  député  aux  États  généraux  de  1 789  par  le  Tiers  Etat  du  bailliage 
de  Mirecourt.  Il  fut  plus  tard  élu  député  suppléant  des  Vosges  à  la 
Convention  et  fut  admis  à  siéger  dans  cette  assemblée  après  l'exécu- 
tion du  conventionnel  Noël.  Il  fut  encore  député  des  Vosges  sous 
le  Premier  Empire  et  sous  la  Restauration,  fut  anobli  le  3  sep- 
tembre 1814  par  lettres  patentes  du  roi  Louis  XVIII  et  mourut  à  Neuf- 
chàteau en  1823.  De  son  mariage  avec  Marthe  Henri  de  Beaumont  il 
avait  eu  une  fille,  M""^  Saulnier,  décédée  en  1854,  qui  fut  mère  de  la 
comtesse  de  Melfort,  et  deux  fds,  Claude-Hyacinthe  et  Claude- 
Joseph.  Ceux-ci  furent  confirmés  dans  la  noblesse  accordée  à 
leur  père,  l'aîné  par  lettres  patentes  du  roi  Charles  X  du  29  avril  1826, 
le  second  par  lettres  patentes  du  môme  prince  du  7  juillet  1825. 
Claude-Hyacinthe  de  Cherrier,  né  en  1783,  marié  en  1811  à  M"*  de 
Pampelonne,  eut  un  fils,  Paul,  né  en  1819,  décédé  en  1870,  qui  fut 
inspecteur  de  première  classe  des  eaux  et  forets  en  Algérie  et  qui  a 
laissé  plusieurs  filles.  Son  frère,  Claude-Joseph  de  Cherrier,  né  en 
1785,  officier  démissionnaire  en  1830,  membre  de  l'Académie  des 
Inscriptions  et  Belles  Lettres  en  1854,  officier  de  la  Légion  d'honneur, 
décédé  en  1872,  ne  paraît  pas  avoir  laissé  de  postérité  de  son  mariage 
avec  M"*  Buret.  Paul  Cherrier,  mentionné  plus  haut,  avait  été  autorisé 
le  2  novembre  1865  par  décret  de  Napoléon  III  a  faire  régulièrement 
précéder  son  nom  de  la  particule  de. 

CHÉRUBINI. 

L'illustre  compositeur  de  musique  Louis-Zenobi-Salvatore  Chérdbini 
était  né  en  1760  à  Florence  où  son  père  était  professeur  de  musique. 
Il  vint  en  1788  se  fixer  en  France,  y  épousa,  le  23  germinal  an  II, 
Cécile  Tourctte,  fut  nommé  en  1816  surintendant  de  la  musique  du 
Roi,  fut  admis  à  l'Institut  et  mourut  à  Paris  le  15  mars  1842.  Il  avait 
eu  deux  filles  et  un  fils.  Celui-ci,  Salvatore-Louis  Cherubini,  était 
né  le  29  brumaire  an  X  au  Conservatoire  de  musique  de  la  rue  Ber- 
gère, à  Paris;  il  fut  inspecteur  des  Beaux-Arts,  épousa  en  1844 
M"'  Marcotte  de  Quivières  et  mourut  à  Neuilly  en  1869  laissant 
deux  fils,  aujourd'hui  l'un  et  l'autre  décédés. 


niCTIONNAinF,    DF.S    FAMILLES    FRANÇAISES  261 

CHERVILLE  (Pécou  de).  Voyez  :  Pécoc  de  Cherville. 

CHÉRY  (Capdepon  deBigude).  Voyc/c  :  Gapdepon  de  Biou  de  Chéry. 

CHÉRYE  (  Quecq  de  la).  Voyez  :  Quecq  de  la  Chérye  et  d'IIenripret. 

CHÈSE  (Lanoaille  de  la).  Voyez  :  Lanoaille  de  Lachèse. 

CHESNAIS  (Houittede  la).  Voyez  :  IIouitte  de  la  Chesnais. 

CHESNARD  de  BOUSSEY  (de).  Armes  :  d'azur  à  trois  marmites  d'or, 
HetX. 

La  famille  de  Chesnard  de  Bodssey  appartient  à  la  noblesse  de  l'an- 
cien diocèse  d'Évreux,  en  Normandie,  Elle  a  pour  premier  auteur 
Jean  Chesnard  qui,  en  1449,  était  notaire  juré  du  Roi.  Noble  homme 
Éloi  Chesnard  était  en  1581  maréchal  des  logis  de  la  vénerie  du 
Roi. 

M.  de  Chesnard,  sieur  de  Beauregard  et  des  Gast,  en  l'élection 
dÉvreu.K,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  26  octobre  1666  par  juge- 
ment de  M.  de  la  Gallissonnière,  intendant  de  Rouen. 

Antoine  de  Chesnard,  écuyer,  Sgr  de  Boussey,  fit  enregistrer  son 
blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  d'Évreux). 

M.  Chesnard  du  Boussey  se  fit  représenter  en  1789  aux  assemblées 
de  la  noblesse  du  bailliage  de  Pont-Audemer. 

Jacques-Louis  de  Chesnard,  officier  de  la  maison  du  Roi  en  1814, 
marié  à  M"^  de  Guenet,  fut  connu  le  premier  sous  le  titre  de  comte 
de  Boussey,  conservé  depuis  lors  par  le  chef  de  la  famille. 

Jacques-René  de  Chesnard,  comte  de  Boussey,  né  en  1829,  marié 
en  juillet  1861  à  M"*  de  Keating,  avait  vainement  demandé  le 
30  juillet  1860  l'autorisation  de  joindre  à  son  nom  celui  de  :  Lorraine. 

Il  a  existé  en  Maçonnais  une  famille  Chesnard,  fort  distinguée,  qui 
portait  pour  armes  :  d'argent  à  un  chêne  de  sinople  englanté  d'or, 
les  branches  entrelacées  et  passées  en  sautoir;  au  chef  d'azur  chargé 
de  trois  coquilles  d'or.  Cette  famille  a  possédé,  entre  autres  biens,  la 
seigneurie  de  Layé.  Elle  descendait  de  Benoit  Chesnard  qui,  en  1535, 
était  prévôt  de  Saint-André-le-Désert.  Plusieurs  de  ses  représentants, 
Pierre  Chesnard,  Sgr  de  Salornay,  colonel  de  la  milice  bourgeoise 
de  la  ville  de  Mâcon  ;  Salomon  Chesnard,  Sgr  de  Saint-Léger  et  de 
Faisé,  conseiller  du  Roi,  lieutenant  général  au  bailliage  et  siège  pré- 
sidial  de  jNIàcon  ;  Philibert  Chesnard,  chantre  et  chanoine  de  l'église 
de  Mâcon;  Claude  Chesnard  deMontrouge,  écuyer,  gentilhomme  de 
la  vénerie  du  Roi,  firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général 
de  1696.  Un  autre,  Louis  Chesnard,  fut  pourvu  le  2  septembre  1718 
de  la  charge  de  secrétaire  du  Roi  près  la  Chambre  des  comptes  de 


262  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Dôle.  Pierre  Chesnard,  baron  de  Layé  et  de  Vinzelles,  fut  président 
à  mortier  au  Parlement  de  Dijon  dans  la  seconde  moitié  du  xviii*  siècle  ; 
sa  fille,  Antoinette,  épousa  vers  1765  Ferdinand,  marquis  de  Moyria- 
Chàtillon,  maréchal  de  camp  en  1788.  Pierre-Anne  Chesnard  de 
Layé,  Sgr  de  Fuisse  et  de  la  Tour  de  Romanèches  ;  Pierre-Elisabeth 
Chesnard  de  Layé,  baron  de  Vinzelles  ;  Emmanuel-Aimé  Chesnard 
de  Montrouge  ;  Àbel-Michel  Chesnard  de  Layé,  chevalier  de  Saint- 
Louis,  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Màcon.  Cette  famille  paraît  s'être  éteinte  en  la  personne  de  Gabrielle- 
Sidonie  Chesnard  de  Vinzelles  mariée  en  1819  à  Charles-Jérôme 
Béraud  de  Resseins. 

CHESNARDIÈRE  (^^Couyer  de  la).  Voyez  :  Coûter  delà  Chesnardière. 

CHESNAY  (Berthelot  du).  Voyez  :  Berthelot  du  Chesnat  et  des  Vergers. 

CHESNAYE  (Leron  de  la).  Voyez  -.  Leron  de  la  Chesnaye, 

CHESNAYE  (d'Ennery  de  la).  Voyez  :  d'Ennery  de  la  Chesnaye. 

CHESNAYE  (de  la),  en  Poitou.  Armes  :  d'argent  à  trois  chevrons  de 
sable.  —  Aliàs  :  de  sable  (ou  d'azur)  à  trois  chevrons  d'argent  (ou 
d'or). 

La  famille  de  la  Chesnaye,  complètement  éteinte  en  1887,  apparte- 
nait à  l'ancienne  noblesse  du  Poitou.  Beauchet-Filleau  en  a  donné  une 
généalogie  complète  dans  son  Dictionnaire  historique  et  généalo- 
gique des  familles  du  Poitou. 

Cet  auteur  la  croit  originaire  des  environs  de  Saumur  et  lui  attribue 
pour  premier  auteur  connu  un  Jean  de  la  Chesnaye,  chevalier,  qui, 
vers  1270,  échangea  avec  Eustache  Doré,  bourgeois  de  Saumur,  un 
fief  situé  à  Mestré,  près  de  Montreuil-BoUay.  Henri-René  et  Jean 
de  la  Chesnaye  furent  présents  à  une  montre  de  la  noblesse  d'Anjou 
réunie  à  Chemillé  le  18  décembre  1470.  Beauchet-Filleau  fait  remonter 
la  filiation  suivie  à  Pierre  de  la  Chesnaye,  écuyer,  qui  donna  un  bail 
à  ferme  le  24  août  1444  et  qui  obtint  le  27  janvier  1459  des  lettres 
royaux  de  sauvegarde.  Ce  gentilhomme  avait  épousé  Jeanne  Augour 
dont  il  eut  plusieurs  enfants.  Laîné  de  ses  fils,  Etienne  de  la  Ches- 
naye, qui  continua  la  descendance,  rendit  aveu  de  ses  terres  le 
10  décembre  1467  et  passa  un  acte  le  8  juin  1487  conjointement 
avec  sa  femme,  Jeanne  d'Orvau.  Il  fut  l'arrière-grand-père  d'Hector 
de  la  Chesnaye,  écuyer,  Sgr  de  laRipaudièreetdcLaunay,  qui  épousa 
le  9  janvier  lo34  Madeleine  Scollin  et  auquel  seulement  les  jugements 
de  maintenue  du  xvif  siècle  font  remonter  la  filiation  suivie.  Gilles  de 
la  Chesnaye,  écuyer,  Sgr  de  Barré,  fils  aîné  du  précédent,  sortait  des 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  263 

pages  de  la  duchesse  de  Savoie  et  était  âgé  de  24  ans  quand  il  obtint 
du  roi  Charles  IX  des  lettres  de  rémission  pour  un  meurtre  qu'il  avait 
involontairement  commis.  II  fut  lui-même  père  de  Florimond  de  la 
Chcsnaye,  SgrdcBarrc,(lesPinsetdeGalery,  qui  épousacn  1596  Anne 
du  Bec.  Celui-ci  laissa  quatre  fds  :  1"  Roland,  Sgr  des  Pins,  au  bail- 
liage de  Blois,  dont  la  veuve,  Catherine  Lecomte,  fut  maintenue  dans 
sa  noblesse  le  6  décembre  1667  par  jugement  de  M.  de  Machault, 
intendant  d'Orléans;  2°  Henri,  Sgr  de  la  Roche  des  Pins,  demeurant 
en  l'élection  de  Richelieu,  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le 
21  mai  1669  par  jugement  de  Voisin  de  la  Noiraye,  intendant  de 
Tours;  3°  Jacques;  4°  autre  Jacques,  Sgr  du  Gué,  né  en  1609,  qui 
épousa  en  1630  Renée  de  Gréaume  et  qui  continua  la  lignée. 

Un  descendant  de  ce  dernier,  Louis-Charles  de  la  Chesnaye  des  Pins, 
Sgr  de  la  Bonnière,  du  Clouzeau,  etc.,  prit  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  du  bailliage  de  Châtellerault. 

Pierre-François  de  la  Chesnaye,  fds  du  précédent,  décédé  en  1843, 
avait  épousé  à  Châtellerault  en  1790  M"°  de  Bruce.  Il  en  eut  trois 
enfants  qui  furent  les  derniers  représentants  de  leur  famille  :  1°  Jules- 
René,  né  en  1794,  décédé  sans  alliance  ;  2°  Clémence,  née  à  Londres 
en  1797,  mariée  à  M.  de  la  Loge  de  Saint-Brisson,  décédée  à  Poitiers 
en  1874;  3°  Athénaïs,  mariée  à  Etienne  de  David,  baron  de  Saint- 
Hilaire,  décédée  à  Tours  en  1887.  Son  petit-fils,  M.  Georges  de  la  Loge 
de  Saint-Brisson,  marié  à  M"^  de  Gaudechart,  puis  en  1893  à  M"^  Mal- 
vezzi,  a  relevé  le  nom  de  la  famille  de  la  Chesnaye. 

La  branche  des  seigneurs  de  Puymorin  fut  maintenue  dans  sa 
noblesse  le  14  août  1700  par  jugement  de  M.  de  Maupeou,  intendant 
de  Poitiers,  et  s'éteignit  peu  de  temps  après.  Elle  paraît  avoir  eu  pour 
auteur  un  Antoine  de  la  Chesnaye,  Sgr  des  Mées,  qui  était  fds  cadet 
d'Hector  de  la  Chesnaye  et  de  Madeleine  Scollin,  mentionnés  plus 
haut. 

La  famille  de  la  Chesnaye  a  fourni  de  nnmbreux  officiers. 

Principales  alliances  :  Quirit,  de  Montgomery  1512,  de  Menou  1669, 
Gaborit  de  la  Brosse,  de  Bruce  1790,  de  la  Loge  de  Saint-Brisson,  de 
David  de  Saint-Hilaire,  de  Vasselot  1637,  etc. 

Il  a  existé  au  diocèse  de  Vannes,  en  Bretagne,  une  famille  de  la 
Chesnaye  qui  portait  pour  armes  :  d'argent  à  trois  roses  de  gueules 
et  une  feuille  de  chêne  de  sinople  en  abîme.  Cette  famille  avait  eu 
pour  berceau  une  seigneurie  de  son  nom  située  dans  la  paroisse  de 
Sérent.  Elle  figura  de  1426  à  1536  aux  reformations  et  montres  de  la 
noblesse  du  diocèse  de  Vannes  et  fut  maintenue  dans  sa  noblesse 
d'extraction,  par  arrêt  du  6  septembre  1670,  sur  preuves  de  neuf  géné- 
rations. Elle  paraît  avoir  eu  pour   dernier  représentant  Jacques- 


264  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Joseph  de  la  Chesnaye  d'Estimbrieuc,  baptisé  en  1751  à  la  Trinilé- 
Porhoet. 

11  a  existé  aussi  en  Normandie  une  famille  de  la  Chesnaye  qui  por- 
tait pour  armes  :  ô.  argent  à  une  bande  d' azur  chargée  de  trois  crois- 
sants d'or  et  accompagnée  de  trois  glands  de  sinople,  2  eM.  Cette 
famille  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  le  20  avril  1607  par  jugement 
de  M.  de  la  Gallissonnière,  intendant  de  Rouen,  après  avoir  justifié 
sa  descendance  de  Guillaume  de  la  Chesnaye,  sieur  des  Hayes, 
demeurant  à  Rouen,  qui  fit  son  testament  le  14  décembre  1497  et 
dont  le  fds,  noble  homme  Guérin  de  la  Chesnaye,  homme  d  armes  de 
la  compagnie  de  messire  Jean  Martel,  Sgr  de  Bouqueville,  épousa  le 
14  décembre  1495  Marguerite  le  Conchois. 

CHESNE  de  FLAIGEY. 

M.  Chesne,  juge  au  tribunal  de  Gray,  demanda  le  24  janvier  1865 
laulorisation  de  joindre  régulièrement  à  son  nom  celui  de  :  de 
Flaigey  sous  lequel  il  était  connu  et  qu'avaient  porté  ses  ancêtres. 
Un  M.  Chesne  de  Flaigey,  peut-être  le  même  que  le  précédent, 
épousa  en  1864  M"®  Marguerite-Adélaïde  de  Rehez  de  Sampigny 
dissoncourt. 

Celte  famille  Chesne,  ou  Chesne  de  Flaigey,  sur  laquelle  on  n'a  pu 
se  procurer  que  des  renseignements  insuffisants,  paraît  être  distincte 
d  une  famille  Chesne  qui,  sous  Louis  XIV,  occupait  un  rang  distingué 
en  Bourgogne.  Cette  dernière  famille  portait  pour  armes  :  écartelé  : 
aux  1  et  4  d'argent  à  un  chêne  de  sinople  surmonté  de  trois  étoiles  de 
gueules  :  aux  2  e/  3  d  argent  à  trois  corbeaux  de  sable  tenant  chacuii 
par  le  bec  et  les  pattes  une  cigale  de  sinople.  Elle  avait  pour  auteur 
Nicolas  Chesne,  servant  près  la  personne  du  duc  de  Mercœur,  gou- 
verneur de  Provence,  qui  fut  anobli  par  lettres  de  mai  1656  en 
récompense  des  services  qu'il  avait  rendus  dans  cette  province  pen- 
dant les  troubles  de  la  Fronde.  Un  édit  d'août  1664  ayant  révoqué 
tous  les  anoblissements  concédés  depuis  1611,  la  famille  Chesne  se 
lit  accorder  en  1668  des  lettres  de  confirmation  de  noblesse.  Elle  fut 
admise  en  1671  aux  États  de  Bourgogne.  Plusieurs  de  ses  représen- 
tants, Henriette  Lambert,  veuve  de  Jean  Chesne,  avocat  à  la  Cour  ; 
Jacques  Chesne,  bourgeois  de  Saint-Jean-de-Laone,  Jean-Bernard 
Chesne,  avocat,  firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de 
1696  (registre  de  Dijon).  La  famille  Chesne  paraît  s'être  éteinte  au 
cours  du  xviii''  siècle  et  ne  figure  pas  au  nombre  de  celles  qui  prirent 
part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  de  Bourgogne. 

CHESNE  (de  Ferron  duj.  Voyez  :  Ferron  du  Chesne,  de  la  Vairie,  de  l'Es- 

CHAPT  ET  DE  LA  SlGONXlÈRE  (dE) 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  26b 

CHESNE  (Chesnier  du).  Voyez  :  Chesnier  du  Chesne, 

CHESNE  (du).  Armes  :  d'azur  à  un  chevron  d'hermines  accompagné 
en  chef  à  dexire  d'une  branche  de  lis  de  jardin  et  à  séïiestre  dune 
branche  de  chêne  d'or  et  en  pointe  dun  chien  braque  couché  d'ar- 
gent. 

La  famille  Duchesne,  aujourd'hui  du  Chesne,  descend  d'Etienne 
Duchesne,  avocat  au  Parlement,  qui  avait  épousé  vers  1775  Anne- 
Agathe  Berthier.  Etienne  Duchesne,  fils  des  précédents,  né  en  1777 
à  Nemours,  maire  de  Saint-Pierre-lès-Nemours,  membre  du  collège 
électoral  de  Seine-et-Marne,  décédé  à  Gien  en  1828,  fut  anobli  le 
11  juin  1816  par  lettres  patentes  du  roi  Louis  XVIIL  II  avait  épousé 
M"^  de  Rancourt.  Il  en  laissa  une  fille,  M™^  de  Parseval,  et  un  fils, 
Etienne-Alcime  du  Chesne,  né  à  Nemours  en  1803,  page  du  Roi, 
marié  successivement  en  1834  à  M""  de  Saint-Albin  et  en  1836  à 
M'^*  des  Francs,  qui  a  laissé  une  nombreuse  postérité. 

Principales  alliances  :  de  Rancourt  vers  1806  et  1861,  de  Parseval 
1824,  Raguenet  de  Saint-Albin  1834,  Colas  des  Francs  1836,  Faure 
de  Lilate,  Béthery  de  la  Brosse  1910,  etc. 

Une  autre  famille  Duchesne,  puis  du  Chesne,  fut  anoblie  sous  la 
Restauration.  Cette  famille  portait  pour  armes  :  de  gueules  à  un 
chêne  terrassé  d'argent,  englanlé  de  sinople,  le  fût  chargé  d'un  chien 
assis  et  accolé  d'or,  et  adextré  d'un  lis  d'argent  mouvant  de  la  ter- 
rasse. Elle  appartenait  au  xvii"  siècle  à  la  haute  bourgeoisie  du  Blé- 
sois  et  descendait  d'Etienne  Duchesne  qui  en  1727  était  conseiller  au 
présidial  de  Blois.  Etienne-Marin  Duchesne,  petit-fiIs  du  précédent, 
né  à  Blois  en  1780,  sous-préfet,  décédé  en  1853,  fut  anobli  par  lettres 
patentes  du  20  janvier  1815  et  reçut  le  titre  héréditaire  de  chevalier 
par  nouvelles  lettres  du  12  octobre  1816.  Il  laissa  trois  fils  :  1° Eugène- 
Gaston  du  Chesne,  né  en  1815,  décédé  à  Nantes  en  1866,  qui  eut  une 
fille  de  son  mariage  avec  M"^  des  Merliers  de  Longueville;  2°  Louis- 
Paulin  du  Chesne,  curé  de  Notre-Dame-des-Champs,  à  Paris,  décédé 
en  1871  ;  3°  Henri  du  Chesne,  né  en  1822,  consul  de  France  en  Chine, 
décédé  sans  alliance  en  1884. 

CHESNE  de  COURCY  et  de  BEAUMANOIR  (du).  Voyez  :  Duchesne  de 

COURCY  ET  DE  BeAUMANOIR. 

CHESNE  de  GILLEVOISIN  de  CONÉGLIANO  (du;.  Voyez  :  Duchesne  de 

GiLLEVOISIN  DE  CONÉGLIANO. 

CHESNE  de  VAUVERT  et  de  SAINT-LÉGER  (du).  Armes  :  d'azur  à  trois 
glands  d'or,  2  erl. 


266  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  du  Chesne  de  Vauvert  et  de  Sàint-Légkr,  dont  les  branches 
demeurées  françaises  sont  aujourd'hui  près  de  s'éteindre,  a  occupé 
un  ranpf  distingué  dans  la  noblesse  du  Poitou.  Beauchet-Filleau  en  a 
donné  une  généalogie  dans  son  Dictionnaire  historique  et  généalo- 
gique des  familles  du  Poitou.  On  trouvera  aussi  dans  le  Cabinet 
d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  qu'un  de  ses  membres  fit  en  1719 
pour  être  admis  parmi  les  pages  de  la  Grande  Écurie. 

La  famille  du  Chesne  a  pour  premiers  auteurs  connus  Jean  du 
Chesne,  Sgr  du  château  de  la  Rochette,  en  Angoumois,  et  Pierre  du 
Chesne,  Sgr  de  Vauvert,  en  l'élection  de  Saint-Maixent,  en  Poitou, 
qui  servaient  comme  nobles  au  ban  de  1467.  Les  jugements  de  main- 
tenue de  noblesse  du  xvii^  siècle  et  le  travail  de  Beauchet-Filleau  font 
remonter  la  filiation  à  François  du  Chesne,  écuyer,  Sgr  de  Vauvert 
et  de  la  Rochette,  qui  acquit  divers  héritages  par  acte  passé  le 
17  juin  1502  devant  notaire  en  la  cour  de  Cherveux.  Ce  gentil- 
homme laissa  d'une  alliance  inconnue  plusieurs  enfants  qui  parta- 
gèrent sa  succession  par  acte  du  5  septembre  lool.  L'aîné  de  ses 
fils,  René  du  Chesne,  écuyer,  Sgr  de  Vauvert,  marié  à  Françoise  Ver- 
gereau,  est  mentionné  dans  des  actes  de  1532,  1540,  lo41,  1551.  Il 
fut  lui-même  père  de  François  du  Chesne,  écuyer,  Sgr  de  Vauvert  et 
de  Rufane,  qui  épousa  le  3  janvier  1556  Antoinette  Roigne.  Deux  des 
fils  de  celui-ci,  Louis  du  Chesne,  Sgr  de  Vauvert  et  de  Rufane,  marié 
le  15  février  1588  à  Marguerite  Perrouin,  maintenu  dans  sa  noblesse 
le  22  décembre  1604  par  sentence  de  M.  de  la  Parisière,  commis- 
saire départi  pour  les  vérifications  de  noblesse,  puis  le  6  novembre 
1624  par  jugement  de  M.  Amelot,  intendant  de  Poitiers,  et  René  du 
Chesne,  écuyer,  Sgr  de  Saint-Léger,  en  la  paroisse  de  Saint-Mandé, 
marié  en  1586  à  Anne  Audouyn,  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

Le  chef  de  la  branche  aînée,  Jean  du  Chesne,  Sgr  de  Vauvert,  né 
en  1647,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  17  septembre  1667  par 
jugement  de  Barentin,  intendant  de  Poitiers.  Il  abjura  en  1692  la  reli- 
gion réformée,  mais  n'en  fut  pas  moins  emprisonné  au  château  d'An- 
goulême  comme  suspect  de  protestantisme.  De  son  mariage  con- 
tracté en  1667  avec  Elisabeth  Chalmot,  il  eut  plusieurs  fils  dont  l'un, 
Jonas,  Sgr  de  Vauvert  et  du  Bois  de  Roche,  épousa  en  1725  Anne 
David  et  continua  la  descendance  en  France.  Les  autres  allèrent  se 
réfugier  à  l'étranger  lors  de  la  révocation  de  l'Édit  de  Nantes  :  la 
descendance  de  l'un  d'eux  subsistait  en  Suède  il  y  a  quelques 
années  ^  Jean  Duchesne,  Sgr  de  Vauvert,  fils  de  Jonas,  prit  part  en 

*  Beauchet-Filleau  croit  que  celte  branche  suédoise  de  la  famille  du  Chesne  de 
Vauvert  descend  non  pas  de  Jean,  né  en  1647,  mais  de  son  frère  puîné,  François, 
né  en  1656. 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  267 

1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Saint-Maixcnt  ;  il  mou- 
rut dans  la  prison  d'Angoulômc  pendant  la  Terreur.  Sa  descendance 
était  représentée  de  nos  jours  par  ses  trois  petits-fds  :  1°  Jean- 
Augustin  du  Chesnc  de  Vauvcrt,  né  en  1803,  décédé  en  1859,  qui  de 
son  mariage,  en  1830,  avec  M""  de  Brémond  d'Ars  n'a  eu  que  trois 
filles,  W^"^  de  Liniers,  Masse  et  de  Mélier  de  Labarthe  ;  2°  Pierre- 
I.éopold,  qui  de  son  mariage,  en  1831,  avec  M"»  de  Lescours  a  eu  un 
(ils,  Boleslas,  demeuré  célibataire,  et  une  fdle,  M""=  de  Gourville; 
3°  Charles-Jules,  décédé  sans  alliance  en  1881. 

Samuel  du  Chcsne,  écuyer,  Sgr  de  Saint-Léger,  chef  de  la  seconde 
branche,  marié  en  1667  à  Jacquette  Aymer,  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  le  l®'  septembre  de  cette  même  année  par  jugement  de 
M.  de  Barcnlin.  Il  fut  père  d'Isaïe-René  du  Chesne,  Sgr  de  Saint- 
Léger,  qui  fut  à  son  tour  maintenu  dans  sa  noblesse  le  16  février  1715 
par  jugement  de  Quentin  de  Richebourg,  un  des  successeurs  de 
Barentin,  et  grand-père  de  Jean-Isaïe  du  Chesne  de  Saint-Léger,  né 
en  1702,  qui  fut  admis  en  1719  parmi  les  pages  de  la  Grande  Écurie. 
Cette  branche  a  eu  pour  dernier  représentant  mâle  M.  Théotime- 
Hilaire  du  Chesne  de  Saint-Léger,  né  en  1810,  auteur  de  plusieurs 
ouvrages  philosophiques,  qui  est  décédé  à  Poitiers  en  1886  laissant 
une  fille  mariée  au  vicomte  de  Rochebouet- 

La  famille  du  Chesne  de  Saint-Léger  a  fourni  de  nombreux  officiers, 
plusieurs  chevaliers  et  un  commandeur  de  Malte  au  xvin*  siècle,  etc. 

Principales  alliances  :  Janvre  de  laBouchetiôre  1637,  Jouslard  1640, 
1766,  1726,  Chalmot  1667,  Avice  de  Surimeau  1801,  d'Auzy  1801,  de 
Lescours  1831,  de  Brémond  d'Ars  1830,  de  Liniers,  Aymer  1667, 
de  Pontbriand  1725,  Poignant,  Hugueteau  de  Gourville  1809, 
de  Rechignevoisin  1817,  Grimaudet  de  Rochebouet  1874,  Gilbert  de 
Gourville,  etc. 

CHESNE  de  DENANT  (du).  Armes  (d'après  l'Armoriai  général  de  1696)  : 
d'or  à  trois  glands  de  sinople,  2  ei  1.  —  La  famille  du  Chesne  de 
Denani  adopta  au  xvni^  siècle  les  armes  suivantes  qui  sont  celles  de 
la  famille  du  Chesne  de  Vauvert  et  de  Saint-Léger  :  à'azur  à  trois 
glands  d'or,  2  eH . 

La  famille  du  Chesne  deDen.\nt  appartenant  à  la  noblesse  du  Poitou 
comme  la  précédente,  dont  elle  avait  adopté  les  armoiries.  On  en 
trouvera  des  généalogies  dans  le  Cabinet  d'Hozier  et  dans  le  Dic- 
tionnaire historique  et  généalogique  des  familles  du  Poitou.  Elle 
paraît  être  originaire  du  Perche. 

Maître  Isaye  du  Chesne,  chirurgien,  auquel  remonte  la  filiation,  est 
mentionné  dans  un  acte  de  1642.  Il  fut  père  de  scientifique  personne 


268  DICTIONNAIRE     DES    FAJiILLES    FRANÇAISES 

Isayedu  Chesne,  écuyer,  sieur  duMesnil,  docteur  en  médecine,  con- 
seiller et  médecin  du  Roi,  demeurant  à  Nogent-le-Béthune,  dans  le 
Perche,  qui  est  mentionné  dans  un  acte  de  1646,  grand-père  de  Jean 
du  Chesne,  écuyer,  sieur  du  Mesnil,  qui  épousa  Michelle  Cléreau,  et 
bisaïeul  de  François  du  Chesne,  écuyer,  avocat  en  Parlement,  com- 
missaire des  vivres  des  armées  du  Roi,  qui  épousa  le  4  février  1695 
Marie  de  Morienne,  demeurant  à  Fontenay-le-Comte,  en  Bas-Poitou. 
Ce  dernier  obtint  du  roi  Louis  XIV,  en  décembre  1696,  des  lettres 
patentes  d'anoblissement  sur  le  vu  desquelles  il  fut  maintenu  dans  sa 
noblesse  le  13  juin  1715  par  jugement  de  Quentin  de  Richebourg, 
intendant  de  Poitiers.  Son  fils,  François-Pleurant  du  Chesne,  écuyer, 
So-r  du  Mesnil ,  un  des  200  gens  d'armes  ordinaires  de  la  garde  du  Roi, 
écuyer  d'honneur  de  M"'  de  la  Roche-sur- Yon,  épousa  le  31  juillet 
1730  Marie-Jacqueline  de  Mesnard,  issue  d'une  des  plus  illustres 
familles  du  Bas-Poitou.  Il  acquit  vers  la  même  époque  de  la  famille 
de  la  Cropte  de  Bourzac  la  terre  importante  et  le  château  de  Denant 
et  fut  dès  lors  connu  sous  le  titre  de  baron  de  Denant,  conservé  par 
ses  descendants.  Son  petit-fds,  Nicolas-Dominique  Duchesne,  baron 
de  Denant,  né  en  1753,  tué  en  juin  1794  à  l'armée  des  Princes,  prit 
part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Poitiers.  La 
famille  du  Chesne  de  Denant  s'est  éteinte  dans  les  mâles  avec  un 
petit  fils  du  précédent,  Ferdinand,  baron  de  Denant,  né  à  Angers  en 
1819,  qui  est  décédé  dans  la  même  ville  en  1891  sans  avoir  été  marié. 

La  famille  du  Chesne  de  Denant  avait  fourni  de  nombreux  officiers 
et  un  écuyer  de  la  duchesse  de  Berry,  mère  de  M.  le  comte  de  Cham- 
bord.  Elle  s'était  signalée  à  l'époque  de  la  Révolution  par  son  dévoue- 
ment à  la  cause  royaliste. 

Principales  alliances  :  de  Mesnard  1748,  Brunet  de  Montreuil, 
d'IIillerin  du  Boistissandeau,  Gontard  1798,  de  la  Corbière  1830,  du 
Bois  de  Maquillé  18i0,  Brossaud  de  Juigné  1847,  de  Vathaire,  etc. 

A  la  même  souche  appartenait  peut-être  noble  homme  Pierre 
Duchesne,  premier  médecin  du  duc  de  Bourgogne,  qui  reçut  en 
novembre  1700  des  lettres  patentes  d'anoblissement.  Pierre  Duchesne 
obtint  en  même  temps  le  règlement  de  ses  armoiries  :  d'azur  à  trois 
glayids  d'or,  2  eM .  Il  fut  père  de  Jacques  du  Chesne,  Sgr  de  Jouy,  cheva- 
lier de  Saint-Lazare  et  de  Notre-Dame  du  Mont-Carmel,  major  de  Phi- 
lippevillc,  en  Champagne,  grand-père  de  Pierre-Jacques  du  Chesne, 
Sgr  de  Jouy,  né  à  Philippeville  en  1691,  et  bisaïeul  de  Louis-Roland 
du  Chesne,  chevalier,  né  à  Jouy,  au  diocèse  de  Reims,  qui  épousa  en 
1760  Françoise  de  Rimbert  de  Chàtillon.  On  trouvera  dans  le  Nou- 
veau d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  qu'un  fils  de  ce  dernier, 
Grégoire-Alexandre  du  Chesne,  né  en  1762  au  Han-les-Moines,  au 


DICTIONNAIRR     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  269 

diocèse  de  Reims,  fit  en  1771  pour  ôtre  admis  à  l'École  militaire. 

CHESNE  de  la  SICOTIÈRE  (du).  Armes  :  d'argent  à  trois  glands  de 
sinople  accompagnés  en  chef  d'une  étoile  de  gueules. 

La  famille  du  Ghesne,  ou  Dughesne,  de  la  Sicotière  occupait  dès  le 
xviii*  siècle  un  rang  distingué  â  Alençon.  Elle  a  eu  pour  berceau  le 
bourg  de  MouIins-la-Marche  où  un  de  ses  auteurs,  Louis  Duchesne, 
exerçait  en  lGo3  les  fonctions  de  tabellion  royal.  On  en  trouvera 
une  généalogie  complète  dans  le  Bulletin  de  la  Société  historique  de 
l'Orne  de  l'année  1899.  Ce  travail  donne  la  fdiation  depuis  Alexandre 
du  Chesne,  sieur  de  la  Crémudière,  né  à  Moulins-la-Marche  le 
16  octobre  1673,  marié  le  12  février  1703  à  Marie-Catherine  du 
Hamel,  qui,  étant  venu  se  fixer  à  Alençon,  fut  nommé  élu  en 
l'élection  de  cette  ville  par  lettres  patentes  du  26  septembre  1700. 
Alexandre  du  Chesne  fut  dans  la  suite  procureur  et  fermier  géné- 
ral du  duc  de  Montmorency  pour  son  marquisc^t  de  Lonray  et 
mourut  à  Lonray  en  1740.  Son  fils,  Denis  du  Chesne  de  Chédouet, 
procureur  du  Roi  au  bureau  des  finances,  chambre  des  domaines,  et 
voyer  d'Alençon,  marié  à  Catherine  du  Mesnil  de  Villiers  par  contrat 
passé  à  Pacé  le  13  juin  1740,  recueillit  la  terre  de  la  Sicotière,  à  Bur- 
sard,  par  héritage  de  son  cousin  Pierre  Brunet  des  Portes .  Il  est  qualifié 
ancien  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances  d'Alençon  dans 
son  acte  de  décès  du  24  avril  1786.  Il  fut  père  de  Jacques-Etienne 
du  Chesne  de  la  Sicotière,  né  en  1742,  garde  du  corps,  chevalier  de 
Saint-Louis,  qui  épousa,  par  contrat  passé  le  6  juillet  1772  au 
Chesnay,  près  de  Versailles,  Marie-Josèphe  Menjaud,  fille  d'un  con- 
trôleur de  la  maison  de  madame  la  comtesse  de  Provence,  et  qui 
mourut  en  1797,  pendant  l'émigration.  Celui-ci  laissa  trois  fils  : 
1°  Jacques-Antoine,  marié  à  Jeanne  le  Sage  du  Parc  de  la  Dormie  ; 
â'*  Jérémie-Pierre,  baptisé  à  Alençon  en  1781  ;  3°  Pierre-Alexandre, 
baptisé  à  Alençon  en  1785,  vélite  des  grenadiers  de  la  garde  impé- 
riale, mort  en  1807  à  l'hôpital  de  Friedstatt,  en  Prusse.  Léon-Fran- 
çois Duchesne  delà  Sicotière,  fils  de  Jacques-Antoine,  né  à  la  Dormie 
en  1812,  député  de  l'Orne  à  l'Assemblée  nationale  de  1871,  puis  séna- 
teur inamovible,  déce'dé  à  Alençon  en  1893,  a  publié  plusieurs 
ouvrages  très  estimés  sur  l'histoire  de  la  Normandie  pendant  la 
période  révolutionnaire. 

Principales  alliances  :  de  Faudoas  1797,  Courtin  de  Torsay  1859, 
Lecomte  de  la  Verrerie  1892,  Hurel  du  Campart,  etc. 

CHESNE  de  la  MOTTE  (du).  Armes  :  d'azttr  à  un  chevron  d'or  accom- 
pagné de  trois  glands  de  même. 


270  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

La  famille  du  Chesne  de  la  Motte  est  originaire  d'Abbeville,  en 
Picardie,  où  elle  était  honorablement  connue  dès  la  seconde  moitié 
du  xvi^  siècle.  Jean  du  Chesne  fut  échevin  de  celte  ville  en  1376.  Un 
de  ses  fils,  Jean  Duchesne,  marié  à  Anne  Gaillard,  échevin  d'Abbe- 
ville en  1609  et  1620,  fut  père  d'autre  Jean  Duchesne,  échevin  de  la 
même  ville  en  1633  et  1644.  Un  autre,  Adrien  Duchesne,  consul 
mayeur  d'Abbeville,  fut  père  d'autre  Adrien  Duchesne,  maieur  d'Ab- 
beville en  1671.  Thomas  du  Chesne  fut  échevin  d'Abbeville  de  1581 
à  1603.  François  Duchesne,  bourgeois  d'Abbeville,  et  autre  François 
Duchesne,  avocat  en  la  sénéchaussée  de  Ponthieu  et  siège  présidial 
d'Abbeville,  firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de 
1696.  Maître  François  Duchesne,  avocat  au  présidial,  conseiller  du 
Roi  aux  traites  d'Abbeville,  fut  anobli  par  la  mairie  d'Abbeville  qu'il 
exerça  en  1718.  Jean-Claude  Duchesne,  écuyer,  Sgr  de  Courcelles  et 
de  la  Motte,  mari  de  Jeanne-Catherine  Blanquart,  fut  à  son  tour 
mayeur  d'Abbeville  en  1751;  il  fut,  en  outre,  pourvu  de  la  charge 
anoblissante  de  secrétaire  du  Roi.  Jean-François  Duchesne,  écuyer, 
sieur  de  la  Motte-Bulleux  et  de  Feuquières,  chevau-léger,  était  en 
1779  conseiller  assesseur  à  Abbeville. 

Jean  du  Chesne,  chevalier,  Sgr  de  la  Motte-Bulleux  et  de  Feu- 
quières, prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Amiens. 

Jean-Jules  du  Chesne  de  la  Motte  épousa  en  1822  M"'=  de  Buissy 
d'Yvrencheux.  Il  en  laissa  une  lille.  M"''  Calluaud,  et  un  fils,  Jean- 
Paul  du  Chesne  de  Lamotte,  qui  épousa  M"*  Dursus  de  Courcy  et  qui 
mourut  en  1870.  Les  deux  fils  de  ce  dernier,  Jean,  marié  en  1892  à 
M'"'  de  la  Teillais,  et  Etienne,  marié  successivement  à  M"^  de  Salverte 
et  à  M"®  de  Douglas,  sont  connus  sous  les  titres  de  comte  et  de 
vicomte  de  la  Motte. 

Principales  alliances  :  de  Buissy  1822,  Calluaud,  Dursus  de  Courcy, 
Beauvariet  de  Moismont,  Chevalier  de  la  Teillais  1892,  Baconnière 
de  Salverte  1894,  de  Douglas  1903,  Blanquart,  etc. 

CHESNE  de  BELLECOURT  (du).  Armes  :  d'argent  à  trois  cœurs  de 
gueules  couronnés  d'or,  2  eH. 

Les  armes  décrites  en  tète  de  cet  article  sont  celles  d'une  tamille 
du  Chesne,  éteinte  au  commencement  du  xi.\^  siècle,  qui  appartenait 
à  la  vieille  noblesse  de  l'ancien  diocèse  de  Saint-Malo.  On  trouvera 
des  renseignements  sur  cette  famille  dans  les  ouvrages  de  Potier  de 
Courcy,  de  Kerviler,  du  marquis  de  l'Estourbeillon  et  de  M.  Saulnier. 
Elle  avait  eu  pour  berceau  une  terre  du  Chesne,  située  sur  le  terri- 
toire  de  la  paroisse   de  Guer.  Elle  était  connue  dès  la  première 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  271 

moitic'  du  xiv*  siècle,  figura  de  1427  à  1513  aux  reformations  et  mon- 
tres de  la  noblesse  du  diocèse  de  Saint-Malo  et  fut  maintenue  dans  sa 
noblesse  d'ancienne  extraction  par  arrêt  du  31  mai  1669.  Cet  arrêt  en 
fait  remonter  la  filiation  à  un  Robin  du  Chesne  qui  figura  à  la  réfor- 
mation de  li^il .  Julien  du  Chesne,  SgT  de  Vieilleville,  qui  représente 
le  cinquième  degré  de  la  filiation,  épousa  en  ISl  7  Julienne  de  Porcaro. 
On  lui  attribue  deux  fils  :  1*  Julien  II  du  Chesne,  Sgr  de  Vieilleville, 
qui  continua  la  lignée  et  de  la  descendance  duquel  il  sera  parlé  plus 
bas;  2°  maître  Jean  Duchesne,  notaire  royal  à  Romorantin,  marié  à 
Georgine  Larcher,  dont  un  fils,  Pierre  du  Chesne,  Sgr  du  Chesnot, 
fut  nommé  en  lo72  conseiller  au  Parlement  de  Bretagne  et  dont  les 
petits-fils  Guillaume,  Sgr  de  l'Abbaye,  Jean,  sieur  de  Penguilly,  et 
Gilles,  Sgr  de  Chesnot,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  en  1669 
et  ne  paraissent  pas  avoir  laissé  de  postérité. 

François  du  Chesne,  Sgr  du  Tay  et  de  Boislesné.  petit-fils  de 
Julien  II,  épousa  Françoise  Charpentier  ;  il  en  eut  trois  fils  qui  parta- 
gèrent sa  succession  par  acte  de  1646  :  1°  Mathurin,  Sgr  de  Vieille- 
vigne  et  de  Boislené,  qui  continua  la  descendance  ;  2"*  Jean,  Sgr  de 
la  Noe,  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  par  arrêt  de  1669  et  qui 
n'eut  pas  d'enfants  ;  3°  Yves,  Sgr  de  la  Bouexière,  qui  fut  maintenu 
dans  sa  noblesse  avec  son  frère  par  arrêt  de  1669  et  dont  la  descen- 
dance s'éteignit  avec  Jacquette  du  Chesne  de  la  Bouexière  mariée 
vers  1750  à  maître  Yves  le  Rouzic,  notaire  à  Rohan.  Etienne  du 
Chesne  du  Tay,  fils  de  Mathurin,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse 
avec  ses  oncles  en  1669  el  épousa  en  1677  Marie  de  Saint-Malon. 
Sa  descendance  s'éteignit  avec  Laurent-François  du  Chesne  du 
Tay  qui  épousa  vers  1803  M"^  de  Gouyon-Coypel  et  qui  n'en  eut  pas 
d'enfants. 

Il  existe  de  nos  jours  une  famille  du  Chesne  de  Bellecourt  qui 
revendique  une  origine  commune  avec  la  vieille  souche  bretonne 
dont  il  vient  d'être  parlé  et  qui  en  a  adopté  les  armoiries.  L'auteur 
de  cette  famille,  Jacques  Duchesne,  sieur  de  Bellecourt,  vint  dans  la 
seconde  moitié  du  xvii®  siècle  se  fixer  à  la  Guadeloupe  et  y  épousa 
Marie  Strabert,  veuve  de  Louis  Lefort,  de  Saint-Malo.  Dans  son 
Livre  d'or  de  la  noblesse,  M.  de  Magny  en  fait,  mais  sans  preuves  à 
l'appui,  le  propre  frère  d'un  Jean  du  Chesne,  sieur  de  Penguilly,  qui 
fut  maintenu  dans  sa  noblesse  par  l'arrêt  de  1669  mentionné  plus  haut. 
Ce  frère,  en  tout  cas,  est  passé  sous  silence  par  les  auteurs  men- 
tionnés en  tête  de  cette  notice  et  ne  fut  pas  compris  dans  l'arrêt  de 
maintenue  de  1669.  On  ne  voit  pas  que  sa  descendance  ait  jamais 
régularisé  sa  situation  nobiliaire  et  la  famille  du  Chesne  de  Bellecourt 
ne  figure  pas  au  nombre  de  celles  qui,  au  cours  du  xvm^  siècle,  firent 


272  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

enregistrer  leurs  titres  de  noblesse  au  Conseil  supérieur  de  la  Gua- 
deloupe. 
Principale  alliance  :  de  Chabrier  vers  1823. 

CHESNEAU  de  la  DROURIE.  Armes  :  à' azur  à  deux  gerbes  d'or  accom- 
pagnées en  chef  d'une  étoile  et  en  pointe  d'un  croissant  de  même. 

La  famille  Chesneau  de  la  Drocrie,  éteinte  de  nos  jours,  était  ori- 
ginaire du  Maine'. 

Elle  descendait  de  Louis  (aliàs  François)  Chesneau  qui  avait 
épousé  Marie  de  Faye  et  dont  le  fils,  Guillaume  Chesneau,  épousa  à 
Lassay,  en  1496,  noble  demoiselle  Jeanne  de  Vieuxmont.  Jean  Ches- 
neau de  Vieuxmont,  fils  de  Guillaume,  fut  de  lo31  à  lo4o  garde  des 
sceaux  de  Mgr  le  duc  d'Orléans.  Guy-Macé  (aliàs  Mathieu)  Chesneau 
de  Vieuxmont,  descendant  des  précédents,  épousa  à  Lassay,  en  1604, 
Françoise  Pottier,  dont  le  père  avait  été  anobli  en  1394  par  lettres 
du  roi  Henri  IV.  Il  fut  père  de  Mathieu  Chesneau  des  Portes  de 
Vieuxmont,  avocat  au  siège  présidial  du  Mans,  qui  épousa  dans  cette 
ville,  en  1641 ,  Marie  Bodcreau.  Celui-ci  laissa  un  grand  nombre  d'en- 
fants. Quatre  de  ses  fils  furent  les  auteurs  de  quatre  rameaux  :  celui  des 
Chesneau  de  Vieuxmont,  sieurs  de  Fontenelle  et  de  Vouvereau  ;  celui 
des  Chesneau  des  Portes,  sieurs  de  Lauberdière  ;  celui  des  Chesneau 
de  Monto^ond,  sieurs  de  la  Picannière  ;  et  celui  des  Chesneau  de 
la  Drourie. 

Les  trois  premiers  rameaux  ne  tardèrent  pas  à  s'éteindre. 

Le  chef  du  quatrième  rameau,  Marin-Dominique  Chesneau  de  la 
Drourie,  né  en  1706,  marié  à  Madeleine  Rahier,  fut  ofiîcier  de  S.  A.  le 
duc  d'Orléans  et  fut  nommé  en  1761  échevin  du  Mans.  Il  fut  père  de 
Marin-François-Dominique  Chesneau  de  la  Drourie,  avocat  au  Parle- 
ment de  Paris,  puis  receveur  des  tailles  en  l'élection  d'Alençon,  qui 
épousa  dans  cette  ville,  en  1753,  Françoise-Julienne  Suard,  et  grand- 
père  de  Marin-René  Chesneau  de  la  Drourie,  baptisé  à  Alençon 
en  1737,  maire  de  cette  ville  sous  la  Restauration,  qui  épousa  en  1786 
M"*  de  Villiers  d'Hesloup.  Ce  rameau,  éteint  dans  les  mâles  en  1890, 
n'est  plus  représenté  (1911)  que  par  M"*  Alix  de  la  Drourie,  née 
en  1830,  demeurant  à  Alençon. 

On  ne  connaît  pas  à  la  famille  Chesneau  de  principe  d'anoblisse- 
ment et  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  pris  part  en  1789  aux  assemblées 
de  la  noblesse  de  sa  région.  Cependant  il  est  incontestable  que  sous 
Louis  XVI  ses  membres  portaient  les  qualifications  nobiliaires  et  que 


'  Celte  notice  a  été  faite  en  grande  partie  à  l'aide  de  renseignements  dus  à  l'obli- 
geance de  M.  le  comte  de  Souancé. 


DICTIONNAinF,     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  273 

pendant  la   période   révolutionnaire   plusieurs  d'entre  eux   furent 
inquiétés  comme  ci-devant  nobles. 

Principales  alliances  :  de  Villiers  d'Hesloup,  Binet  de  Boisgiroult 
de  Sainte-Preuve,  Fromont  de  Bouailles,  etc. 

CHESNEAU  de  la  HAUGREMIÈRE.  Armes  (d'après  le  Dictionnaire  his- 
torique de  la  noblesse  française  de  M.  de  Mailhol  et  d'autres  Armo- 
riaux  contemporains)  :  ^.'argent  à  trois  chiens  de  sable,  2  et  1;  au 
chef  cousu  d'or  chargé  d'une  croix  de  Jérusalem  de  gueules.  — 
Aliàs  (d'après  Rietstapp)  :  (ïazur  semé  de  besants  d'argent,  au  che- 
vron d'or  brochant. 

Les  armes  décrites  en  tête  de  cet  article  et  attribuées  par  plusieurs 
auteurs  à  la  famille  Chesneau  de  la  Haugremière  sont  celles  d'une 
famille  Chesneau  qui  a  appartenu  à  la  noblesse  du  Poitou  et  de  la  Tou- 
raine  et  dont  on  trouvera  une  généalogie  dans  le  Dictionnaire  de  la 
noblesse  de  la  Chesnaye  des  Bois.  Cette  famille  possédait  dès  le 
milieu  du  xvi^  siècle  une  seigneurie  de  Champeaux,  située  dans  la 
paroisse  dePouzioux,  près  de  Chauvigny,  en  Poitou.  Elle  était  repré- 
sentée à  celte  époque  par  deux  frères,  Jean  et  François  Chesneau,  fils 
de  Mathurin,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Jean  Chesneau,  Sgr  de  Champeaux, 
maître  d'hôtel  de  Renée  de  France,  duchesse  de  Chartres,  douairière 
de  Ferrare,  tante  du  roi  Charles  IX,  fut  anobli  en  mai  1566  par  lettres 
patentes  de  ce  prince  ;  il  fut  plus  tard  nommé  chevalier  de  l'Ordre  du 
Roi.  Son  petit-fds,  Jérôme  Chesneau,  Sgr  de  la  Rousselière,  en  la 
paroisse  d'Usseau,  en  Saintonge,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse 
en  1668  par  jugement  de  d'Aguesseau,  intendant  de  Limoges.  Cette 
branche  paraît  s'être  éteinte  avec  Marie-Dorothée  Chesneau  de  la 
Rousselière,  petite-fdle  du  précédent,  qui  épousa  le  8  octobre  1713 
François  Normand,  chevalier,  Sgr  de  Chermont  et  du  Temple. 

La  branche  cadette  fit  fabriquer  au  xviii*  siècle  une  généalogie  fan- 
tastique qui  la  rattachait  à  la  maison  ducale  de  la  Vieuville.  Dans  la 
réalité  cette  branche  ne  s'agrégea  à  la  noblesse  que  dans  la  seconde 
moitié  du  xvi^  siècle,  après  l'anoblissement  de  la  branche  aînée.  Son 
chef,  Nicolas  de  Chesneau,  Sgr  de  Boisdelée,  demeurant  en  l'élection 
d'Amboise,  marié  à  Marie  Chassin  par  contrat  passé  le  8  février  1695 
à  Montrichard,  en  Blésois,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  !23juin  1 700, 
[  sur  preuves  remontant  à  1546,  par  jugement  de  M.  de  Miromesnil, 
intendant  de  Tours.  Nicolas  du  Chesneau  de  la  Vieuville,  écuyer, 
petit-fils  du  précédent,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Tours.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les 
preuves  de  noblesse  qu'il  avait  faites  en  1784  pour  obtenir  l'admission 
X.  1« 


274  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

à  l'École  militaire  de  son  fils,  Nicolas  Chesneau  de  la  Vieuville,  né 
en  1773  à  Villechauve,  en  Touraine. 

On  ignore  si  c'est  à  cette  souche  que  l'on  doit  rattacher  une  famille 
Chesneau  de  la  Haugremièrk  fixée  de  nos  jours  dans  le  déparlement 
de  la  Sarthe.  Cette  famille  a  contracté  des  alliances  avec  les  familles 
de  Grateloup,  en  18o4,  de  la  Rue  du  Can,  en  1899,  etc.  On  n'a  pu  se 
procurer  sur  son  origine  que  des  renseignements  très  insuffisants  et 
son  nom  ne  figure  pas  aux  assemblées  de  la  noblesse  de  1789. 

GHESNELONG. 

Famille  de  haute  bourgeoisie. 

Pierre-Charles  Chesxeloxg,  né  à  Orthez  en  1820,  était  fils  d'un 
grand  fabricant  de  drap.  Député  des  Basses-Pyrénées  au  Corps 
législatif,  puis  à  l'Assemblée  nationale,  sénateur  inamovible  en  1876, 
Chesnelong  fut  un  des  membres  les  plus  actifs  du  parti  légitimiste  et 
fut  un  des  délégués  qui,  en  1873,  se  rendirent  à  Salzbourg  auprès  de 
monsieur  le  comte  de  Chambord  pour  négocier  le  rétablissement  de 
la  monarchie.  Un  de  ses  fils  est  actuellement  (1911)  évoque  de  Va- 
lence. 

La  famille  Chesnelong  actuelle  n'a  aucun  rapport  avec  celle  d'un 
Alexandre  Chesnelong  qui,  en  1700,  était  secrétaire  du  Roi,  commis  au 
greffe  du  Conseil. 

CHESNES  (Froger  des).  Voyez  ;  Froger  des  Chesnes. 

CHESNES  (  Thomas  des).  Voyez  :  Thomas  des  Chesnes. 

GHESNEZ  (Martineau  des)  Voyez  :  Martineau  des  Chesnez. 

GHESNIER  du  CHESNE.  Armes  concédées  en  1809  au  chevalier  de 
l'Empire  :  tiercé  en  fasces  :  d'azur  à  deux  épées  en  sautoir  d'argent; 
d'or  au  chêne  terrassé  de  sinople  ;  et  de  gueules  au  signe  des  cheva- 
liers légionnaires. 

La  famille  Chesmer  du  Chesxe  appartenait  au  xviu^  siècle  à  la  haute 
bourgeoisie  delà  Saintonge.  On  trouvera  sur  elle  des  renseignements 
dans  la  Revue  de  Saintonge  et  d'Àunis  de  1889.  Elle  peut  être  la 
même  que  celle  d'une  Perrette  Chesnier  qui  épousa  vers  1520  André 
Bionneau,  un  des  auteurs  de  la  famille  Bionneau  d'Eyragues.  On 
trouve  aussi  qu'un  Jean  Chesnier  était  en  1694  chirurgien  à  Rochefort. 
Beauchet-Filleau  donne  la  filiation,  dans  son  Dictionnaire  historique 
et  généalogique  des  familles  du  Poitou,  kpRviir  d'Alexandre  Chesnier 
du  Chesne,  ancien  juge  de  la  Bourse,  qui  mourut  à  Saintes  le 
12  avril  1762  à  l'âge  de  67  ans.  François-Alexandre  Chesnier  du 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  275 

Chcsne,  fils  du  précédent,  fut  avocat  en  Parlement  et  juge  bailli  de 
l'évôché  de  Saintes.  Il  épousa  Jeanne  Laplanche  de  la  Chapelle  et 
en  laissa,  entre  autres  enfants,  deux  fils  :  1°  François-Ambroise,  dit 
Claude,  qui  continua  la  descendance  ;  2°  Alexandre,  né  en  1773 
colonel  d'infanterie  en  1812,  officier  de  la  Légion  d'honneur,  cheva- 
lier de  Saint-Louis,  mort  sans  alliance  à  Saintes  en  1840,  qui  fut  créé 
chevalier  de  l'Empire  par  décret  impérial  du  15  août  1809  et  qui 
obtint  en  même  temps  une  rente  de  2.000  francs  sur  le  Trasimène 
François-Ambroise,  dit  Claude,  Chesnier  du  Ghesne,  né  en  1769  joua 
un  rôle  assez  important  dans  les  guerres  de  Vendée,  fut  premier  aide 
de  camp  et  adjudant  général  de  Charette,  fut  chargé  par  lui  de  plu- 
fr/'.'f'^"'''"^  ^"  Angleterre  et  obtint  la  croix  de  Saint-Louis  en 
17J5.  Il  fut  condamné  à  mort  le  14  décembre  1805  par  une  commission 
militaire  séant  à  Nantes,  mais  réussit  à  s'échapper.  Le  gouvernement 
de  la  Restauration  ne  voulut  lui  reconnaître  que  le  grade  de  colonel 
bien  qu'il  eût  rempli  en  plusieurs  circonstances  les  fonctions  de  maré- 
chal de  camp.  Il  mourut  en  1829.  Il  avait,  paraît-il,  été  anobli  par 
une  ordonnance  du  roi  Louis  XVIII  du  6  décembre  1814  ;  il  ne  semble 
pas  que  cette  ordonnance  ait  été  suivie  de  lettres  patentes  et,  en  tout 
cas,  la  famille  Chesnier  du  Chesne  n'estpas  mentionnée  dans  les  Titres 
anoblissements  et  pairies  de  la  Restauration,  l'ouvrage  pourtant  si 
complet  du  vicomte  Révérend.  François-Ambroise  Chesnier  du  Chesne 
laissa  trois  fils  :  1°  Camille,  né  d'un  premier  mariage  en  1798,  officier 
supérieur,  dont  le  fils,  Camille-Joseph,  né  en  1832,  longtemps  admi- 
nistrateur   du   journal    Y  Union,    mourut    sans    alliance    en    1889- 
2°  Alexandre,  né  d'un  second  mariage,  qui  mourut  à  la  Louisiane  en 
1871  laissant  une  nombreuse  postérité  ;  3°  Romain,  né  en  1816   qui 
mourut  en  1886  à  Bône,  en  Algérie,  laissant  trois  enfants. 

CHESNON  de  CHAMPMORIN  du  JARROSEY.  Armes  :  à'azur  à  un  che- 
vron  d'argent  accompagné  en  chef  de  deux  étoiles  et  en  pointe  d'un 
lion,  le  tout  de  même. 

La  famille  Chesnon  de  Champmorin  est  originaire  de  l'Ile-Bouchard 
en  Touraine.  On  trouvera  sur  elle  d'intéressants  renseignements  dans 
le  Nouveau  d'Hozier,  au  Cabinet  des  Titres. 

Urbain  Chesnon,  né  vers  1570,  auquel  remonte  la  filiation,  fut  con- 
seiller au  siège  royal  et  ordinaire  de  Chinon.  Il  laissa,  entre  autres 
enfants,  deux  fils,  Urbain  II  et  François  Chesnon.  Le  second  de  ceux-ci 
François,  laissa  lui-même  deux  fils  :  1°  Jacques  Chesnon,  sieur  du 
Petit-Bois,  conseiller  du  Roi,  lieutenant  de  l'élection  d'Amboise,  qui 
eut  son  blason  enregistré  d'office  à  l'Armoriai  général  de  1696  et  dont 
la  fille  unique  épousa  son  cousin,  Pierre-Jean  Chesnon  de  Champ- 


276  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

morin;  2"  Armand  Ghesnon,  décédé  sans  postérité,  qui  fut  pourvu  de 
Toffice  anoblissant  de  président  trésorier  de  France  au  bureau  des 
finances  de  Poitiers  et  qui  le  vendit  à  Claude  de  Cannbray  par  acte 
passé  à  Tours  le  7  mai  1711.  Urbain  II  Chesnon  succéda  à  son  père, 
Urbain  I",  dans  sa  charge  de  conseiller  au  siège  royal  et  ordinaire 
de  Chinon.  Il  fut  père  de  François  Chesnon,  sieur  de  Champmorin, 
né  en  1650,  assesseur  et  premier  élu  en  l'élection  de  Chinon,  procu- 
reur du  Roi  au  grenier  à  sel  de  la  même  ville,  qui  fit  enregistrer  son 
blason  à  lArmorial  général  de  1696.  Celui-ci  avait  épousé  Marie  Des- 
hayes;  il  en  eut  deux  fils  :  1°  Pierre-Jean  Chesnon  de  Champmorin, 
président  en  l'élection  de  Tours,  qui  épousa  sa  cousine,  Madeleine 
Chesnon  du  Petit-Bois,  et  qui  en  eut  un  fils,  Pierre,  receveur  des  tailles 
à  Mortagne  ;  2"  F'élix  Chesnon  de  Champmorin,  officier  d'infanterie, 
chevalier  de  Saint-Louis,  qui  épousa  à  Lille  une  demoiselle  Van  der 
Linde  et  qui  en  eut  deux  fils,  tous  deux  officiers. 

On  peut  voir  dans  le  lyouveaii  cCHozier  que  Pierre  Chesnon, 
receveur  des  tailles  à  Mortagne,  et  ses  deux  cousins  germains, 
MM.  Chesnon  de  Champmorin,  officiers,  demandèrent  dans  la  seconde 
moitié  du  xviii''  siècle  à  régulariser  leur  situation  nobiliaire.  On  ignore 
quel  fut  le  résultat  de  leur  requête. 

On  trouve  que  Pierre  Chesnon  de  Baigneux,  né  en  1749  à  Cinais, 
en  Touraine,  décédé  au  même  lieu  en  1831,  fils  de  Pierre  Chesnon 
et  de  Marguerite  deLamotte,  maire  de  Chinon  en  1783,  fut  élu  député 
du  Tiers  État  de  Touraine  aux  États  généraux  de  1789. 

Féli.K-Pierre  Chesnon,  chevalier,  Sgr de  Champmorin,  la  Chatonnière, 
Livonnière,  Varenne,  etc.,  né  à  Chinon  en  1736,  un  des  fils  de  Félix 
et  de  Marie-Thérèse-Julie  Van  der  Linde,  prit  part  en  1789  aux  assem. 
blées  de  la  noblesse  tenues  à  Tours  ;  il  fut  nommé  maréchal  de  camp 
en  septembre  1792,  suspendu  comme  noble  en  juillet  1793,  réintégré 
dans  l'armée  le  2o  prairial  an  III  avec  le  grade  de  général  de  division 
et  destitué  de  nouveau  le  11  brumaire  an  IV. 

Il  a  existé  une  famille  Chesnon  qui  possédait  la  seigneurie  de  Tal- 
chére,  sur  le  territoire  delà  paroisse  de  Beignon,  au  diocèse  de  Saint. 
Malo,  en  Bretagne.  Le  chef  de  cette  famille,  Jean  Chesnon,  fut  con- 
damné à  400  livres  d'amende  comme  usurpateur  de  noblesse  par 
arrêt  du  17  juillet  1669. 

CHESSEL(de),  en  Savoie.  Armes  :  de  sable  àdeux  bandes  d'argent  char, 
gées  chacune  d'une  rose  de  gueules. 

La  famille  de  Chessel,  aujourd'hui  éteinte,  appartenait  à  la  noblesse 
de  Savoie.  On  en  trouvera  une  généalogie  dans  V Armoriai  de  Savoie 
du  comte  de  P'oras. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  277 

Elle  paraît  être  originaire  du  lieu  de  Chessel,  en  Bas-Valais,  d'où 
elle  serait  venue  à  une  époque  très  reculée  se  fixer  à  Ghampange,  en 
Savoie. 

Elle  remontait  par  filiation  à  honorable  homme  Antoine  Chessel, 
demeurant  à  Champange,  dont  le  fils,  noble  Jacques  de  Chessel, 
curial  de  Feterne  en  1575,  fut  anobli  par  lettres  patentes  données  à 
Turin  le  dernier  février  1594.  Jacques  de  Chessel  mourut  en  1614.  Il 
fut  père  de  noble  Michel  de  Chessel  qui  épousa  Jeanne-Antoinette  de 
Bracorens.  Jacques  de  Chessel,  fils  de  celui-ci,  paraît  avoir  perdu  sa 
noblesse  par  dérogeance  ;  il  figure,  en  effet,  dans  certains  actes  avec 
la  simple  qualitication  d'égrège,  dans  d'autres  avec  celle  d'honorable. 
Son  fils,  spectable  Jacques-Louis  Chessel,  avocat  au  Sénat,  ne  figure 
dans  aucun  acte  avec  la  qualification  de  noble.  Il  fut  lui-même  père 
de  noble  et  spectable  François-Ambroise  de  Chessel,  né  en  1723,  et 
grand-père  de  Michel  de  Chessel,  qui  fut  le  dernier  représentant  de 
sa  famille  et  qui  mourut  en  1841  ne  laissant  que  trois  filles.  L'aînée 
de  ces  filles  mourut  dès  1844  ;  la  seconde,  Clémentine,  épousa 
en  1861  Charles  de  Juge  de  Pénillet  ;  la  troisième,  Madeleine,  entra 
en  religion. 

Principales  alliances  :  de  Bracorens,  de  Genève  de  Boringel815,  etc. 

CHEUX  (de).  Armes  :  ^'argent  à  une  croix  ancrée  de  sable. 

La  famille  de  Cheux,  aujourd'hui  complètement  éteinte,  apparte- 
nait à  l'ancienne  noblesse  de  Normandie.  Elle  avait  eu  pour  berceau 
une  paroisse  de  son  nom,  située  dans  l'élection  de  Caen,  dont  elle 
possédaitla  seigneurie  dès  le  xv*  siècle.  Elle  avait  pour  premier  auteur 
connu  Robert-Onfroy  de  Cheux,  écuyer,  qui  vivait  en  1426.  Jean  de 
Cheux,  de  la  paroisse  et  de  la  sergenterie  de  Cheux,  fut  maintenu 
dans  sa  noblesse  lors  de  la  célèbre  recherche  de  Montfaut,  en  1463. 
Richard  de  Cheux,  écuyer,  Sgr  et  patron  de  la  paroisse  de  Cheux,  et 
son  cousin  germain,  Nicolas  de  Cheux,  furent  maintenus  dans  leur 
ancienne  noblesse,  lors  de  la  recherche  de  1666,  par  jugement  de 
Chamillart,  intendant  de  la  généralité  de  Caen. 

MM.  de  Cheux  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Caen  ;M.  de  Cheux  de  Banneville  et  M""  veuve  d'Oilliamson, 
née  de  Cheux,  prirent  part  cette  môme  année  à  celles  tenues  à  Falaise  ; 
un  M.  de  Cheux,  enfin,  prit  part  à  celles  tenues  à  Ronfleur. 

Le  chef  de  la  famille  de  Cheux  fut  contre-amiral  sous  la  Restaura- 
tion ;  il  était  connu  sous  le  titre  de  baron.  Son  fils  unique  fut  page  de 
Louis  XVIII  et  garde  du  corps  de  Charles  X.  Il  fut  le  dernier  représen- 
tant de  son  nom  et  mourut  en  octobre  1884  à  l'âge  de  81  ans  sans 
laisser  de  postérité.  11  légua  sa  grosse  fortune  à  un  de  ses  parents. 


278  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

Georges  de  Banville,  né  en  18G5,  à  charge  de  relever  son  nom,  son 
titre  et  ses  armes  ;  mais  ce  jeune  homme  mourut  prématurément  dès 
1 892  et  le  nom  de  la  famille  de  Cheux  se  trouva  définitivement  éteint. 

Un  cadet  de  la  famille  de  Cheux,  Jean,  vint  se  fixer  en  Bretagne 
par  le  mariage  qu'il  contracta  en  1570  avec  Jacqueline  Biet,  aliàs  du 
Buat,  de  la  paroisse  de  Gevrezé.  Il  fut  père  de  Jean  de  Cheux,  Sgrdc 
la  Garenne,  qui  épousa  en  1616  Jacqueline  dAngennes.  Un  des  des- 
cendants de  celui-ci  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  7  novem- 
bre 1668  par  arrêt  de  la  chambre  de  réformation.  Mais  un  représen- 
tant de  la  même  famille,  Gabriel  de  Cheux,  delà  paroisse  de  Songeai, 
au  diocèse  de  Rennes,  fut  condamné  comme  usurpateur  de  noblesse  à 
une  amende  de  400  livres  par  un  autre  arrêt  de  ladite  chambre  de 
réformation  du  21  janvier  1669.  Ce  rameau  breton  de  la  famille  de 
Cheux  paraît  s'être  éteint  dès  la  fin  du  xvii^  siècle.  On  en  trouvera  un 
tableau  généalogique  très  sommaire  dans  les  Dossiei'S  bleus. 

La  famille  de  Cheux  a  fourni  des  officiers  de  mérite,  des  chevaliers 
de  Saint-Louis,  etc. 

Principales  alliances  :  Hébert  de  Beauvoir,  de  Percy  1821,  de 
Cordouen,  de  Malherbe  1679,  de  Mons  1651,  le  Marchand  de  Louva- 
gny  1781,  de  Gautier  de  Fleuriel,  etc. 

CHEVAL  de  FONTENAY,  aujourd'hui  de  FONTENAY.  Armes  :  d'azur  à 
un  cheval  passant  d'argent;  au  chef  cousu  de  gueules  chargé  de  trois 
'étoiles  d'or. 

La  famille  Cheval  de  Fontenay,  aujourd'hui  de  Fontenay,  appartient 
à  la  noblesse  de  Bourgogne.  On  en  trouvera  des  généalogies  dans  le 
Dictionnaire  de  la  noblesse  delà  Chesnaye  des  Bois  et  dans  V Armo- 
riai de  la  Chambre  des  comptes  de  Dijon  àQ  M.  d'Arbaumont. 

Elle  paraît  être  la  même  que  celle  d'un  Oudot  Cheval,  notaire  à 
Dijon,  dont  le  fils,  Guillaume  Cheval,  licencié  es  lois,  secrétaire  du 
duc  Charles  le  Téméraire,  fut  nommé  en  1473  procureur  de  celui-ci 
au  bailliage  de  Dijon.  Guillaume  Cheval  fut  maintenu  dans  son  office 
après  la  réunion  de  la  Bourgogne  au  domaine  royal,  fut  conseiller  du 
Roi  et  maître  des  requêtes  de  son  hôtel,  puis  procureur  général  du 
Roi  sur  le  fait  de  ses  domaines  et  finances  dans  le  duché  et  le  comté 
de  Bourgogne  et  mourut  en  1508.  M,  d'Arbaumont  croit  qu'il  ne 
laissa  qu'une  fille.  La  Chesnaye  des  Bois,  au  contraire,  lui  attribue 
pour  fils  un  Louis  Cheval,  docteur  es  droits,  conseiller  de  l'archiduc 
Philippe,  qui  serait  venu  en  1518  s'établir  en  Charolais  et  qui  y  aurait 
épousé  Marguerite  Choux,  et  pour  petit-fils  un  Guillaume  Cheval, 
licencié  es  lois,  qui  aurait  épousé  Françoise  Alixans. 

M.  d'Arbaumont  ne  considère  la  filiation  comme  rigoureusement 


niCTIONNAlRE     I)  F.  S    FAMILLES    FRANÇAISES  279 

établie  qu'à  partir  d'un  HumbcrtCiicvalqui,  clans  les  dernières  années 
du  xvi"  sit'cle,  résidait  à  Perrecy,  en  Charolais,  et  qui  fonda,  avec  sa 
femme,  Pierrette  Janvier,  un  anniversaire  dans  l'église  de  ce  lieu. 
D'après  la  Ciicsnaye  des  Bois  Ilumbcrt  Cheval  aurait  été  licencié  es 
lois  et  aurait  épousé  Pierrette  Janvier  en  1569.  Son  fds,  noble  et  sage 
maître  Prudent  Cheval,  Sgr  de  Beaudésir,  près  de  Gueugnon,  en 
Beaujolais,  fut  avocat  en  Parlement  et  lieutenant  criminel  au  bailliage 
de  Montcenis  et  épousa  en  1597  Pierrette  Berthault,  fdie  d'un  vierg 
d'Autun.  Il  fut  père  de  Pierre  Cheval  de  Beaudésir,  prévôt  et  lieute- 
nant de  police  de  la  chàtellenie  de  Montcenis,  qui  épousa  en  1621 
Antoinette  Pelletier,  et  grand-père  de  Philibert  Cheval,  bailli  et  juge 
de  police  en  la  baronriie  de  Montcenis,  qui  épousa  le  5  décembre  1671 
Claudine  Durand.  André  Cheval,  fils  de  ce  dernier,  était  avocat  quand 
il  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre 
d'Autun).  Il  fut  dans  la  suite  receveur  au  grenier  à  sel  de  Montcenis 
et  vierg  d'Autun  de  1713  à  1723  et  de  1736  à  1740,  fut  pourvu  de  l'of- 
fice anoblissant  de  secrétaire  du  Roi  en  la  chancellerie  près  le  Par- 
lement de  Metz  et  fut  autorisé,  par  lettres  patentes  de  1725,  à  substi- 
tuer à  son  nom  celui  de  :  de  Fontenay  sous  lequel  ses  descendants 
ont  été  exclusivement  connus.  Il  avait  épousé  d'abord  en  1703  Mar- 
guerite Charleut,  puis  en  1731  Pierrette  Machereau.  Deux  de  ses  fils, 
Lazare,  né  du  premier  lit,  et  Anne-Paul,  né  du  second  lit,  ont  été  les 
auteurs  de  deux  branches  actuellement  existantes. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Lazare   de  Fontenay,  Sgr  de  Che- 
vanes,  receveur  des  impositions  des  bailHages  d'Autun,  Montcenis  et 
Bourbon-Lancy,  épousa  en  1739  Marie-Huguette  de  la  Goutte.  Il  fut 
père  de  Marc-Antoine  de  Fontenay,  trésorier  particulier  des  États  de 
Bourgogne  au  département  des  bailliages  d'Autun,  de  Montcenis  et 
de  Bourbon-Lancy,  qui  épousa  en  1777  Anne-Pierrette  de  Cercy,  veuve 
de  M.  Dubled,  et  qui  continua  la  descendance,  et  d'André-Étienne  de 
Fontenay,   chanoine  d'Autun,   vicaire  général    de    Chartres.    Cette 
branche  n'est  pas  titrée.  Un  de  ses  représentants,  Harold  de  P'ontenay, 
archiviste  paléographe,  épousa  en  1870  M"«  Marie-Jeanne  Changar- 
nier,  parente  du  général  Changarnier;  il  en  eut  un  fils,  François-Théo- 
dule  de  Fontenay,  né  à  Autun  en  1871,  marié  en  1901  à  M"°  de  Che- 
vagny,  qui,  par  décret  du  9  mai  1884,  fut  autorisé  à  joindre  à  son  nom 
celui  de  la  famille  Changarnier. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Anne-Paul  Cheval  de  Fontenay, 
Sgr  de  Sommant,  Noiron,  Frangey,  etc.,  né  en  1732,  marié  en  1760 à 
M"«  Mollerat,  puis  en  1769  à  M"«  Dareste  de  Mazier,  était  lieutenant 
général  aux  bailliage  et  siège  présidial  d'Autun  quand  il  fut  élu  député 
suppléant  de  la  noblesse  dudit  bailliage  aux  États  généraux  de  1789  ; 


280  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

il  mourut  dès  1790  sans  avoir  eu  l'occasion  de  siéger.  Il  avait  eu  de  sa 
seconde  union  deux  fds  :  1°  Jean-Andoche  de  Fontenay,  né  à  Autun 
en  1771,  député  et  conseiller  général  de  Saône-et-Loire,  maire  de 
Sommant,  marié  à M"^  de  Joursanvault,  décédéàBeauneen  1849,  dont 
la  descendance  s-ubsiste  et  n'est  pas  titrée  ;  2°  Anne-Louis-Gabriel  de 
Fontenay.  né  à  Autun  en  1784,  ministre  plénipotentiaire,  grand-offi- 
cier de  la  Légion  d'honneur,  marié  à  miss  Sumter,  fdle  d'un  ambas- 
sadeur des  Ltats-Unis,  décédé  en  1856,  qui  reçut  le  tilre  personnel  de 
vicomte  par  lettres  patentes  du  roi  Charles  X  du  12  juillet  1830.  Fran- 
çois-Antoine, vicomte  de  Fontenay,  né  en  1829,  fils  de  ce  dernier,  a  été 
consul  général  de  France  et  officier  de  la  Légion  d'honneur.  Il  a  laissé 
plusieurs  enfants  de  son  mariage  avec  sa  cousine.  M"*  de  Fontenay, 
issue  de  la  branche  aînée. 

Principales  alliances  :  de  la  Cliaise,  Berthault  de  Noiron  1597  et 
vers  1800,  de  la  Goutte  1739,  Molleral  ^du  Jeu;  1760,  Daresle  1769,  de 
Fondras  1781,  Gagnarede  Joursanvault,  deBèze  1835,  de  Ladmirault 
18o7,deRochefort,  Pichon,  deFroissard-Rroissia,Trocul  d'Argil  1898, 
Changarnier  1870,  de  Champeaux,  de  Ganay  1908,  etc. 

CHAVALARD  (Souchon  du).  Voyez  :  Sodchon  du  Chev.\l.\rd. 

CHEVALEAU  de  BOISRAGON  (de).  Armes  :  d'azur  à  trois  roses  d'argent, 
2  e/  1,  quelquefois  accompagnées  d'un  chef  cousu  de  gueules. 

La  famille  de  Chevale.m'  deBoisr.vgo.n,  aujourd'liui  éteinte  en  France, 
appartenait  à  l'ancienne  noblesse  du  Poitou.  On  en  trouvera  une  généa- 
logie complète  dans  le  Dictionnaire  historique  et  généalogique 
des  familles  du  Poitou  de  Beauchet-Filleau.  Cet  auteur  mentionne 
un  Arnaud  Chevaleau  (Arnaudus  Chavalels)  qui  fut  témoin  d'une 
donation  faite  vers  1180  à  l'abbaye  de  l'Absie  ;  un  Guillaume  Cheva- 
leau, mentionné  dans  un  acte  de  1212  ;  un  Jean  Ciicvaleau,  mentionné 
dans  un  acte  de  1317  ;  un  Gilles  Chevaleau,  écuyer,  de  la  chàtellenie 
de  Niort,  qui  en  1446  fut  compromis  dans  une  rixe  suivie  de  mort 
d'homme. 

La  filiation  suivie  remonte  à  Jean  Chevaleau,  écuyer,  Sgr  de  Bois- 
ragon,  en  la  paroisse  de  Breloux,  et  delaTiffardière,  en  la  paroisse  de 
Saint-Liguaire,  près  de  Niort,  qui  servait  comme  archer  au  ban  du 
Poitou  en  1467  et  qui  servait  au  ban  de  1488  avec  trois  brigandiniers. 
Ce  gentilhomme  avait  épousé  Jeanne  Rogre.  Leur  fils,  Jean  Cheva- 
leau, écuyer,  Sgr  de  la  TilTardière,  de  la  Chevalerie,  etc.,  acquit  de 
Jean  Buor  un  domaine  par  acte  du  14  décembre  1503  et  fut  nommé 
le  9  avril  loOo  exécuteur  testamentaire  de  Louis  Mainstrolle.  Il  avait 
épousé,  par  contrat  passé  le  21  avril  1494  devant  notaire  à  Niort, 


niCTIONNAIRR     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  281 

Louise  de  Saint-Gelais  qui  se  remaria  dans  la  suite  à  Gervais  Yver, 
bourgeois  de  Niort.  Il  fut  père  de  Claude  Ghevaleau,  Sgr  de  Boisra- 
gon,  de  la  Tiffardière,  de  la  Chevalerie,  etc.,  qui  épousa  le  27  novem- 
bre i515  xMarie  Grignon  et  qui  continua  la  descendance.  Celui-ci  se 
rendit  coupable  en  1526  du  meurtre  de  son  beau-pcrc,  Gervais  Yver, 
qu'il  accusait  de  maltraiter  sa  mère.  11  fut  pour  ce  motif  condamné 
à  des  amendes  tellement  fortes  que  ses  terres  et  seigneuries  furent 
mises  sous  séquestre.  Ce  fut  seulement  le  15  avril  1541  que  son  fils 
encore  mineur,  Claude  Ghevaleau,  obtint  la  mainlevée  de  cette 
saisie. 

L'arrière-petit-fils  de  celui-ci,  Jean  Ghevaleau,  chevalier,  Sgr  de 
Boisragon,  né  le  31  décembre  1615,  baptisé  au  temple  protestant  de 
Saint-Maixent,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  en  1667  par  un  juge- 
ment de  M.  de  Barentin,  intendant  de  Poitiers,  dont  on  trouvera  le 
texte  dans  le  Nouveau  clHozier.  Il  avait  épousé  en  1652  Catherine 
de  Marconnay.  Il  en  laissa,  entre  autres  enfants,  trois  fils,  Jean,  né 
en  1656,  Louis,  né  en  1666,  et  Charles,  né  en  1667,  qui  furent  les 
auteurs  de  trois  branches. 

La  branche  aînée  revint  au  catholicisme.  Son  auteur,  Jean  Gheva- 
leau, Sgr  de  Boisragon,  épousa  en  1688  Perside  de  Laste  dont  il  eut 
trois  fils.  On  trouvera  dans  le  Caôzwe/d'^oster  les  preuves  de  noblesse 
que  le  plus  jeune  de  ces  fils,  Charles,  décédé  dans  la  suite  sans  posté- 
rité, fit  en  1710  pour  être  admis  parmi  les  pages  de  la  Grande  Écurie. 
Les  deux  aînés,  Alexandre,  marié  en  1723àM"«de  Razilly,  et  Armand, 
dit  le  chevalier  de  Boisragon,  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux.  Le 
premier  rameau  s'est  éteint  en  la  personne  d'Armand-Alexandre  de 
Ghevaleau,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Boisragon,  né  en  1761, 
qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Saint- 
Maixent  et  à  celles  tenues  à  Sedan  et  qui  mourut  à  Poitiers  en  1839 
sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage  en  1809  avec  M"«  des  Mons- 
tiers-Mérinville  ;  d'après  Beauchet-Filleau  ce  gentilhomme. aurait  eu 
l'honneur  de  monter  dans  les  carrosses  du  Roi;  son  nom  ne  figure 
cependant  sur  aucune  liste  connue  des  seigneurs  ayant  joui  des  hon- 
neurs de  la  Cour.  Le  second  rameau  de  la  branche  aînée  s'est  éteint 
avec  Jean-Lubin  de  Ghevaleau,  chevalier  de  Boisragon,  né  vers  1780, 
qui  demeura  célibataire  et  qui  fut  le  dernier  représentant  de  sa  famille 
en  France,  et  avec  sa  sœur,  Marie-Élisabeth,  née  en  1776,  élève  de 
Saint-Cyr  en  1785,  qui  mourut  vers  1800  au  château  de  la  Chesnaye 
sans  avoir  été  mariée.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'IIozier  les 
preuves  de  noblesse  que  deux  représentants  de  cette  branche  firent 
en  1753  et  en  1770  pour  être  admis  à  l'École  militaire. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Louis  de  Ghevaleau  de  Boisragon, 


282  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

connu  sous  le  titre  de  chevalier  de  la  Chesnaye ,  quitta  la  France  après 
la  révocation  de  l'Édit  de  Nantes,  alla  se  réfugier  en  Hollande,  puis  en 
Angleterre,  fut  nommé  en  1715  lieutenant-colonel  au  régiment  de 
Nassau  et  mourut  en  1829.  11  avait  épousé  à  Londres,  en  1718,  Marie- 
Henriette  de  Rambouillet  de  la  Sablière,  fille  d'un  conseiller  d'Etat 
du  roi  de  Danemark  ;  il  en  eut  deux  fils  qui  furent  lun  et  l'autre 
majors  dans  l'armée  anglaise.  Le  plus  jeune  de  ces  fils,  Gédéon- 
Charles,  marié  à  miss  Mary  Palterson,  fut  père  d'Hcnri-Charles  Che- 
valeau  de  Boisragon  qui  épousa  en  1803  miss  Mary  Fcushaw  et  dont 
la  descendance  se  perpétue  avec  distinction  en  Angleterre. 

L'auteur  de  la  troisième  branche,  Charles  de  Clievaleau  de  Bois- 
ragon, passa  en  Hanovre  lors  de  la  révocation  de  l'édit  de  Nantes  et 
fut  officier  dans  les  troupes  du  duc  de  Brunswick-Zell.  Il  avait  épousé 
M"^  Alibcrt,  dune  famille  de  Grenoble,  et  en  eut  plusieurs  enfants 
dont  on  ignore  la  destinée. 

La  famille  de  Chevaleau  de  Boisragon  a  fourni  un  grand  nombre 
d'officiers  de  mérite  tant  au  service  des  rois  de  France  qu'à  celui  des 
rois  d'Angleterre,  des  chevaliers  de  Saint-Louis,  etc. 

Principalesalliances  :  de  Saint-Gelais  1494,  des  Francs,  de  la  Bérau- 
dière  1572,  de  ^'allée  1G04,  de  Marconnay  1652,  du  Chillcau  1698,  de 
Chasteigner  1691,  d'Auzy  1691,  de  Razilly  1723,  du  Brcuil-llélion  de 
laGuéronnièrel754,  de  Mondionl781,  des  Monstiers-Mérinville  1809, 
de  Magne  1775,  1784,  de  Rambouillet  de  la  Sablière  1713. 

CHEVALERIE  (Aymer  de  la).  Voyez  :  Aymer  de  l.\  Chevalerie. 

CHEVALIER  de  la  TEILLAIS.  Armes  :  de  gueules  à  un  cheval  gai,  effaré 
d' argent  ;  au  chef  échiqueté  d'or  et  d'azur. 

Famille  de  Haute-Bretagne  sur  laquelle  on  trouvera  quelques  rensei- 
gnemcnlsdaiis  le  Répertoire  de  biobibliographie  bretonne  de  Kerviler. 

Un  Julien  Chevalier  exerça  de  1660  à  1674  les  fonctions  de  sénéchal 
du  lieu  de  la  ïeillais.  Sa  descendance  posséda  le  domaine  de  la 
Havardière  et  produisit  plusieurs  procureurs  du  Roi  à  Bazougcs-la- 
Pérouse. 

Jean-Baptiste  Chevalier,  né  à  Tremblay  le  8  août  1794,  fils  d'Anne- 
François  Chevalier  et  de  Jeanne-Marie  Mignot,  avocat  à  Fougères, 
décédé  à  Vitré  en  1832,  avait  épousé  dans  cette  ville  en  1823  Anne- 
Bénigne  Loychon.  Leur  fils,  Jules  Chevalier,  né  à  Vitré  en  1825, 
maire  d'Acigné  en  1868,  décédé  en  1878,  fut  autorisé  par  décret  du 
25  juillet  1860  à  joindre  à  son  nom  celui  de  :  de  la  Teillais  et  à  s'ap- 
peler Chevalier  de  la  Teillais.  Il  avait  épousé  d'abord  M""'  Perrot  de 
Chazelle,  née  Gallois,  puisM"'^  de  Poléon,  aujourd'hui  connue  sous  le 


niCTIONNAIRK     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  283 

titre  de  comtesse  de  la  Teillais.  Il  a  laissé  de  ces  deux  unions  plu- 
sieurs enfants. 

Principales  alliances  :  Pascaud  de  Poléon,  du  Chesne  de  Lamotte 
1892,  Gravier,  etc. 

Les  armoiries  adoptées  par  la  famille  Chevalier  de  la  Teillais  sont 
à  peu  de  chose  près  les  mêmes  que  celles  d'une  famille  Chevalerie, 
puis  de  la  Chevalerie,  possessionnée  dans  la  même  région,  à  laquelle 
divers  ouvrages  contemporains,  notamment  le  Dictionnaire  biogra- 
phique (Vllle-et- Vilaine,  ont  cherché  à  la  rattacher.  Cette  famille 
portait,  en  effet,  le  blason  suivant  :  de  gueules  à  un  cheval  gai,  effaré 
d'argent.  Elle  était  originaire  de  l'Anjou  et  possédait  aux  xvi'=  et 
XVII®  siècles  d'importants  domaines  dans  les  environs  de  Vitré  et  de 
Laval.  Son  auteur,  Georges  Chevalerie,  riche  marchand  de  Vitré,  fut 
anobli  par  lettres  de  1547.  Il  fut  père  de  Georges  Chevalerie,  Sgr  de 
l'Éperonnière,  en  la  paroisse  de  Livré,  et  grand-père  de  Michel  de  la 
Chevalerie,  Sgr  de  l'Éperonnière,  décédé  en  4597,  qui  furent  des 
huguenots  militants.  Les  divers  membres  de  cette  famille  furent 
maintenus  dans  leur  noblesse  le  18  septembre  1668  par  jugement  de 
Voisin  de  la  Noiraye,  intendant  de  Tours,  et  le  27  août  1669  par  arrêt 
de  la  Chambre  de  réformation  de  Bretagne.  La  famille  de  la  Cheva- 
lerie paraît  avoir  eu  pour  derniers  représentants  P'rançois-Daniel  de 
la  Chevalerie,  marié  vers  1690  à  Elisabeth-Charlotte  du  Buat,  et  sa 
sœur  Françoise-Charlotte,  mariée  en  1704  au  sieurDavrillé,  négociant. 

Il  existait  en  Bretagne  lors  de  la  grande  recherche  du  xvii''  siècle 
plusieurs  familles  distinguées  du  nom  de  Chevalier. 

La  plus  ancienne  de  ces  familles  possédait,  entre  autres  biens,  la 
seigneurie  du  Portai,  en  la  paroisse  de  Langan,  au  diocèse  de  Dol. 
Elle  portait  pour  armes  :  de  sable  à  trois  annelets  d'or;  au  chef  cousu 
de  gueules  chargé  d'un  lion  d'argent.  Elle  fut  d'abord  condamnée 
comme  usurpatrice  par  jugement  du  31  août  1668,  puis  maintenue 
dans  sa  noblesse  par  un  nouveau  jugement  du  31  août  1669  après 
avoir  justifié  sa  descendance  de  Pierre  Chevalier  vivant  en  1408.  Elle 
paraît  s'être  éteinte  dès  la  fin  du  xvii®  siècle. 

Une  famille  Chevalier  a  possédé  au  diocèse  de  Nantes  les  seigneuries 
du  Hil,  de  la  Devoriais,  de  la  Haye,  etc.  Elle  portait  pour  armes  : 
d'azicrà  deux  lances  guidonnées  d'argent  en  sautoir,  accompagnées  en 
chef  d'un  croissant  dit  même.  Elle  figura  de  1440  à  1513  aux  réfor- 
mations et  montres  de  la  paroisse  de  Fougeray.  Lors  de  la  grande 
recherche  du  xvii^  siècle  son  chef,  Sulpice  Chevalier  delà  Haye,  juge 
criminel  à  Rennes,  se  désista  de  ses  prétentions  à  la  noblesse  par 
acte  du  10  décembre  1668  ;  il  n'eut  qu'une  fille  mariée  au  conseiller 
au  Parlement  Huart  de  la  Bourbansais. 


284  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Une  famille  Chevalier  de  la  Salle  et  de  Portzangolï,  du  diocèse  de 
Saint-Mal.o,  fut  déboutée,  faute  de  produire,  par  arrêt  de  la 
chambre  de  réformation  du  22  février  1670. 

Une  famille  Chevalier  a  possédé  près  deMorlaixles  seigneuries  de 
la  Ville-David  et  de  Vréville.  Son  chef,  Jean  Chevalier,  docteur  en 
médecine,  se  désista  de  ses  prétentions  à  la  noblesse  par  acte  du 
4  juin  1669  en  payant  une  amende  de  cent  livres.  Une  représentante 
de  cette  famille  était  en  1793  directrice  de  l'hôpital  de  Morlaix. 

CHEVALIER  duBOISCHEVALIER.  Armes  :  de  gueules  à  trois  clefs  d'or, 
les  gardes  en  haut  ;  à  la  bordure  d'azur.  —  Couronne  :  de  Marquis. 

Cette  famille  a  eu  pour  auteur  Hugues-Olivier  Chevalier,  sieur  du 
Bois-Chevalier,  en  la  paroisse  de  Légé,  sur  les  confins  du  Poitou  et 
de  la  Bretagne,  conseiller  au  présidial  de  Nantes,  cchevin  de  cette 
ville  en  1652,  sous-maire  en  1654,  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse 
par  arrêts  du  27  août  1669  et  du  15  juillet  1670  comme  ayant  été 
anobli  par  l'échevinage  de  Nantes  et  moyennant  le  paiement  de 
1.000  livres.  Charles-César  Chevalier,  sieur  du  Boischevalier,  fils  du 
précédent,  marié  en  1674  à  Jeanne-Françoise  de  Guichardi,  fut  nommé 
maire  de  Nantes  en  1676.  Charles-Olivier  Chevalier  du  Boischevalier 
obtint  en  1715,  comme  noble  d'extraction,  d'être  dégrevé  d'une  taxe 
de  4.000  livres. 

Charles-Jean  Chevalier  du  Bois,  chevalier,  SgrduBois,  etCharles- 
Florenl-Jacques  Chevalier  du  Bois,  chevalier,  Sgr  du  Pont,  Saint- 
Colombain,  la  GrifTaire,  etc.,  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de 
la  noblesse  des  Marches  communes  de  Poitou  et  de  Bretagne  séant 
à  Montaigu. 

D'après  Beauchet-Filleau,  la  famille  Chevalier  du  Boischevalier 
compterait  encore  des  représentants  ;  mais  cet  historien  la  confond 
peut-être  avec  la  famille  Lepage  du  Boischevalier,  de  la  même 
région. 

Les  armoiries  adoptées  au  xvn^  siècle  par  la  famille  Chevalier  du 
Boischevalier  sont  celles  d'une  famille  Chevalieu  de  la  Coindakdière 
ET  DE  LA  Frappinièue  qui  occupait  à  cette  époque  un  rang  distingué 
dans  la  noblesse  du  Poitou.  Cette  famille  était  originaire  de  la  ville  de 
Saint-Maixent  où  dès  la  fin  du  xni*  siècle  elle  était  honorablement 
connue  dans  la  bourgeoisie.  Elle  s'agrégea  à  la  noblesse  vers  la  fin  du 
siècle  suivant.  Hugues  Chevalier,  écuyer,  Sgr  du  Fief-Grignon,  auquel 
Beauchet-Filleau  fait  remonter  la  filiation  suivie,  avait  épousé  vers  1420 
Marie  Pichier,  héritière  de  la  seigneurie  de  la  Frappinière,  en  la  paroisse 
de  Nanteuil.  Deux  de  ses  fils,  Jean,  Sgr  de  la  Coindardière,  marié  le 
1 3  juillet  1456  à  Marie  de  la  Chaussée,  et  Léonnet,  Sgr  des  Granges  et 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  285 

(le  la  Frappinière,  marié  vers  1 405  à  Marguerite  Partlienay,  furent  les 
auteurs  de  deux  grandes  branches  dont  les  représentants  furent 
maintenus  dans  leur  noblesse  le  10  décembre  1667  par  jugement  de 
M.  de  Barentin,  intendant  de  Poitiers.  La  branche  ainée  s'est  éteinte 
avec  Charles  Chevalier  de  la  Goindardière,  né  en  1730,  page  de  la 
Grande  Écurie,  décédé  en  1800  au  château  de  la  Coindardière,  et  avec 
ses  deux  fdles,  la  marquise  de  Beufvier  et  la  comtesse  de  Gourjault. 
La  branche  cadette  était  représentée  au  xyiii*^  siècle  par  François  Che- 
valier de  la  Frappinière,  né  en  1705,  page  de  la  Grande  Écurie  en  1719, 
qui  épousa  en  1726M"^Foucher  de  Circé,  puis  vers  1760  AP''' Durand. 
Ce  gentilhomme  laissa  un  très  grand  nombre  d'enfants  dont  on  con- 
naît mal  la  destinée.  Deux  de  ses  fils,  Jean-Placide  et  Louis-Maur, 
furent  admis  en  1760  parmi  les  pages  du  Roi.  Un  autre,  Alexandre- 
Antoine  Chevalier  de  la  Frappinière,  né  en  1730,  épousa  à  Fécamp 
en  1763  une  simple  couturière,  Catherine  Jouen  ;  on  trouvera  dans  le 
Nouveau  dHozier  les  preuves  de  noblesse  que  leur  fds,  Philippe-Fré- 
déric, né  à  Fécamp  en  1768,  fit  pour  être  admis  à  l'École  militaire. 
Louis  Chevalier  de  la  Frappinière  prit  part  en  1789  aux  assemblées 
de  la  noblesse  tenues  à  Poitiers. 

Il  a  existé  en  Poitou  d'autres  familles  nobles  du  nom  de  Chevalier. 
Deux  de  ces  familles,  celle  des  seigneurs  de  la  Resnière  et  de  la 
Fuye  et  celle  des  seigneurs  duPontreau,  subsistaient  en  1789. 

La  famille  Chevalier  de  la  Resnière  et  de  la  Fuye  avait  pour  auteur 
Henri  Chevalier,  décédé  en  1755,  qui  fut  pourvu  en  1725  de  l'office 
anoblissant  de  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances  de  Poitiers 
et  qui  eut  pour  successeur  en  1751  son  fils,  Henri  Chevalier,  Sgr  de 
la  Resnière.  Elle  s'est  éteinte  avec  le  petit-fils  de  celui-ci,  Mathias 
Chevalier  de  la  Fuye,  décédé  en  1856  à  l'âge  de  81  ans. 

La  famille  Chevalier  du  Pontreau  portait  pour  armes  :  à'azur  à  un 
porc-épic  d'or.  Ses  représentants  furent  maintenus  dans  leur  noblesse 
en  1667  par  jugement  de  M.  de  Barentin,  intendant  de  Poitiers,  le 
14aoùtl669  par  jugement  rendu  à  Bourges  de  l'intendant  Tubeufet 
en  1715  par  jugement  de  M.  de  Richebourg,  un  des  successeurs  de 
M.  de  Barentin.  On  trouvera  dans  les  manuscrits  de  Chérin  les  preuves 
de  noblesse  qu'un  de  ses  membres,  Charles-Bonaventure  Chevalier 
du  Pontreau,  né  le  13  août  1770,  fit  sous  Louis  XVI  pour  être  admis 
parmi  les  chevau-légers. 

CHEVALIER  d'ALMONT(de).  Armes  :  d'argent  à  une  fasce  d'azur  char- 
gée dune  molette  dor  et  accompagnée  de  trois  roses  de  gueules.  — 
Aliàs  :  dazur  à  une  fasce  dor  chargée  dune  molette  de  gueules  et 
accompagnée  de  trois  roses  d argent.  — Aliàs  :  écartelé:  aux  1  et  4  dar- 


286  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

gent  à  une  fasce  d'azur,  au  bâton  de  sable  brochant  sur  le  tout  • 
aux  2  e/ 3  de  gueules  à  trois  l'oses  d'argent.  —  Couronne  :  de  Comte.  — 
Supports  :  deux  lions  ou  deux  licornes.  —  Cimier  :  un  buste  de  che- 
valier tenant  de  la  main  droite  une  épée  à  lame  d'argent  garnie 
d'or.  — Devise  :  Honor  et  fides. 

Etienne  Chevalier,  marié  en  1449  à  Catherine  Budé,  jouit  d'un  grand 
crédit  auprès  des  rois  Charles  VII  et  Louis  XI.  11  fut  successivement 
trésorier  général  de  France,  conseiller  au  Grand  Conseil,  ambassa- 
deur en  Angleterre  et  auprès  du  Souverain  Pontife.  Ce  fut  lui  qui  fut 
l'exécuteur  testamentaire  d'Agnès  Sorel. 

Les  généalogistes  ont  cherché  à  rattacher  à  ce  puissant  person- 
nage un  certain  nombre  de  familles  distinguées  du  nom  de  Cheva- 
lier. 

La  famille  Chevalier  d'Almont,  la  seule,  semble-t-il,  de  ces  familles 
qui  compte  encore  des  représentants,  appartient  à  la  noblesse  de  l'Or- 
léanais. On  en  trouvera  des  généalogies  dans  1^4  nnuaire  de  la  noblesse 
de  1858  et  dans  ÏAî'moj'ial  général  de  d'Hozier,  volume  supplémen- 
taire, publié  en  1873  par  la  maison  Firmin-Didot.  On  trouvera  aussi 
sur  elle  beaucoup  de  renseignements  dans  les  manuscrits  deChériu. 

Les  jugements  de  maintenue  de  noblesse  du  xvn*  siècle  font 
remonter  la  filiation  suivie  à  Jehan  Chevalier,  écuyer,  Sgr  en  partie 
d'Almont,  ou  d  Allemont,  en  la  paroisse  d'Erceville,  qui  assista 
le  3  avril  1518  avec  sa  femme,  Colombe  de  Harville,  au  contrat  de 
mariage  de  son  lils,  autre  Jehan  Chevalier,  écuyer,  et  de  Michelle  de 
Sainxe  et  dont  les  enfants  partagèrent  la  succession  par  acte 
du  16  octobre  1534.  Cet  acte  de  partage  de  1534  n'est  pas  mentionné 
dans  le  travail  de  Chérin  ;  mais  une  note  de  ce  généalogiste  apprend 
que  le  contrat  de  mariage  de  1518  est  faux  par  l'écriture,  qui  est  de 
la  fin  du  XVII*  siècle,  par  le  style  et  par  le  parchemin  qui  a  été  gâté 
exprès.  D'après  le  travail  publié  par  la  maison  P'irmin-Didot  ce  Jehan 
Chevalier  aurait  été  en  1472  lieutenant  particulier  au  duché  d'Orléans 
et  en  1482  auditeur  des  comptes  de  la  duchesse  d'Orléans. 

Des  généalogistes  modernes  ont  fait  de  ce  personnage  un  fils 
cadet,  passé  sous  silence  par  les  auteurs  anciens,  de  Thomas  Cheva- 
lier, Sgr  d'Aunay,  lieutenant  du  Roi  à  Chàtillon-sur-Marne,  qui  était 
lui-même  fils  d'Etienne  Chevalier  et  de  Catherine  Budé.  D'autres 
généalogistes  modernes  en  ont  fait  le  fils  d'un  Pierre  Chevalier, 
Sgr  de  Donnay  et  d'Allemont,  lieutenant  général  au  duché  d'Orléans 
en  1460,  décédé  en  1479,  inhumé  en  l'église  Saint-Hilaire  d'Orléans, 
qui  aurait  été  un  frère  aîné,  également  passé  sous  silence  par  les 
auteurs  anciens,  d'Etienne  Chevalier.  Ces  mêmes  généalogistes  font 
de  ce  dernier,  mais  sans  aucune  preuve  à  l'appui,  le  fils  d'un  Jean  Che- 


DICTIONNAIRK     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  287 

valier,  Sgrtlc  Donnay  et  d'AIIcmont,  qui  aurait  été  procureur  général 
du  duc  d'Orléans  en  1420  et  secrétaire  du  roi  Charles  VII  en  1423,  le 
petit-lils  d'un  Pierre  Chevalier,  Sgr  de  Donnay,  qui  aurait  été  valet  de 
chambre  du  Roi  en  1373,  etl'arrière-petit-fils  d'un  Herbert  Chevalier, 
Sgr  de  Donnay,  en  la  généralité  d'Alençon,  intendant  de  justice,  de 
police  et  de  finances  du  Maine,  qui  aurait  été  nommé  en  mai  1334 
commissaire  et  député  du  roi  Philippe  VI  pour  connaître  les  usurpa- 
teurs de  noblesse  dans  cette  province. 

Léon  Chevalier,  écuyer,  Sgr  d'Almont,  dont  les  jugements  de  main- 
tenue de  noblesse  du  xvii^  siècle  font  un  fils  de  Jehan  et  de  Michelle 
de  Sainxe,  rapportés  plus  haut,  épousa  Marguerite  de  la  Lande  par 
contrat  du   16  novembre  1572.  Il  fut  père  de  Lancelot  Chevalier, 
écuyer,  Sgr  d'Almont,  qui  épousa  Jehanne  de  Westrebourg  par  con- 
trat du  19  mai  1621  et  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  par  arrêt  du 
22  juin  1634,  et  grand-père  d'Hilaire  et  de  René  Chevalier  qui  furent 
maintenus  dans  leur  noblesse  le  29  novembre  1667  par  jugement  de 
M.  de  Machault,  intendant  d'Orléans.  Le  second  de  ces  deux  frères, 
René  Chevalier,  Sgr  d'Almont,  demeurant  en  la  paroisse  de  Sal- 
bris,   dans   l'élection  de  Chartres,  avait  épousé    Anne   de  Passac 
par  contrat  passé  le  21    février  1661    devant    notaire   à   Orléans. 
Son  fils,   Charles    Chevalier,  Sgr  d'Almont,  né  en  1669,  marié  à 
Marie   de  Bouchault   du   Boury  par  contrat  passé  le  4  juin  1701 
devant   notaire  à  Cléry,   près  d'Orléans,   fut  imposé  au   rôle    des 
tailles  en  1716  et  1717  par  les  habitants  de  la  paroisse  de  Saibris  ; 
il   se   fit  alors  à  son  tour  maintenir  dans  sa  noblesse  le  13  décem- 
bre 1718   par   arrêt    de   la    Cour   des  aides   de    Paris.    On    trou- 
vera dans  les  manuscrits  de  Chérin  les  preuves  de  noblesse  que  son 
petit-fils,  Charles  Chevalier  d'Almont,  né  en  1747,  fît  en  1766  pour 
être  admis  parmi  les  chevau-légers.  Ce  même  Charles  Chevalier  d'Al- 
mont, chevalier,  Sgr  de  Thou,  garde  de  la  porte  du  Roi,  chevalier  de 
Saint-Louis,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  des  bail- 
liages réunis  de  Blois  et  de  Romorantin.  Il  avait  épousé  IMarguerite  de 
Foucault  par  contrat  passé  en  1771  devant  notaire  à  Bourges.  On 
trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  qu'il  fit  à 
son  tour  en  1787  pour  obtenir  l'admission  à  l'École  militaire  d'un  de 
ses  fils,  Sylvain,  né  àSalbris  en  1778.  Ce  jeune  homme  mouruten  1802 
et  ce  fut  son  frère  cadet,  Louis-Théodore,  né  à  Romorantin  en  1791, 
marié  en  1813  à  M"®  Berton  de  Monnot,  qui  continua  la  descendance. 
La  famille  Chevalier  d'Almont  a  fourni  de  nombreux  officiers,  des 
commandants  de  places  fortes,  des  chevaliers  de  Saint-Louis,  des 
chanoinesses  de  Remiremont  auxvii*  siècle,  une  demoiselle  de  Saint- 
Cyr  (Anne,  née  en  174o),  etc. 


288  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Son  chef  est  connu  de  nos  jours  sous  le  nom  de  vicomte  d'Almont, 

Principales  alliances  :  deTarragon  1727,  deCosnede  Rouvray  1736, 

de  la  Chapelle  1741,  de  Foucault  1771,  Chenu  de  Corgy  1846,  de 

Mauvise  1874,  de  Bonneval,  d'Arcemale,  de  Hallot  1648,  de  Passac 

1661,  etc. 

Une  famille  Chevalier  dExfre.vel  et  de  Moxtigxy  se  disait  issue 
de  ce  même  Etienne  Chevalier,  marié  en  1449  à  Catherine  Budé, 
auquel  les  auteurs  contemporains  ont  voulu  rattacher  la  famille 
Chevalier  d'Almont.  Elle  avait  réussi  à  faire  admettre  ses  prétentions 
par  la  Chesnaye  des  Bois  et  avait  adopté  le  blason  d'Etienne  Che- 
valier :  d'azur  à  une  fasce  d'or  accompagnée  en  chef  d'une  molette 
et  en  pointe  de  deux  glands  tiges  et  feuilles,  le  tout  d'or.  Ce  sont  ces 
armes  qu'un  de  ses  membres,  Philippe-Antoine  Chevalier,  receveur 
général  des  fermes  à  Reims,  fit  enregistrer  à  l'Armoriai  général 
de  1696.  Dubuisson  lui  attribue  les  armes  suivantes  :  d'azur  à  une 
tête  de  licorne  d'argent,  au  chef  de  même  chargé  de  trois  demi-vols  de 
sable.  Aufauvre,  dans  son  Histoire  de  Nogent-sur-Seine ,  lui  attribue 
d'autres  armoiries  :  de  gueules  à  trois  clés  d'or,  i  et  \,  les  deux  du 
chef  adossées.  La  souche  se  partagea  en  plusieurs  branches  qui 
avaient  pour  autour  commun  Claude  Chevalier,  conseiller  au  prési- 
dial  de  Reims,  lieutenant  au  bailliage  de  cette  ville,  décédé  en  1627. 
Aucune  de  ces  branches  ne  fit  reconnaître  sa  noblesse  par  l'intendant 
Caumartin  lors  de  la  grande  recherche  commencée  en  1666.  La 
branche  afnée  s'éteignit  avec  Joachim  Chevalier,  Sgr  de  Saint-Hilaire, 
qui  fut  tué  en  1693  à  la  bataille  de  Nerwinden.  L'auteur  de  la  seconde 
branche,  Nicolas  Chevalier,  vint  se  fixer  à  Xogent-sur-Seine  et  y 
mourut  en  1667.  Il  laissait,  entre  autres  enfants,  trois  fils  qui  furent 
anoblis  par  leurs  charges  :  1°  Jacques  Chevalier,  Sgr  de  Courtavant, 
baron  d'Enfrenel,  receveur  général  des  finances  de  3Ietz,  dont  le  fils  Jac- 
ques, baron  d'Enfrenel,  conseiller  en  la  Cour  des  aides,  puis  grand- 
maître  des  eaux  et  forêts  de  Picardie,  d'Artois  et  de  Flandre,  mourut 
en  1748  survivant  à  sa  fille  unique  mariée  en  1731  à  François  le  Conte  de 
Nonant,  marquis  de  Néry  ;  2"  Claude  Chevalier,  Sgr  d  Isle,  receveur 
des  finances  à  Metz,,  décédé  en  1684,  dont  les  enfants  ne  paraissent 
pas  avoir  laissé  de  postérité  ;  3°  Louis  Chevalier,  Sgr  de  Saint-Hilaire, 
puis  de  Montigny,  près  de  Metz,  secrétaire  du  Roi,  receveur  général 
des  finances  à  Metz,  fermier  général,  décédé  en  1715.  Le  plus  jeune 
de  ces  trois  frères  laissa  lui-même,  entre  autres  enfants,  deux  fils  : 
1°  Louis,  Sgr  de  Montgeroult,  près  de  Pontoise,  président  en  la  seconde 
chambre  des  enquêtes  du  Parlement  de  Paris  en  1704,  décédé 
en  17o6,  dont  le  fils  fut  conseiller  au  Parlement  de  Paris;  2"  Philibert- 
Antoine,  receveur  général  des  finances  à  Metz  en  1704,  dont  les  fils 


DinTIONNAIRK     D R S    FAMILLES    FRANÇAISES  289 

moururent  sans  postérité  et  dont  la  lllle,  née  en  1705,  se  maria  suc- 
cessivement dans  les  familles  Cadot  de  Sébeville  et  de  Preissac. 

On  trouvera  dans  le  Dictionnaire  de  la  noblesse  de  la  Chesnaye  des 
Bois  la  généaloç^ie  d'une  autre  famille  Chevalier  qui,  elle  aussi,  reven- 
diquait pourauteur  ÉtienneChevalier  vivant  au  xv"  siècle.  Cette  famille 
portait  pour  armes  :  à'or  à  trois  chaudrons  de  sable.  Des  branches 
cadettes,  éteintes  au  xvii^  siècle,  avaient  adopté  les  armes  suivantes 
portées  plus  récemment  parla  famille  Chevalier  de  Caunant  :  d'azur 
à  une  tête  de  licorne  d'argent;  au  chef  de  même  chargé  de  trois 
demi-vols  de  sable.  Nicolas  Chevalier,  décédé  en  1633,  dont,  malgré 
l'éloignemcnt  des  dates,  on  fait  un  petit-fils  d'Etienne  Giievalier,  fut 
conseiller  au  Parlement  de  Paris.  Deux  de  ses  fils,  Jacques  et  Nicolas, 
furent  conseillers  au  même  Parlement;  un  troisième,  Simon,  fut 
maître  des  Comptes.  Le  plus  jeune  de  tous,  Antoine,  Sgr  duCoudray, 
marié  en  1625  à  Marie  Fraguier,  fut  conseiller  du  Roi  en  ses  Conseils 
et  contrôleur  général  de  l'extraordinaire  des  guerres.  Cette  famille 
était  représentée  sous  Louis  XVI  par  Antoine-Louis  Chevalier  du  Cou- 
dray,  né  en  1766. 

CHEVALIER  de  CAUNANT.  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries 
de  1825)  :  d'azitr  à  une  tête  de  licorne  d'argent  ;  au  chef  du  même 
chargé  de  trois  demi-vols  de  sable. 

Cette  famille  a  eu  pour  auteur  Jean-Baptiste  Chevalier,  gouverneur 
des  établissements  français  du  Bengale  sous  Louis  XVI,  qui  fut 
nommé  maréchal  de  camp  en  1787.  Jean-Baptiste  Chevalier  prit  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  bailliage  de  Blois  etRomo- 
rantin  où  il  possédait  la  seigneurie  de  GauxNant.  Il  laissa  un  fils  et  une 
fille.  Celle-ci,  née  à  Chandernagor  en  1776,  épousa  en  1798  le  mar- 
quis de  Broc.  Son  frère,  Armand  Chevalier,  né  à  Chandernagor 
en  1778,  préfet,  décédé  à  Versailles  en  1868,  reçut  le  titre  personnel 
de  baron  par  lettres  patentes  du  roi  Charles  X  du  22  janvier  1825, 
obtint  en  même  temps  le  règlement  de  ses  armoiries  et  fut  autorisé, 
par  ordonnance  du  9  février  1827,  à  ajouter  à  son  nom  celui  de  sa 
terre  de  Caunant.  Il  avait  épousé  en  1821  Élisa-Joséphine  Oudinot, 
fille  du  maréchal  duc  de  Reggio,  qui  lui  survécut  jusqu'en  1882. 
Il  en  avait  eu  une  fille  unique,  la  vicomtesse  de  Broc,  décédée 
en  1864. 

CHEVALIER  de  la  PETITE-RIVIÈRE.  Armes  (d'après  le  Billet  départ 
de  mars  1911)  :  d'argent  à  deux  épées  de...,  mises  en  sautoir. 
Famille  honorablement  connue  en  Anjou. 

Joseph-Alfred  Chevalier,  banquier  à  Angers,  avait  demandé  le 
X.  19 


290  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

3  septembre  1862  l'autorisation  de  joindre  à  son  nom  celui  de  :  de  la 
Petite-Rivière,  sous  lequel  il  était  connu,  et  de  s'appeler  régulière- 
ment Chevalier  de  la  Petite-Rivière. 

M.  Anatole-Jules  Chevalier  de  la  Petite-Rivière,  né  en  1823,  marié 
en  1858  à  M"*  d'Arboval,  est  décédé  en  1903  laissant  un  fils,  Marcel, 
officier  d'infanterie,  et  plusieurs  filles. 

Principales  alliances  :  de  Maynard  de  la  Clayc  1850,  Hurtrel  d'Ar- 
boval 1858,  Arago  1890,  Devay  de  la  Fleuriaye,  le  Chaufi  de  Ker- 
guénec  1897,  le  Dauphin,  etc. 

CHEVALIER  de  VESLES  de  WATTIGNY  et  de  BUZEROLLES  d  URCEL. 
Armes  :  d'aztcj^  à  une  télé  de  licorne  d'argent;  au  chef  cousu  de 
gueules  chargé  de  deux  palmes  d'or  passées  en  sautoir. 

La  famille  Chevalier  de  Vesles  et  de  Buzerolles,  aujourd'hui  complè- 
tement éteinte,  a  occupé  un  rang  distingué  en  Laonnais. 

Elle  était  originaire  de  Coulommicrs,  dans  la  Brie,  et  descendait  de 
Sébastien  Chevalier,  marchand  de  cette  ville,  qui  avait  épousé  vers 
1550  Nicole  Guinet.  Guillaume  Chevalier,  fils  des  précédents,  vint 
se  fixer  à  Laon,  y  exerça  les  fonctions  de  notaire  et  de  procureur  du 
Roi,  épousa  en  1594  Antoinette  de  Mange  et  mourut  en  1611.  Il  fut 
père  de  Claude  Chevalier,  receveur  des  deniers,  puis  capitaine  de  la 
ville  de  Laon,  et  grand-père  de  Pierre  Chevalier,  conseiller  du  Roi, 
lieutenant  assesseur  au  bailliage  et  siège  présidial  de  Laon.  Ce  der- 
nier fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  11  avait 
épousé  en  1669  Marie  Poussin,  héritière  de  la  seigneurie  de  Chastillon, 
et  en  eut  une  nombreuse  postérité.  Un  de  ses  fils,  Claude  Chevalier, 
Sgr  des  Aublains,  marié  en  1704  à  Anne-Élisabeth  de  Blois  d'Hau- 
terive  ,fut  pourvu  de  la  charge  anoblissante  de  président  trésorier  de 
France  au  bureau  des  finances  de  Soissons.  Deux  autres,  Nicolas  Che- 
valier, Sgr  de  Chastillon  et  de  Vesles,  prévôt  de  la  ville  de  Laon,  marié 
en  1703  à  Marie-Anne  de  Poullet,  dame  de  Vesles,  et  Jean-Pierre 
Chevalier,  sieur  de  Buzerolles,  lieutenant  criminel  au  bailliage  de 
Vermandois,  à  Laon,  furent  les  auteurs  de  deux  branches.  On  ne  con- 
naît pas  à  ces  branches  de  principe  d'anoblissement  et  on  ne  voit 
pas  que  leurs  représentants  aient  pris  part  en  1789  aux  assemblées 
de  la  noblesse  de  leur  région. 

La  branche  aînée,  connue  sous  le  nom  de  Chevalier  de  Vesles,  puis 
sous  celui  de  Chevalier  de  Wattigny,  s'est  éteinte  en  la  personne  de 
Pierre  Clievalier  de  Vesles  de  Wattigny,  né  en  1782,  qui  mourut  sans 
postérité  en  1867. 

La  branche  cadette  acquit  au  xyiii*^  siècle  la  vicomte  d'Urcel.  Elle 
s'éteignit  avec  Jean-Joseph  Chevalier  de  Buzerolles,  vicomte  d'Urcel, 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  291 

né  en  1779,  qui  mourut  en  1860  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage 
avec  M'""  de  Sars*. 

CHEVALIER  d  ARBEC. 

M.  Jean-Louis-Léonce  Chevalier  demanda  vainement  le  19  août  1866 
l'autorisation  de  joindre  régulièrement  à  son  nom  celui  de  :  d'Arbec 
sous  lequel  il  était  connu. 

CHEVALIER-le  MORE.  Armes  (d'après  le  Billet  de  Part)  :  d'argent  àun 
chevron  de  gueules  accompagné  de  trois  têtes  de  more  de  sable, 
2e^  1. 

Famille  de  haute  bourgeoisie  originaire  d'Yssingeaux,  en  Velay. 

Antoine  Chevalier  était  sous  Louis  XVI  notaire  dans  cette  ville.  Son 
fds,  Gaspard  Chevalier,  né  à  Yssingeaux  en  1768,  était  président  du 
tribunal  civil  de  sa  ville  natale  quand  il  fut  élu  député  de  la  Haute- 
Loire  en  1816  ;  il  conserva  son  mandat  jusqu'en  1831,  fut  conseiller  à 
la  Cour  de  Paris  et  chevalier  de  la  Légion  d'honneur  et  mourut  en  1838. 
11  était  connu  sous  le  nom  de  Chevalier-le  More  depuis  son  mariage 
avec  M'"'  le  More,  fille  d'un  conseiller  à  la  Cour  de  cassation.  Il  avait 
eu  de  cette  union  cinq  fds  dont  le  plus  jeune,  Adrien,  directeur  des 
postes  et  télégraphes,  marié  à  Jenny  du  Buysson,  a  continué  la 
descendance. 

La  famille  Chevalier-Ie  More  a  fourni  des  magistrats,  des  officiers 
supérieurs,  deux  directeurs  des  postes  et  télégraphes,  des  membres 
de  la  Légion  d'honneur,  etc. 

On  trouvera  sur  elle  des  renseignements  dans  le  premier  volume 
de  la  France  moderne  de  M.  Villain. 

Principales  alliances  :  le  More,  Viénot  de  Vaublanc,  du  Buysson, 
de  Vissaguet  1838,  deLisle,  Trotté  de  la  Roche,  de  Lajamme  deBel- 
leville,  de  Postel  des  Minières  1909,  etc. 

CHEVALIER  de  SAINT-ROBERT. 

Famille  de  haute  bourgeoisie. 

Jean-Louis-Marcel  Chevalier,  né  à  Grenoble  en  1816,  décédé  à 
Paris  en  1889,  était  secrétaire  de  légation  à  Copenhague  quand  il 
obtint,  par  décret  du  25  juin  1860,  l'autorisation  de  joindre  régulière- 
ment à  son  nom  celui  de  :  de  Saint-Robert  sous  lequel  il  était  exclu- 
sivement connu. 

La  famille  Chevalier  de  Saint-Robert  est  peut-être  la  môme  que 

'  Cette  notice  a  été  faite  à  l'aide  de  renseignements  dus  à  l'obligeance  de  M.  le 
vicomte  de  Hennezel  d'Ormois. 


292  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

celle  de  Jean-Pierre  Chevalier  de  Rivoire  qui,  sous  Louis  XVI,  se  qua- 
lifiait écuyer,  conseiller  du  Roi,  vibailli  du  Viennois,  lieutenant  général 
civil  et  criminel  d'épée  au  bailliage  et  siège  présidial  de  Vienne. 

11  a  existé  dans  la  même  région,  mais  sur  la  rive  droite  du  Rhône, 
en  Vivarais,  une  famille  Chevalier  de  Montrond  dont  on  trouvera  une 
généalogie  dans  le  tome  II  de  la  France  moderne  de  Villain.  Cette 
famille,  de  très  honorable  bourgeoisie,  remontait  par  fdiation  à  Bar- 
thélémy Chevalier,  habitant  de  Rochemaure,  qui  épousa  en  1590 
Marie  Teaule  et  qui  testa  en  161G  Antoine  Chevalier,  lieutenant  de  la 
judicature  de  Rochemaure,  épousa  en  1703  Anne  Caseneuve,  fille  de 
Jean  et  de  Jeanne  Gallet  de  Mondragon.  Son  fils,  Louis-Aimé  Cheva- 
lier de  Montrond,  décédé  en  1799,  fut  receveur  des  fermes  du  Roi  à 
Ancone.  Cette  famille  s'est  éteinte  en  la  personne  de  Joseph-Frédéric 
Chevalier  de  Montrond,  décédé  sans  alliance  en  1865. 

CHEVALIER  (ou  CHEVALLIER i  de  SINARD  (de).  Armes  :  à' azur  à  un  che- 
vron d'or.  —  Couronne  :  de  Comte.  —  Support  :  deux  licornes.  — 
Devise  :  Je  ne  suis  point  répréhensible . 

La  famille  de  Chev.\lier  (ou  Chevallier)  de  Si.nard  appartient  à 
la  noblesse  du  Dauphiné.  Elle  a  eu  pour  berceau  le  pays  de  Trièves 
où  elle  est  fort  anciennement  connue.  On  est  en  droit  de  supposer 
avec  Guy  Allard,  mais  sans  en  avoir  la  preuve,  qu'elle  est  la  même 
que  celle  de  Béranger  Chevalier,  célèbre  jurisconsulte  qui  en  1278 
et  1282  était  professeur  de  droit  civil  en  l'Université  de  Grenoble. 
Martin  de  Chevalier,  fils  présumé  du  précédent,  vivait  en  1331. 

Guy  Allard  a  donné  au  xvii®  siècle  une  généalogie  de  la  famille  de 
Chevalier  que  M.  de  Magny  a  reproduite  de  nos  jours  dans  son  Nobi- 
liaire Universel.  Ce  travail  fait  remonter  la  filiation  à  Ponet  de  Cheva- 
lier, damoiseau,  qui  rendit  un  hommage  au  dauphin  Humbert  le 
24  février  1345.  Guigues  de  Chevalier,  fils  du  précédent,  exerça, 
quoique  noble,  la  profession  de  notaire  à  Sinard,  profession  qui  fut 
exercée  après  lui  par  son  fils  Guillaume  et  par  son  petit-fils 
Raymond.  Il  reconnut  en  1386  tenir  de  la  directe  du  seigneur  de 
Clermont,  en  Trièves,  quelques  censés  dans  la  paroisse  de  Sinard. 
Il  fut  père  de  Guillaume  Chevalier  qui  combattit  en  1430  à  la 
bataille  d'An  thon.  Un  des  fils  de  celui-ci,  Guillaume  Chevalier,  était 
vers  1451  receveur-trésorier  général  du  Dauphiné.  Deux  autres, 
Raymond  et  François,  furent  compris,  dans  une  revision  des  feux 
faite  en  1450,  au  nombre  des  nobles  de  la  paroisse  de  Clermont, 
en  Trièves.  L'aîné  de  ces  trois  frères,  Raymond  de  Chevalier, 
écuyer,  épousa  le  19  septembre  1449  Madeleine  de  Blosset  ;  il  vivait 
encore  en  1502.  C'est  à  lui  qu  un  jugement  de  maintenue  de  noblesse 


Dir/nONNAIRR     DES     FAMILLKS    FRANÇAISES  293 

rendu  le  2:2  juillcl  l()C)7  par  riiileiulanl  Dugué  en  faveur  de  ses  des- 
cendants l'ail  remonter  la  liliaLioii.  Il  fut  père  de  Pierre  Chevalier,  qui 
épousa  le  l"  mai  1493  Guigonnc  Robert  et  qui  continua  la  descen- 
dance, et  d'Humbert  Chevalier  qui  en  1474  était  gouverneur  de  Loriol. 

Georges  de  Chevallier,  Sgr  des  Hoches  et  de  Sinard,  capitaine  au 
régiment  de  Montclar,  épousa  le  !'=■■  mars  1636  Marie  de  Rachais, 
d'une  des  plus  anciennes  familles  nobles  de  la  province.  Son  fds, 
Georges  Chevalier,  Sgr  des  Hoches  et  de  Sinard,  conseiller  au  Par- 
lement de  Grenoble  en  1698,  fit  à  la  même  époque  enregistrer  son 
blason  à  l'Armoriai  général  ;  il  avait  épousé  sa  parente,  Anne  Cheva- 
lier, fille  de  Gaspard,  Sgr  d'Istras.  Il  fut  le  grand-père  de  Jacques- 
François  de  Chevallier,  Sgr  d'Istras  et  de  Sinard,  conseiller  au  Par 
lement  de  Grenoble  en  1771,  décédé  en  1806,  qui  épousa  en  1769 
jyiiie  ^g  pjg^,-,  çjg  Sieyès  et  de  qui  descendent  les  représentants  actuels. 

La  famille  de  Chevalier  de  Sinard  a  conservé  jusqu'à  nos  jours  le 
château  de  Sinard  dans  le  département  de  l'Isère. 

Son  chef  est  connu  depuis  la  Restauration  sous  le  titre  de  comte 
de  Sinard. 

En  dehors  des  personnages  mentionnés  au  cours  de  cette  notice 
elle  a  fourni  de  nombreux  officiers. 

Principales  alliances  :  d'Abon,  de  Rachais  1636,  de  Blosset  1449, 
de  Chambrier,  Odde  de  Boniot,  de  Plan  de  Sieyès  1769,  de  Bouffier, 
d'Abzacde  Cazenac  1818,  etc. 

Il  a  existé  en  Provence  une  branche  de  la  famille  de  Chevalier  de 
Sinard  dont  le  point  de  jonction  avec  la  souche  n'est  pas  connu. 
Cette  branche  portait  pour  armes  :  d'azur  à  un  chevron  d'or  accom- 
pagné en  pointe  d'une  aigle  de  même;  au  chef  cousu  de  gueules 
chargé  de  trois  étoiles  d'argent.  On  en  trouvera  des  généalogies 
dans  le  supplément  de  Y  Histoire  héroïque  de  la  noblesse  de  Pro- 
vence d'Artefeuil  et  dans  le  Dictionnaire  de  la  noblesse  de  la 
Chesnaye  des  Bois.  Ces  travaux  en  donnent  la  filiation  depuis  Jean 
Chevalier  dont  le  fils,  Etienne  de  Chevalier,  Sgr  de  Saint-Martin, 
obtint  du  roi  Louis  XIII  en  janvier  1623,  en  récompense  de  ses  ser- 
vices militaires,  des  lettres  de  relief  de  dérogeance.  Cette  branche 
provençale  de  la  famille  de  Chevalier  fut  maintenue  dans  sa  noblesse 
en  1667  par  arrêt  des  commissaires  du  Roi  chargés  de  la  recherche 
des  faux  nobles.  Elle  était  représentée  au  xvni^  siècle  par  Jean  de 
Chevalier,  marié  en  1729àEnnemondedeLaugier,  et  par  leur  fils,  Jean - 
Louis  deChevalier,  demeurante  Trots,  marié  vers  1765  àM""  dePerri. 

CHEVALIER  d'ESCAGES  (de).  Armes  :  à' azur  à  un  cheval  effrayé  d'ar- 
gent. 


294  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

La  famille  de  Chevalier  d'Escages,  aujourd'hui  complètement  éteinte, 
appartenait  à  la  noblesse  de  l'Agenais.  On  trouvera  sur  elle  des  ren- 
seignements dans  les  manuscrits  de  Chérin  et  dans  V Annuaire  du 
Conseil  héraldique  de  France  de  1895. 

Les  jugements  de  maintenue  de  noblesse  rendus  au  xvii^  siècle  en 
faveur  de  la  famille  de  Chevalier  en  font  remonter  la  filiation  au 
^i  octobre  loo3,  date  à  laquelle  Raymond  de  Chevalier,  écuyer,  épousa 
Catherine  Jaubert.  Mais  les  Chevalier  sont  connus  dans  la  noblesse 
de  leur  région  dès  une  époque  bien  antérieure.  Laurent  de  Che- 
valier, écuyer,  Sgr  d'Escages,  petit-fils  de  Raymond,  épousa  Anne 
de  Bacalan  par  contrat  passé  le  17  avril  1636  au  château  de  Maison- 
neuve  devant  notaire  à  Gontaud.  Il  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le 
15  mai  1668,  sur  preuves  remontant  à  15o3,  par  jugement  de  Pellot, 
intendant  de  Bordeaux.  Son  fils,  Samuel  de  ChevaHer,  Sgr  d'Escages, 
abjura  solennellement  le  protestantisme  le  22  septembre  1685,  un 
mois  avant  la  révocation  de  ledit  de  Nantes.  Il  résidait  rue  des  Ayres, 
à  Bordeaux,  quand  il  épousa  sa  cousine,  Marie-Anne  de  Bacalan,  par 
contrat  passé  dans  cette  ville  le  18  juin  1695.  Il  fut  lui-même  maintenu 
dans  sa  noblesse  le  18  mars  1698  par  jugement  de  M.  de  Bezons,  suc- 
cesseur de  Pellot.  Il  laissa  un  fils,  Timothée  de  Chevalier,  écuyer, 
Sgr  d'Escages,  qui  épousa  sa  cousine  germaine,  Marie  de  Bacalan,  par 
contrat  passé  le  6  novembre  1744  devant  notaire  à  Gontaud  et  qui  fut 
à  son  tour  maintenu  dans  sa  noblesse  le  27  juin  1758  par  arrêt  de  la 
Cour  des  aides  de  Bordeaux.  Le  fils  de  celui-ci,  Timothée  de  Cheva- 
lier, écuyer,  Sgr  d'Escages,  en  la  paroisse  de  Saint-Pierre  de  Nogaret, 
dans  la  juridiction  de  Gontaud,  obtint  en  l''68  le  certificat  de  noblesse 
nécessaire  pour  être  admis  parmi  les  chevau-légers.  Il  épousa  d'abord 
en  1769  sa  cousine  germaine,  Marie-Anne  de  Chevalier  de  Lalanne, 
se  remaria  à  M"*  des  Mesures  de  Rauzan  par  contrat  passé  en  1787  à 
Margaux,  en  Médoc,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Agen  et  mourut  en  1792.  Il  avait  eu  de  son  premier  mariage 
un  fils  unique,  Jean,  né  en  1772,  qui  fut  le  dernier  représentant  mâle 
de  sa  famille  et  qui  mourut  pendant  l'émigration  sans  avoir  contracté 
d'alliance  ;  il  eut  de  sa  seconde  union  trois  filles  en  la  personne 
desquelles  s'éteignitdéfinitivemcntla  famille  de  ChevaUer  d'Escages  : 
1<*  Marie-Anne,  née  en  1789,  mariée  à  François  de  Gascq  de  la 
Roche  ;  2°Marguerite-Célinie,  née  en  1791,  mariée  à  M.  Pierre-Hippo- 
lyte  Campagne  ;  3°  Catherine-Jacquettc,  née  posthume  à  Bordeaux 
le  20  septembre  1792,  mariée  à  M.  Pierre  Mérac  de  Duchossy.  Le 
château  d'Escages  appartient  actuellement  à  la  famille  Campagne. 
Principales  alliances  :  de  Bacalan  1636,  1695,  1744,  de  Montalem- 

bcrt  1772,  des  Mesures  de  Rauzan,  de  Gascq,  etc. 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  295 

Il  a  existé  dans  la  même  région,  en  Périgord,  une  autre  famille  de 
Chevalier  qui  portait  pour  armes  :  d'or  à  un  dextrochère  mouvant  du 
côté  sénestre  de  l'écu,  tenant  une  masse  d'armes  de  sable  en  pal,  le 
manche  d'azur  ;  au  chef  de  sable  chargé  de  trois  coquilles  d'argent. 
Cette  famille  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  le  10  février  1708,  sur 
preuves  remontant  à  1541,  par  jugement  de  M.  de  Lamoii^non,  inten- 
dant de  Bordeaux.  Une  de  ses  représentantes,  Marie-Élisabeth  Che- 
valier de  Cablaii,  née  à  Périgueux  en  1748,  fut  admise  à  Saint  Cyr 
en  J  760.  Les  preuves  de  noblesse  qu'elle  fit  en  cette  circonstance  font 
remonter  la  lîliation  à  noble  Jean  Chevalier,  damoiseau,  Sgr  de  Puy- 
gombert,  qui  rendit  un  hommage  le  26  août  1463.  Anne-Pierre-Basile 
de  Chevalier,  Sgr  comte  de  Saint-Mayme,  chevalier  de  Saint-Louis, 
prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Périgueux. 

CHEVALIER  du  FAU.  Armes  :  d'argent  à  un  chevron  de  gueules  accom- 
pagné en  pointe  d'un  croissant  de  même  ;  au  chef  d'azur  chargé  de 
deux  étoiles  d'argent. 

Famille  de  haute  bourgeoisie  d'Auvergne  représentée  de  nos  jours 
(1898)  par  un  avoué  à  Clermont-Ferrand. 

Principales  alliances  :  de  Lapisse,  d'Auzac  de  la  Martinie,  de 
Ribier  1842,  etc. 

On  trouve  qu'un  sieur  Chevalier,  avocat  à  Riom^  lit  enregistrer  son 
blason  àl'Armorial  général  de  1696  :  à'azurà  unchevron  d'or  accom- 
pagné de  deux  trèfles  de  même  en  chef  et  d'une  croix  d'argent  en 
pointe. 

CHEVALIER  de  LAUZIÈRES. 

Famille  de  haute  bourgeoisie 

M.  Octave  Chevalier  demanda  le  18  octobre  1861,  tant  pour  lui  que 
pour  son  fds  mineur,  l'autorisation  de  joindre  régulièrement  à  son 
nom  celui  de  :  de  Lauzières  sous  lequel  il  était  connu  et  qu'avaient  déjà 
porté  son  père  et  son  aïeul.  Il  ne  semble  pas  que  sa  demande  ait  été 
agréée. 

GHEVALLEREAU.  Armes  (d'après  un  ancien  cachet)  :  d'or  à  deux  che- 
vrons de  gueules. 

Le  nom  de  Chevallereau,  très  répandu  en  Poitou,  y  est  porté  de 
nos  jours  par  plusieurs  familles  de  très  haute  bourgeoisie  dont  Beau- 
chet-Filleau  a  donné  la  généalogie  dans  son  Dictionnaire  historique 
et  généalogique  des  familles  du  Poitou. 

Celle  de  ces  familles  qui  donne  lieu  à  la  présente  notice  a  donné 
une  série  de  sénéchaux  à  la  petite  ville  de  Sainte-Hermine,  en  Bas- 


296  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Poitou.  Beauchet-Filleau  en  fait  remonter  la  filiation  à  Jean  Chevalle- 
reau,  sieur  du  Sep,  domicilié  en  la  paroisse  de  Thouarsais,  qui  avait 
épousé  Marie  Martineau  et  dont  le  fds,  Guillaume  Chevallereau,  sieur 
de  la  Séguinière,  épousa  en  1616  Hélène  Crochet.  François-Honoré 
Chevallercau,  né  en  1818,  décédé  en  1889,  fit  partie  pendant  plus  de 
trente  ans  du  Conseil  général  de  la  Vendée  pour  le  canton  de  Sainte- 
Hermine.  Il  a  laissé  un  fils,  Paul-Gustave  Chevallereau,  marié  en  1878 
à  M"^  Angibaud. 

C'est  vraisemblablement  à  un  rameau  de  cette  famille,  omis  par 
Beauchet-Filleau,  que  l'on  doit  rattacher  un  Jacques-René  Chevalle- 
reau de  la  Gauberdière,  né  en  1750,  lieutenant  général  civil  au  siège 
de  Fontenay-le-Comte,  qui  fut  élu  député  de  la  Vendée  au  Conseil  des 
Cinq-Cents. 

Principales  alliances  :  Bouhier  1684,  Barbier  1708,  Marchegay  1817, 
1824,  etc. 

CHEVALLEREAU  et  CHEVALLEREAU  delà  CHAUVERIE. 

Cette  seconde  famille  Chevallereau,  distincle  de  la  précédente, 
appartient  comme  elle  à  la  haute  bourgeoisie  du  Poitou.  Peut-être  est- 
elle  la  même  que  celle  d'un  Philippe  Chevallereau,  maître  chirurgien  à 
Champdeniers,  qui  eut  son  blason  inscrit  d'office  à  l'Armoriai  général 
de  1696  :  de  sinople  à  cinq  hurelles  d'or  et  un  cheval  de  sable  bro- 
chant. 

Jacques-François  Chevallereau,  sieur  de  la  Guérinièrc  et  de  la 
Boninière,  décédé  au  Beugnon  en  1800,  auquel  Beauchet-Filleau  fait 
remonter  la  filiation,  fut  avocat  du  Roi  à  Parthenay.  11  laissa  deux  fils, 
François  Chevallereau,  sieur  de  la  Boninière,  maire  deNeuvy,  décédé 
en  1825,  et  Charles  Chevallereau  de  la  Chauverie,  marié  à  M'''^  Hugue- 
teau  de  Chaillé,  qui  ont  l'un  et  l'autre  laissé  postérité.  L'aîné  de  ces 
deux  frères  a  été  le  grand-père  du  docteur  Pierre-Ferdinand  Cheval- 
lereau, né  en  1840,  membre  du  Conseil  général  des  Deux-Sèvres, 
décédé  à  Parthenay  en  1892. 

Principales  alliances  :  Hugueteau  de  Chaillé,  de  Siméon,  de  Hil- 
lerin  1864,  Chabot,  etc. 

CHEVALLEREAU  de  SÉLY. 

La  famille  Chevallere-^lu  de  Sély,  aujourd'hui  éteinte,  appartenait 
à  la  haute  bourgeoisie  du  département  des  Deux-Sèvres.  Elle  avait 
eu  vraisemblablement  dans  le  passé  une  origine  commune  avec  celle 
à  laquelle  a  été  consacrée  la  précédente  notice. 

Elle  s'est  éteinte  en  la  personne  de  deux  frères,  M.  Louis  Cheval- 
lereau de  Sély,  né  en  1790,  qui  est  décédé  à  Parthenay  en  1881  sans 


DICTIONNAIRK     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  297 

laisser  de  postérité  de  son  mariage  avec  M"°  Serin,  et  M.  Isidore- 
Casimir  Chevallereau  de  Sély,  né  à  Verrières  en  1794,  qui  est  décédé 
à  Poitiers  en  1878  sans  avoir  eu  de  postérité  de  son  mariage  avec 
M""  de  la  Fontenelle  de  Vaudoré. 

CHEVALLERIE  (Hunaultde  la).  Voyez  :  Hunault  de  la  Chevallerie. 

CHEVALLET  (d'Abel  du).  Voyez  :  Abel  du  Chevallet  (d'). 

CHEVALLIER  RUFIGNY  et  CHEVALLIER. 

La  famille  Chevallier  appartient  à  la  haute  bourgeoisie  du  Poitou. 
Beauchet-Filleau  en  a  donné  une  généalogie  dans  son  Dictionnaire 
historique  et  généalogique  des  familles  du  Poitou.  Ce  travail  donne 
la  filiation  depuis  Jacques  Chevallier,  bourgeois  de  Poitiers,  marié  à 
Marie  de  Bourdeaux,  dont  le  lils,  autre  Jacques  Chevallier,  sieur  de 
Raveneau,  ou  de  Rouvereau,  procureur  tiers  référendaire  à  Châtelle- 
rault,  épousa  le  14  octobre  1635  Marie  Contant. 

René  Chevallier,  premier  échevin  de  Ghàtellerault  en  1700,  que  l'on 
croit  avoir  appartenu  à  cette  famille,  eut  ses  armes  enregistrées  d'of- 
fice à  l'Armoriai  général  de  1696  :  à'azur  à  une  fasce  d'argent 
chargée  de  trois  besants  de  sable. 

La  famille  Chevallier  avait  pour  chef  sous  Louis  XVI  Jacques  Che- 
vallier, docteur  régent  et  ancien  recteur  de  l'Université  de  Poitiers, 
décédé  en  1788.  Celui-ci  avait  épousé  àSaint-Maixent,en  1749,  Jeanne- 
Catherine  Bonneau  dont  il  laissa  trois  fils.  L'aîné  de  ces  fils,  Jacques 
Chevallier,  né  en  1753,  professeur  de  droit  romain  à  l'Université  d'Or- 
léans en  1777,  puis  à  celle  de  Poitiers  en  1779,  conseiller  général  de 
la  Vienne  en  1809,  professeur  émérite  à  la  Faculté  de  droit  de  Poitiers 
en  1810,  mourut  sans  postérité  en  18^8.  Les  deux  autres,  Jean  Che- 
vallier-Rufigny,  né  à  Poitiers  en  1755,  officier,  marié  en  1784  à 
M"'^  Savin  de  Verge,  et  Joseph-Ambroise  Chevallier,  baptisé  en  1765, 
marié  en  1790  à  M"*^  Martin,  ont  été  les  auteurs  de  deux  rameaux 
actuellement  existants.  L'aîné  de  ces  deux  rameaux  est  connu  sous 
le  nom  de  Chevallier-Rufigny. 

La  famille  Chevallier  a  fourni  de  savants  professeurs,  des  docteurs 
en  médecine,  des  officiers,  des  membres  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 

Principales  alliances  :  Bonneau  1749,  Vexiau  de  la  Touche  1773, 
Savin  de  Verge  1784,  Tandonnet  1891,  Desmier  du  Roc,  etc. 

CHEVALLIER  (ou  CHEVALIER)  de  SINARD  (de).  Voyez  :  Chevalier  de 

SiNARD  (de). 

CHEVALLIER  de  la  BIGOTTIÈRE.  Armes  :  à'azur  à  un  chevron  d'or 
accompagné  de  trois  roses  de  même,  2  eH. 


298  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  Chevallier  de  la  Bigottièhe,  aujourd'hui  éteinte,  était 
originaire  de  la  petite  ville  de  Vernon,  dans  le  département  de  l'Eure, 
où  elle  occupait  au  xviii®  siècle  un  rang  honorable  dans  la  bour- 
geoisie. 

Jean-Louis  Chevallier,  Sgr  de  la  Haye,  marié  vers  1770  à  Marie 
Huvé,  était  sous  Louis  XVI  avocat  au  Parlement,  bailli,  juge  civil, 
criminel  et  de  police  du  bailliage  de  Vernon,  maître  particuHer  des 
eaux  et  forêts  du  duché  de  Gisors.  Son  fils,  Jacques-Rose  Chevallier, 
né  à  Vernon  en  1774,  se  signala  à  l'époque  de  la  Révolution  dans 
l'insurrection  vendéenne,  puis  dans  les  guerres  de  la  chouannerie, 
fut  nommé  à  la  Restauration  chef  d'escadron  et  chevalier  de  Saint- 
Louis,  fut  anobli  par  lettres  patentes  du  9  octobre  1824,  obtint  en 
même  temps  le  règlement  de  ses  armoiries  et  mourut  en  18o8  en  son 
château  de  la  Bigottière  (Eure).  Il  avait  été  autorisé,  par  ordonnance 
du  roi  Louis  XVIII  du  26  juin  1822,  à  joindre  régulièrement  à  son  nom 
celui  de  ce  château.  Il  avait  épousé  en  1817  M"^  Bureau  de  Sénar- 
mont.  Il  en  eut  un  fils,  Louis-Léopold  Chevallier  de  la  Bigottière,  né  à 
Dreux  en  1818,  capitaine  de  lanciers,  chevalier  de  la  Légion  dhonneur, 
qui  n'a  pas  laissé  de  postérité  de  son  mariage  avec  M"*  deLangle. 

CHEVALLIER  CHANTEPIE 

Famille  de  haute  bourgeoisie  honorablement  connue  dans  le  dépar- 
tement de  la  Mayenne. 

Jean-Noël  Chkvallier-Chantepie,  né  à  Saint-Poix  en  1769,  négociant 
à  Laval,  fut  longtemps  juge  au  tribunal  de  commerce  de  cette  ville. 

Principale  alliance  :  de  Quatrebarbes  1899. 

CHEVANDIER  de  VALDROME.  Armes  (d'après  le  Dictionnaire  histo- 
rique et  héraldique  de  la  noblesse  de  France  de  M.  de  Mailhol)  : 
émargent  à  un  arbre  terrassé  de  sinople  ;  au  chef  d'azur  chargé  de 
trois  étoiles  d'argent.  —  Couronne  :  de  Comte. 

La  famille  Chevandier  de  Valdrome  est  originaire  des  environs  de 
Die,  en  Dauphiné,  où  le  nom  de  Chevandier  est  assez  répandu.  Dès 
la  fin  du  xvii^  siècle  elle  occupait  un  rang  très  honorable  dans  la  bour- 
geoisie de  cette  région.  M.  Villain  en  a  donné  une  généalogie  som- 
maire dans  le  tome  II  de  sa  France  Moderne. 

Pierre  Chevandier  était  en  1691  châtelain  épiscopal  du  lieu  de 
Valdrome,  près  de  Die.  Antonin  Chevandier,  né  en  1668,  exerça  les 
mêmes  fonctions.  Il  épousa  vers  1705  Marie  Cache,  fille  de  René  Gâche, 
notaire  royal  et  procureur  du  Roi  à  Die,  et  en  eut  un  grand  nombre 
d'enfants.  Le  plus  jeune  de  ses  fils,  Jean-François-René  Chevandier, 
né  en  1729,  acquit  en  1750  de  la  famille  de  Léotaud  de  Montauban 


niCTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  299 

une  partie  de  ses  droits  sur  la  seigneurie  de  Valdrôme.  Il  fut  dès  lors 
connu  sous  le  nom  de  Chevandier  de  Valdrôme  qui  a  été  conservé  par 
ses  descendants.  11  avait  épousé  Louise  de  Vilhet,  d'une  vieille  famille 
de  Mérindol,  et  en  eut  plusieurs  fils.  L'aîné  de  ces  fils,  René  Chevan- 
dier, Cogr  de  Valdrôme,  né  en  1761,  sous-lieutenant  des  gendarmes 
du  Roi,  périt  à  Paris  sur  l'échafaud  révolutionnaire  en  1794  sans  avoir 
été  marié.  Le  second,  François  Chevandier,  né  en  1767,  juge  de  paix 
à  Die,  décédé  en  iSol,  fut  père  d'Alexandre-René  Chevandier  de 
Valdrôme,  président  du  tribunal  de  Die,  décédé  en  1867,  qui  n'eut 
que  deux  filles,  M'"^^  Montlahuc  et  Pascal.  Un  troisième,  Jean- 
Auguste  Chevandier  de  Valdrôme,  né  à  Lyon  en  1781,  alla  se  fixer 
en  Lorraine,  fut  maître  de  verreries  à  Saint-Quirin,  fut  élu  conseiller 
général,  puis  député  de  la  Meurthe,  fut  créé  pair  de  France  en 
octobre  1837  et  mourut  en  1865  au  château  de  Sainte-Catherine 
(Meurthe).  Il  avait  épousé  à  Saint-Quirin  en  1805  M"^  Guaita,  née  en 
1782  à  Francfort-sur-le-Mein.  II  en  eut  trois  fils  :  1"  Georges,  décédé 
sans  postérité  en  1887  ;  2"  Eugène,  né  à  Saint-Quirin  en  1810,  direc- 
teur de  la  manufacture  de  glaces  de  Cirey,  conseiller  général  et 
député  de  la  Meurthe,  membre  correspondant  de  l'Institut  en  1857, 
commandeur  de  la  Légion  d'honneur  en  1869,  ministre  de  l'inté- 
rieur en  janvier  1870,  décédé  en  1878,  qui  de  son  mariage  avec 
M"«  Goethe  eut  deux  filles,  M"'^^  Husson  de  Prailly  et  Bouvier; 
3°  Paul,  peintre  distingué,  chevalier  de  la  Légion  d'honneur,  qui  a  été 
père  de  M.  Armand-Auguste  Chevandier  de  Valdrôme,  secrétaire 
d'ambassade. 

GHEVANNE  (Robert  de).  Voyez  :  Robert  deChevanne. 

GHEVARDIÈRE  de  la  GRAND  VILLE  (de  la).  Armes  :  d'argent  à  une 
branche  de  fougère  de  sinople. 

La  famille  de  la  Chevardière,  originaire  du  Rethélois,  appartient  à 
l'ancienne  noblesse  de  Champagne.  Elle  a  possédé  dans  cette  pro- 
vince les  seigneuries  de  la  Grandville,  de  Fresty,  de  Novion,  de  Pro- 
visy,  de  Mesmont,  etc.  On  trouvera  sur  elle  des  renseignements  dans 
les  divers  recueils  de  manuscrits  du  Cabinet  des  Titres. 

La  filiation  suivie  remonte  à  Thomas  de  la  Chevardière,  écuyer, 
lieutenant  général  au  bailliage  de  Rethélois,  qui  est  ainsi  désigné 
dans  deux  jugements  rendus  par  lui  le  16  mai  1520  et  le  1"  août  1526. 
Thomas  de  la  Chevardière  eut  d'une  alliance  inconnue  plusieurs  fils 
dont  deux,  Simon,  écuyer,  Sgr  de  Jumont  et  de  la  Motte,  et  David, 
écuyer,  Sgr  de  Ghambrettes,  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 
Les  représentants  de  ces  deux  branches  furent  maintenus  dans  leur 


300  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

noblesse  le  12  janvier  1699  par  jugement  de  M.  de  Caumartin,  inten- 
dant de  Chanipagne.  La  branche  cadette,  issue  de  David,  paraît 
s'être  éteinte  antérieurement  à  la  Révolution.  L'auteur  de  la  branche 
aînée,  Simon,  rendit  hommage  le  3  juillet  lo4!2  pour  son  fief  de 
Lagrangc.  Il  épousa  successivement  Antoineltc  de  Gruct  et  Margue- 
rite du  ïrep  et  passa  un  contrat  de  vente  conjointement  avec  cette 
dernière  le  18  mars  ioo6.  Marguerite  du  Trep  fit  son  testament  le 
4  octobre  1556  en  faveur  du  iils  du  premier  lit  de  son  mari,  Nicolas, 
alors  page  de  M.  le  duc  de  Ferrarc.  Nicolas  de  la  Chevardière,  Sgr  de 
Jumont  et  de  Fresty,  épousa  dans  la  suite  Jacqueline  de  Pavant.  Il 
fut  nommé  gouverneur  du  château  de  Rozoy  le  io  mai  1586  par 
provisions  du  duc  de  Nivernais  et  de  Relhélois.  Il  fut  père  de  Jean- 
Jacques  de  la  Chevardière,  écuyer,  Sgr  de  Mesmont  et  de  Fresty,  qui 
épousa  Jeanne  de  Sandras  par  contrat  passé  le  17  septembre  1395 
devant  notaire  en  la  prévôté  de  Sainte-Menehould.  On  trouvera  dans 
le  Cabinet  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que  son  descendant, 
Jean  de  la  Chevardière,  Sgr  de  Jumont,  fit  en  1688  pour  obtenir  l'ad- 
mission à  Saint-Cyr  de  sa  fille  Désirée,  née  en  1679  à  Hocquigny,  au 
diocèse  de  Reims.  On  trouvera  dans  les  Carrés  d'Hozier  les  preuves 
de  noblesse  qu'un  autre  de  ses  descendants,  Antoine-César-François 
de  la  Chevardière,  Sgr  de  la  Grandville,  marié  le  6  février  1762  à 
Marie-Thérèse  de  la  Mock  de  Botassard,  fit  en  1781  pour  obtenir  l'ad- 
mission parmi  les  pages  de  la  Reine  de  son  fils,  Charles-Félix,  né 
en  1767.  N...  de  la  Chevardière  de  la  Grandville,  né  au  duché  de 
Bouillon  le  12  août  1768,  fut  admis  le  13  octobre  1783  à  l'École  mili- 
taire de  Pont-à-Mousson  après  avoir  fait  les  preuves  de  noblesse 
prescrites  par  les  règlements. 

Antoine-François  de  la  Chevardière  de  la  Grandville,  Sgr  en  partie 
du  lieu,  capitaine  au  régiment  de  Bouillon,  chevalier  de  Saint-Louis, 
et  Guillaume-François  de  la  Chevardière  de  Bohan,  Sgr  en  partie  de 
Cons-la-Grandville,  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Sedan. 

La  famille  de  la  Chevardière  de  la  Grandville  a  conservé  jusqu'à 
nos  jours  le  château  de  Cons-la-Grandville,  situé  près  de  Mézières 
(Ardennes). 

Elle  n'est  pas  titrée. 

Elle  a  fourni  de  nombreux  officiers,  des  chevaliers  de  Saint-Louis 
et  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 

Principales  alliances  :  deMilleret,  d'Aspremont,  de  Hahault  1582, 
de  Beffroy,  de  Robaulx  de  Beaurieux,  de  Mengin  de  Fondragon  1871, 
Loisson  de  Guinaumont  1903,  de  Roucy  1730,  de  Rostaing,  etc. 


DICTIONNAIRR     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  301 

CHEVARRIER  (de).  Armes  (d'après  un  règlement  d'armoiries  accordé 
par  d'IIozier  le  28  mars  1786)  :  cV argent  à  une  fasce  de  gueules  chargée 
de  ti'ois  cœurs  d'or  et  accompagnée  de  trois  lions  coupés  de  sable  et 
d'hermines,  armés  et  lampassés  de  gueules.  —  L'écu  timbré  d'un 
casque  de  profil  orné  de  ses  lambrequins  d'or,  d'argent  et  de  sable. 

La  famille  de  Chevarrier,  originaire  de  l'Auvergne,  appartenait  aux 
XVII*  et  XVIII*  siècles  à  la  haute  bourgeoisie  de  cette  province.  On  trou- 
vera sur  elle  beaucoup  de  renseignements  dans  VAmiuaire  de  la 
noblesse  de  4887. 

Toussaint  Chevarrier  était  sous  Louis  XIII  conseiller  du  Roi  et 
greffier  en  chef  de  l'élection  de  Gannat. 

Son  descendant,  Jean-Joseph  Chevarrier  d'Idogne,  demeurant  à 
Gannat,  acheta  le  2  mai  1783  de  la  famille  le  Roux  du  Châtelet  la 
charge  anoblissante  de  secrétaire  du  Roi  contrôleur  en  la  Chancellerie 
d'Artois.  Il  fut  exécuté  à  Lyon  pendant  la  Terreur.  Il  laissait  un  lils 
unique,  Claude  Chevarrier,  qui  s'apparenta  à  une  partie  de  la  noblesse 
de  sa  région  par  le  mariage  qu'il  contracta  en  1814  avec  M"*  Louise- 
Constance  le  Normand  de  Flaghac.  Celui-ci  eut  une  fille,  la  vicom- 
tesse deFougainville,  et  deux  fils.  Le  plus  jeune  de  ces  fils,  Ludovic- 
Philibert  de  Chevarrier,  né  en  1820,  demeura  célibataire.  L'aîné, 
Alphonse  de  Chevarrier,  né  en  1817,  lieutenant-colonel  au  4*  chas- 
seurs, officier  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  en  1881,  épousa  Marie 
de  Pêne  d'Argagnon,  dccédée  à  Biarritz  en  décembre  1899,  sœur 
du  journaliste  Henri  de  Pêne.  Il  en  laissa  un  fils  unique,  M.  Ernest  de 
Chevarrier,  né  en  1855,  qui  n'a  pas  eu  d'enfants  de  son  mariage, 
en  1897,  avec  M"*  de  Carbuccia,  aujourd'hui  décédée. 

Principales  alliances  :  de  Pêne  d'Argagnon,  Legendre  de  Fougain- 
ville,  Lenormand  de  Flaghac,  de  Carbuccia,  etc. 

CHEVASNERIE  (Libault  de  la).  Voyez  :  Libault  de  la  Chevasnerie, 

CHEVEIGNÉ  (Leriche  de).  Voyez  :  Leriche  de  Cheveigné  et  de  Breuil- 

PONT. 

CHEVEISAILLES  de  LAVÉVRIE  et  des  PERRIGNES  (de).  Armes  :  de 
gueules  à  un  chevron  d'or  accompagné  de  trois  étoiles  de  même  ;  au 
chef  d'or. 

La  famille  de  Cheveisailles   est  anciennement  connue  dans   le 
Perche.  Elle  a  toujours  été  fort  obscure.  On  trouvera  cependant  sur 
elle  dans  les  Carrés  d'Hozier  quelques  renseignements,  malheureu- 
sement assez  confus. 
Noble  Louis  de  Cheveisailles,  écuyer,  et  dame  Gilberte  de  Bois- 


302  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

rond,  son  épouse,  de  la  paroisse  de  Saint-Maurice-sur-Huisne,  sont 
mentionnés  dans  un  acte  du  3  juin  1548.  Noble  homme  Louis  de  Ghe- 
versailles,  écuyer,  demeurant  en  la  paroisse  de  Courcevault,  passa  un 
acte  le  7  septembre  looo.  Noble  Martin  de  Clieveisailles,  écuyer, 
fils  de  défunt  noble  Louis  de  Cheveisailles,  vivant  écuyer,  et  de 
défunte  Gilberte  de  Boisrond,  passa  un  acte  le  7  avril  1603.  Des  notes 
de  d  Hozier  apprennent  que  ces  actes  de  1548,  de  looo  et  de  1603 
sont  faux. 

Maître  Louis  Cheveisaille  fut  nommé  secrétaire  ordinaire  de  la 
Reine  par  lettres  du  4  août  1632.  11  passa  un  acte  le  30  janvier  1638 
au  nom  de  sa  mère,  dame  Anne  Gouennot,  veuve  de  noble  homme 
Martin  de  Cheveisaille,  vivant  écuyer,  vivant  à  Saint-Morice  ;  mais 
une  note  de  d'Hozier  apprend  que  cet  acte  est  faux.  Ce  même  noble 
homme  Louis  de  Cheveisailles  était  quelques  années  plus  tard  con- 
seiller du  Roi,  président  des  gabelles  de  Vendôme.  Il  fut  nommé  par 
lettres  patentes  de  mars  1646  grand-maître  enquesteur  et  général 
réformateur  héréditaire  des  eaux  et  forêts  au  département  de  Tou- 
raine,  Maine  et  Anjou.  Il  figure  dans  un  acte  authentique  de  1653  avec 
les  qualifications  de  chevalier,  Sgr  des  Vergers,  conseiller  du  Roi  en 
ses  Conseils.  Il  avait  épousé  Catherine  Charles  dont  il  eut  un  grand 
nombre  d'enfants.  Une  de  ses  filles,  Anne,  baptisée  le  31  août  1645, 
eut  pour  parrain  monsieur  Jean  de  Cheveisailles,  élu  en  l'élection  de 
Mortagne.  Un  de  ses  fils,  Nicolas  de  Cheveisailles,  écuyer,  ingénieur 
ordinaire  du  Roi,  capitaine  au  régiment  de  Champagne,  âgé  de 
trente  ans,  épousa  Marie  Blondeau  par  contrat  du  3  mai  1675  dans 
lequel  il  est  ainsi  désigné.  A  la  même  époque  vivait  monsieur  Jean 
Cheveisailles,  écuyer,  sieur  de  la  Gorlie,  qui  épousa  Madeleine 
d'Achon  par  contrat  sans  filiation  passé  à  Pans  le  23  janvier  1645. 

Catherine  de  Ciiefsaillcs,  femme  de  Joachim  de  Fonlenay,  écuyer, 
sieur  de  la  Boudue,  lit  enregistrer  son  blason  à  TArmorial  général 
de  1696  (registre  de  Mortagne). 

Joachim  de  Cheveisailles,  Sgr  des  Perrignes,  prit  part  en  1789  aux 
assemblées  de  la  noblesse  du  Perche. 

La  famille  de  Cheveisailles  n'est  pas  titrée. 

Elle  a  fourni  des  officiers. 

Elle  a  conservé  jusqu'à  nos  jours  la  terre  des  Perrignes,  dans  le 
département  de  l'Orne. 

Principale  alliance  :  de  Fontenay  au  xvii*  siècle  et  vers  1810. 

CHEVENON  de  BIGNY  (de).  Armes  primitives  :  à' argent  à  une  fasce  de 
gueules  accompagnée  en  chef  de  trois  quinte  feuilles  de  même  et  en 
pointe  dun  cœur  d'azur.  —  Ces  armoiries  furent  remplacées  plus  tard 


II 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  303 

par  celles  de  la  famille  «le  Bigny  :  d'azur  à  un  lion  d'argent  accom- 
pagné de  cinq  poissons  de  même,  mis  en  orle.  —  Couronne  :  de  Mar- 
quis. —  Supports  :  deux  sirènes.  —  Cimier  :  une  tête  de  cheval. 

La  famille  de  Chevenonde  Bigny,  aujourd'hui  éteinte  dans  les  maies, 
appartenait  à  l'ancienne  noblesse  chevaleresque  du  Berry.  Elle  était 
en  instance  pour  obtenir  les  honneurs  de  la  Cour  quand  la  Révolution 
survint  et  l'empêcha  de  jouir  de  cette  faveur.  Mais  on  trouvera  dans 
les  manuscrits  de  Chérin  la  généalogie  détaillée  qu'elle  envoya  dans 
cette  circonstance,  en  1790,  au  Cabinet  des  Ordres  du  Roi.  On  en  trou- 
vera aussi  des  généalogies  dans  V Histoire  des  grands  officiers  de  la 
Couronne  du  Père  Anselme,  dans  Y  Histoire  de  Berry  de  la  Thaumas- 
sière  et  dans  le  Dictionnaire  de  la  noblesse  de  la  Chesnaye  des  Bois. 

La  famille  de  Chevenon  de  Bigny  a  eu  pour  berceau  l'importante 
seigneurie  de  Chevenon,  située  en  Berry.  Le  travail  conservé  dans 
les  manuscrits  de  Chérin  en  fait  remonter  la  filiation  à  un  Guillaume 
de  Chevenon  qui  fit  des  acquisitions  en  1264  et  1269  conjointement 
avec  son  frère  Jean.  Ce  gentilhomme  avait  épousé  une  dame  nommée 
Marguerite.  Il  en  eut  deux  fils,  Guillaume,  chevalier,  Sgr  de  Chevenon, 
et  Jean,  clievalier,  Sgr  de  Bigny,  qui  partagèrent  sa  succession  par 
acte  de  1294.  La  descendance  de  l'aîné  de  ces  deux  frères,  Guillaume, 
s'éteignit  avec  Guillaume  de  Chevenon,  capitaine  du  château  de  Vin- 
cennes,  qui  périt  en  1415  à  la  bataille  d'Azincourt,  et  avec  Bernard  de 
Chevenon,  décédé  en  1420,  qui  fut  évêque  de  Saintes,  puis  de  Beauvais. 
Le  puîné,  Jean,  avait  épousé  Marguerite  de  Neilhac  ;  ce  fut  celle-ci 
qui  lui  apporta,  suppose-t-on,  l'importante  seigneurie  de  Bigny,  éga- 
lement située  en  Berry.  Jean  de  Chevenon,  Sgr  de  Bigny,  reçut  une 
reconnaissance  en  1306,  fit  une  acquisition  en  1310,  acheta  en  1317 
le  manoir  du  Bois-Sire  et  mourut  avant  1320. 

La  filiation  paraît  n'être  rigoureusement  établie  que  depuis  le 
10  juillet  1432,  date  à  laquelle  Jean  de  Chevenon,  écuyer,  Sgr  de 
Bigny,  fils  d'autre  Jean  de  Chevenon,  Sgr  de  Bigny  et  de  Guillemette 
de  Milly,  épousa  Marguerite  de  Montespedon,  fille  de  Jean,  valet  de 
chambre  du  Roi,  maître  des  eaux  et  forêts  de  Berry,  et  de  Brouette 
de  Bar.  Ce  gentilhomme  fut  panetier  du  Roi.  Ce  fut  lui  qui  laissa 
tomber  en  désuétude  le  nom  de  Chevenon,  que  ses  descendants 
ne  reprirent  que  peu  de  temps  avant  la  Révolution,  pour  ne  garder 
que  celui  de  sa  seigneurie  de  Bigny.  Il  laissa  trois  iils  qui  jouirent 
d'un  grand  crédit  auprès  du  roi  Louis  XI  :  1°  Jean,  Sgr  de  Bignj^ 
échanson  du  Roi  en  1462  aux  gages  de  27  livres,  dix  sols,  par  mois, 
puis  capitaine  de  la  ville  et  du  château  de  Mehun-sur-Yôvre,  qui  n'eut 
pas  d'enfants;  2°  Charles,  Sgr  de  Bigny,  de  Valenay  et  de  Cresinçay, 
premier  écuyer  du  corps  et  grand-maître  de  l'écurie  du  Roi,  qui 


304  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

épousa  le  26  mars  1464  Jeanne  Aramite,  dame  de  la  Gorce,  et  qui 
continua  la  descendance  ;  3"  Renaud-Amanieu  de  Bigny,  chevalier 
de  Saint-Jean  de  Jérusalem,  commandeur  de  Lormeteau  et  de  Saint- 
Paul  en  1460.  Claude  de  Bigny,  Sgr  dudit  lieu,  d'Ainay-le-Vieil,  etc., 
fils  de  Charles,  fut  varlet  tranchant  du  Roi,  maître  des  eaux  et 
forêts  de  Berry  et  gouverneur  de  la  Bastille,  à  Paris,  acquit  le 
30  juin  1514  la  seigneurie  de  Préveranges  et  épousa,  par  contrat  du 
21  mai  1505,  Jacqueline  de  l'Hôpital,  fille  du  seigneur  de  Choisy.  Il 
fut  père  de  Gilbert  de  Bigny,  Sgr  dudit  lieu.  d'Ainay-le-Vieil,  de  Pré- 
veranp-es  et  de  Saint-Amand,  écuyer  tranchant,  puis  maître  dhôtel 
de  la  reine  Catherine  de  Médicis,  qui  épousa  en  1531  Charlotte  l'Or- 
fèvre, tille  du  soigneur  d'Ermenonville,  et  grand-père  de  Philippe  de 
Bigny,  Sgr  d'Ainay-le-Vieil,  de  Préveranges  et  du  Breuil  des  Barres, 
chevalier  de  l'Ordre  du  Roi,  qui  épousa  le  2  février  1563  Antoinette 
de  Saint-Père  et  qui  fit  son  testament  le  9  mars  1602.  Ce  dernier 
laissa  trois  fils  :  1"  Jean  de  Bigny,  Sgr  d'Ainay-le-Vieil,  marié  en 
1593  à  Anne  Papillon,  dont  la  descendance  fut  maintenue  dans  sa 
noblesse  le  1"  octobre  1667  par  jugement  de  Lambert  d'Herbigny, 
intendant  de  Bourges  et  de  Moulins,  et  s'éteignit  en  1692;  2°  Claude 
de  Bigny,  Sgr  de  Cliandion,  des  Barres,  de  Valenay  et  de  Cresinçay, 
marié  le  13  septembre  1610  à  Gasparde  de  Courtenay,  dont  la  des- 
cendance ne  s'est  éteinte  que  de  nos  jours  ;  3''  Gilbert  de  Bigny,  Sgr 
et  baron  de  Préveranges,  marié  en  1608  à  Louise  de  Choiseul,  dont 
les  fils  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  l'un  le  28  mars  1669  par 
jugement  de  M.  de  Machault,  intendant  d'Orléans,  l'autre  le 
19  mars  1667  par  arrêt  du  Conseil  d'État  et  dont  le  petit-fils  mourut 
sans  postérité. 

Henri  de  Bigny,  chevalier,  Sgr  de  Bigny,  petit-fils  de  Claude,  et  sa 
femme,  Éléonore-Charlotte  de  Gamaches,  qu'il  avait  épousée  en  1677, 
firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre 
de  Bourges). 

Cet  Henri  de  Bigny  fut  connu  plus  tard  sous  le  titre  de  marquis  de 
Margival  auquel  son  petit-fils  Claude,  marié  en  1747  à  M"*  de  Beaus- 
son,  substitua  plus  tard  celui  de  marquis  de  Bigny,  conservé  depuis 
lors  par  le  chef  de  la  famille. 

Deux  des  petits-fils  de  ce  dernier,  Claude,  né  en  1773,  et  Pierre- 
Balthazar,  né  en  1744,  massacré  à  Quiberon  en  1793,  furent  admis 
parmi  les  pages  du  roi  Louis  XVL  Leur  frère,  Jean-Baptiste,  marquis 
de  Bigny,  né  en  1775,  marié  en  1802  à  Françoise  le  Groing  de  Trei- 
gnat,  en  eut  deux  fils  qui  furent  les  derniers  représentants  de  leur 
famille.  L'aîné  de  ceux-ci,  Paul-Balthazar,  marquis  de  Bigny,  né 
en  1803,  mourut  dès  1837  sans  avoir  eu  de  postérité  de  son  mariage 


DICTIONNAIRE     DKS    FAMILLES     FRANÇAISES  305 

avec  Caroline  de  Montricliard,  décodée  en  1893.  Le  puîné,  Jcan- 
Baptiste-Aimé-Anatole,  comte,  puis  marquis  de  Bigny  né  en  1813, 
propriétaire  des  châteaux  de  Bigny  et  d'Ainay-le-Vieil,  mourut 
en  1872.  Il  avait  épousé  M"^  Aubertot  dont  il  n'eut  que  trois  fdles 
mariées  dans  les  familles  de  Berthier-Bizy,  de  Tulle  de  Villefranche 
et  de  Vigan.  Un  de  ses  petits-fds,  M.  Jean-Joseph  de  Vigan,  né 
en  1871  au  château  d'Ainay-le-Vieil  (Cher),  a  demandé  le  30 juillet  1898 
l'autorisation  de  joindre  à  son  nom  celui  de  Bigny. 

M.  de  Chevenon  de  Bigny  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  du  Berry. 

La  famille  de  Chevenon  de  Bigny  a  fourni,  en  dehors  des  person- 
nages mentionnés  au  cours  de  cette  notice,  plusieurs  chevaliers  de 
Saint-Jean  de  Jérusalem,  des  officiers  de  mérite,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Montespedon  1432,  de  Rochechouart 
1494,  de  Bonnay,  de  l'Hôpital  150o,  de  Choiseul  1608,  de  Crèvecœur 
1669,  de  Thianges,  de  Bertrand  de  Boueix  1598,  de  Saint-Julien  1660, 
d'Albon  1609,  du  Bellay  1621,  de  Châteaubodeau  1656,  de  Barban- 
çois,  de  Montmorin  de  Saint-Hérem  1684,  de  l'Aubespine  1681,  de 
Courtenay  1610,  de  Longueval,  Rouault  de  Gamaches  1677,  du  Pey- 
roux,  de  Bosredon  1767,  de  Boucher  de  Milly,  d'Arthuys  de  Char- 
nisay,  de  Digoine,  le  Groing  1802,  de  Montrichard  1835,  de  Tulle 
de  Villefranche  1873,  de  Vigan  1868,  de  Berthier-Bizy  1861,  de 
Charry  1663,  etc. 

CHEVERRY  (de).  Armes  :  écartelé  :  aux  \  et  4  de  gueules  à  trois  billet  tes 
d'argent;  aux  2  ef  3  d'argent  à  une  tête  de  maure  de  sable,  tortillée 
d'argent.  —  On  attribue  à  Pierre  de  Cheverry,  capitoul  de  Toulouse 
en  1704  et  1705,  les  armes  suivantes  :  d'argent  à  trois  chardons  de 
gueules,  tiges  et  feuilles  de  sinople,  posés  2  eH  ;  aîi  chef  cousu  d'or. 

La  famille  de  Cheverrv  appartient  à  la  noblesse  toulousaine.  M.  de 
la  Roque  en  a  donné  un  tableau  généalogique  très  sommaire  dans 
son  Armoriai  de  la  noblesse  du  Languedoc  {généralité  de  Toulouse). 

Elle  a  eu  pour  auteurs  deux  frères,  Arnaud  et  Jean  Cheverry, 
natifs  de  Pampeline,  qui  vinrent  se  fixer  en  France  dans  la  première 
moitié  du  xvi'  siècle.  Les  noms  de  Cheverry  et  d'Etcheverry,  très 
répandus  en  Navarre  et  dans  le  Pays  basque,  y  sont  portés  par  des 
familles  de  conditions  sociales  très  variées.  Rien  ne  prouve  donc 
que  ces  deux  frères  aient  appartenu,  comme  on  l'a  avancé,  à  la  même 
souche  que  Bertrand  et  Andrion  Cheverry,  ou  Etcheverry,  qui  firent 
partie  d'une  montre,  ou  revue,  de  nobles  passée  à  Bayonne  le 
17  août  1496. 

Arnaud  Cheverry  fut  l'auteur  d'une  branche  sur  laquelle  on  n'a 
X.  20 


306  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

que  peu  de  renseignements  et  dont  un  membre,  Louis  de  Cheverry 
d'Arthaunis,  conseiller  du  Roi,  commissaire  des  guerres  à  Saint- 
Jean-Pied-de-Port,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  10  août  1717  par 
jugement  deLegendre,  intendant  de  Montauban.  C'est  à  cette  branche 
que  paraissent  avoir  appartenu  Pierre-Louis  de  Cheverry,  écuyer, 
marié  à  Bordeaux  en  1727,  et  Clara  de  Cheverry  mariée  en  1828  à 
Charles-Antoine  d'Avout,  frère  du  maréchal  prince  d'Eckmuhl. 

Pierre  de  Cheverry,  fds  de  Jean  Cheverry,  paraît  avoir  été  anobli 
par  les  charges  considérables  dont  il  fut  revêtu.  Il  fut  successivement 
trésorier  général  des  finances  en  1540,  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi 
en  loo7,  commissaire  du  Roi  aux  États  du  Languedoc  tenus  à  Carcas- 
sonne  en  1576  et  président  des  trésoriers  de  France  en  1583.  Il  se 
qualifiait  baron  de  Saint-Michel,  Sgr  de  la  Réole  et  d'Ardizac,  et  avait 
épousé,  le  24  juin  1559,  Bourguine  du  Faur  de  Saint-Jory.  Un  de  ses 
fils,  Charles  de  Cheverry,  baron  de  Saint-Michel-de-Lannes,  Sgr  de 
Prunet  et  de  Lasbordes,  lui  succéda  dans  sa  charge  de  trésorier 
général  de  France.  Deux  autres,  François  de  Cheverry,  qualifié 
vicomte  de  Montcla,  Sgr  de  Salvagnac,  marié  à  Anne  d'IIébrail,  héri- 
tière de  la  baronnie  de  Rivière,  et  Michel  de  Cheverry,  qualifié  baron 
de  Saboulies  et  de  la  Réole,  Sgr  de  Saint-Etienne,  Mauvaisin  et 
Ardissas,  docteur-avocat,  capitoul  en  1599,  marié  en  1588  à  Jeanne 
de  Mansencal  de  Miremont,  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

Michel  de  Cheverry,  auteur  de  la  branche  cadette,  fut  père  de 
François  de  Cheverry,  baron  de  Saboulies  et  de  la  Réole,  qui  épousa 
en  1628  Catherine  de  la  Rochefoucauld-Montendre,  et  de  Pierre  de 
Cheverry  de  la  Réole,  qui  fut  admis  dans  l'Ordre  de  Malte  en  1607. 
Cette  branche  est  aujourd'hui  éteinte.  Son  chef,  Hippolyte  de  Che- 
verry, Sgr  de  Mourgat,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  14  mars  1670, 
en  vertu  du  capitoulat,  par  jugement  de  M.  de  Bezons,  intendant  du 
Languedoc.  Charles  de  Cheverry,  Sgr  de  la  Réole,  et  sa  femme, 
Madeleine  de  Chabange,  firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai 
général  de  1696. 

François  de  Cheverry,  auteur  de  la  branche  aînée,  laissa  plusieurs 
fils.  L'aîné  de  ces  fils,  Michel  de  Cheverry,  baron  de  Rivières,  au  dio- 
cèse d'AIbi,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  7  janvier  1670,  sur 
preuves  remontant  à  1557,  par  jugement  de  M.  de  Bezons.  Un  repré- 
sentant de  cette  branche,  Jean-Bernard-Louis  de  Cheverry,  Sgr  de 
Lasbordes,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Toulouse  ;  un  autre,  Jean-François-Joseph  de  Cheverry,  Sgr  de 
Prunet,  prit  part  cette  même  année  à  celles  tenues  à  Castelnaudary. 
Jean-Pierre  de  Cheverry,  Cogr  de  Prunet,  ancien  garde  du  corps 
du  roi  Louis  XVI,  épousa  en  1813  Françoise  de  Villeneuve.  Trois  de 


niCTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  307 

SOS  fils,  IIcMiri,  marié  ù  M"«Rii(ri6,  Louis,  marié  à  M'"^  de  Lostanges,  et 
Paulin,  marié  à  M""  de  Lalanne,  ont  laissé  postérité  masculine. 

La  famille  de  Cheverry  a  fourni  des  officiers. 

Principales  alliances  :  du  Faur  de  Saint  .lory  I5S9,  d  Assézat,  de 
Varagne  de  Bélestat,  de  Pechpeirou  deBeaucaire,  d'IIébrail,  du  Lau- 
rens,  de  Villeneuve,  de  Lostanges,  du  Cos  de  la  Hitte  1662,  de  la 
Rochefoucauld  1628,  de  Rochechouart,  de  Bellisscn.  etc. 

Il  a  existé  en  Poitou  une  famille  de  Chevery  qui  portait  pour  armes  : 
écartelé  aux  l  et  4  dora  un  oiseau  de  sable  ;  aux  2  e/  3  d'azur  à  un 
lévrier  courant  d'argent,  accolé  de  gueules.  Le  chef  de  cette  famille, 
François  de  Chevery,  Sgr  de  Sérigny,  de  la  paroisse  de  Commequiers 
(Vendée),  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  9  août  1667  par  jugement 
de  M.  de  Barentin,  intendant  de  Poitiers. 

CHEVERUS  (Lefebvre  de).  Voyez  :  Lefebvre  d'Argengé,  de  Cheverus,  de 
Ghampmorin,  etc. 

CHEVESTRE  des  CHAPELLES  (de).  Armes  :  à'azur  à  trois  hiboux  d'or, 
2  e/  1,  ceux  du  chef  surmontés  d'une  étoile  du  même. 

Le  nom  de  CHEVESTREest  celui  d'une  ancienne  famille  noble  de  Nor- 
mandie sur  laquelle  on  n'a  pu  se  procurer  que  des  renseignements 
insuffisants. 

Maître  Simon  Chevestre,  docteur  en  décret,  était  vers  1458  cha- 
noine prébende  de  Sainte-Colombe  et  doyen  d'Évreux.  Il  fit  don  au 
chapitre  d'Evreux  du  fief  de  Saint-Germain-des-Angles  ;  il  fit  égale- 
ment don  à  la  cathédrale  d'Évreux  d'une  statue  de  la  Vierge,  en 
argent. 

Jacques  de  Chevestre  épousa  vers  1560  Marie  de  Mauvoisin,  héri- 
tière de  l'importante  seigneurie  de  Cintray,  dans  l'élection  de  Ver- 
neuil.  Il  était  veuf  quand,  en  1577,  il  fit,  au  nom  de  sa  défunte  épouse, 
une  présentation  au  bénéfice  de  Cintray.  D'après  un  tableau  très 
sommaire  conservé  dans  les  Dossiers  bleus,  tableau  qui  malheureuse- 
ment n'est  accompagné  d'aucune  date,  ce  Jacques  de  Chevestre  aurait 
été  fils  d'Etienne  de  Chevestre  et  de  Thomasse  Guercy,  petit-fils  de 
Jean  de  Chevestre  et  arrière-petit-fils  de  Robert  de  Chevestre.  Il  laissa 
un  fils,  Charles  de  Chevestre,  marié  à  Françoise  de  Houetteville,  qui 
en  1605  était  seigneur  en  partie  de  Cintray.  Tanneguy  de  Chevestre, 
Sgr  de  Cintray,  marié  à  Marie  de  Caruel,futmaintenu  dans  sa  noblesse 
le  26  août  1666  avec  ses  fils,  Charles  et  Nicolas,  par  jugement  de 
M.  de  Marie,  intendant  d'Alençon.  Il  eut  aussi  une  fille,  Françoise,  qui 
épousa  Jean-Louis  de  Montmorency,  comte  de  Laval,  né  en  1629. 
Charles  de  Chevestre,  chevalier,  Sgr  de  Cintré,  fit  enregistrer  son 


308  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (^registre  de  Verneuil).  Cosme, 
Abraham  et  Claude  de  Chevestre.  écuyers,  firent  enregistrer  leur  bla- 
son au  même  Armoriai  (registre  d'Andely).  Auxviii*  siècle  le  domaine 
de  Cintray  appartenait  à  la  famille  de  Lombellon  des  Essarts  ;  il  fut 
décrété  et  vendu  en  1764  à  Cyprien-Robert  Roussel,  sieur  de  laPlesse. 

Une  branche  de  la  famille  de  Chevestre  a  possédé  la  seigneurie  de 
Reauchesne,  dans  l'élection  de  Gisors. 

Plusieurs  représentants  de  la  famille  de  Chevestre  de  Cintray  furent 
admis  dans  l'ordre  de  Malte  :  Nicolas,  en  1630  ;  Alexandre,  en  1657  ; 
Jean-François,  en  168o;  Alexandre,  en  1692;  et  Jean-Charles,  en  1696. 

On  retrouve  de  nos  jours  en  Normandie  une  famille  dk  Chevestre 
DES  Chapelles  sur  laquelle  on  n'a  aucun  renseignement,  mais  qui 
vraisemblablement  est  une  branche  de  la  vieille  souche  normande 
dont  il  vient  d'être  parlé. 

Cependant  il  a  existé  dans  cette  région  des  familles  Chevestre  qui 
n'appartenaient  pas  à  la  noblesse.  Le  représentant  dune  de  ces 
familles,  maître  Robert  Chevestre,  était  en  1629  avocat  en  la  vicomte 
de  Reaumont-le  Roger. 

CHEVIGNÉ  de  MONCEY  Bourlon  de).  Voyez  :  Bourlon  dArrigny,  d'H.m- 

RONVILLE,   DE  ChaVANGES,  DE  SaRTY,  DeRoUVRE  ET  DE  ChEVIGNÉ  DE  MONCEY. 

CHEVIGNÉ  (de>.  .\rmes  :  de  gueules  à  quatre  fusées  d'or  accolées  en 
fasce  et  accompagnées  de  huit  besants  du  même,  quatre  en  chef  et 
quatre  en  pointe   —  Couronne  :  de  Marquis. 

La  maison  de  Chevigné,  qui  s'est  distinguée  au  xl\^  siècle  par  l'éclat 
de  ses  alliances  et  par  son  dévouement  à  la  monarchie  légitime,  appar- 
tient à  l'ancienne  noblesse  de  Bretagne  Elle  a  longtemps  possédé 
une  seigneurie  de  son  nom  située  sur  le  territoire  de  la  paroisse  de 
Coesmes,  au  diocèse  de  Rennes.  D'après  une  tradition  fort  ancienne, 
mais  qui  ne  s'appuie  sur  aucune  preuve,  elle  serait  originaire  du  Lan- 
cashire,  en  Angleterre,  et  aurait  pour  auteur  un  François  de  Che- 
vigné,  gentilhomme  anglais,  qui  se  serait  Ç\xé  en  France  au  cours  du 
XII*  siècle  à  la  suite  de  son  mariage  avec  Catherine  de  Chateaubriand, 
héritière  de  la  seigneurie  de  Coesmes,  et  qui  aurait  construit  dans 
cette  seigneurie  un  château  auquel  il  donna  son  nom. 

La  maison  de  Chevigné  sollicita  au  xvni"  siècle  la  faveur  d'être, 
admise  aux  honneurs  de  la  Cour.  Le  généalogiste  des  Ordres  du  Roi, 
chargé  de  vérifier  les  preuves  de  noblesse  qu'elle  fit  dans  cette  cir- 
constance, envoya  en  1774  au  comte  du  Muy  le  rapport  suivant,  con- 
servé dans  les  manuscrits  de  Chérin  :  «  La  maison  de  Chevigné  a 
(f  pris  son  nom  d'une  terre  située  au  diocèse  de  Rennes,  en  Bretagne. 


niCTIONNAIRK     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  309 

«  A  cet  avantage,  qui  annonce  son  ancienneté,  elle  joint  celui  d'avoir 
«  comparu  dans  les  reformations  de  la  noblesse  de  cette  province 
«  faites  dans  les  xv*  et  xvi^  siècles,  comparutions  qui,  suivant  les 
«  maximes  de  la  même  province,  suffisent  pour  marquer  le  rang  des 
cf  maisons  qui  ont  été  comprises  dans  l'ordre  de  la  bonne  noblesse. 
«  Elle  s'est  partagée  dès  le  xiii*  siècle  en  diverses  branches  dont  la 
((  jonction  n'est  point  prouvée.  Celle  des  seigneurs  de  Chevigné, 
«  qui  était  l'aînée,  a  lormé  des  alliances  avec  les  maisons  de  Mont- 
«  bourcher  et  de  Châteaugiron  et  s'est  éteinte  avant  1420.  D'autres  ont 
«  donné  un  grand  nombre  de  sujets  distingués  par  leur  fidélité  à  leurs 
((  souverains  et  par  leurs  services  dans  leurs  armées  tels  que  :  Samson 
«  de  Chevigné,  qui  servait  en  qualité  d'écuyer  dans  la  compagnie 
Cf  d'Alain  de  la  Houssaye,  en  1373;  Guillaume  de  Chevigné,  cheva- 
«  lier,  l'un  de  ceux  qui  en  1379  firent  une  association  en  faveur  du 
«  duc  Jean  IV  pour  empêcher  l'invasion  du  Duché  ;  Gayot  de  Che- 
«  vigne,  l'un  des  écuyers  de  la  compagnie  de  Bertrand  de  Dinan, 
«  maréchal  de  Bretagne  en  1424  ;  Guillaume  de  Chevigné,  homme 
«  d'armes  de  celle  de  Louis  de  Beauvau,  sénéchal  d'Anjou  en  1450  ; 
«  Jean  de  Chevigné,  qui  servait  en  14o4  à  la  garde  de  la  ville  de  Brest  ; 
«  et  Guillaume  de  Chevigné,  capitaine,  c'est-à-dire  gouverneur, 
«  d'Auray  en  1464.  La  branche  qui  fait  le  sujet  de  ce  mémoire  paraît 
«  avoir  pour  auteur  Morin  de  Chevigné,  qualifié  varlet  dans  un  acte 
«  de  1298,  lequel  épousa  Jeanne  des  Forges,  dame  de  Liessart;  mais 
«  elle  n'établit  sa  filiation  que  depuis  Girard  de  Chevigné,  premier 
«  du  nom,  écuyer,  Sgr  de  Liessart,  nommé  dans  des  actes  de  1370  et 
«  1373,  lequel  mourut  au  mois  de  janvier  1407  laissant  d  Henriette 
«  de  Chasteigner,  de  l'ancienne  maison  de  ce  nom,  en  Poitou,  Girard 
«  de  Chevigné,  deuxième  du  nom,  Sgr  de  la  même  terre  de  Liessart 
«  et  de  celle  d'Anetz,  qui  fut  compris  dans  la  réformation  de  la 
a  noblesse  de  cette  dernière  terre  en  1427...  »  Dans  une  lettre 
adressée  au  comte  du  Muy  à  la  date  du  4  septembre  1774,  Chérin 
dit  encore  de  la  maison  de  Chevigné  que  :  «  ses  services  et  ses 
«  alliances  ont  un  caractère  de  distinction  marqué  ». 

Comme  on  l'a  vu  plus  haut  la  maison  de  Chevigné  s'était  partagée 
au  moyen  âge  en  plusieurs  branches  dont  on  connaît  mal  le  point  de 
jonction. 

La  branche  aînée  était  représentée  dans  la  seconde  moitié  du 
xv^  siècle  par  Guillaume  de  Chevigné,  mentionné  plus  haut,  qui  fut 
gouverneur  d'Auray  en  1464.  Ce  gentilhomme  laissa  un  fils,  dernier 
représentant  de  sa  branche,  qui  porta  l'oriflamme  à  la  bataille  de 
Pavie,  en  1525,  et  dont  la  fille  se  maria  dans  la  maison  deBeaucaire. 

La  seconde  branche,  aujourd'hui  seule  existante,  fut  maintenue  dans 


310  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

sa  noblesse  d'extraction  par  arrêt  du  o  décembre  1668.  Son  chef, 
Christophe  de  Chevigné,  chevalier,  Sgr  de  la  Sicaudais,  en  la  paroisse 
d'Arthon,  au  diocèse  de  Nantes,  fut  nommé  chevalier  de  l'Ordre  du 
Roi  par  brevet  du  14  mars  loTO.  De  son  mariage  avec  Claude  le  Bou- 
teiller,  il  laissa  deux  lils  :  1°  Arthur  de  Chevigné,  chevalier,  Sgr  de 
la  Sicaudais,  marié  en  1594  à  Aliénor  Gautier,  dont  la  descendance 
s'éteignit  avec  Louis  de  Chevigné,  chevalier,  marié  en  1739  à  Anne 
de  Cadaran,  et  avec  sa  fille  unique  mariée  dans  la  famille  deTressay  ; 
2°  René  de  Chevigné,  chevalier,  Sgr  du  BoischoUet,  en  la  paroisse 
de  Saint-Aignan,  qui  épousa  Guyonne  de  la  Boucherie  par  contrat 
du  23  janvier  1595.  Les  trois  fils  de  ce  dernier,  Pierre,  Christophe  et 
Henri,  furent  les  auteurs  de  trois  grands  rameaux. 

Pierre  de  Chevigné,  auteur  du  premier  rameau,  fut  seigneur  de 
1  Hébergement  et  épousa  Olympe  Goheau  par  contrat  du  21  dé- 
cembre 1637  Son  arrière-pelit-fils,  Anne-Jean-Baptisle  de  Chevigné, 
chevalier,  Sgr  de  l'Hébergement,  de  Saint-Thomas,  etc.,  né  à  Nantes 
en  1722,  capitaine  d  infanterie,  marié  en  1744  à  Marie-Lucrèce  Luzeau 
de  la  Touchelais,  en  eut  trois  fils  :  1°  Arthur-Luc,  né  en  1747,  connu 
sous  le  titre  de  marquis  de  Chevigné,  sous  lequel  il  fut  admis  aux 
honneurs  de  la  Cour  le  11  avril  1786,  dont  le  fils,  Arthur-François, 
marquis  de  Chevigné,  né  en  1796  ù  Berbiguières,  en  Périgord,  marié 
en  1834  à  M"*  de  Saisscval,  décédé  à  Paris  en  1879,  reçut  le  titre 
héréditaire  de  vicomte,  sur  institution  d  un  majorât  en  rentes,  par 
lettres  patentes  du  26  mai  1827,  et  dont  le  petit-fils,  Louis-Xavier, 
marquis  de  Chevigné,  n'a  pas  eu  d'enfants  de  son  mariage,  en  1882, 
avec  M'"^  de  Campagne  ;  2°  Jacques-Antoine,  vicomte  de  Chevigné, 
admis  aux  honneurs  de  la  Cour  le  29  avril  1785,  qui  épousa  la  com- 
tesse de  Nadaillac,  née  Barrai,  et  qui  ne  laissa  qu'une  fille  naturelle, 
M"^  Guillcmau  ;  3"  Louis,  comte  de  Chevigné,  né  en  1758,  conseiller 
général  de  la  Loire-Inférieure,  colonel  de  la  division  royaliste  de  la 
Loire -Inférieure  en  1815,  qui  a  laissé  une  nombreuse  postérité  de  son 
mariage  avec  M"*  Gaudin  de  la  Bérillais.  Un  des  pptits-fils  de  ce 
dernier,  le  comte  Olivier  de  Chevigné,  né  en  1837,  a  été  secrétaire 
particulier  de  M.  le  comte  de  Ciiambord. 

L'auteur  du  second  rameau  ^  Christophe  de  Chevigné,  Sgr  de  Bois- 
choUet, épousa  le  16  avril  1635  Renée  le  Febvre.  Sa  descendance 
s'est  éteinte  en  la  personne  de  trois  frères  :  1°  Augustin-René,  comte 
de  Chevigné  du  BoischoUet,  né  en  1737,  page  du  Roi  en  1753,  maré- 
chal de  camp  en  1788,  général  de  division  en  1792,  suspendu  comme 


'  Ce  rameau  serait  laine  d'après  Saint-Allais  qui  a  donné  une  généalogie  de  la 
maison  de  Chevigné  dans  son  Sobiliaire  Universel. 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  311 

noble  l'année  suivante,  qui  mourut  à  Nantes  en  1805  sans  avoir  eu  d'en- 
fants de  son  mariage,  en  1773,  avec  la  marquise  de  Bragelongne,  née 
Titon  de  Villegenon  ;  2°  Hilarion-François  de  Chevigné,  né  à  l'Héber- 
gement en  1746,  évêque  de  Séez,  décédé  à  Nantes  en  1812,  qui  fut 
créé  baron  de  l'Empire,  par  lettres  patentes  du  18  mars  1809,  avec 
faculté  de  transmettre  son  titre  à  un  de  ses  neveux  ;  3°  Aimé-Pascal, 
comte  de  Chevigné,  marié  à  M'"^  de  Causans,  dont  la  fdle  unique 
épousa  en  1830  le  marquis  de  Gras  de  Preigne. 

L'auteur  du  troisième  rameau,  Henri  de  Chevigné,  Sgr  de  Preigné, 
épousa  le  30  janvier  1645  Louise  Louer,  qui,  étant  veuve,  fut  main- 
tenue dans  sa  noblesse  le  24  septembre  1667  avec  ses  deux  fils,  Henri 
et  Pierre,  par  jugement  de  M.  de  Barentin,  intendant  de  Poitiers. 
L'aîné  de  ces  lils,  Henri  de  Chevigné,  Sgr  de  Preigné,  épousa  le 
2  septembre  1675  Marguerite  Fumée,  héritière  de  la  seigneurie  de  la 
Grassière.  Son  petit-fils,  Joseph-Alexandre  de  Chevigné,  Sgr  de  la 
Grassière,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  Poitou. 
On  trouvera  dans  le  Nouveau  d" Hozier  les  preuves  de  noblesse  qu'il 
avait  faites  en  1760,  1764  et  1767  pour  obtenir  l'admission  à  l'École 
militaire  de  trois  de  ses  fils,  Alexandre-Louis,  Louis-Augustin  et  Louis- 
Jean  de  Chevigné  de  la  Grassière,  tous  trois  nés  au  diocèse  de  Luçon. 
L'un  de  ces  trois  frères,  Louis-Augustin,  comte  de  Chevigné,  épousa 
M*'^  du  Chaffault  qui  mourut  dans  les  prisons  du  Mans  pendant  la 
Terreur,  Il  en  eut  une  fille,  M™^  Urvoy  de  Saint-Bédan,  et  un  fils, 
Louis-Joseph,  comte  de  Chevigné,  né  à  la  Grassière  en  1793,  décédé 
en  1876,  qui  fut  un  poète  distingué,  auteur  des  célèbres  Contes 
rémois.  Louis-Joseph  de  Chevigné  fut  le  dernier  représentant  de  son 
rameau;  il  s'était  fixé  à  Reims  après  le  mariage  qu'il  contracta  avec 
M"®  Clicquot,  une  des  plus  riches  héritières  du  grand  commerce  de 
cette  ville.  Il  n'eut  qu'une  fille,  la  comtesse  Louis  de  Mortemart, 
décédée  en  1877,  qui  laissa  elle-même  une  fille  unique.  M'"''  la 
duchesse  douairière  d'Uzès. 

La  maison  de  Chevigné  a  fourni,  en  dehors  des  personnages 
mentionnés  au  cours  de  cette  notice,  un  grand  nombre  d'officiers 
distingués,  dont  plusieurs  ont  été  tués  à  l'ennemi,  des  pages  des 
rois  de  France,  etc. 

On  trouvera  un  résumé  très  complet  de  sa  généalogie  dans 
V Annuaire  de  la  noblesse  de  1900. 

Principales  alliances  :  de  Montbourcher,  de  Chateaugiron,  de 
Clisson,  de  Rosmadec,  de  Goulainc,  Hay  1456,  de  Chasteigner,  de 
l'Esperonnière  1505,  de  la  Tousche-Limousinière  1528,  1611,  le  Bou- 
teiller,  de  Cadaran  1739,  de  la  Boucherie  1595,  Boux  1667,  de  Bar, 
d'Aymar  de  Châteaurenard,  de  Biré,  de  Barrai,  de  Coustin  de  Bour- 


312  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

zolles,  de  Ferrières  1812,  de  Saisseval  1834,  de  la  Rochefontenilles- 
Rambures  1859,  de  Sainte-Aldegonde  1863,  1876,  de  laBorie  de  Cam- 
pagne 1882,  de  Bouille  1846,  de  Lestang  1850,  de  Croy-Solre  1887,  de 
Durfort-Civrac  1869,  de  Sade  1877,  Hurault  de  Vibraye  1863,  deForbin 
des  Issarts  1889,  de  Reviers  de  Mauny  1887,  du  Chalïault,  Urvoy  de 
Saint-Bedan,  de  Rochechouart-Mortemart  1839,  de  Vincens  de  Cau- 
sans,  de  Gras  de  Preigne  1830,  Espivent  de  la  Villeboisnet  1789,  de 
la  Tousche  d'Avrigny  1900,  etc. 

CHEVIGNY  (de  Boissonneaux  de)  Voyez  :  Boissonxeaux  de  Chevigny  (de). 

CHEVILLY  (Hatte  de).  Voyez  :  Hatte  de  Chevilly. 

CHEVILLY   d'Humilly  de).  Voyez  :  Hcmilly  de  Chevilly  (d). 

CHEVREAU-CHRISTIANI.  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries 
du  2o  juin  1840)  :  pai'ti  :  d'or  à  trois  chevrons  d'azur  et  de  gueules  à 
Vépée  en  pal  d'argent. 

Louis-Joseph  Christiani  était  négociant  à  Strasbourg  dans  la 
seconde  moitié  du  xviii*  siècle.  Il  laissa  plusieurs  fils.  L'un  de  ces 
fils,  Henri  Christiani,  né  à  Strasbourg  en  1760,  professeur  de  droit 
public  et  d'histoire,  membre  du  directoire  de  Strasbourg  en  1791, 
fut  élu  l'année  suivante  député  du  Bas-Rhin  à  la  Convention  où 
il  siégea  parmi  les  modérés.  Un  autre,  Charles-Joseph  Christiani,  né 
à  Strasbourg  en  1772,  général  de  brigade,  inspecteur  général 
de  l'infanterie,  oflicier  de  la  Légion  d'honneur,  chevalier  de  Saint- 
Louis,  décédé  en  1840,  fut  créé  baron  de  l'Empire  par  lettres 
patentes  du  14  février  1810.  Le  général  baron  Christiani  n'eut  pas 
d'enfants  du  mariage  qu'il  contracta  avec  Marie-Antoinette  Pislorius, 
décédée  en  1857,  qui  était  veuve  en  premières  noces  de  Nicolas- 
Michel  Chevreau,  capitaine.  Mais  il  adopta  son  beau-fils,  Jacques- 
Oscar  Chevreau,  né  à  Strasbourg  en  1812.  Celui-ci  fut  confirmé  dans 
la  possession  du  titre  de  baron  Christiani  par  lettres  patentes  du  roi 
Louis-Philippe  du  25  juin  1840,  obtint  en  même  temps  le  règlement 
de  ses  armoiries,  fut  plus  tard  procureur  impérial  et  chevalier  de 
la  Légion  d'honneur  et  mourut  à  Paris  en  1895  laissant  deux  fils  de 
son  mariage  avec  M"*  Arséneieff,  décédée  en  1893.  Le  second  de 
ces  fils,  le  baron  Fernand  Christiani,  a  été  mêlé  en  1899  à  un  procès 
politique  retentissant. 

CHEVREAU. 

La  famille  Chevreau  est  originaire  du  Poitou  où  elle  était  honora- 
blement connue  au  xviii^  siècle. 
Elle  est  peut-être    une   branche   de   celle  qui    fut  illustrée    au 


DICTIONNAIRF     DES    FAMILLRS    FRANÇAISES  313 

XVII*  siècle  par  Urbain  Chevreau,  né  à  Loudiin  en  1613,  fécond  litté- 
rateur, secrétaire  des  commandements  de  la  reine  de  Suède  Chris- 
tine, précepteur  du  duc  du  Maine,  décédé  dans  sa  ville  natale  le 
13  février  1701. 

Jean-Henri  Chevreau,  né  en  1794  à  Airvault  (Deux-Sèvres),  profes- 
seur distingué,  décédé  à  Nantes  en  1854,  fut  élu  en  1852  député  de 
l'Ardèche.  Il  laissa  une  fille,  la  comtesse  Bégouen,  et  deux  fils, 
Henri  et  Léon  Chevreau,  qui  eurent  une  brillante  carrière  politique. 
Henri  Chevreau,  né  en  18:13  à  Belleville,  près  de  Paris,  fut  sénateur 
en  1865,  puis  ministre  de  Napoléon  III;  il  a  laissé  une  fille,  mariée 
au  baron  Gourgaud,  et  un  fils,  Urbain,  qui  a  été  créé  comte  romain 
par  bref  de  1891  à  l'occasion  de  son  mariage  avec  M"®  de  Cholet.  Son 
frère,  Léon  Chevreau,  né  à  Saint-Mandé  en  1827,  décédé  en  1910,  fut 
préfet  de  police  sous  Napoléon  III,  puis  député  de  l'Oise  et  comman- 
deur de  la  Légion  d'honneur.  De  son  mariage  avec  M"^  Elisabeth 
Alisse,  il  a  eu  une  fille  unique  mariée  en  1881  à  M.  Ladislas  de  Kro- 
nenberg  et  mère  de  la  comtesse  Joseph  de  Maistre. 

Il  a  existé  en  Poitou  plusieurs  autres  familles  distinguées  du  nom 
de  Chevreau.  La  plus  marquante  de  ces  familles  portait  pour  armes  : 
de  gueules  àun  chevron  d' or  accompagné  de  deitx  étoiles  d'argent  en 
chef  et  d'un  chevreau  de  même  en  pointe.  On  trouvera  sur  elle  des  ren- 
seignements dans  le  Cabinet  d'Hozier  et  dans  le  Diclio7inaire  histo- 
rique et  généalogique  des  familles  du  Poitou.  Mathieu  Chevreau, 
auquel  ce  dernier  travail  fait  remonter  la  filiation  suivie,  fut  procureur 
du  Roi  au  siège  de  Loudun  et  mourut  en  1023.  Il  laissa  deux  fils.  Laine 
de  ces  fils,  Charles  Chevreau,  président  au  bailliage  de  Loudun, 
intendant  de  l'abbaye  de  Fontevrault,  fut  anobli  par  letttres  patentes 
d'avril  1648  ;  sa  descendance  s'éteignit  avec  son  arrière-petite-fille, 
Françoise-Claire,  dame  de  la  Guérinière,  mariée  en  1717  à  Louis- 
Melchior  de  Razilly,  chevalier.  François-Odet  Chevreau,  second  fils 
de  Mathieu,  d'abord  président  au  grenier  à  sel  de  Cholet,  puis  inten- 
dant du  duc  de  Roannais,  acquit  le  24  mai  1656  la  charge  anoblis- 
sante de  secrétaire  du  Roi  et  épousa  l'année  suivante  Catherine 
Syonnière,  fille  d'un  élu  en  l'élection  de  Rozoy-en  Brie.  Un  de  ses  fils, 
Joseph-François  Chevreau,  Sgr  d'Ancourt,  fut  trésorier  de  France  au 
bureau  des  finances  de  Toulouse.  Un  autre,  Odet  Chevreau,  Sgr  de 
Bois-Sablon,  né  à  Paris  en  1672,  chevalier  de  Saint-Louis,  fut  maintenu 
dans  sa  noblesse  le  30  décembre  1700  par  jugement  de  Phélyppeaux, 
intendant  de  Paris;  il  fut  le  grand-père  de  Joseph-François  Chevreau, 
Sgr  de  Boissablon  et  de  Vaudouleurs,  né  en  1741,  qui  prit  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Étampes  et  qui  paraît  avoir 
été  le  dernier  représentant  de  sa  famille. 


3t4  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

CHEVRELde  FRILEUSE.  Armes  :  de  gueules  au  chef  d'argent  ;  au  lion 
d'or  brochant  sur  le  tout. 

On  trouvera  sur  la  famille  Chevrel  de  Frileuse  beaucoup  de  rensei- 
gnements dans  les  Documents  généalogiques  d après  les  registres  des 
paroisses  d'Alençon  publiés  en  1907  par  le  comte  de  Souancé. 

\icolas  Chevrel,  procureur  au  Parlement  de  Paris,  fit  enregistrer 
son  blason  à  lArmorial  général  de  1696  :  parti  :  au  1  d'or  à  une  chèvre 
rampante  et  contournée  de  sable;  au  2  d'azur  à  un  demi-vol  d'argent 
et  un  chef  de  sable  brochant  sur  le  parti.  Il  avait  épousé  Marie  de 
Lépine.  Leur  fils,  Nicolas  Chevrel,  avocat  au  Parlement,  conseiller 
du  Roi,  receveur  au  grenier  à  sel  d'Alençon,  épousa  dans  cette  ville, 
le  4  mars  1710,  Françoise  de  Villebois,  fille  d'un  conseiller  du  Roi,  tré- 
sorier de  France  au  bureau  des  finances  et  chambre  des  domaines. 
Cette  dame  est  vraisemblablement  la  même  qu'une  M""*  Chevrel, 
d'Alençon,  de  la  religion  prétendue  réformée,  qui,  d'après  la  France 
protestante,  fut  enlevée  par  ordre  avec  ses  deux  filles  en  1730.  Son 
mari,  Nicolas  Chevrel,  fut  dans  la  suite  conseiller  du  Roi,  trésorier  de 
France  au  bureau  des  finances  d'Alençon,  grand  voyer  de  Normandie 
et  fut  anobli  par  ses  fonctions.  Son  fils,  Nicolas-François  Chevrel, 
baptisé  à  Alençon  le  20  octobre  1711,  eut  pour  parrain  Nicolas  Che- 
vrel, procureur  au  Parlement  de  Paris.  Il  fut  plus  tard  sieur  de  Fri- 
leuse, président  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances  et 
chambre  des  domaines,  épousa  Françoise-Renée  de  Culant  et  fut 
inhumé  le  19  avril  1769  en  l'église  Saint-Léonard  d'Alençon. 

La  famille  Chevrel  de  Frileuse  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  de  Culant,  de  Tilly  1781,  de  Faudoas- 
Sérillac,  Senot  de  la  Londe  1872,  de  Lamolère  1876,  de  Gillebert 
d'Haleine,  etc. 

Il  existait  au  xvii*  siècle  au  diocèse  de  Rennes,  en  Bretagne,  une 
famille  Chevrel  qui  possédait  une  seigneurie  de  Beaumanoir  et  qui 
portait  pour  armes  :  d'or  fretté  dazur.  Les  représentants  de  cette 
famille  furent  déboulés  de  leurs  prétentions  nobiliaires  par  arrêt  du 
12  septembre  1668. 

CHEVRELIÉRE  (Aymé  de  la).  Voyez  :  Aïmé  et  Aymé  d'Aquin  et  de  la 

Chevrelière. 

CHEVREUL. 

La  famille  Chevreul,  d'ancienne  et  honorable  bourgeoisie,  est  ori- 
ginaire de  l'Anjou. 

Elle  a  été  illustrée  par  Michel  Chevreul,  né  à  Angers  en  175i,  chi- 
rurgien du  plus  grand  mérite,  membre  de  l'Académie  de  médecine 


l)ir/riONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  315 

en  1825,  décédé  en  1845,  et  surtout  par  le  grand  savant,  Michel- 
Eugène  Chevreul,  Hls  du  précédent,  né  à  Angers  en  1786,  membre 
de  l'Académie  des  sciences  en  1826,  directeur  du  Muséum  d'histoire 
naturelle  jusqu'en  1879,  grand-croix  de  la  Légion  d'honneur  en  1875, 
mort  centenaire. 

Principales  alliances  :  le  Compasseur  de  Crèqui-Monllort  de  Cour- 
tivron  1881,  Languet  de  Sivry,  Mégret  de  Devise  1906,  Petit  de  Leu- 
deville  1909,  de  Champ,  etc. 

CHEVREUSE  (d'Albert  de  Luynes  de).  Voyez  :  Albert  de  Luynes,  de  Che- 

VREUSE  KT  DE  ChAULNES  (d'). 

CHEVREUSE  (Jacquesson  de  la).  Voyez  :  Jacquesson  de  la  Chevreuse. 

CHEVREUSE  (de),  en  Angoumois  et  en  Poitou.  Armes  :  de  gueules  à  un 
sautoir  d'or,  ccmtonné  de  quatre  quinte  feuille  s  (ou  molettes)  du 
même  ;  au  lambel  de  trois  pendants  aussi  du  même. 

La  vallée  de  Chevreuse,  située  dans  l'Ile-de-France,  avait  au 
moyen  âge  des  seigneurs  fort  puissants  à  la  famille  desquels  elle 
donna  son  nom.  Ces  seigneurs  portaient  pour  armes  :  <X  argent  à  une 
croix  de  gueules  cantonnée  de  quatre  lionceaux  d'azur.  Le  Père 
Anselme  mentionne  un  Million  de  Chevreuse  qui  fut  témoin  d'une  charte 
de  confirmation  donnée  par  le  roi  Robert  le  4  février  1029.  Guy  IH, 
sire  de  Chevreuse,  assista  en  1191  à  la  prise  de  Saint-Jean-d'Acre. 
On  admet  généralement  que  la  famille  des  seigneurs  primitifs  de 
Chevreuse  s'éteignit,  au  moins  dans  sa  ligne  directe,  vers  le  milieu 
du  XIV*  siècle  dans  la  maison  de  Montmorency.  On  ignore  si  c'est  à 
cette  famille  que  l'on  doit  rattacher  un  Pierre  de  Chevreuse,  cheva- 
lier, sire  de  Chevreuse,  trésorier  de  France,  maître  d  hôtel  du  Roi, 
qui  donna  des  quittances  le  6  avril  1363  et  le  31  mai  1375.  Le  sceau 
de  ce  personnage  porte  des  armoiries  qui  rappellent  beaucoup  celles 
de  la  famille  de  Chevreuse  actuellement  existante  :  un  sautoir  can- 
tonné de  quatre  trèfles  (ou  quatre  roses)  et  chargé  d'un  lambel.  La 
baronnie  de  Chevreuse  fut  érigée  en  duché  en  1545  en  faveur  de  Jean 
de  Brosse,  duc  d'Etampes,  et  de  sa  femme,  Anne  de  Pisseleu.  Cette 
érection  fut  confirmée  en  1555  en  faveur  du  cardinal  de  Lorraine, 
archevêque  de  Reims.  On  sait  que  Marie  de  Rohan,  veuve  du  conné- 
table de  Luynes,  se  remaria  en  1622  à  Claude  de  Lorraine,  duc  de 
Chevreuse,  recueillit  à  la  mort  de  celui-ci  le  duché  de  Chevreuse  et 
le  transmit  à  son  lils  du  premier  lit,  le  second  duc  de  Luynes,  dont 
la  descendance  le  possède  encore. 

La  famille  de  Chevreuse  qui  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours  est 
honorablement  connue  depuis  le  commencement  du  xvi*  siècle  dans 


316  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

la  noblesse  de  l'Angoumois  ;  une  tradition  constante,  mais  qui  ne 
sappuie  sur  aucune  preuve,  la  fait  descendre  de  celle  des  sires  de 
Chevreuse,  dans  l'Ile-de-France,  mentionnés  plus  haut.  On  trouvera 
sur  elle  des  renseignements  dans  le  Nobiliaire  du  Limousin  de 
Nadaud,  dans  le  Dictionnaire  historique  et  généalogique  des 
familles  du  Poitou  de  Beauchet-Filieau,  dans  VAnnuaire  de  la 
noblesse  de  1890,  etc.  On  trouvera  aussi  dans  les  manuscrits  de  Ché- 
rin,  au  Cabinet  des  Titres,  les  preuves  de  noblesse  qu'un  de  ses 
membres,  Gabriel  de  Chevreuse,  né  en  1770  au  diocèse  d'Angoulême, 
fit  en  1787  pour  être  promu  au  grade  de  sous-lieutenant. 

La  famille  de  Chevreuse,  en  Angoumois,  a  pour  premier  auteur 
connu  Antoine  de  Chevreuse,  écuyer,  Sgr  de  la  Motte-Caille,  qui 
avait  épousé  Anne  de  Beluzier  et  dont  les  deu.x  fils,  Martial  et  Jean, 
partagèrent  la  succession  par  acte  du  14  octobre  1518.  Ces  deux 
frères  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Martial  de  Chevreuse,  écuyer,  Sgr  de 
la  Motle-Caille  et  des  Forges,  épousa  Françoise  de  Chemisson  par 
contrat  du  9  février  1506  et  fit  son  testament  le  2  décembre  1548.  Sa 
descendance  posséda,  entre  autres  biens,  la  seigneurie  du  Vallon, 
ou  des  Vallons,  en  la  paroisse  dEscuras,  dans  lélection  d'Angou- 
lême, fut  maintenue  dans  sa  noblesse,  d'abord,  lors  de  la  recherche 
de  1660,  par  jugement  de  >L  d'Aguesseau,  intendant  de  Limoges, 
puis  par  jugement  du  13  janvier  1704  et  parait  s'être  éteinte  avec 
M.  de  Chevreuse,  chevalier,  Sgr  du  Vallon,  qui  prit  part  en  1789  aux 
assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Angoulême. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Jean  (aliàs  Pierre)  de  Chevreuse, 
écuyer,  Sgr  de  Montizon,  transigea  le  31  aoiU  1534  avec  Godefroy 
Chasleigner,  Sgr  du  Lindois.  On  ignore  le  nom  de  sa  femme.  Son  fils, 
François  de  Chevreuse,  écuyer,  Sgr  de  Montizon,  épousa  Françoise 
de  Lavault  par  contrat  du  15  janvier  15i0.  Ayant  été  inquiété  dans 
sa  noblesse  par  les  habitants  de  la  paroisse  de  Roussines  à  cause  de 
sa  qualité  de  maître  de  forges,  il  se  fit  reconnaître  comme  gentil- 
homme par  sentence  des  élus  d'Angoulême  du  31  octobre  1556.  11 
laissa  plusieurs  fils.  L'un  de  ceux-ci,  Jacques  de  Chevreuse,  marié  à 
Jeannette  de  Marcirion,  en  eut.  entre  autres  enfants,  deux  fils,  Jean 
et  Jacques,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

L'auteur  du  premier  rameau,  Jean  de  Chevreuse,  Sgr  de  Tourleron, 
épousa  en  1609  Jeanne  de  Chièvres,  veuve  deSiméon  de  laQuintinic. 
Leur  fils,  Annet,  marié  en  1651  à  sa  cousine,  Françoise  de  Chièvres, 
abjura  cette  même  année  la  religion  protestante.  Il  fut  maintenu  dans 
sa  noblesse  le  11  octobre  1608  par  jugement  de  M.  d'Aguesseau, 
intendantde  Limoges,  puis  le  :26  juin  1670  par  jugement  de  M.  Rouillé 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  317 

(lu  Coudray,  intendant  (le  Poitiers.  Un  de  ses  descendants,  Alexandre 
de  Chevreuse,  chevalier,  Sgr  de  Logeât,  prit  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  tenues  à  Angoulême.  Un  autre,  Louis  de  Che- 
vreuse,  né  en  181 't  à  Thorigné  (Deux-Sèvres),  se  signala,  malgré  sa 
jeunesse,  dans  l'insurrection  vendéenne  de  1832  et  prit  part  à  l'hé- 
roïque combat  de  la  Pénissière.  On  ignore  s'il  s'est  marié  et  s'il  a  eu 
postérittv 

L'autour  du  second  rameau,  Jacques  de  Ghevreuse,  écuyer,  Sgr  de 
l'Estang,  épousa  le  2o  juillet  1605  Jeanne  de  Montvollent.  Ses  des- 
cendants furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le  5  mai  1699  et  le 
11  mai  1"  lo  par  jugements  successifs  de  ]MM.  de  Maupeou  et  Quentin 
de  Richebourg,  tous  deux  intendants  de  Poitiers.  Le  chef  de  ce 
rameau,  Jean  de  Ghevreuse  écuyer,  Sgr  de  Salignac  et  de  Guidiers, 
en  la  paroisse  de  Coutures,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  du  Poitou.  Il  mourut  en  1827  laissant  une  tille,  la  marquise  de 
Moneys  dOrdières,  décédée  à  Goutures  en  1852,  qui  paraît  avoir  été 
la  dernière  représentante  de  ce  rameau. 

La  famille  de  Ghevreuse  a  fourni  des  officiers  distingues. 

Principales  alliances  :  de  Lubersac  1638,  de  Mascureau  1612,  de 
Ghièvres  1607,  1651,  1681,  de  Pons,  de  Boisse,  d'Anché  1674,  de 
Barbezièresl773,  de  Villedon  1642,  de  Ponthieu  1667,  Préveraud  de 
Sonneville  vers  1740,  d'Asnières  vers  1774,  de  Moneys  d'Or- 
dières,  de  Ghergé  1817,  etc. 

CHEVREUX  d  AGEL. 

Famille  de  haute  bourgeoisie  qui  joint  à  son  nom  celui  de  son 
domaine  d'Agel,  dans  l'Hérault. 

11  a  existé  en  Angoumois  et  en  Poitou  une  famille  de  Ghevheux  qui 
portait  pour  armes  :  d'azicj'  à  une  chèvre  passante  d'argent,  accom- 
pagnée de  deux  étoiles  du  même,  une  en  chef,  l'autre  en  pointe.  On 
trouvera  dans  le  Cabinet  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  qu'un 
membre  de  cette  famille,  Jean  de  Ghevreux  de  Lascoux,  né  en  1737, 
fit  sous  Louis  XV  pour  être  admis  parmi  les  pages  de  la  Reine. 

CHEVRIERS  (Fischer  de).  Voyez  :  Fischer  de  Ghevriers. 

CHEVRIGNY  (du  Temple  de;.  Voyez  :  Temple  de  GhevigiW  et  de  Rouge- 
mont  (de)  . 

CHEVRON  VILLETTE  /'de).  Armes  :  à' azur  à  un  chevron  d'or  chargé 
d'un  chevron  de  gueules  et  accompagné  de  trois  lionceaux  d' or ,  deux 
en  chef  affrontes  et  un  en  pointe.—  Gouronne  ;  de  Comte  —  Gimier  : 
un  bouc,  ou  chevron,  issant  de  sable,  accolé  d'une  couronne  ducale. 
Devise  :  In  arduis.  —  Autre  devise  :  Altissima  quœro. 


318  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  maison  .de  Chevro.n-Villette  est  à  la  fois  une  des  plus 
antiques  etunedes  plus  illustres  delanoblesse  de  Savoie.  On  lui  a  attri- 
bué le  pape  Nicolas  II,  élu  au  concile  de  Sienne,  le  28  décembre  1058, 
couronné  le  18  janvier  1059,  décédé  en  1061.  M.  de  Foras,  qui  a 
donné  dans  son  Armoriai  de  la  noblesse  de  Savoie  une  très 
intéressante  généalos^ie  de  la  maison  de  Chevron-Villette,  fait 
judicieusement  observer  que  Ihistoire  de  ce  pontife  antérieurement 
à  son  avènement  est  à  peu  près  inconnue  et  que  l'on  sait  seulement 
quil  avait  le  prénom  de  Gérard,  quil  était  allobroge,  ou  bourguignon, 
et  qu'il  était  évêque  de  Florence. 

La  maison  de  Chevron-Villette  paraît  avoir  eu  pour  berceau  la 
baronnie  de  Villette,  située  en  Tarentaise.  Les  premiers  degrés  de  sa 
généalogie  sont  fort  embrouillés.  Des  preuves  de  noblesse  faites  en 
1770  devant  la  Chambre  des  comptes  de  Turin  en  font  remonter 
la  fdiation  à  un  Tliibaud  de  Villette  qui  vivait  en  1150  et  dont  les 
deux  llls,  Guillaume  et  llumbert  de  Villette,  auraient  épousé  en  1189 
deux  sœurs,  Wilhelmine  et  Julienne  de  Chevron,  dernières  représen- 
tantes de  leur  maison  et  héritières  de  la  seigneurie  de  leur  nom,  une 
des  quatre  anciennes  baronnies  de  la  Savoie.  D'autre  part,  le  comte 
de  Foras,  dont  le  travail  a  été  composé  à  l'aide  des  archives  du  châ- 
teau de  Giez,  près  de  Faverges,  possédé  depuis  six  cents  ans  par  les 
Chevron-Villette,  fait  remonter  la  fdiation  à  Humbert  de  Chevron,  dit 
de  Villette,  un  des  deux  frères  mentionnés  plus  haut,  qui  est  cité 
dans  des  actes  des  années  1 191  et  1197.  D'après  de  vieilles  généalogies 
ce  seigneur  aurait  épousé  Béatrix,  dame  de  Giez  ;  d'après  d'autres  il 
aurait  épousé  Julienne,  héritière  de  la  baronnie  de  Chevron.  On  en  a 
fait,  mais  sans  aucune  preuve  à  l'appui,  le  fils  d'un  gentilhomme 
appelé  Thibaud  qui  aurait  eu  lui-même  un  père  appelé  Amédée.  On 
ignore  son  degré  de  parenté  avec  un  Pierre  de  Chevron  qui,  en  1132, 
fit  avec  ses  frères  donation  àl'ovêque  de  Tarentaise  des  terrains  des- 
tinés à  la  fondation  de  labbaye  de  Tamié.  Humbert  laissa  un  fils, 
Humbert  II  de  Chevron-Villette,  chevalier,  Sgr  de  Giez,  de  Chevron, 
de  Montmeillour,  etc.,  qui  fit  en  1247  une  donation  à  l'abbaye  de  Tamié 
et  qui  fit  son  testament  le  16  décembre  1248.  Dans  cet  acte 
Humbert  II  cite  sa  femme,  Antoinette  de  la  Chambre.  D'après 
certains  auteurs,  il  aurait  été  bailli  du  Chablais.  Un  de  ses  fils, 
Humbert,  fui  évêque  d'Aostc  en  1263.  Un  autre.  Henri  de  Chevron- 
Villette,  se  rendit  acquéreur  du  vidamat  de  Rumilly.  Ce  dernier 
fut  père  d'Humbert  III,  qui  était  seigneur  de  Chevron  en  1273,  et 
d'Amédée,  Sgr  de  Chevron  et  de  Villette,  qui  fut  substitué  à  son 
frère,  qui  épousa  Philippine  Allamand  et  qui  continua  la  descen- 
dance.   Humbert  IV,  chevalier,  Sgr  de  Chevron,  de  Giez,   de  Vil- 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  319 

letlo,  etc.,  fils  du  précédent,  est  mentionné  dans  un  grand  nombre 
de  chartes  du  commencementdu  xiv'siècle.  Il  fut  père  d'Humbert  V, 
châtelain  d'Évian  en  1342,  qui  épousa  par  contrat  du  13  dé- 
cembre 1328  Analésie,  fdle  unique  du  vidomne  de  Sion,  sur  le  nom 
de  famille  de  laquelle  les  généalogistes  ne  sont  pas  d'accord.  A 
partir  de  ce  contrat  de  1328  la  fdiation  de  la  maison  de  Chevron- 
Villette  est  très  rigoureusement  établie.  Quelques  années  plus  tard, 
en  1335,  le  château  de  Villette  fut  pris  d'assaut  et  démoli  par  Hugues, 
dauphin  de  Viennois,  baron  de  Faucigny.  Humbert  et  Pierre,  cheva- 
liers, fds  d'Humbert  V,  furent  vidomnes  et  sénéchaux  de  Sion,  en 
Valais.  Le  second  d'entre  eux,  Pierre,  qui  continua  la  descendance, 
fit  son  testament  le  28  octobre  1411. 

Rolet  de  Chevron-Villette  figure  au  nombre  des  grands  barons  de 
Savoie  qui  rendirent  hommage  au  Duc  en  1430.  François  de  Chevron- 
Villette,  grand  sénéchal  de  Sion  et  général  des  troupes  suisses 
en  1528,  fut  ambassadeur  du  duc  de  Savoie  auprès  de  la  Cour  de 
France. 

Amédée  de  Chevron,  conseiller  et  maître  d'hôtel,  chambellan 
et  majordome  de  Son  Altesse,  ambassadeur  en  Suisse,  surintendant 
général  des  mines  de  Savoie,  marié  le  22  novembre  1579  à 
Marguerite  de  Pingon,  fut  créé  baron  de  Villette  par  lettres  du 
1"  avril  1604.  C'est  de  lui  que  descendent  les  représentants  actuels. 
Le  chef  de  la  maison  de  Chevron-Villette  portait  au  xviii''  siècle  le 
titre  de  comte  de  Montjoye.  Il  est  aujourd'hui  connu  sous  le  titre  de 
comte  de  Chevron-Villette. 

Charles-Albert,  comte  de  Chevron-Villette,  né  en  1843,  filleul  du 
roi  de  Sardaigne,  marié  en  1875  à  M"*  de  Saint-Charles,  a  été  élu  en 
1873  conseiller  général  du  canton  de  Faverges. 

La  maison  de  Chevron-Villette  a  fourni  un  évoque  d'Aosle  en  1171, 
trois  archevêques  deTarentaise  en  1378,  1483,  1628,  des  ambassa- 
deurs, des  gentilshommes  de  la  chambre  et  des  pages  des  ducs 
de  Savoie  et  des  rois  de  Sardaigne,  des  chevaliers  de  Malte,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Menthon  1550,  1572,  1904,  de  Dam- 
pierre  1804,  d'Angennes  de  Rambouillet  1803,  de  Chabod  1774,  de 
Bellegardel779,Batthyani  1816,  deViryl836,de  Valperga,  duBouéxic 
de  Pinieux  1881,  Patek  de  Prawdzic  1876,  de  Chastellux,  etc. 

CHEVRY  (Langlois  de).  Voyez  :  Langi.ois  de  Chevry. 

CHEYLARD  (Vallentin  du).  Voyez  :  Vallentin  du  Cueïlard. 

CHEYLARD  (du).  Armes  :   d'azur  à  une  bande  d'or  chargée  de  trois 
billeltes  de  gueules  ;  parti  d'argent  à  cinq  mouchetures  d'hermine 


320  DICTIONNAIRE     DES     FAMILI-ES     FRANÇAISES 

de  sable,  3  et  2,  siirmontées  d'un  guidon  d'azur,  emmanché  de 
même  (aliàs  de. sable),  qui  est  de  Baysse.  —  Couronne  :  de  Marquis. 

La  famille  du  Cheylard,  complètement  éteinte  en  1882,  appartenait 
à  l'ancienne  noblesse  du  Vivarais.  Elle  ne  doit  pas  être  confondue 
avec  la  famille  du  Chaylard,  encore  existante,  qui  appartient  à  la 
noblesse  du  Périgord.  M.  Raymond  de  Gigord  en  a  donné  une  généa- 
logie dans  La  noblesse  de  la  sénéchaussée  de  Villeneuve-de-Berg  aux 
États  généraux  de  1789. 

On  trouvera  aussi  dans  les  manuscrits  de  Chérin  la  généalogie 
que  la  famille  du  Cheylard  envoya  au  Cabinet  des  Ordres  du  Roi 
lorsque,  en  1763,  la  marquise  du  Cheylard  sollicita  la  faveur  d'être 
admise  aux  honneurs  de  la  Cour.  Berthier,  chargé  d'examiner  cette 
généalogie,  envoya  en  1763  au  duc  de  Duras  un  rapport  qui  com- 
mence en  ces  termes  :  c(  La  maison  du  Cheylard  paraît  avoir  pris 
«  son  nom  de  la  terre  du  Cheylar,  située  en  Vivarais,  où  elle  est 
«  recommandable  par  son  ancienneté  dans  l'ordre  de  la 
«  noblesse.  La  fdiation  est  établie  depuis  Hébrard  du  Cheylar, 
«  premier  du  nom,  qualifié  chevalier,  lequel  fit  hommage  en  1287  à 
«  Aimar  de  Poitiers,  troisième  du  nom,  comte  de  Valentinois,  de 
«  divers  héritages  et  était  mort  le  12  mai  1308  laissant  pour  fds 
«  Hébrard  du  Cheylar,  deuxième  du  nom,  damoiseau,  lequel  reçut 
«  aveu  en  1304  de  quelques  biens  situés  à  Genestelle,  près  de 
«  Boulogne,  et  rendit  hommage  en  1309  à  la  manière  des  nobles 
«  à  Aimar  de  Poitiers,  comte  de  Valentinois,  du  mas   de  la   Chau, 

«  au  mandement  de  Boulogne »  D'autre  part  Chérin  s'exprime 

en  ces  termes  dans  une  lettre  adressée  au  duc  de  Coigny  le  23  jan- 
vier 1782  :  cf  J'ai  l'honneur  de  vous  envoyer,  en  exécution  de  vos 
«  ordres,  deux  mémoires,  le  premier  sur  la  maison  du  Cheylard, 
«  noblesse  ancienne  et  pure  du  Vivarais,  qui  remonte  sa  filiation  à 
«  Hébrard  du  Cheylard,  chevalier,  vivant  en  1287.  Ce  mémoire  a 
«  été  composé  par  M.  de  Beaujon.  » 

La  famille  du  Cheylard  a  eu  pour  berceau  les  environs  d'Aubenas. 
Le  travail  de  >L  de  Gigord  en  fait  remonter  la  filiation,  mais  sans 
preuves  à  l'appui,  à  un  Raymond  du  Cheylard  qui  vivait  dans  la 
seconde  moitié  du  xiii^  siècle  et  qui  aurait  été  le  père  d'Hébrard  du 
Cheylard,  chevalier,  mentionne  plus  haut.  François  du  Cheylard, 
ou  du  Chailar,  Sgr  d'Aubignaset  en  parlie  de  Saint-Pons,  en  Vivarais, 
marié  le  3  janvier  1665  à  Gabrielle-Marie  de  Blanchard,  fut  maintenu 
dans  sa  noblesse  le  3  janvier  1669  par  jugement  de  M.  de  Bezons, 
intendant  du  Languedoc.  Ce  jugement  fait  remonter  la  filiation  seu- 
lement à  Amédéc  du  Cheylard,  fils  puîné  d'Hébrard,  Sgr  de  Lachamp, 
qui  épousa  le  14  février  1521   Catherine  de  Tholon  et  dont  le  fils. 


IHCTIONNAIHh:     UKS    FAMIM.  KS    FHANÇAISKS  321 

Claude,  Sgrdc  P'cugèi'cs,  épousa  le  12  février  1551  Blanche  Pérot, 
dame  d'Aubignas. 

Jean-Antoine  du  Glieyiard,  Sgr  d'Aubignas,  né  en  1724,  épousa 
en  1747  Marie-Gasparine  de  Grammont- Vachères,  héritière  de  la 
seigneurie  de  CIiàlillon-Guyot,  en  Franche-Comté,  dont  il  obtint 
l'érection  en  marquisat  par  lettres  patentes  de  1754.  Étant  devenu 
veuf  sans  enfants,  il  se  remaria  en  1758  avec  Anne-Claude  de 
Rochechouart.  Ce  fut  celle-ci  qui  sollicita  en  1763  les  honneurs 
de  la  Cour  ;  mais  elle  se  brouilla  sur  ces  entrefaites  avec  la 
marquise  de  Pompadour  et  ne  put  être  présentée  qu'en  17G8.  Le 
marquis  du  Cheylard  mourut  en  1770.  Il  avait  eu  de  sa  seconde 
union  un  fds,  Louis,  né  à  Besançon  en  1764,  dont  il  va  être  parlé, 
et  une  fdle,  Louise-Parfaite,  née  à  Besançon  en  1767,  qui  épousa 
successivement  en  1785  le  marquis  de  Lambertye  et  en  1791  le 
marquis  de  la  Vieuville,  pair  de  France  sous  la  Restauration.  Louis, 
second  marquis  du  Cheylard,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de 
la  noblesse  tenues  à  Villeneuve-de-Berg.  Il  perdit  toute  sa  fortune  à 
l'époque  de  la  Révolution  et  était  simple  receveur  de  l'octroi  à 
Montélimart  quand  il  mourut  en  1829.  11  avait  épousé  une  demoiselle 
Moulin  et  en  avait  eu  trois  enfants  qui  furentles  derniers  représentants 
de  leur  famille  :  i°  Ehrard,  marquis  du  Cheylard,  décédé  en  1880 
sans  avoir  eu  de  postérité  de  son  mariage  avec  une  Américaine  ; 
2°  M"®  Convers,  décédée  sans  postérité  ;  3°  Edwige,  née  en 
1810,  décédée  à  Paris  en  1882  sans  avoir  été  mariée. 

La  famille  du  Cheylard  avait  fourni  des  officiers  de  mérite. 

Principales  alliances  :  de  Vogué  vers  1370,  d'Aleyrac  1598,  de 
Vescl627,  d'Aigalliers,  de  Grammont  1747,  de  Rochechouart  1758, 
de  Lambertye  1785,  Baude  de  la  Vieuville  1791,  etc. 

GHEYLUS  (Gaillard  de).  Voyez  :  Gaillard  deCheylus. 

CHEYNIER  de  VEZEL  et  CHEYNIER  le  JOUHAN  de  NOBLENS.  Armes  : 
d'argent  à  un  chêne  de  sinople,  englanté  d'or,  mouvant  d'une  ter- 
rasse de  sinople  et  accosté  de  deux  rochers  de  trois  coupeaux  de 
sable.  —  Devise  :  Restitit  haud  in/lexa.  —  La  branche  qui  a  relevé 
le  nom  de  la  famille  le  Jouhan  de  Noblens  écartèle  ses  armes  de 
celles  de  cette  famille  :  de  gueules  à  un  chevron  d'or  accompagné  en 
pointe  d'un  lion  d'argent;  au  chef  cousu  d'azur  chargé  d'un  crois- 
satit  d'argent  accosté  de  deux  étoiles  de  même.  —  Couronne  :  de 
Comte.  —  Supports  :  deux  lions.  — Devise  :  Noble  en  tous  Jours  serai. 
La  famille  Cheynier  résidait  au  xvni''  siècle  dans  la  petite  ville  de 
Chasteau,  en  Bas-Limousin,  où  elle  occupait  un  rang  honorable  dans 
X.  21 


322  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

la  bourgeoisie.  D'après  la  tradition  elle  aurait  eu  pour  berceau  le 
Poitou  et  aurait-  eu  dans  le  passé  une  origine  commune  avec  celle 
qui  fut  illustrée  par  les  deux  poètes  André  et  Joseph  Chénier. 

Jean  Cheinier,  auquel  remonte  la  fdialion,  se  qualifiait  en  1690  bour- 
geois de  Chasleau.  Il  fut  père  de  François  Cheynier,  né  en  1714, 
médecin  distingué,  et  grand-père  de  Bernard  Cheynier,  ou  Cheynier 
de  Crocliet,  docteur  en  médecine,  qui  épousa  vers  1790  Louise  Vital. 
Deux  des  fils  de  celui-ci  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

La  branche  aînée,  connue  sous  le  nom  de  Cheynier  de  Vezel,  est 
aujourd'hui  près  de  s'éteindre. 

L'auteur  de  la  branche  cadette,  François  Cheynier,  né  en  1794,  chef 
d'escadron  de  gendarmerie,  épousa  à  Bourg-en-Brcsse  en  1843 
M"*  le  Jouhan  de  Noblens,  dernière  héritière  avec  sa  sœur  d'une 
famille  noble  de  Bourgogne.  Il  mourut  à  Bourg  en  1861  laissant  une 
fille,  M™^  de  la  Perrière,  et  un  fils,  Paul  Cheynier,  né  à  Bourg  en  1847. 
Celui-ci  était  encore  mineur  quand  sa  mère  sollicita  pour  lui,  le 
21  mars  1867,  l'autorisation  de  joindre  régulièrement  à  son  nom  celui 
de  la  famille  le  Jouhan  de  Noblens.  11  a  été  dans  la  suite  lieutenant- 
colonel  d'artillerie,  directeur  de  l'Ecole  d'artillerie  de  Tarbes  et  offi- 
cier de  la  Légion  d'honneur  et  a  eu  un  grand  nombre  d'enfants  de  son 
mariage,  en  1877,  avec  M"*  West. 

Principales  alliances  :  de  la  Perrière,  le  Jouhan  de  Noblens,  Magon 
de  la  Gyclais  1911,  etc. 

La  famille  le  Jouhan  de  Xoblens  était  originaire  de  la  petite  ville  de 
Cordesse,  en  Franche-Comté.  Jacques-Antoine  hî  Jouhan,  né  à  Chalon- 
sur-Saône  le  25  décembre  16o8,  marié  à  Lyon  le  4  janvier  1699  à 
Jeanne  Bottu,  fut  receveur  des  droits  et  péages  delà  souveraineté  de 
Dombes  et  mourut  à  Trévoux  en  1737.  Son  fils,  Jean-Christophe  le 
Jouhan,  né  à  Trévoux  en  170i,  marié  à  Lyon  en  1737  à  Marie-Reyne 
de  Ville,  fut  pourvu  en  1736  de  l'office  anoblissant  de  conseiller  de 
Son  Altesse  Sérénissime  et  son  premier  avocat  général  au  Parlement 
de  Dombes,  obtint  des  lettres  d'honneur  le  26  janvier  1757,  fut  con- 
firmé dans  sa  noblesse  le  lo  août  1772  par  lettres  patentes  du  roi 
Louis  XV,  nonobstant  l'édit  d'octobre  1771  qui  avait  supprimé  le  Par- 
lement de  Dombes,  et  mourut  en  1778.  Il  avait  acquis  en  1751  la  sei- 
gneurie de  Xoblens,  située  sur  le  territoire  de  la  paroisse  de  Villere- 
versure,  en  Bresse.  Il  fut  père  de  Marie-Roch  le  Jouhan,  écuyer, 
Sgr  de  Noblcns,  qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
de  Bresse.  La  famille  le  Jouhan  de  Xoblens  s'est  éteinte  avec  les 
deux  petites-filles  de  celui-ci,  M™^  Moreau  d'Argelaine,  mariée  en 
1838,  qui  n'a  pas  eu  d'enfants,  et  M""*  Cheynier. 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  323 

CHEYRON  du  PAVILLON  et  de  BEAUMONT  (duj.  Armes  actuelles  : 
d  azur  a  trots  rocs  d'échiquier  d'argent,  ^2  et  i.  -An  xvii»  siècle  la 
lamille  de  Cheyron  ajoutait  à  ces  armoiries  un  cher  d'azur  chargé  de 
trois  étoiles  d'or.  -Couronne  :  de  Marquis.  -  Supports  :  deux  lions 
couches,  celui  de  sénestre  en  baroque.  -  Cimier  :  une  aigle  nais- 
sante au  vol  éployé  tenant  dans  son  bec  une  branche  de  laurier.  — 
Devise  :  Cœlum,  non  solum. 

La  famille  du  Cheyron  occupe  un  rang  particulièrement  distingué 
dans  1  aristocratie  du  Périgord.  On  verra  toutefois  au  cours  de  cette 
notice  que  jusqu'au  commencement  du  xviii«  siècle  sa  noblesse  fut 
souvent  contestée  et  que  plusieurs  de  ses  membres  durent,  pour 
régulariser  leur  situation  nobiliaire,  se  pourvoir  de  charges  anoblis- 
sautes.  On  trouvera  sur  elle  des  renseignements  dans  le  Nouveau 
Taaa  ^^  ""  "^""^^^  membres,  M.  Joseph  du  Pavillon,  en  a  publié 
en  U09  une  intéressante  et  très  consciencieuse  généalogie. 

Les  du  Cheyron  possédaient  dès  la  première  moitié  dli  xvi«  siècle 
une  maison  noble  de  ieurnom,  située  dans  la  diatellenie  de  Chaslus  * 
On  ignore  s'ils  tiraient  leur  nom  de  cette  maison  noble  ou  s'ils  lui 
avaient  donné  le  leur.  Le  travail  de  M.  Joseph  du  Pavillon,  d'accord 
avec  un  jugement  de  maintenue  de  noblesse  qu'obtint  en  1713  la 
branche  de  Beaumont  et  dont  on  trouvera  le  texte  dans  le  Nouveau 
dHozier,  fait  remonter  la  filiation  suivie  à  un  Guinot  du  Cheyron 
écuyer,  Sgr  dudit  lieu  et  de  la  Malétie,  qui  fit  son  testament  le  l-'  fé- 
vrier 1538.  D'après  O'Gilvy  ce  Guinot  du  Cheyron  aurait  épousé  en 
1496  Jeanne  de  Pages  et  aurait  eu  pour  frère  un  Antoine  du  Cheyron 
tué  à  la  bataille  de  Pavie,  en  1525.  M.  Joseph  du  Pavillon  croit  que 
ce  dermer  personnage  n'a  existé  que  dans  l'imagination    du  trop 
célèbre  généalogiste.  Guinot  du  Cheyron  fut  père  de  Bernard  du 
Cheyron,  Sgr  dudit  lieu,  qui  épousa  en  1551  Marguerite  Brunet,  et 
grand-père  de  Théophile  du  Cheyron,  Sgr  dudit  lieu,  qui  épousa  le 
2     jmllet  1595  Marguerite   du  Chassain,  et    de   maître  Pierre  du 
Cheyron,  ainsi  qualifié  dans  un  édit  rendu  en  1582  par  la  Chambre  de 
l'edit  de  Guienne.  Théophile  laissa  deux  fils,  Jean  et  Léonard  du 
Cheyron,  qui  lurent  les  auteurs  de  deux  grandes  branches 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Jehan  du  Cheyron,  Sgr  dudit  lieu  et 
de  la  Durguarie,  fut  avocat  en  la  Cour  du  Parlement  de  Bordeaux  et 
épousa,  par  contrat  passé  à  Périgueux  le  5  février  1616,  Jeanne  de 
Madranges,  fille  d'un  docteur  en  médecine.  Il  laissa  deux  fils  •  1°  Théo- 
phile, qui  continua  la  descendance  ;  2°  Jean,  Sgr  de  la  Combe,  baptisé 

'  Cette  maison  noble,  située  dans  la  commune  de  Sarliac,  est  encore  auionrrl'h,.î 
a  propriété  de  la  lamille  du  Cheyron  du  l'aviUon  dont  un  membre  poï^dc  dans 
la  môme  commune  le  beau  château  de  la  Dulgarie.  posseac  dans 


324  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

en  \&2<o,  conseiller  au  présidial  dePérigueux,  condamné  comme  usur- 
pateur de  noblesse  par  jugement  de  1667  avec  la  plupart  de  ses  col- 
lègues du  présidial,  qui  épousa  en  16o5  Anne  Vincenot,  fille  d'un 
receveur  des  tailles,  et  dont  la  descendance  s'éteignit  en  la  personne 
de  son  petit-fils,  dom  Jean-Baptiste  du  Cheyron,  bénédictin,  sous- 
prieur  de  l'abbaye  royale  de  Brantôme,  âgé  de  75  ans  en  1790.  Théo- 
phile du  Cheyron,  Sgr  de  la  Loubarie,  maire  de  Périgueux  en  1666, 
épousa  en  1647  Diane  de  Vincenot,  sœur  de  sa  belle-sœur.  D'après 
le  jugement  de  maintenue  de  noblesse  de  1713  mentionné  plus  haut, 
il  aurait  été  maintenu  noble  le  29  août  1667  par  un  jugement  de  l'in- 
tendant Pellot  dont  la  famille  du  Cheyron  ne  put,  du  reste,  produire 
((u'une  copie  coliationnée  et  dont  l'authenticité,  par  conséquent,  doit 
être  considérée  comme  très  douteuse.  Il  laissa  plusieurs  fils  dont 
deux,  Bernard  et  Jacques  du  Cheyron,  furent  les  auteurs  des  deux 
rameaux  de  la  branche  aînée. 

L'auteur  du  premier  rameau,  Bernard  du  Cheyron,  Sgr  dudit  lieu  et  de 
la  Loubarie,  né  en  1659,  maire  de  Périgueux  en  1721,  marié  en  1697  à 
Jeanne  du  Cluzel  de  la  Chabrerie,  régularisa  sa  situation  nobiliaire  par 
l'acquisition  d'une  charge  de  secrétaire  du  Roi  en  la  chancellerie  près 
le  Parlement  de  Bordeaux.  II  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  14  sep- 
tembre 1705,  en  vertu  du  privilège  de  cette  charge,  par  jugcmentde 
M.  de  laBourdonnaye,  intendant  de  Bordeaux.  Mais  cette  charge  fut 
supprimée  en  1715  et  Bernard  du  Cheyron,  qui  n'avait  pas  accompli 
le  délai  de  vingt  années  nécessaire  pour  acquérir  la  noblesse  héré- 
ditaire, fut  taxé  à  1  800  livres  pour  avoir  la  faculté  de  jouir  durant 
vingt  années  de  ses  biens  nobles  sans  être  astreint  à  payer  le  droit 
roturier  des  francs-fiefs.  Il  s'adressa  alors  au  Conseil  d'Klat  qui,  par 
arrêt  du  12  avril  1720,  le  maintint  dans  sa  noblesse  comme  issu  de 
famille  noble.  Un  de  ses  descendants,  le  chevalier  du  Cheyron,  prit 
part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Libourne.  Un 
autre,  Pierre  du  Cheyron,  né  en  1740,  servit  avec  distinction  à  l'armée 
des  Princes  et  reçut  en  1798  du  roi  Louis  XVIII  le  grade  de  maréchal 
de  camp.  Ce  rameau  s'est  éteint  avec  Alfred  du  Cheyron,  né  à  Bor- 
deaux en  1826,  général  de  brigade  en  1885,  commandeur  de  la  Légion 
d'honneur,  décédé  en  1888  sans  avoir  été  marié,  et  avec  sa  sœur,  la 
comtesse  de  Baritault,  décédée  en  1883. 

Jacques  du  Cheyron,  auteur  du  second  rameau  de  la  branche  aînée, 
naquit  en  1671  et  épousa  à  Périgueux  en  1707  sa  cousine  Jeanne  de 
Montagut.  Son  fils,  Théophile  du  Cheyron,  Sgr  de  Palenque  et  de  la 
Rivière,  né  à  Saint- Front  en  1716,  marié  en  1750  à  Marie  de  Bonmartin, 
ayant  été  inquiété  dans  sa  noblesse  par  les  habitants  de  Saint-Aigne, 
qui  voulaient  le  soumettre  à  la  taille,  se  fit  maintenir  noble  d'abord 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  325 

le  9  juillet  1764  par  sentence  des  élus  de  Sarlat,  puis  le  i26  mars  1765 
par  arrêt  de  la  Cour  des  aides.  II  mourut  en  1784  ne  laissant  que  des 
fdles. 

L'auteur  de  la  branche  cadette,  Léonard  du  Gheyron,  Sgr  delaDur- 
guarie,  d'abord  avocat  au  Parlement  de  Bordeaux,  fut  nommé  en 
1629  conseiller  au  présidial  de  Périgueux.  Il  épousa  Sabine  du  Cluzel 
par  contrat  passé  à  Périgueux  le  12  avril  1624  et  en  eut,  entre  autres 
enfants,  deux  fds,  Pierre-Joseph  et  Pascal,  qui  furent  les  auteurs  de 
deux  rameaux  actuellement  existants. 

On  trouvera  dans  les  manuscrits  de  Chérin  une  généalogie  du  pre- 
mier rameau.  L'auteur  de  ce  rameau,  monsieur  maître  Pierre  du 
Gheyron,  écuyer,  Sgr  delà  Dugarie,  était  conseiller  du  Roi,  magistrat 
présidial  au  siège  de  Périgueux  quand  il  fut  pourvu,  le  8  juillet  1677, 
de  l'office  anoblissant  de  secrétaire  du  Roi  audiencier  en  la  chancel- 
lerie près  le  Parlement  de  Bordeaux.  Il  obtint  le  3  juillet  1712  des 
lettres  d'honneur  lui  permettant  de  jouir  des  privilèges,  droits  et  fran- 
chises attachés  à  son  office  et  fit  son  testament  le  17  mai  1720  en  son 
château  de  la  Borie  de  la  Gaubertie.  Il  avait  épousé,  par  contrat  passé 
à  Périgueux  le  23  août  1660,  Jeanne  Gontier,  demoiselle  de  Biran,  issue 
d'une  famille  d'honorable  bourgeoisie  qui  fut  illustrée  dans  la  suite 
par  le  philosophe  Maine  Gontier  de  Biran.  Étant  devenu  veuf,  il  se 
remaria  à  Clermont  le  25  juin  1685  à  Jeanne  de  la  Gaubertie  de  Véra, 
veuve  de  M.  de  Rochon  et  héritière  du  château  de  la  Gaubertie  que 
sa  descendance  a  conservé  jusqu'à  nos  jours.  Jacques-Joseph  du 
Gheyron,  chevalier,  Sgr  du  Pavillon,  de  la  Bulgarie,  etc.,  né  de  cette 
seconde  union  en  1694,  épousa  en  1720  Marguerite  de  Féletz  et  con- 
tinua la  lignée.  Ce  fut  un  des  fils  cadets  de  celui-ci,  Jean-Joseph  du 
Gheyron,  chevalier  du  Pavillon,  né  à  Saint-Front  en  1730,  officier  de 
marine  des  plus  distingués,  blessé  à  mort  en  avril  1782  au  combat 
des  Saintes,  sans  avoir  été  marié,  qui  inventa  les  signaux  de  marine 
connus  sous  le  nom  de  pavillon.  Deux  des  frères  du  précédent, 
Raymond  du  Gheyron,  chevalier,  Sgr  du  Pavillon,  de  la  Gaubertie,  etc. , 
né  en  1727,  marié  en  1771  à  M"^  du  Reclus  de  Gageac,  et  Joseph  du 
Gheyron  du  Pavillon,  Sgr  de  Banes,  du  Maine,  etc.,  né  en  1734,  marié 
en  1769  à  M"''  de  Banes  de  Maleffe,  prirent  part  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  du  Périgord.  Le  premier  d'entre  eux  avait  fait 
en  1787  des  preuves  de  noblesse  pour  obtenir  l'admission  dans  la 
marine  de  son  fils  unique,  François,  né  en  1774  au  château  de  la  Gau- 
bertie, plus  tard  député  de  la  Dordogne,  marié  à  Toulouse  en  1799  à 
M"^  deSouillac,  décédé  en  1831.  Le  second  fit  des  preuves  de  noblesse 
en  1783  pour  obtenir  l'admission  dans  la  marine  de  son  second  fils, 
Jean-François,  né  en  1773,  plus  tard  lieutenant-colonel,  marié  à  Péri- 


326  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

gueux  en  1813  à  M"*  de  Cremoux,  décédé  à  Périgueux  en  1861.  Le 
fils  aîné  de  Joseph  et  de  M"*  de  Banes,  Louis  du  Pavillon,  né  en  1771, 
chef  de  bataillon,  officier  de  la  Légion  d'honneur,  fut  crée  chevalier 
de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  25  janvier  1809  et  reçut  en  même 
temps  les  armes  suivantes  :  de  sable  au  chevron  cousu  de  gueules, 
chargé  du  signe  des  chevaliers  légionnaires,  accompagné  en  chef  de 
deux  epées  hautes  en  pal  d'argent  et  en  pointe  d'un  pavillon  déployé 
d'or;  il  périt  en  1812  dans  la  guerre  d'Espagne  sans  avoir  été  marié. 
Le  chef  de  ce  rameau,  Paul  du  Chevron  du  Pavillon,  né  à  Bordeaux 
en  1839,  petit-lils  de  François  et  de  M"^  de  Souillac,  fut  honoré  du 
titre  de  comte  romain  par  bref  de  Pie  IX  du  16  janvier  1866  à  l'occa- 
sion de  son  mariage  avec  M""^  de  Couhé  de  Lusignan  ;  il  est  décédé 
en  1894  au  château  de  la  Gauberlie  laissant  plusieurs  enfants. 

L'auteur  du  second  rameau,  Pascal  du  Chevron,  écuyer,  Sgr  de 
Ribeyrolles,  demeurant  à  Périgueux,  épousa  Marguerite  Chassarel  par 
contrat  du  18  juillet  1654.  Son  fils,  Hélie-Joseph  du  Cheyron,  Sgr  de 
Beaumont,  né  à  Saint-Front  en  1671,  marié  en  1693  à  Elisabeth  de 
Banes,  obtint  le  17  mars  1713  de  M.  de  Lamoignon,  intendant  de  Bor- 
deaux, lejugement  de  maintenue  de  noblesse  dont  il  a  été  parlé  plus 
haut.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse 
qu'un  des  petits-lils  de  celui-ci,  Joseph-Pascal  du  Cheyron  de  Beau- 
mont,  né  en  1751,  plus  tard  chevalier  de  Saint-Louis,  fusillé  à  Qui- 
beron  en  1795,  fit  en  1762  pour  être  admis  à  l'Ecole  militaire.  Joseph 
du  Cheyron  de  Beaumont,  frère  du  précédent,  né  en  1752,  lieutenant- 
colonel,  décédé  à  Périgueux  en  1844,  épousa  en  1789  M"^  du  Rieu  de 
Marsaguet:  sa  descendance  subsiste. 

Principales  alliances  :  Bessot  de  Lamolhe  1671,  1810,  de  Laulanié 
1685,  duCluzel  1624, 1697,  deBodin  de  Saint-Laurent  1772,  de  Chastei- 
gner  181 1,  du  Périer  de  Larsan  1800,  de  Baritault  1850,  de  Froidefond 
des  Fargcs  1645,  de  la  (■aubertic  1685,  de  Féletz  1720,  du  Pieclus  de 
r.agcacl77l,  de  Souillac  1799,  de Bellot  1833,  des  Cubes  du  Chatenet 
1868,  de  Coulié  de  Lusignan  1866,  de  Bragelongne  1897,  de  Liénard 
1905,  O'Byriio  1903,  de  Lestranges  1828,  de  Foucauld  1849,  d'Arche 
1850,  de  la  C rompe  de  la  Boissièrc  1873,  de  Boussiers  1890,  de 
Kermcl  1894,  de  Cremoux  1813,  1876,  Bachelier  de  Bercy  1849,  Fau- 
riclion  de  la  Bardonnie  1841,  Grant  de  Luxolière  de  Bellussière  1870, 
du  Mas  de  la  Fougère  1905,  de  Chassarel  1654,  de  Banes  1693,  du 
Rieu  de  Marsaguet  1789,  deMoulinard,  d'Abzac  de  la  Douze  1886,  etc. 

CHEYSSAC  (de),  ou  CHEYSSAC.  Armes  (d'après  des  pièces  d'argen- 
tericj  :  de...  au  sautoir  de... 
La  famille  Cheyssac,  ou  de  Chevss.vc,  est  anciennement  et  honora- 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  327 

blcmcnt  connue  dans  les  environs  de  Bergerac,  en  Périgord.  Daniel 
Gheyssac,  sieur  de  Fongravc,  eut  ses  armes  enregistrées  d'office  à 
l'Armoriai  général  de  1696  :  vairé  d'argent  et  de  gueules.  Bien  qu'au 
XVIII*  siècle  ses  membres  aient  fréquemment  porté  les  qualifications 
nobiliaires,  on  ne  connaît  pas  à  la  famille  Gheyssac  de  principe  d'ano- 
blissement et  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  pris  part  en  1789  aux  assemblées 
de  la  noblesse  de  sa  région.  Elle  a  fourni  des  officiers  de  mérite  dont 
plusieurs  chevaliers  de  Saint-Louis.  De  nos  jours  un  de  ses  membres, 
fixé  à  Paris,  est  rédacteur  à  la  Revue  catholique  ^ 
Principale  alliance  :  Gontier  de  Biran  1774. 

CHEYS SERIE  (de  Trémolet  de  la).  Voyez  :  Trémolet  de  la  Cheysserie 

(de). 

CHÈZE  de  MUREL  (de  la).  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries 
de  1815)  :  parti  :  au  1  de  sable  à  cinq  barres  d'or,  au  chef  de  gueules; 
au  2  d'azur  à  une  bande  d'argent  chargée  de  cinq  mouchetures  de 
sable  et  accompagnée  de  trois  besants  d'or,  'î  etl.  —  Devise  :  Deo  et 
Régi  sidis  impavida. 

La  famille  de  la  Ghèze  occupait  sous  l'ancien  régime  un  rang  dis- 
tingué dans  la  bourgeoisie  du  Haut-Quercy.  Elle  figure  dans  quelques 
actes  sous  le  nom  de  la  Chièze  et  est  vraisemblablement  une  branche 
détachée  à  une  époque  très  reculée  de  la  famille  de  la  Ghièze  de 
Briance  (voyez  ce  nom),  qui  est  comme  elle  originaire  de  la  petite 
ville  de  Martel. 

Monsieur  Julien-Annet  de  Lachèze,  marié  à  demoiselle  Françoise 
de  Vaucelle,  était  sous  Louis  XV  avocat  au  Parlement  et  juge  au 
bailliage  de  Martel.  Son  fils,  Pierre-Joseph  de  Lachèze-Murel,  né 
en  1744  à  Martel  (Lot),  pourvu  en  1770  de  la  charge  de  lieutenant 
général  civil  et  criminel  en  la  sénéchaussée  de  cette  ville,  fut  élu 
en  1789  député  du  Tiers-État  du  Quercy  aux  États  généraux,  siégea 
à  la  droite  de  cette  assemblée,  prit  part  à  la  défense  du  château 
des  Tuileries  lors  de  la  journée  du  10  août  1792,  fut  plus  tard  con- 
seiller général  et  député  du  Lot,  fut  autorisé  par  ordonnance  du 
18  février  1815  à  joindre  à  son  nom  celui  de  Murel,  fut  anobli  par 
lettres  patentes  du  6  décembre  suivant,  obtint  en  môme  temps  le 
règlement  de  ses  armoiries  et  mourut  àParis  en  1835.  îl  avait  épousé 
M"*^  Dumoulin  dePaillart,  fille  d'un  trésorier  de  France  au  bureau  des 
finances  de  Soissons.  11  fut  père  de  Pierre-Julien  de  la  Ghèze  de  Murel, 
né  en  1786,  président  à  la  Gour  d'appel  d'Aix  en  1829,  et  grand-père 

'  Celte  notice  a  été  faite  à  l"aide  de  renseignements  dus  à  l'obligeance  de  M.  le 
comte  de  Saint-Saud. 


3?.8  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

de  Pierre-Joseph  de  la  Chèze  de  Murel,  né  vers  1823,  qui  a  eu  des 
enfants  de  son  mariage  avec  M"^  Marie-Thérèse  de  la  Pannonie  de 
Saint-Cyr. 

CHÉZEAUX  ^de),  ou  DECHÉZEAUX.  Voyez  :  Dechézeaux. 

CHÉZEL  (Regnardde).  Voyez  :  Regnard  de  Chézel. 

CHÉZELLE   Lhéritier  dei.  Voyez  :  Lhéritier  de  Chézelle. 

CHÉZELLES  (le  Sellier  de).  Voyez  :  le  Sellier  de  Chézelles. 

CHÉZELLES  (Perrot  de).  Voyez  :  Perrot  de  Chézelles. 

CHIAPPINI.  Armes  :  pa)'li  de  pourpre  et  d'azur  au  château  d'argent 
brochant  sur  le  tout,  accompagné  en  chef  d'une  merlette  aussi  d'ar- 
gent. —  Couronne  :  de  Comte. 

La  famille  Chiappini,  anciennement  connue  en  Corse,  est  origi- 
naire du  bourg  de  Létia,  dans  la  province  de  Vico.  Dans  son  Armo- 
riai corse  le  comte  Colonna  de  Césari-Rocca  mentionne  une  tradition 
qui  la  fait  descendre  d'un  Vitellio  Chiappino,  général  au  service 
d'Aragon.  Le  même  auteur  cite  un  Jérémie  Chiappini,  qui  fut  cha- 
noine, et  un  Carlone  Chiappini,  qui  fut  évéque. 

La  famille  Chiappini  ne  figure  pas  au  nombre  de  celles  qui  firent 
reconnaître  leur  noblesse  lors  de  la  grande  recherche  des  faux  nobles 
ordonnée  par  Louis  XV  après  l'annexion  de  la  Corse.  On  ne  voit  pas 
non  plus  qu'elle  ait  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
de  l'île. 

CHIARONI.  Armes  :  coupé  :  au  1  d'or  à  trois  étoiles  accompagnées  à 
dexlve  d'un  soleil  et  à  sénestre  d'une  lune  et  soutenues  d'une  comète, 
le  tout  au  naturel;  au  2  de  gueules  à  un  glaive  et  à  une  hache  d'argeyit 
posés  en  sautoir  et  liés  d'un  ruban  duquel  meut  une  croix  d'or.  — 
Couronne  :  de  Comte.  —  Devise  :  Dévolus  amicis,  hostibus  atrox, 
omnibus  clarus. 

La  famille  Chiaroxi  est  anciennement  et  honorablement  connue  en 
Corse.  Dans  son  Armoriai  corse  le  comte  Colonna  de  Césari-Rocca 
la  dit  originaire  d'Aullène.  De  même  que  la  précédente,  elle  ne  figure 
pas  au  nombre  de  celles  qui  firent  reconnaître  leur  noblesse  après  l'an- 
nexion de  l'île.  On  ne  voit  pas  non  plus  qu'elle  ait  pris  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse. 
Principales  alliances  :  de  Poli,  d'Ornano,  Lanfranchi,  etc. 

CHIAVARI  (de).  Armes  :  d'o?'  à  un  lion  couronné  de  sable,  armé  et 
lampassé  de  gueules.  —  La  famille  deChiavari  a  souvent  écartelé  ces 


niCTIONNAIRR     DRS    FAMILLES    FRANÇAISES  329 

armes  de  celles  des  Chiavari  de  Gônes  :  d'or  à  deux  colonnes  de 
gueules. 

La  famille  de  Chiavari  appartient  à  la  noblesse  de  la  Provence,  où 
elle  vint  de  Gônes  se  fixer  à  la  fin  du  xv"  siècle.  Le  baron  du  Roure 
en  a  donné  une  très  intéressante  généalogie  dans  le  bel  ouvrage 
qu'il  a  intitulé  Les  Meyran  et  leurs  alliances. 

Il  a  existé  à  Gênes  une  famille  de  Chiavari  très  distinguée  qui, 
après  avoir  longtemps  occupé  une  grande  situation  dans  la  bour- 
geoisie, fut  inscrite  vers  le  milieu  du  xvi<=  siècle  au  Livre  d'or  de  la 
noblesse  de  la  République  et  produisit  deux  doges,  Jérôme  Chiavari, 
en  1583,  et  Luc,  fils  du  précédent,  en  1627.  La  famille  provençale  de 
Chiavari  s'est  toujours  considérée  comme  ayant  eu  dans  le  passé 
une  origine  commune  avec  cette  famille.  Elle  en  obtint,  du  reste,  des 
reconnaissances  de  parenté  en  1623  et  en  1642.  Trophime  de  Mandon 
a  bien  avancé  dans  ses  Mémoires  manuscrits  qu'elle  avait  pour  nom 
primitif  celui  de  Bernardos  et  qu'elle  avait  pris  plus  tard  celui  de 
Chiavari  parce  qu'elle  était  originaire  du  village  de  Chavario, 
dans  les  Etats  de  Gônes  ;  mais  cette  opinion  ne  s'appuie  sur  aucune 
preuve. 

Discret  (ou  honorable)  homme  Jean  de  Clavaro  {sic),  marchand 
génois,  auquel  remonte  la  filiation,  était  agent  d'affaires  à  Avignon 
et  à  Arles  des  du  Pont  et  de  Louis  Doria.  Celui-ci  par  son  testament, 
passé  à  Marseille  le  13  novembre  1482,  lui  légua  cent  florins 
pour  le  récompenser  de  son  zèle.  Jean  de  Clavaro  avait  acheté  à  Arles 
la  maison  de  Louis  Doria  et,  après  la  mort  de  celui-ci,  fit  pour  son 
compte  le  commerce  des  laines.  Il  avait  épousé  à  Arles,  vers  1480, 
Marie  Desvignes,  fille  de  Jean,  dit  Blanc,  travailleur  de  celte  ville. 
II  passa  le  21  août  1486  une  reconnaissance  à  Baptiste  du  Pont  et 
dut  mourir  très  peu  de  temps  après  car  on  trouve  que  dès  l'année 
suivante  sa  femme  était  remariée  à  Bernard  de  Sève,  marchand 
génois,  liabilant  d'Arles.  Son  beau-père,  Jean  Desvignes,  fit  son  tes- 
tament à  Arles  le  14  mars  1494-5  en  faveur  de  son  petit-fils,  Jacques 
de  Chiavari  ;  par  cet  acte  il  lui  légua,  entre  autres  biens,  une  maison 
située  à  Arles,  paroisse  Saint-Julien,  qui  est  encore  actuellement  la 
résidence  de  la  famille  de  Chiavari.  Ce  Jacques  de  Chiavari,  con- 
seiller bourgeois  de  la  ville  d'Arles  de  1509  à  1514,  fut  anobli  par 
lettres  patentes  du  roi  Louis  XII  données  à  Saint-Denis  en  novem- 
bre 1514,  puis  par  nouvelles  lettres  données  à  Paris  le  10  janvier 
suivant,  avec  annexes  du  15  février  1515.  Il  fut  consul  d'Arles 
en  1534,  1539  et  1548  et  épousa,  par  contrat  du  10  novembre  1505, 
Françoise  de  Sève,  fille  do  son  beau-père  et  de  Ciiarlotte  de  Lagnel, 
sa  première  femme.  Il  fit  son  testament  le  1"  janvier  1551-2,  conjoin- 


330  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

tement  avec  sa  femme.  Deux  de  ses  fils,  Jean  et  Robert  de  Chiavari, 
furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Jean  de  Chiavari,  Sgr  de  Montredon, 
épousa  Lucrèce  de  Vintimille  par  contrat  passé  à  Riez  le  10  oc- 
tobre 1560.  Il  laissa  deux  fils,  Nicolas  deChiavari,  Sgr  de  Montredon, 
marié  en  i60i  à  Catherine  de  Merles,  et  Etienne  de  Chiavari,  marié 
en  1600  à  Jeanne  de  Cavaillon  de  Cabassolle,  qui  furent  les  auteurs  de 
deux  rameaux.  Les  représentants  de  ces  deux  rameaux  furent  main- 
tenus dans  leur  noblesse  d'abord  leSseptembre  1667  par  jugementdcs 
commissaires  de  S.  M.  chargés  de  la  recherche  des  faux  nobles  en 
Provence,  puis  le  VI  septembre  1700  par  jugement  de  Cardin  le  Bret, 
premier  président  au  Parlement  de  Provence.  Le  premier  rameau  fut 
encore  maintenu  dans  sa  noblesse  le  13  octobre  1697  par  jugement  de 
M.  de  Lamoignon,  intendant  du  Languedoc,  et  s'éteignit  avec  Joseph 
de  Chiavari  de  Montredon,  qui  mourut  à  Arles  en  1771  à  l'âge  de 
91  ans  sans  laisser  de  postérité  de  son  mariage  avec  Thérèse  de  Gar- 
sonnet,  décédée  à  Aix  en  1779.  Le  rameau  cadet  fut  longtemps  connu 
sous  le  nom  de  Chiavari-Cabassolle.  On  trouvera  dans  les  manuscrits 
de  Chérin  les  preuves  de  noblesse  qu'un  de  ses  représentants,  Picrrc- 
Jean-Baptisle-Joseph  de  Chiavari-Cabassolle,  né  à  Arles  en  1769,  fit 
en  178i  pour  être  admis  dans  l'ordre  de  Malte,  on  qualité  de  page  du 
grand-maître.  Ce  gentilhonnc  paraît  devoir  être  identifié  avec  un 
M.  de  Chiavari,  lils,  qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Arles.  Il  épousa  dans  celte  ville  en  1799  M"*  Eymin 
et  fut  le  grand- père  d'Henri,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Chia- 
vari, né  vers  1860,  qui  est  aujourd'Imi  le  seul  représentant  mâle  de  sa 
famille. 

L'auteur  de  la  branche  cadette,  Robert  de  Chiavari,  épousa  le 
19  mai  1567  Louise  de  Meyran.  Sa  descendance  s'éteignit  avec  Miracle 
de  Chiavari  qui  épousa  le  24  août  1679  Trophimc  Serricr,  fille  d'un 
médecin,  et  avec  leur  fils,  Christophe. 

Jacques  de  Chiavari,  baptisé  en  1608,  fut  commandeur  de  l'ordre 
de  Malle.  La  famille  de  Chiavari  a  encore  fourni  des  consuls  d'Arles, 
des  officiers  de  mérite,  des  chevaliers  de  Saint-Louis,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Leslang-Paradel570,  1756,  deCavaillon- 
Cabassolc  1600,  de  Combes  de  Barjac,  de  Meyran  (de  Lagoy)  1567, 
1595,  de  Vintimille  1560,  de  Pugel  (de  Barbaiitane;  1591,  de  Merles 
1604,  de  Lalil  d'Entraigues  1643,  d'Aiminy  1668,  de  Raoux  (de 
Raoussetj  1679,  d'Antonellc  1632,  de  Ricaudy  1830,  de  Salvador  1832, 
de  Sade  1662,  etc. 

CHIC  de  ROQUAING  et  d  ARCAMONT  (de,  ou  du).  Armes  :  parti  :  au  1 


niCTIONNAIRK     DRS     FAMILLES    FRANÇAISES  331 

(Vazur  à  trois  fasces  d'or;  au  2  de  gueules  à  un  lion  d'or,  armé  et 
lampassé  de  sable. 

La  famille  du  (ou  de)  Chic  de  Roquaing  et  d'Arcamont  appartient  à 
la  noblesse  de  la  Gascogne.  D'Hozier,  qui  en  a  donné  une  généalogie 
détaillée,  en  fait  remonter  la  filiation  suivie  à  noble  Pierre  du  Chic, 
Sgr  de  Boulin,  son  premier  auteur  authentique  connu,  lequel  épousa 
d'abord  lîsquine  du  Puy,  puis  Anne  de  Cassagnet.  Pierre  de  Chic  fit 
son  testament  le  25  juillet  ISO'i.  Dans  cet  acte  il  demanda  à  être 
inhumé  soit  à  Gondom  dans  le  tombeau  de  son  père,  dont  le  nom  est 
inconnu,  soit  à  Montréal  dans  celui  de  sa  mère,  dont  le  nom  est  éga- 
lement inconnu.  Il  laissa  de  sa  seconde  union  un  fils,  noble  Prançois 
de  Chic,  écuyer,  Sgr  de  Boulin,  qui  épousa  successivement  noble 
Catherine  de  la  Roque  et  noble  Marie  de  Luppé.  Noble  Jean  de  Chic, 
Sgr  de  Boulin  et  en  partie  de  la  Roque-Fimarçon,  né  de  la  première 
union,  acheta  en  1533  la  seigneurie  de  Roquaing.  Il  laissa  deux  fils, 
nobles  Aimery  et  Gaspard  de  Chic,  qui  furent  les  auteurs  de  deux 
branches. 

L'auteur  de  la  branche  aùiée,  Aimery  de  Chic,  marié  en  1573  à  Cathe- 
rine de  Mauléon,  fut  connu  sous  le  nom  de  capitaine  Roquaing.  Son 
petit-fils,  noble  Hector  de  Chic,  écuyer,  Sgr  de  Roquaing,  Cogr  de 
Larroque-Fimarçon,  marié  le  5  septembre  1643  à  demoiselle  Margue- 
rite de  Sorberisse,  fille  d'un  conseiller  du  Roi  enquêteur  au  siège  de 
Gondom,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  18  août  1668  par  jugement 
de  Pellot,  intendant  de  Bordeaux.  Jean  de  Chic  de  l^oquaing  prit 
part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Nérac.  On  trou- 
vera dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  qu'il  avait 
faites  en  1777  pour  obtenir  l'admission  à  l'École  militaire  de  son  fils, 
Jean-Hector  de  Chic  de  Roquaing,  né  à  Nérac  en  1767.  Cette  branche, 
peut-être  éteinte  aujourd'hui,  comptait  encore  des  représentants 
dans  les  dernières  années  du  xix®  siècle.  M"®  Gabrielle  de  Chic  de 
Roquaing  a  épousé  vers  1880  M.  Roger  du  Bernet  de  Garros. 

La  branche  cadette  a  adopté  l'orthographe  du  Chic.  Son  auteur, 
noble  Gaspard  du  Chic,  Sgr  d'Aumenssan,  mentionné  dans  des  actes 
du  16  janvier  1559  et  du  6  mars  1561,  épousa,  par  contrat  du  14  jan- 
vier 1572,  Anne  de  la  Fitte,  héritière  de  l'importante  seigneurie  d'Ar- 
camont, près  d'Auch.  Il  fut  père  de  Samson  du  Chic,  Sgr  d'Arcamont, 
qui  épousa  en  1599  Jeanne  de  Rapin,  et  grand-père  de  noble  Pierre  du 
Chic,  Sgr  d'Arcamont,  qui  épousa  en  1627  Andrée  de  Gelas  et  qui  fut 
maintenu  dans  sa  noblesse  le  11  septembre  1666  par  jugement  de 
M.  de  Rabasteins,  subdélégué  de  Pellot,  intendant  de  Bordeaux,  puis 
en  1667  par  jugement  de  M.  de  Lartigue,  subdélégué  de  l'intendant  de 
Montauban.  L'arrière-petit-lils  de  Pierre,  noble  Jean-François-Joseph- 


332  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Claude  du  Chic,  fut  connu  le  premier  sous  le  titre  de  marquis  d'Ar- 
camont,  conse-rvé  depuis  lors  par  le  chef  de  cette  branche.  Il  épousa 
d'abord  le  16  septembre  17oo  Marguerite  du  Faure  de  Lalanne,  puis 
en  176i  Claire  Popon  de  Maucune.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Ho- 
zier  les  preuves  de  noblesse  qu'il  fit,  en  1773  et  en  1779,  pour  obtenir 
l'admission  parmi  les  pages  de  la  Grande  Écurie  de  ses  deux  fils, 
Gabriel-Joseph,  né  du  premier  lit  à  Lectoure  en  1758,  et  François,  né 
du  second  lit  à  Auch  en  1764.  Le  marquis  et  le  comte  d'Arcamont 
prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  de  la  séné- 
chaussée de  Lectoure.  Cette  branche  a  conservé  jusqu'à  nos  jours  la 
terre  et  le  château  d'Arcamont. 

La  famille  du  Chic  a  fourni  des  officiers  distingués,  des  chevaliers 
de  Saint-Louis,  un  vicaire  général  du  diocèse  de  Gap  en  1764,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Mauléonl573,  de  Luppé  1521,  de  la  Fitte, 
de  Batz  1635,  de  Gélas-Lautrec  1627,  Popon  de  Maucune  1764,  de  Fau- 
doas,  de  Rouillan  1719,  de  Rapin,  du  Bernet  de  Garros,  de  Cambon 
1738,  de  Batz  1635,  etc. 

CHICHILIANNE  (Caire  de).  Voyez  :  Caire  de  Chichilianne. 

CHICOURT   Richard  de,.  Voyez  :  Richard  de  Chicourt. 

CHICOYNEAU  de  la  VALETTE.  Armes  :  à' azur  à  une  bande  d'argent 
chargée  d'ioieétoile  de  gueules  (quelquefois  d'azur),  placée  entre  deux 
croissants  du  même.  —  Aliàs  (armes  enregistrées  à  l'Armoriai  général 
de  1696)  :  d'or  à  une  bande  d'azur  chargée  d'une  étoile  d'or  entre 
deux  croissants  d'argent.  —  Couronne  :  de  Baron.  — Supports  :  deux 
lions. 

On  trouvera  d'intéressants  renseignements  sur  la  famille  Ghicoy- 
NEAU  à.aLï\s\Q, Bulletin  de  la  Société  héraldique  àc  février  1886,  dans  le 
Bulletin  héraldique  de  France  de  septembre  1897,  dans  \' Armoriai 
delà  noblesse  de  Languedoc  àe  M.  de  la  Roque,  dans  les  Généalogies 
de  parlementaires  conservées  au  Cabinet  des  Titres,  etc. 

La  famille  Chicoyneau  est  originaire  du  Blésois  où  elle  occupait  au 
xvii^  siècle  un  rang  distingué  dans  la  bourgeoisie.  Un  de  ses  membres, 
Michel  Chicoyneau,  né  à  Blois,  vint  en  1652  se  fixer  à  Montpellier  où 
un  de  ses  cousins,  Martin-Richer  de  Belleval,  d'une  vieille  famille  de 
Picardie  encore  existante,  exerçait  brillamment  la  profession  de 
médecin.  Il  fut  reçu  docteur  en  médecine,  devint  chancelier  de  l'École 
de  médecine  de  Montpellier  et  succéda  à  son  cousin,  en  1664,  dans  les 
fonctions  d'intendant  du  Jardin  des  Plantes  de  la  même  ville.  Il  fut 
pourvu  en  1678  d'une  charge  de  conseiller  en  la  Cour  des  comptes, 


niCTIONNAIRR     l)i:s     FAMIM.RS     F  l{  AN  (.:  A  I  S  K  S  333 

aides  et  finances  de  Montpellier  qui  lui  donna  la  noblesse  au  premier 
degré  et  lit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  II 
laissa  trois  fils  qui  furent  des  savants  de  premier  ordre.  Le  second 
de  ces  fils,  François  Cliicoyneau,  chancelier  de  l'Université  de  méde- 
cme  de  Monlpellicr,  épousa  une  demoiselle  Chirac,  parente  et  vrai- 

semblablementsœur  du  célèbre  médecin  Pierre  Chirac,  né  en  Auvergne 
en  1630,  fixé  à  Montpellier,  et  continua  la  descendance.  Il  était  con- 
sedler  médecin  du  Roi,  professeur  anatomique,  botanique,  chancelier 
et  juge  de  l'Université  de  médecine  de  Montpellier,  quand  il  fit  enre- 
gistrer son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  Son  fils,  François  II 
Chicoyneau,  reçu  en  1701  conseiller  maître  en  la  Cour  des  comptes, 
aides  et  finances  de  Montpellier,  chancelier  de  l'Université  de  méde- 
cine et  intendant  du  Jardin  des  Plantes  de  la  même  ville,  s'illustra 
par  son  dévouement  lors  de  la  peste  de  Marseille,  en  1722.  Il  fut  nommé 
successivement  conseiller  d'État,  chevalier  de  Saint-Michel,  médecin 
des  Enfants  de  France  et  enfin,  en  1743,  premier  médecin  du  Roi  II 
mourut  à  Versailles  en  1752  à  l'âge  de  80  ans.  De  son  mariage  avec 
Catherine  Fournier  il  avait  eu  une  fille,  qui  se  maria  dans  la  famille  du 
Bois  des  Cours  de  la  Maisonfort,  et  deux  fils,  François  et  Jean-Joseph, 
qui  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

François  III  Chicoyneau,  l'aîné  de  ces  deux  frères,  fut  chancelier  de 
l'Université  de  Montpellier,  intendant  du  Jardin  des  Plantes  de  la 
même  ville,  conseiller  en  la  Cour  des  comptes,  aides  et  finances,  etc 
Il  avait  épousé  en  1737M"«  Rouzierde  Souvignargues.  Il  en  eut  un  fils 
Jean-François,  qui  mourut  dès  1758,  et  une  fille,  Yolande,  qui  épousa 
Jean  de  Pas  de  Beaulieu,  conseiller  en  la  Cour  des  comptes,  aides 
et  finances  de  Montpellier,  et  qui  se  fit  représenter  en  1789  aux  assem- 
blées de  la  noblesse  tenues  dans  cette  ville. 

Jean-Joseph  Chicoyneau,  né  le  28  janvier  1720,  second  fils  de  Fran- 
çois II  et  de  Catherine  Fournier,  vint  se  fixer  à  Paris  à  la  suite  de  son 
père  et  fut  reçu  en  1739  conseiller  au  Parlement  de  cette  ville  ;  il  aban- 
donna plus  tard  la  magistrature  pour  entrer  dans  les  fermes  du  Roi, 
fut  connu  sous  le  titre  de  baron  de  la  Valette  et  mourut  en  1776.  Il 
avait  épousé  très  jeune,  en  1739,  M"^  Herman,  fille  d'un  célèbre 
médecin,  dont  il  n'eut  pas  d'enfants.  Il  se  remaria  plus  tard  à 
M"«  Jogues  de  Martinville  et  en  eut  un  fils,  Jean-Baptiste  Chicoy- 
neau, baron  de  la  Valette,  qui  continua  la  descendance.  Un  des  des- 
cendants de  celui-ci,  Joseph-Octave  Chicoyneau,  baron  de  la  Valette, 
né  en  1834,  marié  à  M"^  du  Coetlosquet,  a  été  général  de  division  et 
commandeur  de  la  Légion  d'honneur. 

Principales  alliances:  de  la  Chapelle-Beaujeu  1710,  Chirac,  Pas  de 
Beaulieu,  Herman,  Boutault  de  Russy  vers  lOiO,  Quarré  de  Verneuil, 


334  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

de  Postel  187.1,  du  Coeliosquet  1866,  Grandin  de  l'Éprevier,  des  Mares 
de  Trébons,  Dubois  de  Villers,  Piœrron  de  Mondésir,  de  Farcy  1905, 
du  Breil  dePontbriand  1907,  etc. 

Pierre  Chicoyneau,  greffier  des  rôles  de  la  ville  de  Meung,  et  Michel 
Chicoyneau,  marchand  bourgeois  de  Tours,  eurent  leur  blason  enre- 
gistré d'office  à  l'Armoriai  général  de  1696. 

CHIEUSSE  de  COMBAUD  (de).  Armes  anciennes  (enregistrées  à  l'Ar- 
moriai général  de  1696j  :  d'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné  en 
chef  de  deux  lis,  chacun  fleuri  de  trois  fleurs  d'argent,  tiges  et 
feuilles  d'or,  et  en  pointe  d'une  rose  d'argent,  tigée  et  feuillée  d'or. 
—  Armes  actuelles  -.parti  :  au  1  d'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné 
en  pointe  d'un  rosier  de  même  ;  au  chef  d'argent,  qui  est  de  Chicussc  ; 
au  2  d'or  à  trois  bandes  de  gueules. 

La  famille  de  CnrEcssE  de  Combaud  est  originaire  de  la  petite  ville 
de  Lorgues,  en  Provence.  Artcfeuil  en  a  donné  au  xviii'  siècle  une 
généalogie  qui  a  été  reproduite  par  la  Chesnayc  des  Bois. 

Cet  auteur  fait  remonter  la  filiation  à  un  Jacques  de  Chieussc,  sieur 
de  Taulane,  qui  aurait  épousé  Marguerite  de  Chabert  et  dont  le  fils, 
noble  Antoine  de  Chieusse,  écuyer,  aurait  épousé  Madeleine  Boyer 
par  contrat  de  novembre  1536.  Le  travail  d'Arlefeuil  ne  doit  être 
accepté  qu'avec  beaucoup  de  réserve,  au  moins  pour  les  premiers 
degrés,  et  la  famille  Chieusse  de  Combaud  paraît  simplement  des- 
cendre d'un  Michel  Chieusse,  marchand  à  Lorgues,  qui  épousa  Cathe- 
rine Féraud  par  contrat  du  28  octobre  1576. 

Jean  Chieusse,  de  la  ville  de  Lorgues,  à  partir  duquel  la  filiation 
est  très  nettement  étabhe,  fit  son  testament  le  26  avril  1652.  Il  figure 
avec  la  qualification  de  noble  dans  le  contrat  de  mariage,  passé 
en  1647,  de  son  fils  aîné,  François.  Il  laissa  quatre  fils,  François, 
Honoré,  Jean  et  Joseph.  On  trouve  que,  lors  de  la  recherche  de  1 666, 
le  second  de  ceu.K-ci,  Honoré  Chieusse,  de  la  ville  de  Lorgues,  paya 
volontairement  une  amende  de  67  livres  pour  avoir  usurpé  la  qualifi- 
cation d'écuyer.  Le  troisième,  Jean  Chieusse,  était  courtier  royal  à 
Marseille  quand  il  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de 
1696.  Le  plus  jeune,  Joseph  Chieusse,  sieur  de  Martigny,  eut  une 
belle  carrière  militaire,  fut  lieutenant-colonel,  gouverneur  de  Lorgues 
et  chevaher  de  Saint-Louis  et  mourut  en  1711  au  Puy-en-Velay  au 
moment  où,  d'après  Artcfeuil,  il  allait  être  nommé  brigadier  des 
armées  du  Roi.  L'aîné  des  quatre  frères,  François  Chieusse,  né 
en  1626,  épousa  Claire  Barry  par  contrat  du  11  novembre  1647  ;  il 
était  conseiller  du  Roi,  juge  de  Lorgues,  quand  il  fit  enregistrer  son 
blason  à  1  Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Draguignan).  Son  fils, 


DICTIONNAIRR     ORS    FAMILLES     FRANÇAISES  335 

André  Cliieusse,  né  en  1654,  était  avocat  en  la  Cour  du  Parlement  de 
Provence  quand  il  épousa,  par  contrat  du  25  novembre  1680,  Ilono- 
rade  Raymond,  hérilière  de  la  seigneurie  de  Combaud  dont  sa  des- 
cendance a  conserve  le  nom  et  pour  laquelle  il  rendit  hommage  à  la 
Chambre  des  comptes  de  Provence  le  6  juin  1696.  Ayant  été  inquiété, 
ainsi  que  ses  oncles,  Jean  et  Joseph,  par  les  commissaires  chargés 
de  la  recherche  des  faux  nobles  en  Provence,  il  se  désista  avec  eux 
volontairement  de  ses  prétentions  et  paya  l'amende.  Son  fils, 
François  Ghieusse,  Sgr  de  Combaud,  né  à  Lorgnes  en  1681,  marié 
le  14  mars  1705  à  Françoise  de  Caries  de  Bartholle,  héritière  de  la 
seigneurie  de  Uoquebrune,  fut  nommé  gouverneur  de  Lorgues  le 
8  février  de  cette  même  année.  Il  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le 
19  mars  1708,  par  jugement  rendu  à  Aix  du  premier  président  Cardin 
le  Bret,  sur  le  vu  d'un  édit  d'août  1696  par  lequel  le  Roi  créait  des 
gouverneurs  héréditaires  dans  les  villes  closes  du  royaume  et  ordon- 
nait que  ces  gouverneurs  jouiraient  de  tous  les  privilèges  de  la 
noblesse.  François  de  Chieusse  fut  encore  maintenu  dans  sa  noblesse 
le  17  octobre  1729  par  jugement  de  M.  le  Bret,  fils,  intendant  de  la 
province,  sur  preuves  remontant  cette  fois  à  1536.  Son  fils,  Louis- 
André  de  Chieusse,  Sgr  de  Combaud  et  de  Roquebrune,  né  à  Lorgues 
le  29  mars  1719,  fut  premier  consul,  puis  maire  de  cette  ville,  et 
épousa  en  1748  Anne  d'Escalis.  Ayant  à  son  tour  été  inquiété  dans 
sa  noblesse,  il  s'adressa  au  Conseil  d'État  et  en  obtint  le  10  août  1755 
un  arrêt,  enregistré  à  la  Cour  des  aides  le  24  novembre  suivant,  qui 
le  maintenait  dans  sa  noblesse  sans  qu'il  soit  tenu  de  rapporter  la 
preuve  de  ladite  qualité  depuis  le  temps  fixé  par  les  édits  et  déclara- 
tions, de  laquelle  preuve  Sa  Majesté  l'a  dispensé.  On  trouvera  dans  le 
Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  qu'il  fit  en  1777  pour 
obtenir  l'admission  à  l'Kcole  militaire  d'un  de  ses  fils,  Fortuné-Roga- 
tien  de  Chieusse  de  Combaud,  né  en  1767  à  Lorgues,  au  diocèse  de 
Fréjus. 

M.  Chieusse  de  Combaud  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  àDraguignan. 

La  famille  de  Chieusse  de  Combaud  nest  pas  titrée. 

Elle  était  représentée  de  nosjourspar  M.  Jean  de  Combaud,  officier 
des  haras,  marié  en  1902  à  M"^  Thénard,  et  par  ses  sœurs,  les  com- 
tesses de  Castéras  et  de  la  Serraz. 

Principales  alliances  :  d'Escalis,  de  Castéras  de  Villemartin,  de 
Salteur  de  la  Serraz  1890,  Thénard,  etc. 

CHIEUSSE  de  VILLEPEYS  (de).  Armes  anciennes  (enregistrées  à  l'Ar- 
moriai général  de  1696)  :  A'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné  en 


336  DICTIONNAIRE     DES    FAM  IL  L  E  S    FRAN  Ç  AISES 

chef  de  deux  lis,  chacun  fleuri  de  trois  fleurs  d'argent,  tiges  et  feuilles 
d'or,  et  en  pointe  d'une  rose  d'argent,  tigée  et  feuillée  d'or.  —  Armes 
actuelles  :  à'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné  en  pointe  d'un 
rosier  de  même,  au  chef  d'argent. 

La  famille  de  Chieusse  de  Villepeys,  originaire  de  la  petite  ville  de 
Lorgues,  en  Provence,  est  une  branche  détachée  à  une  époque 
inconnue  de  la  famille  de  Chieusse  de  Combaud  à  laquelle  a  été  con- 
sacrée la  notice  précédente. 

La  filiation  suivie  remonte  à  Honoré  de  Chieusse  qui  avait  épousé 
Madeleine  Sicolle  et  dont  le  fils,  Charles  de  Chieusse,  épousa  Marthe 
de  Moriès  par  contrat  du  12  février  1668.  Ce  même  Charles  de 
Chieusse,  avocat  en  la  Cour,  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai 
général  de  1696  (registre  de  Draguignan).  Son  petit-lils,  François  de 
Chieusse,  né  à  Lorgues  en  1709,  épousa,  par  contrat  du  10  mars  1744, 
Marie  de  Brunes,  hérilière  de  la  seigneurie  de  Villepeys  dont  sa  des- 
cendance a  conservé  le  nom.  Ayant  été  assigné  à  payer  comme  non 
noble  le  droit  de  franc-fief  pour  cette  seigneurie,  François  de  Chieusse 
s'adressa  à  l'intendant  de  la  province  qui  le  maintint  dans  sa  noblesse 
par  jugement  du  :23  mars  1747. 

François-Charles  de  Chieusse  de  Villepeys,  marié  à  Charlotte  de 
Garnier  de  Fonlblanche,  demanda  inutilement  le  13  mars  1853  pour 
son  fils  aîné,  Charles-Maxime,  l'autorisation  de  joindre  à  son  nom  celui 
de  :  De  Fontblanche.  U  laissa  deux  fils  :  1°  Charles-Maxime,  marié 
en  1857  à  M"*  Cucurny,  dont  la  fille  unique,  héritière  de  la  terre  de 
Fontblanche,  a  épousé  en  1884  le  comte  Edouard-Albert  de  Chantérac, 
son  cousin  germain  ;  2°  Anatole,  qui  a  eu  un  fils  de  son  mariage  avec 
Marguerite  Maurin. 

Principales  alliances  :  Garnier  de  Fontblanche,  de  la  Cropte  de 
Chantérac  1845,  1884,  etc. 

CHIÈVRES  (de).  Armes  :  à' argent  à  une  aigle  éployée  de  sable. 

La  famille  de  Chièvres  appartient  à  la  noblesse  de  l'Angoumois. 
Beauchet-Filleau  en  a  donné  une  généalogie  très  complète  dans  son 
Dictionnaire  historique  et  généalogique  des  familles  du  Poitou. 

D'après  une  tradition  très  ancienne,  mais  qui  ne  s'appuie  sur  aucune 
preuve,  la  famille  de  Chièvres  serait  une  branche  détachée  à  une 
époque  très  reculée  de  la  puissante  maison  princière  de  Croy  qui  a, 
en  eiïet,  possédé  pendant  quelque  temps  une  seigneurie  de  Chièvres, 
en  Bourgogne.  Dans  la  réalité  les  Chièvres  paraissent  avoir  eu  pour 
berceau  le  Périgord.  Tous  leurs  anciens  titres  ont  été  anéantis  quand 
leur  château  de  la  Vallade  fut  saccagé  par  les  Ligueurs,  en 
février  1598.  Par  suite  de  cette  circonstance  on  ne  sait  rien  sur  l'his- 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  337 

toire  de  leur  famille  antérieurement  au  24  avril  1509,  date  à  laquelle 
Pierre  de  Chièvrcs,  écuyer,  Sgr  de  la  Vallade  et  du  Gazon,  épousa 
Marie  de  la  Fontaine  par  contrat  passé  devant  notaire  à  Marthon,  en 
Angoumois.  C'est  à  cette  date  de  1509  que  le  travail  de  Beauchet- 
Filleau  et  les  jugements  de  maintenue  de  noblesse  du  xvii«  siècle  font 
remonter  la  fdiation  suivie.  Pierre  de  Chièvres  laissa  un  fds,  autre 
Pierre  de  Chièvres,  Sgr  des  mêmes  domaines,  qui  épousa  en  1541 
Jeanne  Audebert,  qui  fit  son  testament  le  \l  novembre  1588  devant 
Blanchard,  notaire  en  Angoumois,  qui  ajouta  à  ce  testament  un  codi- 
cille le  16  octobre  1589  et  dont  les  trois  fils  partagèrent  la  succession 
par  acte  du  25  mars  1594.  L'aîné  de  ces  fils,  Pierre  III,  continua  la 
descendance.  Un  des  cadets,  Jacob  de  Chièvres,  Sgr  duPetit-Mouhn, 
marié  en  1601  à  Jeanne  Gouidin,  fut  père  de  François  de  Chièvres, 
Sgr  du  Petit-Moulin,  maître  particulier  des  eaux  et  forets  de  Civray  et 
de  Fontenay,  dont  le  fils,  Louis,  né  en  1641,  ne  paraît  pas  avoir  eu  de 
postérité.  Pierre  III  de  Chièvres,  écuyer,  Sgr  de  la  Vallade  et  du 
Breuil-Salignac,  était  avocat  au  présidial  d'Angoulême  quand  il 
épousa,  par  contrat  du  25  octobre  1582,  Françoise  Brivet,  fille  d'un 
procureur  pour  le  Pioi  à  Jarnac.  Il  eut  de  la  succession  paternelle,  lors 
du  partage  de  1594,  la  terre  de  la  Vallade  avec  ses  forges  et  ses  four- 
neaux. Peu  de  temps  après  il  abjura  le  protestantisme,  ce  qui  n'em- 
pêcha pas  les  ligueurs  de  saccager  sa  maison  de  la  Vallade  sous 
prétexte  que  sa  conversion  n'était  pas  sincère.  Pierre  de  Chièvres  fit 
son  testament  le  14  février  1617.  Il  laissa  trois  fils,  Jacob,  Pierre  et 
Marc,  qui  furent  les  auteurs  de  trois  branches.  Ces  trois  frères  furent 
attaqués  dans  l'exercice  de  leurs  privilèges  nobiliaires  par  les  habi- 
tants de  la  paroisse  de  Buxerolles  qui  voulaient  les  soumettre  à  la 
taille  ;  ils  durent  s'adresser  à  la  Cour  des  aides  qui  les  maintint  dans 
leur  noblesse  par  arrêt  du  23  mars*  1632.  Leurs  descendants  furent 
maintenus  dans  leur  noblesse  d'abord  le  23  mars  1668  par  jugement 
de  M.  d'Aguesseau,  intendant  de  Limoges,  rapporté  tout  au  long  dans 
le  Nouveau  d'Hozier,  puis  les  16  et  17  mai  1699  par  jugements  de 
Bégon,  intendant  de  la  Rochelle. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Jacob  de  Chièvres,  Sgr  de  Guitres  et 
de  la  Vallade,  en  Angoumois,  épousa  le  13  novembre  1613  Jeanne  de 
Lescours.  On  trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de 
noblesse  que  son  descendant,  Pierre-Jacques-Gaspard  de  Chièvres, 
né  en  1769  à  Aujac,  en  Saintonge,  fit  en  1783  pour  être  admis  à 
l'École  militaire  ;  ce  gentilhomme  servit  à  l'armée  des  Princes, 
échappa  au  désastre  de  Quiberon,  fut  plus  tard  receveur  des  finances 
à  Rouen,  puis  député  de  Saint-Jean-d'Angély,  et  mourut  en  1831. 
Jacques-Emile  de  Chièvres,  né  en  1791,  fils  du  précédent,  marié 
X.  22 


:^3K  nir.TIONNATRR     DF.S    FAMILLES     FRANÇAISES 

en  18:26  à  M"*=  Aymer  de  la  Chevalerie,  prit  part  en  1832  à  linsurrec- 
tion  de  la  Vendée,  fut  fait  prisonnier,  traduit  devant  la  Cour  d'assises 
et  acquitté;  il  est  décédé  en  1860  laissant  un  fils.  Son  cousin  germain, 
Joseph-Paul  de  Chièvres,  né  en  1807,  marié  en  1829  à  M"*  de  la  Roche- 
.  Saint-André,  décédé  en  1889,  a  été  connu  le  premier  sous  le  titre  de 
comte;  il  a  laissé  un  fils,  le  comte  Abel  de  Chièvres,  marié  en  1877  à 
M"*  de  la  Rocque-Latour.  M"*  de  Chièvres  d'Aujac  avait  pris  part  en 
1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Saint-Jean-d'Angély. 

La  seconde  branche  est  aujourd'hui  éteinte.  Son  auteur,  Pierre 
de  Chièvres,  Sgr  de  Rouillac,  en  Angoumois,  épousa  en  1627 
Kléonore  de  Montalembert.  On  trouvera  dans  les  Carrés  d'Hozier  les 
preuves  de  noblesse  que  sa  pctite-fiUe,  Jeanne,  née  en  1676,  fit  en 
1686  pour  être  admise  à  Saint-Cyr.  Le  petit-neveu  de  celle-ci,  Pierre 
de  Chièvres,  chevalier,  Sgr  de  Chalignac,  Curton,  la  Montagne,  etc., 
chevalier  de  Saint-Louis,  épousa  en  1775  M"'  Venault  de  Lardinièro. 
11  prit  part  en  1789,  à  cause  de  son  fief  de  Curton,  aux  assemblées 
de  la  noblesse  tenues  à  Saintes.  II  laissa,  entre  autres  enfants,  deux 
fils  :  1°  Achille  de  Chièvres,  né  en  1785,  dont  le  fils,  Louis-Amédée, 
est  décédé  à  Poitiers  en  1876  sans  laisser  de  postérité;  2°  Pierre- 
Adolphe  de  Chièvres,  né  en  1786,  marié  en  1813  à  M"«  de  Coral,  dont 
les  deux  fils  n'ont  pas  eu  de  postérité  masculine. 

L'auteur  de  la  troisième  branche,  Marc  de  Chièvres,  Sgr  d'Aubanie, 
épousa  en  1620  Agnès  Lériget,  fille  d'un  avocat  en  Parlement.  Sa 
descendance  ne  tarda  pas  à  s'éteindre. 

La  famille  de  Chièvres  a  fourni  de  nombreux  officiers,  dont  deux 
ont  péri  à  la  bataille  de  Fontenoy,  des  chevaliers  de  Saint-Louis,  etc. 

Principales  alliances  :  de  la  Porte,  de  Lubersac,  de  Loscours  1613, 
de  Moneys  d'Ordières  1656,  de  Chcvreusc  1607, 1651,  1681,  1700,  de 
Montagnac  1646,  de  Bonnefoy  de  Brétauville  1679,  de  Vernou  1679, 
Robert  de  Lézardière,  Tavcau  de  Mortemer  1706,  de  Barras,  Turpin 
1762,  de  Mallevault  1789,  Aymer  de  la  Chevalerie  1826,  Dcnys  de 
Bonnaventure  1858,  de  Nuchèze  188i,  Caslin  de  Guérin  de  la  Made- 
leine 1798,  de  la  Roche-Saint-André  1829,  de  Larocque-Latour  1877, 
de  Montalembert  1627,  Bonneau  du  Chesne  1756,  Vénault  1775,  de 
Vieillechèze  1815,  de  Coral  1813,  de  Blondcl  de  Joigny  1839,  de 
Hillerin,  d'Asnières,  de  Mascureau  1623,  etc. 

CHIÈZE  de  BRIANCE  (de  la).  Armes  :  écartelé  :  aux  \  et  ^  d'or  à  trois 
bandes  de  gueules  (  aliàs  de  gueules  à  trois  bandes  d'or)  ;  aux  2  ei  3  d'azur 
à  deux  lévriers  dargent  courant  Vun  au-dessus  de  Vautre. 

La  famille  de  la  Chièze  de  Briance  appartient  à  la  noblesse  du  Haut- 
Quercy.  Elle  a  eu  pour  berceau  la  petite  ville  de  Martel  et  a  vraisem- 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  XW 

blablemenl  eu  dans  le  passé  une  origine  commune  avec  la  famille  de 
la  Chèze  de  Murcl  (voyez  ce  nom),  anoblie  en  1815,  qui  est  ancienne- 
ment connue  dans  la  même  ville  et  qui  figure  dans  quelques  actes  avec 
le  nom  de  la  Chièze.  On  trouvera  sur  elle  d'intéressants  renseigne- 
ments dans  les  Carrés  d'Hozier. 

La  filiation  remonte  au  3  mars  1545,  date  à  laquelle  fut  baptisé 
François  de  la  Chièze,  lils  de  monsieur  Jean  de  la  Chièze,  écuyer,  et 
de  demoiselle  Anne  de  Piconai.  Ce  même  monsieur  maître  François  de 
de  la  Chièze,  licencié  en  droit,  avocat  au  siège  de  Martel,  épousa  en 
août  1570  Catherine  deMaubuisson  ;  il  devint  dans  la  suite  procureur 
du  Roi  en  la  sénéchaussée  de  Martel.  Son  fils,  monsieur  maître  Fran- 
çois de  la  Chièze,  écuyer,  procureur  du  Roi  au  siège  de  la  ville  de 
Martel,  épousa  en  1615  Isabelle  Damadieu.  Il  fut  père  de  noble  Fran- 
çois de  la  Chièze,  écuyer,  sieur  de  la  Malvinie,  avocat  au  Parlement 
de  Bordeaux,  puis  conseiller  du  Roi,  lieutenant  particulier  au  siège 
de  Martel,  qui  épousa  en  1642  Anne  de  la  Borie,  et  grand-père  de 
noble  Joseph-Ignace  de  la  Chièze,  chevalier,  Sgr  de  Briance,  avocat 
en  la  Cour,  lieutenant  des  maréchaux  de  France  en  la  province  de 
Quercy,  en  1707,  qui  épousa  le  24  mai  1671  Marguerite,  fille  de  mon- 
sieur maître  Jean  Dalon,  écuyer,  avocat  en  la  Cour  du  Parlement  et 
citoyen  de  Bordeaux.  Bien  que  ces  divers  personnages  figurent  dans 
un  certain  nombre  d'actes  avec  la  qualification  d'écuyer  et  même 
avec  celle  de  chevalier,  leur  situation  nobiliaire  paraît  avoir  été  fort 
douteuse  et  la  famille  de  la  Chièze  ne  figure  pas  au  nombre  de  celles 
de  sa  région  qui  firent  reconnaître  leurnoblesse  lors  des  recherches, 
cependant  si  complètes,  ordonnées  par  Louis  XIV.  Mais  Antoine- 
Philippe  de  la  Chièze,  Sgr  de  Briance  et  de  Saint-Sozy,  fils  de  Joseph, 
marié  en  1717  à  Marie,  fille  de  monsieur  maître  Jean  Castanet,  avocat 
au  Parlement,  et  de  demoiselle  Jeanne  de  Verninac,  se  fit  accorder  le 
23  décembre  1733  par  les  lieutenants  généraux,  assesseurs,  con- 
seillers, procureur  du  Roi  et  consuls  de  la  ville  de  Martel  un  certificat 
attestant  que  sa  famille  avait  toujours  été  considérée  comme  noble. 
Sur  le  vu  de  ce  certificat  il  obtint  en  1738  l'admission  à  Saint-Cyr  de 
sa  fille,  Marie,  née  à  Martel  en  1726. 

La  famille  de  la  Chièze  de  Briance  prit  part  en  1789  aux  assemblées 
de  la  noblesse  du  Quercy. 

Elle  a  conservé  jusqu'à  nos  jours  le  château  de  Briance. 

Son  chef  est  aujourd'hui  connu  sous  le  titre  de  comte. 

Principale  alliance  :  de  Gironde  1803  et  vers  1775. 

CHIFFLET  d'ORCHAMPS  (de).  Armes  :  écartelé:  aux\  et  ^  de  gueules  à  un 
sautoir  d'argent,  accompagné  en  chef  d  un  serpent  arrondi  du  même, 


340  DICTIONNAIRE     D R S     FAMILLES    FRANÇAISES 

se  mordant  la  queue  ;  aux  i  el3 parti  de  gueules  à  la  bande  engreslée 
d'or  et  aussi  de  gueules  fretté  d'or  de  six  pièces,  qui  est  dOrchamps. 
—  Cimier  :  un  dragon  issanl  au  naturel.  —  Supports  :  deux  béliers 
au  naturel. 

La  famille  Chifflet,  aujourd'hui  éteinte,  avait  occupé  un  rang  bril- 
lant dans  la  noblesse  de  robe  de  Franche-Comté.  Elle  figure  dès  le 
XIV*  siècle  dans  le  patriciat  de  Besançon  dont  Gérard  Ciiifïlet  était 
cogouverneur  en  1314. 

La  filiation  suivie  remonte  à  Laurent  Chifflet,  recteur  de  l'Université 
deDôle,  député  de  Besançon  aux  diètes  de  ^Yorms  et  de  Spire,  con- 
seiller au  Parlement  de  Dôle,  ambassadeur  et  conseiller  aulique  de 
lempereur  Charles-Quint,  qui  fut  anobli  par  lettres  patentes  de 
ce  prince  données  à  Thionville  le  5  novembre  155:2.  Laurent  Chifflet 
fut  père  de  Claude  Chifflet,  né  à  Besançon  en  1541,  célèbre  profes- 
seur de  droit  à  Dôle,  décédé  dans  cette  ville  en  1580,  et  de  Jean 
Chifflet,  décédé  vers  1610,  qui  fut  l'un  des  plus  savants  médecins  de 
son  temps.  Celui-ci  laissa,  entre  autres  enfants,  quatre  fils  :  1°  Jean- 
Jacques  Chiffiet,  né  à  Besançon  en  1588,  médecin  et  historien  dis- 
tingué, décédé  en  1660  ;  2"  Pierre-François  Chifflet,  né  en  1592,  jésuite, 
savant  antiquaire,  que  Colbert  fit  venir  à  Paris  pour  lui  confier  la 
direction  du  Cabinet  des  médailles  du  Roi  ;  3°  Philippe  Chifflet,  né 
en  1597,  grand-vicaire  de  l'archevêque  de  Besançon,  auteur  d'un 
ouvrage  très  estimé  sur  le  Concile  de  Trente  :  Concilii  Tridentini 
canones  et  décréta  (Anvers,  1640)  ;  4"  Laurent  Chifflet,  né  en  1598, 
jésuite,  qui  fut  un  des  prédicateurs  les  plus  réputés  de  son  temps. 
L'aîné  de  ces  quatre  frères,  Jean-Jacques,  fut  lui-même  père  de  Jules 
Chifflet,  abbé  de  Balerne,  chancelier  de  la  Toison  d'Or,  décédé  vers 
1676,  dont  les  curieux  Mémoires  ont  été  édités  par  l'Académie  de 
Besançon,  et  de  Jean  Chifflet,  décédé  àTournay  en  1666,  auteur  d'un 
savant  ouvrage  pour  réfuter  l'existence  de  la  prétendue  papesse 
Jeanne  :  Judicium  de  fabula  Joha7inœ papissœ  (Anvers,  1666j. 

Henri-Thomas  Chifflet  fut  au  xvii^  siècle  chapelain  de  la  reine  Chris- 
tine de  Suède.  Philippe  Chifflet,  général  de  l'ordre  des  Carmes 
déchaussés,  abbé  de  Balerne,  prieur  de  Bellefontaine,  fut  aumônier 
de  l'archiduchesse  Isabelle  et  de  l'infant  Ferdinand  d'Espagne. 

Philippe-Eugène  Chifflet,  conseiller  vétéran  au  Parlement  de 
Besançon,  et  sa  femme,  N...  Monnier  de  Noironte  ;  Claude-Nicolas 
Chifflet,  conseiller  du  Roi  audit  Parlement,  et  sa  femme,  Baptiste  d'Or- 
champs  ;  Catherine  Chifflet,  femme  de  Christophe  de  Chaillot,  con- 
seiller au  même  Parlement,  firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armo- 
riai général  de  1696. 

Étienne-Jean-François-Xavier  Chifllet  d  Orchamps,  chevalier,  né  à 


DICTIONNAIKR     DES     FAMILLES     FRANÇAISP:S  341 

Besançon  en  1 71 7,  décédé  en  septembre  1 782  en  son  château  des  Barres, 
près  de  sa  ville  natale,  fui  conseiller  du  Boi  en  tous  ses  Conseils  et 
premier  président  au  Parlement  de  Franche-Comté  en  177 1,  puis  à 
celui  de  Metz  en  1775.  Il  avait  épousé  Marie-Marthe  de  Berbis  de 
Bancy  qui  mourut  à  Metz  en  1782  à  l'âge  de  53  ans.  Leur  fils,  Nicolas- 
Xavier  Chifflet,  né  à  Besançon  en  1766,  premier  président  à  la  Cour 
d'appel  de  cette  ville,  décédé  en  1835,  joua  un  rôle  politique  important 
sous  la  Bestauralion,  fut  créé  pair  de  France  héréditaire  par  ordon- 
nance du  5  novembre  1827,  constitua  un  majorât  de  pairie  au  titre  de 
baron  et  reçut  le  titre  personnel  de  vicomte,  avec  règlement  d'armoi- 
ries, par  lettres  patentes  du28juillet  1828.  IlavaitépouséM"MeGrivel, 
décédée  en  1840.  11  en  laissa  un  fils,  François-Fidèle,  vicomte  Chifflet 
d'Orchamps,  qui  fut  le  dernier  représentant  de  sa  famille  et  qui  mourut 
en  1879  sans  laisser  de  postérité  de  son  mariage  avec  M"^  Boy  de  la 
Chaise.  Gëlle-ci  a  longtemps  survécu  à  son  mari. 

La  famille  Chifflet  avait  fourni  de  nombreux  conseillers  au  Parle- 
ment de  Besançon,  des  savants  et  des  magistrats  distingués,  etc. 

Principales  alliances  :  d'Orchamps,  de  Monnier,  de  Berbis  de  Bancy, 
deVaulchier,  deGriveLBoquetdeCourbouzon,  Camus  de  Becologne, 
Picot  de  Moras  d'Aligny,  etc. 

CHIGHIZOLA-VICINI.  Armes  :  de  gueules  à  une  galère  d'argent;  au, 
chef  cousu  d'azur  chargé  d'une  étoile  d'or.  —  Couronne  :  de  Comte.  — 
Supports  :  deux  licornes.  —  Devise  :  Leale. 

La  famille  Chighizola  a  eu  pour  berceau  la  Ligurie,  en  Italie.  Quoi- 
qu'ait  pu  en  dire  M.  de  Magny,  qui  lui  a  consacré  dans  son  Nobiliaire 
universel  une  pompeuse  notice,  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  appartenu 
à  la  noblesse  antérieurement  à  la  Bévolution. 

Jean  Chighizola  épousa  le  22  novembre  1771  Marguerite  Vicini. 
Leur  fils,  Jean-Baptiste  Chighizola,  originaire  de  Zoagli,  près  de 
Gênes,  joignità  son  nom  celui  de  la  famille  de  sa  mère.  Il  vint  s'établir 
en  France,  épousa  Marie-Thérèse-Joséphine  Allègre,  d'une  famille  de 
Marseille,  et  obtint  la  naturalisation  en  1831.  Son  fils,  Alfred,  connu 
sous  le  titre  de  comte  Chighizola-Vicini,  directeur  de  la  succursale 
de  la  Banque  de  France  à  Marseille,  a  épousé  en  1877  M"®  de  Bonfils 
de  Lapeyrouse.  Il  en  a  eu,  entre  autres  enfants,  un  fils  marié  en  1902 
à  M""  de  Navailles. 

Principales  alliances  :  de  Bonfils  de  la  Peyrouse,  de  Navailles, 
Pinault  de  la  Touche  1905,  etc. 

CHILHAUD  de  la  RIGAUDIE.  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries 
du  25  juillet  1822;  :  de  gueules  à  un  lion  d'or  tenant  un  caducée 


3i2  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

dtargent  et  accompagné  de  trois  besants  de  même,  deux  en  chef  et 
un  en  pointe. 

La  famille  Chilhaud  de  la  Rigaudie  appartenait  avant  la  Révolution 
à  la  haute  bourgeoisie  du  Périgord.  Elle  ne  doit  pas  être  confondue 
avec  une  famille  de  Larigaudie,  encore  existante,  qui  appartient  à 
l'ancienne  noblesse  de  la  même  province. 

Monsieur  Jean  Chilhaud  avait  épousé  vers  1745  dame  Marie  Giry. 
Leur  fils,  Pierre  Chilhaud  de  la  Rigaudie,  né  le  17  novembre  1749  à 
Cherval.  en  Périgord,  fut  nommé  en  1776  conseiller  en  la  séné- 
chaussée et  siège  présidial  de  Périgueux,  puis  en  1786  greffier  garde- 
minutes  et  expéditionnaire  des  lettres  et  actes  de  la  Chancellerie 
près  le  même  siège  présidial.  Député  de  la  Dordogne  sous  le  Pre- 
mier Empire  et  sous  la  Restauration,  conseiller  à  la  Cour  d'appel  de 
Bordeaux  en  1811,  puis  à  la  Cour  de  cassation  en  1815.  il  fut  anobli 
le  28  juillet  1822  par  lettres  patentes  du  roi  Louis  XVIII  et  mourut  à 
Paris  en  1834.  Il  avait  épousé  sa  cousine,  M"'=  Giry.  Il  en  laissa  une 
(ille.  M""  de  Valbrune,  et  deux  fds,  François,  né  à  Périgueux  en  1785, 
marié  successivement  en  1823  àM"''de  Fontenelle  et  en  1832  à  M"^  de 
Valbrune,  et  Antonin,  né  à  Périgueux  en  1792,  qui  paraissent  être 
morts  l'un  et  l'autre  sans  laisser  de  postérité. 

La  famille  Chilhaud  de  la  Rigaudie  s'était  fait  attribuer  par  le 
règlement  d'armoiries  du  2o  juillet  1822  le  blason  d'une  famille  de 
Chillaud  des  Fieux,  de  la  même  province,  qui  venait  de  s'éteindre  et 
avec  laquelle,  d'après  la  tradition,  elle  avait  eu  dans  le  passé  une 
origine  commune.  On  croit  que  cette  famille  portait  primitivement 
les  armes  suivantes  :  d'azur  à  trois  moutons  d'argent.  On  trouvera 
sur  elle  des  renseignements  dans  les  Carrés  d'IIozier  et  dans  le 
Nouveau  d'Hozier.  Elle  avait  pour  auteur  Pierre  Chillaud,  licencié, 
avocat  au  siège  de  Périgueux,  marié  à  Catherine  Chalup,  qui  fit  son 
testament  le  10  mai  1549.  Pierre  Chillaud  laissa  deux  tils,  Jean,  maire 
de  Périgueux  en  1582,  marié  le  28  mars  1569  à  Marie  du  Proux,  et 
Antoine,  qui  furent  simultanément  anoblis  en  1584  par  lettres  patentes 
dont  on  trouvera  le  texte  dans  le  Nouveau  d'Hozier.  Jean-Hélie  de 
Chillaud  d'Effieux.  écuyer,  Sgr  de  Charonsac,  fit  enregistrer  son 
blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  frcgistre  de  Bergerac)  :  de 
gueules  à  un  lion  d'or  tenant  un  caducée  d'argent,  autour  duquel 
sont  entrelacés  deux  serpents  d'or,  et  accompagné  de  trois  besants 
d'argent.  La  famille  de  Chillaud  des  Fieux  fut  maintenue  dans  sa 
noblesse  le  16  novembre  1666  par  jugement  de  Pellot,  intendant  de 
Bordeaux,  et  le  23  avril  1698  par  jugement  de  M.  de  Bezons,  un  des 
successeurs  de  Pellot.  Une  de  ses  représentantes,  Jeanne,  née  en 
1726,  fut  admise  à  Saint-Cyr  en  1732.  Pierre  de  Chillaud  des  Fieux, 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  343 

né  en  1718,  frère  de  la  précédente,  fut  admis  la  même  année  parmi 
les  pages  de  la  Reine.  Jacques-Justin  de  Ghillaud,  né  en  1753,  fut 
admis  en  1 770  parmi  les  pages  de  la  Petite  Écurie.  La  famille  de 
Ghillaud  a  donné  à  la  ville  de  Périgueux  plusieurs  maires  aux  xvi'  et 
xvn"  siècles. 

CHILLAZ  (de  Machard  de),  en  Savoie.  Voyez  :  Maghard  de  Chillaz  (de). 

CHILLOUX.  Armes  :  d'argent  à  un  chevron  d'azur  accompagné  de  trois 
étoiles  de  même,  2  e^  i. 

La  famille  Chilloux,  aujourd'hui  éteinte,  appartenait  à  la  haute 
bourgeoisie  de  l'Angoumois.  Elle  descendait  de  François  Chilloux, 
marchand  à  Tusson,  qui  avait  épousé  Anne  Bonnet  des  Prez  et  dont 
le  fils,  François  Chilloux,  épousa  Marie  Carmignac  des  Combes  par 
contrat  passé  à  RufTec  le  22  octobre  1729.  François  Chilloux,  petit- 
fds  de  celui-ci,  juge  suppléant  à  Ruffec.  décédé  en  1868,  avait  épousé 
à  Poitiers,  en  1806,  M"«  Arnault  de  la  Ménardièrc.  Il  en  eut  trois  filles 
qui  furent  les  dernières  représentantes  de  leur  famille  :  1°  Marie- 
Anne,  mariée  à  M.  Arnauld  de  la  Ménardière,  décédée  en  1891  ;  2°  Zoé- 
Suzanne,  mariée  à  M.  de  Mondion,  maire  de  Ruffec,  décédée  en  1888  ; 
3"  Marie-Françoise,  née  en  1815,  mariée  à  ]\L  Aubin-Fay,  doyen  de  la 
Faculté  de  droit  de  Poitiers,  décédée  en  1899. 

D'après  la  tradition,  l'auteur  de  cette  famille,  François  Chilloux, 
mentionné  plus  haut,  aurait  embrassé  la  profession  de  marchand  à  la 
suite  de  revers  de  fortune  ;  il  aurait  été  fils  d'un  Henri  de  Chilloux, 
écuyer,  sieur  des  Mercerons,  qui  épousa  Marguerite  Mauranguier  par 
contrat  passé  à  Angoulême  le  14  avril  1667.  Henri  de  Chilloux  appar- 
tenait  à   une   famille    Chilloux   des  Fontenelles    qui  aux   xvii^  et 
xvni«  siècles  appartenait  à  la  noblesse  de  la  même  région.  Cette 
famille  portait  pour  armes  :  à'azrir  à  une  croix  ancrée  d'argent.  Elle 
avait  pour  auteur  Guillaume  Chillou,  ou  Chilloux,  marchand,  pair  de 
l'échevinage  d'Angoulême  en  1614,  conseiller   de  ville  le  14   no- 
vembre 1642,  décédé  en  1651,  qui  acquit  la  terre  de  Fontenelles,  en 
la  paroisse  de  Ghampniers,  et  qui  fit  le  13  septembre  1647  au  greffe 
du  présidial  la  déclaration  de  vouloir  vivre  noblement.  Etienne  de 
Chillou,  fils  aîné  du  précédent,  marié  en  1639  à  Fleurique  Mongin, 
fut  maintenu   dans  sa  noblesse,  lors  de  la  recherche  de  1666,  par 
jugement  de  M.  d'Aguesseau,  intendant  de  Limoges.  Il  fut  père,  ou 
aïeul,  dun  Geoffroy  de  Chilloux,  écuyer,  sieur  de  Fontenelles,  qui 
fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  d'An- 
goulême) :  à'azur  à  une  croix  d'argent,  et  qui  mourut  le  10  jan- 
vier 1700.  François  de  Chilloux,  fils  cadet  de  Guillaume,    épousa 


3i4  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

Louise  Guillaumeau;  il  fut  père  d'Henri  de  Chilloux,  sieur  des  Merce- 
rons,  marié  en  1667,  dont  il  a  été  parlé  plus  haut.  Cette  famille  de 
Chilloux  était  représentée  au  xviii*  siècle  par  quatre  frères  qui  parais- 
sent en  avoir  été  les  derniers  représentants.  L'un  de  ces  frères,  Noël 
de  Chilloux,  écuyer,  sieur  de  Churet,  né  en  1731,  épousa  successive- 
ment Anne  de  la  Tour  et  en  1755  Marie  de  Verneuil. 

GHILLT  (de).  Armes  :  à.' argent  à  une  fleur  de  pensée  au  naturel,  tigée 
de  sinople,  posée  sur  une  terrasse  de  même  ;  au  chef  d'azur  chargé  de 
trois  étoiles  d'or. 

Ancienne  famille  de  Haute-Picardie. 

Pierre  et  Simon  de  Chilly,  prêtres,  chanoines  de  l'église  de  Noyon, 
firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696. 

Anne  de  Chilly  était  dans  les  premières  années  du  xvni*"  siècle 
femme  de  Simon  de  Hagucs,  procureur  du  Roi  à  Chauny.  Gabriel- 
F'rançois  de  Chilly  était  sous  Louis  XVI  chapelain  du  chapitre  de 
Saint-Quentin.  Charles  de  Chilly,  ne  en  1807  à  Stenay  (Meuse),  artiste 
dramatique  distingué,  prit  en  1856  la  direction  du  théâtre  de  l'Ambigu- 
Comique,  à  Paris,  et  fut  nommé  en  1866  directeur  de  celui  de 
rOdéon  ;  il  mourut  le  11  juin  1872. 

La  famille  de  Chilly  a  produit  des  officiers  de  mérite,  dont  l'un  périt 
dans  la  guerre  de  1870,  des  membres  de  la  Légion  d'honneur,  etc. 

On  ne  lui  connaît  pas  de  principe  d'anoblissement  et  on  ne  voit 
pas  qu'elle  ait  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse. 

CHILOUP   Durand  de).  Voyez  :  Durand  de  Chiloup. 

CHIMAY  (Riquet  de  Caraman-).  Voyez  :  Riquet  de  Caraman  et  de 
Caraman-Chimay. 

CHIN  (de  Sourdeau  de).  Voyez  :  Sourdeau  de  Chin  (de). 

CHINIAC  de  la  BASTIDE. 

La  famille  Chiniac  de  la  Bastide  appartenait  au  xviii^  siècle  à  la 
haute  bourgeoisie  du  Limousin. 

Mathieu  Chiniac  de  la  Bastide,  né  en  1739,  décédé  en  1802,  a 
laissé  des  ouvrages  de  littérature  estimés.  Son  frère,  Pierre  Chiniac 
de  la  Bastide  du  Claud,  né  en  1741  à  Alassac,  près  de  Brives,  avocat 
au  Parlement  de  Paris,  puis  lieutenant  général  civil  en  la  séné- 
chaussée d'Uzerche,  nommé  en  1796  président  du  tribunal  criminel 
de  la  Seine,  décédé  en  1802,  a  également  écrit  plusieurs  ouvrages 
estimés.     . 

La  famille  Chiniac  de  la  Bastide  a  vraisemblablement  eu  dans  le 
passé  une  origine  commune  avec  une  famille  Chiniac  de  la  Morèlie 


niCTIONNAlRE     DRS     FAMILLES     FRANÇAISES  345 

qui  au  xviii"  siècle  occupait  en  Périgord  un  rang  distingué.  Cette 
famille  portait  pour  armes  :  d'argent  à  une  salamandre  d'or,  cou- 
ronnée de  même,  entourée  de  flammes  de  gueules.  Son  chef,  Jérôme 
Chiniac,  sieur  de  la  Morèlie,  conseiller  au  présidial  de  Périgueux, 
obtint  en  mars  1750  des  lettres  patentes  d'anoblissement  dont  on 
trouvera  le  texte  dans  le  Nouveau  dHozier.  Ces  lettres  disent  que 
la  famille  Chiniac  était  honorablement  connue  en  Périgord  depuis 
trois  siècles. 

CHINOT  de  FROMESSENT  (de).  Armes  :  à'argent  à  trois  molettes 
d'éperon  de  gueules,  2  eM.  —  Couronne  :  de  Comte.  —  Supports  :  un 
lion  à  dextre,  un  griffon  à  sénestre.  —  Cimier  :  une  tête  de  licorne. 
—  Devise  :  Laus  Deo  semper. 

La  famille  de  Chlxot  de  Fromessent  appartient  à  la  noblesse  du 
Boulonnais.  Saint-Allais  en  a  donné  une  généalogie  dans  le  tome 
XIX  de  son  Nobiliaire  Universel.  On  trouvera  aussi  sur  elle  d'in- 
téressants renseignements  dans  les  Dossiers  bleus,  dans  le  Cabi- 
net d'Hozier,  dans  les  Recherches  généalogiques   sur  les  comtés 
de  Ponthieu,  de  Boulogne  et  de  Guines  de  M.  de  laGorgue-Rosny,  etc. 
La  fdiation  suivie  remonte  au  2  août  1460,  date  à  laquelle  Phi- 
lippe Chinot,  écuyer,  homme  d'armes,  fils  de  Jérôme  Chinot,  écuyer, 
pensionnaire  du  duc  de  Bourgogne,  épousa,  par  contrat  passé  àMon- 
treuil,  en  présence  de  son  oncle  Flour  Chinot,  écuyer,  demoiselle 
Isabeau  de  Bainclun,  fdle  de  Pierre  de  Bainctun,  écuyer.  D'après  un 
mémoire  de  famille,  le  père  du  nouveau  marié,  Jérôme  Chinot,  rési- 
dant à  Fauquembergue,  avait  épousé  Jacquehne  le  Caron  de  la  Masson- 
nière,  du  comté  de  Saint-Pol,  et  était  lui-même  fils  d'un  autre  Jérôme 
Chinot,  militaire  au  service  du  duc  de  Bourgogne,  fixé  en  Boulonnais 
vers  1380,  qui,  en  1420,  fit  donation  de  ses  biens  à  son  fils.  Nicolas 
Chinot,   sieur  du  Val,  d'Ormoy,  etc.,   fils  de  Jérôme    et  d'isabeau 
de  Bainctun,   fut  nommé  échevin  de  Boulogne  en  1492  et  épousa 
Marie  Leest,  sœur  de  Jean  Leest,  abbé  de  Saint- Wulmer,  auteur  d'une 
Histoire  du  Boulonnais.  Il  laissa  deux  fils  :  1°  Louis  Chinot,  sieur 
de  Pincheberg,  lieutenant  général  de  la  sénéchaussée  de  Boulon- 
nais en  1531,  qui  épousa  Madeleine  du  Moulin  et  dont  la  descen- 
dance ne  tarda  pas  à  s'éteindre;  2°  Jean  Chinot,  sieur  du  Val,  d'Hes- 
dème,  etc.,  pair  de  Fouquehove,  échevin  etmaïeur  de  Boulogne,  qui 
épousa  le  2  mars  1524  Marguerite  du  Tertre,  d'une  famille  noble  de 
la  région,  et  qui  continua  la  descendance. 

Le  jugement  de  maintenue  de  noblesse  obtenu  en  1697  par  la  famille 
Chinot  en  fait  remonter  la  filiation  à  noble  personne  Antoine  Chinot, 
sieur  d'Hesdème,  du  Val,  pair,  sieur  de  Fouquehove  et  du  Quesnoy, 


346  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

qui  épousa  Jacquette  Dostove  par  contrat  du  29  mars  1557.  Ce  per- 
sonnage était  un  fils  de  Jean  Chinot  et  de  Marguerite  du  Tertre, 
mentionnés  plus  haut  ;  il  fut  garde  du  scel,  lieutenant  civil,  puis  lieute- 
nant général  de  la  sénéchaussée  de  Boulonnais,  fut  anobli,  en  considé- 
ration de  ses  services,  par  lettres  patentes  du  roi  Henri  IV  du  4  août  1591 
et  fit  son  testament  le  21  avril  1610.  11  fut  père  de  Claude  de  Chinot, 
écuyer,  sieur  du  Quesnoy,  qui  fut  nommé  le  24  février  1610  gen- 
tilhomme ordinaire  de  la  chambre  du  Roi  et  qui  épousa  le  4  juillet  1611 
Benoîte  de  Caboche,  fdle  d'un  lieutenant  au  gouvernement  des  ville 
et  citadelle  de  Calais,  et  grand-père  de  Louis  de  Chinot,  chevalier, 
Sgr  du  Quesnoy,  capitaine  au  régiment  de  Navarre,  qui  épousa 
Françoise  de  Brunel  par  contrat  passé  le  14  janvier  1659  devant 
notaire  royal  à  Perrière,  en  Gàtinais.  Françoise  de  Brunel  était  veuve 
quand  elle  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696 
avec  celui  de  son  second  fils  François.  Le  plus  jeune  de  ses  fils, 
Jacques,  fut  tué  à  l'ennemi  en  Allemagne  en  1688.  Les  deux  aînés, 
François  de  Chinot,  écuyer,  sieur  du  Val,  capitaine  au  régiment 
de  Picardie,  âgé  de  37  ans,  et  Claude  de  Chinot,  sieur  de  Chailly, 
capitaine  au  même  régiment,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse 
le  21  décembre  1607  par  jugement  de  Bignon,  intendant  d'Amiens. 
On  trouvera  dans  les  Dossiei's  bleus  le  texte  de  ce  jugement.  Claude 
de  Chinot  était  lieutenant  pour  le  Roi  en  la  ville  et  gouvernement  de 
Bapaume  quand  il  épousa,  le  15  mai  1705,  Marie-Thérèse  Drouart. 
On  trouvera  dans  le  Cabinet  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que 
son  fils  aîné,  Jean-Baptiste-Claude-Joseph  Chinot,  né  à  Bapaume  en 
1706,  fit  en  1714  pour  être  admis  au  Collège  Mazarin.  Ce  jeune 
homme  devint  dans  la  suite  colonel  d'infanterie  des  troupes  bou- 
lonnaises.  Il  épousa,  par  contrat  du  27  janvier  1745,  Charlotte  de 
Guizelin,  héritière  de  la  seigneurie  de  Fromessent,  et  fut  connu  dès 
lors  sous  le  titre  de  vicomte  de  Fromessent,  conservé  depuis  cetle 
époque  par  le  chef  de  la  famille.  Ses  deux  fils,  Charles  Chinot  de 
Fromessent  et  Augustin-Benoît  Chinot  de  Chailly,  tous  deux  capi- 
taines au  régiment  de  Royal-Vaisseau,  prirent  part  en  1789  aux 
assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Boulogne-sur-Mer.  L'aîné  d'entre 
eux,  Charles  de  Chinot,  vicomte  de  Fromessent,  chevalier  de  Saint- 
Louis,  épousa  en  1798  M"*  de  MouUart  de  Torcy.  Il  en  eut  trois  fils  : 
1"  Frédéric,  vicomte  de  Fromessent,  marié  en  1835  à  M"®  de  Béthune, 
dont  le  fils  unique,  Gaston-Antoine,  vicomte  de  Fromessent,  a  laissé 
de  son  mariage  en  1871  avec  Amélie  de  Villiers  de  la  Noue,  aujour- 
d'hui sa  veuve,  une  fille  unique,  la  comtesse  Emmanuel  de  Mac- 
Mahon  ;  2°  Edouard  de  Fromessent,  chevalier  de  Saint-Jean  de  Jéru- 
salem, marié  en  1836àM"''Lamy,quin  a  eu  que  deux  filles  ;3''Théobald, 


niCTIONNAinF.     DKS    FAMILLRS     FRANÇAISES  347 

qui  fui  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Fromessent  après  son 
mariage,  en  1838,  avec  Charlotte  du  Tertre,  comtesse  d'IIust  et  du 
Saint-Empire,  et  dont  la  descendance  masculine  est  aujourd'hui  près 
de  s'éteindre. 

Principales  alliances  :  du  Tertre  1524,  1838,  1902,  de  Dixmude  de 
Montbrun  1546,  Blondel  de  Joigny  de  Bellebrune,  du  Blaisel,  de  Gui- 
zelin  1745,  de  MouUart  de  Torcy  1798,  de  Béthune-Hesdigneul  1835, 
de  Villiers  de  la  Noue  1871,  de  Mac-Mahon  1892,  de  Brossard  1876, 
Testa  de  Balincourl  1901,  Lefebvre  de  Plinval  1865,  etc. 

CHIPILLY  (Thiérion  de).  Voyez  :  Thiérion  de  Chipilly. 

CHIRAC,  ou  CHIRAC  (de).  Armes  :  d'azin^à  une  aigle  de  profil  d'argent,  le 
vol  levé,  regardant  un  soleil  d'or  posé  à  V  angle  dextre  du  chef  de  lécu. 

La  famille  Chirac  est  une  des  plus  anciennes  de  la  haute  bourgeoisie 
d'Auvergne. 

Une  tradition,  qui  naturellement  ne  s'appuie  sur  aucune  preuve, 
la  fait  descendre  de  celle  des  seigneurs  de  Chirac,  en  Gévaudan, 
qui  fut  fort  puissante  au  moyen  âge.  Bouillet,  dans  son  Nobiliaire 
d'Auvergne,  mentionné  un  Lordel  de  Chirac,  chevalier,  qui  assista 
en  1286  à  un  accord  conclu  entre  Englès  et  Richard  de  Mostuéjouls, 
et  un  Bérenger  de  Chirac,  chevalier,  qui  était  en  1393  coseigneur 
d'Alègre. 

Si  la  famille  Chirac  actuellement  existante  descend  de  celle  des 
anciens  seigneurs  de  Chirac,  elle  a,  en  tout  cas,  perdu  sa  noblesse 
par  dcrogeance  dès  une  époque  très  reculée.  Elle  compte  au 
nombre  de  ses  premiers  auteurs  connus  :  Jean  Chirac,  Sgr  d'Agrain, 
de  Paladines,  etc.,  notaire  royal,  châtelain  de  Pompignac,  marié 
en  1525  à  Charlotte  Coutel,  et  leur  llls,  Claude  Chirac,  notaire 
royal,  châtelain  de  Pompignac,  marié  en  1569  à  Agnès  Cathela.  Une 
demoiselle  Chirac  épousa  au  commencement  du  xviii®  siècle 
M.  d'Aurelle,  Sgr  du  Crouzet,  et  lui  porta  la  seigneurie  de  Paladines 
dont  sa  descendance  porte  encore  le  nom. 

La  famille  Chirac  a  été  illustrée  par  Pierre  Chirac,  né  en  1650  à  Con- 
ques, en  Rouergue,  surintendant  du  Jardin  des  Plantes  de  Montpellier 
en  1715,  qui  fut  un  des  plus  célèbres  médecins  de  son  temps.  Chirac 
obtint  en  1728  des  lettres  patentes  d'anoblissement,  fut  admis  en  1716 
à  l'Académie  des  sciences,  fut  nommé  en  1730  premier  médecin  du 
roi  Louis  XV  et  mourut  à  Marly  en  1732  ;  il  ne  paraît  pas  avoir  laissé 
de  postérité.  Il  était  conseiller  du  Roi,  professeur  en  la  Faculté  de 
médecine  de  Montpellier  quand  il  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Ar- 
moriai général  de  1696. 


348  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Amet  Chirac  fut  de  1734  à  1751  échevin  de  Clermont-Ferrand. 

Plusieurs  brandies  de  la  famille  Chirac  se  sont  perpétuées 
jusqu'à  nos  jours  en  Auvergne  et  en  Gévaudan.  Quelques-uns  de  ses 
représentants  font  précéder  leur  nom  de  la  particule  de.  L'un  d'eux, 
M.  Florimond  de  Chirac,  inspecteur  d'assurances,  marié  en  1900  a 
M"^  Ogier  de  Baulny,  joint  à  son  nom  celui  de  la  famille  d'Apchier 
dont  il  descend  vraisemblablement  en  ligne  féminine. 

La  famille  Chirac  a  fourni  des  officiers,  des  notaires,  des  avocats, 
des  juges  de  paix,  des  littérateurs,  etc. 

Principales  alliances  :  d'Aurelle,  Gaultier  de  Biauzat  1750, 
Chicoyneau,  Barge  1883,  Ogier  de  Baulny,  etc. 

Il  a  existé  à  Toulouse  une  autre  famille  Chirac  qui  portait  pour 
armes  :  de  gueules  au  mont  de  trois  coupeaux  d'argent,  celui  du 
milieu  plus  élevé,  accosté  de  deux  lions  affrontés,  posés  sur  les 
coupeaux  bas  et  sciant  avec  une  scie  celui  du  milieu.  Un  membre  de 
cette  famille,  Jean-Baptiste  de  Chirac,  écuyer,  fut  capitoul  de 
Toulouse  en  1761  et  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  dans  cette  ville. 

CHIRAT  de  SOUZY  et  du  VERNAY.  Armes  :  d'azur  à  un  lion  rampant 
contre  un  chiral  (ou  montagne)  de  pierres  d'argent. 

La  famille  Chir.\t  de  Souzy  et  dc  Vernay,  éteinte  dans  les  mâles  en 
1880,  appartenait  à  la  noblesse  dn  Lyonnais.  M.  Henri  de  Jouvencel 
en  a  donné  une  généalogie  complète  dans  son  Assemblée  de  la 
noblesse  de  la  sénéchaussée  de  Lyon  en  1789. 

Jean  Chirat,  bourgeois  de  Lyon,  auquel  remonte  la  filiation, 
épousa  successivement  en  1608  Anne  Dizier  et  en  1638  Marguerite 
Fébureet  laissa  de  ces  deux  unions  un  très  grand  nombre  d'enfants. 
Jacques  Chirat,  bourgeois  de  Lyon,  né  du  second  lit  en  1639,  (it 
enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  Il  avait  épousé 
à  Lyon  en  1673  Marguerite  Simonet,  fdle  d'un  banquier  et  joaillier 
ordinaire  du  Roi  dans  celte  ville.  Son  petit-fils,  Jean-Antoine  Chirat, 
sieur  de  Souzy,  marié  à  Lyon  en  1732  à  Marie-Françoise  Caillât,  fut 
anobli  par  l'échevinage  de  cette  ville  qu'il  exerça  en  1778.  Il  laissa 
plusieurs  fils  dont  deux,  Jean-Pierre-Antoine  Chirat  et  Charles-Ber- 
nardin Chirat  du  Vernay,  prirent  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  àLyon.  L'aîné  de  ces  deux  frères,  Jean-Pierre-Antoine, 
avait  épousé  en  1789  sa  cousine  germaine,  Jeanne-Charlotte  Chirat  ; 
il  fut  élu  en  1791  député  de  Rhône-et-Loire  à  l'Assemblée  législative 
et  mourut  à  Souzy  en  1838  laissant  un  fils  unique  qui  fut  prêtre.  Le 
puîné,  Charles-Bernardin,  marié  en  1789  à  M"^  Berlié,  fut  président 
du  tribunal  de  commerce  dc  Lyon  et  député  du  Rhône  en  1810  et  1814. 


Dir/riONNAl  l$R     ORS    FAMII,  LKS     FRANÇAISES  349 

La  lamiîle  Cliirat  de  Souzy  et  du  Vernay  s'est  éteinte  avec  son  fils, 
Charles-Aimé  durât  du  Vernay,  qui  est  décédé  à  Souzy  en  1880  lais- 
sant trois  filles  de  son  mariage,  en  1851,  avec  sa  cousine,  M''®  de 
Révérony. 

Principales  alliances  :  de  Montherot  1713,  Gayot  1713,  de  Révé- 
rony 1791,  1830,  1851,  Guichard  vers  1790,  Comarmond,  etc. 

La  famille  Chirat  de  Souzy  et  du  Vernay  paraît  avoir  eu  pour  ber- 
ceau la  Bourgogne.  Elle  peut  avoir  eu  dans  le  passé  une  origine  com- 
mune avec  une  famille  Chirat  qui  a  occupé  dans  cette  province  un 
rang  distingué.  Les  Chirat  de  Bourgogne  portaient  pour  armes  :  d'azur 
à  un  lion  d'or.  Jean  Chirat  fut  pourvu  en  1556  de  l'office  de  garde 
des  livres  et  papiers  delà  Chambre  des  comptes  de  Dijon.  Condamnée 
comme  usurpatrice  de  noblesse  par  arrêt  de  1665,  la  famille  Chirat 
n'en  fut  pas  moins  admise  en  1724  aux  États  de  Bourgogne;  elle 
prouva  dans  cette  circonstance  trois  degrés  de  noblesse  remontant 
à  Annibal  Chirat  qualifié  écuyer  en  1603.  Elle  a  fourni  un  prévôt 
général  des  armées  navales  sous  les  rois  Louis  XIII  et  Louis  XIV, 
un  prévôt  des  maréchaux  de  France  dans  le  Châlonnais  en  1655,  un 
gentilhomme  du  duc  d'Orléans,  maître  d'hôtel  ordinaire  du  Roi,  un 
mestre  de  camp  de  cavalerie  au  xviii^  siècle,  etc. 

CHIRAT  de  MONTROUGE.  Armes  :  d'azur  à  trois  roses  d'argent,  2  e/l  ; 
au  chef  cousu  de  gueules  chargé  de  trois  étoiles  d'or. 

La  famille  Chirat  de  Montrouge  est  fort  anciennement  et  fort  hono- 
rablement connue  en  Forez.  Elle  est  distincte  de  la  famille  lyonnnaise 
Chirat  de  Souzy  et  du  Vernay  à  laquelle  a  été  consacrée  la  précédente 
notice  ^ 

Pierre  Chirat,  auquel  remonte  la  filiation,  était  en  1478  notaire  à 
Sury-le-Comtal  et  viguier  de  Saint-Romain-le-Puy.  Un  de  ses  arrière- 
petits-fils,  Geoffroy  Chirat,  ayant  été  nommé  avocat  au  bailliage  de 
Montbrison,  vint  dans  les  dernières  années  du  xvi^  siècle  se  fixer  dans 
cette  ville.  La  famille  Chirat  acquit  peu  de  temps  après  dans  la  ban- 
lieue de  Montbrison  la  terre  seigneuriale  de  Montrouge  qu'elle  a  con- 
servée jusqu'à  nos  jours.  Un  de  ses  représentants,  Etienne  Chirat, 
était  en  1629  lieutenant  de  la  chàtellenie  de  Feurs. 

François  Chirat  de  Montrouge,  conseiller  du  Roi  au  bailliage  de 
Montbrison,  et  Antoine  Chirat,  sieur  de  Montrouge,  ancien  conseiller 
du  Roi  au  bailliage  et  sénéchaussée  de  Montbrison,  firent  enregistrer 
leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  Le  premier  d'entre  eux 


'  Cette  notice  a  été  l'aile  en  partie  à  laide  de  renseignements  dus  à  l'ubligeance 
de  M.  Raoul  de  Clavié're. 


350  niCTIONNAIRK     DES    FAMII.LF.S    FRANÇAISES 

portait  les  armoiries  décrites  en  tête  de  cet  article.  Le  second  portait 
les  armes  suivantes  :  d'azur  à  un  chevron  d'argent,  chargé  d'un 
croissant  d'azur. 

Un  cadet  de  cette  famille,  François-Louis  Chirat  de  Montrouge  de 
Bellair,  marié  en  1707  à  Catherine  Bernard,  étant  venu  se  fixer  en 
Lorraine,  y  fut  anobli  le  P""  avril  1713  par  lettres  patentes  du  Duc. 
11  laissa  un  fds,  Jean-Baptiste,  qui  épousa  en  1740  Catherine  Vaultrin 
et  qui  ne  parait  pas  avoir  eu  de  postérité. 

On  ne  connaît  pas  de  principe  d'anoblissement  à  la  branche  qui 
sest  perpétuée  en  Forez  jusqu'à  nos  jours.  Son  chef,  noble  Antoine- 
François  Chirat  de  Montrouge,  Sgr  de  Montrouge  et  de  la  Pommière, 
conseiller  du  Roi  au  bailliage  et  sénéchaussée  de  Forez,  fds  de  noble 
Antoine,  sieur  de  Montrouge,  et  de  dame  Anne  Ravat,  épousa  en 
1693  Jeanne  Montaigne,  d'une  vieille  famille  forézienne  dont  le  chef 
est  aujourd  hui  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Poncins.  Jeanne  Mon- 
taigne, étant  veuve,  rendit  hommage  le  9  jui[i  1722  pour  son  lief  de 
Montrouge.  Elle  fut  mère  de  Jean  Chirat  de  Montrouge,  Sgr  des 
mêmes  terres,  conseiller  du  Roi  au  bailliage  et  sénéchaussée  de 
Forez,  qui  épousa  en  1727  Marie-Catherine  Boyer  de  Montorcier,  et 
grand-mère  de  Jean  Chirat  de  Montrouge,  marié  en  1771  à  Simone 
Duguel,  qui,  en  1789,  était  lieutenant  criminel  honoraire  au  bailliage 
du  Forez.  Cn  fils  de  celui-ci,  Antoine  Chirat  de  Montrouge,  fut 
nommé  en  1783  chevalier  servant  de  l'ordre  de  Malte'.  Un  autre, 
Jean  Chirat  de  Montrouge,  président  du  tribunal  criminel  de  la  Loire, 
épousa  en  l'an  V  Marie  Reymond-Dubouchet. 

La  famille  Chirat  de  Montrouge  est  aujourd'hui  près  de  s'éteindre. 

Elle  a  fourni  des  officiers  et  des  magistrats  de  mérite. 

Principales  alliances  :  Montaigne  (de  Poncins;  1693,  Chassain,  Syl- 
vestre de  la  Noérie  vers  1760,  Boyer  de  Montorcier  1727,  Duguet  de 
Bullion  1771,1819,  etc. 

CHIRÉ  (de).  Armes  :  d'azur  à  trois  coquilles  d'or,  ^  et  \.  —  Supports  : 
deux  lions. 

Les  armoiries  décrites  en  tête  de  cet  article  sont  celles  d'une 
famille  Jacques,  ou  Jacques  de  Chihé,  qui  a  appartenu  à  la  noblesse 
du  Poitou. 

Cette  famille  remontait  par  filiation  suivie  au  18  novembre  1539, 
date  à  laquelle  Jean  Jacques,  écuyer,  fit  une  transaction  relative  aux 
biens  de  son  père,  François  Jacques.  Ce  même  Jean  Jacques  figure 


'  On  appelait  chevaliers  servants  ceux  qui  n'avaient  pas  la  noblesse  requise  pour 
être  admis  dans  l'Ordre  au  rang  de  chevalier. 


niCTFONNAlHK     I)  R  S     FAMILLF.S    FRANÇAISES  3:'.| 

dans  uu  acte  de  1560  comme  étant  le  plus  ancien  magistrat  pour  le 
Roi  au  présidial  de  Poitiers.  Il  fut  père  de  Joachim  Jacques,  écuyer, 
Sgr  de  la  Clielle,  qui  épousa  Marie  de  Juye  par  contrat  du  14  décembre 
1574,  et  grand-père  de  Jacques  Jacques,  écuyer,  Sgr  de  la  Bellotièro, 
qui,  après  avoir  justifié  sa  liliation  par  titres  depuis  1539,  fut  main- 
tenu dans  sa  noblesse  le  20  janvier  1599  par  jugement  rendu  à  Poi- 
tiers des  commissaires  généraux  pour  le  régalement  des  tailles.  Ce 
fut  ce  dernier  personnage  qui  épousa,  par  contrat  du  17  janvier  1615, 
Catherine  de  Péréfixe,  héritière  de  la  seigneurie  de  Chiré  sous  le 
nom  de  laquelle  ses  descendants  ont  été  à  peu  près  exclusivement 
connus.  Il  en  en  eut  un  lils,  Jean  Jacques,  écuyer,  Sgr,  de  Chiré,  en 
l'élection  de  Poitiers,  qui  épousa  le  24  octobre  1644  Marguerite  de 
Foy  et  qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  30  août  1667  par  juge- 
ment de  M.  de  Barentin,  intendant  de  Poitiers.  Jean  Jacques,  écuyer, 
Sgr  de  Chiré,  un  des  fds  du  précédent,  épousa  en  1710  Elisabeth 
Thibault  et  continua  la  descendance. 

Jean  Jacques,  écuyer,  sieur  de  Chiré  ;  Nicolas  Jacques,  écuyer, 
sieur  de  Souvigny- Chiré  ;  N...  Jacques,  fdle;  Marguerite  Jacques, 
veuve  de  N...  Beugnon  ;  et  N...,  femme  de  N...  de  Chiré,  écuyer, 
firent  enregistrer  leur  blason  ou  l'eurent  enregistré  d'office  à  l'Armo- 
riai général  de  1696  (registre  de  Poitiers). 

Marguerite-Françoise  Jacques  de  Chiré,  née  le  8  janvier  1699  à 
Chiré,  en  la  paroisse  de  Montreuil,  fille  de  Nicolas  Jacques  et  de 
Françoise-Thérèse  Guinon,  fit  en  1706  des  preuves  de  noblesse  pour 
être  admise  à  la  maison  de  Saint-Cyr.  Elle  épousa  dans  la  suite 
d'abord  en  1722  Louis-Samuel  de  Goulaine-Laudouinière,  puis  en 
1737  Jacques-Laurent  d'Escars-Loges .  Son  cousin,  Jean-Baptiste- 
Louis  Jacques  de  Chiré,  né  en  1734,  petit-fils  de  Jean  et  d'Elisabeth 
Thibault,  mentionnés  plus  haut,  fut  admis  en  1750  parmi  les  pages 
de  la  Petite  Écurie. 

Il  existe  de  nos  jours  en  Normandie  une  famille  de  Chiré  qui  croit 
être  la  même  que  la  famille  Jacques,  ou  Jacques  de  Chiré,  dont  il 
vient  d'être  parlé  et  qui  en  porte  les  armoiries.  On  n'a  pu  se  procurer 
sur  cette  famille  que  des  renseignements  insuffisants.  M.  de  Magny 
lui  a  conservé  une  notice  très  courte  et  très  vague  dans  le  tome  VII 
de  son  Nobiliaire  universel. 

Jean-René  de  Chiré,  né  en  1760,  marié  à  M"^  Blondel  de  Moulines, 
était  sous  Louis  XVI  avocat  au  Parlement  de  Normandie.  Son  fils 
unique,  Jean-Auguste  de  Chiré,  capitaine  d'infanterie,  tué  en  1814  à 
la  bataille  de  la  Fère-Champenoise,  fut  père  de  Georges-Hippolyte  de 
Chiré,  né  en  1807,  qui  a  laissé  une  nombreuse  postérité  de  son 
mariage  avec  M"'^  Rose-Zénaïde  Boue  de  LaerauRe. 


352  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Principales  alliances  :  Boue  de  Lagrange,  de  Courseulles  1854,  du 
Merle  1860,  etc. 

CHIROL  de  la  BROUSSE.  Armes  :  d'azu?'  à  une  montagne  de  vingt  et  un 
coupeaux  d'or;  au  chef  d'argent  chargé  de  trois  étoiles  de  gueules. 
—  Couronne  :  de  Comte. 

La  famille  Chirûl  de  la  Brousse  est  fort  anciennement  connue  en 
Auvergne.  Tardieu,  qui  lui  a  conservé  une  notice  dans  son  Diction- 
naire des  anciennes  familles  de  V Auvergne,  dit  qu'elle  avait  pour 
nom  primitif  celui  de  Chirols  et  lui  attribue  pour  premier  auteur 
connu  un  Guillaume  de  Chirols,  écuyer,  Sgr  de  Chirols  et  deBeaufort, 
qui  fut  convoqué  en  1543  à  l'arrièrc-ban  d'Auvergne. 

Biaise-Gilbert  Chirol  de  la  Brousse  était  en  1698  officier  de  vénerie 
de  Monsieur,  frère  du  Roi.  Jean-Antoine-Annet  Chirol  de  la  Brousse 
servait  en  1767  dans  les  chevau-légers. 

On  ne  connaît  pas  à  la  famille  Chirol  de  la  Brousse  de  principe 
d'anoblissement  bien  que  ses  membres  aient  pris  les  qualifications 
nobiliaires  dans  un  certain  nombre  d'actes  des  wii*^  et  xviii''  siècles. 
Elle  ne  ligure,  en  tout  cas,  ni  au  nombre  de  celles  qui  ont  été  main- 
tenues nobles  lors  des  diverses  recherches  ordonnées  par  Louis  XIV, 
ni  au  nombre  de  celles  qui  ont  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de 
la  noblesse  d'Auvergne;  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  fait  enregistrer 
son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696. 

Jean-Antoine  Chirol  de  la  Brousse,  inspecteur  des  domaines  à 
Riom,  épousa  en  1794  M"«  deChapt  de  Rastignac-Messillac.  L'aîné  de 
ses  trois  fils,  Jacques-Joseph,  a  été  conseiller  à  la  Cour  de  Riom. 

La  famille  Chirol  de  la  Brousse  a  fourni  des  avocats,  des  magis- 
trats, des  officiers,  des  médecins,  des  membres  de  la  Légion  d'hon- 
neur, etc. 

Principales  alliances  :  de  Chapt  de  Rastignac-Messillac  1794,  Chas- 
saigne,  Toyras  de  Grandval,  etc. 

CHIRON  de  la  CAZINIÈRE,  du  BROSSAY  et  de  KÉRALAY.  Armes  de  la 
branche  de  la  Cazinière  :  A'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné  de 
trois  dauphins  de  même,  les  deux  du  chef  adossés.  —  Armes  de  la 
branche  du  Brossay  :  d'argent  à  un  chevron  (aliàs  d'après  Kerviler, 
à  un  croissant)  d'azur  accompagné  de  trois  cœurs  de  gueules. 

La  famille  Chiron  est  originaire  de  Nantes  où,  dès  le  milieu  du 
xvii^  siècle,  elle  occupait  un  rang  distingué  dans  la  bourgeoisie.  Elle 
était  déjà  à  cette  époque  partagée  en  plusieurs  branches,  dont,  faute 
de  renseignements  suffisants,  on  ne  peut  indiquer  ici  le  point  de  jonc- 
tion. 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  353 

L'une  do  ces  brandies  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours  sous  le 
nom  (Je  Ciiiron  de  r..\  Cazinière.  Un  de  ses  membres,  Nicolas  Chiron 
de  la  Cazinière,  négociant,  deuxième  consul  de  Nantes  en  1682,  fut 
nommé  en  1684  éclievin  de  la  môme  ville  et  fut  délégué  en  1686  pour 
aller  jusqu'au  Temple  au-devant  des  ambassadeurs  siamois  ;  il  eut 
son  blason  enregistré  d'office  à  l'Armoriai  général  de  1696.  Joseph 
Chiron,  sieur  de  la  Cazinière,  fut  pourvu  en  1690  de  la  charge  de 
conseiller  auditeur  en  la  Chambre  des  comptes  de  Nantes  ;  il  fit 
enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  François-Nicolas 
Chiron,  sieur  de  la  Cazinière,  fut  pourvu  de  la  même  charge  en  1734. 
Cette  branche  était  représentée  au  xix®  siècle  par  Victor  Clair  Chiron 
de  la  Cazinière,  décédé  à  Nantes  en  1892,  et  par  Charles-Henri 
Chiron  de  la  Cazinière,  né  en  18o0,  blessé  à  l'ennemi  en  1870,  plus 
tard  capitaine  d'infanterie  et  chevalier  de  la  Légion  d'honneur. 

Une  autre  branche,  qui  s'est  également  perpétuée  jusqu'à  nos  jours, 
est  connue  sous  le  nom  de  Chiron  du  Brossay.  D'après  Potier  de 
Courcy  et  Kerviler  cette  branche  aurait  fourni  un  échevin  de  Nantes 
en  1690.  Un  de  ses  représentants,  Jacques-Yves-Bernard  Chiron  du 
Brossay,  né  le  19  mai  176o  à  Blain,  au  diocèse  de  Nantes,  fils  de 
maître  Jean  Chiron,  notaire  et  procureur,  et  de  demoiselle  Jeanne 
Guillemot,  d'abord  avocat,  puis  juge  à  Savenay,  fut  élu  en  1815 
député  de  la  Loire-Inférieure  à  la  Chambre  des  Cent  Jours.  M.  Mar- 
celIin-Maurice  Chiron  du  Brossay,  né  à  Blain  en  1798,  fut  longtemps 
juge  de  paix  à  Pontchàteau.  Son  fils,  Emmanuel  Chiron  du  Brossay, 
né  en  1839,  a  été  nommé  en  1891  directeur  de  l'enregistrement  au 
Fuy. 

La  famille  Chirox  de  Kéraly  paraît  être  une  troisième  branche  de 
la  même  famille.  Un  de  ses  membres  était  en  1813  garde  d'honneur 
à  Nantes.  Un  autre  a  épousé  à  Neuilly  en  1893  M"''  de  Vauchaussade 
de  Chaumont. 

Il  avait  existé  au  moyen  âge  dans  la  même  province  une  famille 
Chiron  qui  portait  pour  armes  :  de  gueules  à  un  croissant  d'argent  ; 
au  chef  de  même  chargé  de  trois  coquilles  de  sable.  Cette  famille  rési- 
dait dans  la  paroisse  de  Maroué,  au  diocèse  de  Saint-Brieuc,  lors  de 
la  réformation  de  1423.  Elle  paraît  s'être  éteinte  peu  de  temps  après. 

On  trouve  quElie  Chiron,  avocat  au  Parlement  de  Paris,  et  Sébas- 
tien Chiron,  procureur  au  siège  présidial  de  Quimper,  firent  enregis- 
trer leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Quimper)  : 
d'azur  à  un  pal  d'argent,  éclaté  à  sénestre,  accompagné  de  six  glands 
d'or  rangés  l'un  sur  l'autre,  trois  de  chaque  côté. 

CHISEUIL  (Maublanc  de).  Voyez  :  Maublanc  de  Chiseuil. 

X.  23 


334  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHISSÉ  (de).  Armes  :  parti  d'or  et  de  gueules,  à  un  lion  de  sable  armé, 
villené  et  lampassé  de  gueules  brochant  sur  le  tout.  —  Devise  :  Tou- 
jours ! 

La  maison  de  Chissé,  aujourd'hui  éteinte  dans  les  mâles,  était  une 
des  plus  considérables  de  l'ancienne  noblesse  chevaleresque  de 
Savoie.  M.  de  Foras,  qui  en  a  donné  une  généalogie  dans  son  Armo- 
riai de  Savoie,  commence  son  travail  en  ces  termes  :  «  Après  la  famille 
«  souveraine  du  nom  et  de  la  province  de  Faucigny  et  les  rameaux  qui 
«  en  sont  issus,  la  race  de  Chissé  est  certainement  la  plus  illustre  de 
«  cette  contrée  ». 

La  maison  de  Chissé  a  eu  pour  berceau  la  seigneurie  de  son  nom 
située  aux  environs  de  Sallanches,  dans  le  Haut-Faucigny.  Elle  est 
connue  dans  cette  région  de  toute  ancienneté. 

Ennemond  de  Chissé  fut  un  des  membres  du  conseil  nommé  par  le 
dauphin  Humbert  II  pour  administrer  le  Dauphiné  pendant  son  expé- 
dition en  Terre-Sainte.  Jean  de  Chissé,  évéque  de  Grenoble  de  1337 
à  I3o0,  contribua  beaucoup  à  la  cession  du  Dauphiné  au  roi  de  France. 
Rodolphe  de  Chissé  lui  succéda  sur  le  siège  épiscopal  de  Grenoble 
et  l'occupa  jusqu'en  1381.  Aymon  de  Chissé,  évoque  de  Grenoble  de 
1388  à  1427,  fonda  en  1418  l'hôpital  de  cette  ville.  Un  autre  Aymon 
de  Chissé,  nommé  évêque  de  Nice  en  1422,  fut  nommé  évêque  de 
Grenoble  en  1427.  On  attribue  aussi  à  la  maison  de  Chissé  un  Fran- 
çois de  Chissé  qui  fut  archevêque  d'Arles  à  la  fin  du  xiv*  siècle. 

La  filiation  est  présumée  depuis  un  Jordan  de  Chissé  qui  est  men- 
tionné dans  des  actes  de  1188  et  1199  et  dont  le  fils,  Albert  de  Chissé, 
vivait  en  1200.  Henri  de  Chissé,  chevalier,  que  l'on  suppose  avoir 
été  l'arrière-petit-fils  de  celui-ci,  épousa  d'abord  Elynode  de  Lucinge, 
puis  Humberte  de  Bardonnenche,  mentionnée  dans  un  acte  de  1370. 
Ce  gentilhomme  laissa  trois  fils  légitimes  :  1°  Raymond  de  Chissé, 
chevalier,  né  du  premier  lit,  qui  fut  l'auteur  de  la  branche  aînée, 
demeurée  savoisienne;  2°  Rolet  de  Chissé,  chevalier,  né  du  second 
lit,  que  l'on  croit  avoir  été  l'auteur  de  la  branche  des  seigneurs  de 
la  Marcousse  et  des  Jaillets,  fixée  en  Dauphiné  ;  3°  Humbert  de  Chissé, 
chevalier,  également  né  du  second  lit,  que  l'on  croit  avoir  été  l'au- 
teur de  la  branche  des  seigneurs  de  Servoz  et  de  Sainte-Hélène, 
éteinte  dès  la  fin  du  xv*  siècle.  Il  eut  aussi  un  fils  naturel,  Pierre, 
bâtard  de  Chissé,  dont  quelques  auteurs  ont  voulu  faire  l'auteur 
de  la  branche  des  seigneurs  de  Fillinge. 

Raymond,  auteur  de  la  branche  aînée,  épousa  Babelle,  héritière 
de  la  seigneurie  de  Pollinge,  au  comté  de  Genevois,  et  fut  père  de 
Jean  de  Chissé,  Sgr  de  Pollinge,  jurisconsulte,  conseiller  d'État, 
qui  épousa  Jeannette  de  Thoyre.  Sa  descendance  s'est  éteinte  de  nos 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  355 

jours  avec  François  de  Cliissé,  né  en  1832,  percepteur  à  Aix-les- 
Bains,  qui  est  décédé  en  1879  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage 
avec  Olympe  Didlin,  avec  ses  sœurs,  Anne,  née  en  1825,  mariée  au 
comte  Martin  d'Arves,  et  Sophie,  née  en  1828,  et  avec  leur  cousin, 
Jean-Georges  de  Chissé  de  Pollinge,  né  en  1812,  décédé  en  sep- 
tembre 1890,  qui  de  son  mariage,  en  1846,  avec  M"®  de  la  Chavanne 
a  eu,  outre  plusieurs  enfants  morts  jeunes,  une  fille,  Marie-Phili- 
berte,  née  en  1847. 

La  seconde  branche  alla  se  fixer  en  Dauphiné  où  elle  posséda,  entre 
autres  biens,  les  seigneuries  delaMarcousse,  dePoliénas,  des  Jaillets, 
etc.  Un  de  ses  membres,  Pierre  de  Chissé,  marié  en  1549  à  Louise  de 
Baronnat,  fille  du  seigneur  de  Poleymieux  et  de  Poliénas,  fut  gentil- 
homme de  la  chambre  du  Roi,  chevalier  de  son  Ordre  et  gouverneur 
de  Romans.  Claude  de  Monteynard,  veuve  deMichel  de  Chissé,  acquit 
vers  1590  une  partie  de  la  seigneurie  de  Poliénas  de  sa  sœur  Laurence 
de  Monteynard,  veuve  de  Gaspard  de  Baronnat,  gouverneur  de  Moi- 
rans.  Cette  branche  s'éteignit  sous  Louis  XIV  avec  cinq  frères,  bril- 
lants officiers  dont  le  dernier  mourut  en  1680,  et  avec  leur  sœur  mariée 
à  Claude  de  Chaulnes,  président  au  bureau  des  finances  de  Grenoble. 

Perceval  de  Chissé,  auteur  de  la  branche  des  seigneurs  de  Fillinges, 
est  mentionné  dans  des  actes  de  1343,  1344  et  1345  et  fit  son  testa- 
ment en  1361.  On  a  dit  qu'il  était  fils  de  Pierre,  bâtard  de  Chissé, 
mentionné  plus  haut.  Il  eut  pour  fils  Guillaume  de  Chissé,  qui  est 
mentionné  avec  lui  dans  un  acte  de  1345  et  dont  la  veuve,  Catherine 
de  Bieux,  fit  son  testament  le  12  février  1392.  Cette  branche  s'étei- 
gnit avec  Jean-Baptiste  de  Chissé,  Sgr  de  Fillinges,  baptisé  en  1605, 
et  avec  sa  fille,  Nicolaïde,  marié  à  Charles  des  Andans. 

La  famille  de  Chissé  a  fourni  un  chevalier  de  Malte  en  1600  (Guil- 
laume de  Chissé),  de  nombreux  officiers,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Monteynard,  de  Baronnat,  de  la  Croix  de 
Chevrières,  de  Menthon,  de  Bardonnenche  1370,  du  Breul,  de  Dies- 
bach,  de  Viry,  Charrost-Borré  de  la  Chavanne  1846,  de  Beaumont 
de  Saint-Quentin,  de  Bérenger  du  Gua  1497,  de  Bellegarde,  Capré  de 
Mégève  1682,  de  Buttet,  etc. 

La  famille  savoisienne  de  Chissé  ne  doit  pas  être  confondue  avec 
une  lamille  de  Chissey  qui  appartenait  à  l'ancienne  noblesse  chevale- 
resque de  Franche-Comté.  Cette  famille  portait  pour  armes  :  d'argent 
au  chef  de  sable  denché  de  trois  pièces  et  chargé  de  trois  quinte- 
feuilles  d'or  rangées  en  fasce.  Elle  avait  eu  pour  berceau  le  village 
de  son  nom  situé  dans  le  département  actuel  du  Jura.  Son  antiquité 
est  constatée  par  un  vieux  dicton  comtois  :  Quand  les  Vergy  se 
gitèrenl  en  Comté,  ils  y  trouvèrent  les  fous  de  Chissey  et  les  pauvres 


356  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

de  Crosey.  Un  Chissey  prit  part  aux  Croisades.  Hugues  de  Chissey, 
auquel  remonte  la  filiation  suivie,  vivait  en  1310.  Sa  descendance  se 
partagea  en  plusieurs  branches  dont  l'une  alla  se  fixer  au  duché  de 
Bourgogne  et  y  occupa  un  rang  brillant.  La  dernière  de  ces  branches 
s'éteignit  à  la  fin  du  xvii*  siècle. 

Il  a  existé  dans  le  duché  de  Bourgogne  une  autre  famille  de  Chissey 
qui  portait  pour  armes  :  (ï azur  à  trois  tours  d'or  maçonnées  de  sable. 
Cette  famille  avait  eu  pour  berceau  un  village  des  environs  d'Autun. 
Elle  descendait  de  Barthélémy  de  Chissey,  décédé  avant  1371,  qui 
fut  héritier  de  son  beau-frère,  Guillaume  de  Varanges.  Jean  de  Chissey, 
fils  du  précédent,  décédé  entre  1404  et  1410,  fut  maître  d'hôtel  du  duc 
de  Bourgogne.  Antoine  de  Chissey,  Sgr  de  Varanges,  était  en  1561 
lieutenant  pour  le  Roi  au  château  de  Dijon.  Cette  famille  de  Chissey 
fut  admise  aux  États  de  Bourgogne  en  loo7.  Elle  est  depuis  longtemps 
éteinte. 

CHITRAY  le  Motheux  de).  Voyez  :  le  Motheux  de  Chitray. 

CHIVRÉ  (de).  Armes  :  d'argent  à  un  lion  de  sable,  armé,  lampassé  et 
couronné  de  gueules.  —  Couronne  :  de  Marquis. 

La  maison  de  Chivré,  aujourd'hui  fixée  en  Normandie,  est  de  très 
ancienne  noblesse  chevaleresque.  Elle  est  originaire  de  l'Anjou  où 
elle  possédait  dès  les  premières  années  du  xiii*  siècle  la  seigneurie 
importante  du  Plessis  Chivré,  située  sur  le  territoire  de  la  paroisse 
d'Échiré,  près  de  Baugé,  aux  confins  du  Maine. 

Guillaume  de  Chivré  fit  en  1221  un  accord  avec  l'abbé  de  la  Roë 
relativement  à  certaines  dîmes  des  paroisses  de  Daon  et  de  Saint- 
Michel  de  Fimes  où  se  trouvait  le  lieu  seigneurial  de  Chivré  Geoffroy 
de  Chivré,  varlet,  neveu  de  lévêque  de  Rennes,  était  en  1248  seigneur 
du  Plessis-Chivré.  Geoffroy  de  Chivré  fut  du  nombre  des  gentils- 
hommes qui  protestèrent  en  1301  contre  les  prétentions  de  Charles 
de  Valois.  Guillaume  de  Chivré,  écuyer,  servait  en  1378  dans  la  com- 
pagnie de  Jean  de  Landivy.  Jean  de  Chivré,  petit-fils  de  Charles  de 
Chivré,  Sgr  du  Plessis-Chivré,  et  de  Jeanne  de  Valleaux,  épousa  en 
14'.'4  Jacqueline  de  Marigné,  héritière  de  la  seigneurie  de  la  Guenau- 
dière,  située  sur  le  territoire  de  la  paroisse  de  Bierné,  dans  l'arron- 
dissement actuel  de  Châleau-Gonlier.  Cette  seigneurie  prit  le  nom  de 
la  Barre  et  devint  la  principale  résidence  de  la  famille  de  Chivré. 
Hector  de  Chivré,  chevalier,  Sgr  du  Plessis-Chivré,  fut  gentilhomme 
de  la  chambre  du  roi  François  I*'.  Son  fils,  Jacques  de  Chivré,  che- 
valier, Sgr  du  Plessis-Chivré,  maître  d'hôtel  de  Mgr  le  duc  d'Alençon, 
frère  du  Roi,  épousa  en  loo3  Jeanne  de  Bouille,  dame  dhonneur  de 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  3S7 

la  duchesse  de  Bar.  Il  en  eut,  entre  autres  enfants,  deux  fils,  François 
et  Jacques,  qui  eurent  lun  et  l'autre  postérité  masculine. 

L'aîné  de  ces  deux  frères,  François  de  Chivré,  Sgr  du  Plessis,  épousa 
en  1579 Marie  Charles.  Il  en  eut  un  fils,  Hector  de  Chivré,  connu  sous 
le  titre  de  comte  du  Plessis,  qui  jouit  d'un  grand  crédit  et  qui  fut  che- 
valier des  Ordres  du  Roi  et  ambassadeur  près  la  Sublime-Porte.  De 
son  mariage,  en  1607,  avec  Marie  de  Conan,  Hector  de  Chivré  laissa, 
entre  autres  enfants,  une  fille,  Françoise-Marguerite,  héritière  de  la 
seigneurie  du  Plessis-Chivré  et  des  autres  grands  biens  de  sa  maison, 
qui  épousa  en  1634  le  maréchal  duc  de  Gramont  et  qui  mourut  en 
1689.  Apres  la  mort  de  la  maréchale  de  Gramont  la  seigneurie  du 
Plessis-Chivré  passa  à  sa  fille,  Henriette-Catherine,  alors  veuve 
depuis  1681  d'Alexandre  de  Canouville,  marquis  de  Raffetot.  La 
famille  de  Canouville  vendit  en  1780  cette  terre  qui  appartient  de  nos 
jours  à  la  famille  de  Quatrebarbes. 

Jacques  II  de  Chivré,  Sgr  de  la  Barre,  fils  puîné  de  Jacques  P'"  et 
de  Jeanne  de  Bouille  et  auteur  de  la  branche  qui  s'est  perpétuée 
jusqu'à  nos  jours,  fut  un  zélé  protestant.  Il  avait  épousé  en  \  584  Cécile 
de  Monceau,  dame  d'honneur  de  Catherine  de  Bourbon,  sœur  du  roi 
Henri  i  V.  Leur  fils,  haut  et  puissant  seigneur  messire  Henri  de  Chivré, 
fut  conseiller  du  Roi  en  ses  Conseils  d'État  et  privé  et  lieutenant 
général  d'arlillerie.  La  Chesnaye  des  Bois  et  la  plupart  des  généalo- 
gistes le  font  mourir  en  1654.  Cependant,  d'après  le  Dictionnaire 
historique  et  biographique  de  la  Mayenne  de  l'abbé  Angot,  il  aurait 
été  tué  sur  ses  pièces  à  la  bataille  de  Rocroi  dès  1643.  Il  portait  le 
titre  de  marquis  de  la  Barre  et  tous  les  généalogistes  ont  avancé 
qu'il  avait  oblenu,  par  lettres  patentes  de  juin  1633,  l'érection  en  mar- 
quisat de  sa  seigneurie  de  la  Barre.  Mais,  d'après  le  Dictionnaire  de 
l'abbé  Angot,  on  n'a  jamais  connu  l'acte  authentique  de  cette  érection 
en  marquisat  et  en  1665  le  procureur  du  Roi  à  Chàteau-Gontier  en 
niait  la  réahté.  Henri  de  Chivré  avait  épousé  en  1619  Antoinette  de 
Carbonnel,  d'une  illustre  famille  de  Normandie.  Deux  de  leurs  fils, 
Anne  et  Henri,  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

L'auteur  du  premier  rameau,  Anne  de  Chivré,  marquis  de  la  Barre, 
épousa  en  1645  Anne  Vallée  de  Chenailles,  fille  d'un  conseiller  au 
Parlement  de  Paris  ;  il  fut  député  de  la  noblesse  d'Anjou  aux  États 
généraux  de  1651  et  mourut  au  château  de  la  Barre  en  1652.  Ses  fils, 
Henri  de  Chivré,  marquis  de  la  Barre,  marié  le  17juin  1665  à  Margue- 
rite Bodin,  décédé  à  Maestricht  en  1675,  et  Gédéon  de  Chivré,  Sgr  de 
Mélian,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le  19  août  1667,  sur 
preuves  remontant  à  1524,  par  jugement  de  Voisin  de  la  Noiraye, 
intendant  de  Tours.  Marguerite  Bodin  quitta  la  France  avec  ses  filles 


388  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

lors  de  la  révocation  de  l'édit  de  Nantes  et  alla  se  fixer  en  Hollande. 
Elle  avait  eu  un  fds,  Henri  de  Chivré,  marquis  de  la  Barre,  mestre  de 
camp  de  cavalerie,  qui  mourut  au  château  de  la  Barre  en  1699  sans 
avoir  été  marié  et  qui  fut  le  dernier  représentant  de  son  rameau. 

On  trouvera  dans  les  manuscrits  de  Chérin  une  généalogie  du 
second  rameau.  L'auteur  de  ce  rameau,  Henri  de  Chivré,  Sgr  de 
Marensaing,  s'était  fixé  en  Normandie  par  le  mariage  quil  contracta 
à  Baveux  le  :20  août  165^  avec  Anne  de  Couvert.  On  trouvera  dans 
les  Historiettes  de  Tallemant  des  Réaux  et  dans  la  Vie  de  nos  pères 
en  Basse-yormandie  de  M.  des  Diguères  de  curieux  détails  sur  les 
circonstances  dans  lesquelles  ce   mariage  fut  célébré.    Henri  de 
Chivré,  de  la  religion  prétendue  réformée,  était  âgé  de  41  ans  et  rési- 
dait à  Sottevast  quand  il  fut  maintenu  dans  sa  noblesse,  lors  de  la 
recherche  de  1666,  par  jugement  de  Chamillart,  intendant  de  Caen. 
Il  fut  père  de  Gédéon-Artus  de  Chivré,  Sgr  et  patron  de  Sottevast, 
Blagny,  etc.,  marié  le  6  juillet  1682  à  Elisabeth  de  Montfiquet,  qui 
recueillit  le  marquisat  de  la  Barre,  en  Anjou,  après  l'extinction  du 
rameau   aîné,   en  1699,   et  grand-père    de  Louis-Gabriel-Henri  de 
Chivré,  Sgr  de  Marensin,  Sottevast,  Sainte-Suzanne,  etc.,  marié  en 
1711  à  Françoise  Viel,  qui,  par  brevet  royal  du  23  juillet  1720,  fut 
autorisé  à  vendre  la  terre  de  la  Barre  à  la  famille  de  Colbert  de  Torcy. 
Cette  famille  en  obtint  l'érection  en  comté  par  lettres  patentes  d'oc- 
tobre 1735.  Après  diverses  vicissitudes  la  terre  de  la  Barre  a  été 
rachetée  en  1892  par  la  famille  de  Chivré.  Louis-François  de  Chivré, 
né  à  Bayeux  en  1766,  pelit-fils  de  Louis-Gabriel-Henri,  obtint  en 
1784  le  certificat  de  noblesse  nécessaire  pour  être  admis  dans  les 
chevau-légers.  Louis-Henri  de  Chivré,  Sgr  de  Sottevast,  prit  part  en 
1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  àValognes.  Ce  rameau 
se  perpétue  avec  beaucoup  de  distinction.  Son  chef  est  connu  sous  le 
titre  de  marquis  de  Chivré.  Un   de  ses  représentants,  le  vicomte 
Gonzalve  de  Chivré,  a  été  tué  à  l'ennemi  pendant  la  guerre  de  1870. 
Principales  alliances  :  de  Brie-Serrant  14oo,  de  Poillé  1489,  d'An- 
digné,  de  Bouille  1553,  de  Gramont  1634,  de  Carbonnel  de  Canisy 
1619,  Doynel  de  la  Sausserie  1845,  Péan  de  Pontfilly  1864,  de  Mar- 
timprey  1910,  etc. 

CHIZY  (Canal  de).  Voyez  :  C.-^nat  de  Chizy. 

CHOCQUEUSE  (leCaron  de).  Voyez  :  le  Carox  de  Chocqdedse. 

CHOCQUIN  de  SARZEC.  Armes  :  d'argent  à  un  chevron  d'azur  accom- 
pagné de  trois  roses  de  gueules,  posées  2et\. 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  359 

La  famille  Chocquin  (quelquefois  Choquin)  de  Sarzec,  originaire 
des  environs  de  IMonlmorillon,  fixée  plus  tard  à  Poitiers,  est  ancien- 
nement et  honorablement  connue  en  Poitou.  Bcauchet-Filleau  en  a 
donné  une  généalogie  complète  dans  son  Dictionnaire  historique  et 
généalogique  des  familles  du  Poitou. 

Savin  Chocquin,  auquel  ce  travail  fait  remonter  la  filiation,  rési- 
dait sous  Louis  XIII  au  village  d'Anligny  et  avait  épousé  Anne 
Dubois.  Deux  de  ses  fils,  Pierre  Chocquin,  baptisé  à  Antigny  en  1622, 
sergent  royal  de  la  sénéchaussée  de  IMonf  morillon,  et  René  Chocquin, 
né  à  Antigny  en  1624,  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

La  branche  aînée  s'éteignit  avec  Louis  Chocquin,  né  en  1696,  ser- 
gent royal  de  la  sénéchaussée  deMontmorillon,  notaire  de  la  chàtel- 
lenie  de  Saint-Savin,  qui  mourut  en  1743  ne  laissant  que  des  filles. 

René  Chocquin,  auteur  de  la  branche  cadette,  fut  père  de  Jean 
Chocquin,  né  à  Antigny  en  1676,  marié  en  1703  à  Florence  Brin,  qui 
vint  se  fixer  à  Poitiers,  qui  fut  d'abord  procureur  au  présidial  de 
cette  ville,  qui  fut  nommé  en  1721  greffier  de  l'hôtel  des  monnaies, 
qui  devint  dans  la  suite  caissier  du  môme  hôtel  et  qui  mourut  en 
1757.  François  Chocquin,  né  en  1711,  fils  du  précédent,  fut  avocat  au 
présidial  de  Poitiers  et  fut  chargé  pendant  plusieurs  années  de  la 
régie  des  biens  des  religionnaires  émigrés.  Il  laissa  quatre  fils  : 
1°  Jean-François  Chocquin,  né  en  1751,  conseiller  du  Roi  en  l'élec- 
tion de  Poitiers,  dont  la  descendance  s'est  éteinte  en  la  personne  de 
sa  petite-fille.  M"'*'  Pays-Mellier,  décédée  à  l'âge  de  30  ans  en  1848; 
2°  Félix  Chocquin,  né  en  1752,  lieutenant  de  la  grande  louveterie  de 
France,  décédé  sans  postérité  en  1790  ;  3°  Alexandre-Pierre  Chocquin 
de  Sarzec,  né  en  1759,  membre  du  Collège  général  de  la  Vienne, 
décédé  à  Vivonne  en  1819,  qui  épousa  en  1795]M"''  Aubineau  d'Insay 
et  qui  continua  la  descendance;  4°  Thomas  Chocquin,  avocat. 
Alexandre-Gustave  Chocquin  de  Sarzec,  né  en  1799,  fils  d'Alexandre- 
Pierre,  fut  élève  de  l'École  polytechnique.  Son  fils,  Gustave-Ernest 
Chocquin  de  Sarzec,  né  à  Rennes  en  1832,  consul  de  France,  membre 
correspondant  de  l'Institut,  fut  chargé  à  trois  reprises,  en  1877,  1881 
et  1882,  par  le  gouvernement  français  de  missions  scientifiques 
importantes  en  Chaldée  pour  fouiller  les  ruines  de  Ninive  et  a  eu 
l'honneur  de  donner  son  nom  à  deux  salles  du  musée  du  Louvre.  II 
a  eu  un  fils  de  son  mariage,  en  1879,  avec  M"^  Guillet  de  Saint- 
Vincent. 

Principales  alliances  :  Cuisinier,  Pallu  1779,  Montault,  Pays- 
Mellier  1838,  Aubineau  dinsay  1795,  d'Escravayat  de  la  Barrière  1822, 
de  Gennes  1845,  Noblet  de  Beaulieu  1831,  Guillet  de  Saint-Vincent 
1879,  etc. 


360  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

CHODERLOS  de  LACLOS.  Armes  :  d'argent  à  deux  piques  renversées, 
de  sable,  passées  en  sautoir,  accompagnées  de  quatre  flammes  de 
gueules;  au  chef  d'azur  semé  de  neuf  billettes  d'or,  o  et  4. 

La  famille  Choderlos  de  Laclos  est  originaire  de  Péronne,  en 
Picardie,  oii  dès  le  xvii^  siècle  elle  occupait  un  rang  honorable  dans 
la  bourgeoisie.  Elle  se  partagea  à  celte  époque  en  deux  branches 
principales  dont  l'une  demeura  en  Picardie  et  dont  l'autre  alla  se 
fixer  en  Franche-Comté. 

La  branche  de  Picardie  jïaraît  être  aujourd'hui  éteinte.  Un  de  ses 
représentants,  Jean-Baptiste  Choderlos,  exerçait  la  charge  anoblis- 
sante de  secrétaire  du  Roi,  maison  et  couronne  de  France,  quand  il 
fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de 
Paris).  Cette  branche  a  été  tristement  illustrée  par  Pierre-Ambroise- 
François  Choderlos  de  Laclos,  né  à  Amiens  en  1741,  auteurdu  célèbre 
roman  des  Liaisons  dangereuses,  qui  fut  un  des  écrivains  les  plus 
licencieux  de  la  seconde  moitié  du  xviii'^  siècle.  Attaché  au  duc  d'Or- 
léans en  qualité  de  secrétaire,  Choderlos  de  Laclos  fut  à  l'époque  de 
la  Révolution  un  des  agents  les  plus  actifs  de  ce  prince.  Il  était  capi- 
taine d  artillerie  quand  il  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  de  la  section  du  Palais-Royal,  à  Paris,  fut  promu  en  sep- 
tembre 1792  au  grade  de  maréchal  de  camp,  fut  nommé  le  1"  plu- 
viôse an  X  inspecteur  général  d'artillerie  à  l'armée  de  Naples  et 
mourut  à  Tarente  en  1802.  Il  avait  épousé  en  1786  Marie-Solange 
Duperré,  fille  d'un  trésorier  de  la  guerre  et  propre  sœur  de  l'amiral 
baron  Duperré. 

La  branche  de  Franche-Comté  a  eu  pour  auteur  Thomas  Cho- 
derlos, ou  Choderlos  de  Laclos,  qui,  dans  les  dernières  années  du 
xvn^  siècle,  fut  nommé  trésorier  de  l'extraordinaire  des  guerres  de  la 
province  du  comté  de  Bourgogne,  qui  vint  alors  établir  sa  résidence 
à  Besançon  et  qui  y  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général 
de  1696.  Louis-Hubert  Choderlos  de  Laclos,  fils  du  précédent,  exerça 
d'abord  la  même  charge  et  fut  pourvu  ensuite  de  l'office  anoblissant 
de  secrétaire  du  Roi.  Celte  branche  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours 
avec  distinction.  Elle  n'est  pas  titrée. 

La  famille  Choderlos  de  Laclos  a  fourni  des  officiers  de  mérite,  des 
chevaliers  de  Saint-Louis,  etc. 

Principales  alliances  :  Mareschal  de  Longeville,  Prieur  de  la 
Comble  1874,  1907,  Richard  divry,  Roux  de  Rochelle,  de  Siffrédy, 
d'Entraigaes  1793,  Baradat  de  Lacaze,  Duperré,  de  Montméja 
1872,  etc. 

CUODRON  d'ORLY  et  de  COURCEL.  Armes  :  de  gueules  à  trois  chau- 


DICTIONNAIRR    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  361 

drons  ronds  d'or,  les  anses  de  ynême,  posés  2  eM.  —  La  famille  Cho- 
dron  a  aussi  porté  les  armes  suivantes,  aujourd'hui  tombées  en 
désuétude  :  d'or  à  quatre  chaudrons  de  gueules;  au  franc  quartier 
d'azur  chargé  d'un  arc  encoche  d'argent,  accompagné  de  quatre  bil- 
leltes  du  même. 

La  famille  Chodron,  originaire  de  Metz,  fixée  à  Toul  au  cours  du 
XVI®  siècle,  appartenait  avant  la  Révolution  à  la  haute  bourgeoisie  de 
cette  ville.  On  en  trouvera  une  généalogie  très  complète  dans  V An- 
nuaire de  la  noblesse  de  1891 . 

Nicolas  Chauldron,  nommé  en  1628  premier  enquéreur  de  Toul, 
fut  chargé  par  le  cardinal  de  Lorraine,  évêque  de  cette  ville,  de  ras- 
sembler les  archives  de  ses  prédécesseurs.  Son  travail,  demeuré 
manuscrit  et  connu  sous  le  nom  de  Livre  des  enquéreurs  de  Toul, 
est  précieusement  conservé  aux  archives  de  la  ville. 

La  filiation  suivie  remonte  à  François  Chodron,  décédé  en  1692, 
qui  fut  de  1661  à  1687  député  de  la  paroisse  Saint-Jean  à  l'assemblée 
des  notables  de  Toul.  Joseph  Chodron,  né  en  1744,  arrière-petit-fils  du 
précédent,  contrôleur  général  des  domaines  du  prince  de  Condé  en 
Lorraine,  servit  avec  distinction  à  l'armée  des  Princes.  Son  frère 
aîné,  Claude  Chodron,  né  en  1727,  fut  greffier  en  chef  au  bailliage 
et  siège  présidial  de  Toul,  syndic  receveur  électif  des  derniers 
patrimoniaux  et  d'octroi  de  la  même  ville.  Il  avait  épousé,  en  1756, 
Françoise  Masson,  issue  d'une  vieille  famille  bourgeoise,  originaire 
de  Nancy,  dont  une  branche  a  été  autorisée  de  nos  jours  à  relever  le 
nom  de  la  famille  Bachasson  de  Montalivet.  Il  en  laissa  trois  fils. 
L'un  de  ceux-ci,  François  Chodron  de  Sanzey,  officier  de  la  Légion 
d'honneur,  décédé  sans  postérité  en  1859,  fut  nommé  en  1814 
commandant  de  la  place  de  Toul  qu'il  défendit  héroïquement  contre 
les  armées  alliées.  Un  autre,  Joseph-Noël  Chodron,  lieutenant  de 
cavalerie,  périt  en  1812  au  passage  de  la  Bérésina.  Claude-François 
Chodron,  ou  Chodron  d'Orly,  né  à  Toul  en  l7oo,  lils  aîné  de  Claude, 
vint  se  fixer  à  Paris,  fut  doyen  et  président  de  la  chambre  des 
notaires  de  cette  ville,  chevalier  de  Saint-Michel  et  officier  de  la 
Légion  d'honneur.  Il  laissa  deux  fils  dont  l'aîné,  Claude-Adophe, 
connu  sous  le  nom  de  Chodron  d'Orly,  né  en  1802,  marié  en  1831 
à  M'"'  Lupin,  eut  un  fils  unique  qui  mourut  à  Paris  en  1888  sans 
avoir  été  marié.  Louis-Jules  Chodron,  né  à  Paris  en  1804,  second 
fils  de  Claude-François,  entra  dans  la  diplomatie  sous  les  auspices 
de  M.  de  Talleyrand,  dont  il  avait  été  secrétaire,  épousa  en  1834 
M"*  Boulay  de  la  Meurthe,  fut  autorisé  par  décret  du  7  mai  1852 
à  joindre  régulièrement  à  son  nom  celui  de  :  de  Gourcel,  sous 
lequel  il  était  connu,  et  mourut  en  1870.  Il  laissait  trois  fils  qui  ont 


362  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

été  les  auteurs  de  trois  rameaux.  L'aîné  de  ces  fils,  Alphonse 
Chodron  de  Courcel,  né  à  Paris  en  1835,  sénateur,  grand-croix  de  la 
Légion  d'honneur,  a  eu  une  brillante  carrière  diplomatique  et  a  été 
ambassadeur  de  la  République  Française  auprès  de  plusieurs  Cours 
étrangères.  11  avait  reçu  le  titre  héréditaire  de  baron,  avec  règle- 
ment d'armoiries,  par  lettres  patentes  de  l'empereur  Napoléon  lil  du 
6  mars  1867. 

Principales  alliances  :  Masson  1756,  Lupin  1831,  Boulay  de  la 
Meurthe  1834,  Lorin  1872,  Bacot,  Baudon  de  Mony  1896,  Lambert- 
Champy  1907,  de  Lasteyrie  du  Saillant  1908,  de  Chastellux 
1910,  etc. 

CHOIN  de  MONTCHOISY,  de  MONTCHOISY  de  MONTGAY  et  du  DOUBLE 

(dej.  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries  du  17  août  1820)  :  écai^- 
lelé  :  au  1  coupé  de  gueules  à  trois  besants  cC argent  rangés  en  fasce 
et  d azur  à  V étoile d' or  ;  auidegueules  à  l'épée  haute  enpal  d'argent  ; 
au  3  d'or  au  lion  de  sable  ;  au^de  gueules  à  trois  merlettes  d'argent, 
2  e^l.  —  Armes  anciennes  :  à' azur  à  une  étoile  d'or,  au  chef  cousu 
de  gueules  chargé  de  trois  besants  d'argent. 

La  famille  de  Choix  appartenait  avant  la  Révolution  à  la  haute  bour- 
geoisie du  Dauphiné.  On  trouvera  sur  elle  des  renseignements  dans 
les  Anoblissements,  titres  et  pairies  de  la  Restauration  du  vicomte 
Révérend. 

M.  de  Rivoire  delà  Bâtie  mentionne  dans  son  Armoriai  du  Dauphiné 
que  Jean  Choin,  vice-mistral  d'Annibal  de  Falcoz,  châtelain  de 
Vourey,  épousala  fille  unique  de  ce  gentilhomme  et  lui  succédacomme 
mistral  en  1630.  Jean-François  Choin,  de  la  paroisse  de  Vourey,  fut 
élu  en  1790  président  d'âge  de  l'assemblée  des  électeurs  de  l'Isère 
tenue  à  Moirans. 

Jean-François  Choin,  sieur  de  Montgay,  fut  sous  Louis  XV  avocat, 
puis  procureur  au  Parlement  de  Grenoble.  Il  épousa  à  Moras  le 
26  mai  1740  Marie-Claire  Goudard  de  INIartinais.  11  en  laissa,  entre 
autres  enfants,  quatre  fils  :  1° Louis-Antoine  Choin  de  Montchoisy,  dont 
il  sera  parlé  plus  bas;  2°  André-Victor  Choin,  sieur  du  F'ayard,  né  à 
Grenoble  en  1744,  retraité  maréchal  de  camp,  qui  épousa  M"^  Compa- 
gnon de  Ruffieu  et  dont  le  fils,  Antoine-Victor,  né  à  Moras  en  1775,  a 
laissé  postérité  ;  3°  Abel-Zacharie  Choin,  sieur  du  Double,  né  en  1750, 
capitaine  de  dragons,  qui  épousa  Jeanne-Claude  Périer  du  Palais  et 
dont  la  descendance  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours  sous  le  nom  de 
Choix  du  Dodble;  4°  Pierre  Choin,  sieur  du  Vernay,  né  à  Grenoble  en 
1754,  qui  mourut  dans  un  âge  avancé  sans  laisser,  semble-t-il,  de  pos- 
térité. Louis-Antoine  GhoindeMontchoisy,  néàGrenobleen  1747,  gcné- 


DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES  363 

rai  de  brigade  en  1793,  général  de  division  en  1795,  commandant  de  la 
ville  de  Lyon,  puis  commandant  de  la  division  militaire  de  Gènes, 
commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  chevalier  de  Saint-Louis,  décédé 
en  1814,  fut  créé  baron  de  l'Empire  sous  la  dénomination  de  Montgay 
par  lettres  patentes  du  3  février  1813.  De  son  mariage  avec  Louise- 
Calherine  de  Malon,  il  laissa  deux  fils.  L'aîné  de  ces  deux  fils,  Joseph- 
Antoine  Choin  de  Montchoisy,  né  à  Moras  en  llS't,  colonel  d'infan- 
terie, officier  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  sans  postérité  en  1847, 
fut  à  nouveau  créé  baron  héréditaire,  avec  règlement  d'armoiries,  par 
lettres  patentes  du  roi  Louis  XVIIJ  du  17  août  1820.  Le  puîné,  Abel- 
Louis  Choin  de  Montchoisy,  connu  sous  le  titre  de  baron  de  Mont- 
choisy, né  à  Moras  en  1790,  lieutenant-colonel,  officier  de  la  Légion 
d'honneur,  chevalier  de  Saint-Louis,  épousa  d'abord  en  1820 
M"«  Martin,  puis  en  1851  la  comtesse  de  la  Baume-Pluvinel,  née 
Murard,  qui  se  remaria  en  troisièmes  noces  à  M.  Meyer.Il  eut  du 
premier  Ht  un  fils,  Eugène-Abel  de  Choin,  baron  de  Montchoisy,  né  à 
Paris  en  1821,  qui  a  eu  postérité  de  son  mariage,  en  1842,  avec 
M"«Decouz. 

Principales  alliances  :  Compagnon  de  Rufficu,  de  Murard  1851, 
Decouz,  Arrighi  de  Casanova  1907,  de  Villars  1907,  etc. 

CHOISEUL-BEAUPRÉ,  DAILLECOURT,  GOUFFIER  et  PRASLIN  (de). 
Armes  :  d'azw  à  une  croix  d'or  cantonnée  de  dix-huit  billettes  de 
même,  cinq  posées  en  sautoir  dans  chaque  canton  du  chef,  quatre  en 
carré  dans  chaque  canton  de  la  pointe.  —  La  branche  de  Stainville, 
aujourd'hui  éteinte,  portait  vingt  billettes  au  lieu  de  dix-huit,  cinq  dans 
chaque  canton,  et  chargeait  en  cœur  d'une  croix  ancrée  de  gueules. 
—  La  branche  de  Gouffier  porte  en  cœur  les  armes  de  Gouffier  qui 
sont  :  d'or  à  trois  jumelles  de  sable.  —Couronne  :  Ducale.  —  Manteau 
de  pair  de  France.  —  Devise  :  Virtutisfortuna  corner.  —  Cri  de  guerre  : 
Bassigny  ! 

La  maison  de  Choiseul  est  une  des  plus  anciennes  et  une  des  plus 
illustres  races  de  la  noblesse  française.  On  trouvera  sur  elle  d'énormes 
dossiers  dans  les  divers  recueils  de  manuscrits  du  Cabinet  des  Titres. 
Qu'il  suffise  de  mentionner  ici  la  lettre  suivante,  non  datée,  conservée 
dans  les  manuscrits  de  Chérin,  que  le  célèbre  généalogiste  adressa 
au  roi  Louis  XV  et  dans  laquelle  sont  résumées  en  quelques  lignes  les 
gloires  de  cette  puissante  famille  :  «  Sire,  le  comte  de  Choiseul  a 
«  rempli  toutes  les  formalités  prescrites  par  les  statuts  de  l'ordre  du 
«  Saint-Esprit  ;  il  est  le  septième  de  son  nom  destiné  à  porter  les 
«  marques  du  même  ordre.  Le  rang  que  la  maison  de  Choiseul  tient 
«  dans  l'ordre  de  la  noblesse  de  yotre  royaume  depuis  sept  cents  ans 


364  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

«  et  le  sentiment  unanime  delanation  et  des  historiens  sur  son  ancien- 
«  neté,son  illustration,  sesalliancesel  ses  servicesme  dispensentd'en 
«  donner  ici  le  détail  à  Votre  Majesté.  11  suffit  de  remarquer  qu'on  y 
«  voit  une  grandeur  toujours  plus  sensible  à  proportion  qu'elle  se  rap- 
«  proche  de  sa  source  et  quelle  avait  des  comtes  pour  vassaux  dès 
«  le  xi^  siècle  (Renaud,  comte  delà  Ferté),  qu'après  avoir  figuré  pen- 
«  dant  deux  cents  ans  avec  les  plus  illustres  maisons  du  royaume, 
«  elle  eut  l'honneur  déformer  avant  1220  une  alliance  directe  avec 
«  l'auguste  Maison  Royale  de  France  en  la  personne  de  Rainard  III, 
«  sire  de  Choiseul,  qui  épousa  Alix  de  Dreux,  peliLe-fiUe  de  Robert 
«  de  France,  comte  de  Dreux,  sixième  fils  du  roi  Louis-le-Gros,  que 
«^  de  ce  mariage  est  sortie  une  nombreuse  postérité  qui  a  soutenu  le 
«  lustre  de  son  origine  par  de  grandes  possessions  et  par  des 
«  alliances  avec  les  plus  illustres  races  du  royaume  et  des  pays 
«  étrangers...» 

La  maison  de  Choiseul  tire  son  nom  de  l'ancienne  baronnie  de  Choi- 
seul qu'elle  possédait  dès  le  xi*  siècle  dans  le  petit  pays  deBassigny, 
en  Champagne  Elle  remonte  par  filiation  suivie  àRainier,  Sgr  de  Choi- 
seul, qui  en  1060  était  premier  vassal  du  comte  de  Langres.  Les  his- 
toriens ne  sont  pas  d'accord  sur  l'origine  de  ce  seigneur.  Quelques- 
uns  ont  avancé,  sans  preuves  à  l'appui,  qu'il  appartenait  à  une  branche 
cadette  de  la  puissante  maison  des  comtes  de  Bassigny  et  l'ont  fait 
descendre  d'Hugues,  comte  de  Bassigny  et  de  Nogent-sur-Marne  en 
937.  D'autres,  notamment  le  savantabbc  Le  Laboureur,  l'ont  rattaché 
à  la  famille  des  comtes  de  Langres  et,  à  défaut  de  preuves  rigoureuses, 
ont  appuyé  leur  opinion  d'arguments  historiques  qui  ne  sont  pas  sans 
valeur. 

Roger,  Sgr  de  Choiseul,  fils  de  Rainier,  dont  il  vient  d'être  parlé, 
et  de  sa  femme  Hermengarde,  prit  part  en  1095  à  la  première  croisade. 
Son  nom  et  ses  armes  ont  été  inscrits  aux  Salles  des  Croisades  du 
musée  de  Versailles. 

Raynard,  Sgr  de  Choiseul,  arrière-petit-fils  de  Roger,  fut  compris, 
avec  les  comtes  de  Brienne,  de  Rethel,  de  Noyers  et  de  Chiny,  dans 
un  catalogue  des  grands  vassaux  de  la  Couronne,  chevaliers  banne- 
rets,  dressé  en  1214.  Ce  fut  son  fils  unique,  également  appelé  Raynard, 
qui  s'apparenta  de  très  près  à  la  Maison  de  France  par  le  mariage 
qu'il  contracta  vers  121o  avec  Alix  de  Dreux,  dame  de  Salins  et  de 
Traves,  veuve  de  Gautier  de  Bourgogne,  dit  de  Vienne,  sire  de  Salins, 
et  fille  de  Robert  H,  comte  de  Dreux,  dont  le  père,  Robert  I",  comte 
de  Dreux,  était  un  fils  puîné  du  roi  Louis-le-Gros  et  de  la  reine  Alix 
de  Savoie.  Rainard  assigna  en  1221  à  Alix  de  Dreux  pour  son  douaire 
le  château  et  la  moitié  delà  seigneurie  de  Choiseul.  11  en  a.vait  eu  deux 


nU.TIONNAIRF.     D  P.  S    FAMU.LKS    FRANÇAISRS  3611 

fils  dont  l'ainé,  Jean,  sire  de  Choiseul,  continua  la  ligne  directe  et 
dont  le  second,  Robert,  sire  de  Traves,  de  Grandville,  etc.,  marié  à 
Isabelle  de  Rougemont,  fut  l'auteur  de  la  branche  des  seigneurs  de 
Traves. 

Cette  branche,  qui,  pendant  plusieurs  générations,  fut  exclusive- 
ment connue  sous  le  nom  de  sa  seigneui'ie  de  Traves,  se  partagea  en 
plusieurs  rameaux.  Le  rameau  aîné  ne  tarda  pas  à  s'éteindre  dans  la 
famille  de  Toulongeon  qui  recueillit  la  terre  de  Traves.  Le  dernier 
rameau  s'éteignit  avec  Francois-Eléonor  de  Choiseul-Traves,  comte 
de  Vauteau,  né  au  diocèse  d'Autun  en  1673,  page  de  la  Petite  Écurie, 
mestre  de  camp,  décédé  en  1718,  qui  épousa  en  1699  une  sœur  du 
maréchal  de  Villars  et  qui  en  eut  une  fdle  unique  mariée  en  1721  à 
Charles- Joseph  d'Andigné,  comte  de  Vezins,  et  décédée  en  1786. 

Jean,  sire  de  Choiseul,  fds  aîné  de  Rainard  et  d'Alix  de  Dreux,  se 
rendit  caution  du  traité  de  mariage  arrêté  en  octobre  1249  entre  Mar- 
guerite, fdle  de  Thibaut,  roi  de  Navarre  et  comte  de  Champagne,  et 
Ferry,  fds  du  duc  de  Lorraine,  et  s'obligea  à  200  marcs  d'argent  pour 
les  conventions.  Il  s'engagea,  par  lettres  d'août  1253,  à  faire  la  guerre 
pour  Hugues,  comte  palatin  de  Bourgogne,  contre  le  comte  de  Cham- 
pagne. Il  avait  épousé  Berthemette,  dite  Alix,  héritière  delà  seigneurie 
d'Aigremont.  Leur  fds,  Jean  II,  sire  de  Choiseul  et  d'Aigremont,  décédé 
en  mai  1308,  laissa  deux  fils.  Jean  III,  sire  de  Choiseul.  décédé  en  1336, 
et  Régnier  de  Choiseul,  Sgr  d'Aigremont,  qui  épousèrent  deux  sœurs, 
Alix  et  Isabelle  de  Grancey,  et  qui  furent  les  auteurs  de  deux  grandes 
lignes. 

L'auteur  de  la  ligne  aînée,  Jean  III,  sire  de  Choiseul,  fut  père  de 
Guy,  sire  de  Choiseul  et  deMonlaiguillon,  qui  mourut  en  1365.  Celui-ci 
laissa  deux  fds:  1°  Amé,  sire  de  Choiseul,  de  Noyers  en  partie,  deMon- 
taiguillon,  etc.,  chambellan  du  duc  de  Bourgogne,  dont  la  fdle  unique, 
Jeanne,  héritière  des  seigneuries  de  Choiseul  et  de  Monlaiguillon, 
épousa  d'abord  en  1420  Etienne,  sire  d'Anglure,  chambellan  du  roi 
d'Angleterre,  puis  Jean  de  Blaisy  et  enfin  Jacques  de  Louan  ;  2°  Girard 
de  Choiseul,  qui  épousa  Roline  de  Clémont  et  dont  les  deux  arrière- 
petits  fils,  Pierre,  baron  de  Clémont,  premier  chambellan  du  duc  de 
Bretagne,  décédé  en  1505,  et  Philibert,  Sgr  de  Lanques,  chambellan 
du  roi  Charles  Vllf  et  gouverneur  deLangres,  décédé  en  1504,  furent 
les  auteurs  de  deux  rameaux.  Le  premier  rameau  s'éteignit  avec  René 
de  Choiseul.  baron  de  Clémont,  comte  de  Martigny,  décédé  en  1621. 
Le  second  rameau  s'éteignit  avec  Victor-Amé  de  Choiseul,  marquis 
de  Lanques,  mestre  de  camp  de  cavalerie,  qui  épousa  Anne  delaFitte 
de  Pellepore  et  dont  la  fille  unique  épousa  en  1721  Jacques-Auguste 
de  la  Tour  de  Gouvernet,  marquis  de  laCharce. 


366  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  seconde  ligne  s'estseule  perpétuée  jusqu'à  nos  jours.  Son  auteur, 
Régnier  I"dcChoiseuI,  fut  père  de  Régnierll  de  Choiseul,  Sgr  d'Aigre- 
mont,  décédé  en  1339,  et  grand-père  de  Régnier  III  de  Choiseul,  Sgr 
d'Aigremont,  qui  épousa  Isabelle,  fille  du  comte  de  Salm  et  héritière 
de  la  seigneurie  de  Chéry.  C'est  en  raison  de  cette  alliance  que  la 
maison  de  Choiseul  a  émis  à  plusieurs  reprises  des  prétentions  sur 
le  comté  de  Salm.  De  son  mariage  avec  Isabelle  de  Salm  Régnier  III 
laissa  deux  lils  :  1°  Renaud  de  Choiseul,  Sgr  d'Aigremont,  de  Maulonne, 
de  Chéry,  etc.,  tuteur  de  ses  enfants  en  1386,  dont  la  descendance 
s'éteignit  en  la  personne  de  deux  sœurs,  Charlotte,  mariée  à  Milan 
en  1702  au  prince  Gonzaga-Luzzara,  décédée  en  1734,  et  Catherine, 
mariée  à  Louis  de  Maillart,  baron  dHanesse,  décédée  en  1763  ; 
2°  Pierre  de  Choiseul,  Sgr  d'Aigremont,  d'Armoncourt  et  de  Fresnoy, 
décédé  en  1401,  qui  épousa  sa  cousine  Alix,  fille  de  Guy,  sire  de  Choi- 
seul. Le  fils  de  celui-ci,  Pierre  II,  dit  Gallehaut,  de  Choiseul,  Sgr  d'Ai- 
gremont, de  Fresnoy  et  de  Doncourt,  épousa  Richarde  d'Oiselet  et 
mourut  en  1465.  Il  laissa  lui-même  deux  fils,  Jean,  Sgr  d'Aigremont  et 
de  Meuse,  et  Pierre,  Sgr  de  Doncourt  et  de  Fresnoy,  qui  furent  les 
auteurs  des  deux  grandes  branches  actuellement  existantes  de  la 
maison  de  Choiseul. 

L'auteurde  labranche  aînée,  Jeande  Choiseul, Sgrd'Aigremont  et  de 
Meuse,  épousa  sa  cousine  Isabeau  de  Choiseul.  filledu  seigneur  de  Clé- 
mont,  et  mourut  en  1485.  »Son  fils,  Pierre  de  Choiseul,  baron  d'Aigre- 
mont et  de  Meuse,  décédé  en  1527,  épousa  Anne  de  Saint-Amadour, 
héritière  de  laseigneurie  de  Beaupré.  Il  en  eut  deux  fils  :  l^Philibert  de 
Choiseul,  baron  d'Aigremont  et  d'Ambonville,  chevalier  de  l'Ordre 
du  Roi,  qui  épousa  Antoinette  Foucher  de  Favérieux  et  dont  la  des- 
cendance s'éteignit  au  commencement  du  xviii^  siècle;  2°  René  de 
Clioiseul,  baron  de  Meuse  et  de  Beaupré,  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi, 
qui  épousa  Mahaut,  dame  de  Francières.  Ce  dernier  laissa  à  son  tour 
trois  fils  :  1°  Chrétien  de  Choiseul,  Sgr  et  baron  de  Beaupré,  marié 
successivement  à  Antoinette  de  Dinteville  et  en  1591  à  Françoise 
d'Anglure,  tué  en  1593  en  défendant  le  château  de  Monteclair  contre 
les  Ligueurs  ;  2°  Maximilien  de  Choiseul,  baron  de  Meuse  et  de 
Meuvy,  Sgr  de  Sorcy  et  de  Germiny,  en  Lorraine,  marié  en  1591  à 
Catherine  du  Châtelet  ;  3°  Jean  de  Choiseul,  baron  de  Francières,  gou- 
verneur de  Langres,  marié  en  1607  à  Anne  de  Saulour,  veuve  de  Jean 
de  Rochefort.  Ces  trois  frères  furent  les  auteurs  des  trois  grands 
rameaux  de  la  branche  aînée  actuelle  delà  maison  de  Choiseul. 

L'auteur  du  premier  rameau,  Chrétien,  baron  de  Beaupré,  laissa  à 
son  tour  deux  fils,  Louis-François  de  Choiseul,  baron  de  Beaupré,  né 
du  premier  lit,  marié  en  1610  à  Claude  de  Brauback,  et  Antoine  de 


DICTIONNAIRE    DES     FAMILLES    FRANÇAISES  367 

Choiseul-Beaupré,  Sgrde  Daillecourt,  né  du  second  lit,  marié  en  1627 
à  Marie  de  Ravenel,  blessé  mortellennentà  la  bataille  deLens  en  1648, 
qui  furent  les  auteurs  de  deux  sous-rameaux  actuellement  existants. 
François-Joseph  deChoiscul,  baron  de  Beaupré,  connu  sous  le  titre 
de  comte  de  Choiseul,  petit-fds  de  Louis-François  et  de  Claude  de 
Brauback  et  chef  du  premier  sous-rameau,  fut  gouverneur  de  Saint- 
Domingue  et  périt  en  1711  dans  un  combat  naval.  Il  avait  épousé 
Nicole  de  Stainville.  Leur  fils  unique,  François  Joseph  de  Choiseul, 
baron  de  Beaupré,  ministre  plénipotentiaire  du  duc  de  Lorraine  auprès 
du  roi  d'Angleterre,  puis  auprès  du  roi  de  France,  chevalier  de  la 
Toison  d'Or,  marié  en  1717  à  M"^  de  Bassompierre,  décédé  en  1769, 
fut  institué  héritier  universel  de  son  oncle  maternel,  le  comte  de 
Stainville,  feld  maréchal  des  armées  impériales,  à  charge  de  porter 
son  nom  et  ses  armes  et  fut  dès  lors  connu  sous  le  titre  de  marquis 
de  Choiseul-Stainville.  Il  laissa  deux  filles,  dont  l'une  fut  abbesse  de 
Saint-Louis,  à  Metz,  et  dont  l'autre  épousa  en  1759  le  duc  de  Gra- 
mont,  et  trois  fils  qui  furent  de  puissants  personnages  :  i°  Etienne- 
François,  né  en  1719,  ambassadeur  à  Rome  et  à  Vienne,  lieutenant 
général  des  armées  du  Roi  en  1759,  chevalier  de  ses  Ordres,  cheva- 
lier de  la    Toison    d'Or,    créé    duc    héréditaire    de    Choiseul    par 
lettres  patentes  d'août  1758  et  pair  de  France  au  mois  de  décembre 
de  la  même  année,  ministre  de  la  guerre,  puis  des  affaires  étran- 
gères, disgracié  en  1770,  qui  fut  un  des  hommes  d'État  les  plus 
éminents  de  son  temps  et  qui  mourut  sans  postérité  en  1785  ;  2°  Léo- 
pold-Charles,  né  en  1724,  successivement  évêque  d'Évreux,  arche- 
vêque d'Albi,  archevêque  duc  de  Cambrai,  décédé  en  1781  ;  3"  Jacques- 
Philippe,  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Stainville,  lieutenant  général 
des  armées  du  Roi,  qui  épousa  en  1761  M"^  de  Clermont  d'Amboise 
et  qui  n'en  eut  que  deux  filles  mariées,  l'une  à  Claude-Gabriel  de 
Choiseul,  plus  tard  comte  de  Stainville,  puis  duc  de  Choiseul,  l'autre 
en  1782  au  prince  Joseph  de  Monaco.  Le  comte  François-Joseph  de 
Choiseul,  décédé  en  1711,  dont  il  a  été  parlé  plus  haut,  eut  un  frère 
puhié,  Antoine,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Choiseul-Beaupré, 
qui  fut  brigadier  des  armées  du  Roi,  qui  épousa  en  1715  M"®  d'Yvetot 
de  Marcheville  et  qui  mourut  en  1727.  Ce  frère  laissa  deux  fils  dont 
l'aîné,  Antoine-Nicolas,  marquis  de  Choiseul-Beaupré,  né  en  1716, 
épousa  en  1737  M"^  de  Beauval  et  continua  la  descendance  et  dont  le 
second,  François-Martial,  comte  de  Choiseul-Beaupré,  lieutenant  géné- 
ral des  armées  du  Roi,  mourut  sans  postérité.  Charles-Etienne,  mar- 
quis de    Choiseul-Beaupré,  Sgr  de  Sommeville,  né    en  1739,  fils 
d'Antoine-Nicolas,  fut  lieutenant  général  des  armées  du  Roi  et  épousa 
en  1775  M"^  Walsh.  Il  laissa  plusieurs  fils.  L'un  de  ces  fils,  Louis- 


368  DICTIONNAIRE    DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

César,  né  en  178L  fut  créé  baron  de  l'Empire  par  lettres  patentes 
du  22  octobre  1810  et  mourut  sans  laisser  de  postérité.  Un  autre, 
Xavier,  marquis  de  Choiseul-Beaupré,  né  en  1787,  marié  à  M"*  de 
Sesmaisons,  a  été  le  grand-père  de  Charles,  marquis  de  Choiseul- 
Beaupré,  né  en  1864,  aujourd'hui  chef  de  nom  et  d'armes  de  toute  la 
maison  de  Choiseul,  qui  tout  récemment  s'est  cru  en  droit  de  relever 
le  titre  de  duc  de  Choiseul.  Celui-ci  est  le  dernier  représentant  mâle 
de  son  sous-rameau  et  n'a  pas  eu  d'enfants  de  son  mariage,  en  1891, 
avec  miss  Claire  Coudert,  de  New-York. 

Antoine  de  Choiseul-Beaupré,  Sgr  deDaillecourt,  auteur  du  second 
sous-rameau,  fut  père  de  Jacques-François  de  Choiseul,  Sgr  de  Daille- 
court,  connu  sous  le  titre  de  marquis  de  Beaupré,  maréchal  de  camp, 
lieutenant  général  pour  le  Roi  au  gouvernement  de  Champagne, 
décédé  en  1689,  qui  épousa  en  16o6  Anne-Marie  du  Chàtelet  deFres- 
nières,  grand-père  d'Antoine-Clériadus  de  Choiseul,  marquis  de 
Beaupré,  Sgr  de  Daillecourt,  lieutenant  général  des  armées  du  Roi, 
lieutenant  général  au  gouvernement  de  Champagne,  bailli  de  Chau- 
monl,  décédé  en  1726  au  château  de  Daillecourt,  en  Champagne, 
qui  épousa  en  1695  M"^  de  Barillon  deMorangis,  bisaïeul  de  Charles, 
marquis  de  Choiseul-Beaupré,  Sgr  de  Daillecourt,  lieutenant  général 
au  gouvernement  de  Champagne,  décédé  en  1768,  qui  épousa 
en  1728  M"*  de  Bassompierre,  et  trisaïeul  de  Gabriel-Florent,  comte 
de  Choiseul  Beaupré,  lieutenant  général  des  provinces  de  Cham- 
pagne et  de  Brie,  décédé  à  Strasbourg  en  17o3,  qui  épousa  en  1749 
M"*  Lallemand  de  Betz.  Celui-ci  laissa  deux  fils  :  1°  Gabriel-Auguste, 
né  en  1752,  qui  continua  la  descendance;  2°  Michel-Victor,  connu 
sous  le  titre  de  comte  de  Choiseul-Daillecourt,  né  posthume  en  1754, 
député  de  la  noblesse  du  bailliage  de  Chaumont  aux  Étals  généraux 
de  1789.  lieutenant  général  des  armées  du  Roi  en  18 14.  marié  en  1777 
à  M"*  Rouillé  de  Boissy  du  Coudray,  décédé  en  1815,  dont  la  pos- 
térité vient  de  s'éteindre  en  la  personne  de  M""^  la  comtesse 
d'Hinnisdal,  née  Choiseul-Daillecourt.  Gabriel-Auguste  de  Choiseul 
fut  connu  sous  le  titre  de  comte  de  Choiseul-Gouffier  après  le  mariage 
qu'il  contracta  le  23  septembre  1771  avec  Adélaïde  de  Gouffier 
d'Heilly,  décédée  à  Paris  en  1816,  dernière  représentante  de  l'illustre 
maison  de  Gouffier.  11  fut  un  des  personnages  les  plus  en  vue  de  son 
temps,  fut  admis  en  1779  à  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles- 
lettres,  puis  en  1782  à  l'Académie  française,  fut  ambassadeur  à  Cons- 
tanlinople,  se  relira  en  Russie  à  l'époque  de  la  Révolution,  fui  nommé 
sous  la  Restauration  ministre  d'État  et  membre  du  Conseil  privé,  fut 
créé  pair  de  France  héréditaire  par  ordonnance  du  17  août  1815  et 
mourut  en  1817  quelques  mois  après  son  second  mariage  avec  la 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  369 

princesse  Ht'^lène  de  Bauffremonl.  Son  lils,  Anloine-Octave  de  Choi- 
seuI-Gouffier,  s'était  fixé  en  Russie  où  il  avait  épousé  successivement 
en  1801  la  comtesse  Victoire  Potocka,  qui  divorça  et  qui  se  remaria 
au  général  Bakmelcheff,  et  en  1818  la  comtesse  Sophie-Victoire  Tie- 
senhauscn.  Il  fut  pair  de  France  par  droit  héréditaire  après  la  mort 
de  son  père,  fut  confirmé,  par  lettres  patentes  du  29  mai  1819,  dans  la 
possession  du  titre  de  comte  attaché  à  cette  pairie  et  mourut  à  Flo- 
rence en  1840  laissant  de  ses  deux  unions  une  nombreuse  postérité. 
Un  de  ses  petits-fils,  le  comte  Alfred  de  Choiseul-Gouffier,  né  en  1855, 
s'est  cru  en  droit  de  relever  le  titre  de  duc  de  Roannais  qui  avait 
appartenu  à  une  branche  de  la  maison  de  Gouffler;  il  a  très  récem- 
ment substitué  à  ce  titre  celui  de  duc  de  Stainville.  Claude-Glériadus 
de  Ghoiseul,  né  à  Paris  en  1733,  second  fils  de  Charles,  marquis  de 
Choiseul-Beaupré,  Sgr  de  Daillecourt,  et  d'Anne-Marie  de  Bassom- 
pierre,  mentionnés  plus  haut,  chambellan  duroide  Pologne,  lieutenant 
général  des  armées  du  roi  de  France,  fut  connu  sous  le  titre  de  comte 
de  Ghoiseul  la  Baume  après  le  mariage  qu'il  contracta  en  1755  avec 
DianeGabrielle  de  la  Baume  deMontrevel.  Son  fils,  Claude-Gabriel  de 
Choiseul,  né  à  Nancy  en  1760,  prit  le  titre  de  comte  de  Choiseul-Stain- 
ville  après  le  mariage  qu'il  contracta  en  1778  avec  sa  cousine,  Marie- 
Stéphanie  de  Ghoiseul-Stainville,  nièce  et  héritière  du  duc  de  Choi- 
seul. Il  fut  autorisé  en  1785  à  relever  le  titre  de  duc  et  la  dignité  de 
pair  de  France  de  celui-ci,  se  signala  pendant  la  période  révolution- 
naire par  son  dévouement  à  la  Famille  Royale,  n'émigra  qu'après  la 
chute  de  la  royauté,  fut  nommé  en  1814  lieutenant  général  des  armées 
du  Roi,  fut  à  la  même  époque  rappelé  à  la  Chambre  des  pairs,  fut 
confirmé  dans  son  titre  de  duc  et  dans  sa  dignité  de  pair  de  France 
par  lettres  patentes  du  20  décembre  1817,  se  rallia  à  Louis-Philippe 
qui  en  fit  son  aide  de  camp  et  qui  le  nomma  gouverneur  du  Louvre  et 
mourut  en  1838.  Le  duc  de  Choiseul  survécut  à  ses  fils  et  ne  laissa 
qu'une  fille  mariée  au  marquis  de  Marmier.  Par  ordonnance  du 
15  mai  1818  celui-ci  fut  substitué  au  titre  de  duc  et  à  la  pairie  de 
France  héréditaire  de  son  beau-père. 

Le  chef  du  second  rameau  de  la  branche  aînée,  Henri-Louis  de 
Choiseul,  marquis  de  Meuse,  fut  nommé  en  1738  lieutenant  général 
des  armées  du  Roi  et  en  1745  chevalier  de  ses  Ordres.  Il  avait 
épousé  en  1712  Honorée-Françoise,  comtesse  de  Zurlauben  ;  il  en 
laissa  deux  fils  dont  les  fils  moururent  sans  postérité,  derniers  repré- 
sentants de  leur  rameau. 

Le  troisième  rameau  de  la  branche  aînée  a  été  illustré  par  son  der- 
nier représentant,  Claude,  marquis  de  Francières,  connu  sous  le  titre 
de  comte  de  Choiseul,  né  en  1633,  qui  fut  un  des  plus  grands  hommes 
X.  24 


370  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

de  guerre  de  son  temps,  qui  obtint  en  1693  le  bâton  de  maréchal  de 
France  et  qui  mourut  à  Paris  en  1711,  doj'en  des  maréchaux  de 
France,  sans  avoir  eu  d'enfants  de  son  mariage,  en  1658,  avec 
M"«  de  Renty. 

L'auteur  de  la  seconde  branche  actuelle,  Pierre,  dit  Gallehaut,  de 
Choiseul,  Sgr  de  Doncourt  et  de  Fresnoy,  épousa,  par  contrat  du 
le''  juillet  1479,  Catherine  du  Plessis,  fdle  d'un  premier  chambellan 
du  duc  de  Bourgogne  et  héritière  de  la  seigneurie  de  Chevigny,  en 
Auxois.  Ses  deux  fils  aînés,  Jean  de  Choiseul,  Sgr  de  Chevigny,  de 
Doncourt,  de  Fresnoy,  etc.,  et  Nicolas  de  Choiseul,  épousèrent  le 
14  mai  1504  deux  sœurs,  Anne  et  Alix  de  Choiseul-Lanques,  et  furent 
les  auteurs  des  deux  grands  rameaux  de  la  branche  cadette. 

Le  chef  du  premier  rameau,  François  de  Choiseul,  Sgr  de  Chevigny 
et  de  Fresnoy,  gentilhomme  de  la  chambre  du  Roi,  chevalier  de  son 
Ordre,  marié  en  1578  à  Françoise  d'Esguilly,  en  eut  à  son  tour  deux 
fils  :  1°  Jacques  de  Choiseul,  qualifié  comte  de  Chevigny,  baron  de 
Chassy,  etc.,  chevalier  de  lOrdre  du  Roi,  qui  épousa  en  1617  Made- 
leine de  Malain,  baronne  de  Lux,  et  qui  continua  la  descendance  ; 
2°  Jean  de  Choiseul,  chevalier  de  l'Ordre  du  Roi,  qui  fut  baron  d'Es- 
guilly, en  Autunois,  par  héritage  de  son  aïeul  maternel,  qui  épousa 
en  1622  Anne  de  Franay  et  qui  fut  l'auteur  du  sous-ramcau  de  Choi- 
seul d'Esguilly  éteint  au  xviii*  siècle.  César-Gabriel  de  Choiseul, 
comte  de  Chevigny,  né  en  1712,  arrière-petit-fils  de  Jacques  et  de 
Madeleine  de  Malain,  lieutenant  général  des  armées  du  Roi,  chevalier 
de  ses  Ordres,  secrétaire  d'Etat  de  la  marine,  chef  du  Conseil  royal 
des  finances,  ambassadeur  à  Vienne,  décédé  en  1785,  fut  créé,  par 
lettres  patentes  du  2  novembre  1762,  duc  héréditaire  de  Praslin  et  pair 
de  France.  Il  avait  épousé,  en  1732,  Anne-Marie  de  Champagne  de  la 
Suze.  Il  futpère  de  Renaud-Louis  de  Choiseul,  deuxième  duc  de  Praslin, 
pair  de  France,  ambassadeur  à  Naples  en  1766,  maréchal  de  camp  en 
1770,  député  de  la  noblesse  d'Anjou  aux  Etats  généraux  de  1789, 
décédé  en  1791,  qui  épousa  en  1754  Guyonne  de  Durfort,  fille  aînée 
du  maréchal  duc  de  Lorge.  Le  deuxième  duc  de  Praslin  laissa  trois 
fils  :  1°  Antoine-César  de  Choiseul,  troisième  duc  de  Praslin,  pair  de 
France,  maréchal  de  camp  en  1788,  député  suppléant  de  la  noblesse 
du  Maine  aux  États  généraux  de  1789,  sénateur,  commandeur 
de  la  Légion  d'honneur,  décédé  en  1808,  qui  épousa  en  1775 
Charlotte  O'Bryen  de  Thomond,  fille  du  comte  de  Clare,  et  qui 
continua  la  descendance  ;  2"  César-Hippolyte  de  Choiseul,  connu 
sous  le  titre  de  comte  de  Sainte-Suzanne,  marié  en  1780  à  sa  cousine 
Louise-Joséphine  de  Choiseul  d'Esguilly,  décédé  en  1793,  dont  les 
deux  fils,  César  et  Albéric-Guy,  ce  dernier  créé  pair  de  France  héré- 


niCTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FKANÇAISRS  371 

ditaire  en  1827,  moururent  sans  postérité  masculine;  3°  Léon-René, 
dont  le  fds  mourut  sans  postérité  en  1867.  Claude  de  Choiseul,  qua- 
trième duc  de  Praslin,  pair  de  France,  né  en  1778,  fds  d'Antoine- 
César,  fut  chambellan  de  Napoléon  l^"",  qui  le  créa  comte  de  l'Empire 
par  lettres  patentes  du  31  janvier  1810  et  qui  le  nomma  pair  de 
France  pendant  les  Cent-Jours  ;  il  épousa  en  1803  M"*  de  Breteuil, 
qui  lui  survécut  jusqu'en  1861,  et  mourut  à  Paris  en  1841.  Son  fds, 
ïhéobald,  cinquième  duc  de  Praslin,  né  en  1805,  député  de  Seine-et- 
Marne,  où  il  possédait  le  célèbre  château  de  Vaux,  chevalier  d'hon- 
neur de  la  duchesse  d'Orléans,  créé  pair  de  France  par  Louis-Phi- 
lippe en  1842,  avait  épousé  en  1824  la  lille  unique  du  maréchal 
Sébastiani,  petite-fdlc  du  duc  de  Coigny.  On  sait  dans  quelles  condi- 
tions douloureuses  le  duc  et  la  duchesse  de  Praslin  moururent 
en  août  1847.  Us  avaient  eu  neuf  enfants.  Leur  second  fds,  le  comte 
Horace  de  Choiseul,  né  en  1837,  a  été  député  de  Seine-et-Marne. 

L'auteur  du  second  rameau  de  la  branche  cadette,  Nicolas,  fut 
héritier  de  sa  tante  maternelle,  Jeanne  du  Plessis,  veuve  sans  enfants 
de  Ferry  de  Grancey  et  de  Mathelin  de  Balathier,  et  recueillit  dans 
sa  succession,  entre  autres  grands  biens,  la  seigneurie  de  Praslin, 
près  de  Bar-sur-Seine.  Son  fds,  Ferri  de  Choiseul,  Sgr  de  Praslin, 
gentilhomme  ordinaire  de  la  chambre  du  Roi,  chevalier  de  son 
Ordre,  tué  en  1569  à  la  bataille  de  Jarnac,  avait  épousé  Anne  de  Bé- 
thune.  Il  en  eut  plusieurs  fds  dont  deux,  Charles  et  Ferri,  furent  les 
auteurs  de  deux  sous-rameaux. 

L'aîné  de  ces  deux  frères,  Charles  de  Choiseul,  marquis  de  Praslin, 
décédé  en  1626,  fut  un  des  plus  brillants  officiers  généraux  de  son 
temps  et  obtint  en  1619  le  bâton  de  maréchal  de  France.  Il  laissa 
deux  fds  :  1°  Roger  de  Choiseul,  marquis  de  Praslin,  maréchal  de 
camp,  qui  fut  tué  en  1641  à  la  bataille  de  la  Marsée,  près  de 
Sedan,  sans  avoir  été  marié  ;  2°  François  de  Choiseul,  marquis  de 
Praslin,  maréchal  de  camp,  décédé  en  1690  au  château  de  Praslin, 
dont  la  fdle  unique,  héritière  de  Praslin,  épousa  successivement  Jean- 
Gaston  de  Choiseul,  comte  d'Hostel,  et  Nicolas-Martial  de  Choiseul- 
Beaupré  et  laissa  elle-même  du  premier  lit  une  fdle  unique  mariée  en 
1711  à  Pierre  de  Pons,  comte  de  Rennepont. 

Ferri  de  Choiseul,  second  fds  de  Ferri  et  d'Anne  de  Béthune,  fut 
comte  du  Plessis  et  d'Hostel,  baron  de  Chitry,  chevalier  de  l'Ordre 
du  Roi  et  gentilhomme  ordinaire  de  sa  chambre.  Il  épousa  en  1593 
Madeleine  Barthélémy,  fdle  d'un  consedler  au  Parlement  de  Paris,  et 
en  eut  quatre  fds  :  1°  César  de  Choiseul,  comte  du  Plessis-Praslin, 
célèbre  officier  général,  maréchal  de  France  en  1645,  chevalier  des 
Ordres  du  Roi  en  1662,  créé  en  1665  duc  héréditaire  de  Choiseul  et 


372  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

pair  de  France,  (Jécédé  en  1675,  dont  la  descendance  s'éteignit  en  la 
personne  de  son  plus  jeune  fils,  César-Auguste,  duc  de  Choiseul, 
pair  de  France,  chevalier  des  Ordres  du  Roi,  décédé  en  1705; 
2°  Gilles  de  Choiseul,  comte  d'Hostel,  maréchal  de  camp,  tué  en  1644 
au  siège  de  Saint- Ya,  en  Piémont,  sans  avoir  été  marié  ;  3°  Ferri  de 
Choiseul,  comte  d'Hostel,  maréchal  de  camp,  premier  gentilhomme 
de  la  chambre  de  Gaston,  duc  d'Orléans,  dont  la  descendapce  s'étei- 
gnit en  la  personne  de  son  arrière-petite-tille,  Charlotte-Françoise, 
dame  de  Praslin,  mariée  en  1711  à  Pierre  de  Pons,  comte  de  Renne- 
pont,  connu  depuis  son  mariage  sous  le  titre  de  marquis  de  Praslin  ; 
4"  Gilbert,  évoque  de  Commingcs,  puis  de  Tournay,  décédé  en  1689. 

Il  serait  trop  long  d'énumérer  ici  toutes  les  illustrations  de  la 
maison  de  Choiseul.  Qu'il  suffise  de  rappeler  que  celte  grande  race  a 
produit  quatre  maréchaux  de  France,  un  cardinal  en  1761  (Antoine- 
Clériadus  de  Choiseul,  archevêque  de  Besançon  en  1754,  décédé  en 
1774,  fils  cadet  d'Antoine-Clériadus  de  Choiseul,  marquis  de  Beaupré, 
Sgr  de  Daillecourt,  et  d'Anne-Françoise  de  Barillon  de  IMorangis), 
plus  de  trente  lieutenants  généraux  des  armées  du  Roi  ou  maréchaux 
de  camp,  des  chevaliers  du  Saint-Esprit,  des  ministres,  des  ambas- 
sadeurs, des  membres  de  l'Académie  française,  etc.,  et  que  28  de 
ses  membres  furent  tués  à  l'ennemi  sous  le  seul  règne  de  Louis  XIV. 

Alliés  directement  vers  1215  à  la  Maison  de  France,  les  Choiseul 
ont  encore  contracté  des  alliances  avec  les  familles  de  Grancey,  de 
.loio'ny,  d'Anglure,  du  Chàtelet,  de  lîournonville  1464,  de  Jouvenel 
des  Ursins  1482,  de  Livron  1517,  de  Ilaraucourt  1592,  d'Amboise,  de 
la  Guiche  1548,  de  Vienne  1582,  d'Aché  1610,  de  Sully  1487,  de  Vergy 
1556,  de  Xaintrailles  1692,  Bernard  de  Montessus  1677,  de  la  Fitte  de 
Pellepore,  de  la  Tour  de  Gouvernet  1721,  de  Salm,  de  Chauvigny,  de 
Lio-niville,  de  Watteville,  de  Carondelet  1640,  Gonzaga-Luzzaral702, 
deMaillart,  de  Capizucchi-Bologne,  de  Dinteville,  de  Rosen,  de  Stain- 
ville,  deMauléon  1646,  de  Saucières  deTenance  1679,  duHamel  1714, 
deBassompierrel717,  de  Clermont  d'Amboise  1761,  de  Gouyon-Mati- 
gnon  de  Grimaldi  de  Monaco  1782,  de  Gramont  1759,  1848,  "Walsh 
de  Serrant  1766  ,  1775,  d'Orfeuille,  de  Sesmaisons,  de  Montalembert 
d'Essé,  de  Ravenel  1627,  de  Sommyèvre  1756,  de  Ludre  1698,  de 
Gouffîer  1771,  Rouillé  du  Coudray  1777,  de  la  Baume  de  Montrevel 
1755,  de  Marmierl805,  deBaufTremontl817,  de  Saulx-Tavannes  1786, 
de  Fitz-James  1819,  de  Moreton  de  Chabrillan  1803,  Potocki  1801, 
Galitzin,  de  Poli  1865,  Koudacheff,  de  Louvel-Lupel  1880,  de  Fau- 
cigny-Lucinge  1903,  dAstorgl813,  deFroissard-Broissia  1835,  Pourroy 
de  l'Auberivière  de  Quinsonas,  de  Tulle  de  Villefranchel822,  deTal- 
leyrand-Périgord  1807,  1857,  de  Diesbach  1867,  d  Hinnisdall857,  de 


DICTIONNAIRE     DES    FAMIf-LES    FRANÇAISES  373 

Reviers  de  Mauny  1859,  do  Lamcth,  de  Machault  d'Arnouville,  le 
Vicontc  de  Blangy  1832,  dKspinay-Saint-Luc  1858,  Louys  de  la 
Grange,  de  Pons-Rennepont,  de  Zurlauben  1712,  de  Renty  1658,  de 
Brichantcau  1503,  de  Brancion  1539,  d'Esguilly  1578,  de  Saint-Belin 
1608,  de  Lambertye  1691,  de  Beauvau  1531,  1711,  1815,  1864,  de 
Champagne-Ia  Suze  1732,  de  Durfort  de  Lorge  1754,  O'Brien  deTho- 
mond  1759,  de  Mauconvenant  de  Sainte-Suzanne  1810,  de  Rongé,  de 
la  Croix  de  Castries  1832,  de  Nédonchel  1829,  de  Polignac  1847, 
d'Hautefortl653,  1718,  de  Grollierl797,  le  Tonnelier  de  Breteuil  1803^ 
de  Mercy-Argenteau  1863,  d'Harcourt  1829,  de  Pontevés-Sabran  1833^ 
de  Calvière  1833,  de  Galard-Béarn  1833,  Sébastiani  1824,  de  Gordero 
de  Roburentl845,  deChabannes  1851,  d'Addal858,  Asinari  de  Saint- 
Marsan  1908,  de  Villeneuve-Trans  1910,  du  Cluzel,  d'Herbouvillel811, 
Brachet,  de  la  Briffe,  de  Clugny  1722,  1752,  de  Fondras  1730,  de 
Seront  1781,  de  Monchy  d'Hocquincourt,  d'Estampes  1610,  de  Canou- 
ville  de  Raffetot  1629,  de  Guénégaud  1642,  Malet  de  Graville  1620, 
de  Maugiron  1653,  delà  Baume-le  Blanc  de  la  Vallière  1681,  de  Bou- 
thillier-Chavigny  1699,  Tornielli  de  Gerbéviilers,  de  Custines  1684, 
de  Toulongeon,  de  Damas,  de  Chastellux  1578,  de  Villars  1699,  d'An- 
digné  1721,  de  Chalon,  de  Prie,  etc. 

CHOISNE  (anciennement  LE  CHOISNÊ)  deTRICQUEVILLE  (de).  Armes  : 
d'hermines  à  un  lambel  de  sable.  —  L'écu  timbré  d'un  casque  d'ar- 
gent à  cinq  grilles.  —  Devise  :  Sagesse  et  Justice. 

La  famille  de  Choisne,  anciennement  leChoisne,  est  honorablement 
connue  en  Normandie  depuis  plusieurs  siècles.  Elle  a  eu  pour  berceau 
la  paroisse  de  Saint-Georges  duBois-Bcsnart,  en  Cotcntin.  Elle  reven- 
dique pour  auteur  un  Thomas  le  Choisne  qui  fut  anobli  en  1461. 

La  famille  le  Choisne  ne  put  faire  reconnaître  sa  noblesse  lors  de 
la  grande  recherche  des  faux  nobles  commencée  en  1666.  Ses  repré- 
sentants, Jacques,  Pierre  et  René  le  Choisne,  de  la  paroisse  de  Ché- 
rencé,  en  l'élection  de  Mortain  ;  Georges  le  Choisne,  de  la  paroisse 
de  la  Chapelle-Cesselin,  en  l'élection  de  Vire  ;  Pierrc-Étienne  et 
Charles  le  Choisne,  de  la  paroisse  de  Hambye,  en  l'élection  de  Cou- 
tances,  furent  à  cette  époque  condamnés  à  l'amende  comme  usurpa- 
teurs par  jugement  de  Chamillart,  intendant  de  la  généralité  de  Caen. 
D'après  ce  jugement,  MM.  le  Choisne  n'avaient  pu  prouver  leur  des- 
cendance de  Thomas  le  Choisne,  anobli  en  1461  ;  leur  famille  avait 
été  condamnée  comme  usurpatrice  dès  1559  par  arrêt  de  la  Cour  des 
aides  et  imposée  à  la  taille  en  1588, 1610  et  années  suivantes  jusqu'en 
1615.  Le  même  jugement  rappelle  que  MM.  leChoisne  étaient  parents 
de  Guillaume  le  Choisne,  de  la  paroisse  de  Ger,  qui  fut  condamné 


374  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

par  arrêt  de  1599  et  dont  les  descendants,  alors  fixés  dans  la  paroisse 
des  Loges,  étaient  encore  soumis  à  la  taille. 

La  branche  des  seigneurs  de  Lonchamps,  fixée  en  la  paroisse  de 
Romazy,  au  diocèse  de  Rennes  et  au  ressort  d'Antrain,  fut  également 
condamnée  comme  usurpatrice  en  1670  par  arrêt  des  commissaires 
chargés  de  la  recherche  des  faux  nobles  en  Bretagne.  Cette  branche 
fit  enregistrer  à  l'Armoriai  général  de  1696  les  armes  suivantes  :  d'ar- 
gent à  six  mouchetures  d'hermine. 

On  trouvera  dans  le  Bulletin  de  la  Société  historique  de  VOrne  des 
renseignements  sur  la  branche  des  seigneurs  de  Tricquevillequi  s'est 
perpétuée  jusqu'à  nos  jours.  Cette  branche  descend  de  Jacques  le 
Choisne,  sieur  de  la  Jaunière,  conseiller  du  Roi  en  l'élection  de  Lisieux, 
qui  mourut  à  Neuville,  en  1716,  à  l'âge  de  83  ans.  Jacques-Léonor  de 
Choisne,  sieur  de  Tercey,  né  en  1675,  fils  du  précédent,  épousa  le 
12  mars  1701  Julie  le  Tcllier.  fille  et  héritière  du  seigneur  de  la 
paroisse  de  Tricqucville.  Il  fut  un  officier  de  mérite,  obtint  la  croix 
de  Saint-Louis  et  mourut  en  1734  à  Strasbourg  où  il  était  en  garnison. 
Il  était  gendarme  de  la  garde  de  Sa  Majesté  quand  il  obtint,  le 
6  juillet  1719,  des  lettres  patentes  d'anoblissement.  11  obtint  le  11  juillet 
de  la  même  année  un  arrêt  du  Conseil  d'État  qui  déclarait  commun 
avec  lui  un  jugement  de  maintenue  de  noblesse  rendu  le  9  août  1698 
en  faveur  d'un  de  ses  parents  par  les  commissaires  généraux.  Il  fut 
père  de  Jacques-Léonor  de  Choisne  de  Tricqueville,  garde  du  corps, 
qui  épousa  en  1744  M"^  le  Blanc  de  Folval,  et  grand-père  de  Frédéric- 
Auguste  de  Choisne  de  Tricqucville  qui  épousa  M""  de  Mallevoue  et 
qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  bailliage 
d'Orbec.  Léopold-Éliacin  de  Ciioisne  de  Tricqueville,  né  en  1797,  fils 
de  ce  dernier,  épousa  M'"  de  Jupilles  dont  il  a  laissé  une  nombreuse 
postérité. 

Principales  alliances  :  de  laMariouzc  1812,  Neveu  des  Châteaux  de 
Champrel,  de  Jupilles,  etc. 

CHOISY  (Boyerde).  Voyez  ;  Boverde  Choisy. 

CHOISY  (Bunot  de).  Voyez  :  Buxot  de  Choisy. 

CHOISY  (Souiller  de).  Voyez  :  Soullier  de  Choisy. 

CHOISY  (de).  Armes  (d'après  un  cachet  du  xvrii^  siècle)  :  d'azur  à  un 
chevron  d'or  surmonté  en  chef  d'une  étoile  de  même  et  accompagné 
en  chef  de  deux  merlettes  d'argent  et  en  pointe  d'un  croissant  de 
même.  —  Couronne  :  de  Comte.  —  Supports  :  deux  lions. 

La  famille  de  Choisy,  fixée  en  Périgord  au  xix*  siècle,  résidait  avant 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  375 

la  Révolution  en  Agenais  où  elle  possédait  les  seigneuries  de  Bruce 
et  de  Nosellc.  On  n'a  pu  se  procurer  sur  elle  que  des  renseignements 
insuffisants  et  elle  ne  figure  pas  au  nombre  de  celles  de  cette  région 
qui  en  1789  prirent  part  aux  assemblées  de  la  noblesse.  Peut-être  est- 
ellclamômcque  celle  d'une  Marie-Madeleine  de  Choisy  qui  épousa  à 
Bordeaux  le  28  avril  1790  Jean  Bonnet,  marchand.  M'"'=  de  Choisy,  née 
de  Roche  d'Andrimot,  fut  condamnée  pendant  la  Terreur  à  casser  des 
cailloux  sur  la  route  de  Castillonnèsà  Villeréal.  Pierre-Henri  de  Choisy, 
né  en  1802  à  Born-des-Champs,  en  Périgord,  décédé  en  1878,  fut 
nommé  en  1855  conseiller  à  la  Cour  d'appel  de  Bordeaux. 

La  famille  de  Choisy  s'est  éteinte  dans  les  mâles  il  y  a  peu  d'années. 
Son  dernier  représentant,  marié  à  M""  Elisabeth  Mathias  du  Repaire, 
en  avait  eu  quatre  fdles  dont  l'aînée,  Louise,  a  épousé  M.  Pierre 
d'Abzac. 

Il  a  existé  plusieurs  familles  distinguées  du  nom  de  Choisy. 

L'une  de  ces  familles,  qui  subsistait  au  xviii*  siècle,  portait  pour 
armes  :  iVaztc?'  à  un  sautoir  engreslé  d'or,  cantonné  d'un  croissant  et 
de  trois  besants  d'argent.  Un  tableau  généalogique  conservé  dans 
les  Dossiers  bleus  en  fait  remonter  la  filiation  à  Jean  Choisy,  négociant 
en  vins,  qui  épousa  le  15  juin  1555  Opportune  Bazannier,  fdle  d'un  pro- 
cureur au  Chàtelet  de  Paris.  De  ce  mariage  naquirent  deux  fils,  Jean 
et  André  de  Choisy,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux.  L'aîné 
de  ces  deux  frères,  Jean  de  Choisy,  Sgr  de  Balleroy,  en  Normandie, 
fut  secrétaire  du  Roi  et  conseiller  d'État;  son  fds,  autre  Jean  de 
Choisy,  conseiller  d'État,  intendant  du  Languedoc  en  1640,  laissa 
trois  fds  qui  paraissent  avoir  été  les  derniers  représentants  de  leur 
rameau  ;  un  de  ces  fds,  Paul  Choisy,  conseiller  au  Parlement  de  Tou- 
louse en  1654,  fut  plus  tard  intendant  en  Lorraine  ;  un  autre,  Fran- 
çois-Timoléon  de  Choisy,  né  en  1644,  fut  le  célèbre  abbé  de  Choisy, 
membre  de  l'Académie  française,  décédé  en  1724.  L'auteur  du  second 
rameau,  André  Choisy,  avocat  en  Parlement,  contrôleur  des  traites 
foraines  en  Normandie,  fut  grand-père  de  Thomas  de  Choisy,  né 
en  1632,  lieutenant  général  des  armées  du  Roi,  marié  à  M""  Brette, 
décédé  en  1710,  qui  possédait  la  seigneurie  de  Moigneville,  en  Cham- 
pagne, sur  les  confins  de  la  Lorraine,  et  qui  en  obtint  l'érection  en 
marquisat  par  lettres  d'avril  1692.  Louis-Alexandre  de  Choisy,  mar- 
quis de  Moigneville,  fds  du  précédent,  épousa  en  1704  M"°  de  Lénon- 
court.  Il  eut  un  fils  qui  épousa  d'abord  en  174'i-  M''^  de  Puységur, 
décédée  sans  postérité  en  1748,  puis  en  1751  M"''  d'Ourches.  Charles- 
Gabriel  de  Choisy,  marquis  de  Moigneville,  Sgr  de  Contrisson,  capi- 
taine au  régiment  Royal-Roussillon,  et  Charles-Gabriel  de  Choisy, 
capitaine  au  régiment  de  la  Reine-cavalerie,  prirent  part  en  1789  aux 


376  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Bar-le-Duc,  le  second  dentre  eux 
à  cause  de  la  part  qu'il  avait  dans  le  marquisat  de  Moigneville. 

La  famille  deClioisy  deThiéblemont  portait  pour  armes  :  d'azur  au 
chef  emmanché  (Tor.  Elle  était  originaire  de  Franche-Comté  où  elle 
était  connue  depuis  1363.  Elle  vint  plus  tard  se  fixer  en  Champagne 
où  elle  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  en  1669,  par  jugement  de  l'in- 
tendant Caumartin,  après  avoir  justifié  sa  fdiation  depuis  1490.  Elle 
fut  admise  en  1677  aux  États  de  Bourgogne. 

Une  famille  deChoisy  a  appartenu  à  la  noblesse  du  Poitou.  Elle  por- 
tait pour  armes  :  à'azur  à  trois  coquilles  dor.  Elle  était  connue  dès 
le  KiY*"  siècle,  mais  paraît  ne  s'être  agrégée  à  la  noblesse  qu'au  com- 
mencement du  siècle  suivant.  Jean  Choisy,  sieur  de  Brétenis,  figure 
le  premier  avec  la  qualitication  de  varlet,  ou  celle  d'écuyer,  dans  des 
actes  de  1405  et  de  1419.  Guillaume  Choisy,  sieur  de  la  Jarrie,  vail- 
lant chef  protestant,  maire  de  la  Rochelle  en  1570  et  en  1583,  fut 
nommé  en  1586  gouverneur  de  Marans  par  le  prince  de  Condé.  Cette 
famille  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  le  16  août  1667  par  jugement 
de  M.  deBarentin,  intendant  de  Poitiers,  et  le  7  février  1715  par  juge- 
ment de  M.  de  Richcbourg,  un  des  successeurs  de  M.  de  Barentin. 
Samuel  de  Choisy,  ancien  ministre  àLoudun,  était  réfugié  à  Londres 
en  1702.  César  de  Choisy,  ancien  capitaine  du  château  de  Ghefbou- 
tonne,  âgé  de  67  ans,  résidait  dans  la  même  ville  en  1705.  La  famille 
poitevine  de  Choisy  a  eu  pour  dernier  représentant,  au  moins  en 
France,  René  de  Choisy,  chanoine  de  la  cathédrale  de  Poitiers,  qui  fit 
son  testament  le  26  juillet  1773. 

Il  existe,  cnlin,  do  nos  jours  à  Genève  une  famille  Choisy,  d'an- 
cienne bourgeoisie,  à  laquelle  les  Notices  généalogiques  sur  les 
familles  genevoises  de  GalilTe,  tome  VI,  attribuent  le  blason  des  Choisy 
de  Moigneville. 

CHOL  de  CLERCY.  Armes  (d'après  le  règlement  d'armoiries  de  1766): 
d'argent  à  deux  fasces  de  gueules  accompagnées  en  chef  d'une 
tête  de  lion  arrachée  de  même;  parti  d'azur  à  une  bande  d'or 
chargée  de  trois  aigles  de  sable  volant  l'une  au-dessus  de  l'autre  et 
accompagnée  en  chef  d'une  étoile  d'or  et  en  pointe  d'un  croissant  de 
même. 

Ancienne  famille  du  Lyonnais. 

François  Chol,  marié  vers  1700  à  Jeanne  Carra,  fut  contrôleur 
garde  de  la  monnaie  de  Lyon. 

Claude  Chol  de  Clercy,  prévôt  général  de  la  maréchaussée  de  Lyon, 
chevalier  de  Saint-Louis,  reçut,  en  récompense  de  ses  services,  des 
lettres  patentes  d'anoblissement  qu'il  fit  enregistrer  le  9  mars  1768. 


DICTIONNAIRR     DES    FAMILLRS    FRANÇAISES  377 

Il  avait  obtenu  on  mars  1766  le  règlement  de  ses  armoiries.  Il  avait 
épousé  Charlotte  Dupuy  dont  il  laissa  plusieurs  enfants. 

François  Chol  de  Glercy  fut  échevin  de  Lyon  en  1779. 

La  famille  Chol  de  Clercy  subsiste. 

Principales  alliances  :  Boscary  1750,  Dugas  1779,  Morand  de  la 
Gennevraye  1874,  de  Jussieu  1728,  Carra  (de  Vaux),  etc. 

La  famille  Chol  de  Clercy  ne  doit  pas  être  confondue  avec  une  famille 
Chol,  ou  du  Chol,  qui  a  existé  dans  la  noblesse  de  la  même  province. 
Cette  famille  portait  pour  armes  :  de  gueules  à  deux  fasces  d'argent 
accompagnées  en  chef  d'une  tête  de  lion  arrachée  d'or,  lampassée  de 
gueules.  Elle  fut  maintenue  dans  sa  noblesse  le  25  janvier  1668  par 
jugement  de  l'intendant  Dugué.  Son  chef,  Jacques  Chol  de  Torpanne, 
marié  en  1727  à  Jeanne  Juillet,  était  dans  la  première  moitié  du 
xviii^  siècle  conseiller  au  Parlement  de  Paris.  Une  généalogie  con- 
servée dans  les  manuscrits  de  Chérin  fait  descendre  ce  magistrat 
d'un  noble  Martin  Chol,  marié  à  Antoinette  de  la  Valette,  qui  était 
en  1287  seigneur  de  la  Rochelte  et  autres  fiefs.  Cette  famille  était 
représentée  en  1790  par  M.  du  Chol  de  Signac. 

CHOLET  (de),  en  Lorraine.  Armes  :  à'argent  à  un  chevron  d'azur  chargé 
sur  le  chef  d'une  étoile  d'or  et  accompagné  de  trois  hures  de  san- 
glier de  sable,  deux  en  chef  et  une  en  pointe  ;  au  chef  d'azur  chargé 
dhme  levrette  d'argent  colletée  de  sable.  —  Cimier  :  une  levrette  à 
demi-corps. 

La  famille  de  Cholet,  éteinte  de  nos  jours,  appartenait  à  la  noblesse 
de  Lorraine.  On  en  trouvera  une  généalogie  dans  le  Dictionnaire  de 
la  Noblesse  de  la  Chesnayc  des  Bois. 

Elle  a  eu  pour  auteurs  Gérard  et  Bertrand  Cholet,  frères,  qui  vin- 
rent dans  la  première  moitié  du  xv''  siècle  établir  leur  résidence  à 
Verdun.  On  connaît  mal  l'origine  de  ces  deux  personnages.  C'est 
sans  preuves  qu'on  a  cherche  à  les  rattacher  à  une  famille  de  Cholet 
qui  a  occupé  un  rang  distingué  dans  la  noblesse  de  la  Beauce.  Le 
second  d'entre  eux,  Bertrand,  fut  échevin  de  Verdun;  il  laissa  plusieurs 
lils,  Jean,  Vatrin  et  Nicolas,  qui  ne  paraissent  pas  avoir  laissé  de  pos- 
térité. Son  frère,  Gérard,  épousa  Marguerite  Milet,  fdle  de  Pierre 
Milet  et  petite-fille ,  de  Paquin  Didier,  maître  échevin  de  Verdun. 
Gérard  de  Cholet,  dit  le  jeune,  fils  du  précédent,  figure  dans 
plusieurs  actes  avec  les  qualifications  de  noble  homme,  de  chevalier 
et  de  citadin  de  Verdun .  11  épousa  sa  cousine,  Jacquette  de  Wassebourg, 
fille  de  Jean  de  Wassebourg  et  de  Marguerite  Milet,  et  lit  son  testa- 
ment le  4  mars  lo43.  Il  fut  père  de  Vautrin  de  Cholet,  qui  alla  se  fixer 
àLigny,  en  Barrois,  après  son  mariage  avec  Marguerite d'Ernecourtel 


378  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

qui  fit  son  testament  le  4  juillet  1577,  et  grand-père  de  Jean  de  Cholet, 
écuyer,  qui  épousa  à  Tréverey,  en  lo62,  Mengeotte  Hurault,  descen- 
dante de  Jean  Hurault,  de  Ligny,  anobli  en  1504.  Jean  Cholet,  ou 
Chollet,  sieur  de  Longeaux,  fils  des  précédents,  marié  par  contrat  du 
40  septembre  1606  à  Marguerite  Bertrand,  ayant  été  inquiété  dans 
sa  noblesse  par  le  corps  réuni  des  avocats  des  sièges  de  Bar  et  de 
Ligny  et  par  le  procureur  général  du  Barrois,  se  fit  accorder  le 
27  juin  1633  par  le  duc  de  Lorraine  des  lettres  patentes  d'anoblisse- 
ment pour  lui  et  pour  ses  trois  fils,  François,  Charles,  et  Antoine. 
L'aîné  de  ces  trois  frères,  François  Chollet,  écuyer,  sieur  de  Longeaux, 
né  à  Ligny  le  21  novembre  1608,  épousa  Madeleine  Perrin  par  con- 
trat passé  devant  notaire  à  Ligny,  le  16  janvier  1637,  en  présence  de 
son  père,  Jean  Chollet,  écuyer,  sieur  dudit  Longeaux.  Ayant  été  à 
son  tour  inquiété,  il  fit  reconnaître  sa  noblesse  par  lettres  patentes 
du  duc  de  Lorraine  du  8  mars  1665.  Ces  lettres  le  disent  issu  d'une 
ancienne  et  noble  famille,  originaire  de  Verdun.  Il  laissa  un  fils, 
Charles-Nicolas  de  Cholet,  Sgr  de  Longeaux,  né  en  1649,  qui  épousa 
en  1681  Louise  de  Morand  et  qui  continua  la  descendance.  On  trou- 
vera dans  le  Nouveau  d7/o:;zer  les  preuves  de  noblesse  qu'une  arrière- 
petite-fille  de  celui-ci,  Marguerite-Scholastique  de  Cholet  de  Lon- 
geaux, née  à  Longeaux  en  1750,  fit  en  1759  pour  être  admise  à  Saint- 
Cyr  ;  >Lirie-Scliolastique  épousa  dans  la  suite  Henri-Gédéon  de 
Condé  d'Avocourt  avec  lequel  clic  fut  guillotinée  à  Saint-Mihiel 
le  14  thermidor  an  IL 

Jean-Henri,  baron  de  Cholet  de  Clairey,  chevalier,  Sgr  de  Tail- 
lamont  en  partie,  Sgr  de  Clairey-la  Côte  et  de  Jubainville,  prit  part  en 
1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Toul.  Antoine  de  Cholet, 
Sgr  du  fief  de  Longeaux,  capitaine  de  cavalerie,  Antoine  de  Cholet, 
Sgr  de  Mauvagc,  lieutenant-colonel  d'infanterie,  et  M.  de  Chollet  de 
Longeaux,  capitaine  de  cavalerie,  prirent  part  cette  même  année  à 
celles  tenues  à  Bar-le-Duc. 

Charles- Adrien,  baron  de  Cholot,  né  à  Longeaux  en  1779,  officier 
de  la  Légion  d'honneur,  décédé  en  1868,  fut  sous  la  Restauration 
député  et  conseiller  général  de  la  Meuse. 

La  famille  de  Cholet  s'est  éteinte  dans  les  mâles  en  1888.  M"*  de 
Vellecour,  née  Cholet,  estdccédéc  en  octobre ,1900  à  l'âge  de  77  ans. 

La  famille  de  Cholet  avait  fourni  de  nombreux  officiers  dont  l'un 
périt  à  Quiberon  en  1795  et  dont  un  autre  arriva  au  grade  de  général, 
des  chevaliers  de  Saint-Louis,  etc. 

Son  chef  était  connu  sous  le  titre  de  baron. 

Principales  alliances  :  Hurault  1562,  de  Condé  1768,  1774,  de  Bé- 
rauvillc  1776,  Mousiii  de  Romecourt  1722,  deBeaulieul759,  deSimony 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  379 

de  BrouUiières  1681,  1826,  de  Sade,  de  Saluées,  Turlure  de  Velle- 
cour,  etc. 

La  famille  de  Cholet,  en  Beauce,  portait  pour  armes,  d'après  le 
Père  Anselme  :  bandé  cVor  et  de  sable  de  six  pièces.  Elle  se  croyait 
originaire  de  l'Anjou  et  issue  de  celle  des  anciens  seigneurs  de  la 
ville  de  Cholet.  Elle  se  croyait  aussi  issue  de  celle,  originaire d'Abbe- 
ville,  qui  fut  illustrée  au  xiii*  siècle  par  le  cardinal  Jean  Cholet,  fon- 
dateur du  collège  des  Cholet  à  Paris. 

Cette  dernièrefamilledescendaitd'Andrc  Cholet  dont  le  fds, Hugues, 
fut  échevin  d'Abbcville  en  1184  et  1192  et  dont  le  petit-fils,  Oudart, 
acquit  la  seigneurie  de  Nointel,  en  Beauvaisis.  Celui-ci  laissa  trois  fds 
qui  entrèrent  dans  les  ordres.  L'un  de  ces  fils,  Jean,  fut  créé  cardinal 
le  20  mars  1281.  Le  cardinal  Cholet  portait  les  armes  suivantes  qui 
sont  à  peu  de  chose  près  celles  de  la  ville  de  Beauvais  dont  il  était 
chanoine  :  d'argent  à  une  croix  de  gueules  cantonnée  de  quatre  clefs 
renversées. 

Les  Cholet  de  Beauce  remontaient  par  fdiation  à  un  Hugues  de  Cholet 
qui  fut  témoin  d'une  donation  faite  en  1199  à  l'abbaye  de  Saint-Jean 
de  Chartres  et  qui  fit  son  testament  le  1"  mars  1240.  D'après  la  Ches- 
naye  des  Bois  ce  gentilhomme  aurait  été  un  propre  frère  puîné 
d'Hugues  Cholet,  échevin  d'Abbevdle  en  1184,  dont  il  a  été  parlé  plus 
haut.  Sa  descendance  se  partagea  en  plusieurs  branches.  La  princi- 
pale de  ces  branches,  celle  des  seigneurs  de  Dangeau,  s'éteignit  avec 
Marie  de  Cholet,  dame  de  Dangeau,  mariée  le  l"""  février  1472  à  Geof- 
froy de  Courcillon.  Une  branche  cadette,  celle  des  seigneurs  de  la 
Joubardière,  en  Touraine,  se  perpétua  jusque  vers  le  milieu  du 
xvii^  siècle. 

CHOLET  (de).  Armes  (d'aprèsle  règlement  d'armoiries  dulSmars  1817)  : 
d'or  à  un  pin  de  sinople,  terrassé  du  même^  et  à  un  lion  léopardé  de 
sable  brochant  sur  le  pin;  au  chef  retrait  de  gueules  chargé  de  trois 
étoiles  d'argent.  —  Couronne  :  de  Comte.  —  Manteau  de  pair  de 
France. 

Cette  seconde  famille  de  Cholet,  distincte  de  la  précédente,  est 
originaire  de  Bordeaux.  On  en  trouvera  une  intéressante  généa- 
logie dans  les  Titres,  anoblissements  et  pairies  de  la  Restauration 
du  vicomte  Révérend. 

Pierre  Cholet,  né  à  Bordeaux  en  1660,  bourgeois  de  cette  ville, 
négociant,  puis  receveur  des  décimes,  marié  successivement  en  1698 
à  Elisabeth  de  Lavaud,  puis  à  Marie  David,  fut  de  1710  à  1718  direc- 
teur du  commerce  dans  sa  ville  natale.  Il  eut,  entre  autres  enfants, 
deux  fds,  Guy  Cholet,  né  du  premier  lit  à  Bordeaux  en  1704,  qui  con- 


380  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

tinua  la  descendance,  et  Alexis  Cholet,  né  du  second  lit,  qui  fut  tré- 
sorier de  la  ville  de  Bordeaux.  Guy  Cholet  fut  juge  de  la  Bourse,  puis 
en  1737  directeur  du  Commerce  et  enfin  en  1744  trésorier  de  la  ville 
de  Bordeaux  ;  il  fut  pourvu  plus  tard  de  la  charge  anoblissante  de  pré- 
sident-trésorier Je  France  au  bureau  des  finances  de  la  même  ville, 
charge  qu'en  1789  il  exerçait  encore  à  titre  honoraire.  Il  avait  épousé 
en  1732  Marie-Angélique  Ribail,  tille  d'un  juge  de  la  Bourse  de  Bor- 
deaux. Son  fils,  François-Armand  Cholet,  né  à  Bordeaux  en  1747, 
était  procureur  du  Roi  et  de  l'Amirauté  quand  il  épousa  à  Bordeaux, 
le  11  mai  1784,  Éléonore  Casé,  tille  d'un  professeur  royal  de  médecine. 
Il  fut  élu  député  de  la  Gironde  au  Conseil  des  Cinq-Cents,  joua  dans 
cette  assemblée  un  rôle  important,  fut  un  des  promoteurs  du  coup 
d'État  du  18  brumaire,  fut  appelé  au  Sénat  le  4  nivôse  an  Mil,  fut 
créé  comte  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  24  avril  1808,  vota  la 
déchéance  de  l'Empereur,  devint  à  la  Restauration  pair  de  France 
héréditaire,  fut  confirmé  le  lo  mars  1817  dans  la  possession  hérédi- 
taire de  son  titre  de  comte  par  lettres  patentes  du  roi  Louis  XVIII, 
obtint  en  même  temps  le  règlement  de  ses  armoiries  et  mourut  le 
4  novembre  1826.  Il  était  commandeur  de  la  Légion  d'honneur. 
Son  fils,  Jules,  comte  Cholet,  né  à  Paris  en  1798,  décédé  en  1884  au 
château  de  Beauregard,  en  Blé.sois,  lui  succéda  par  droit  héréditaire 
à  la  Chambre  des  pairs  et  lut  autorisé  le  14  décembre  1859,  par 
décret  de  Napoléon  III,  à  faire  régulièrement  précéder  son  nom  de  la 
particule  :  de.  Il  a  lui-même  eu  deux  fils,  Henri,  vicomte  de  Cholet, 
marié  en  1863  à  M""  de  Nadaillac,  décédé  avant  lui  en  1 879,  et  Joachim, 
baron  de  Cholet,  marié  en  1865  à  M'"^  de  Mieulle,  décédé  en  1892, 
qui  ont  été  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

Principales  alliances  :  David  de  Mataplane  1714,  Dubergicr  vers 
1 740,  Menoire  1724,  Prévost  d'Arlincourt.Bletterie,  de  Mieulle  1865,  du 
Pouget  de  Nadaillac  1863,  Chevreau  1891,  Bégoucn  1890,  de  Cha- 
baud  la  Tour  1894.  Reille  1896,  de  Monicault  1906,  Mathieu  devienne 
1909,  etc. 

La  famille  dont  il  vient  d'être  parlé  ne  doit  pas  être  confondue 
avec  celle  d'Antoine-Fabien  Cholet  qui  fut  créé  chevalier  de  l'Empire 
par  lettres  patentes  du  28  juillet  1809.  Celui-ci  était  né  à  Paris  le 
12  septembre  1744  et  était  fils  d'un  marchand  fa'iencier  de  cette  ville  ; 
il  fut  président  du  tribunal  civil  de  Versailles,  conseiller  à  la  Cour  de 
Paris,  député  de  Seine-et-Oise  au  Corps  législatif,  et  mourut  en  1822. 
Le  chevalier  Cholet  reçut  les  armes  suivantes  :  tranché  d'azur  aux 
tables  de  la  loi  d  argent  et  de  sable  à  une  balance  d'or;  à  la  bordure 
de  gueules  chargée  du  signe  des  chevaliers  légionnaires. 

Octave-Ernest  de  Chollet,  né  en  1762  à  Gray,  en  Franche-Comté, 


DICTIONNAIRE     I)  K  S     FAMILLES     FRANÇAISES  '.iiii 

fils  de  Godefroy-Krnest  de  Chollel,  lieutenant-colonel  de  dragons,  et 
deJeanneBarberotd'Autet,  cliefd'oscadron,chevalier  de  Saint-Louis, 
reçuile  titre  héi'éditairedevicomteparlettrespatentesdu  16  décembre 
1814.  11  reçut  en  môme  temps  les  armoiries  suivantes:  Tiercé  enfasce: 
de  gueules  à  trois  étoiles  d'argent,  d'argent  au  croissant  de  sable  et 
d'azur  à  la  gerbe  d'or. 

François-Henri  Chollet  de  Lausscignan,  du  lieu  de  Layrac,  en 
(lascog-ne,  décédé  sans  postérité  à  Layrac  en  1781,  âgé  de  87  ans,  lut 
pourvu  delà  charge  anoblissante  de  trésorier  de  France.  Son  neveu, 
Etienne  Chollet  de  Lascalam,  subdélégué  de  l'intendant  à  Layrac, 
laissa  une  lille.  M""  de  Métivier,  et  un  fils,  Jacques-Bertrand,  né  en 
1705,  qui  ne  paraît  pas  avoir  eu  de  postérité. 

CHOLIER  de  CIBEINS  (de).  Armes  :  à' or  à  trois  bandes  de  sable;  au  chef 
d'azur  chargé  d'un  lion  passant  d'or. 

La  famille  de  Cholier  de  Cibeins  est  une  des  plus  distinguées  de 
l'aristocratie  du  Lyonnais  et  desDombes.  M.  de  Jouvencel  en  a  donné 
une  généalogie  très  complète  dans  son  Assemblée  de  la  noblesse  de  la 
sénéchaussée  de  Lyon  en  1789.  On  trouvera  dans  les  Carrés  d'Hozier 
les  preuves  de  noblesse  qu'un  de  ses  membres  fit  en  1771  pour  entrer 
au  régiment  du  Roi. 

La  famille  de  Cholier  produisit  dans  cette  circonstance  des  lettres 
patentes  en  latin,  donnéesàChambéry  le  22mars  1460,  par  lesquelles 
Philibert,  duc  de  Savoie,  affranchissait  de  toutes  tailles,  droits  de 
main-morte  et  de  serve  condition  Jean  et  Guillaume  Cholier,  frères, 
etleur  postérité  etlestransféraitdans  l'état  des  hommes  liges  et  francs. 
Les  frères  Cholier  obtinrent  le  14  mai  1492  la  confirmation  de  ces  let- 
tres par  nouvelles  lettres  de  Philippe  de  Savoie,  comte  de  Baugy, 
Sgr  de  Bresse,  gouverneur  et  lieutenant  général  de  Savoie  pour  le 
duc  Charles-Jean-Amédée,  son  neveu. 

Le  travail  conservé  dans  les  Carrés  d'Hozier  ne  donne  la  filiation 
comme  rigoureusement  établie  qu'à  partir  du  15  février  1569,  date 
d'un  acte  passé  par  honorable  maître  Marc-Antoine  Cholier,  receveur 
du  taillon  du  Lyonnais  et  procureur  de  monseigneur  de  Montpensier, 
souverain  des  Bombes,  au  bailliage  dudit  pays,  fils  d'honorable  homme 
maître  Claude  Cholier,  greffier  de  Beaujolais  et  procureur  aussi  audit 
bailliage  de  mondit  seigneur  de  Beaujolais,  et  de  feue  Guillemette 
Ailloud. 

M.  de  Jouvencel  donne  la  filiation  à  partir  de  ce  même  Claude  Cho- 
lier dont  d  vient  d'être  parlé.  Celui-ci  avait  acquis  la  seigneurie  de  la 
Colonge  par  acte  du  21  juillet  1564  et  était  décédé  en  janvier  1578. 
Deux  de  ses  fils,  Aymé  Cholier,  greffier,  puis  président  en  l'élection 


382  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

de  Beaujolais,  marié  successivement  le  28  juin  1551  à  Catherine  de 
Ponceton  et  à  Villefranche  le  12  octobre  1584  à  Catherine  Burignot, 
et  Marc-Antoine  Cholier,  mentionné  plus  haut,  furent  les  auteurs  de 
deux  branches. 

La  branche  aînée  s'éteignit  avec  Bonaventure  Cholier,  baptisé  à 
Lyon  le  20  août  1626,  avocat  général  au  Parlement  de  Bombes,  décédé 
à  Lyon  en  1677,  qui  ne  laissa  que  trois  filles. 

Marc-Antoine  Cholier,  auteur  de  la  seconde  branche,  épousa,  par 
contrat  passé  à  Lyon  le  14  février  1569,  Claudine  de  Villars,  fille  d'un 
conseiller  au  Parlement  de  Dombcs,  fut  nommé  en  1576  garde  de  la 
monnaie  de  Trévoux  et  mourut  en  1616  à  l'âge  de  75  ans.  Son  fils, 
noble  monsieur  maître  Alexandre  Cholier,  baptisé  le  24  mars  1574, 
était  conseiller  de  Roi  en  la  sénéchaussée  et  siège  présidial  de  Lyon, 
conseiller  de  Mgr  le  duc  de  Montpensier,  prince  de  Bombes,  en 
son  Conseil  privé  et  son  procureur  général  au  Parlement  de  Bombes 
quand  il  épousa,  par  contrat  du  l*""  février  1608,  demoiselle  Anne  de 
Serracin,  fille  d'un  visiteur  général  des  gabelles  en  Lyonnais.  Il  fut 
nommé  en  1618  échevin  de  Lyon  et  se  fit  délivrer  le  21  juillet  1625  un 
certificat  de  son  échcvinage  pour  jouir  du  privilège  de  noblesse  héré- 
ditaire qui  y  était  attaché.  Quand  sa  descendance  fut  devenue  puis- 
sante les  généalogistes  lui  cherchèrent  une  origine  plus  reculée  et 
firent  remonter  la  filiation  à  un  Rostaing  Cholier  qui  aurait  été  qualifié 
damoiseau  dans  un  acte  de  1297.  Alexandre  Cholier  mourut  à  Lyon 
en  1633  laissant  deux  fils,  Pierre  et  Alexandre,  qui  furent  reçus  l'un  et 
l'autre  conseillers  au  Parlement  de  Bombes,  le  premier  en  1648,  le 
second  en  1644.  L'aîné  de  ces  deux  frères,  noble  monsieur  maître 
Pierre  Cholier,  baptisé  à  Lyon  le  17  mai  1609,  était  conseiller  du  Roi 
en  la  sénéchaussée  et  siège  présidial  de  Lyon  quand  il  épousa,  par 
contrat  du  12  juillet  1631,  demoiselle  Marie  Johanin,  veuve  de  noble 
Octavien  Vachias,  conseiller  du  Roi  et  receveur  général  des  finances 
en  la  généralité  de  Lyon.  Il  fut  plus  tard  échevin  de  Lyon,  en  1647,  et 
conseiller  du  Roi  en  ses  Conseils  d'État  et  privé  et  mourut  à  Lyon 
en  1678.  Il  fut  père  de  Baniel  Cholier,  écuyer,  conseiller  du  Roi  en  la 
sénéchaussée  et  siège  présidial  de  Lyon,  qui  épousa  le  21  juillet  1663 
demoiselle  Geneviève  Amyot.  Pierre  Cholier,  fils  du  précédent,  né  à 
Lyon  en  1664,  marié  en  1604  à  Marie  Baronnat,  fut  successivement 
conseiller  d'honneur  au  Parlement  de  Bombes,  président  à  la  Cour 
des  monnaies  de  Lyon  en  1706,  prévôt  des  marchands  de  cette  ville 
de  1715  à  1723  et  intendant  de  la  généralité  de  Bombes  en  1730.  Il 
possédait  près  de  Trévoux,  dans  la  principauté  de  Bombes,  la  belle 
terre  de  Cibeins  que  sa  descendance  a  conservée  jusqu'à  nos  jours  et 
dont  elle  a  grardé  le  nom.  Il  obtint  l'érection  de  cette  terre  d'abord 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  383 

en  fief,  le3niai  1707,  puisen  comléparleltrospateutes  tlu  lOjuin  1721, 
enregistrées  le  7  juillet  suivant.  On  trouvera  le  texte  de  ces  lettres 
dans  les  Carrés  dCHozier.  Louis-Hector  de  Cholier,  deuxième  comte 
de  Cibeins,  fils  de  Pierre,  fut  président  en  la  Cour  des  monnaies 
de  Lyon  et  épousa  en  1741  Antoinette  Pianelli  de  la  Valette.  Ce  fut 
son  second  fils,  Louis-Alexandre  de  Cholier,  chevalierde  Cibeins,  né 
en  1758,  décédé  sans  postérité  en  1834,  qui  fit  en  1771  les  preuves  de 
noblesse  dont  il  a  été  parlé  plus  haut. 

Laurent-Hector-Gabriel  de  Cholier,  comte  de  Cibeins,  Sgr  de  Sainte- 
Euphémie  et  de  Misérieux,  fils  aîné  de  Louis-Hector,  marié  en  1780  à 
M"'  de  Drée,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues 
à  Lyon.  Il  prit  part  également  à  celles  tenues  à  Trévoux  avec  son 
frère  Louis-Alexandre,  Sgr  de  Chazelles,  Saint-Étienne  et  autres 
lieux. 

Laurent-Hector-Gabriel,  troisième  comte  de  Cibeins,  laissa  deux 
fils  :  1°  Jean-Antoine,  quatrième  comte  de  Cibeins,  décédé  en  1843, 
qui  n'eut  qu'une  fille,  la  baronne  de  Jerphanion  ;  2°  Adolphe, 
cinquième  comte  de  Cibeins,  décédé  en  1852,  qui  épousa  en  1817 
M"«  d'Estampes  et  qui  continua  la  descendance.  Celui-ci  laissa  une 
fille,  la  comtesse  Christine  de  Cibeins,  chanoinesse  de  Sainte-Anne 
de  Bavière,  décédée  en  1897  au  château  de  Cibeins,  qui  fut  longtemps 
dame  d'honneur  de  madame  la  comtesse  de  Chambord.  Il  eut  aussi 
trois  fils  :  1°  Hector-Christian,  comte  de  Cibeins,  décédé  sans  alliance  ; 
2°  Pierre-Camille,  comte  de  Cibeins,  décédé  en  1880,  qui  se  maria 
contre  le  gré  de  sa  famille  et  qui  a  laissé  postérité  ;  3°  Laurent-Léonor, 
connu  sous  le  titre  de  comte  de  Cibeins,  propriétaire  du  château  de 
Cibeins,  marié  successivement  en  1861  à  M'"^  de  Moyria-Chatillon  et 
en  1873  à  M"«  de  Damas  d'Antigny,  décédé  en  1897,  qui  a  laissé  un 
fils,  né  en  1875. 

La  famille  de  Cholier  de  Cibeins  a  fourni  des  officiers  de  mérite 
dont  un  brigadier  des  armées  du  Roi  (François,  né  à  Lyon  en  1667, 
fils  puîné  de  Daniel,  décédé  en  1742),  des  magistrats  distingués,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Villars  1569,  le  Vistede  Briandas  162^,|1697, 
Bellet  (de  Tavernost),  Dauphin  de  Verna  1743,  Pianelli  de  la  Valette 
1741,  Charrier  de  la  Roche  1764,  de  Drée  1780,  de  Jerphanion  1834, 
d'Estampes  1817,  de  Moyria-Chatillon  1861,  de  Damas  d'Antigny  1873, 
de  Mailly-Nesle  1882,  de  Barrés  1909,  etc. 

GHOLLET  du  BOURGET.  Armes  :  A' azur  à  un  chevron  d'or  accompagné 
de  trois  roses  d'argent  et  suî'monté  d'une  couronne  du  même,  —  Cou- 
ronne :  de  Baron. 

La  famille  Chollkt  du  Bourget  appartient  à  la  noblesse  de  Savoie. 


384  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

Le  comte  de  Foras  en  a  donné  une  généalogie  dans  son  Armoriai  de 
la  Savoie. 

Elle  est  originaire  d'Aix  où  dès  le  xvr  siècle  elle  était  honorable- 
ment connue. 

iN'obie  Etienne  Chollet,  conseiller  d'État,  nommé  sénateur  de  Savoie 
le  17  octobre  1673,  puis  procureur  général,  fut  anobli  par  ses  charges. 
Il  avait  épousé,  le  23  janvier  1678,  Félicie  Salteur,  fille  d'un  sénateur 
et  veuve  de  Claude-Louis  Sarde.  Il  mourut  peu  de  temps  après  lais- 
sant un  fds  posthume,  Pierre-Antoine  Chollet,  né  en  juillet  1682. 
Celui-ci  acheta  le  16  mars  1727,  conjointement  avec  la  famille  de 
Buttet,  la  baronnie  du  Bourget  située  sur  les  bords  du  lac  du  môme 
nom.  Il  fut  dès  lors  connu  sous  le  litre  de  baron  du  Bourget  qui  depuis 
cette  époque  a  été  conservé  par  le  chef  de  la  famille.  Il  avait  épousé 
le  26  juillet  1708  Catherine  Reveyron,  fdle  d'un  sénateur.  Son  fds, 
Gaspard  Chollet,  baron  du  Bourget,  capitaine  au  régiment  de  Cha- 
blais,  épousa  le  30  septembre  1739  Melchiore  de  Mareste,  tille  du 
comte  de  Rocheforl,  sénateur.  Il  en  eut,  entre  autres  enfants,  trois 
tils  dont  l'aîné,  Jean-Jacques,  baron  du  Bourget,  mourut  en  1815  sans 
avoir  eu  d  enfants  de  son  mariage  avec  M"*^  du  Noyer  et  dont  les 
deux  plus  jeunes,  Victor-Catherin,  né  en  1742,  et  Mathieu-Clément, 
né  en  1752,  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

Victor-Catherin  Chollet,  baron  du  Bourget,  fut  lieutenant-colonel 
au  service  d'Autriche  et  chambellan  de  lEmpereur.  Il  épousa  la  com- 
tesse Jeanne  Kaldsmilh,  dune  famille  noble  de  Moravie.  Il  fut  père  de 
Victor-Camille  Chollet,  baron  du  Bourget,  né  en  1806,  gentilhomme 
de  la  chambre  du  roi  Charles-Albert,  chevalier  des  Saints-Maurice  et 
Lazare,  qui  mourut  à  Chambéry  en  1881  laissant  de  son  mariage  avec 
M"®  de  Parcieu  une  fille  unique  mariée  en  1856  au  marquis  de  la 
Serraz. 

Mathieu-Clément  Chollet  du  Bourget,  le  plus  jeune  iils  de  Gaspard, 
épousa  Marie  Greyffié  de  Bellecombe.  11  fut  père  de  Francisque 
Chollet,  baron  du  Bourget,  né  en  1817,  receveur  général  de  la  Haute- 
Savoie,  qui  épousa  en  1843  Joséphine,  comtesse  Festelics  de  Tolna^ 
veuve  du  comte  Chrétien  de  Wurtemberg,  et  grand-père  de  M"*  de 
Tavelet  de  Clément  Chollet,  baron  du  Bourget,  né  en  1853,  officier 
de  cavalerie. 

La  famille  Chollet  du  Bourget  a  fourni  des  officiers  de  mérite  dont 
fun  fut  tué  à  l'ennemi  sous  le  Premier  Empire. 

Principales  alliances  :  Salteur  de  la  Serraz  1678,  1856,  Kaldsmith, 
Rcgnault  de  Parcieu,  Greyffié  de  Bellecombe,  Festetics  de  Tolna,  de 
Tavel  1870,  de  Ferrai-i  de  Romans,  etc. 


UICTIONNAIRK     DES     FAMILLRS     FRANÇAISES  385 

CHOLLET  BEAUFORT 

Famille  de  haute  bourgeoisie,  originaire  d'Aigueperse,  en  Auvergne. 

François  Chollet-Beaufort  épousa  vers  1760  Antoine  Gulhat  de 
Coreil.  Leur  lils  aîné,  Pierre  Chollet-Beaufort,  né  à  Aigueperse  en 
1762,  décédé  sans  postérité  en  1803,  fut  député  du  Puy-de-Dôme  au 
Conseil  des  Cinq-Cents,  puis  au  Corps  législatif.  Le  puîné,  également 
appelé  Pierre,  épousa  vers  1810  M"^  Geminet  et  en  eut  trois  fdles 
qui  ont  été  les  dernières  représentantes  de  leur  famille,  M™*  de 
Douhet  de  Villosanges,  M"«  Clarisse  Chollet-Beaufort  et  W^^  Teillard 
d'Eyry. 

CHOMART  de  KERDAVY  (de).  Armes  :  d'or  à  une  bande  de  gueules 
chargée  de  deux  molettes  et  de  deux  gantelets  d'argent  rangés  une 
molette  et  un  gantelet. 

La  famille  de  Chomart  de  Kerdavy,  aujourd'hui  éteinte  dans  les 
mâles,  appartenait  à  la  noblesse  de  Bretagne.  On  en  trouvera  un 
tableau  généalogique  dans  les  Dossiers  bleus. 

Olivier  Chomart,  auquel  ce  travail  fait  remonter  la  fdiation,  était 
en  1424  seigneur  des  Houmeaux,  en  la  paroisse  de  Mouzeil,  et  de  la 
Riallays,  en  la  paroisse  de  Marzac,  au  diocèse  de  Nantes.  De  son 
mariage  avec  Guillemette  de  Mauzon  il  laissa  deu.x  lils,  tous  deux 
appelés  Guillaume,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches.  Les  repré- 
sentants de  ces  deux  branches  figurèrent  de  1426  à  1513  aux  réforma- 
tions et  montres  de  la  noblesse  du  diocèse  de  Nantes  et  furent  main- 
tenus dans  leur  noblesse  d'ancienne  extraction  par  arrêts  des 
commissaires  de  la  grande  réformation  en  date  des  1'"' avril  et  23  mai 
1669. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Guillaume  Chomart,  Sgr  des  Hou- 
meaux, épousa  Jeanne  de  la  Roche.  Sa  descendance  paraît  s'être 
éteinte  en  la  personne  de  René  Chomart  des  Bretins,  né  en  1710. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Guillaume  Chomart,  Sgr  de  laRial- 
lais,  épousa  Guillemette  le  Vicomte.  Il  fut  le  trisaïeul  de  Bonabes 
Chomart,  écuyer,  né  en  1527,  dont  les  deux  fils,  Louis,  sieur  de 
Treslan,  et  Bertrand,  sieur  de  la  Primaudais,  né  en  1568,  furent  les 
auteurs  de  deux  rameaux.  François  Chomart,  petit-fils  de  Louis,  fut 
nommé  en  1653  grand-maître  des  eaux  et  forêts  de  Bretagne.  Cette 
branche  a  possédé  dans  la  paroisse  d'Herbignac  la  seigneurie  de  Ker- 
davy dont  ses  derniers  représentants  portaient  le  nom.  Un  Chomart 
de  Kerdavy  fut  compromis  en  1718  dans  la  conspiration  de  Pontcallec. 
La  famille  Chomart  s'est  éteinte  en  la  personne  de  Gustave  de  Cho- 
mart de  Kerdavy  qui  est  décédé  à  Herbignac  le  27  décembre  1885  ne 
laissant  que  trois  filles  :  M™^  Libault  de  la  Chevasnerie,  décédée 


386  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

en  1906  au  château  de  Kerdavy,  M™®  Joseph  de  Kersauson  dePenan- 
drefï  et  M"*  de  Kerdavy,  demeurée  sans  alliance. 

Principales  alliances  :  de  Charette,  de  la  Béraudicre,  du  Boispéan 
1590,  Libault  delà  Chevasnerie,  de  Kersauson  1855,  le  Vicomte,  etc. 

CHOMEL  et  CHOMEL  de  JARNIEU.  Armes  :  d'o?-  à  une  fasce  d'azur 
chargée  de  trois  billettes  d'argent.  — Le  rameau  fixé  à  Saint-Didier 
ajoutait  à  ces  armes  un  chef  d'azur  chargé  dune  comète  à  huit 
rayons  d'argent.  —  Couronne  :  de  Comte.  —  Cimier  :  tin  demi-sau- 
vage tenant  une  massue  haute.  —  Supports  :  deux  sativages  tenant 
une  massue  baissée.  —  Devise  :  Ubique  recté. 

La  famille  Chomel  est  une  des  plus  anciennes,  sinon  la  plus  ancienne, 
de  la  haute  bourgeoisie  du  Vivarais.  Elle  est,  en  eiïel,  connue  dans 
ce  pays  depuis  la  fin  du  xiii*  siècle.  ^L  Villain  en  a  donné  une  très 
intéressante  généalogie  dans  le  tome  second  de  la  France  moderne. 

Barthélémy  Chomcl,  auquel  cet  auteur  fait  remonter  la  filiation  suivie, 
possédait  dans  la  première  moitié  du  xv''  siècle  des  biens  au  lieu  de 
Varagnes.  Il  eut  au  moins  deux  fils,  Etienne  et  Vital,  qui  furent  les 
auteurs  de  deux  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Etienne  Chomel,  laissa  lui-même 
deux  fils  :  I°Mondon  Chomel  de  Varagnes,  marié  à  Marguerite  Léorat, 
qui  fit  son  testament  en  lo32  et  dont  la  descendance,  après  s'être 
partagée  en  plusieurs  rameaux,  paraît  s'être  éteinte  en  la  personne 
de  Jean  Chomel,  notaire  à  Boulieu  dans  la  seconde  moitié  du 
XVIII*  siècle  ;  2°  Gabriel  Chomel  dont  le  fils,  Etienne  Chomel,  vint  se 
fixer  à  Saint-Didier.  Etienne  Chomel  laissa  à  son  tour  deux  fils  : 
1°  Claude,  qui  demeura  à  Saint-Didier  et  dont  la  descendance  s'étei- 
gnit avec  André-Christophe  Chomel,  maître  des  requêtes  au  Parle- 
ment de  Dombes  en  1732,  et  avec  son  fils,  maître  des  requêtes  au  même 
Parlement  ;  2°  Antoine,  qui  alla  exercer  le  notariat  au  Puy-en-Velay 
et  dont  la  descendance  a  donné  à  cette  ville  un  grand  nombre  de 
notaires  et  de  conseillers  au  présidial.  Un  représentant  de  cette 
branche,  Jean  Chomel,  conseiller  du  Roi,  son  magistrat  au  sénéchal  et 
présidial  de  la  ville  du  Puy,  fit  enregistrer  à  l'Armoriai  général  de  1696 
ses  armoiries  telles  que  la  famille  les  porte  encore  de  nos  jours.  Un 
autre,  Christophe  Chomel,  avocat  en  Parlement,  juge  de  la  ville  et 
juridiction  de  Saint-Didier,  fit  enregistrer  au  même  Armoriai  les 
armes  suivantes  :  d'or  à  une  fasce  d'azur  semée  de  billettes  d'argent 
dont  trois  paraissent  entières  et  rangées. 

L'auteur  de  la  branche  cadette.  Vital  Chomel,  laissa,  entre  autres 
enfants,  deux  fils,  Etienne,  consul  d'Annonay  en  1541,  et  Barthé- 
lémy, qui  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux. 


niCTIONNAlRK     DES    FAMILLRS     FRANÇAISES  387 

Etienne  Ghomel,  auteur  du  premier  rameau  de  la  branche  cadette, 
laissa  à  son  tour  deux  (Us  :  1°  Etienne  Chomel,  notaire  royal,  consul 
d'Annonay  en  I008  et  1562,  marié  à  Catherine  Moureton,  qui  con- 
tinua la  lignée;  2°  Antoine  Chomel,  tanneur,  consul  d'Annonay 
en  1571,  dont  la  descendance  s'éteignit  en  la  personne  de  deux  sœurs, 
Anne,  mariée  vers  1695  à  Jean  Barou,  marchand,  et  Marie-Madeleine, 
mariée  en  1696  à  son  cousin  Louis  Chomel  de  Jarnieu,  notaire. 
Pierre  Chomel,  fils  d'Etienne  et  de  Catherine  Moureton,  vint  se  fixer 
à  Paris,  fut  trésorier  général  des  lignes  des  Suisses  et  Grisons  et 
épousa  en  1598  Anne  des  Bugnond.  11  eut  plusieurs  fils  dont  l'un, 
Pierre,  nommé  évoque  de  Saint-FIour,  mourut  en  1684  avant  d'avoir 
été  sacré  et  dont  un  autre,  Antoine,  maître  des  requêtes,  conseiller 
d'Etat,  décédé  en  1654,  fut  anobli  par  ses  charges.  Ce  dernier  avait 
épousé  en  1632  Charlotte  Séguier  de  Saint-Brisson.  Un  de  ses  fils, 
Jean-Bapliste  Chomel,  premier  chambellan  de  Monsieur,  fit  enregis- 
trer son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  :  d'or  à  une  fasce  (ï azur 
chargée  de  trois  carreaux  d'argent;  écartelé  d'azur  à  un  chevron 
d'or  accompagné  en  chef  de  deux  étoiles  de  7nême  et  en  pointe  d'un 
mouton  passant  d'argent.  Il  fut  lui-même  père  de  Louis-Armand 
Chomel,  évêque  d'Orange  en  1721,  démissionnaire  en  1731,  décédé 
en  1780.  Ce  rameau  anobli  de  la  famille  Chomel  s'est  éteint  avec  ce. 
prélat  et  avec  son  neveu,  Jean-François  Chomel,  né  en  1726,  officier 
de  cavalerie,  marié  en  1748  à  M"''  de  la  Forest. 

Barthélémy  Chomel,  auteur  du  second  rameau  de  la  branche 
cadette,  fut  père  de  Bernardin  Chomel,  tanneur,  consul  d'Annonay 
en  1555.  Celui-ci  laissa,  entre  autres  enfants,  deux  fils  :  1°  Antoine, 
dont  la  descendance,  connue  sous  le  nom  de  Chomel  de  Valgelas, 
s'éteignit  dans  la  première  moitié  du  xviii''  siècle  en  la  personne 
d'Alexandre  Chomel  de  Valgelas,  banquier,  bourgeois  de  Marseille; 
2°  Barthélémy,  né  en  1555,  consul  d'Annonay  en  1597,  qui  continua 
la  lignée.  Un  descendant  de  celui-ci,  Louis  Chomel  le  Béat,  né  en  1697, 
décédé  en  odeur  de  sainteté  en  1774,  a  laissé  de  nombreux  travaux 
historiques,  notamment  les  Annales  d'Annonay.  Jean  Chomel,  sieur 
de  Jarnieu,  frère  du  précédent,  né  en  1699,  notaire  royal,  marié  en 
1727  à  Marie-Anne  Veyre,  en  eut,  entre  autres  enfants,  deux  fils, 
Louis  Chomel,  sieur  de  Jarnieu,  né  en  1728,  notaire  royal,  et  Siméon 
Chomel,  né  en  1731,  consul  d'Annonay  en  1772  et  1775,  qui  ont  été 
les  auteurs  de  deux  sous-rameaux  actuellement  existants.  Un  des 
représentants  du  second  sous-rameau,  Paul,  né  en  1867,  a  repris  le 
nom  de  Chomel  de  Jarnieu  que  plusieurs  de  ses  ascendants  avaient 
porté  aux  xvii"  et  xviii"  siècles. 

La  famille  Chomel  a  fourni  un  grand  nombre  de  notaires,  de  méde- 


388  D  I  C  T  1  0  X  N  A  I  n  E     D  F.  s     FAMILLES     FRANÇAISES 

cins,  d'avocats,  de  consuls  d'Annonay,  des  professeurs  de  médecine 
et  de  droit  français  à  1  Université  de  Valence,  etc.  Un  de  ses  représen- 
tants, Louis-Théodore  Chomel,  fut  élu  en  1792  député  suppléant  de 
l'Ardèche  à  la  Convention  ;  il  n'eut  pas  l'occasion  de  siéger. 

Principales  alliances  :  Dufaure  de  Citres,  de  Colonjon  1775,  Lestra 
de  Prandières  1884,  Séguier  1632,  de  Bonnières  de  Guines  1725,  Barou 
(de  Canson),  etc. 

CHOMEL  (de),  à  Marseille.  Armes  :  d'o;*  à  une  fasce  d'azur  chargée  de 
trois  billettes  couchées  d'argent  et  accompagnée  de  trois  trèfles  de 
sinople;au  chef  d'azur  chargé  d'une  comète  d'argent,  la  queue  à 
sénestre. 

La  famille  de  Chomel,  honorablement  connue  à  Marseille  depuis 
le  milieu  du  xyi"^  siècle,  paraît  être  une  branche  détachée  à  une 
époque  inconnue  de  la  vieille  souche  du  Vivarais  à  laquelle  a  été 
consacrée  la  précédente  notice  et  dont  elle  a  toujours  porté  à  peu  de 
chose  près  les  armoiries.  On  trouvera  sur  elle  beaucoup  de  renseigne- 
ments dans  les  manuscrits  de  Chérin.  }>l.  Villain  en  a  donné  une 
généalogie  dans  la  France  moderne  à  la  suite  de  celle  quil  a  donnée 
des  Chomel  du  Vivarais.  Il  en  fait  remonter  la  filiation  à  un  Alexandre 
Chomel  qui  serait  venu  de  Paris  sétablir  à  Bordeaux  en  1462  et  dont 
le  petit-fils,  Pierre  Chomel,  avocat,  marié  à  demoiselle  de  Gassendi, 
serait  venu  s'établir  à  Aix,  en  Provence,  dans  la  première  moitié  du 
XVI*  siècle.  La  filiation  ne  paraît  être  régulièrement  établie  que 
depuis  un  Floris  Chomel,  avocat,  fils  du  précédent,  vivant  en  1540, 
qui  épousa  demoiselle  de  Beaux  et  qui  vint  se  fixer  à  Marsedle. 

Monsieur  maître  Jean  de  Chomel,  docteur  es  droits,  avocat  en  la 
Cour,  fils  du  sieur  Amielh  de  Chomel,  écuyer  de  la  ville  de  Marseille, 
est  ainsi  dénommé  dans  son  contrat  de  mariage  passé  le  6  décembre 
1640.  11  était  chevalier  du  Saint-Office  et  doyen  des  avocats  du  siège 
de  la  ville  de  Marseille  quand  il  fit  enregistrer  à  l'Armoriai  général 
de  1696  ses  armoiries  telles  que  la  famille  de  Chomel  les  porte  encore 
de  nos  jours.  Un  Alexandre  Chomel,  marchand  de  la  ville  de  Mar- 
seille, fit  enregistrer  au  même  Armoriai  les  armes  suivantes  :  ^Vazur 
à  trois  billettes  d'or,  rangées  en  fasce.  Claude  Chomel,  né  en  1653, 
(ils  de  Jean  mentionné  plus  haut,  fut  condamné  à  l'amende  comme 
usurpateur  de  noblesse  par  jugement  du  29  mars  1702  du  premier  pré- 
sident Cardin  le  Bret  ;  en  raison  du  mauvais  état  de  ses  affaires  son 
amende  fut  modérée  à  50  livres.  Il  fut  père  de  Jean  de  Chomel,  né  en 
1678,  avocat,  qui  épousa  Marguerite  de  Rémusat,  grand-père  de  Jean- 
Pierre  de  Chomel,  avocat,  puis  négociant,  qui  épousa  Catherine  Gay, 
et  bisaïeul  de  Jean-Pierre  de  Chomel.  né  en  1740,  lieutenant  général 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  38» 

criminel  en  lasénécliausséc  de  Marseille  en  1765,  chevalier  du  Saint- 
Office  en  1771,  qui  épousa  en  1760  Louise  Pasquier.  Celui-ci  se  fit 
délivrer  le  25  mars  1780  par  cinq  gentilshommes  de  Marseille  un  cer- 
tificat attestant  qu'il  était  noble  d'extraction  et  que  ses  ancêtres 
vivaientnoblement.  il  se  fit  maintenir  dans  sa  noblesse  le  9marsl789 
par  arrêt  du  Conseil  d'État,  malgré  un  rapport  défavorable  de  Ghérin 
fils,  et  prit  part  cette  même  aimée  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Marseille.  11  fut  le  bisaïeul  de  M.  Esprit  de  Chomel  et  de 
M.  Jean  de  Chomel,  né  en  1835,  négociant  h  Marseille,  qui  ont  l'un  et 
l'autre  postérité  masculine. 

La  famille  de  Chomel  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  de  Flotte  de  Roquevaire,  de  Rémusat,  de 
Malijay,  d'Espinassy,  de  Ferry-Duclaux,  etc. 

Il  a  existé  à  Paris  une  autre  famille  Chomel,  très  distinguée,  qui 
portait  pour  armes  :  d' or  à  l' aigle  abaissée  de  sable ,  becquée  et  tnembrée 
de  gueules,  accompagnée  enpointe  de  trois  chardons  liges  de  sinople, 
fleuris  d'azur,  rangés  en  fasce,  avec  la  devise  :  Qui  ne  me  touche 
point  Je  ne  pique.  Cette  famille,  qui,  d'après  la  tradition,  avait  eu 
dans  le  passé  une  origine  commune  avec  celle  des  Chomel  du  Viva- 
rais,  descendait  de  Jehan  Chomel,  né  en  1594,  notaire  royal  et  pro- 
cureur à  Gannat,  en  Bourbonnais.  Jean-Baptiste  Chomel,  né  en 
1639,  fils  du  précédent,  fut  médecin  du  Roi.  Il  fut  père  de  Jean-Bap- 
tiste Chomel,  né  en  1671,  médecin  du  Roi,  doyen  de  la  Faculté  de 
médecine  de  Paris,  membre  de  l'Académie  des  sciences.  Ce  dernier 
laissa  trois  fils  :  1'^  Louis-Denis,  né  en  1708,  anobli  par  l'échevinage 
de  Paris,  qui  n'eut  qu'une  fille;  2°  Jean-Louis,  né  en  1709,  doyen  de 
la  Faculté  de  médecine  de  Paris;  3°  Antoine,  né  en  1729,  qui  con- 
tinua la  descendance.  Auguste  Chomel,  né  en  1788,  tils  d'Antoine, 
fut  membre  de  l'Académie  de  médecine.  Il  fut  le  dernier  représentant 
de  sa  famille  et  mourut  en  1858  survivant  à  sa  fille,  M""^  de  Lalain, 
et  ne  laissant  qu'un  petit-fils,  Maurice  de  Lalain-Chomel. 

CHOMEREAU  de  SAINT-ANDRÉ.  Armes  :  d'or  à  un  chêne  arraché  de 
sinople  ;  au  chef  d'azur  chargé  d'un  lion  passant  d'or. 

La  famille  Chomereau  est  connue  dès  le  xiv''  siècle  dans  la  haute 
bourgeoisie  de  Joigny,  en  Bourgogne.  Elle  a  donné  à  cette  ville  de 
nombreux  échevins.  Toutefois  on  ne  lui  connaît  pas  de  principe  d'ano- 
blissement. Elle  n'a  pas  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  de  sa  région  et  on  ne  voit  même  pas  qu'elle  ait  fait  enregis- 
trer son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696.  C'est  par  erreur  que, 
dans  son  Étal  présent  de  la  noblesse  française,  Bachclin-Deflorenne 
lui  attribue  deux  conseillers  au  Parlement  de  Dijon  en  1660  et  1716. 


390  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  souche  s'est  partagée  en  plusieurs  branches  qui  se  sont  distin- 
guées par  leurs  surnoms  terriens. 

La  branche  des  Chomereau  de  Saint-André  compte  encore  des 
représentants.  Elle  a  fourni  de  nos  jours  un  général  de  brigade, 
Louis-Gaston  de  Chomereau  de  Saint-André,  marié  à  M'"'  de  Bonnault 
de  Villemenard  et  décédé  en  1905  à  l'âge  de  79  ans. 

A  une  autre  branche  appartenait  M""^  Huguet  d'Ktaules,  née  Cho- 
mereau de  Brantigny,  décédée  à  Avallon  en  1897  à  l'âge  de  65  ans. 

La  famille  Chomereau  a  fourni  un  très  grand  nombre  doiïiciers, 
des  chevaliers  de  Saint-Louis,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Courten,  de  Brach  1895,  de  Bonnault  de 
Villemenard,  de  Buyer  1899,  Barré  de  Saint-Venant  1907,  Huguet 
d'Étaules,  etc. 

CHONET  de  BOLLEMONT.  Armes  :  à' azur  à  quatre  flèches  de  gueules 
se  réunissant  en  sautoir  et  accompagnées  en  chef  d'un  aigle  d'ar- 
gent. —  Cimier  :  un  bras  dextre,  habillé  de  gueules,  tenant  les  quatre 
flèches  de  Vécu  liées  de  gueules.  —  Devise  :  Vis  imita  fit  fortior. 

La  famille  Chonet  de  Bollemont  appartient  à  la  noblesse  de  Lor- 
raine. Elle  a  eu  pour  auteur  Jean  Chonet,  sieur  de  Moraigne,  qui  fut 
anobli  le  18  juin  1716  par  lettres  patentes  du  duc  de  Lorraine.  Fran- 
çois Chonet,  sieur  de  Moraigne  et  de  Lépigneux,  fils  du  précédent, 
fut  prévôt,  chct  de  police  et  gruycr  d'Arrancy.  Ayant  pris  à  bail  les 
forges  de  Lépigneux  et  celles  de  Longuyon,  d'Ottange  et  de  Villerupt, 
il  fut  considéré  comme  ayant  perdu  sa  noblesse  par  dérogeance  et 
dut  pour  la  recouvrer  se  faire  accorder  par  le  Duc,  le  2  novembre  1723, 
des  lettres  patentes  de  réhabilitation.  Léopold-Dicudonné  Chonet  de 
Bollemont  était  vers  le  milieu  du  xviii''  siècle  lieutenant  général  civil 
et  criminel  au  bailliage  de  Villers-la-Montagnc.  Son  fils,  François- 
Charles-Robert  Chonet  de  Bollemont,  né  en  1749  à  Arrancy  (Meuse), 
décédé  au  même  lieu  en  1815,  fut  nommé  général  de  division  le 
19  floréal  an  II,  puis  inspecteur  général  d'artillerie  et  fut  élu  en  l'an  X 
député  de  la  Meuse  au  Corps  législatif.  Il  avait  pris  part  en  1789,  avec 
la  qualification  de  seigneur  de  Bellefontaine,  aux  assemblées  de  la 
noblesse  du  bailliage  de  Longuyon,  en  Lorraine.  Son  frère,  Charles 
Chonet  de  Bollemont,  écuyer,  capitaine  d'artillerie  au  régiment  de 
Metz,  marié  à  Metz  en  1780  à  Marie-Thérèse  Baux,  prit  part  aux 
mêmes  assemblées. 

La  famille  Chonet  de  Bollemont  n  est  pas  titrée. 

Elle  a  fourni  de  nombreux  officiers,  un  conseiller  à  la  Cour  de 
Nancy,  etc. 

Principale  alliance  :  de  Malherbe. 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES  391 

CHOPIN 

Famille  de  haute  bourgeoisie,  originaire  de  Romans,  en  Dauphiné. 

Louis-Simon  Chopin,  no  en  1768,  fit  avec  distinction  les  campagnes 
de laRévolution etdel'Empirc, futnommé  colonel  en  1812,  oiïicierde  la 
Légiond'honneur  en  1813  et  directeur  de  l'artillerie  à  Neuf-Brisach 
en  1814.  11  mourut  en  1848.  Son  petit-fils,  M.  Gabriel-Victor  Chopin, 
né  à  Lyon  en  1854,  propriétaire  à  Génissieux,  a  épousé  en  1879 
M"*  de  Chalendar. 

Cette  famille  est  distincte  de  celle  d'Émiland  Chopin,  né  en  1773 
à  Saint-Jean-de-la-Grotte  (Saône-et-Loire),  sous-inspecteur  aux 
revues,  qui  fut  créé  chevalier  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du 
29  septembre  1809  et  qui  reçut  en  même  temps  les  armes  suivantes  : 
d'argent  à  une  bande  dazur  chargée  d'une  épée  d'argent,  la  pointe  à 
dextre,  et  accompagnée  de  deux  têtes  de  more  de  sable,  tortillées 
d'or,  à  la  fasce  de  gueules  brochant  chargée  du  signe  des  chevaliers 
légionnaires. 

CHOPIN  de  LIMOZIN  de  SAINT-MICHEL. 

M.  Émile-Louis  Chopin,  né  à  Besançon  en  1815,  chef  d'escadron 
d'artillerie,  fut  autorisé  par  décret  du  8  avril  1864  à  joindre  réguliè- 
rement à  son  nom  celui  de  :  de  Limozin  de  Saint -Michel  qui  apparte- 
nait à  la  famille  de  son  beau-père. 

CHOPIN  (aliàs  CHAUPIN)  de  la  BRUYÈRE.  Armes  :  coupé  :  au'i  d'azur 
à  un  lion  d' or  accompagné  de  trois  mouchetures  d'hermine;  au  2 
de  gueules  à  deux  marmottes  affrontées  d'argent  (aliàs  d'argent  à 
deux  ours  en  pied,  affrontés  de  sable).  —  Couronne  :  de  Comte. 

La  famille  Chopin  (ou  Ghaupin)  de  la  Bruyère  occupe  depuis  plu- 
sieurs générations  un  rang  distingué  en  Agenais.  O'Gilvy,  qui  lui  a 
consacré  une  courte  notice  dans  son  Nobiliaire  de  Guyenne  et  de 
Gascogne,  croit  qu'elle  vint  d'Aunis  se  fixer  dans  ce  pays  au  commen- 
cement du  xviu^  siècle.  Elle  paraît  plutôt  devoir  être  identifiée  avec 
une  famille  Chopis  qui,  des  le  xvii"  siècle,  était  honorablement  connue 
à  Clairac,  en  Agenais. 

Noble  Jean  de  Chopin  de  la  Bruyère,  ancien  mousquetaire  de  la 
garde  du  Roi,  épousa  en  1745  Jeanne  de  Loches.  Celle-ci  fit  son  tes- 
tament en  1771.  Son  mari  régularisa  plus  tard  sa  situation  nobiliaire 
par  l'acquisition  de  la  charge  anoblissante  de  secrétaire  du  Roi.  Il  se 
quaUfie,  en  effet,  secrétaire  du  Roi,  maison  et  couronne  de  France 
dans  son  testament  mystique  du  6  août  1776.  Il  fut  père  d'Élienne 
Chopin,  Sgr  de  la  Bruyère,  qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de 
la  noblesse  tenues  à  Agen.  Etienne  devint  dans  la  suite  général  de 


392  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

division.  II  fut  père  de  Gabriel  Chopin  de  la  Bruyère,  maire  de  Ton- 
neins,  conseiller,  général  du  Lot-et-Garonne,  décédé  en  1860,  qui 
épousa  en  1827  M"*  de  Morin  du  Sendat,  et  grand-père  de  M.  Paul- 
Henri  Chopin  de  la  Bruyère,  conseiller  général  du  Lot-et-Garonne, 
qui  a  eu  trois  enfants  de  son  mariage,  en  1860,  avec  M"*  Sol. 
La  famille  Chopin  de  la  Bruyère  appartient  au  culte  protestant  ^ 
Principales  alliances  :  de  Witt  1881,  1883,  de  Gervain,  d'Amboix 
de  Larbont  1894,  etc. 

CHOPPIN  d'ARNOUVILLE.  Armes  :  à' azur  à  un  cerf  ailé  (ï or,  passant 
sur  un  épieu  du  même  issant  de  la  pointe.  —  Supports  :  deux  le- 
vrettes blanches^  colletées  de  gueules  et  bouclées  d'or. 

La  famille  Choppin  d'Arnouville  a  occupé  un  rang  distingué  dans  la 
noblesse  de  robe  parisienne.  La  Chesnaye  des  Bois  en  a  donné  une 
généalogie  et  on  trouvera  sur  elle  des  renseignements  dans  les  divers 
recueils  de  manuscrits  du  Cabinet  des  Titres. 

Un  tableau  généalogique,  conservé  dans  les  Dossiers  bleus,  fait 
remonter  la  fdiation  à  Mathurin  Choppin  qui  était  avocat  à  Angers 
en  1536  et  qui  avait  épousé  Guilleminc  Le  Fèvre.  Un  autre  tableau 
généalogique  conservé  dans  le  même  recueil,  tableau  qui,  du  reste, 
ne  s'appuie  sur  aucune  preuve,  fait  de  ce  Mathurin  Choppin  le  fds  d'un 
Jean  Choppin,  né  en  1476,  qui  aurait  été  lui-même  le  fds  d'un  autre 
Jean  Choppin,  néàTroyes,  en  Champagne,  anobli  par  lettres  patentes 
en  1446.  François  Choppin,  fils  de  Mathurin,  résidait  au  village  du 
Bailleul,  près  de  la  Flèche,  quand  il  épousa  Renée  Coussin,  fille  d'un 
docteur  en  médecine,  par  contrat  passé  à  Angers  le  21  mai  1536.  Son 
iils,  René  Choppin,  Sgrde  Chaslon,  en  Anjou,  né  au  Bailleul  en  1537, 
vint  se  fixer  à  Paris,  se  ht  recevoir  avocat  au  Parlement  de  cette 
ville  et  devint  bientôt  un  des  orateurs  les  plus  réputés  de  son  temps. 
11  écrivit  plusieurs  ouvrages  de  jurisprudence,  fut  anobli  en  février 
1578  par  lettres  patentes  du  roi  Henri  III  et  mourut  le  30  janvier  1606. 
Il  avait  épousé  le  26  avril  1563  Marie  Baron,  fille  d'un  procureur  au 
Parlement  de  Paris  et  sœur  d'un  conseiller  au  même  Parlement. 
Leur  fds,  noble  homme  Augustin  Choppin,  né  en  1574,  également 
avocat  distingué  au  Parlement  de  Paris,  acquit  la  seigneurie  d'Ar- 
nouville,  en  la  paroisse  de  Gommerville,  au  bailliage  d  Étampes,  en 
Beauce,  dont  sa  descendance  a  conservé  le  nom.  Il  demeurait  avec 
son  père  rue  de  la  Harpe,  à  Paris,  quand  il  épousa,  par  contrat  du 
7  mars  1605,  demoiselle  Marguerite  Hués,  tille  d'un  trésorier  de 


'  Cette  notice  a  été  faite  en  partie  à  laide  de  renseignements  dus  à  l'obligeance 
de  M.  l'abbé  Dubois. 


DICTIONNAIHE     UES     FAMIM,KS     FRANÇAISES  393 

France  à  Châlons.  Il  en  eut  deux  fils,  noble  René  Choppin,  Sgr  d'Ar- 
nouville,  marié  à  Gabrielle  Coqueley,  et  noble  François  Choppin, 
Sgr  de  Couzangré,  qui  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le 
^8  mai  1668,  par  arrêt  du  Conseil  d'État,  sur  le  vu  des  lettres  d'ano- 
blissement accordées  à  leur  aïeul  en  1578.  L'aîné  de  ces  deux  frères 
était  avocat  au  Parlement  de  Paris  ;  il  obtint  le  22  juin  1675  des  let- 
tres de  bénéfice  d'âge  pour  être  pourvu  de  l'un  des  32  offices  de  Con- 
seiller au  Parlement.  On  trouvera  dans  le  Cabinet  d'Hozier  les 
preuves  de  noblesse  que  son  fils  cadet,  Augustin-Jean-Baptiste 
Choppin,  Sgr  de  Couzangré,  capitaine  du  guet  de  la  ville  de  Paris, 
marié  en  1694  à  Marie-Thérèse  de  Béry  d'Esserleaux,  fit  quelques 
années  plus  tard  pour  obtenir  l'admission  dans  l'ordre  de  Malte  de 
son  fils,  André  Chopin.  René  Choppin,  Sgr  d'Arnouville,  fils  aîné  de 
René  et  de  Gabrielle  Coqueley,  fut  conseiller  du  Roi  en  ses  Conseils 
et  lieutenant  criminel  de  la  ville,  prévôté  et  vicomte  de  Paris. 
Il  épousa,  par  contrat  du  21  janvier  1684,  Marie  Foy,  fille  d'un  prési- 
dent en  l'élection  de  Beauvais.  lien  laissa  deux  fils  :  l^'René  Choppin. 
Sgr  d'Arnouville,  né  en  1691,  conseiller,  puis  président  au  Grand 
Conseil,  décédé  en  1767,  qui  épousa  en  1728  Claire  Morel,  fille  d'un 
président  en  la  Cour  des  Aides,  et  qui  continua  la  descendance; 
2"  Etienne-Alexandre  Choppin,  Sgr  de  Couzangré,  né  en  1698,  con- 
seiller du  Roi  en  ses  Conseils,  premier  président  en  la  Cour  des 
monnaies  de  Paris  en  1727,  dont  le  fils,  Charles-Etienne  Choppin,  fut 
reçu  en  1751  conseiller  au  Parlement  de  Paris.  René  Choppin, 
Sgr  d'Arnouville,  né  en  1738,  fils  unique  de  René  et  de  Claire  Morel, 
marié  en  1761  à  M"*  de  Chazot,  fut  conseiller  au  Grand  Conseil,  puis 
président  en  la  Cour  des  Monnaies  de  Paris.  Il  laissa  cinq  fils  : 
1°  René  Choppin  d'Arnouville,  conseiller  au  Parlement  de  Paris  en 
1784,  puis  conseiller  général  d'Eure-et-Loir,  décédé  en  1834,  qui 
reçut  le  titre  héréditaire  de  baron,  sur  institution  de  majorât,  par 
lettres  patentes  du  7  septembre  1826  et  dont  la  descendance  mascu- 
line s'est  éteinte  en  1901  ;  2"  Mathieu,  maréchal  de  camp  en  1830, 
décédé  à  Paris  en  1842,  qui  n'eut  qu'une  fille  ;  3°  François,  conseiller 
à  la  Cour  de  cassation,  décédé  en  1849,  qui  n'eut  que  deux  filles  ; 
4""  Augustin,  préfet,  conseiller  d'État,  décédé  en  1857,  dont  la  des- 
cendance subsiste;  5°  Antoine,  dont  la  descendance  est  aujour- 
d'hui éteinte. 

Le  président  Choppin,  Sgr  d'Arnouville,  Jodainville,  Bierville,  etc., 
prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  bailhage 
d'Élampes. 

La  famille  Choppin  d'Arnouville  a  fourni,  en  dehors  des  person- 
nages mentionnés  au    cours   de  cette   notice,  un    grand   nombre 


394  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

de  magistrats  et  d'officiers  distingués  et  de  nos  jours  un  éminent 
avocat  général  près  la  Cour  de  Paris. 

Son  chef  actuel,  René  Choppin  d'Arnouville,  marié  en  1900  à 
M"^  de  Grijalba,  a  relevé  le  titre  de  baron,  éteint  en  1901,  qui  avait 
été  conféré  en  4826  à  son  grand-oncle. 

Principales  alliances  :  de  Béry  dEsserteaux,  Morel  (de  Vindé) 
1728,1780,  de  la  Vieuville  1749,  de  Chasot  1761,  Parât  de  Mont- 
geron  1730,  de  Vergés,  de  Pommereau,  de  Cosnac,  Robert  de  Saint- 
Vincent,  Mounierl869,  Amelot  de  la  Roussille,  de  Beurges,  Ruis  de 
Grijalba  1900,  etc. 

CHOPPIN  de  JANVRY.  Mêmes  armes  que  la  famille  précédente.  — 
Les  représentants  actuels  écartèlent  ces  armes  de  celles  de  la  famille 
Uaudry  de  Janvry  dont  ils  ont  relevé  le  nom  :  d'azur  à  une  gerbe 
d'or  accompagnée  à  sé7iestre  d'une  aigle  de  profil  d'or  fixant  un 
soleil  levant  de  même,  issant  de  l'angle  dexlre  de  Vécu. 

La  famille  qui  donne  lieu  à  cette  notice  est  honorablement  connue 
en  Auxerrois  depuis  la  fin  du  xvi*'  siècle.  Elle  a  toujours  été  consi- 
dérée comme  une  branche  de  la  famille  Choppin  d'Arnouville  dont 
elle  porte  les  armoiries.  La  Chesnaye  des  Bois  en  a  donné  une  généa- 
logie à  la  suite  de  celle  des  Choppin  d'Arnouville. 

Jean  Choppin,  auquel  ce  travail  fait  remonter  la  filiation,  était  en 
looO  avocat  en  Parlement;  il  vint  des  environs  de  la  Flèche  se  fixer 
à  Auxerre  et  fut  père  de  François  Choppin  qui  épousa  demoiselle 
Ollivier  par  contrat  du  20  février  1574.  Ce  Jean  Choppin  était 
vraisemblablement  l'oncle  de  René  Choppin,  né  en  1537,  auteur  de 
la  famille  Choppin  d'Arnouville;  mais,  étant  donné  le  rapproche- 
ment des  dates,  il  ne  peut  avoir  été  son  frère  comme  l'a  avancé 
la  Chesnaye  des  Bois.  Son  fils,  François  Choppin,  fut  père  de 
François  Choppin,  avocat  au  Parlement,  dont  la  descendance  s'étei- 
gnit après  quelques  générations,  et  de  Jacques  Choppin  qui  épousa 
demoiselle  Lauverjat  par  contrat  du  24  novembre  1619  et  qui  conti- 
nua la  lignée. 

Jacques  Choppin,  procureur  au  présidial  d'Auxerre,  eut  ses  armes 
enregistrées  d  office  à  lArmorial  général  de  1696  :  de  sinople  à  une 
barre  d'argent  chargée  d'un  arc  de  sable. 

Cette  famille  a  fourni  un  grand  nombre  d'avocats,  des  officiers  en 
la  maîtrise  des  eaux  et  forêts,  des  procureurs  et  des  conseillers  au 
présidial  d'Auxerre,  etc. 

Un  de  ses  représentants,  M.  Abel  Choppin,  avait  épousé  le  22  oc- 
tobre 1863  Marie  Uaudry  de  Janvry,  héritière  d'une  branche  de  la 
famille  Haudry.  Il  en  a  eu  plusieurs  fils  qui,  pour  se  conformer  aux 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  395 

désirs  testamentaires  de  leur  aïeul  maternel,  ont  joint  à  leur  nom 
celui  de  :  de  Janvry. 

Principales  alliances  :  Haudry  de  Janvry  1863,  Lefebvre-Charbon- 
nier  de  Villequetout  1902,  Moreau  de  Bellaing  1908,  etc. 

11  sera  consacré  une  notice  spéciale  à  la  famille  Haudry  dont  la 
branche  aînée,  connue  sous  le  nom  d'Haudry  de  Soucy,  compte  encore 
des  représentants. 

CHOPPIN  de  SERAINCOURT.  Armes  (d'après  les  Dossiers  bleus)  :  écar- 
telé  :  aux  1  et  4  d'azur  à  un  chevron  d'or  surmonté  d'une  rose  (aliàs 
d'une  anémojie)  d'argent  et  accompag^ié  de  trois  palmes  d'argent; 
aux  'i  et  S  de  gueules  à  un  sautoir  dentelé  d'or,  cantonné  de  quatre 
fleurs  de  lys  de  même. 

La  famille  Choppin  de  Séraincourt  appartient  à  la  noblesse  de  l'Ile- 
de-France.  On  en  trouvera  un  tableau  généalogique  dans  les  Dossiers 
bleus,  au  Cabinet  des  Titres. 

Daprès  ce  travail  elle  serait  originaire  de  la  Rochelle,  aurait  été 
chassée  de  cette  ville  par  les  Calvinistes  en  1625  et  serait  venue  se 
réfugier  en  Champagne. 

La  filiation  suivie  remonte  à  Claude  Choppin,  avocat  en  Parlement, 
qui,  en  1636,  était  notaire  à  Esclaron,  près  de  Vitry,  en  Champagne. 
Claude  Choppin  laissa  un  grand  nombre  d'enfants.  L'aîné  de  ses  lils, 
Christophe  Choppin,  avocat  en  Parlement,  prévôt  d'Esclaron,  eut 
trois  fils  qui  moururent  sans  postérité.  Deux  autres,  Claude  et 
Joseph  Choppin,  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux. 

L'auteur  du  premier  rameau,  Claude  Choppin,  vint  se  fixer  rue  du 
Mail,  à  Paris,  fut  intéressé  dans  les  affaires  du  Pioi,  acquit  dans  les 
dernières  années  du  xvii''  siècle  les  seigneuries  importantes  de  Rueil  et 
de  Séraincourt  et  fut  pourvu,  enfin,  de  la  charge  anoblissante  de  secré- 
taire du  Roi.  Il  eut  d'un  premier  mariage  une  fille,  Marie,  qui  épousa 
en  1698  Jacques-Louis  des  Acres,  marquis  de  l'Aigle,  brigadier  des 
armées  du  Roi.  Il  se  remaria  à  M"*  de  Flins,  fille  d'un  lieutenant 
général  des  armées  du  Roi,  et  en  eut  plusieurs  enfants.  Un  de  ses 
descendants,  Claude-Louis  Choppin,  Sgr  de  Séraincourt  et  de  Rueil, 
prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Mantes.  Un 
M.  Choppin  de  Séraincourt,  Sgr  en  partie  du  fief  de  Goenzville,  prit 
part  cette  même  année  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  bailliage 
d'Étampes.  Charles  de  Séraincourt,  marie  en  1809  à  M"^  de  Monthiers, 
fut  assassiné  à  Bar-sur-Aube  le  8  août  1830.  Ce  rameau  compte 
encore  des  représentants.  Son  chef  est  connu  sous  le  titre  de  comte 
de  Séraincourt. 

L'auteur  du  second  rameau,  Joseph  Choppin,  sieur  de  Lentille,  en 


396  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

Champagne,  intéressé  dans  les  affaires  du  Roi,  mourut  en  1711.  11 
laissait  deux  fils.  Le  second  de  ceux-ci,  Christophe  Choppin,  sieur 
de  Lentille,  né  en  1687,  eut  plusieurs  enfants  qui  moururent  en  bas 
âge.  L'aîné,  Alexis  Choppin,  épousa  M"*  Content,  décédée  en  1734. 
Il  en  eut  un  fils,  Charles  Choppin,  décédé  en  1747,  qui  laissa  lui- 
même  trois  enfants  :  1°  Christophe,  né  en  1742;  2° Nicole;  3°  Charles, 
né  en  1747.  Ce  rameau  paraît  être  éteint.  On  ne  lui  connaît  pas  de 
principe  d'anoblissement  et  on  ne  voit  pas  que  ses  représentants 
aient  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse. 

Principales  alliances  :  Aubourg  de  Boury  1829,  des  Acres  de  1" Aigle 
1698,  Aupépin  de  la  Motte-Dreuzy  1865,  de  Kermeilec  182o,  de  Mon- 
thiersl809,  de  Vélard  1802,  Lescarre  1872,  etc. 

CHORIVIT  de  SAGARDIBURU  (do.  Armes  (d'après  un  cachet  de 
famille;  :  écarlelé  :  au  1  d'argent  à  un  arbre  de  sinople  sur  une  ter- 
rasse de  même  portant  la  date  1303;  au  2  parti  d'argent  à  une 

branche  de  sinople  et  d'or  à ;  au  chef  de  gueules  chargé  de  cinq 

étoiles  d'argent,  sur  le  tout;  au  3  d'azur  à  une  barre  d'or  accom- 
pagnée en  chef  d'un  arc  d'argent  ;aukde  gueules  à  une  roue  d'argent^ . 

Famille  originaire  du  Pays  Basque  espagnol,  fixée  en  France  au 
cours  du  xix*'  siècle,  sur  laquelle  on  n'a  pu  se  procurer  que  des  ren- 
seignements insuffisants. 

Principales  alliances  :  Porrat  de  Saint-^  idal,  de  Raymond,  de  Fer- 
rari de  Francavilla,  etc. 

Il  a  existé  dans  le  Pays  Basque  français  plusieurs  familles  Chorivit, 
ou  Choribit  -. 

Un  capitaine  Jean  de  Choribit,  originaire  de  Garris,  en  Basse- 
Navarre,  maréchal  des  logis  de  la  princesse  Catherine  de  Navarre, 
sœur  du  roi  Henri  IV,  était  mort  depuis  peu  en  1597  ;  sa  fille  unique, 
demoiselle  Catherine  de  Choribit,  épousa  le  sieur  de  Gurmençon, 
d'Oloron,  et  en  eut  une  lille  qui  mourut  sans  postérité.  Un  Bernard 
de  Choribit,  sieur  de  la  maison  de  Burugory  (aliàs  Muthicorena), 
résidait  à  Garris  en  1606. 

Jayme  Choribit,  marchand,  était  le  6  octobre  1745  sieur  de  la 
maison  de  Biacbaténia,  à  Ilasparren,  en  Labourd. 

Aucune  famille  de  Chorivit  n'appartenait  en  1789  à  la  noblesse 
française. 

CHOROT   de   BOISVERT.    Armes    :  iVazur   à    un   cheoreau  passant 

'  Communication  de  M.  le  comte  de  Saint-Saud. 

'  Les  lettres  b  et  v  ont  exactement  la  même  valeur  en  basque. 


nit.TIONNAIRr.     MF.  s     F  A  M  II,  I.  F.  S     F  H  ANC  ATS  RS  H97 

(Vargent;  au  chef  cousu  de  gueules  chargé  de  trois  étoiles  d'or. 

La  famille  Ghorot  est  anciennement  et  honorablemeut  connue  en 
Hauphiné.  Ellle  a  donné  depuis  la  fin  du  xvi'^  siècle  plusieurs  châte- 
lains et  maires  de  la  ville  de  Veurey. 

Un  de  ses  membres,  Claude  Chorot,  châtelain  et  maire  deVeurey, 
fit  enregistrer  à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Grenoble) 
ses  armoiries  telles  que  la  famille  les  porte  encore  aujourd'hui. 

M.  Chorot  de  Boisvert,  aïeul  des  représentants  actuels,  fut  pourvu 
en  1783  de  la  charge  de  conseiller  correcteur  en  la  Chambre  des 
comptes  de  Grenoble.  11  conserva  cette  charge  jusqu'à  sa  suppres- 
sion, lors  de  la  Révolution. 

CHOSSAT  deMONTBURON,  de  SAINT-SULPICEetdeMONTESSUY(de). 

Armes  :  d'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné  en  chef  de  deux  crois- 
sants d'argent  et  en  pointe  d'une  rose  de  même. 

La  famille  de  Chossat  appartient  à  la  noblesse  de  la  Bresse.  On  en 
trouvera  une  généalogie  dans  les  manuscrits  de  Chérin.  On  trouvera 
aussi  sur  elle  des  renseignements  dans  le  Nobiliaire  de  Bresse  et  de 
Domhes  de  M.  Baux  et  dans  la  Généalogie  des  Rivérieulx  de  M.  Paul 
de  Varax. 

Elle  a  eu  pour  auteur  Jean  Chossat,  conseiller  du  Roi,  président  en 
l'élection  de  Bresse,  qui  fut  pourvu,  par  lettres  du  26  avril  1686,  de  l'of- 
fice anoblissant  de  conseiller  secrétaire  du  Roi  en  la  chancellerie 
près  le  Parlement  de  Paris  et  qui  le  conserva  jusqu'à  sa  mort.  Jean 
Chossat  fit  son  testament  le  17  mars  1694.  Il  avait  épousé,  par  contrat 
passé  à  Bourg  le  18  août  1656,  Marguerite  Guichard,  veuve  de  maître 
Jean  Bachand,  docteur  en  médecine.  Il  laissa  de  cette  union  quatre 
fils  qui  furent  maintenus  dans  leur  noblesse,  le  22  novembre  1698,  par 
jugement  de  Ferrand,  intendant  de  Bourgogne  et  de  Bresse,  sur  le 
fondement  de  la  charge  de  secrétaire  du  Roi  exercée  par  leur  père. 
Deux  de  ces  fds,  Claude  et  Jean-Baptiste,  furent  les  auteurs  de  deux 
grandes  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  monsieur  maître  Claude  Chossat, 
était  conseiller  du  Roi  au  présidial  de  Bourg  quand  il  épousa,  par 
contrat  passé  à  Montre vei  le  31  octobre  1692,  Marie-Madeleine  Che- 
vrier,  fdle  d'un  trésorier  des  morte-paies  en  Bourgogne  et  Bresse.  Il 
acquit  dans  la  suite  la  seigneurie  de  Montburon,  consistant  en  maison 
forte,  avec  justice  moyenne  et  basse,  et  la  maison  noble  de  Saint- 
Sulpice,  dépendance  de  ladite  seigneurie  de  Montburon,  et  fut  admis 
le  12  mars  1698  à  l'assemblée  générale  des  gentilshommes  du  pays  de 
Bresse.  Son  fds,  Jean-Philibert  Chossat,  Sgr  de  Montburon,  marié  en 
août  1724  à  Charlotte  Bernard,  fdle  du  seigneur  des  Écuyers,  était 


398  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

lieutenant  général  de  Bresse  quand  il  fit  son  testament  le  17  août  1741. 
11  laissa  une  nombreuse  postérité.  Sa  descendance  est  aujourd'hui 
représentée  par  deux  rameaux  qui  se  distinguent  par  les  surnoms  de 
Montburon  et  de  Saint-Sulpice.  Le  chef  du  rameau  cadet,  Charles- 
Gabriel  Chossat  de  Montburon,  Sgr  de  Saint-Sulpice,  capitaine  au 
régiment  de  la  Couronne,  décédé  en  1841,  avait  épousé  en  1791 
M"^  de  Lippens.  Il  en  eut  une  fille,  M™^  de  Dompsure,  et  trois  fils  dont 
l'aîné,  Arthur,  fut  tué  à  la  bataille  de  Dresde,  en  1813,  et  dont  lo 
second,  Charles  de  Chossat  de  Saint-Sulpice,  décédé  en  1867,  épousa 
en  1828  M"-  de  Montluzin  de  Gerland  et  continua  la  lignée. 

L'auteur  de  la  branche  cadette,  Jean-Baptisle  Chossat,  dit  de  Mon- 
tessuy,  avocat  en  Parlement,  épousa  en  1695  Marie-Louise  Bruchet, 
fille  d'un  greffier  au  bailliage  et  siège  présidial  de  Bresse.  11  fut  admis 
en  1698  aux  assemblées  de  la  noblesse  de  Bresse  et  fit  son  testament 
en  août  1727.  Il  fut  père  de  Jean-Baptiste  Chossat  de  Montessuy,  Sgr 
de  Montessuy,  Coralin  et  Montplaisant,  demeurant  à  Bourg,  qui 
épousa  en  1730  Marie-Charlotte  Garron,  et  grand-père  de  Charles- 
Joseph  Chossat  de  Montessuy,  chevalier,  officier  dans  le  régiment 
Lyonnais,  qui  épousa  le  1"  mai  1767  Marguerite  Hubert  de  Saint- 
Didier.  Un  des  fils  de  celui-ci,  Catherin-Victor  de  Chossat  de  Mon- 
tessuy, officier  de  cavalerie,  décédé  en  1846,  épousa  en  1803  Gabrielle 
de  Sautereau,  veuve  de  son  cousin  Benoit  Hubert  de  Saint-Didier.  Il 
en  eut,  d'après  le  travail  de  M.  de  Varax,  une  fille,  M™®  Barbât  du 
Clozel,  et  deux  fils  dont  l'aîné,  Charles,  a  laissé  postérité  et  dont  le 
second,  Gabriel,  marié  à  M""  de  Varenne  de  Feuille,  décédé  en  1882, 
a  laissé  deux  filles,  M^^^Morellet  et  Lacombe. 

Marguerite  Guichard,  veuve  de  Jean  Chossat,  écuyer,  secrétaire  du 
Roi,  maison  et  couronne  de  France  et  de  ses  finances  ;  Jean-Baptiste 
Chossat, écuyer,  sieur  de  Montessuy;  Jean  Chossat,  écuyer;  Jacques 
Chossat,  écuyer;  et  Claude-Philibert  Chossat,  conseiller  du  Roi  au 
bailliage  et  siège  présidial  de  Bresse,  firent  enregistrer  leur  blason  à 
l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Bourg). 

Jean-Baptiste  Chossat  de  Montburon,  né  à  Bourg  en  1761  ;  Victor- 
Catherin  Chossat  de  Montessuy,  né  à  Bourg  en  1768;  et  Basile-Hippo- 
lyte  Chossat  de  Montessuy,  frère  du  précédent,  né  en  1770,  décédé  à 
Lyon  dès  1783,  firent  en  1781  devant  Chérin  les  preuves  de  noblesse 
prescrites  pour  le  service  militaire. 

Jacques  Chossat,  chevalier,  Sgr  de  Montburon  ;  Louis  Chossat  du 
Soget,  chevalier,  Sgr  du  fief  de  Duiziat;  Claude-François  de  Chossat, 
chevalier,  officier  au  régiment  d'Auvergne  ;  et  Jean-François-Gabriel 
de  Chossat,  chevalier,  Cogr  de  Saint-Sulpice,  prirent  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Bourg-en-Bresse. 


DICTIONNAIRF.     DES    FAMILI.  RS     FRANÇAISES  399 

La  famille  de  Chossat  a  fourni  de  nombreux  officiers. 

Aucune  de  ses  branches  n'est  titrée. 

Principales  alliances  :  Hubertde  Saint-Didier  1767,Sautereau,  Bar- 
bât du  Clozel,  de  Varenne  de  Fenille,  Costa  de  Beauregard  1890, 
Bernard  de  Dompsure,  du  Breul  de  Sacconey,  Copin  de  Miribel,  Gar- 
ron  de  la  Bévière  1730,  de  Toytot  1891,  Puvis  de  Chavannes,  etc. 

CHOSSON  du  COLOMBIER.  Armes  :  de  gueules  (aliàs  d'azur)  à  un  lion 
d'or. 

La  famille  Chosson  du  Colombier,  aujourd'hui  éteinte  dans  les  mâles, 
appartenait  à  la  noblesse  du  Dauphiné. 

Elle  avait  pour  auteur  François  Chosson,  sieur  du  Colombier,  con- 
seiller du  Roi,  qui  fut  pourvu  en  1696  de  l'office  anoblissant  d'avocat 
général  près  le  Parlement  de  Grenoble.  Claudine  Garnier,  femme  de 
ce  magistrat,  et  Dominique  Chosson  du  Colombier,  femme  d'André 
Chaboud,  conseiller  du  Roi,  auditeur  en  la  Chambre  des  comptes  du 
Dauphiné,  firent  enregistrer  leur  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696. 

M,  du  Colombier  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  de 
l'élection  de  Valence.  Laurent  Chosson  du  Colombier,  vicaire  général 
et  grand  archidiacre  de  l'église  de  Troyes,  Sgr  des  fiefs  deClairenton, 
àFoolz,  etdePlanney,  à  Bourguignons,  prit  part  cette  même  année  à 
celles  tenues  à  Bar-sur-Seine,  en  Champagne. 

La  famille  Chosson  du  Colombier  n'était  pas  titrée. 

Elle  a  eu  pour  dernier  représentant  mâle  M.  Henri-Gabriel  Chosson 
du  Colombier,  né  en  1808,  propriétaire  du  château  du  Pin,  près  de  la 
Tour-du-Pin,  qui  de  son  mariage,  en  juin  1833,  avec  M'"'  de  Charrin 
n'a  eu  que  trois  filles,  les  comtesses  Tardy  deMontravcl,  du  Parc  de 
Locmaria  et  de  Bellaing. 

Principales  alliances  :  Pasquierde  Franclieu  1834,  Drier  de  la  Forte 
1836,  de  Charrin  1835,  Tardy  de  Montravel  1862,  du  Parc  de  Loc- 
maria 1866,  Moreau  de  Bellaing  1875,  Garnier  des  Garets,  Bernard  (de 
la  Vernette)  1724,  etc. 

CHOUDENS  (de).  Armes  :  d'argent  (quelquefois  d'or)  à  trois  cœurs  de 
gueules,  '2  et  i. 

La  famille  dk  Choudens  est  une  des  plus  anciennes  de  la  haute 
bourgeoisie  de  Genève.  On  trouvera  sur  elle  beaucoup  de  renseigne- 
ments dans  la  France  protestante  deHaag  et  surtout  dans  le  tome  VII 
des  Notices  généalogiques  sur  les  familles  genevoises,  paru  à  Genève 
en  1895. 

La  famille  de  Choudens  a  eu  pour  berceau  la  petite  ville  de  Thoiry, 
située  près  de  Gex.  Égrège  Mathieu  de  Choudens  fut  notaire  dans 


400  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FHANCAISES 

cette  ville  de  1440  à  1478.  Il  paraît  avoir  été  père  de  noble,  égrège 
et  discret  Pierre  de  Choudens  qui  était  notaire  de  Thoiry  dans  la 
seconde  moitié  du  xv^  siècle  et  auquel  remonte  la  fdiation  suivie. 

Noble  et  égrège  Louis  de  Choudens,  Sgr  d"Aire-la-Ville  en  1534, 
fils  aîné  de  Pierre,  fut  l'auteur  d'une  branche  qui  s'éteignit  au 
xviii^  siècle.  Son  frère,  noble  et  égrège  Claude  de  Choudens,  de 
Thoiry,  notaire  et  commissaire  dextentes  de  lévêché  de  Genève, 
mort  avant  1558,  laissa  cinq  tils  :  1°  noble  et  sire  Pierre  de  Choudens, 
négociant  en  draps,  reçu  bourgeois  de  Genève  en  1540,  dont  la  des- 
cendance était  représentée  en  1720  par  Frédéric-François  de  Chou- 
dens, capitaine  au  service  de  Prusse  ;  2"  noble  et  égrège  Antoine  de 
Choudens,  dont  les  fils  moururent  sans  enfants  ;  3°  noble  et  égrège 
Claude  de  Choudens,  dont  la  descendance  subsiste  ;  4°  noble  et 
égrège  Jean  de  Choudens,  dont  la  descendance  lut  admise  à  la  bour- 
geoisie de  Genève  en  1669  et  s'éteignit  au  xviii*  siècle;  5°  noble 
Nicolas  de  Choudens,  décédé  en  1590,  dont  la  descendance  paraît 
s'être  éteinte  au  début  du  xix^  siècle.  Claude,  le  troisième  de  ces 
cinq  frères,  fut  père  de  maître  Philippe  de  Choudens,  d'Allemagne, 
qui,  en  1623,  était  fermier  delà  Seigneurie  de  Genève  pour  le  revenu 
de  Mategnin.  Deux  des  fils  de  celui-ci,  Abraham  de  Choudens,  né  en 
1592,  et  maître  Antoine  de  Choudens,  furent  les  auteurs  de  deux 
rameaux  actuellement  existants.  Les  représentants  du  premier 
rameau  furent  reçus  bourgeois  de  Genève  le  7  décembre  1701.  C'est 
à  ce  rameau  qu'appartient  M.  Antoine  de  Choudens,  né  en  1825,  fixé 
à  Paris,  célèbre  éditeur  de  musique.  Le  second  rameau  a  longtemps 
été  connu  sous  le  nom  deCHouDExs-LA-TouR. 

La  famille  de  Choudens  a  fourni  un  grand  nombre  d'officiers,  de 
pasteurs,  de  professeurs,  un  membre  de  l'Académie  des  Beaux-Arts 
de  Saint-Pétersbourg  (Henri  de  Choudens,  né  en  1812),  un  composi- 
teur de  musique  distingué,  etc. 

Principales  alliances:  de  Gallatinl  722,  Bordier  1753,  Mes  trézat  1668, 
de  Luc,  dePesmes,  Butini,  de  Fernexl572,Sarasin  1645,  de  Chapeau- 
rouge,  Chastel  1777,  Pictet  1668,  etc. 

CHOUE  de  la  METTRIE  (de  la).  Armes  :  d'argent  à  trois  chouettes  de 
sable,  membrées  et  becquées  de  gueules,  2  e/  1. 

La  famille  de  la  Chode  appartient  à  la  vieille  noblesse  de  l'ancien 
diocèse  de  Saint-Malo,  en  Bretagne.  Elle  a  toujours  été  assez  obscure 
et  on  ne  trouvera  sur  elle  que  peu  de  renseignements  dans  les  divers 
recueils  de  manuscrits  du  Cabinet  des  Titres. 

Dom  Maurice,  et  après  lui  Potier  de  Courcy,  lui  attribuent  pour 
premiers  auteurs  connus  Robert  do  la  Choue  qui,  en  1218,  fonda  une 


DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES  401 

rente  de  vingt  minots  de  bl6  en  faveur  des  prieurs  du  Pont,  à  Dinan  ; 
et  Pierre  de  la  Clioue  qui  était  écuyer  du  Duc  au  siège  de  Pouancé, 
en  1379. 

La  lamiile  de  la  Ghoue  figura  de  1448  à  1513  aux  reformations  et 
montres  de  la  noblesse  des  paroisses  de  Ploubalay,  Trégon,  Médréac 
et  Créhon,  toutes  situées  au  diocèse  de  Saint-Malo.  Elle  était  repré- 
sentée lors  de  la  grande  recherche  des  faux  nobles  commencée  en 
1660  par  trois  rameaux,  celui  des  seigneurs  de  la  Haute-Mettrie,  en 
la  paroisse  de  Trégon,  celui  des  seigneurs  de  la  Grochais  et  de  la 
Brunays,  en  la  paroisse  de  Gréhen,  et  celui  des  seigneurs  de  Bran- 
douet.  Les  représentants  de  ces  trois  rameaux  furent  maintenus 
dans  leur  noblesse  d'ancienne  extraction,  le  18  décembre  1668,  par 
arrêt  des  commissaires  de  la  réformation  sur  preuves  de  neuf  géné- 
rations remontant  à  Jean  de  la  Ghoue,  sieur  de  la  VilIe-au-Provost,  en 
la  paroisse  de  Ploubalay,  qui  avait  épousé  vers  1440  Jeanne  le  Gonidec. 

Le  rameau  des  seigneurs  de  la  Mettrie  s'est  seul  perpétué  jusqu'à 
nos  jours.  11  possède  encore  le  château  de  la  Mettrie,  situé  près  de 
Paramé.  Un  de  ses  représentants,  Maurille-Alexis  de  la  Ghoue  de  la 
Mettrie,  signa  en  1 788  la  protestation  de  la  noblesse  de  Bretagne  contre 
la  convocation  des  États  généraux.  Son  chef  est  connu  sous  le  titre 
de  comte  de  la  Mettrie  depuis  les  dernières  années  du  xix^  siècle. 

La  famille  de  la  Ghoue  a  fourni  dans  ses  divers  rameaux  des  offi- 
ciers de  mérite,  des  chevaliers  de  Saint-Louis,  des  membres  de  la 
Légion  d'honneur.  Un  de  ses  représentants,  M.  de  la  Ghoue  de  la  Vil- 
ledé,  fut  du  nombre  des  volontaires  qui  se  signalèrent  au  combat  de 
Saint-Gast,  en  17o8.  Un  autre,  ayant  été  fait  prisonnier  par  des  cor- 
saires en  1759,  eut  à  subir  au  Maroc  une  longue  et  pénible  captivité. 

Principales  alliances  :  Maingard  au  xvi«  siècle,  de  Bouan,  du  Breil 
de  Ghalonge,  de  Gadaran,  Magon  de  la  Villehuchet  1865,  Ghauchart 
(du  Mottay),  de  la  Moussaye,  Mouésan,  GoIIas,  le  Bouétoux  de  Bré- 
jerac  1905,  de  la  Landelle  1823,  de  la  Tousche-Limousinière  1851,  de 
Bédée,  de  Ferron  du  Quengo,  de  Guernon  1897,  de  Vitton  de  Peyruis 
1872,  Besnard  de  la  Vieuxville  1785,  delà  Guerrande,  deTrémereuc, 
du  Boisbaudry  1780,  Gouro  du  Plessix,  etc. 

CHOULOT  (de  Laveime  de).  Voyez  :  Lavenne  de  Choulot  et  de  la  Montoise 

(de). 

CHOULY  de  PERM ANGLE  (de).  Armes  :  d'a^wr  à  une  fa&ce  d'argent 
accompagnée  en  chef  de  trois  lys  au  naturel  (aliàs  de  trois  fleurs  de 
pavot  d'argent)  et  en  pointe  d'une  fleur  de  lys  florencée  (aliàs  d'une 
feuille  de  châtaignier)  d'or.  —  Gouronne  :  de  Marquis. 

^'  26 


402  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  de  Chouly  de  Permaxgle  appartient  à  la  noblesse  du 
Limousin.  Saint-Allais  en  a  donné  une  tçénéalogie  dans  son  Nobiliaire 
universel  de  France  et  on  trouvera  sur  elle  d'intéressants  renseigne- 
ments dans  le  Nobiliaire  du  Limousin  do  Nadaud  et  dans  les  divers 
recueils  de  manuscrits  du  Cabinet  des  Titres,  particuliî'remont  dans 
le  Nouveau  d'Uozier  et  dans  le  Cabinet  d'Hozier. 

La  famille  de  Cliouly  est  originaire  de  la  ville  de  Saint-Yrieix 
sur  le  territoire  de  laquelle  clic  a  possédé  la  seigneurie  de  Per- 
mangle.  Un  tableau  généalogique  conserv^é  dans  le  Cabinet 
d'IIozier  en  fait  remonter  la  filiation  au  H  mai  1512,  date  à  laquelle 
noble  Paul  de  Chouilly,  ccuycr,  Sgr  de  Monchasty  et  de  Permanglc, 
lils  de  noble  Jean  Cbouly,  demeurant  au  château  de  Chaluts,  aurait 
épousé  Françoise  Gentil,  lille  de  Jean.  Mais  une  note  de  d'Hozier 
apprend  que  ce  contrat  de  mariage  de  1512  est  fau.x.  D'après  ce  même 
tableau  généalogique  Paul  de  Chouly  aurait  eu  jiour  fds  Irieix  Chouly, 
Sgr  de  Monchasty,  conseiller  du  Pioi,  deu.xième  élu  dans  le  Haut- 
Limousin  par  provisions  du  5  octobre  1554,  puis  commissaire  extraor- 
dinaire des  guerres.  Cet  Iricix  de  Chouly,  écuyer,  Sgr  de  Monchasty 
et  de  Permangle,  fils  de  Paul  de  Chouly,  écuyer,  Sgr  de  Permanglc, 
et  de  demoiselle  Françoise  de  Genty,  aurait  épousé,  par  contrat  du 
7  novembre  1551,  demoiselle  Françoise  de  Prouhet,  fdle  de  Jean  de 
Prouhel,  lieutenant  général  au  siège  de  Limoges.  Une  note  de  dllozier 
apprend  que  ce  contrat  est  faux  et  fait  par  un  faussaire  très  ignorar»t. 
Ce  mémo  honorable  homme  monsieur  maître  Yrieix  do  Chouly,  écuyer, 
Sgr  de  Monchasty,  conseiller  du  Roi,  son  deuxième  élu  en  Limousin, 
demeurant  à  Saint-Yrieix,  fit  son  testament  le  10  mars  1597  devant  du 
Bourg,  notaire  à  Saint-Yrieix  ;  dans  cet  acte  il  mentionne  sa  seconde 
femme,  demoiselle  Marguerite  de  Gimeil,  aliàs  de  la  Paluelle.  Une 
note  de  dllozier  apprend  que  ce  testament  n'est  connu  que  par  une 
copie  collationnée  en  1G68.  Yrieix  de  Chouly  laissa  deux  fils,  Jean, 
né  du  premier  lit,  et  Paul,  né  flu  second  lit,  qui  furent  les  auteurs  de 
deux  rameaux. 

L'aîné  de  ces  deux  frères,  Jehan  de  Chouly,  écuyer,  conseiller  du 
roi  de  Navarre  et  son  secrétaire,  épousa  par  contrat  du  25  sep- 
tembre 1584  demoiselle  Isabeau  de  Magnanat;  il  en  eut  un  fils,  Phi- 
lippe de  Prouhet  de  Chouly,  sieur  de  Béchadie,  qui  épousa  le 
4  février  1639  Catherine  de  Chaumeix.  Ce  rameau  est  aujourd'hui 
éteint.  On  verra  plus  bas  qu'une  de  ses  représentantes  épousa  en 
1753  le  marquis  de  Permangle,  chef  du  rameau  cadet. 

L'auteur  du  rameau  cadet,  Paul  de  Chouly,  écuyer,  Sgr  de  Per- 
mangle, gouverneur  et  commandant  pour  le  Roi  en  la  ville  de  Saint- 
Yrieix,  épousa  par  contrat  du  25  janvier  1595  demoiselle  Françoise  do 


Dir.TIONNAinR     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  403 

Gontil.  (illc  (lu  S(>ioncui-  do  Lajoncliapl.  Il  en  eut  deux  fils,  Yrieix  et 
Jacques,  qui  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le  31  avril  1668 
par  arrêt  du  Conseil  d'État.  L'aîné  de  ces  deux  frères,  Yrieix  de  Cliouly, 
Sgr  de  Permano-lo,  fut  un  brillant  onicier,  fut  lieutenant  général  des 
armées  du  Roi  et  gouverneur  de  Limoges  et  mourut  en  1679  sans 
laisser  de  postérité  de  son  mariage,  en  1639,  avec  Anne  de  Saint- 
Mathieu.  Le  puîné,  messire  Jacques  de  Chouly,  écuyer,  Sgr  de  la 
Prunie,  conseiller  et  maître  d'Iiùtcl  ordinaire  du  Roi,  capitaine  des 
gardes  de  Mgr  le  duc  de  Nemours,  premier  gentilliomme  de  sa 
chambre,  gouverneur  pour  le  Roi  des  ville  et  château  de  Chàtcau-Lan- 
don,  é[)ousa,  par  contrat  du  13  juin  1655,  demoiselle  Isabeau  Roux,  tille 
du  seigneur  de  Reillac.  Ce  fut  lui  qui  présenta  en  1676  sa  généalogie 
auGabinet  des  Ordres  du  Roi  pour  obtenir  l'admission  parmi  les  pages 
de  la  Grande  Écurie  de  son  fils  aîné,  Yrieix-Junien,  né  en  1661.  Il  eut 
un  fils  cadet,  Gabriel,  qui  fut  lieutenant  général  des  armées  du  Roi. 
Yrieix-Junicn  de  Chouly  fut  connu  le  premier  sous  le  titre  de  marquis 
de  Pcrmanglc  qui  depuis  lors  a  été  conservé  parle  chef  de  la  famille. 
Il  épousa,  par  contrat  du  7  juillet  1691,  Marie  des  Prez,  veuve  du 
comte  de  Foucauld  de  Saint-Germain-Beaupré.  Un  de  ses  fils,  Gabriel 
de  Chouly  marquis  de  Pcrmangle,  fut  brigadier  des  armées  dû  Roi.  Un 
autre,  Louis  de  Chouly,  marquis  de  Permangle  après  la  mort  de  son 
frère,  lieutenant-colonel  au  régiment  de  Limousin,  chevalier  de  Saint- 
Louis,  épousa  en  1753  sa  cousine,  Marie  de  Chouly  de  Béchadie.  On 
trouvera  dans  le  Nouveau  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que  le  fils 
de  celui-ci,  Philippe-Auguste  de  Chouly  de  Permangle,  né  en  1755  au 
château  de  Monchasty,  en  la  paroisse  de  Dournazac,  au  diocèse  de 
Limoges,  fit  en  1766  pour  être  admis  à  l'École  militaire.  Philippe- 
Auguste,  marquis  de  Permangle,  épousa  en  1796  M'»=  de  Peters.  11 
en  eut  un  fils,  Lucien-Louis,  marquis  de   Permangle,   qui   épousa 
M"«  Segaux  et  qui  mourut  en  1893  dans  un  âge  avancé.  Paul-Henri 

de  Chouly,  marquis  de  Permangle,  tîls  du  précédent,  étaitconseiller  de 
préfecture  à  Mont-de-Marsan  quand  il  épousa  en  1866  M"«  Anaïs 
Gautier.  Il  a  été  père  de  M.  Lucien  de  Chouly  de  Permangle,  lieu- 
tenant de  chasseurs  à  cheval,  qui  a  épousé  à  Cannes  en  1906  M"''^  Cor- 
miska. 

La  famille  de  Chouly  de  Permangle  a  fourni  de  nombreux  officiers. 

Principales  alliances  :  de  Gimel,  d'Aguesseau,  de  Gentil  deLajon- 
chapt,  de  Roux  de  Reillac  1655,  de  Ferrières-Sauvebœuf,  d'Almay  des 
Fargcs,  etc. 

CHOUMEILS  de  SAINT-GERMAIN.  Armes  :  parti:  au\  cVazur  à  trois 
barres  iVargent;  au  2  échiqneté  d'argent  et  de  sable. 


404  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

La  famille  Chûumeils  de  Saixt-Germain  est  anciennement  connue 
dans  la  bourgeoisie  du  Bas-Limousin.  Des  auteurs  contemporains 
ont  avancé  qu'elle  était  originaire  de  l'Auvergne  où  elle  aurait  été 
anoblie  par  des  charges  de  magistrature.  Son  nom  ne  figure  dans 
aucun  nobiliaire  de  ce  pays  et  on  ne  voit  pas  quelle  ait  pris  part 
en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  française. 

Jean-François  Choumeils  de  Saint-Germain,  ancien  contrôleur 
des  contributions  directes,  mourut  à  Brives  en  1823.  Son  petit-fils, 
Louis,  né  en  1826,  dabord  avocat  à  Limoges,  vint  se  fixer  à  Bordeaux 
et  fut  deux  fois  président  de  la  chambre  des  avoués  de  celte  ville. 
Il  a  laissé  un  fils,  Etienne  de  Saint-Germain,  né  à  Limoges  en  1855, 
avoué  à  Bordeaux,  qui  a  épousé  M"*  Garros,  lille  de  l'architecte 
bordelais.  Louis  de  Saint-Germain,  parent  des  précédents,  était 
directeur  des  douanes  dans  la  seconde  moitié  du  xix'  siècle  ;  sonjfils 
a  épousé  en  1892  M"*  de  Wavrechin. 

La  famille  Choumeils  de  Saint-Germain  a  encore  fourni  un  greffier 
du  tribunal  de  commerce  de  Brives,  un  juge  de  paix,  des  avocats,  etc. 

Principales  alliances  :  Garros,  Véron,  de  Wavrechin,  Denucé  1819, 
de  Morel,  du  Griffolet  1712  ou  1720,  Lavialle  1810,  Bachellerie,  etc. 

CHOUMOUROUX  (de  Saignard  de)  Voyez  :  Saigxard  de  Choumouroux,  de 

LA  FrESSANGE  et  DE  SaSSELANGE. 

CHOURY  de  la  VIGERIE. 

Famille  de  haute  bourgeoisie  sur  laquelle  on  n'a  pu  se  procurer  que 
des  renseignements  insuffisants. 

Pierre-Henri-Prosper  Choury  de  Lavigerie,  né  à  Bordeaux  le  10  mars 
1812,  décédé  en  1893,  fut  nommé  général  de  brigade  en  1870.  Son 
fils  a  épousé  en  1887  M"^  de  Billeheust  d'Argenton. 

Principales  alliances  :  de  Billeheust  d'Argenton,  Guilbert  de  la 
Tour  1889,  Burdin  de  Saint-Martin,  etc. 

CHOUZY  (Mesnard  de).  Voyez  :  Mesxard  de  Chouzy. 

CHOVET  de  la  CHANCE.  Armes  anciennes  :  d'argent  à  deux  arbres  ter- 
rassés de  sinople  ;  au  chef  d'azur  chargé  d'un  soleil  d'or.  —  Armes 
concédées  sous  le  Premier  Empire  :  écartelé  :  au\  d'azur  à  un  soleil 
rayonnant  d'or  ;  aux  2  ef  3  d'argent  à  la  croix  ancrée  de  gueules;  au 
4  d'argent  à  deux  arbres  terrassés  de  sinople;  au  franc-quartier 
des  barons  membres  du  collège  électoral. 


DICTI  ONNAIHE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  405 

La  famille  Ghovkt  de  la  Chance,  récemment  éteinte,  appartenait  à 
la  noblesse  du  Forez.  Le  vicomte  Révérend  lui  a  consacré  une  notice 
dans  son  Annuaire  de  la  noblesse  de  1910  et  on  en  trouvera  une 
généalogie  complète  dans  V Assemblée  de  la  noblesse  du  bailliage  de 
Forez  en  1789  du  comte  de  Jouvenccl. 

La  famille  Ghovet  paraît  avoir  eu  pour  berceau  le  lieu  de  JMarlhe. 
Elle  est  vraisemblablement  la  même  que  celle  d'un  Pierre  Ghovet, 
originaire  de  Saint-Etienne,  qui  fut  pourvu  en  1618  de  la  charge  ano- 
blissante de  secrétaire  du  Roi  et  qui  la  conserva  jusqu'en  lGo3.  Toute- 
fois elle  ne  descend  pas  de  ce  magistrat. 

Guillaume  Ghovet,  auquel  seulement  remonte  la  fdiation  suivie, 
était  marchand  de  Soie  à  Lyon  dans  les  dernières  années  du 
xvii^  siècle.  Il  Ht  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696. 
Son  fds,  Antoine  Ghovet,  né  à  Saint-Etienne  le  il  avril  1677,  d'abord 
élu  en  l'élection  de  cette  ville,  fut  pourvu,  par  lettres  du  H  mars  1743, 
de  la  charge  anoblissante  de  conseiller  secrétaire  du  Roi,  maison  et 
couronne  de  France  au  Grand  Gollège.  11  conserva  cette  charge  jusqu'à 
sa  mort  survenue  à  Paris  en  mars  1762.  Possesseur  d'une  grande  for- 
tune, il  avait  acquis  la  baronnie  de  la  Faye,  puis  la  seigneurie  de  la 
Chance,  située  dans  la  paroisse  de  Perreux,  en  Roannais,  dont  sa  des- 
cendance a  conservé  le  nom.  Il  avait  aussi  acquis  dans  la  ville  même  de 
Saint-Etienne  le  fief  de  la  Croix  sur  lequel  il  lit  construire  le  château 
de  Ghantegrillet,  aujourd'hui  école  des  mineurs.  Jean-Claude  Ghovet, 
Sgr  de  la  Faye,  de  la  Chance,  etc.,  petit-fds  du  précédent,  né  à  Saint- 
Etienne  en  17o0,  acquit  en  1782  du  marquis  de  Langeron  le  comté  et 
le  château  de  Chevrières,  situés  près  de  Saint-Galmier.  Il  prit  part  en 
1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Montbrison,  fut  élu  en 
1803,  puis  en  1808,  député  de  la  Loire  au  Corps  législatif,  fut  créé 
baron  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  9  mars  1810,  avec  institu- 
tion en  majorât  de  sa  terre  de  Chevrières,  et  mourut  le  lo  février  1812. 
Son  fds  aîné,  Jean-Baptiste  Ghovet,  baron  de  la  Chance,  décédé  sans 
postérité  en  186o,  vendit  vers  1820  la  terre  de  Chevrières  à  la  famille 
Neyrand.  Joseph-Frédéric  Ghovet  de  la  Chance,  frère  consanguin  du 
précédent,  épousa  à  Grenoble  en  1818  M"^  Patras,  fdle  d'un  colonel 
au  service  de  Hollande.  Il  en  eut  un  fils,  Louis-Albéric  Ghovet,  baron 
de  la  Chance,  qui  fut  le  dernier  représentant  mâle  de  sa  famille  et  qui 
mourut  à  Lyon  en  1901  sans  avoir  été  marié.  Il  eut  aussi  trois  fdles, 
M""^  de  Calamand,  décédée,  la  baronne  du  Bourgct,  décédée  en  1887, 
et  M""^  de  Gantelet  d'Anières. 

Principales  alliances  :  Bordeaux  de  Lurcy,  Colomb  d'Écotay  1728, 
Thioliière  1748,  Imbert  1734,  d'Assier  de  Luriecq  1750,  de  Genestet 
1775,  de  Leyssin  1778,  Baudet  de  Beauregard  1781,  Clapeyron  du 


406  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Milieu,  Gardon  de  Calamand  1837,  de  Bullel  du  Bourget  1849,  Capré 
de  Mégève  1846,  de  Gantelet  dAnières  1860,  etc. 

CHRESTIEN  de  TRÉVENEUC.  Armes  :  de  simple  à  une  fasce  d'or 
accompagnée  de  trois  heaumes  de  profil  du  même  (aliàs  d'argent).  — 
Devise  :  En  bon  chrétien. 

La  famille  Chrestien  de  Trévexeuc  appartient  à  la  vieille  noblesse 
de  lancien  diocèse  de  Saint-Brieuc,  en  Bretagne.  On  en  trouvera  un 
tableau  généalogique  dans  les  manuscrits  de  Chérin.  Le  vicomte 
Révérend  en  a  donné  une  généalogie  dans  \ Annuaire  de  la  noblesse 
de  1904. 

Hervé  Chrestien  se  croisa  en  1248  d'après  un  titre  de  la  collection 
Courtois;  son  nom  a  été  inscrit  aux  Salles  des  Croisades  du  musée 
de  Versailles  avec  les  armes  de  la  famille  Chrestien  de  Tréveneuc. 
Dom  Maurice  mentionne  un  Guillaume  Chrestien  qui  était  écuyer 
de  Beaumanoir  en  1369.  Raoulet  (aliàs  Roland)  Chrestien  était  en 
1380  écuyer  delà  garde  du  château  deLehon.  Guy  Chrestien  était  tré- 
sorier du  Duc  lors  de  la  prise  de  possession  de  Saint-Malo,  en  1394. 
François  Chrestien,  d'abord  valet  de  chambre  de  François,  fils  du  duc 
Jean  V,  était  en  1444  bouteiller  de  la  duchesse  Yolande. 

La  famille  Chrestien  figure  de  1440  à  1535  aux  réformations  et  mon- 
tres de  la  noblesse  des  paroisses  de  Maroué  et  de  Tréveneuc,  au  dio- 
cèse de  Saint-Brieuc.  Elle  a  été  maintenue  dans  sa  noblesse  d'an- 
cienne extraction  par  arrêt  du  16  janvier  1669  sur  preuves  de  huit 
générations. 

Noble  Pierre  Chrestien,  écuyer,  Sgr  de  Ponlmorio,  auquel  remonte 
la  fdiation  suivie,  était  en  1458  conseiller  et  chambellan  du  duc  de 
Bretagne  François  U.  Il  est  rappelé  comme  défunt  dans  un  acte  de 
1485  avec  sa  femme.  Guillcmette  de  la  Motte-Rouge.  Son  fils, 
François  Chrestien,  qualifié  vicomte  de  Pontmorio  et  de  Tréveneuc, 
était  procureur  delà  juridiction  d'Auray  quand  il  fut  nommé,  en  1481, 
chanceHcrde  Bretagne.  Il  échangea  cette  charge  en  1485  contre  celle 
de  maître  dhùtcl  du  Uuc  et  sénéchal  de  Rennes  et  fut  un  des  exécuteurs 
testamentaires  de  la  Duchesse  douairière,  Isabeau  d'Iicosse.  Il  obtint 
le  4  mai  1485  des  lettres  du  Duc  lui  permettant  d'avoir  un  receveur  et 
un  sergent  dans  sa  paroisse  de  Tréveneuc  avec  exemption  de  tous 
fouages,  aides,  tailles,  etc.  De  son  mariage  avec  Françoise  Ilingant 
il  laissa  un  fils,  Vincent,  et  une  fille  qui  partagèrent  sa  succession 
par  acte  du  17  novembre  1503.  Son  fds,  Vincent  Chrestien,  Sgr  de 
Pontmorio  et  vicomte  de  Tréveneuc,  marié  à  Margélie  Dolou  du 
Pont,  fut  père  d'autre  Vincent  Chrestien,  Sgr  de  Kérouguer,  qui  épousa 
Marguerite  le  Cozic  par  contrat  du  1 1  octobre  1521.  Deux  des  fils  de 


DICTIONNAIUK     DKS     KAMlLLi:S     FHANÇAISKS  407 

celui-ci,  Kciié,  Sgr  de  Poiitmorio  el  de  Trévciieuc,  marié  à  Jeanne  du 
Boisjvclin,  cl  Pierre,  Sgr  de  la  Villehélio,  en  la  paroisse  de  Plourhan, 
marié  à  Françoise  le  Roux,  puis  en  1578  à  Jeanne  Guéhenneuc,  furent 
les  auteurs  de  deux  branches. 

La  branche  aînée  s'est  seule  perpétuée  jusquanos  jours.  Un  de  ses 
représentants,  René  Chrestien  de  Kerabel,  fut  admis  en  1664  dans 
l'Ordre  de  INIaltc.  Deux  autres,  Jean  et  Pierre  Chrestien  de  Tréveneuc, 
signèrent  en  1788  la  protestation  de  la  noblesse  de  Bretagne  contre  la 
convocation  des  États  généraux.  Ferdinand  Chrestien  de  Tréveneuc, 
né  en  1824,  décédé  en  1873,  fut  député  royaliste  du  Finistère  à  l'As- 
semblée nationale  de  1871  ;  il  ne  laissa  qu'une  fille,  la  comtesse  René 
de  Beaumont.  Son  frère  aîné,  Henri-Louis  Chrestien,  comte  de  Tréve- 
neuc, né  en  1815,  marié  à  Nantes  en  1850  à  M"«  Sallentin,  conseiller 
général,  député  et  sénateur  des  Côtes-du-Nord,  décédé  en  1893,  a  été 
père  de  Robert  Chrestien,  comte  de  Tréveneuc,  né  au  château  de 
Tréveneuc  en  1856,  député,  puis  sénateur  des  Côtes-du-Nord,  qui  a 
eu  deux  enfants  de  son  mariage,  en  1892,  avec  M"^  de  Barthélémy. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Pierre  Chrestien,  Sgr  de  la  Ville- 
hélio, laissa  trois  fds  :  1^  Jean,  Sgr  de  la  Villehélio,  qui  n'eut  qu'une 
fille  ;  2"  Prigent,  Sgr  de  la  Masse,  qui  continua  la  lignée  ; 
3°  François,  dont  la  descendance  fut  comprise  dans  le  jugement  de 
maintenue  de  1669  et  paraît  s'être  éteinte  peu  de  temps  après.  Cette 
brancheétaitreprésentéeauxvm'^siècle  par  Alexandre-Jean  Chrestien, 
Sgr  de  la  Masse,  né  en  1670,  qui  épousa  en  1705  Louise  de  Kérérault 
et  qui  en  eut  trois  fds  vraisemblablement  décédés  sans  postérité. 
Alexandre-Jean  Chrestien  de  la  Masse  eut  aussi  une  fille,  Guionne- 
Yvonne,  née  en  1710  à  Carhaix,  au  diocèse  de  Quimper.  On  trouvera 
dans  le  Cabinet  d'Hozier  les  preuves  de  noblesse  que  celle-ci  fit  en 
1718  pour  être  admise  à  Saint-Cyr. 

La  famille  Chrestien  de  Tréveneuc  a  fourni,  en  dehors  des  person- 
nages cités  au  cours  de  cette  notice,  des  officiers  de  grand  mérite 
dont  l'un  mourut  en  1786  des  suites  de  blessures  reçues  devant 
Madras,  un  chanoine  de  Toul,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Boisgehn,  de  Lannion,  du  Breil  de  Rays 
1720, 1777,  Harscouet  de  Saint-Georges  1780, 1806,  de Kergariou  1800, 
1839,  le  Corgne  de  Launayl80o,  de  Geslin  de  Bourgogne  1810,  de 
Perrienl8o9,  Boninde  la  Bonninière  de  Beaumont  1882,  de  Quinemont 
1894,  Sauvaire  de  Barthélémy  1892,  de  Guéhenneuc  1578,  de  Courson, 
de  la  Motte-Rouge,  etc. 

Une  famille  Chrestien,  qui  possédait  la  seigneurie  des  Vallées, 
en  la  paroisse  de  Carfantain,  au  diocèse  de  Dol,  se  désista  de  ses 
prétentions  nobiliaires  le  11  septembre  1668.  Un  sieur  Chrestien  de 


408  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES     FRANÇAISES 

Gouaffanton,  de  la  même  province,  fut  condamné  à  l'amende  comme 
usurpateur  de  noblesse  par  jugement  de  1699. 

CHRESTIEN  de  POLY  et  de  LIHUS.  Armes  (d'après  le  règlement  d'ar- 
moiries de  1827j  :  d'azur  à  une  bande  d'argent  accompagnée  en  chef 
de  quatre  étoiles  et  en  pointe  de  trois  roses  tigées  et  feuillées,  le  tout 
d'argent.  — Devise  :  In  Christo  salus. 

La  famille  qui  est  aujourd'hui  connue  sous  les  noms  de  Chrestien 
DE  PoLY  et  de  Chrestien  de  Lihus  appartenait  au  commerce  parisien 
dans  la  première  moitié  du  xviii'=  siècle.  On  trouvera  sur  elle  des  ren- 
seignements dans  le  Nouveau  d'Hozier,  au  Cabinet  des  Titres,  et  le 
vicomte  Révérend  en  a  donné  des  tableaux  généalogiques  dans  Y  An- 
nuaire de  la  noblesse  de  1896  et  dans  les  Titres,  anobliï<sements  et 
pairies  de  la  Restauration. 

Le  sieur  Jean-François  Chrestien,  auquel  remonte  la  fdiation,  était 
marchand  drapier,  bourgeois  de  Paris,  ancien  garde  du  corps  de  la 
draperie  quand  il  mourut  le  20  février  1743,  à  l'âge  de  57  ans,  en  sa 
maison  de  la  rue  des  Chargeurs,  paroisse  de  Sainl-Germain-l'Auxer- 
rois.  De  son  mariage  avec  dame  Marie  Clicquot,  il  laissait  deux  llls. 
Le  second  de  ceux-ci,  Simon-Philibert  Chrestien  des  Ruffais,  né  en 
1734,  négociant  à  Paris,  puis  avocat  au  Parlement  de  cette  ville,  fut 
pourvu  le  21  mars  1785  de  la  ciiarge  anoblissante  de  conseiller  secré- 
taire du  Roi,  maison  et  couronne  de  France  ;  il  n'eut  que  trois  fdles 
dont  l'aînée  épousa  M.  Rousseau,  secrétaire  du  Roi,  et  dont  la  seconde 
épousa  Antoine-Henri  Boulard,  notaire  à  Paris.  Son  frère  aîné,  Pierre- 
Jean-François  Chrestien,  Sgr  de  Poly,  de  Lihus  et  de  Chanteloup, 
baptisé  à  Paris  le  1"  mars  1732,  marié  à  Françoise  le  Bocquet  de 
Kério,  fut  conseiller  au  Chàtclet  de  Paris,  puis,  en  1757,  à  la  Cour  des 
aides  de  la  même  ville  et  acquit  par  ces  charges  la  noblesse  au  pre- 
mier degré.  Il  laissa  deux  fds,  Jean-Prosper  Chrestien  de  Poly,  né  en 
1769,  et  Pierre-Augustin  Chrestien  de  Lihus,  qui  ont  été  les  auteurs 
de  deux  branches. 

L'auteur  de  la  branche  aînée,  Jean-Prosper  Chrestien  de  Poly,  reçu 
le  23  mai  1789  conseiller  au  Chàtelet,  plus  tard  avoué  à  Amiens,  puis 
juge  au  tribunal  de  la  Seine,  enfin,  en  1823,  conseiller  à  la  Cour 
de  Paris,  marié  àM"^  Auxcousteaux,  obtint  du  roi  Charles  X,  le  4  août 
1827,  des  lettres  patentes  de  confirmation  de  noblesse,  comme  fils 
d'un  conseiller  à  la  Cour  des  aides.  Il  laissa  lui-même  deux  fils  : 
V^  Prosper-Félix  Chrestien  de  Poly,  né  à  Amiens  en  1803,  capitaine 
de  corvette,  officier  de  la  Légion  d'honneur,  marié  à  M"^  de  Bernard  de 
la  Fortelle,  dont  le  fils  aîné,  Jules-Prosper,  a  été  tué  à  l'ennemi  en  1871 
et  dont  le  second  fils,  Antoine-Félix,  né  en  1853,  propriétaire  du  chà- 


DICTIONNAIRI':     DKS     KAMILLKS     FRANÇAISES  400 

leau  (le  Liluis,  dans  l'Oise,  conseiller  général  de  ce  département,  a 
eu  plusieurs  lillcsde  son  mariaj^e,  en  1870,  avecM"* Bordas-Larribe ; 
2°  Louis-Prosper  Ghrestien  de  Poly,  conseiller  à  la  Cour  d'Amiens, 
décédé  sans  postérité  dans  cette  ville  en  1869. 

L'auteur  de  la  branche  cadette,  Pierre-Augustin  Ghrestien  de  Lihus, 
reçu  le  4  mars  1789  conseiller  à  la  Cour  des  aides  de  Paris,  épousa 
M"°  Brociiant,  fille  d'un  conseiller  au  Parlement.  Ses  trois  fils, 
Alexandre-Pierre  Ghrestien  de  Lihus,  né  à  Glichy  en  1791,  notaire  à 
Paris,  marié  à  M'^'Robelot,  Amédée-Jean  Ghrestien  de  Lihus,  receveur 
principal  des  contributions  indirectes,  décédé  sans  alliance,  et 
André-Eugène  Ghrestien  de  Lihus,  né  au  château  de  Lihus  en  1797, 
décédé  sans  alliance,  firent  reconnaître  leur  noblesse  par  ordonnance 
royale  du  2  juin  1827,  puis  furent  compris  dans  les  lettres  de  confir- 
mation de  noblesse  accordées  le  4  août  suivant  à  leur  oncle,  M.  Ghres- 
tien dePoly.  L'aîné  d'entre  eux  a  laissé  deux  fils  dont  l'un  a  postérité 
masculine. 

M.  Ghrestien  de  Lihus  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Beauvais  pour  ses  fiefs  de  Poly,  Ghanteloup,  etc. 

Principales  alliances  :  Boulard  (de  Vaucelles),  Auxcousteaux,  de 
Mython,  de  Monchy  de  Gillocourt,  GochetdelaMotte,  deBernardde 
la  Fortelle,  Brochant  (de  Villiers),  deLaffitte  de  Ganson,  de  Blanc  de 
Guizard  1858,  Beauvarlet  de  Moismont  1881,  le  Taillandier  de  Gabory 
1884,  de  France  1902,  etc. 

D'après  une  tradition  la  famille  Ghrestien  de  Poly  et  de  Lihus 
aurait  eu  dans  le  passé  une  origine  commune  avec  une  famille  Grétien, 
ou  Ghrestien,  de  Neuville  et  avec  une  famille  Ghrestien  de  Fumechon 
qui  au  xviii^  siècle  occupaient  l'une  et  l'autre  un  rang  distingué  en 
Normandie.  D'après  cette  même  tradition,  qui  ne  sappuie  sur  au- 
cune preuve,  ces  trois  familles  descendraient  d'un  Guillaume  Ghres- 
tien qui  fut  anobli  par  lettres  de  1369. 

Un  tableau  généalogique  conservé  dans  le  Nouveau  (THozier  fait 
descendre  les  familles  Ghrestien  de  Neuville  et  Ghrestien  de  Fumechon 
d'un  Jean  Ghrestien,  général  des  aides,  maître  des  comptes  en  1383 
et  1388,  qui  fut  bailli  de  Rouen  en  1400.  Jean-Numa  Ghrestien,  fils  du 
précédent,  aurait  eu  deux  fils  :  1°  Robert  Ghrestien  de  Launay,  con- 
seiller en  l'Échiquier  en  1434,  dont  le  petit-fils,  Jacques  Ghrestien, 
lieutenant  général  des  eaux  et  forêts  de  Pacy  en  1575,  aurait  été  lui- 
même  grand-père  de  Jean  Ghrestien  de  Neuville,  bailli  de  Saint-André- 
en-Marche  en  1620;  2°  Jean  Ghrestien,  conseiller  en  l'Échiquier,  qui 
aurait  été  l'auteur  de  la  famille  Ghrestien  de  Fumechon. 

La  famille  Ghrestien  de  Fumechon  portait  pour  armes  :  (ïazur  à 
un  griffon  rampant  d'argent  tenant  entre  ses  pattes  une  molette  d'or. 


410  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Jacques  Chreslien,  inspecteur  général  des  manufactures  de  France, 
possédait  en  1747  la  seigneurie  de  Fumcchon,  en  la  paroisse  de  Thi- 
bouville,  au  diocèse  d'Evreux.  M.  Chrestien  de  Fumechon  fut  pourvu 
en  1758  delà  charge  anoblissante  de  secrétaire  du  Roi.  M.  Chrestien 
de  Fumechon  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues 
à  Rouen  et  à  Reaumont-le-Roger.  Jean-Amable  Chrestien  de  Fume- 
chon, né  à  Thibouville  en  1757,  conseiller  au  Parlement  de  Nor- 
mandie, puis  président  à  la  Cour  impériale  de  Rouen,  député  de  l'Eure 
sous  la  Restauration  et  sous  la  Monarchie  de  Juillet,  décédé  à  Rouen 
en  1841,  fut  créé  chevalier  de  l'Empire  parlettres  patentes  du  19  juin 
1813. 

La  familleCrétien  (ou  Chrestien)  de  Neuville,  honorablcmentconnue 
au  diocèse  d'Evreux,  paraît  être  demeurée  non  noble.  Elle  s'estéteinte 
en  1834. 

Un  Gilles  Chrestien,  de  l'élection  de  Mortagnc,  fut  anobli  parlettres 
de  1664. 

On  trouvera  dans  les  manuscrits  de  Chérin  des  renseignements  sur 
une  famille  Chrestien,  d'ancienne  noblesse  de  Normandie,  qui  por- 
tait pour  armes  :  de  gueules  à  trois  huchets  d'argent.  Pierre  Chrestien, 
chevalier,  sieur  du  Plessis,  marié  en  1626  à  Marie  de  Malortie,  fut 
maintenu  dans  sa  noblesse  le  16  avril  1643  par  arrêt  du  Conseil.  Il 
fut  père  de  Pierre  Chrestien  qui  épousa  en  1656  Marguerite  des  Mons- 
tiers  de  Roisroger. 

CHRESTIEN  de  BEAUMINY.  Armes  :  à' or  à  deux  épées  d'azur,  passées 
en  sautoir,  accompagnées  en  chef  et  en  flancs  de  trois  croissants  du 
même  et  en  pointe  d'une  rose  de  gueules. 

La  famille  Chrestien  deBeaumixv  appartient  à  la  noblesse  du  Beau- 
vaisis. 

Un  de  ses  représentants,  Pierre  Crestien,  sieur  de  Saintc-Berlhc, 
écuyer,  conseiller  du  Roi,  lieutenant  de  robe  courte  de  Clermont, 
eut  son  blason  enregistré  d'office  à  l'Armoriai  général  de  1696  (regis- 
tre de  Clermont-en-Beauvaisis)  :  d'azur  à  troissautoirs  d'argent,  2  erl . 

Messire  Claude  Chrestien  de  Sainte-Bertlic  fut  anobli  auxviii'^  siècle 
par  une  charge  de  conseiller  du  Roi,  président  en  la  Cour  des  mon- 
naies de  Paris.  Il  fut  père  de  Philippe  Chrestien  de  Beauminy,  écuyer, 
licencié  es  lois,  dont  une  lille,  Marie,  épousa  en  1771  Jean-François- 
Xavier  Deu  de  Montigny,  mousquetaire. 

Jean-Pierre  Chrestien  de  Beauminy,  écuyer,  Sgr  de  Watines,  Par- 
ceval  et  Mairie  de  Chépoix  ;  Claude-François  Chrestien  de  Sainte- 
Berthe,  écuyer,  Sgr  en  partie  du  fief  de  Molles;  Charles-F'rançois 
Chrestien  de  Sainte-Berthe,    écuyer,  avocat  au  Parlement,  Sgr  de 


DICTIONNAIRK     D K S    FAMILLKS     FHANÇAISES  4H 

Limoges  et  (rArgillicros  ;  cl  Martial  Chrcsticn  de  Sainte-Berthe,  (ils 
miiKMif,  éciiyor,  Sgr  en  partie  du  lief  Cornet,  sis  à  la  ^Fotte  d'Ancourt, 
etKrayères,  prirent  part  en  17<Sl)aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues 
à  Glermont. 

La  famille  Clircstien  de  Beauminy  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  Tripier  de  Sennerville,  Deu  de  Montigny  1771, 
de  Bruc,  Domet  de  Vorges  1900,  etc. 

CHRÉTIEN  du  SOUCHAY. 

Ancienne  famille  bourgeoise  de  Bretagne  sur  laquelle  on  trouvera 
quelques  renseignements  dans  le  Répertoire  de  biobibliographie  bre- 
tonne de  Kerviler. 

Joseph  Chrétien  du  Souchay,  né  à  Mouais  en  1784,  fut  nommé  en  1816 
juge  de  paix  du  canton  de  Derval.  Claude-Nicolas  Chrétien  du  Sou- 
chay  fut  nommé  en  1827  juge  de  paix  du  canton  de  Bains.  L'abbé 
Joseph  Chrétien  du  Souchay,  né  à  Mouais  en  1822,  décédé  à  Derval 
en  1883,  fut  aumônier  de  l'Hôtel-Dieu  de  Nantes,  puis  du  noviciat  des 
Frères. 

Principale  alliance  :  Poinçon  de  la  Blanchardière  1889. 

CHRISTEN  (de).  Armes  :  à  argent  à  une  épée  de  sable  posée  en  pal  et  en 
abîme  un  écu  d'argent  à  la  croix  de  gueules.  —  Couronne  :  de  Comte. 
—  Cimier  :  un  agneau  pascal  portant  une  bannière  d  argent  à  la 
croix  de  gueules.  —  Devise  :  Trene  Ehre. 

La  famille  de  Christën,  définitivement  fixée  en  France  depuis  1743, 
est  originaire  de  l'Unterwald,  en  Suisse. 

On  n'a  pu  se  procurer  sur  elle  que  des  renseignements  insuffisants 
bien  que  M.  de  Magny  lui  ait  consacré  dans  son  Nobiliaire  Universel 
.    une  notice,  du  reste  assez  vague. 

Son  chef  est  connu  sous  le  titre  de  comte  qui,  d'après  M.  de  Magny, 
lui  aurait  été  concédé  par  le  pape  Clément  VIIL 

Sébastien-Joseph  Christën,  marié  à  Marie-Thérèse  Seitz,  était  capi- 
taine de  grenadiers  au  régiment  suisse  de  Pfiffer  quand  son  fils, 
Antoine-Louis,  fut  baptisé  à  Metz  le  12  septembre  1767. 

La  famille  de  Christën  a  fourni  avant  la  Révolution  un  certain 
nombre  d'officiers  distingués  au  service  de  France.  Charles-Jean  de 
Christën,  né  en  17o3  à  Marckolsheim,  en  Basse-Alsace,  marié  à 
Sophie-Louise  de  Mouret  de  Montrond,  fut  officier  supérieur  de  la 
garde  suisse  et  obtint  en  1825  la  croix  de  Saint-Louis.  Théodule, 
comte  de  Christën,  né  à  Colmar  en  1835,  prit  du  service  dans 
l'armée  du  roi  de  Naples,  François  II,  dont  il  fut  un  des  plus  vail- 
lants défenseurs.  Il  venait  d'accepter,  avec  le  grade  de  général,  du 


412  DIGTIUNNAIRE     DES     FAMILLES     FRANÇAISES 

service  dans  l'armée  française  quand  il  mourut  le  28  novembre  1870. 

CHRISTI  de  la  PALLIÈRE. 

La  famille  Christi  (ou  Christy)  delà  Pallière  est  anciennement  et 
honorablement  connue  en  Basse-Normandie,  où  elle  a  possédé  les 
seigneuries  de  la  Pallière,  de  la  Morinière  et  de  Hauteville,  et  en 
Haute-Bretagne  où  elle  a  possédé  la  seigneurie  des  Douets,  en  la 
paroisse  de  Saint-Méloir-des-Ondes,  au  diocèse  de  Saint-Malo. 

On  n'a  pu  se  procurer  sur  elle  que  des  renseignements  insuffisants 
et  on  ignore  si  on  doit  lui  rattacher  un  Jean  (aliàs  Vincent)  Christi, 
théologal  du  chapitre  de  Nantes,  qui  fut  un  fougueux  ligueur  et  qui 
fut  député  de  l'Ordre  de  lÉglise  aux  Etats  généraux  de  Paris,  en 
1593,  pour  l'élection  d'un  Roi  très  chrétien  et  catholique. 

La  famille  Christi  ne  figure  pas  au  nombre  de  celles  qui  firent  recon- 
naître leur  noblesse  lors  des  diverses  recherches  ordonnées  par 
Louis  XIV  et  on  ne  lui  connaît  pas  de  principe  d'anoblissement.  On 
trouve  cependant  que  demoiselle  Marie-Charlotte  Christy,  fille  mineure 
du  sieur  Christy  de  la  Morinière,  écuyer,  Sgr  de  Hauteville,  près  la 
mer,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  bailliage  de 
Coutances. 

Anne-Marie  Cliristy  de  la  Pallière,  colonel,  décédé  en  1794,  avait 
épousé  vers  1790  Marie-Adélaïde  Cormier  des  Fosses  qui  se  remaria 
en  1823  au  comte  Davous,  pair  de  France,  et  qui  ne  mourut  qu'en 
1857. 

Jean-Anne  Christy  de  la  Pallière,  né  à  Dinan  en  1755,  marié  à 
Lorient  en  1804  à  Françoise  Kerléro  de  Rosbo,  décédé  à  Toulon  en 
1829,  fut  capitaine  de  vaisseau  et  officier  de  la  Légion  d'honneur. 
Sa  descendance  subsistait  à  Lorient  il  y  a  peu  d'années. 

La  famille  Christy  a  fourni  des  officiers  de  terre  et  de  mer  distin- 
gués dont  un  chevalier  de  Saint-Louis  en  1778. 

Principales  alliances  :  Cormier,  Mottin,  etc. 

CHRISTIAN. 

M.  Christian-Charles-Marie  Esterhazy,  né  le  2  décembre  187o  à 
Bourg-en-Bresse,  demeurant  à  Beautiran,  en  Bordelais,  demanda  le 
26  mars  1900,  à  la  suite  d'un  procès  célèbre,  et  obtint,  par  décret  de 
1901,  l'autorisation  de  substituer  à  son  nom  patronymique  d' Esterhazy 
celui  de  Christian. 

L'obtenteur  de  ce  décret  est  le  fils  de  M.  Paul  Walsin,  connu  sous 
le  titre  de  comte  Esterhazy,  ancien  préfet,  ancien  adjoint  au  maire  de 
Bordeaux,  décédé  en  1896,  qui  avait  épousé  en  1864  M''*  de  Faul- 
trier. 


nir.TiONNAinK    drs   famillrs   françaises  413 

Il  sera  consacré  en  son  lieu  mic  notice  à  la  famille  Walsin-Ester- 
hazy. 

CHRISTIANI  (Chevreau-).  Voyez:  Ciirvreau-Christiani. 

CHRISTIANI  (ou  CRISTIANI)  de  RAVARAN.  Voyez  :  Gristiani  de 
Havaran. 

CHRISTIN.  Armes  :  coicpé  :  au\  d'argent  à  une  croix polencée  de  sable  ; 
au  2  dazur  à  un  cosaque  d'or,  la  tête  contournée,  tenant  de  la  sénestre 
une  lance  brisée  d  argent  et  monté  sur  un  cheval  galopant  de  même, 
soutenu  de  sinople  et  sénestré  d'un  foudre  de  gueules  mouvant  du 
flanc;  au  franc-quartier  de  gueules  à  Vépée  haute  en  pal  d'argent, 
qui  est  des  barons  militaires. 

La familleCuRisTiN est  originaire  de  Saint-Claude,  enFranche-Comté, 
oij  elle  était  honorablement  connue  au  xviri^  siècle. 

Charles-Gabriel-Frédéric  Christin,  né  à  Saint-Claude  en  1744,  était 
avocat  dans  sa  ville  natale  quand  il  fuÇélu  député  aux  États  généraux 
de  1789  par  le  Tiers-État  du  bailliage  d'Aval  ;  il  joua  dans  cette 
assemblée  un  rôle  assez  effacé,  fut  nommé  à  l'expiration  de  son 
mandat  président  du  tribunal  du  district  de  Saint-Claude  et  mourut 
en  1799. 

Antoine-Gabriel  Christin,  né  à  Saint-Claude  en  1781,  général 
du  génie,  commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  en  1844,  fut 
créé  chevalier  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  18  août  1810,  puis 
baron  par  nouvelles  lettres  du  19  janvier  1813.  Il  avait  épousé  en 
1816  M""  Gondouin,  décédée  en  1871 .  Il  en  eut  trois  filles  dont  l'aînée 
épousa  le  général  Bousquet,  dont  la  seconde  épousa  le  général  Hain- 
glaise  et  dont  la  troisième  épousa  M.  Flugène  Gouin,  maire  de  Tours, 
député  et  sénateur.  Le  général  baron  Christin  eut  aussi  trois  fils 
dont  deux  ont  eu  postérité  masculine. 

Principales  alliances  :  Gouin,  de  Miollis  1859,  etc. 

CHRISTOL  (de).  Armes  (d'après  des  cachets  de  famille)  :  écartelé  :  au\ 
d'argent  à  un  chevron  de  gueules  accompagné  de  trois  mouchetures 
d'hermine  de  sable  ;  au  2  d'or  à  l'arbre  de  sinople,  terrassé  de 

même; au  3  bandé  d'or  et  de  gueules;  au^  de à  trois  couronnes 

d'or  ;  sur  le  tout  d'argent  à  un  lion  de  sinople  K 

La  famille  de  Christol  est  anciennement  et  honorablement  connue 

'  Cette  notice  a  été  faite  à  l'aide  de  renseignements  dus  à  l'obligeance  de  M.  Raoul 
de  Clavière. 


414  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

à  Béziers,  en  Languedoc.  On  ne  lui  connaît  pas  de  principe  d'anoblis- 
sement régulier  et  elle  ne  figure  pas  au  nombre  de  celles  de  sa  région 
qui  se  firent  maintenir  nobles  lors  des  diverses  recherches  ordonnées 
par  Louis  XIV;  elle  paraît  s'être,  comme  tant  d'autres,  agrégée  petit 
à  petit  à  la  noblesse  au  cours  du  xvm*  siècle. 

La  filiation  suivie  remonte  à  Jean  Christol,  écuyer,  capitaine  d'in- 
fanterie, qui  épousa  Madeleine  Rat  par  contrat  du  i"  août  1038. 
D'après  un  tableau  généalogique,  cet  officier  aurait  été  fils  de  Jean 
Christol,  écuyer,  habitant  de  Béziers,  marié  le  22  mai  lG02à  Anne  de 
Mercorant,  et  petit-fils  de  Guillaume  Christol  et  de  Jeanne  Trouilhct. 

N...  Christol  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de 
1G9G  (registre  de  Castelnaudaryj:  à'argenl  à  unlion  de  sinople. 

Guirand  de  Christol,  ancien  capitaine  d'infanterie  garde-côte, 
arrièrc-petit-fils  de  Jean  et  de  Madeleine  Rat,  prit  part  en  1789 
aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Béziers.  Il  avait  épousé, 
le  19  mai  1750,  Marguerite-Charlotte  de  Lautrec.  Il  en  eut  deux  fils, 
Marc-Bruno,  officier  de  marine,  chevalier  de  Saint-Louis  en  1817, 
marié  en  1783  à  M"*  Pellet,  et  Jean-Pierre-Gabriel,  capitaine  au  régi- 
ment de  Royal-Roussillon,  marié  en  1785  à  M"''  de  ïrémissot,  qui 
furent  les  auteurs  de  deux  branches.  Les  divers  représentants 
de  ces  deux  branches  furent  autorisés  le  4  février  1859,  par  jugement 
du  tribunal  civil  de  Montpellier,  à  faire  rectifier  les  actes  de  l'état  civil 
dans  lesquels  leur  nom  n  était  pas  précédé  de  la  particule  :  de. 

La  famille  de  Christol  a  fourni  de  nombreux  officiers,  des  cheva- 
liers de  Saint-Louis,  des  membres  de  la  Légion  d'honneur,  un  doyen 
de  la  Faculté  des  sciences  de  Dijon,  etc. 

Elle  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  de  Kérouartz  1892,  de  Rolland  1900,  de  Bois- 
lève  de  Chamballan,  de  Lautrec,  etc. 

CHRISTOPHE,  CHRISTOPHE  de  la  MOTTE  GUÉRY  et  CHRISTOPHE  de 
BRÉGEOT.  Armes  concédées  au  colonel  baron  Christophe  de  la  Motte- 
Guéry  parle  règlement  d'armoiries  du  6  juillet  \^\<6  :  coupé  :  au\  parti 
à  dextre  d'or  à  un  lion  rampant  et  contourné  de  sable  et  à  sénestre 
de  gueules  à  Vépée  haute  en  pal  d'argent,  qui  est  des  barons  mili- 
taires ;  au  2  d'azur  à  une  redoute  d'or,  mouvante  du  flanc  dextre, 
soutenue  du  même,  sommée  d'une  batterie,  tirant  de  gueules  et  de 
sable,  et  sénestrée  d'un  cuirassier  à  cheval  chargeant  sur  la  batterie, 
le  sabre  à  la  main,  le  tout  d'or.  —  Armes  concédées  en  1809  au 
général  baron  Nicolas-François  Christophe  :  coupé  :  au  1  parti  de 
sinople  à  une  tête  de  cheval  d'argent  et  de  gueules  à  Vépée  haute  en 
pal  d'argent,  qui  est  des  barons  militaires  ;  au  2  d'argent  à  un  dextro- 


Dir/riONNAlRR     DF.S     FAMILLKS     FRANÇAISES  415 

chèj'e  an  naturel,  rebrassé  de  sinople,  chargé  de  cinq  chevrons  du 
champ  sur  la  manche  et  armé  d'un  sabre  recourbé  de  gueules,  le  tout 
mouvant  du  flanc  sénestre.  —  Armes  concédées  au  colonel  baron 
Joan-FranroisGliristoplicpar  le  règlement  d'armoiries  du  10  juin  1818  : 
parti  :  au  \  d'or  à  trois  tubes  de  canon  de  sable,  posés  en  pal;  au 
2  d'argent  à  un  dexlrochère  armé  de  sable,  tenant  une  épée  haute 
du  même,  le  tout  rehaussé  d'or  ;  au  cite f  d' azur  chargé  de  trois  étoiles 
d'argent. 

La  famille  Christophe  appartenait  au  xviir  siècle  à  la  haute  bour- 
geoisie de  Nancy.  Le  vicomte  Révérend  en  a  donné  un  tableau  généa- 
logique dans  ses  Titres,  anoblissements  et  pairies  de  la  Restaura- 
tion. 

Nicolas-Denis  Christophe,  avocat  à  la  Cour,  conseiller  et  échevin 
de  Nancy,  marié  vers  1765  à  Thérèse-Marie  Biot  de  Lambinet,  en 
eut,  entre  autres  enfants,  trois  fds,  Philippe, Nicolas-François  et  Jean- 
François,  qui  furent  des  officiers  du  plus  grand  mérite. 

Philippe  Christophe,  né  à  Nancy  en  1769,  colonel  du  12^  cuirassiers 
en  1808,  retraité  en  1830  avec  le  grade  de  maréchal  de  camp  hono- 
raire, commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  à  Versailles  en 
1848,  fut  créé  baron  de  l'Empire  sous  la  dénomination  de  :  de  la  Motte- 
GuÉRY  par  lettres  patentes  du  26  février  1814  et  fut  confirmé  dans  la 
possession  de  son  titre  par  nouvelles  lettres  patentes  du  6  juillet  1816, 
avec  règlement  d'armoiries.  De  son  mariage  avec  Louise-Anne  de 
Monfrabeuf,  décédée  à  Paris  en  1857,  il  laissa  deux  fils  :  1°  Charles- 
Auguste  Christophe,  baron  de  la  Motte-Guéry,  né  en  1795,  capitaine 
de  cavalerie,  marié  en  1835  àM"*^  Damien,  décédé  en  1873,  dontla des- 
cendance subsiste;  2°  Nicolas-Edouard  Christophe  de  la  JNIotte-Guéry, 
né  en  1800,  chef  de  bureau  au  ministère  des  finances,  officier  de  la 
Légion  d'honneur,  qui  mourut  à  Paris  en  1843  sans  avoir  eu  d'enfants 
de  son  mariage  avec  M'"=  de  Force  ville. 

Nicolas-François  Christophe,  né  à  Nancy  en  1770,  général  de  bri- 
gade en  1813,  officier  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  sans  alliance 
en  1839,  fut  créé  baron  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  15  novem- 
bre 1809. 

Jean-François  Christophe,  né  à  Nancy  en  1772,  maréchal  de  camp 
en  1815,  commandeur  de  la  Légion  d'honneur,  décédé  en  1827,  fut 
créé  baron  de  l'Empire  par  lettres  patentes  du  12  février  1812  et  fut 
confirmé  dans  la  possession  de  son  titre  par  nouvelles  lettres  patentes 
du  16  juin  181 8.  Il  avait  épousé  en  1803  M"'  de  Brégeot.  Il  en  eut  deux  fils 
dont  l'aîné,  officier  d'infanterie,  mourut  sans  postérité  en  1874.  Le 
puîné,  Louis-Félix,  baron  Christophe,  né  en  1806,  chef  de  bureau  au 
ministère  de  ITntérieur,  avait  vainement  demandé  le  30  août  1862 


416  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

l'autorisation  de  joindre  régulièrement  à  son  nom  celui  de  la  famille 
de  Brégeot  sous  lequel  il  était  connu.  Il  est  décédé  en  1876  n'ayant 
eu  que  deux  fdles  mariées  successivement  à  M.  Protau.  Il  a  été  con- 
sacré en  son  lieu  une  notice  à  la  famille  de  Brégeot  dont  une 
branche  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours. 

Principales  alliances  :  de  Monfrabeuf,  de  Forceville,  de  Caila  1862, 
de  Brégeot  1803,  etc. 

La  famille  dont  il  vient  d'être  parlé  paraît  être  distincte  de  celle  de 
Claude  Christophe,  peintre,  né  à  Verdun  de  parents  originaires  de 
Saint-Mihiel,  qui  fut  anobli  le  30  mai  1726  par  lettres  patentes  du  duc 
de  Lorraine. 

CHUPPIN  de  GERMIGNEY.  Armes  :  do?'  à  iin  chevron  cVazur  surmonté 
d'une  étoile  de  gueules,  accostée  de  deux  croissants  duméme,  et  accom- 
pagné en  pointe  d'un  arbre  de  sinople. 

Charles  Chuppin  était  conseiller  secrétaire  du  Roi,  garde  des  rôles 
des  offices  de  France  quand  il  épousa,  le  28  novembre  1711,  Marie- 
Madeleine  Verrier-Quentin. 

Athanase  Chuppin,  ancien  officier  supérieur,  conseiller  à  la  Cour 
d'Amiens  en  1811,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  par  lettres  patentes 
du  roi  Louis  XVIII  du  30  juillet  1819  et  obtinlen  môme  temps  le  règle- 
ment de  ses  armoiries.  11  fut  dès  lors  connu  sous  le  nom  de  Chdppin'  de 
Germigxey.  Il  laissa  un  fils,  Omer-Nicolas  Chuppin  de  Germigney,  né 
à  Paris  en  1803,  conseillera  la  Cour  de  Bastia  en  18i4,  substitut  du 
procureur  général  à  la  Guadeloupe  en  1848,  qui  ne  paraît  pas  avoir 
laissé  de  postérité. 

Principale  alliance  :  de  Maussion  de  Candé. 

Une  famille  Chuppin,  originaire  du  Maine,  possédait  sous  Louis  XIV 
la  seigneurie  de  la  Guittonnière,  près  de  Fougères,  en  Haute  Bretagne. 
Elle  portait  pour  armes  :  d'azur  à  six  billetles  d'or,  3,  2  e^l.  Elle  fut 
maintenue  dans  sa  noblesse  en  1610  par  arrêt  de  la  Cour  des  aides 
de  Paris  et  en  1669  par  arrêt  du  Parlement  de  Bretagne. 


ADDITIONS  ET  CORRECTIONS 


TOME  I 

ACCARIAS  de  SÉRIONNE. 

L  auteur  de  cette  famille,  Joseph  (aliàs  Jacques)  Accariasde  Sérionne, 
était  ne  le  b  octobre  170G  (aliàs  1709)  à  Ghàtillon-Saint-Jean,  près  de 
Romans,  en  Dauphiné,  et  était  fils  de  Jean-Baptiste  Accarias  et  de 
Gatherme  Lagier.  D'abord  avocat  au  Grand  Conseil,  il  fut  pourvu  le 
19  avril  1  /46  de  la  charge  anoblissante  de  secrétaire  du  Roi  au  Grand 
Collège,  dut  s'expatrier  en  1757  à  la  suite  de  revers  de  fortune  et 
mourut  en  1792  à  Vienne,  en  Autriche.  Il  avait  écrit  un  certain  nom- 
bre d  ouvrages  d'économie  politique  estimés.  Il  fut  père  de  Jean-Jac- 
ques Accarias  de  Sérionne,  qui  épousa  Louise-Marthe  de  Sainson  et 
grand-père  de  Louis-Jacques  Accarias  de  Sérionne,  né  à  Paris 'en 
1  ^86,  lieutenant-colonel  de  lanciers,  qui  épousa  en  4816  Louise-Pul- 
chérie  du  Goetlosquet.  Le  fils  de  celui-ci,  Jean-Louis-Gyr-Adolphe 
ne  en  1818  à  Gyr-les-Nonains,  en  Orléanais,  laissa  tomber  en  désué- 
tude le  nom  patronymique  d'Accarias  pour  ne  conserver  que  celui  de 
Sérionne.  Il  a  lui-même  laissé  deux  fds  dont  l'un,  connu  sous  le  titre 
de  comte  de  Sérionne,  a  épousé  en  1897  M"^  Yvonne  du  Bouavs  de 
la  Bégassière. 

AREXY  (d').  Armes  :  de  gueules  à  un  sautoir  d'argent  chargé  de  trois 
vols  de  même  ^ 

La  famille  d'Arexv  est  originaire  du  paysdeFoix  où  elle  était  hono- 
rablement connue  dès  le  xvii«  siècle.  On  trouvera  sur  elle  des  rensei- 
gnements dans  le  tome  III  de  la  France  moderne. 

Jean-Pierre  d'Arexy,  marié  en  1711  à  Françoise  deMartinis  fut  tré- 
sorier des  Etats  du  pays  de  Foix,  secrétaire  du  Roi  en  la  chancellerie 
près  le  Parlement  de  Toulouse  et  enfin,  en  1720,  capitoul  de  cette  ville. 

'  Cette  notice  remplace  celle  qui  avait  été  consacrée  à  la  famille  dArexv  dans  le 
premier  volume  de  cet  ouvrage.  u^iexj  aans  le 

27 


418  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Il  avait  acquis  la  noblesse  héréditaire  à  la  faveur  de  ces  charges, 
mais  il  n'eut  qu'un  fils,  François,  qui  mourut  en  1776  sans  laisser  de 
postérité  masculine.  Son  frère,  Antoine  Arexy,  habitant  de  Saint- 
Girons,  fut  père  de  Pierre  d'Arexy,  né  en  1701,  marié  en  17o8  à  Marie- 
Thérèse  de  Catalan,  qui  fut  anobli  en  1781  par  le  capitoulat  de  Tou- 
louse et  qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues 
dans  cette  ville,  et  grand-père  de  Jean-Antoine  d'Arexy,  né  en  176), 
dont  la  descendance  s'est  perpétuée  jusqu'à  nos  jours. 

La  famille  d'Arexy  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances  :  de  Bellissen  1743,  de  Falguière,  etc. 

ARGENT  de  DEUX-FONTAINES  (d). 

Ce  fut  Jean-Arnould  u'Ahgent  de  Deux-Fontaines,  né  à  Chàlons  en 
1736,  aïeul  des  divers  représentants  actuels,  qui  prit  part  en  1789 
sous  letitredemarquisd'Argentaux  assemblées  de  la  noblesse  tenues 
à  Soissons. 

ARMAILHAGQ  (d').  Armes  :  parti  de  sinopleau  sénestrochère  d'argent 
tenant  une  arme  de  même  et  d'azur  à  lafasce  d'argent  accompagnée 
de  deux  chiens  courant  de  même. 

La  famille  d'Armailh.xcq  était  honorablement  connue  en  Médoc  dès 
la  lin  du  xvii*  siècle.  Elle  était  venue  de  Gascogne  se  lixer  dans  ce 
pays  par  le  mariage  que  l'un  de  ses  membres  contracta  vers  1680 
avec  une  demoiselle  de  Romal,  héritière  d'une  partie  de  la  terre  de 
-Mouton,  aux  portes  de  la  ville  de  Pauillac  Dominique  d'Armailliacq, 
bourgeois  de  Bordeaux,  ancien  oiïicier  de  marine,  mari  de  Catherine 
Marchand,  était  sous  Louis  XVI  inspecteur  des  fortifications  de  la 
Gironde  depuis  le  Fort-Médoc  jusqu'à  la  Pointe  de  Grave.  Son  fils, 
Louis-Udet  d'Armailhacq,  conseiller  du  lloi,  trésorier  payeur  des 
gages  de  la  Cour  des  aides,  épousa,  par  contrat  du  24  juin  1780, 
Marie-Tliérèse  de  Laporle.  Armand-Joseph  d'Armailliacq,  né  en  1789, 
fils  de  celui-ci,  conseiller  auditeur  à  la  Cour  d  appel  de  Bordeaux  en 
1821,  décédé  en  1868,  fut  un  des  viticulteurs  les  plus  distingués  du 
Bordelais.  Il  s'était  apparenté  aux  meilleures  familles  de  la  région 
par  son  mariage,  en  1827,  avec  M"*"  de  Caries.  Il  laissa  une  fille,  hé- 
ritière du  domaine  de  Mouton  d'Armailhacq,  à  Pauillac,  qui  épousa 
en  1858  Jean-Adrien  de  Ferrand.  Il  eut  aussi  deux  fils  dont  l'anié, 
Louis-Amédée,  né  en  1829,  a  laissé  des  enfants  de  son  mariage,  en 
1860,  avec  M"*  Cavaignac  de  la  Lande  et  dont  le  second,  Jacques- 
Albert,  né  au  château  de  Mouton  en  1831,  décédé  en  1907,  a  été  supé- 
rieur de  Saint-Louis-des-Français,  à  Rome  *. 

*  Cette  notice  remplace  celle  qui  avait  été  consacrée  à  la  famille  d'Armailhacq 
dans  le  premier  volume  de  cet  ouvrage. 


ninrioNNAiRR   nr.s  familles   françaisrs  4i9 

ARNAUD  de  CHATEAUNEUF.  Armes  :  tranché  d'azur  et  de  gueules  à 
la  bande  d'or  accompagnée  en  chef  d  un  lys  du  même  et  en  pointe 
d'une  rose  d'argent. 

La  lamillo  Arnaud  DR  CHATEAUNEUF,  aujourd'lnii  éteinte,  appartenait 
à  la  noblesse  niçoise.  Elle  était  honorablement  connue  à  Nice  depuis 
plus  de  deux-  siècles  quand  André  Arnaud  épousa,  dans  la  seconde 
moitié  du  xvin«  siècle,  Thérèse-Françoise  Ghisi,  héritière  d'une  partie 
du  hef  de  GhAteauneuf,  situé  sur  le  penchant  septentrionnal  du  Mont 
Macaron.  M-  Arnaud  obtint,  par  lettres  du  roi  de  Sardai-ne  du  3  juin 
1771,  1  investiture  de  cette  portion  du  fief  de  Chàteauneuf  avec  le 
titre  héréditaire  de  baron. 

La  famille  Arnaud  adopta  alors  le  blason  d'une  famille  Arnaud  de 
Riez,  de  Rousset  et  de  Monier,  d'ancienne  noblesse  de  Provence  dont 
une  branche,  éteinte  au  xviii«  siècle,  avait  possédé  une  autre  seigneurie 
de  Chàteauneuf.  Il  a  été  dit  quelques  mots  de  cette  famille  dans  la 
notice  consacrée  à  la  famille  d'Arnaud  de  Vitrolles  qui  en  a  éo-ale- 
ment  adopté  les  armoiries.  '^ 

Louis-Ayguif  Arnaud,  baron  de  Chàteauneuf,  décédé  en  1835  fut 
sénateur  et  juge  du  consulat  de  la  mer  de  Nice.  Son  neveu,  Charles 
Arnaud,  baron  de  Chàteauneuf,  major  dans  l'armée  royale  sarde 
avait  épousé  Marie-Anne  Scarampi,  décédée  en  1884.  Il  en  eut  deux 
fils  qui  furent  les  derniers  représentants  mâles  de  leur  famille  • 
1°  Alexandre,  baron  de  Chàteauneuf,  décédé  en  1879,  dont  la  fille 
unique,  Delphine,  héritière  de  la  baronnie  de  Chàteauneuf  a  épousé 
M.  Alexandre  Faraudi  ;  2"  Félix,  chef  de  section  au  ministère  des 
affaires  étrangères  du  royaume  d'Italie,  dont  la  fille  unique  a  épousé 
le  chevalier  Montegrandi. 

Par  décret  du  roi  d'Italie  du  12  avril  1885  M.  Alexandre  Faraudi  a 
ete  autorisé  à  relever  le  titre  de  baron  de  Chàteauneuf  qui  appartenait 
a  la  famille  de  sa  femme  et  à  le  transmettre  à  ses  descendants. 

ARTHAUD  de  VIRY.  Armes  :  écartelé  :  aux  I  et  4  d'azur  à  trois  tours 
crénelées  d'argent,  ^et\,  qui  est  d'Arthaud  ;  aux  ^  et 'à  de  sable  à  la 
croix  ancrée  d'argent,  ouverte  en  cœur  d'un  carreau  du  champ  qui 
est  de  Viry^.  ^ 

La  famille  Arthaud  est  fort  anciennement  connue  dans  la  petite 
ville  de  Saint-Germain-Laval,  en  Forez,  à  laquelle  elle  a  fourni  des 
notaires  dès  lexv«  siècle.  On  en  trouvera  des  généalogies  détaillées 
dans  V Annuaire  de  la  noblesse  de  1873  et  dans  X'Asse^nblée  de  la 
noblesse  du  bailliage  de  Forez    en    1789,  de    M.    de   Jouvcnccl. 

hIc  li'^  "'"•'■''  ''^"?I'''''^^.  ^^"^  1"''  «^-aif  éf<^'  consacrée  à  la  famille  Arthaud  de  Virv 
dans  le  premier  volume  de  ce  Dictionnaire.  ^ 


420  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Comme  la  plupart  des  familles  nobles  du  nom  d'Artaud,  ou  d'Arthaud. 
elle  a  adopté  des  armoiries  rappelant  celles  de  l'illustre  maison 
dauphinoise  des  Artaud  de  Montauban,  depuis  longtemps  éteinte. 

Maître  Antoine  Arthaud,  lieutenant  particulier  de  la  ville  et  châtel- 
lenie  royale  de  Saint-Germain-Laval,  décédé  le  7  août  1052,  avait 
épousé  Françoise  de  Viry,  héritière  d'une  seigneurie  de  son  nom 
dont  ses  descendants  ont  conservé  le  nom.  Cette  seigneurie  passa 
vers  le  milieu  du  xviii^  siècle  dans  la  famille  de  Thy  de  Milly.  Fran- 
çoise de  Viry  appartenait  à  une  famille  distinguée  dont  un  membre, 
Jacques  de  Viry,  fut  député  aux  l-^tats  généraux  de  1484,  mais  qui 
n'avait  aucun  rapport  avec  la  puissante  maison  savoisienne  du 
même  nom  encore  existante.  Sébastien  Arthaud,  fils  des  précédents, 
décédéen  1704  à  l'àge  de  65  ans,  fut  secrétaire  du  prince  de  Condé. 
Il  prit  le  premier  la  qualification  d'écuyer,  probablement  en  raison 
de  ses  fonctions.  Son  fils,  Etienne-Antoine  Arthaud,  sieur  de  Viry, 
né  en  l(38b,  marié  en  1705  à  Marie  Boyer,  régularisa  la  situation 
nobiliaire  de  sa  famille  par  l'acquisition,  le  30  septembre  1729,  de 
l'office  anoblissant  de  secrétaire  du  Roi  en  la  chancellerie  près  le 
Parlement  de  Provence.  Il  laissa  deux  fils,  André  Arthaud  de  Viry, 
né  à  Saint-Geimain-Laval  en  1719,  receveur  des  tailles  à  Clermonl- 
Ferrand,  marié  en  1744  à  Marie-Anne  Espinasse,  et  Jean  Arthaud  de 
Viry,  sieur  de  Chantois,  né  en  1720,  marié  en  1748  à  Gabrielle 
Barnier,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

L'aîné  de  ces  deux  frères  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  par 
lellros  patentes  de  1772  et  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la 
noblesse  tenues  à  Clermonl-Ferrand.  Son  fils,  Jean-Baptiste-Antoine 
Arthaud  de  Viry,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
du  Forez.  Celte  branche  s'est  éteinte  avec  le  petit-lils  de  celui-ci, 
Antoine- Arthur  Arthaud  de  Viry,  qui  est  décédé  en  1885  sans  avoir 
eu  d'enfants  de  deux  mariages  successifs  avec  M"*  de  Matharel  et 
avec  M"^  de  Labareyre. 

Jean  Arthaud  de  Viry,  auteur  de  la  branche  cadette,  fut  père  de 
Philippe-Emmanuel  Arthaud  de  Viry,  marié  en  1778  à  M"^  de  Conten- 
son,  qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  Forez. 
Cette  branche  était  représentée  de  nos  jours  par  le  docteur  Charles- 
Octave  Arthaud  de  Viry,  membre  du  Conseil  général  de  la  Loire, 
décédé  en  1901,  qui  a  laissé  quatre  enfants  de  son  mariage,  en  18G8, 
avec  M"*Perdrigeon. 

La  famille  Arthaud  de  Viry  a  fourni  des  ofllciers,  des  magistrats, 
de  savants  médecins,  des  membres  de  la  Légion  dhonneur,  etc. 

Elle  n'est  pas  titrée. 

Principales  alliances:  d'Allard,  Chassaing,  de  Boissieu  1018,  de 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES     FRANÇAISES  421 

Viry,  lioycr  HOo.dc  lîec(l(>lièvre  I8h2,(le8ampigny  d'Issoncourt  1808, 
Aiidraiid  de  Farpaleix  1771,  de  Noyel  de  Paran^res  1813,  de  la  Mure 
1780,  Denis  de  Giuieii  1801,  de  MaUiarcI  1849,  Garnier  de  la  Bareyre 
1851,  du  Besscy  de  Contenson  1778,  de  Froment  1905,  de  Maulbon 
d'Arhaumont  1904,  etc. 

ASSELIN  d'ESPARTS,  de  VILLEQUIER  et  de  CRÈVECŒUR.  Armes 
de  la  brandie  d'Esparts  :  d'azur  à  une  fasce  d'argent  chargée  de 
trois  roses  de  gueules  et  accompagnée  de  trois  molettes  d'éperon 
d'argent.  —  Armes  de  la  branche  de  Villequier  et  de  Grèvecœur  : 
d'azur  à  un  chevron  d'or  accompagné  de  trois  burettes  de  même.  — 
ïorld  :  de  Baron.  —  Supports  :  deux  griffons  ailés.  —  Devise  :  Fideli- 
tas,  spes  ^ 

La  famille  Asselin  appartient  à  la  noblesse  de  robe  de  Normandie. 
Elle  remonte  par  fdiation  à  noble  homme  Charles  Asselin,  avocat 
et  conseiller  du  Roi  en  la  vicomte  d'Orbec,  marié  à  Jeanne  Levasseur, 
dont  le  fils,  Louis  Asselin,  avocat  en  la  cour  du  Parlement  de  Nor- 
mandie, épousa  par  contrat  du  6  juillet  1604  Diane  Houel,  dame  des 
Parts.  Pierre  Asselin  de  Part  (ou  d'Esparts),  sieur  de  Longchamps, 
fils  des  précédents,  était  maître  d'hôtel  ordinaire  de  Sa  Majesté  quand 
il  fut  anobh  par  lettres  patentes  d'octobre  1643,  enregistrées  en  la 
Gour  des  aides.  Un  édit  d'août  1664  ayant  révoqué  tous  les  anoblisse- 
ments concédés  depuis  1611,  Pierre  Asselin  se  lit  accorder,  en  avril 
1675,  de  nouvelles  lettres  patentes  qui  confirmaient  celles  obtenues 
par  lui  en  1643.  Deux  de  ses  fils,  Pierre  Asselin  de  Part,  Sgr  de  Long- 
champs,  conseiller  en  la  Gour  des  aides  de  Normandie  en  1672,  et 
Jacques  Asselin,  conseiller  au  Parlement  de  Normandie  en  1695, 
plus  tard  échevin  de  Rouen  et  secrétaire  du  Roi  et  de  ses  finances, 
furent  les  auteurs  de  deux  branches.  Un  autre  de  ses  fils,  Jacques 
Asselin,  secrétaire  du  Roi  en  1702,  fut  père  de  Louis  Asselin,  Sgr 
de  Bosville  et  de  Bretteville,  qui  fut  conseiller,  puis  maître  des  re- 
quêtes au  Parlement  de  Normandie. 

Pierre  Asselin  de  Part,  auteur  de  la  branche  aînée,  fut  père  de  Pierre- 
Alexis  Asselin  d'Esparts,  SgrdeLongchamps,  reçu  en1706conseiller 
en  la  Gour  des  comptes,  aides  et  finances  de  Normandie,  qui  obtint 
des  lettres  d'hoimeur  le  16  janvier  1734,  grand-père  de  Gharles 
Assehn,  né  en  1717,  chevalier  de  Saint-Louis,  lieutenant  de  Roi  de  la 
ville  de  Laon,  gentilhomme  de  S.  A.  S.  Mgr  le  duc  d'Orléans,  et 
bisaïeul  de  Louis-Philippe  Asselin  de  Part,  né  en  1768,  qui  fit  en  1781 
des  preuves  de  noblesse  pour  être  admis  à  l'École  militaire.  Gette 

'Cette  notice  remplace  celle  qui  avait  été  consacrée  à  la  famille  Asselin  de  Villequier 
et  de  Grèvecœur  dans  le  premier  volume  de  ce  Dictionnaire. 


422  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

branche  s'est  éteinte  au  cours  du  xix*  siècle.  Son  dernier  représentant 
fut  le  fondateur  de  l'hôpital  Asselin,  à  Yvetot. 

Jacques  Asselin,  auteur  de  la  seconde  branche,  fut  père  de  Jacques- 
Louis  Asselin  qui  acquit  en  1696  la  belle  terre  de  Villequier,  sur  les 
bords  de  la  Seine,  et  qui  en  obtint  l'érection  en  baronnie  par  lettres 
patentes  du  14  avril  1712.  Celui-ci  laissa  deux  tils  dont  l'aîné,  Jacques- 
Louis  Asselin,  baron  de  Villequier,  conseiller  au  Parlementde Norman- 
die en  1724,  mourut  sans  postérité  en  1751  et  dont  le  second,  Jean- 
Alexandre  Asselin,  baron  de  Villequier  après  la  mort  de  son  frère, 
épousa  M'""  le  Cornu  de  Bimorel,  dame  de  Crèvecœur,  et  continua 
la  descendance.  Jean-Alexandre  laissa  à  son  tour  deux  fds  : 
1°  Jacques-Alexandre  Asselin,  baron  de  Villequier,  né  en  1759, 
conseiller  au  Parlement  de  Normandie  en  1780,  président  de 
chambre  à  la  Cour  dappel  de  Rouen  en  1811,  député  de  la  Seine- 
Inférieure  en  1815  et  1827, marié  aune  sœur  du  chancelier  Dambray, 
dont  la  descendance  subsiste  ;  2"  Jean-François  Asselin  de  Crève- 
cœur,  conseiller  au  Parlement  de  Normandie,  dont  les  deux  petiis- 
fds  n'ont  pas  eu  de  postérité  masculine. 

Il  existait  au  xyii*^  siècle  une  branche  de  la  famille  Asselin  dont  le 
point  de  jonction  avec  la  souche  est  mal  connu.  Cette  branche 
portait  pour  armes  :  d'a2Mr  à  un  chevron  d'argent  accompagné  en 
chef  de  deux  étoiles  d'or  et  en  pointe  dim  croissant  de  même.  Elle 
avait  pour  auteur  Philippe  Asselin,  Sgr  de  Frenelles,  conseiller  au 
Parlement  de  Normandie  en  1618,  qui  fut  anobli  par  sa  charge.  Elle 
fut  maintenue  dans  sa  noblesse,  lors  de  la  grande  recherche 
commencée  en  1666,  par  jugement  de  M.  de  la  Gallissonnière,  inten- 
dant de  Rouen. 

Principales  alliances  :  le  Cornu  de  Bimorel,  Dambray,  deRiedmat- 
ten,  Gardon  de  Montigny  1824,  Lucas  de  Lestanville  1813,  le  Bègue 
de  Germiny  1807,  Ghrcstien  de  Fumechon  1811,  Godard  de  Belbeuf 
1844,  Dufresne  de  Beaucourt  1848,  des  Isnards-Suzc,  Girod  de 
Resnes,  de  Guillebon  1899,  des  Champs  de  Boishcbert,  de  Maistre, 
de  Lorgeril,  de  Lavau,  etc. 

Il  a  existé  à  Rouen  une  autre  famille  Asselin  qui  portait  pour 
armes  :  d'azicr  à  un  chevron  d'argent  accompagnée  une  épée  de  même 
posée  en  pal,  la  pointe  en  haut,  traversant  sous  le  chevron,  la 
garde  et  la  poignée  d'or.  Cette  famille  avait  pour  auteurs  Jean-Bap- 
tiste Asselin,  de  Rouen,  brigadier  des  gendarmes  delà  garde  du  Roi, 
et  son  frère,  François,  capitaine  appointé  dans  ladite  compagnie, 
qui  lurent  anoblis  par  lettres  de  juillet  1718. 


TOME    II 


BARESCUT  (de).  Armes  :  d'or  à  un  palmier  de  sinople  ;  aie  chef  cousu 
d'argent  chargé  de  trois  étoiles  d'azur. 

BARTHELATS  (de).  Aimes  :  iïazur  àun  tigre  passant  au  naturel  K 
La  famille  deB.^rthelats,  aujourd'hui  éteinte  dans  les  mâles,  appar- 
tenait à  la  noblesse  du  Forez.  Le  comte  de  Jouvencelena  donné  une 
généalogie  dans  son  Assemblée  de  la  noblesse  du  bailliage  de  Forez 
en  1789.  Ses  premiers  auteurs  connus  portaient  le  nom  de  Berlhelals, 
ou  Berthelat,  et  la  tradition  la  fait  descendre  d'une  famille  de  Ver- 
tholey  (BerLholeaj  qui  dès  le  xiu''  siècle  occupait  un  rang  distingué 
dans  la  même  région. 

La  filiation  remonte  à  Lambert  Barl.elat,  sieur  du  Deteil  et  de  la 
Palleide,  demeurent  en  la  paroisse  de  Saint-Alyre,  en  Auvergne,  qui 
avait  épousé  Françoise  d'Arcon  et  dont  le  fils,  noble  Gilbert Bartelat, 
sieur  des  Gaignevins,  de  la  Palayde,  du  Deteil,  etc.,  capitaine  d'une 
compagnie  de  gens  de  pied,  épousa  Marie  Tissierpar  contrat  du  12  jan- 
vier 1528.  Les  représentants  de  la  famille  de  Barthelats,  ou  de  Ber- 
thelats,  furent  maintenus  dans  leur  noblesse  en  1668  par  jugement 
de  l'intendant  Dugué.  Claude  de  Berthelats,  écuyer,  demeurant  au 
bourg  de  Renaison,  rendit  hommage  le  16  mars  1674  pour  son  fief 
d'Arfeuillette.  Son  fils,  Jacques-ÎNL^rie  de  Berthelats,  écuyer,  Sgr  d'Ar- 
feuillette,  baptisé  à  Feurs  le  2  octobre  1658,  fit  enregistrer  son  blason 
à  l'Armoriai  général  de  1696  (registre  de  Roanne).  Il  épousa  dans  la 
suite,  en  1707,  Marie-Anne  Michon  de  Vincé  et  en  eut  deux  fils, 
tous  deux  appelés  Claude-Marie,  qui  furent  les  auteurs  de  deux 
rameaux. 

L'aîné  de  ces  deux  frères,  Claude-Marie  de  Berthelats,  rendit 
hommage  pour  son  fief  d'Arfeuillette  le  2  septembre  1753  et  le  23  dé- 
cembre 1776.  Sa  descendance  s'est  éteinte  en  la  personne  de  son  pe- 
tit-fils, Antoine-Claude  de  Barthelats,  né  en  1782,  qui  est  décédé  en 
1851  laissant  une  fille  unique  mariée  en  1835  au  comte  de  l'Estoile. 

'  Cette  notice  remplace  celle  qui  avait  été  consacrée  à  la  famille  de  Barthelats 
dans  le  deuxième  volume  de  ce  Dictionnaire. 


424  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Gilbert  de  Barthelats,  né  en  1763,  chef  du  second  rameau,  fut  admis 
en  1776  parmi  les' pages  du  duc  d'Orléans.  Il  fut  connu  dans  la  suite 
SOUS  le  titre  de  marquis  de  Barthelats.  Son  fils,  Jean-Louis,  marquis 
de  Barthelats,  décédé  en  1870,  fut  le  dernier  représentant  mâle  de  sa 
famille.  De  son  mariage  avec  M"*  d'Aigrepont  il  laissa  une  fille  qui 
épousa  d'abord  en  1870  M.  de  Beuverand,  puis  en  1875  M.  Edmond- 
Stéphen  Durrieu  (de  la  Carelle),  comte  romain. 

M.  de  Berthelats,  Sgr  d'Arfeuillette,  et  le  chevalier  de  Derthelats 
avaient  pris  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  Forez. 

La  famille  de  Barthelats  a  fourni  des  ofïiciers. 

Principales  alliances:  de  Fradel  1648,NompèredeGhampagnyl71o, 
Feydeau  1646.  du  Claux  de  l'Estoilc  1835,  de  Laval  d'Arlempdes  1829, 
de  Vernin  d'Aigrepont,  de  Beuverand  1870,  etc. 


TOMli   III 


BEAUVISAGE  de  GUNY  et  de  SEUIL  (de).  Armes  :  d'azur  à  trois  bustes 
d' homme  d'or,  H  et  l. 

La  famille  Beauvisagk  était  originaire  de  Fèrc-en-Tardenois  où  elle 
occupait  un  rang  distingué  dès  la  tin  du  xvi<=  siècle  K 

Un  de  ses  membres,  Nicolas-Charles  de  Beauvisage,  chevalier, 
comte  de  Saint-Jean  de  Latran,  fds  de  François  Beauvisage,  bourgeois 
de  Laon,  fut  nommé  maire  de  cette  ville  en  17:20.  Il  eut  plusieurs  iils 
qui  ont  peut-être  laissé  des  descendants. 

Iliérosme  Beauvisage,  décédé  en  1604,  issu  d'une  autre  branche, 
fut  subdélégué  de  l'intendant  à  Fère-en-Tardenois.  Son  fds,  Charles 
Beauvisage,  avocat,  lieutenant  de  Roi,  receveur  au  grenier  à  sel  de 
Fère-en-Tardenois,  décédé  en  1748,  eut,  entre  autres  enfants,  une 
fdle,  qui  épousa  en  1723  Jean  de  la  Fontaine,  neveu  du  célèbre  fabu- 
liste, et  un  fils,  Joseph  Beauvisage,  Sgr  de  Montberlault,  décédé 
en  1762,  qui  épousa  en  1739  Suzanne  de  Lesguisé  d'Aigremont.  Les 
deux  fils  de  celui-ci,  Charles-Joseph  Beauvisage,  Sgr  de  Guny,  né 
en  1740,  et  Nicolas-Jérôme  Beauvisage,  Sgr  de  Seuil,  né  en  1743, 
furent  l'un  et  l'autre  pourvus  de  la  charge  anoblissante  de  président 
trésorier  de  France  au  bureau  des  finances  de  Soissons.  L'aîné  de  ces 
deux  frères  mourut  en  1795  laissant  cinq  filles.  Le  puîné  eut  deux  fils  : 
1°  Henri  Beauvisage  de  Seuil,  décédé  en  1858,  qui  épousa  sa  cousine 
germaine,  Athénaïs  Beauvisage  de  Guny,  et  dont  la  fille  unique,  héri- 
tière du  château  de  Guny,  épousa  en  1826  M.  Chabaille  d'Auvigny  ; 
2°  Félix  de  Beauvisage  de  Seuil,  qui  épousa  en  1819  M"«  de  Lannoy 
et  qui  en  eut  deux  filles,  M'"^  Branche  de  Flavigny,  décédée  en  1909, 
IVr^deTaffin  de  Tilques,  décédée  en  1895. 

Principales  alliances  :  de  la  Fontaine,  de  Lesguisé  d'Aigremont, 
Carpentier  des  ïournelles  1764,  de  la  Fons  1807,  de  Lannoy  1819, 
Chabaille  d'Auvigny  1826,  Branche  de  Flavigny  1840,  de  Taffin  de 
Tilques  1848. 

'  Cette  notice  a  été  faite  à  l'aide  de  renseignements  dus  à  lobiigeance  de  M.  le 
vicomte  de  Hennezel  d'Ormois, 


426  DIGTIONNAIBE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

BELLOC  de  CHAMBORANT  (de)  et  BELLOC  (de). 

C'est  par  erreur  qu'on  a  fait  descendre  cette  famille  d'un  Antoine 
Belloc,  bourgeois  de  Toulouse,  qui  fut  capitoul  de  cette  ville  en  1647 
et  en  1667  et  qui  fut  anobli  par  ses  fonctions.  La  famille  de  Belloc 
actuellement  existante  est  originaire  de  Lombez  (Gers).  Son  auteur, 
Pierre  Belloc,  bourgeois  de  cette  ville,  décédé  le  9  mars  'J704,  avait 
épousé  le  30  novembre  1669  Jeanne  Sabatéry.  veuve  de  Pierre  Ba- 
vone.  Il  fut  père  de  Bertrand  Belloc,  né  en  1672,  receveur  des  tailles 
en  l'élection  de  Comminges,  juge  de  Lombez,  marié  à  Jeanne  Lapey- 
rie,  et  grand-père  de  Pierre  Belloc,  né  le  10  mai  1697,  d'abord  pré- 
sident en  l'élection  de  Comminges,  qui  fut  de  174o  à  1763  président 
des  requêtes  au  Parlement  de  Toulouse  et  qui  fut  anobli  par  ses  fonc- 
tions. Le  président  de  Belloc  avait  épousé  d'abord  en  1730  M'""  de 
Boisset,  fille  d'un  conseiller  au  Parlement  de  Toulouse,  dont  il  n'eut 
qu'une  fille,  puis  en  1736  M'"'  d'Aspe,  fille  d'un  président  à  mortier 
au  même  Parlement,  dont  il  eut  une  nombreuse  postérité.  Un  de  ses 
fils,  Antoine-Thérèse  de  Belloc,  Sgr  de  la  Rassade,  conseiller  au  Par- 
lement de  Toulouse  en  1759,  puis  président  de  la  première  chambre 
dudit  Parlement,  marié  en  1772  à  M"*  dAndéard,  héritière  de  la 
baronnie  de  Prègnes,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse 
tenues  à  Toulouse  et  à  Muret  et  fut  guillotiné  à  Paris  le  6  juillet  1794. 

BELLOMAYRE  (de). 

Michel-Gabriel  Bellomayrk.  né  à  Toulouse  en  1801,  anobli  en  1829 
par  lettres  du  roi  Charles  X,  était  non  pas  le  petit-fils,  comme  il  a  été 
dit  par  erreur,  de  Jean-François  Bellomayre,  né  en  1741,  marié  à 
M"^  d'Izarny-Gargas,  mais  son  propre  fils,  issu  de  son  second  mariage, 
en  1799,  avec  Anne-Sophie  de  Laporte. 


TOME   IV 


BERMONDI.  Armes  :  coupé  :  au  l  de  gueules  à  une  bande  d'argent 
chargée  de  trois  croisettes  potencées  d' azur  ;  au'i  d'azur  à  une  mon- 
tagne d\irgent,  rocheuse,  issante  de  la  pointe  de  Vécu,  surmontée 
de  trois  étoiles  d'or  rangées  en  fasce. 

La  famille  Bermojvdi  appartient  à  l'aristocratie  niçoise.  M.  de  Orcs- 
iis  lui  a  consacré  une  notice  dans  sa  Noblesse  niçoise,  publiée  en 
1909  dans  le  Nice  historique. 

Elle  a  eu  pour  auteur  Barthélémy  Bermondi,  né  en  1786,  sénateur 
du  royaume  de  Sardaigne,  conseiller  d'P^tat  en  1843,  avocat  général 
près  la  Cour  de  cassation,  grand-croix  des  Saints  Maurice  et  Lazare, 
décédé  en  1855,  qui  reçut  le  titre  héréditaire  de  comte  par  lettres 
patentes  du  roi  de  Sardaigne  du  24  novembre  1840. 

BERNARD  du  SAGET  (du).  Armes  de  la  famille  du  Bernard  :  d'or  à  un 
taureau  au  naturel  passant  sur  une  terrasse  de  sinople  et  adextré 
d'un  soleil  naissant  de  V angle  de  Vécu;  au  chef  d'azur  chargé  d'un 
croissant  accosté  de  deux  étoiles,  le  tout  d'or. 

BERTHELIN,  en  Champagne. 

Cette  famille,  à  laquelle  il  a  été  consacré  une  notice  dans  le  tome  IV 
de  cet  ouvrage,  tire  sa  noblesse  de  la  charge  de  secrétaire  du  Roi  en 
la  chancellerie  de  Lyon  dont  fut  pourvu  Edme  Berthelin,  Sgr  de 
La  Chaise,  né  en  1731,  major  de  la  milice  de  la  ville  de  Troyes.  La 
chancellerie  de  Lyon  ayant  été  supprimée  et  réunie  à  celle  de  Nancy, 
Edme  Berthelin  fut  pourvu  en  1776  du  même  office  auprès  de  cette 
dernière  chancellerie  et  le  conserva  jusqu'en  1786,  date  à  laquelle  il 
donna  sa  démission.  Il  épousa  en  1751  Marie-Charlotte  Wattier  dePui- 
sieux  et  mourut  fort  âgé  en  1820. 

BIERDUMPFEL  (de).  Armes  :  coupé:  au  1  d'or  au  corbeau  de  sable,  les 
ailes  étendues,  tenant  en  son  bec  une  bague  d'or  ;  au  2  de  gueules 
au  chevron  d'argent.  — Couronne  :  de  Baron.  —  Cimier:  le  corbeau 
de  Vécu,  entre  un  vol  de  gueules,  Vaile  dexlre  chargée  d'une  barre 


428  DICTIONNAIRE     DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

d'argent  et  l'aile  séneslre  chargée  d'une  bande  du  même.  —  Supports  : 
deux  griffons  de  sable,  armés  et  lampassés  de  gueules.  —  Devise  : 
Virtus  et  fidelitas.  — Armes  particulières  concédées  en  1695  à  Johann, 
baron  de  Bierdûmpfel  :  écarlelé  :  au  1  de  sinople  au  lion  issant  et 
contourné  dor,  tenant  une  faux  dargent,  la  pointe  tournée  vers 
la  dextre  ;  au  2  dargent  à  trois  épis  de  blé  dor  en  faisceau  ;  au  3  de 
sable  plein;  au  4  dor  plein. 

La  famille  de  Bierdûmpfel,  naturalisée  en  France  au  cours  du 
xix*^  siècle,  était  originaire  de  Bavière.  M.  Villain  en  a  donné  un 
tableau  généalogique  dans  le  tome  II  de  la  France  Moderne  à  la 
suite  de  la  notice  consacrée  à  la  famille  de  Molière.  D'après  ce  tra- 
vail, dont  on  n'a  pu  vérifier  l'exactitude,  la  famille  de  Bierdiimpfel 
serait  de  noblesse  ancienne  etremonterait  par  filiation  suivie  à  Henri 
de  Bierdûmpfel,  marié  à  noble  demoiselle  de  Giggenbach,  dont  le 
fils,  noble  Louis  de  Bierdûmpfel,  marié  en  1528  à  Johanna  de  Gros- 
berg,  aurait  été  admis  en  lo02  dans  le  corps  de  la  noblesse  bava- 
roise. D'après  le  même  travail,  Jean  de  Bierdûmpfel,  né  au  château 
d'Altenbcrg  en  1669,  qui  représente  le  septième  degré  de  la  filiation, 
aurait  été  créé  baron  et  aurait  reçu  des  armoiries  particulières  par 
édit  du  12  août  1695  de  Maximilien-Emmanuel,  grand-électeur  de 
Bavière.  Jean-Frédéric-Guillaume  de  Bierdûmpfel,  né  à  Pappenheim 
en  1811,  d'abord  ofiicier  bavarois,  vint  se  lixer  en  France  en  1844, 
épousa  en  1846  M"^  de  Molière  de  Saint-Alban  et  obtint  peu  de  temps 
après  la  grande  naturalisation.  Il  a  été  père  de  M"*''  Pansier  et  de 
Paul-Gilbert,  baron  de  Bierdûmpfel,  né  en  1850,  qui  a  eu  plusieurs 
filles  de  deux  alliances  successives. 

BLAY  de  GAIX  (de).  Armes  :  d'or  à  un  pinde  sinople  fruité  du  champ. 


TOME  V 


BOIXO  (de).  Armes  :  parti  :  aui  d'or  à  une  branche  de  buis  de  sinople, 
mise  en  pal  et  surmontée  de  deux  têtes  de  maure  de  sable,  tortillées 
d'argent;  au  2  d'azur  à  un  lion  d'or;  coupé  fascé  d'or  et  d'azur 
de  six  pièces,  les  fasces  d'or  chargées  de  six  quinte  feuilles  de  gueules, 
posées  3,  2,  1. 

BONNEFONT  de  la  POMARÈDE  (de).  Armes  :  d'or  à  un  écusson 
de  gueules  en  abîme. 

La  famille  de  Bonnefont  de  Lapomarède  est  originaire  du  pays  de 
Rivière-Verdun,  en  Gascogne,  où  elle  était  honorablement  connue 
dès  le  XVII*  siècle  et  où  elle  possédait  la  terre  de  Pradère.  M.  Villain 
en  a  donné  une  généalogie  dans  le  tome  III  de  la  France  Moderne. 

Jean-François  Bonnefont,  auquel  remonte  la  filiation,  se  qualifiait 
sieur  de  Pradère  dans  la  seconde  moitié  du  xvii'^  siècle.  Son  fils, 
Jean-Jacques  Bonnefont,  avocat  au  Parlement  de  Toulouse,  décédé 
en  17i2o,  devint  par  héritage,  en  1708,  seigneur  dune  partie  de  la 
baronnie  de  Mauvers.  Il  fut  père  de  Jean-Louis  Bonnefont,  Sgr  de 
la  Pomarède  et  en  partie  de  la  baronnie  de  Mauvers,  né  en  ITOo, 
capitaine  au  régiment  de  Yexin,  chevalier  de  Saint-Louis,  maire  de 
Verdun-sur-Garonne,  décédé  en  1768,  et  grand-père  d'Henri-Lucien 
Bonnefont  de  Lapomarède,  né  en  1758,  capitaine  au  régiment  de 
Vermandois,  décédé  en  1842.  Celui-ci  a  été  le  bisaïeul  de  M.  Henri- 
Robert  de  Lapomarède,  né  en  1875,  capitaine  d'État-major,  attaché 
militaire  à  l'ambassade  de  France  àTokio. 

On  ne  connaît  pas  de  principe  d'anoblissement  à  la  famille 
Bonnefont  de  Lapomarède  et  on  ne  voit  pas  qu'elle  ait  pris  part  en 
1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  de  sa  région. 

Principales  alliances  :  de  Ginisty  1750,  de  Mages  1899. 

BONNEFOY  (de),  en  Languedoc. 

11  existe  de  nos  jours  en  Languedoc  deux  familles  nobles  du  nom  de 
BûNNEFOY.  On  a  attribué  par  erreur  à  celle  de  ces  familles  à  laquelle 
il  a  été  consacré  une  notice  dans  le  tome  V  de  cet  ouvrage  un  M.  de 


430  DICTIONNAIRR    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Bonnefoy,  du  diocèse  de  Lavaur,  capitaine  au  régiment  de  Piémont, 
qui  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  27  novembre  1669  par  juge- 
ment de  M.  de  Bezons,  intendant  du  Languedoc,  un  Joseph  de  Bonne- 
foy, qui  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à 
Gastelnaudary,  et  un  Hugues  de  Bonnefoy,  né  en  1835  à  Auriac 
(Haute-Garonne),  médecin,  qui  demanda  en  1880,  pour  lui  et  pour 
ses  enfants,  l'autorisation  de  joindre  à  son  nom  celui  de  :  de  Marin. 
Ces  trois  gentilshommes  appartiennent  à  l'autre  famille  de  Bonnefoy, 
de  la  même  région,  à  laquelle  va  être  consacrée  la  prochaine  notice. 

BONNEFOY  (dej,  à  Auriac.  Armes  :  de  sinople  à  une  foy  de  carnation 
tenant  une  épée  en  pal  d'argent,  gardée  d'or,  soutenant  un  nuage 
surmonté  dune  couronne  royale  et  accostée  de  deux  mains  de  car- 
nation montrant  la  couronne.  —  Couronne  :  de  Cointt.  —  Devise  : 
Spero  dum  asjnro. 

Cette  famille  de  Bonnefoy  appartient,  comme  la  précédente,  à  la  no- 
blesse du  Languedoc.  M.  Villain  en  a  donné  une  généalogie  dans  le 
tome  III  de  la  France  Moderne.  Bernard  de  Bonnefoy,  auquel  cet 
historien  fait  remonter  la  liliation,  était  capilaine  dune  des  compa- 
gnies du  régiment  de  Piémont,  inspecteur  des  fortifications  de  la 
ville  et  citadelle  de  Metz,  quand  il  fut  anobli  par  lettres  de  juillet  1613, 
enreo-istrées  au  Parlement  de  Toulouse  le  23  avril  1614,  en  raison 
de  ses  longs  services,  de  ses  notables  blessures  et  de  sa  valeureuse 
conduite  dans  toutes  les  occasions  de  guerre .  Son  petit-fils,  Henri  de 
Bonnefov,  du  diocèse  de  Lavaur,  était  capitaine  au  régiment  de 
Piémont  quand  il  fut  maintenu  dans  sa  noblesse,  le  27  novembre  1669, 
par  jugement  de  M.  de  Bezons,  intendant  du  Languedoc.  L'arrière- 
petit-fils  de  celui-ci,  Joseph  de  Bonnefoy,  Sgr  du  Puech  et  d'Algans, 
vint  se  fixer  à  Auriac  (Haute-Garonne)  après  le  mariage  qu  il  con- 
tracta, en  1777,  avec  Marie  du  Puy-Montbrun  de  Saint  Amans.  Il  prit 
part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Gastelnaudary  et 
à  celles  tenues  à  Toulouse.  Il  laissa  deux  fils,  Hippolyte  de  Bonnefoy, 
né  en  1780,  magistrat  démissionnaire  en  1830,  marié  à  M"^  de  Mara- 
gon,  et  Marcellin  de  Bonnefoy,  né  en  1786,  marié  en  1817  à  M"*  de 
Marin,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux  actuellement  exis- 
tants. Un  des  représentants  du  deuxième  rameau,  Hugues  de 
Bonnefoy,  né  en  1830  à  Auriac,  docteur  en  médecine,  avait  vaine- 
ment demandé  en  1880,  pour  lui  et  pour  ses  enfants,  l'autorisation 
de  joindre  à  son  nom  celui  de  la  famille  de  Marin  à  laquelle 
appartenait  sa  mère. 

La  famille  de  Bonnefoy  a  fourni  de  nombreux  officiers  dont  l'un  fut 
tué  pendant  la  guerre  de  Crimée. 


DH'.TIONNAIHK     I)  F.  S    FAMIM.RS    FRANÇAIS  F.  S  431 

Principales  alliances  :  de  llivals  HOo,  du  Piiy-Muiilbrun  1777,  de 
iMalarel  1735,  de  Chaslenet  de  l*uys6gur  1901),  Auvray  1911,  de 
Marin  1817,  de  Gouze  de  Saint-Martin,  de  Cavailhès  1867,  de 
Séverac  1901,  d'Aldéguier  1894,  de  Saint-Félix  de  Mauremont,  etc. 


TOME   VI 


BOUTAUD  (de).  Armes  :  d'or  à  un  chevron  de  gueules  accompagné  en 
chef  de  deux  tourteaux  du  même  et  en  pointe  d'un  trèfle  tige  et 
feuille  de  sinople  (aliàs  d'un  rosier  tige  et  terrassé  de  sijiople,  sommé 
de  trois  boutons  de  rose  de  gueules);  au  chef  de  gueules  chargé  de 
trois  étoiles  d'argent  (ce  chef  est  souvent  supprimé).  —  La  famille 
de  Boutaud  écartèle  souvent  ses  armes  de  celles  de  la  famille  de 
Kermorial  :  d'azur  à  un  cornet  lié  d'or,  accompagné  de  trois  fleurs 
de  lys  de  même,  2  et  \.  —  Couronne  :  de  Comte.  —  Supports  : 
deux  lions  contournés  *. 

La  famille  DE  Bodt.\dd  occupe  depuis  plusieurs  générations  un  rang 
distingué  à  Toulouse.  Elle  est,  paraît-il,  originaire  du  Bas-Poitou. 
Jean  Boutaud,  né  à  Saint-Sulpice-sur-Lèze,  avocat  en  Parlement, 
décédé  en  1765,  vint  se  iixer  à  Toulouse  après  le  mariage  qu'il 
contracta,  le  1"  octobre  1720,  avec  Thérèse  de  Méric  de  Mongazin. 
Son  tils,  Pierre  de  Boutaud,  officier  distingué,  marié  vers  1770  à 
Jeanne  de  Kermorial  de  Kermorvan,  d'une  ancienne  famille  noble 
de  la  Bretagne,  s'agrégea  à  la  noblesse.  Il  était  chevalier  de  Saint- 
Louis  et  commandant  du  régiment  de  Berry  quand  il  prit  part  aux 
assemblées  que  cet  ordre  tint  à  Toulouse  en  1789.  Il  laissa  deux  fils, 
Jean-Pascal  et  Raymond  de  Boutaud,  tous  deux  chevaliers  de  Saint- 
Louis,  qui  ont  été  lesauteurs  de  deux  rameaux  actuellcmcntexistants. 
Le  premier  rameau  n'estplus  représenté  (1911)  que  par  M.  Alexandre 
de  Boutaud,  né  en  1838,  consul  général  de  France  en  retraite,  che- 
valier de  la  Légion  d'honneur.  Le  second  rameau  est  représenté  par 
M.  Georges  de  Boutaud,  inspecteur  de  la  Compagnie  de  Paris-Lyon- 
Méditerranée. 

Principales  alliances  :  de  Méric  deMongazinl720,  Dortet  deRibon- 
net  1748,  de  Kermorial,  de  Thonel  d'Orgeix,  de  Suarez  d'Al- 
meyda,  etc. 

*  Cette  notice  remplace  celle  qui  avait  été  consacrée  à  la  famille  de  Boutaud  dans 
e  tome  VI  de  cet  ouvrage. 


DICTIONNAiriK     ors    FAMir.LKS    FHANÇAISKS  433 

BOUYER  de  CHAMPVOLANT. 

An.i.Muir    raniillc   boui-ocoise    de    Saintono-o,    oris^inairo    de   l'ile 
d'Oh'M'oii. 

N...,  veiivo  de  Jean  IJouyer,  eut  ses  armes  enrej^istrées  d'office  à  l'Ar- 
monal  gVMiéral  d,>  IG%  (regislre  de  Mare  n  nés)  :  d'or  à  troin  trèfles 
desmople.  Elle  fui  vraisemblablement  la  mère  d'un  Jacques  Bouyer 
sieur  DE  CHAMPVOLANT,  (ils  de  Jean  Bouyer  de  Champvolant,  qui  dans 
es  dernières  années  du  xvii«  siècle  était  substitut  du  procureur  en 
la  sénécbaussée  de  Marennes  et  qui  épousa  à  Oléron  en  1696  Catbe- 
rine-Tliérèse  Desbouiges.  Celui-ci  fut-père  de  Josepli  Bouyer  de 
Champvolant,  né  en  1704,  chirurgien,  décédé  à  Rochefort  en  11T2 
et  -rand-père  de  Joseph-Charles  Bouyer  de  Champvolant,  né  à  Roche- 
lort  en  17o9,  médecin  des  hôpitaux  à  Marennes,  qui  fut  nommé  maire 
de  cette  ville  en  1808. 

La  famille  Bouyer,  ou  Bouyer  de  Champvolant,  s'est  perpétuée  ius- 
qu  à  nos  jours. 

BRUGUÉRE  (de).  Armes:  de  sinople  à  deux  tours  d'argent,  ouvertes  et 
ajourées  d  azur,  maçonnées  de  sable,  rangées  sur  une  même  ligne. 

BRUYÈRES  de  CHALABRE  (de).  Armes  :  d'or  «  un  lion  de  sable,  la  queu^ 
fourchue,  nouée  et  passée  en  sautoir.  -  Couronne  :  de  Marquis  — 
Devise  :  Sola  fldes  sufjlcit. 

La  maison  de  Bruyèresde  Chalabre  étaitune  des  plus  considérables 
de  la  noblesse  du  Midi  de  la  France.  On  trouvera  sur  elle  un  volumi- 
neux dossier  dans  les  manuscrits  de  Chérin,  au  Cabinet  des  Titres 
On  y  trouvera  particulièrement  le  rapport  officiel  que  ce  généalogiste 
envoya  le  29  juin  1775  au  duc  de  Duras  sur  la  maison  de  Bruyères  de 
Chalabre,  alors  en  instance  pour  obtenir  les  honneurs  de  la  Cour 

Ce  rapport  commence  en  ces  termes  :  «  La  maison  de  Bruyères- 
ce  Chalabre  a  pris  son  nom  de  la  terre  de  Bruyères-le-Châtel,  située 
«  dans  risIe-de-France,  près  de  Chartres,  ou  Arpajon.  A  cetavantao-e 
«  qui  assure  la  pureté  de  son  origine,  elle  joint  plusieurs  des  avan- 
ce tages  qui  conslituent  la  noblesse  de  premier  ordre.  Elle  est  connue 
ce  depuis  Thomas  de  Bruyères  qui  vivait  àla  fin  du  xi«  siècle.  II  fut  du 
«  nombre  des  seigneurs  qui  accompagnèrent  le  roi  Louis  VI  dit  le 
c(  Gros,  aux  obsèques  de  Milon  de  Montlhérv,  faites  au  prieuré  de 
«  Longpont  au  commencement  du  siècle  suivant.  On  trouve  ensuite 
ce  Hugues  de  Bruyères,  chevalier,  témoin  d'une  donation  faite  peu 
ce  après  au  môme  monastère,  puis  Thomas,  Sgr  de  Bruyères  oui 
ce  vivait  en  1201  et  1209.  La  filiation  est  certaine  et  bien  prouvée 
ce  depuis  Goslin  qui  vivait  dans  le  môme  temps,  c'est-à-dire  au  com- 

28 


434  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

«  mencement  du  xiii'^  siècle,  et  qui  (it  une  donation  à  labbaye  de  Josa- 
«  phat,  au  diocèse  de  Chartres   II  fut  père  de  Thomas  de  Bruyères, 
«  premier  du  nom,  qui  confirma  en  liJ48  la  donation  ci-dessus  en 
«  présence  de  son  fils  aîné,  Jean,  qui  parvint  depuis  à  la  chevalerie 
«  et  fut  seigneur  de  Bruyères.  11  avait  épousé,  avant  1259,  Eustachie 
«  de  Lévis,  sœur  de  Guy,  Sgr  de  Mirepoix,  maréchal  de  la  Foi.  On 
o  présume  que  c'est  cette  alliance  qui  lui  procura  des  établissements 
«  en  Languedoc  ;  du  moins  il  y  possédait  plusieurs  terres,  entre 
«  autres  celles  de  Puivert,  de  Roquefer,  etc.,  qui  ont  passé  à  ses 
«  descendants.  Il  eut,  entre  autres  enfants  :  1"  Thomas,  deuxième  du 
«  nom,  dont  on  va  parler;  2°  Agnès,  femme  d'Aubert  de  Hangest. 
((  Thomas  de  Bruyères,  deuxième  du  nom,  Sgr  de  Bruyères,  de  Pui- 
«  vert,  etc.,  servit  dans  la  guerre  de  Gascogne,  en  1296,  dans  celle  de 
«  Flandre,  en    1302,  comme  chevalier  banneret,  et  dans  l'ost  de 
«  lîouvines  en  1340.  Sa  femme  fut  Isabelle  de  Melun...  Il  en   eut, 
«  entre  autres  enfants  :  1°  Thomas,  troisième  du  nom,  chevalier,  Sgr 
tt  de  Bruyères,  de  Puivert,  en  Languedoc,  de  Cayeu  et  de  Boulincourt, 
«  en  Picardie,  qui  servit  dans  l'ost  de  Bouvines,  en  1340,  à  la  tête 
ft  dune  compagnie  de  cinq  écuycrs  et  laissa  de  Béatrix  de  Barcnce 
«  quatre  filles  dont  l'aînée,  Marguerite,  porta  la  terre  de  Bruyères  en 
*«  dota  Guillaume,  Sgr  des  Bordes,  porte-orifiamme  de  France,  dont 
«  un  lils  nommé  Jean  et  mort  sans  postérité,  et  la  troisième,  nommée 
((  Alix,  fut  mariée  à  Guiraud  de  Voisins,  Sgr  d'Arqués,  et  mère  de 
«  Philippe  de  Voisins  qui  devint  seigneur  de  Bruyères  après  la  mort 
(.  dcJt'an  de  Bordes,  son  cousin;  2^* Philippe,  qui  suit;  3°  Jeanne,  qui 
<(  fut  mariée  en  1342  à  Guy  de  Clermont,  Sgr  de  Mello,  maréchal  de 
«  l'rance.  Philippe  de  Bruyères,  chevalier,  fut  seigneur  de  Rivet,  de 
«  Chalabre  et  de  plusieurs  terres  par  son  partage  et  de  Campendu 
«  par  son  mariage  avec  Marguerite,  qui  en  était  héritière,  fut  chani- 
((  bellan  du  roi  Charles  VII  et  gouverneur  de  Montpellier.  Jeaime  de 
a  Ponthicu,  veuve  de  Charles  VI,  comte  de  Vendôme,  l'établit  goii- 
«  verneur  de  son  comté  de  Castres  par  lettres  du  27  novendjre  1371 
«  dans  lesquelles  elle  le  qualifie  son  cher  et  amé  cousin.  Il  fut  fait 
((  prisonnier  par  les  ennemis  du  Roi  et  soumis  à  une  si  forte  rançon 
«  qu'il  fut  contraint  d'engager  ses  terres.  Il  mourut  en  1404...» 

Jean  de  Bruyères,  baron  de  Chalabre,  fils  de  Philippe  et  de  Mar- 
guerite de  Campendu,  épousa  en  1434  Béatrix  de  Mauléon  et  mourut 
en  1442.  Il  eut  pour  fils  aîné  Roger-Antoine  de  Bruyères,  baron  de 
Chalabre,  qui  continua  la  lignée. 

La  Chesnaye  des  Bois  et  les  auteurs  qui  l'ont  copié  ont  voulu  faire 
de  son  fils  puîné,  Jean,  l'auteur  d'une  famille  de  Bruyères  de  Saint- 
Michel  qui  a  existé  au  diocèse  de  Die,  en  Dauphiné,  et  qui,  dans  la 


DICTIONNAIRR     PFS    FAMILLKS    FHANÇAISES  435 

réalité,  fut  scuk'inenl  anoblie  par  lollros  patentes  de  janvier  1(509.  Il 
a  été  parlé  de  cette  famille  de  Bruyères  de  Saint-Michel  dans  l'article 
consacré  à  la  famille  de  la  Bruyère. 

Jean  de  Bruyères,  baron  de  Clialabrc,  fils  de  Boger-Antoinc,  fut 
chambellan  du  roi  Charles  VllI  et  obtint  en  1511,  par  lettres  du  roi 
Louis  XII,  l'exemption  de  subsides  de  toute  sorte  sur  sa  terre  et 
baronnie  de  Chalabre.  Il  avait  épousé,  le  8  janvier  1489,  Cécile  de  Voi- 
sins. Leurs  deu.x  tils,  François  de  Bruyères,  baron  de  Chalabre,  marié 
en  1516  à  Françoise  de  Chàteauneuf,  et  Jean-Antoine  deBruyères,  marié 
par  contrat  du  20  juin  1532  à  Marguerite  de  Vivier,  dame  deSarraute, 
furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

La  branche  aînée  jouit  d'un  vif  éclat.  Son  chef,  Jean-Pierre  de 
Bruyères,  baron  de  Chalabre,  au  diocèse  de  Mirepoix,  gentilhomme 
de  la  chambre  du  Roi,  colonel  d'un  régiment  de  son  nom,  marié  en 
1631  à  Gabrielle  de  Lévis-Léran,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  11 
janvier  16G9  par  jugement  de  M.  de  Bezons,  intendant  du  Languedoc. 
Il  fut  le  trisaïeul  de  François-Jean,  connu  le  premier  sous  le  titre  de 
marquis  deBruyères-Chalabre,  qui  fut  admis  en  1744  parmi  les  pages 
de  la  Petite-Écurie,  de  Louis-Henri  de  Bruyères-Chalabre,  évoque  de 
Saint-Pons  en  1770,  d'Alexandre-Joseph  de  Bruyères-Chalabre,  évê- 
que  de  Saint-Omer  en  1778,  et  de  Louis-Gabriel,  comte  de  Bruyères- 
Chalabre,  chef  d'escadre  des  armées  navales.  Jean-Louis,  marquis  de 
Bruyères-Chalabre,  fds  de  François-Jean,  présida  en  1789  les  assem- 
blées de  la  noblesse  de  la  sénéchaussée  de  Limoux  ;  il  fut  dans  la  suite 
maréchal  de  camp  et  député.  Il  eut  un  fils,  qui  fut  le  dernier  repré- 
sentant mâle  de  sa  branche  et  qui  mourut  en  1832  sans  avoir  été  ma- 
rié, et  une  lille,  héritière  du  beau  château  de  Chalabre,  qui  épousa  en 
1817  le  comte  de  Mauléon  et  qui  mourut  en  1872. 

La  branche  cadette  fut,  au  contraire,  assez  obscure.  Elle  a  été  passée 
sous  silence  par  la  Chesnaye  des  Bois,  mais  on  en  trouvera  une 
généalogie  dans  le  tome  III  de  la  France  ynoderne .  Son  chef,  Marc- 
Antoine  de  Bruyères,  né  au  Caria  en  1701,  prit  du  service  en  Lorraine, 
fut  capitaine  de  la  gendarmerie  rouge  à  Lunéville,  puis  commandant 
à  Saint-Dié  et  fit  reconnaître  sa  noblesse  par  arrêt  du  Conseil  aidique 
rendu  à  Commercy  le  27  août  1737.  Il  avait  épousé,  en  1733,  Odile  Cor- 
dier-le-Chàtel.  Leur  fils,  Jean-François  de  Bruyères,  né  à  Raon-l'Ftape 
en  1747,  page  du  roi  Stanislas,  marié  en  1774  à  Marie  Baudot  du  Sau- 
vaget,  prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Saint- 
Dié  et  mourut  à  Remiremont  en  1832.  Jean-Luc  de  Bruyères,  né  en  1775, 
lils  du  précédent,  notaire  à  Remiremont,  fut  sous  la  Restauration 
maire  de  cette  ville  et  conseiller  général  des  V^osges.  Il  mourut  en  1857 
laissant,  outre  trois  filles,  deux  fils  qui  ont  été  les  derniers  représen- 


436  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

tants  de  leur  maison  :  1'^  Antoine-Edouard,  juge  suppléant,  décédé 
sans  alliance  en  J863  ;  ^^  Charles,  né  en  1821,  bâtonnier  de  l'Ordre 
des  avocats  de  Remiremont,  décédé  sans  alliance  en  1905.  Ce  dernier 
a  laissé  sa  fortune  au  comte  Oger  de  Mauléon,  petit-fds  du  dernier 
marquis  de  Bruyères-Chalabre,  à  charge  pour  lui  de  relever  le  nom 
de  la  famille  de  Bruyères. 

La  famille  de  Bruyères-Chalabre  a  donné,  en  dehors'des  person- 
nages mentionnés  au  cours  de  cette  notice,  deu.x  chevaliers  de  Malte 
en  1583  et  1684,  de  nombreux  officiers,  etc. 

Principales  alliances  :  de  Lévis  1402, 1520,  1573,  1631,  de  Voisins 
1489,  de  Caraman,  de  Melun,  de  Mauléon  1434,  1817,  de  Narbonne- 
Fimarçon,  de  Cailus,  de  Joyeuse  1529,  de  Lordat,  de  Bellissen,  d'Or- 
bessan,de  Poitiers  1606,  dcMontlozun,  de  Da.x  d'Axat,  de  Monstron 
d'Escouloubre,  de  Comminges  1660,  de  Ségur  1760,  de  Martim- 
prey,  etc. 


TOME  VIII 


CABRE  de  ROQUEVAIRE  (de).  Armes  :  de  gueules  à  une  chèvre  (en 
provençal  cabre)  saillante  dC argent  accompagnée  en  chef  d'une  fleur 
de  lys  d'or  K 

La  famille  de  Cabre  deRoquevaire,  éteinte  dans  la  seconde  moitié  du 
XIX'"  siècle,  appartenait  à  la  noblesse  de  Provence.  Artefeuil  en  a  donné 
au  xviii«  siècle  une  généalogie  qui  a  été  reproduite  par  la  Chesnaye 
des  Bois.  Victor  Cabre,  auquel  ce  travail  fait  remonter  la  fdiation,  lit 
son  testament  le  18  février  1507.  Il  laissa,  entre  autres  enfants,  deux 
fils,  Jacques  et  Rolet  Cabre,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 
Les  représentants  de  ces  deux  branches  furent  maintenus  dans  leur 
noblesse  en  1667  par  jugement  des  commissaires  du  Roi  chargés  de 
la  recherche  des  faux  nobles  en  Provence. 

La  branche  cadette  s'éteignit  au  cours  du  xvjii'^  siècle. 

Le  chef  de  la  branche  aînée,  Sébastien  Cabre,  second  consul  de 
Marseille  en  loo8,  acquit  en  15631a  terre  de  Roquevaire  dont  il  rendit 
hommage  au  roi  Charles  IX.  Ses  deux  lîls,  Jean  Cabre,  Sgr  de  Saint- 
Paul,  et  Louis  Cabre,  Sgr  de  Roquevaire,  premier  consul  de  Marseille 
en  1602,  marie  le  10  mai  1576  à  Claire  de  Sade,  furent  anoblis  par 
lettres  patentes  du  5  janvier  1585.  L'aîné  de  ces  deux  frères,  Jean, 
n'eut  qu'un  fils,  Louis  Cabre,  Sgr  de  Saint-Paul,  premier  consul  de 
Marseille  en  1627,  qui  mourut  sans  postérité.  Le  second,  Louis,  eutun 
fds,  Jean  Cabre,  Sgr  deRoquevaire,  qui  épousa  le  18  juin  1609  Mar- 
guerite deForostaetqui  continua  la  lignée.  Son  descendant,  François- 
Jean-Bapliste  de  Cabre,  né  à  Marseille  en  1746,  fils  de  Jean-Baptiste 
de  Cabre  et  d'Anne-Bonne  d'Agoult  d'OIlières,  fut  nommé  en  1768 
conseiller  et  en  1776  président  à  mortier  au  Parlement  de  Provence. 
II  épousa  successivement  M"^  le  Camus,  puis  à  Aix  en  1790  M"'«  Mar- 
tiny  de  Saint-Jean,  née  Massel,  et  mourut  à  Lyon  en  1799.  Il  eut  de  sa 
seconde  union  une  fille,  M'"^  Deydier  de  Pierrefeu,  et  deux  fils  qui 
furent  les    derniers  représentants  mâles  de   leur  famille   et   dont 

*  Cette  notice  a  été  faite  en  grande  partie  h  l'aide  de  renseignements  dus  à  l'obli- 
geance de  M.  le  baron  du  Roure. 


438  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

l'aîné  a  lui-même  laissé  deux  filles  de  son  mariage,  en  1843,  avec 
M"«  Jayle. 

Principales  alliances  :  de  Puget,  d'Espagnet,  de  Castellane  1581, 
d'Albertas,  de  Valbelle,  de  Sade  1576,  deRascas,  de  Foresta  1609.  de 
Bionneau  d'Eyragues,  de  Glandevès,  de  Vintimille,  d'Agoult,  etc. 

CACHEDENIER  de  VASSIMON.  Armes  :  écarlelé  :  au  1  d'or;  au  2  de 
gueules  à  une  étoile  d'or;  au  3  d'azur;  au  4  d'argent  à  un  perroquet 
de  sinople;  à  la  croix  de  sinople  brochant  sur  le  tout. 

La  famille  Gachfdexier  de  Vajsimox  appartenait  avant  la  Révolution 
à  la  noblesse  de  Lorraine.  On  en  trouvera  une  généalogie  dans  la 
Chambre  des  Comptes  du  duché  de  Bar,  manuscrit  de  G.  dcLongcaux, 
publié  en  1907  avec  de  nombreuses  annotations  par  le  baron  de 
Diimast. 

Abraham  Caclicdenier,  demeurant  à  Pierrefilte,  au  bailliage  de 
Bar,  fut  autorisé  le  10  mars  1632,  par  lettres  du  duc  de  I.iOrraine,  à 
reprendre  la  noblesse  de  sa  mère,  Marguerite  Gaynot,  fille  de 
Nicolas  Gaynot  et  de  noble  femme  dame  Henriette  de  Combles.  Pierre 
Gaynot,  frère  de  M"""  Cachedenier,  avait  lui-même  été  autorisé,  par 
lettres  patentes  du  Duc  du  16  novembre  1597,  à  reprendre  la  noblesse 
de  sa  mère,  Henriette  de  Combles.  Abraham  Cachedenieravaitépousé 
en  1603  Claude  Thiéryon.  Leur  fils,  Daniel  Cachedenier,  marié  à  Bar 
en  1625  à  Marguerite  de  l'Eglise,  fut  reçu  en  1630  conseiller  maître 
en  la  Chambre  des  Comptes  de  Bar.  Il  fut  lui-même  père  de  François- 
Abraham  Cachedenier  de  Vassimon,  marié  à  Bar  en  1655  à  .Icaime 
Barbillat,  qui  lui  succéda  dans  son  office  en  1653,  grand-père  de  Fran- 
çois Cachedenier  de  Vassimon,  marié  en  1697  à  Marie  Humbert, 
décédé  en  1730,  qui  fut  pourvu  du  même  office  en  1698  et  qui  fut  plus 
lard  conseiller  d'Etat  ordinaire  du  duc  François,  et  bisaïeul  de  Benoît 
Cachedenier  de  Vassimon,  mariéenl726à.Ieannede  Soisy  deLamouil- 
lère,  décédé  à  Bar  en  1776,  qui  fut  reçu  en  1726  conseiller  et  en  1768 
président  en  ladite  Chambre  des  Comptes  de  Bar.  Antoine-Benoît 
Cachedenier,  fils  de  ce  dernier,  né  à  Bar  en  1730,  conscilleren  la  Cour 
souveraine  de  Lorraine  et  de  Barrois,  marié  à  Nancy  en  1754  à 
M"*  Comeau,  mort  pendant  1  émigration,  en  1798,  obtint  le  9  sep- 
tembre 1784,  par  lettres  patentes  du  roi  Louis  XVI,  la  réunion  de  ses 
seigneuries  d'Aulnois  et  de  Vertuzey  et  leur  érection  en  baronnie  sous 
le  nom  de  Vassimon.  Il  laissa  un  fils,  François-Benoît  Cachedenier, 
baron  de  Vassimon,  né  à  Nancy  en  1758,  conseiller  au  Parlement  de 
cette  ville,  marié  en  1779  à  M"*  Trouard  de  Riolle,  qui  alla  lors  de  la 
Révolution  se  fixer  en  Bavière  et  qui  y  mourut  en  1805.  La  famille 
Cachedenier  sest  éteinte  avec  Antoine-Louis  Cachedenier,  baron  de 


Dir.TIONNAIHK     DKS     F  A  M  II,  I.  K  S     FRANÇAISES  439 

Vassimoii,  tils  du  [)récé(leiiL,  colonel  dans  rarmôc  bavaroise,  décédé 
en  180:2,  et  avec  son  lils,  Karl,  baron  Gacliedenicr  de  Vassimon,  né  en 
1819,  capitaine  dans  l'armée  bavaroise,  décédé  sans  alliance. 

Ktienne-Oabriel  Caehedenicr  de  Vassimon,  chevalier,  principal  sei- 
gneur du  Clienois,  chevalier  de  Saint-Louis,  lieutenant-colonel  du 
régiment  de  l'Isle-de-France,  s'était  fait  représenter  en  1780  aux 
assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Ghaumont-en-Bassigny, 

La  famille  Cacliedenier  avait  fourni  de  nombreux  officiers,  des  che- 
valiers de  Saint-Louis,  etc. 

Principales  alliances  :  Symon  de  la  Treische,  de  Vallei-ot,  de 
lîaudel  1783,  de  Comeau  l7o4,  de  Mahuet  18:23,  Gérard  d'Hannon- 
celles  1707,  Trouard  de  Riolle  1769,  de  Poellnitz,  etc. 

CACHIARDI  (aliàs  CACCIARDI,  ou  CACHIARDY)  de  MONTFLEURY. 
Armes  :  coupé  :  au  1  d'azur  à  trois  étoiles  mal  ordonnées  ;  au  2  ban- 
dé d'or  et  d'azur.  —  Devise  :  Assiduo  labore. 

La  famille  Gachiardi,  ou  Gacciardi,  a  eu  pour  berceau  la  petite  ville 
de  Brcil,  dans  le  comté  de  Nice,  où  elle  est  fort  anciennement  connue 
et  où  elle  est  demeurée  possessionnée  jusqu'ànos  jours.  M.  J.  de  Orcstis 
lui  a  consacré  une  notice  dans  le  tome  XI  de  Nice  Historique 
(année  1909). 

Elle  était  représentée  au  xvi"^  siècle  par  deux  frères,  Jean-Baptiste 
et  Jean-Augustin  Gachiardi,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

La  branche  aînée,  aujourd'hui  éteinte,  adopta  l'orthographe 
Gacciardi.  Undeses  représentants,  François  Gacciardi,  célèbre  avocat 
niçois,  premier  consul  de  Nice  en  1740,  épousa  en  1735  Marie-Anne 
deBarciloii,  lllle  do  Glaude  de  Barcilon,  Sgr  de  Gourmes  et  de  Roque- 
fort, demeurant  à  Saint-Paul,  en  Provence,  et  de  Lucrèce  de  Grasse 
et  héritière  du  fief  de  Roquefort.  François  Gacciardi  fut  investi  de  ce 
fief  le  30  juin  1751  par  un  arrêt  de  la  Ghambre  des  Gomptes  de  Pro- 
vence qu'il  fit  enregistrer  le  19  décembre  1753  par  la  Ghambre  des 
Gomptes  de  Piémont.  Il  laissa  une  fille,  M"""  de  Orestis,  et  un  fils, 
Louis,  officier  au  service  du  roi  deFrance,  qui  moururent  l'un  et  l'autre 
sans  postérité.  Un  cousin  des  précédents,  Emile-Antoine  Gacciardi, 
premier  consul  de  Nice  en  1817,  chevalier  des  Saints-Maurice  et  La- 
zare, fut  créé  baron  de  Berre  par  lettres  patentes  du  roi  de  Sardaigne 
du  20  janvier  1826  ;  sa  descendance  est  également  éteinte. 

L'auteur  de  la  seconde  branche,  Jean-Augustin  Gachiardi,  épousa 
Périnetle  Gottalorda.  Sa  descendance  produisit  des  officiers  de  grand 
mérite  et  fut  anoblie  par  lettres  du  23  mai  1687.  Jean  Gachiardi,  offi- 
cier de  marine,  obtint,  par  lettres  patentes  du  roi  de  Sardaigne  du 
7  mai  1784,  l'érection  en  fief,  sous  la  dénomination  de  Montfleury  et 


440  DICTIONNAIRE    DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

avec  titre  de  baronnie,  de  la  propriété  d'Airale  qa'il  possédait  près  de 
Ghieri  ;  il  fat  investi  de  ladite  baronnie  de  INIontfleur}'  le  4janvier  1 785. 
Il  prit  part  en  1793  aux  opérations  contre  Toulon  en  qualité  de  com- 
mandant de  la  frégate  .S'a  uri7/o?'to  et  mourut  sans  héritiers  directs. 
Son  neveu,  Jérôme  Cachiardi,  longtemps  syndic  de  Riva  de  Ghieri, 
fut  autorisé,  par  lettres  patentes  du  16  août  18:25,  à  relever  le  titre  de 
baron  de  Montfleury,  puis,  par  nouvelles  lettres  du  28  février  1832,  à 
transmettre  ce  titre  à  son  cousin,  Jean  Cachiardi.  Le  baron  Pierre- 
Augustin  Gachiardidc  Montfleury,  né  en  1839,  a  été  longtemps  maire 
de  Breil  et  conseiller  général  des  Alpes-Maritimes.  11  est  décédé  en 
i886  laissant  deux  fds. 

CAGNOLI  de  SAINTE-AGNÈS.  Armes:  échiqueté  d'argent  et  de  gueules, 
au  chef  d'or  chargé  d'une  aigle  de  sable,  couronnée  et  membrée  de 
gueules.  —  Gimicr  :  une  nymphe  issant  de  trois  figures  au  naturel, 
dont  une  tarée  et  deux  posées  en  profil,  tenant  dans  la  dextre  un 
miroir  d'or  à  l'antique  et  dans  la  sénestre  un  compas  d'argent.  — 
Devise  :  Major  prudentia  fato. 

La  famille  Cagxoli  appartient  à  la  noblesse  de  l'ancien  comté  de 
Nice. 

Un  de  ses  représentants,  Honoré-François  Cagnoli,  premier 
commis  à  la  direction  de  l'artillerie,  des  fabriques  et  forts,  fut 
investi  du  fief  de  Massoins,  avec  titre  de  comte,  par  lettres  patentes 
du  11  janvier  1723;  il  mourut  sans  postérité  et  son  titre  s'éteignit 
avec  lui. 

Jean-Joseph  Gagnoli,  issu  de  la  même  famille,  épousa  Annc-Marie- 
Thérèsc  Auda  de  Sainte-Agnès  ;  celle-ci  recueillit  le  fief  de  Sainte- 
Agnes  par  héritage  de  son  frère,  Jean-Antoine  Auda,  comte  de  Saint- 
Agnès,  décédé  sans  postérité  en  1783.  M.  et  M'""^  Gagnoli  obtinrent 
du  roi  de  Sardaigne  le  31  janvier  1784  des  lettres  patentes  qui  les 
•  investissaient  du  iief  de  Sainte-Agnès  et  du  titre  de  comte  attaché 
à  ce  fief.  Leur  descendance  est  représentée  de  nos  jours  par  deux 
branches  dont  l'aînée  est  demeurée  italienne.  Le  chef  de  la  seconde 
branche,  Joseph-Sylvio  Cagnoli,  docteur  en  médecine,  est  actuelle- 
ment (1911)  maire  de  Saint-Martin-Vésubic  (.\lpcs-Maritimes). 

CAPITAIN  de  CLACY. 

Un  membre  de  cette  famille  exerçait  sous  Louis  XVI  la  charge 
anoblissante  de  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances  de  Sois- 
sons.  Il  eut  pour  successeur  en  1780,  ou  1781,  M.  de  laTournelle. 

CAPPOT.  ou  CAPOT,  de)  et  CAPPOT,  ou  CAPOT,  DUROI,  deFEUILHIDE 
et  de  BARASTIN. 


DICTIONNAIRK     I)  K  S     KAMILLKS    FRANÇAISES  441 

Un  membre  île  eelle  famille,  André  Cai'I'ut,  vinlau  commciicemcnl 
du  xviu'-  siècle  se  lixei'  eu  lloussillon,  fui  iiiscril  en  1727  au  nombre 
des  bourgeois  de  matricule  de  la  ville  de  Perpignan  qui  jouissaient 
(les  privilèges  de  la  noblesse,  fut  nommé  en  1734  membre  du  Conseil 
souverain  de  la  province  et  mourut  en  17GB.  Son  lils,  Jean-Sébas- 
tien de  Gappot,  né  en  1718,  avocat  général  au  Conseil  souverain  de 
Roussillon  en  1743,  fut  nommé  en  1766  conseiller  audit  Conseil  en 
remplacement  de  son  père  décédé  ;  il  était  encore  en  charge  quand 
éclata  la  Révolution.  V A7'morial  du  Roussillon  de  Salsas  attribue  à 
cette  branche  de  la  famille  Cappot  les  armes  suivantes  :  d'argent  à 
une  barre  d'azur  chargée  de  trois  étoiles  d'or  et  accompagnée  de 
quatre  oiseaux  essorés  de  gueules,  deux  en  chef  et  deux  en  pointe. 

CARRÈRE  de  MAYNARD  de  SÉGOUFIELLE  (de).  Armes  de  la  famille 
de  Maynard  de  Ségoutielle  :  é  car  te  lé  :  au  1  d'azur  à  deux  poissons 
d'argent  nageant  l'un  sur  V autre ,  qui  est  de  Lestang;  au  2  de  gueules 
à  trois  pommes  de  pin  d'or,  2  eM,  les  queues  en  haut,  qui  est  de  Pins  ; 
au  chef  cousu  de  gueules  chargé  d' une  croix  d'argent  ;  au  3  de  sable 
à  un  mont  isolé  de  plusieurs  pics  d'or,  qui  est  de  Juillé  ,  au  4  d'or  ô 
une  fasce  de  gueules  accompagnée  de  trois  trèfles  de  sinople,  qui  es! 
de  Guillon;  sur  le  tout  d'azur  semé  de  feux  follets  d'argent,  ausénes- 
trochère  {àViks  au  dextrochére)  de  carnation  (aliàs  d'argent)  brochant. 
—  Couronne  :  de  Marquis.  —  Supports  :  deux  sauvages,  massue 
basse.  —  Devise  :  Honor,  non  furor  armât. 

La  famille  Caruère  est  originaire  de  Mont-de-Marsan,  dans  les 
Landes,  où  au  xvni^  siècle  elle  occupait  un  rang  honorable  dans  la 
bourgeoisie.  M.  Villain  en  donne  la  filiation,  dans  le  tome  III  de  la 
France  Moderne,  depuis  Vidian  de  Carrère,  né  à  Monl-de-Marsan, 
dont  le  lils,  Jean-Paul  Carrère,  épousa  Jeanne  Larroque  par  contrat 
passé  le  11  juin  1781  devant  notaire  à  Toulouse.  Vidian  Carrère,  fils 
des  précédents,  né  à  Saint-Élix  en  1783,  décédé  au  même  lieu 
en  18o6,  épousa  le  14  vendémiaire  an  Xi  Marie-Jeanne  de  Maynard  de 
Ségoutielle.  Il  fut  père  de  François  Carrère,  né  en  1808  à  Saint-Élix, 
près  de  Muret,  marié  à  M"=  Cornac,  décédé  en  1891,  et  grand-père 
de  Laurent- Vidian  Carrère,  néàToulouse  en  1847,  marié  en  1882  à 
M^'^  Hamelin,  qui  demandèrent  simultanément  le  8  mai  1872  et 
obtinrent  par  décret  du  7  mars  1874  l'autorisation  de  joindre  à  leur 
nom  celui  de  la  famille  de  Maynard  de  Ségoufielle  à  laquelle  appar- 
lenaitleur  mère  et  aïeule.  MM.  Carrère  se  soutcrusen  droit  de  relever 
aussi  le  titre  de  baron  sous  lequel  était  connu  le  chef  de  cette  famille. 
Principales  alliances  :  de  Boussac,  de  Maynard  de  Ségoufielle, 
Hamelin,  etc. 


-2  DICTIONNAIRt;     DES    FA.MILLKS    FRANÇAISES 

La  famille  de  Maynard  de  Ségoufielle  étail  originaire  duRouergue. 
M.  Villain  mentionne  un  Jean  INIaynard  qui  fut  consul  de  Rodez 
de  1439  à  1442.  Il  fait  remonter  la  filiation  à  un  Jean  de  Maynard, 
Sgr  de  Lole,  habitant  de  Rodez,  qui  mourut  en  lo91.  Le  petit-fils  de 
celui-ci,  François  Maynard,  né  à  Rodez  en  1611,  fut  reçu  en  1654 
conseiller  au  Parlement  de  Toulouse  et  fut  anobli  par  ses  fonctions. 
Il  prit  le  premier  le  titre  de  baron  de  Ségoufielle  qui  fut  depuis 
lors  conservé  parle  chef  delà  famille.  Il  avait  épousé  en  1654  Hono- 
rée de  Maynard  de  Lestang,  dune  famille  différente  de  la  sienne, 
originaire  des  confins  du  Bas-Limousin  et  du  Quercy,  dont  il  sera 
parlé  plus  bas.  Il  fut  père  de  Christophe  de  Maynard,  baron  de 
Ségoufielle,  décédé  sans  postérité  en  1696,  qui  fut  reçu  en  1676 
conseiller  au  Parlement  de  Toulouse,  et  de  Joseph-Thomas  de 
Maynard,  baron  de  Ségoufielle,  né  en  1660,  trésorier  général  de 
France  en  la  généralité  de  Toulouse.  Christophe  de  Maynard,  baron 
de  Ségoufielle,  né  en  1693,  lils  du  précédent,  lui  succéda  en  1730 
dans  sa  charge  de  trésorier  de  France  et  fut  maintenu  dans  sa  noblesse 
le  :28  mai  1736  par  arrôt  du  Parlement  de  Pau.  Il  laissa  deu.x  fils  : 
1"  Tristan-Louis  de  Maynard,  baron  de  Ségoufielle,  né  en  1732,  marié 
en  1773  à  M"^  Savary,  dont  la  descendance  masculine  s'est  éteinte 
en  1882;  2"  Michel-Xavier  de  Maynard,  né  en  1742,  qui  fut  père  de 
M™''  Carrère.  Plusieurs  représentants  de  la  famille  de  Maynard 
prirent  part  en  1789  au.v  assemblées  de  la  noblesse  tenues  à  Tou- 
louse. 

A  la  même  souche  paraît  se  rattacher  une  famille  de  Maynard, 
encore  existante,  dont  l'auteur,  Jean-Baptiste  Maynard,  né  en  1710, 
avocat,  professeur  de  médecine,  fut  anobli  en  1771  par  le  capitoulal 
de  Toulouse. 

La  famille  de  Maynard  de  Lestang, qui  se  fondit  au  .wiiesiècle  dans 
la  famille  de  Maynard  de  Ségouliclle,  était  originaire  de  Saint-Sirié, 
sur  les  confins  du  Quercy  et  du  Bas-Limousin.  Elle  était  distincte 
d'une  famille  de  Meynard  (voyez  ce  nom)  qui  appartient  encore  de 
nos  jours  à  la  noblesse  de  cette  région.  M.  de  la  Roque,  dans  son 
Armoriai  de  Languedoc,  la  fait  descendre  d'un  François  Maynard, 
conseiller  au  présidial  duBas-Limousin,  qui  épousa,  vers  1590,  Jeanne 
Guillon,  dite  de  l'Eslang.  Celle-ci  avait  deux  frères  dont  l'un,  Chris- 
tophe de  Lestang,  décédé  en  1621,  fut  évêque  de  Lodève  et  d'Aleth, 
puis  évêque  de  Carcassonne,  et  dont  l'autre,  François  de  l'Estang, 
décédé  sans  postérité  en  1617,  d'abord  président  et  lieutenant 
général  au  présidial  de  Brives,  puis  intendant  de  justice  dans  l'armée 
du  duc  de  Mayenne,  fut  nommé  en  1695  président  à  mortier  au  Par- 
lement de  Toulouse,  premier  président  de  la  Chambre    de    l'Edit 


DICIIttNNAI  IIK     DKS     FAMII.I.KS     F  II  A  N  (,',  A  I  S  K  S  443 

élahlii'  à  (]a.sliTs.  (^Iirisloplie  Mayiiard,  lils  de  l'raiirois  cl,  de  .Icannc 
Guilloii,  dite  de  l'Estaii<j^,  joii^nil  à  son  nom  celui  d(;  la  famille  de  sa 
mère  et  fut  connu  sous  le  nom  de  Maynard  de  l'Estang.  11  épousa  en 
1626  Marguerite  de  Pins,  d'une  des  plus  illustres  familles  nobles  de 
la  région,  fut  nommé  l'année  suivante  conseiller  au  Parlement  de 
Toulouse  et  mourut  en  1668  à  l'âge  de  76  ans.  Il  laissa,  entre  autres 
enfants,  une  fille  mariée  en  165 'i  à  François  Maynard,  baron  de  Ségou- 
fielle,  et  un  tils,  Jean-Baptiste  de  Maynard  de  l'Estang,  conseiller  au 
Parlement  de  Toulouse,  dont  le  fils  Daniel-Joseph,  également  con- 
seiller au  Parlement  de  Toulouse,  mourut  sans  postérité  en  1700. 
Dans  la  France  Moderne,  M.  Villain  attribue  une  autre  origine  à  la 
famille  de  Maynard  dcLestang.  D'après  lui,  Christophe  Maynard  de 
l'Estang,  marié  en  1626  à  Marguerite  de  Pins,  aurait  été  fds  de  Jehan 
de  Maynard,  conseiller  au  Parlement  de  Toulouse,  et  de  Bourguine 
de  Chaubet,  neveu  de  FrançoisMaynard,  né  à  Toulouse  en  1582,  poète 
distingué,  un  des  fondateurs  de  l'Académie  française,  etpetit-fds  de 
Géraud  Maynard,  juge  ordinaire  de  Saint-Ccré,  juge  sénéchal  de  la 
vicomte  de  Turcnne,  conseiller  au  Parlement  de  Toulouse,  décédé 
en  1610. 


TOME   IX 


CASTET  de  BIROS,  de  LONGA,  de  MIRAMONT,  de  MÉRAS  et  de  la 
BOULBÊNE  (dej.  Armes  :  de  gueules  à  un  château  à  (rois  tours  d'argent 
maçonné,  ouvert  et  ajouré  de  sable  ;  au  chef  d'or  chargé  de  deux  cor- 
neilles affrontées  de  sable,  becquées  et  membrées  de  gueules. —  Sup- 
ports :  deux  griffons  couronnés.  —  Cimier  :  une  tour  avec  son  pavil- 
lon blanc  portant  une  croix  de  gueules  et  issante  d'une  couronne  de 
Marquis. 

La  famille  de  Castet,  dont  le  dernier  rejeton  mâle  est  décédé  en 
1907,  appartenait  à  la  noblesse  du  pays  de  Foix.  On  en  trouvera  des 
généalogies  dansle  Nobiliaire  imivei'sel  âc  Saint-Allais,  dans  la  France 
moderne  de  M.  Villain  (tome  III)  et  dans  les  Archives  de  la  noblesse 
de  Laine  (tome  I). 

Elle  peut  avoir  eu  pour  auteur  un  Raymond  Castet  que  l'on  trouve 
avoir  été  anobli  en  1353.  Guillaume-Bernard  de  Castet  figure  dans 
une  montre  des  gens  d'armes  du  comté  de  F'oix  passée  à  Mont-de 
Marsan  en  1339. 

Les  travaux  mentionnés  plus  haut,  d'accord  avec  les  preuves  de 
noblesse  faites  par  Joseph  de  Castet  de  la  Boulbène  pour  être  admis 
parmi  les  pages  du  roi  Louis  XV,  font  remonter  la  tiliation  à  Raymond 
de  Castet,  Sgr  de  la  Vallée  de  Biros,  de  Miramont  et  d'autres  domaines 
au  comté  de  Foix,  décédé  en  1500,  qui  avait  épousé  Henriette  de 
Commingcs,  fille  du  seigneur  de  Péguilhan.  Vital  de  Castet,  fils  de 
Raymond  et  seigneur  des  mêmes  domaines,  fit  son  testament  le 
17  septembre  1538  devant  notaire  à  Damazan.  Il  laissa  deux  fils,  Ray- 
mond, Sgr  de  Biros,  marié  le  17  juin  1557  à  Catherine  de  Roquemau- 
rel,  et  Azémar,  Sgr  de  Miramont,  de  Castillon,  etc.,  marié  à  Jeanne 
de  Marsolier,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  branches. 

L'aîné  de  ces  deux  frères,  Raymond  de  Castet,  Sgr  de  Biros,  laissa 
lui-même  deux  fils,  Jean,  Sgr  de  Biros,  marié  à  Jeanne  de  Jaubert,  et 

'  Croyant  cette  famille  éteinte  dans  la  première  moitié  du  xix»  siècle,  on  s'était  con- 
tenté d'en  dire  quelques  mots  à  la  suite  de  la  notice  consacrée,  dans  le  tome  II  de 
cet  ouvrage,  à  la  famille  Azéma  qui  en  a  relevé  le  nom. 


Dir.TIONNAIRF.     DES     FAMIM-KS     FRANÇAISES  445 

Pierre,  habitant  d'Alas,  qui  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux.  Le 
premier  rameau,  dit  des  seig-ncurs  de  Biros,  l'ut  maintenu  dans  sa  no- 
blesse lel2G  dc^cembre1715,  sur  preuves  remontant  à  ioOO,  par  juge- 
ment de  l^augeois.  intendant  de  Montauban  ;  il  paraît  avoir  eu  poin- 
dernier  représentant  Joseph  de  Castet  de  Biros,  baptisé  en  1744,  qui 
vivait  encore  en  IS'iO.  Le  second  rameau,  dit  des  seigneurs  de  Longa, 
s'est  éteint  en  la  jiersonne  de  Charles-Magloire  de  Castet-Longa,  né 
en  182t),  décédé  en  186G,  dont  la  lilie   unique  a  épousé  en    1885 
yi    Caralp,  professeur  à  la  Faculté  des  sciences  de  Toulouse,  et  avec 
ses  cousins,  Bertrand-François  de  Castet,  né  le  14  frimaire  an  VllI. 
curé  dAngomer,  décédé  en   1891,  Lizier-Anselme  de  Castet,  né  le 
20  pluviôse  an  XUl,  dont  le  (ils,  Damien,  n'a  pas  laissé  de  postérité, 
et  Jean-Achille  de  Castet,  né  en  1810,  professeur  au  lycée  deTarbes. 
L'auteur  de  la  seconde  branche,  Azémar  de  Castet,  Sgr  de  Mira- 
mont  et  de  Castillon,  fit  son  testament  le  12  mai  1550.  Son  fils,  Claude 
de  Castet,  Sgr  de  Miramont,  commandant  du  château  de  Camarade 
en  1576,  épousa  en  1574  Hélène  de  Soulès  de  Sieuras;  il  en  eut,  entre 
autres  enfants,  deux  fils  :  1°  Pierre,  Sgr  de  Miramont,  dont  la  descen- 
dance fut  maintenue  dans  sa  noblesse  le  25  juin  1667  par  jugement 
de  Pellot,  intendant  de   Bordeaux,  et  s'éteignit  vers  l'époque    de 
la  Révolution  ;  2°  Jean  de  Castet,  Sgr  de  Méras,  qui  épousa  Suzanne 
de  Lévis,  fdledu  seigneur  deLéran.Deuxdes  fds  de  celui-ci,  Jean-Paul 
de  Castet,  Sgr  de  Méras,  marié  en  1666  à  Isabeau  de  Comminges  de 
Sieuras,  et  Pierre  de  Castet,  Sgr  de  la  Boulbéne,  marié  en  1641  à 
Catherine  de  Cazals,  furent  les  auteurs  de  deux  rameaux.  Les  repré- 
sentants de  ces  deux  rameaux  furent  maintenus  dans  leur  noblesse 
le  12  juillet  1698  par  jugement  de  le  Pelletier,  intendant  de  Montau- 
ban. Le  premier  rameau  s'est  éteint  en  la  personne  de  M.  Jean-Fran- 
çois de  Castet-Méras,  né  en  1814,  qui  est  décédé  à  Toulouse  en  1907 
laissant  une  fdle  unique  mariée  en  1863  à  M.  de  Micas.  Un  représen-- 
tant  du  second  rameau,  Joseph  de  Castet  de  la  Boulbéne,  lit  en  1746 
des  preuves  de  noblesse  pour  être  admis  parmi  les  pages  du  Roi  ;  il 
prit  part  en  1789  aux  assemblées  de  la  noblesse  du  comté  de  Com- 
minges à  cause  du  tief  d'Ox  qu'il  tenait  de  sa  femme,  Marie  de  Lézat. 
Il  laissa  trois  fds  qui  servirent  avec  distinction  à  l'armée  des  Princes. 
L'aîné  de  ces  fds,  Jacques-IIonoré  de  Castet  de  la  Boulbéne,  né  à  Rieux 
en  1768,  fut  le  dernier  représentant  mâle  de  son  rameau.  Il  mourut 
en  1851  survivant  à  ses  trois  fds  et  ne  laissant  que  deux  filles  mariées 
l'une  en  1825  à  M.  de  Faurc  de  Massebrac.  l'autre  en  1842  à  M.  Azé- 
ma.  Le  fds  de  celle-ci,  Jacques-Arthur  Azéma,  né  en  1848,  a  été 
autorisé  par  décret  du  31  octobre  1875  à  joindre  à  son  nom  celui  de 
la  famille  de  Castet  de  la  Boulbéne. 


446  DICTIONNAIRE     DES    FAMIM-ES    FRANÇAISES 

11  a  existé  une  troisième  branche  de  la  famille  de  Castet,  celle  des 
seigneurs  de  Vareilhes,  en  Couserans,  dont  le  point  de  jonction 
avec  la  souche  est  mal  connu.  Jean  de  Castet,  Sgr  de  Vareilhes,  né 
en  1644,  que  Ion  croit  avoir  été  le  dernier  représentant  de  cette  branche, 
fut  maintenu  dans  sa  noblesse  le  12  septembre  1699  par  jugement  de 
le  Pelletier,  intendant  de  Montauban,  après  avoir  justifié  sa  descen- 
dance de  noble  Jean  de  Castet,  habitant  de  la  ville  de  Castilhon,  dont 
le  tils,  autre  Jean  de  Castet,  épousa  le  7  janvier  1547  Domenge  de 
Méritens. 

La  famille  de  Castet  a  fourni  de  nombreux  officiers. 

Principales  alliances  :de  Comminges,  deMéritens,  deRoquemaurel 
loo7,duPac  1601,  1604,  de  Castérasl642,de  Granier,  d'Amboix  1634, 
de  Falentin  1626,  1673,  de  Lévis-Léran,  Dijols,  de  Cazeneuve  1784, 
deFauré-Massebrac  1825,  de  Saint-Jean  1583,  de  Bazon  1643,  etc. 

11  a  existé  dans  la  même  région  une  famille  de  Castet  de  Saint-Martin 
qui  portait  pour  armes  A' azur  à  une  tour  d'argent,  maçonnée  de  sable , 
flottante  sur  ti^ois  ondes  d'argent.  Les  représentants  de  cette  familk^ 
furent  maintenus  dans  leur  noblesse  le  7  septembre  1669  par  juge- 
mi>nt  de  M.  de  Bezons,  intendant  du  Languedoc,  et  le  6  septembre 
1698  par  jugement  de  M.  le  Pelletier  de  la  Houssaye,  intendant  de 
Montauban. 

CHABANNES  (dei. 

Dans  la  notice  consacrée  à  la  maison  de  Chauax.nes  on  a  dit  que 
Jean-Charles  de  Chabannes,  marquis  de  Curlon,  décédé  en  1055, 
avait  eu  un  fils  naturel,  Charles  de  Chabannes,  sieur  de  Sauvât, 
que  ce  bâtard  avait  été  légitimé  et  anobli  par  lettre  patentes 
enregistrées  en  1653  et  que  sa  veuve.  Claude  Rivet,  et  ses 
enfants  mineurs  avaient  été  condamnés  comme  usurpateurs  le21  jan- 
vier 1667  par  jugement  de  M.  de  Fortia,  intendant  d'Auvergne. 
La  descendance  de  Charles  de  Chabannes,  sieur  de  Sauvât, 
demeurée  non  noble,  se  perpétua  honorablement  jusqu'au  milieu  du 
xix'=  siècle.  On  trouvera  son  histoire  dans  une  brochure  du  docteurde 
Ribierparue  enl9l0  :  Une  branche  bâtarde  delà  maisonde  Chabannes. 
Les  Chabannes-Sauvat .  Jean-François  de  Chabannes-Sauval,  né 
en  1752,  décédé  en  1823,  fut  longtemps  membre  du  conseil  d'arron- 
dissement de  Mauriac:  il  n'eut  qu'une  tille,  M"*  d'Anglarsde  la  Garde, 
décédée  avant  lui,  en  1818.  La  famille  de  Chabannes-Sauvat  s'est 
éteinte  avec  son  neveu,  Noël-Joseph,  né  en  1790,  marié  en  1813  ù 
M"*  de  Murât,  adjoint  au  maire  de  Riom  en  1837,  décédé  en  1856, 
qui  laissa  une  illle  unique  mariée  en  1839  à  >L  Audehal. 


nir.TIONNAIRK     DR  s    FAMILLES     F  11  A  N  Ç  A  I  S  K  S  447 

CHACATON  (de).  Armes  :  iVargeni  à  Irais  branches  de  laurier  de 
si)iople,  posées  en  pal,  et  une  étoile  de  gueules  en  chef. 

La  famille  de  Chacaton  occupait  dès  la  fin  du  xvi"^  siècle  un 
rang  distingué  dans  l'ancienne  chàtellenie  de  Murât,  en  Bourbon- 
nais K 

Noble  Pierre  Chacaton,  auquel  remonte  la  filiation  suivie,  figure 
dans  }3lusiep.rs  actes  avec  la  qualification  d'écuyer.  Il  épousa 
vers  1625  Charlotte  Cadier,  héritière  du  fief  de  la  Grange,  en  la 
paroisse  d'Avernes,  et  issue  dune  famille  très  ancienne  dont  le  chef 
est  aujourd'hui  connu  sous  le  titre  de  vicomte  de  Veauce.  Noble 
Philibert  Chacaton,  Sgrde  Verlobier,  de  la  Grange-Chacaton,etc.,  fils 
des  précédents,  fut  lieutenant  civil  et  criminel  en  l'élection  de  Mont- 
luçon  et  capitaine  et  châtelain  de  robe  courte  de  la  chàtellenie  royale 
de  Murât.  Il  épousa  vers  1660  Claude  Aumaislre,  dame  de  la  Garde, 
et  en  eut  deux  fils  :  1°  Daniel  Chacaton,  conseiller  du  Roi,  lieutenant 
général  en  la  chàtellenie  de  Murât,  marié  en  1693  à  Françoise  Miche- 
Ion,  qui  fit  enregistrer  son  blason  à  l'Armoriai  général  de  1696  et 
dont  la  descendance,  demeurée  non  noble,  s'est  éteinte  en  la  per- 
sonne de  Jean-Benoît  Chacaton  de  Verlobier,  juge  de  paix,  décédé 
en  1838;  2°  Pierre  Chacaton,  sieur  de  la  Garde  et  des  Bonis,  né 
en  1669,  président  au  grenier  à  sel  et  en  l'élection  de  Montluçon, 
qui  épousa  à  Moulins  en  17Û12  Catherine  Cantat  et  qui  continua 
la  descendance.  Claude  de  Chacaton,  fils  de  ce  dernier,  d'abord 
président  au  grenier  à  sel  de  Montluçon,  acquit  en  1750  la  charge 
anoblissante  de  président  trésorier  de  France  au  bureau  des  finances 
de  Riom  qu'il  céda  en  1762  à  son  gendre,  Pierre-Gilbert  Arnaud. 
Il  fut  père  de  Nicolas  de  Chacaton,  Sgr  de  la  Chapelle,  marié  en  1768 
à  Laurence  de  Saulzay,  qui  fut  lui-même  président  trésorier  de 
France  au  bureau  des  finances  de  Riom,  grand-père  de  Jean-Baptiste 
de  Chacaton,  né  à  Montluçon  en  1773,  qui  fut  autorisé  le  2  novem- 
bre 1826,  par  jugement  du  tribunal  civil  de  Moulins,  à  faire  rétablir 
dans  ses  actes  de  l'état  civil  la  particule  de,  supprimée  pendant  la 
période  révolutionnaire,  et  bisaïeul  de  Jean-Henri  de  Chacaton,  né 
en  1813  à  Chézy  (Allier),  peintre  distingué,  marié  en  1860  à  M"^  de 
Revanger,  décédé  en  1886,  qui  a  laissé  deux  fils. 

Principales  alliances  :  Cadier  (de  Veauce),  de  Fradel  1644,  1799, 
Aumaistre,  Auroux,  de  Revanger  1860,  Aubert,  Perrot  (de  Chézelles) 
1686,  etc. 


'  Celte  notice  a  été  laite  à  l'aide  de  renseignements  dus  à  l'obligeance  de  M.  Ph. 
Tiersonnier.  Elle  remplace  celle  qui  avait  été  consacrée  à  la  famille  de  Chacaton 
dans  le  tome  IX  de  cet  ouvrage. 


448  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

CHALLAYE  (de). 

Pierre  de  Challave,  conseiller  au  Parlement  de  Bombes  en  1760, 
ne  laissa  que  cinq  filles  de  son  mariage  avec  M'""  Chappuis  de  la 
Goutte,  décédée  à  Montbrison  en  1810.  C'est  vraisemblablement  à 
une  brandie  collatérale  demeurée  non  noble  qu'appartenait  M.  de 
Ghallaye  qui  fut  consul  de  France  à  Erzeroum  sous  Napoléon  III.  La 
famille  de  Challave  comptait  encore  en  mars  1909  un  représentant 
connu  sous  le  titre  de  comte  '. 

CHALLET  (ou  CHELLET)  de  KERDRÉAN  (de). 

Armand  de  Challet,  sieur  de  Morais,  fut  maintenu  dans  sa  noblesse 
le  20  juillet  1608  par  jugement  de  M.  de  Machault,  intendant  d'Or- 
léans. Il  laissa  deux  fds,  Charles  de  Challet,  sieur  de  Marais,  baptisé 
en  1662  à  Viabon,  au  diocèse  de  Chartres,  et  Henri  de  Challet,  sieur 
du  Bellay,  qui  furent  simultanément  maintenus  dans  leur  noblesse,  le 
28  août  1715,  par  jugement  de  Quentin  de  Richebourg,  intendant  de 
Poitiers.  Le  plus  jeune  de  ces  deu.v  frères,  Henri,  avait  déjà  été 
maintenu  dans  sa  noblesse,  le  30  avril  1705,  par  jugement  deBégon, 
intendant  de  la  Rochelle  -. 

'  D'après  le  billet  de  faire-part  du  décès  du  marquis  d'Aoust.  aimablement  commu- 
niqué par  M.  le  vicomte  de  Hennezel  d'Ormois. 

*  Société  des  archives  historiques  du  Poitou,  tome  X.XII.  —  Maintenues  de  noblesse 
de  la  généralité  de  Poitiers  (I715-17l8i,  pâtre  12i. 


Table  des  familles  dont  les  notices  ont  été  ajoutées  et  de  celles 
dont  les  notices  primitives  ont  été  augmentées  ou  modifiées  dans 
les  Additions  et  corrections  des  dix  premiers  volumes. 

Tomes. 

Abbadie  de  Gobertière  (d') II  et  V 

Abbadie  de  Nodrest  (d') Il  et  III 

Abbadie  de  Barrau  (d'j III 

Abbadie  de  Cantillac  (d) IX 

Abraham  du  Bois,  ou  du  Boisgobbey II 

Abrial  et  Abrial  d'Issas IX 

Abrigeon  (d') IX 

Absolut  de  la  Gastine VIII 

Arcarias  de  Sérionne ' X 

Adam  de  Montclar  et  de  la  Soujeoile II 

Adeler  (d') V 

Adelsward  (d') VIII 

Aguerre  (d') IV 

Airolles,  ou  AiroUes  (d') VIII 

Alarose  de  la  Charnaye III 

Alayer  de  Costemore  (d') VIII 

Albert  des  Essarts  (d') IV 

Albiat  (d') VII 

Albignac  (d') IX 

Alexandre  de  Rouzat VIT 

Allard  (d'),  en  Dauphiné IX 

Allard  de  Gaillon V 

AUotte  de  la  Fuye V 

Airic  (d') VIII 

Alziari  de  Malausséna  et  de  Roquefort II 

Amat  de  Montagnac VII 

Amarzit  de  Sahuguet  d'Espagnac  (d') II 

Ambert VIII 

Amelin  de  Rochemorin III 

Amerval  (d') VI 

Amidieu  du  Clos IX 

Andras  de  Marcv IX 

André  (d')    .   .   .' "VIII 

André  du  Homme  de  Sainte-Croix VI 

Angerville  d'Auvrecher  (d) VIII 

Anglade(d') II 

Angosse  (d') VU 

Angot  des  Rotours VII 

Anneix  de  Souvenel III 

Ansan  d'Egremont  (d) II  et  III 

Anselme  (d') VIII 

Anterroches  (d') VII 

X.  '29 


4a0  DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Tomes. 

Anthès  de  Hecckeren  (d') VIII 

Antin  (d') II 

Aon  de  Hontaux  (d') II 

Aoust  de  Rouvèze VIII 

Apat  (d') V 

Apvrieux  de  la  Balme  (d') V 

Arbonneau  (d") VII 

Arcambal-Piscatory IV 

Arcangues  (d) IX 

Arcussia  (d') VIII 

Arexy  (d') ■ X 

Argent  de  Deux-Fontaines  (d'i X 

Arguesse  (d') VIII 

Arhets  (d') IV 

Arjuzon  (d') VI 

Arlanges  (d') V 

Armailhacq  (d') X 

Armand  de  Chateauvieux  (d) I 

Armendaritz  d'Arberatz  (d') VI 

Arnal  du  Curel VII 

Arnaud  de  Ghaleauneuf X 

Arnaud  de  Saint-Sauveur I  et  II 

Arnault III 

Arnoux  de  Corgeat V 

Arquier  (d'),  au  Pays  Basque IV 

Arquier  (d),  en  Provence VII 

Arrac  de  Gan  (d") IV 

Arraing  (d') IV 

Arras  (d') VIII 

Arroquain  (d") ïï* 

Arthaud  de  Viry X 

Arthenay  (d) 111  et  IV 

Artigues  dOssaux  (d') VIII 

Ary  de  Sénarpont  (d') II 

Asnières  de  la  Châtaigneraie  (d") VII 

Asselin  d'Esparts,  de  Viliequier  et  de  Crèvecœur X 

Assier  (d') VI 

Astruc  de  Saint-Germain V 

Aslugue  de  Buzon  (d') VIII  et  IX 

Aubeiin  de  Villers ^ 

Aubert  d'IIénouville  d'Aunay I| 

Aubert  de  la  Faige '^ 

Aubin  de  Jaurias ^^ 

Auboyneau "' 

Aubryot  de  la  Palme V 

Aubusson  de  la  Feuillade  (d'j IV 

Audibert  de  Lussan  (d') VII 

Audinel  de  Pieuchon ^^ 

Auger  (d') I" 

Aulneaudela  Touche VIII 

Aurel  (d') ^^ 

Auzanet V 

Avène  de  Fontaine  (d  ) ***• 

Aveneau  de  la  Grancière VII 

Avril,  ou  Apvril,  (d') I" 

Ayettes  de  Clerval  (des) V 

Avmar  d'Aiby  de  Chateaurenard  (d") VII 


DICTIONNAlllE     DKS     FAMIM-KS    FRANÇAISES  4!jl 

Tomes. 

Baconnièro  do  Salvorlo VI 

Badin  de  Monljoie  et  d'IIurlebise III 

Baglion  de  la  Dufferie  (de) IX 

Baillencourt-Courcol  (de)     ....       III 

Balme  du  Garay  (de  la) IX 

Banizette  (de) VI 

Bar  (de) III 

Baragne  de  Gardouch  de  Bélesta  (de) II 

Baraguey  d'Hiiliers IX 

Barail  (du) II 

Barasc  (de) VIII 

Barbey  d'Aurevilly III 

Bard  de  Coutances V 

Barère VII 

Barescut  (de) X 

Baret  de  Limé  (du) III 

Barolet  de  Puligny  (de) II 

Barrai  d'Arènes  (de) VIII 

Barre  de  Davéjan  (de) VIII 

Barre  de  Nanteuil  (de  la) IX 

Barrèmc-Montravail  (de) III  et  VII 

Barret  de  Nazaris III 

Barrlal  du  Breuil IX 

Barrière  (de  la) III 

Barrin  de  la  Gallisonnière  (de) III 

Barthe  de  Mandegoury VII 

Barthelats  (de)    .   .   .  " X 

Barthez  de  Marmorières,  de  la  Pérouse  et  de  Montfort VIII 

Bartouilh  de  Taillac ÏII 

Bary  (de) VIII 

Basset  de  Chateaubourg  et  delà  Pape VI 

Bassompierre  (de) III 

Bastard  de  Bœcklin  de  Bœcklinsau IV 

Bastide  (de  la) III  et  IX 

Bâtie  (de  la) IX 

Baudon  de  Mony  et  de  Mony-Colchen VI  et  VII 

Baume-Pluvinel  (de  la) VII 

Bauny  de  Récy VII 

Bauve  d'Arifat  (de  la) IV 

Baylin  de  Monbel VII 

Bazin  de  Gribeauval V 

Beauclair  de  la  Grillière  (de) IV 

Beaucorps  (de) IV 

Beaudet  de  Morlet IX 

Beaufort  d'Epothémont  (de) VI 

Beaufort  de  Gellenoncourt  (de) VIII 

Beaulaincourt-Marles  (de) V 

Beaulieu  (de) V 

Beaune V 

Beaupoil  de  Saint-Aulaire  (de) IV 

Beauvisage  de  Guny  et  de  Seuil  (de) X 

Becci VIII 

Bécheau III 

Béchevet  (de) VIII 

Becquet  de  Mégille IV 

Bédat-Carrère VIII 

Begignard  de  la  Plante VII 


452  DICTIONNAIRE    DES     FAMILLES    FRANÇAISES 

Tomes. 

Bellier  du  Charmeil ^ï^ 

Belot  de  Terralbe  (de).  • VIII 

Bellet  de  Tavernost  et  de  Saint-Trivier VI 

Belloc  de  Chamborant  (de)  et  Belloc  (de; X 

Bellomayre  (de) ^ 

Bcnet  de  Montcarville ^^I 

Benoit  et  Benoit  dEntrevaux IX 

Benoit  du  Rey IX 

Bérard  et  Bérard-Bonnière ^^ 

Béraudière  (de  la) ^^ 

Berger  de  Nomazy IX 

Berlier  de  Vauplane VII 

Bermondi X 

Bermont,  ou  Bermond,  (dei VI 

Bermont  de  Moustier  (de) V 

Bernard  d'Attanoux V 

Bernard  de  Galonné V 

Bernard  de  la  Fortelle V 

Bernard  de  Montessus  de  RuUy  IV 

Bernard-Pelletier  de  Montmarie  VIII 

Bernard  de  Saget  (du) X 

Bertaud  de  Chazaux V 

Bertaud  d'Hanaches V 

Berthelin X 

Berlhier-Bizy  (de) IX 

Berlhou  (de) VI 

Berlin  de  Saint-Martin  et  de  Chalup  (de) V 

Besongnard  de  la  Plante VII 

Besser   V 

Besset  (du) IX 

Besson  de  la  Rochette IX 

Bevnac  (de) VI 

Bidault  de  Glatigné VII 

Bierdumpfel  (de) X 

Bigne  de  Villeneuve  (de  la) V 

Bigot  de  Préameneu V 

Biliotti  (de) VIII 

Billaut  (de) VI 

Bigot  de  Goldlin    .    .  V 

Binsse  de  Saint-Victor VI 

Bisquey  d'Arraing IV 

Biachier  et  Blachier  du  Rouchet,  du  Rouchet  de  Chazotte  et  du  Rouchet  de 

Chazotte  de  Clavières IX 

Blanc  de  Saletés  (de)  et  Blanc  de  l'Huveaume  ■     VII 

Blanchet  de  la  Sablière VI 

Blanctietti  (de) VIII 

Blanc  de  Molines IX 

Blay  de  Gaix  (de) X 

Blay  de  Malherbe VIII 

Blois  (de) VII 

Blouin  du  Bouchet VU 

Bobierre  de  Vallière •      VI 

Boersch  de  Malroy VI 

Boessière-Lennuic  et  Thiennes  (de  la) VIII 

Boessière-Chambors  (de  la) V 

Boinvilliers  (Forestier-) V 

Boisberthelot  (du) VI 


DICTIONNAIRE     DES    FAMILLES    FRANÇAISES  453 

Tomes. 

Boislecomtc  (de) ^^^^ 

Boissière  (de  la) ^^ 

Boissonnade  de  Fontarabie ^'ï 

Boivin-Champeaux ^' 

Boixo  (de) J^ 

Bonadona  (de) ^'J 

Bonand  (de) ^^ 

Bonfils  (de) ^} 

Bonnard  de  Brosse  de  la  Barge ^^ 

Bonnard  du  Ilanlay ^' 

Bonnefont  de  la  Pomarède  (de) ^ 

Bonnefoy  (de),  en  Languedoc ^ 

Bonnefoy  (de),  à  Auriac ^ 

Bonnier  de  Layens  et  Bonnier ^'^ 

Bonnier  d'Alco ^"^ 

Bonniol  du  Trémont  (de) ^^^ 

Bonniot  des  Essarts ^ 

Bontemps-Dubarry ^'^ 

Bordère  (de  la) J['[ 

Bosquiel  de  Bondues  (du) ^^^^ 

Bouays  de  la  Bégassière  (du) ^^ 

Boucher  de  Gironcourt ^^ 

Boucherie  (de  la) "'^ 

Bouffier-Césarges  (de) ^^ 

Bougy  (de) ; ;^j; 

Bouquet  des  Chaux,  de  Linières,  de  la  Grye,  dEspagny vu 

Bourbonne  (de) '^"^ 

Bourdieu  (du) ^^^| 

Bourbon  du  Vatry  et  du  Saussay vl 

Bourg-Bailly-Blanchard  (du) VIII 

Bourg  de  Bozas  (du) ^  •   •     ^jj 

Bourgeois  de  Boynes ^'^^^  ^^  ^^ 

Bourgeois Y[\[ 

Bourgoing  (de) ^y^ 

Bourlet  de  Saint-Aubin  (de) ^^ 

Boursetty  (de) V'î 

Boutaud  (de) ^ 

Boutevilain  de  Grandpré ^j 

Boutiny  (de) J\\ 

Bouvet  (de) ^j" 

Bouthillier-Chavigny  (de) I^ 

Bouvier  d'Acher *^ 

Bouyer  de  Champvolant j^ 

Boyer  de  Rébeval  et  Boyer ^l'J 

Brandouin  de  Balaguier  de  Beaufort  d'Hautpoul  et  de  Miramont  du  Puget.    .   .  VIII 

Braquilanges  (de) ^j| 

Brayer ^"^ 

Breiten-Landenberg  (de) Jj^ 

Brenier  et  Brenier  de  Montmorand     Vi 

Briançon,  ou  Brianson,  (de) '^'' 

Briet  de  Rainvilliers |j^ 

Bridieu  (de) ^'^J 

Brion  (de),  anciennement  Coste  de  Brion I^ 

Briquet  (de),  ou  Briquet ^JjJ 

Brondeau  de  la  Barre  et  d'Urtières  (de) ^'I' 

Brossard  de  Gorbigny ^'|J 

Brousse  de  Veyrazet  (de  la) V'^' 


454  DICTIONNAIRE    DES    FAMILLES    FRANÇAISES 

Tomes. 

Brugière  (de) IX 

Bruguère  (de) X 

Brunel  de  Moze IX 

Bruyères  de  Chalabre  (de) X 

Bue  (du) VIII 

Buissy  (de) VIII 

Bure  de  Labenne  et  d'Orx VIII 

Buxeuil  de  Roujoux  (de) IX 

Cabre  de  Roquevaire  (de) X 

Cachedenier  de  Yassimon X 

Cachiardi  (aliàs  Gacciardi,  ou  Cachiardy,)  de  Monllleury X 

Cagnoli  de  Sainte-Agnès X 

Caieu  (de) IX 

Cailus  (de) IX 

Caignart  de  Saulcy  et  de  Mailly IX 

Gais  de  Pierlas IX 

Calvimont  (de) IX 

Gambefort  (de) IX 

Gampou  (de) IX 

Gapitain  de  Glacy X 

Gapot,  ou  Gappot,  (de)  et  Cappot,  ou  Capot,  Duroi,  de  Feuilhide  et  de  Barastin.  X 

Carayon-Talpayrac  et  Carayon-la-Tour  (de) IX 

Garnot IX 

Garrère  de  Loubère  (dej IX 

Carrère  (de),  en  Bigorre IX 

Garrère  de  Maynard  de  Ségoufielle  (de) X 

Castelbajac  (de) IX 

Castet  de  Biros,  de  Longa,  de  Miramont,  de  Méras  et  de  la  Boulbène  (de)  .   .  X 

Caubert  et  Gaubert  de  Gléry IX 

Ghabanassy  de  Marnas IX 

Chabannes  (de) X 

Cliacaton  (de) X 

Champion  de  Nansouty  et  Champion IX 


r    B'BLlOTH£CA 


ÉVREUX,    IMPRIMERIE    CH.    HÉRISSEY,    PAUL   HÊRISSEY,    SUCC 


la  ^IbtLothtquQ, 
Université  d'Ottawa 
Echéance 


ULC151986 


Tko.  Llbà.aAy 
University  of  Ottawa 
Date  Due 


i^^^ 


a  3  900  3    oy^rrSffm 
es  5    9    8  •    C    5   ~-f    >    „    . 

CH«Ix  D.EST-PNGE 

DICTI0NI\|«IRE 


DES         FflnilL